vendredi, 24 février 2012
Accrochés à la falaise, rien ne peut nous faire tomber. A moins que...
Cette fin de semaine est étrange. Etrange parce qu'en étant très objectif et ceci malgré mes gènes de taureau profondément ancrés dans mes sabots, il est difficile de croire que le marché puisse continuer à grimper comme cela, sans raison fondamentale de base. Je veux bien croire que l'on anticipe un retour à la croissance, au plein emploi et au délire économique et qu'en plus la Grèce puisse devenir la première puissance économique mondiale talonnée de très près par le Portugal, mais sans avoir fait une étude approfondie, je dirais que même si l'on ne peut pas exclure que l'on retourne dans cet environnement un jour, il ne faut pas non plus s'attendre à que ce soit le cas dès ce printemps.
Et pourtant, ce marché ne veut pas baisser, il est solide comme un roc et ne semble pas décidé à rendre les armes. Surtout que tout le monde est convaincu que nous sommes dans une phase tout à fait propice à une correction après les exagérations de ces dernières semaines. La preuve, même moi j'ai l'impression que l'on roule aux vapeurs d'essence. Mais comme d'habitude, quand tout le monde « sait » ce qui va se passer, en général ce n'est pas ça qui se passe. En faisant ma lecture du matin, je suis tombé sur un article de mon site préféré (www.businessinsider.com) qui faisait le bilan des « gourous » qui appellent à la correction ou au Krach, c'est selon et là je pense très fort à Monsieur Prechter qui nous a tout de même prévu en 2010, le pire krach boursier de ces 300 dernières années... (moi qui pensait que Wall Street avait un peu plus de 100 ans à peine...il doit probablement faire référence au Krach des tulipes en Hollande en 1720).. Et bien quand on lit ce petit bilan, on se rend compte que pas mal de ces « gourous » sont faux et ils ont, pour autant qu'ils aient assumé leurs convictions médiatiques, raté une sacré hausse.
http://www.businessinsider.com/the-idiot-maker-rally-a-mo...
La séance d'hier ne fût pas ce que l'on peut qualifier d'historique, mais force est de constater que ça ne baisse pas. Ok, ça ne monte pas à la vitesse de la biotech Vivus hier – qui à doublé dans la journée – mais quand même on fait preuve d'une force relative qui est tout bonnement impressionnante. Pourtant quand on fait le bilan global on n'a quand même pas envie de danser tout nu sur la table en s'arrosant de champagne, de champomy à rigueur, mais pas du champagne.
Prenons les chiffres économiques de ce jeudi. Tout d'abord il y a eu l'indice de confiance des businessman allemands qui sortait à 109.6, ce qui représente la mesure la plus haute depuis 7 mois. Mais bon, c'est l'Allemagne, si eux n'on pas un minimum confiance en l'avenir, il y a deux ou trois autres pays en Europe qui peuvent commencer à envisager de se suicider à coup de pots de Nutella. Néanmoins cette nouvelle donnait un ton positif au marché en ce début de journée, puis les bancaires publiaient de pertes abyssales, bien que ce ne fût une surprise pour personne, voir les chiffres du Crédit Agricole, Royal Bank of Scotland, Natixis ou encore Dexia, surtout Dexia, dans un état pareil ne donnait pas forcément envie d'utiliser les comptes off-shores pour acheter le marché. Et pourtant ça ne baissait pas tant que ça.
Puis la Commission Européenne se lançait dans les prévision économiques et réduisait ses pévisions pour la croissance du PIB de la zone des 17 pays concernés. On passait de +0.5 à -0.3, rien de très réjouissant, pour ne pas dire que c'était complètement pourri, mais en même temps c'est des prévisions, le jour où les gars ils sont sûr d'eux et sont justes à tous les coups, ça se saura, mais pour l'instant ça reste la grande loterie à numéro. Un peu comme la météo, surtout quand on voit le bordel que c'est dans les comptes de certains pays, il y a de quoi se poser des questions sur la réelle visibilité que nous puissions avoir sur la croissance du PIB en question. Non, pour être franc la Commission Européenne peut faire toutes les prévisions qu'elle veut, elle continue de voler sans visibilité dans le brouillard alors que tout le système IFR vient de les lâcher, reste plus qu'à espérer qu'il n'y ait pas trop de montagne sur le trajet.
Ceci dit et quoi que je puisse bien vouloir en penser, cette nouvelle était à peu près aussi agréable que quand vous claquez la porte de votre voiture et que vous vous rendez compte que vous avez laissé un doigt dans la portière. Mais là encore, le marché n'en à rien à carrer et bronche à peine à la baisse.
Ensuite aux USA, c'était les bonnes nouvelles qui prenaient le commandement, avec des « jobless claims » au plus bas depuis bien longtemps et surtout bien mieux que ce pensaient les économistes. Même si il faut rester super prudent sur ce genre de chiffres qui peuvent être corrigés et réinterprétés tous les deux jours par un quelconque bureau obscure de Washington D.C, sur le moment les intervenants se sont estimés contents et la tendance à « l'amélioration » se confirmant, c'était suffisant pour garder les ours en cage. Le chiffre suivant, celui du Kansas City Federal Reserve Manufacturing Index était également meilleur que les attentes et là aussi ça suffisait à tout le monde pour retenter d'accrocher le scalp des 13'000 sur le Dow Jones à notre tableau de chasse, malheureusement ce fût pas encore suffisant pour hier soir.
Globalement le meilleur commentaire que j'aie pu lire ce matin, c'est un analyste d'une banque quelque part qui disait que le marché montait sur des espoirs et que le jour où ces espoirs sont déçus il va se consumer devant les yeux ébahis et terrorisés des investisseurs. Même si je ne partage pas forcément la fin de l'histoire, je suis assez d'accord sur le fait que l'on monte parce qu'on pense que ça ira mieux demain. En même tant quand on regarde autour de nous on se dit que ça ne peut pas vraiment être pire et puis quand on regarde un peu plus loin de nous, on se dit qu'en fait oui, ça pourrait être encore pire.
Mais peu importe ce qu'on pense, pour l'instant on est accroché à la falaise avec une douzaine de pitons bien solides, 5 ou 6 cordes pour s'assurer et rien ne semble pouvoir nous faire lâcher prise, mais avec toute cette sécurité, forcément ça prend du temps pour monter plus haut, mais la chute semble, pour l'instant totalement hors de question. Cependant comme la météo change super-vite en montagne, on ne peut jurer de rien.
Une des problématique du moment, ne nous le cachons pas, c'est le prix de ce foutu baril. Ces 156 litres et des brouettes d'or noir qui continuent de nous pourrir la vie et de faire exploser les budgets familiaux. Nous sommes toujours perdu dans cette espèce de phase d'amour-haine. D'un côté, on se dit que si le pétrole monte, c'est que la demande est là et que l'économie va plutôt pas trop mal et c'est pour ça que S&P500 est le baril bougent de façon concertée comme le montre le chart ci-dessous :
La question est de savoir jusqu'à quand les deux compères vont pouvoir bouger ensemble, car si le S&P peut continuer de monter indéfiniment tant que la croissance et les bonnes nouvelles macro et micro économiques le permettent, ce n'est pas le cas du baril. Comme je l'ai déjà dit et répété dans ce blog, il y a 4-5 ans en arrière on avait fixé un plafond au baril. Dès qu'il passait les 90$, il risquait de ralentir l'économie et devenait donc, logiquement, un danger pour l'avenir du marché des actions. Pourtant, ces derniers temps, on semble avoir oublié ces niveaux de référence puisque nous sommes carrément 20$ plus haut (ou 20% plus ou moins) que cette zone fatidique des 90$ et le S&P500 est quand même au plus haut depuis je-ne-sais-plus-combien de temps. Le prix du baril ne freinerait-il plus l'économie ?? Ou bien ?? De bleu de bleu.. En tous les cas il semble que depuis quelques années ces deux-là ait développé une belle corrélation, car si l'on en croit cet autre chart que vous voyez ci-dessous, si le baril venait à se péter la figure, il y a fort à parier que le marché des actions le suivrait comme un seul homme. Donc, à moins que quelque chose change dans l'environnement dans lequel nous vivons - et ne me demandez pas quoi – il semble mieux pour tout le monde, surtout pour le monde des investisseurs que le pétrole continue à monter et même si les ricains doivent payer 5$ leur gallon, c'est encore nettement moins cher que chez nous !!!! Et pis si ils ne sont pas contents, ils peuvent toujours acheter une Prius, c'est moche d'accord, mais ça consomme pas grand-chose.
Ce matin le baril est au plus haut depuis bien des mois, comme le marché des actions, il est à 108.47$ le baril et quand on regarde le chart ci-dessus cette fois, on à l'air d'arriver dans des zones qui pourraient nous mener à croire que le marché ET le baril puissent entamer une correction concertée. Sauf qu'avec les Iraniens et les Américains qui s'amusent à « qui à la plus grosse » et enchaîne « qui fera la première connerie », ça paraît tout de même peu probable que le baril replonge sous les 100$ entraînant le S&P500, ou est-ce le contraire.. Je ne sais plus, je ne sais pas.
L'or est à 1783$ et rien ne bouge...
Un autre signal à la mode pour les ours qui sommeillent en vous, c'est le fait que l'indice Dow Jones Transportation est en train de marquer le pas. En effet quand vous êtes actif dans ce type d'industrie, aviation, trucking ou autre automobiles, quand le gallon monte comme cela, ça fait moyennement plaisir. Et cet indice est souvent un indicateur avancé de la correction à venir. Reste à déterminer l'horizon temps et l'amplitude de cette correction, selon Monsieur Prechter, l'amplitude sera ENOOOOOOOOORMMMMEEEE... Que même les dinosaures n'avaient jamais vu une correction boursière de cette ampleur, à l'époque de Jésus, il y a 2000 ans et des poussières, mais quand il a commencé à marché sur l'eau et a multiplier les pains, on s'est dit qu'il pourrait faire repartir la croissance lui tout seul en multipliant la croissance du GDP, donc du coup on a évité le pire... Mais là, si on corrige selon Prechter, même Monsieur Tyrannosaure Rex n'aura pas vu des corrections pareilles.
Rapide tour d'horizon des niveaux des indices :
Dow 12,985 +46 +0.36%
Nasdaq 2,957 +24 +0.81%
S&P 500 1,363 +6 +0.43%
FTSE 100 5,938 +21 +0.36%
CAC 40 3,447 0 0.00%
DAX 6,809 -34 -0.50%
FTSE MIB 16,312 -245 -1.48%
IBEX 35 IDX 8,528 -129 -1.49%
Nikkei 225 9,618 +22 +0.23%
Hang Seng 21,360 -21 -0.10%
Shanghai 2,533 +9 +0.35%
Ce matin l'Asie est légèrement en hausse, sauf Hong Kong qui tire toujours la patte depuis que la Chine ne veut pas favoriser le marché immobilier, déjà hier ils n'avaient pas aimé, mais ça continue encore ce matin. C'est surtout le secteur de l'énergie qui tient tout ce petit monde en hausse, là encore c'est le baril qui fait des siennes.
Dans les nouvelles du jour, on attendait très fort des déclarations d'Apple concernant leur éventuel paiement de dividende. Il est vrai qu'avec 100 milliards à quelques iPhones près dans les caisses de la compagnie, les actionnaires pouvaient éventuellement s'attendre à recevoir un cadeau pour les vacances de Pâques. Eh bien il va falloir repousser ce désir aux calandes grecques, puisque le fabricant de l'iMac a décidé de « réfléchir » encore un peu à l'attribution de ces ressources. Oui c'est vrai quand on voit tout ce qu'on peut faire avec 100 milliards, il y a de quoi réfléchir. Apparemment ils hésitent entre racheter la totalité des entreprises du CAC40, on carrément de s'offrir la Grèce, après tout, Apple est déjà une religion, pourquoi ça ne deviendrait pas un pays. Mais visiblement l'investisseur ne leur tient pas rigueur de conserver le cash, puisque le titre prenait tout de même 0.65% hier soir. Bon, d'accord 0.65% c'est pas l'euphorie, mais c'est quand même 3.35$ pour APPLE...
Après la clôture d'hier soir, les bonnes nouvelles continuaient dans le secteurs des software, puisque Salesforce a publié des chiffres nettement au-dessus des attentes du marché, du coup le titre bondissait de 11% à 22h00. Bons chiffres également chez AIG, qui ont fait plaisir aux investisseurs qui comprennent encore quelque chose au bilan l'assurance américaine, personnellement, après le 8ème bailout et la 3ème intervention du Gouvernement j'ai arrêté de suivre le feuilleton. Néanmoins, pour ceux qui se sont accrochés sur le sujet, hier ça devait être bon puisque le titre grimpait de 6%. Même chose chez Marvell qui prouve encore une fois que les semi-conducteurs vont bien et que rien ne peut les arrêter... Le titre prenait 3% after close. Et puis comme tout ne peut pas non plus être parfait partout et tout le temps, Crocs a sorti des chiffres carrément déçu, sortant 10 à 20% plus bas que les attentes, le fabricant de Birkentstocks en platisque s'est donc fait démonter de 11% en fin de soirée et sa journée d'aujourd'hui risque d'être longue et difficile.
En même temps, des chaussures en plastique ?? Déjà quand t'en achète une paire c'est pour sortir les poubelles et encore en faisant attention que personne ne te voies, parce que sinon la photo finit sur Facebook et ta vie sociale s'arrête là... Il ne fallait quand même pas s'attendre à que Crocs pique le marché des Westons ou pire des Nike Air Jordan super max version retour vers le futur dédicacées par Marty McFly. Crocs ça reste de chaussures en plastique et puis c'est tout, si encore on pouvait téléphoner avec leur donner des ordres avec SIRI, je pourrais encore y croire, mais autrement..bof.
Autrement dans le reste des nouvelles, Apollo Group serait sur le point de racheter la division « oil » d'El Paso Corp pour la modique somme de 7 milliards de dollars. Renault est sur le point de ressortir l'Alpine Renault, la renaissance du véhicule mythique des années de quand je ne conduisais pas encore devrait ressortir en 2014. Dimanche c'est le début du Mobile World Congress à Barcelone. Nokia y fera son grand retour après deux ans d'absence au salon et ne cherchez pas un stand Apple, vous ne trouverez pas, ils ne s'abaissent pas à ce genre d'évènements. Ce n'est pas Apple qui vient à vous, c'est vous qui allez à Apple.
Nous sommes vendredi, je ne vous apprends rien de ce côté. Pour ce qui est des chiffres économiques, nous aurons le Consumer Sentiment, les New Home Sales et deux directeurs de la FED qui causeront. La journée ne devrait pas nous réserver de surprise majeure, même si, psychologiquement on aimerait bien boucler cette semaine sur une nouvelle hausse et finalement accrocher ces 13'000 sur Dow au mur de notre salon. Pour le moment les futures américains sont en hausse de 0.3% et on prend encore une fois le chemin de la hausse. Pourvu que ça dure.
Voilà, c'est tout pour ce matin et pour cette semaine d'ailleurs. Il me reste à vous souhaiter que du bon, un bon café, un bon croissant et un bon week-end !!
On se retrouve lundi dans la joie et la bonne humeur et le plaisir d'être revenu au bureau après un week-end ensoleillé. Profitez bien, encore quelque giboulées en mars et on pourra envisager les terrasses... BON, TRES BON WEEK-END à vous. Merci de votre fidélité.
Morningbull
« Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde écoute »
Michel Audiard
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jeudi, 23 février 2012
Temps mort !
Il y a des fois comme ça, des journées durant lesquelles on se demande bien pourquoi les marchés sont ouverts, tellement on à l'air perdu dans nos prévisions météorologico-financières. Apparemment nous sommes toujours sous l'influence d'un anti-cyclone d'une rare stabilité, mais après avoir sauvé la Grèce remonté le marché, remotivé les investisseurs, il semblerait que tout le monde ait besoin de faire une pause. « Having a break ? Have Kit Kat » comme disait la pub, il serait tellement bon de pouvoir simplement fermer le marché en milieu de semaine en se disant : « Beuh franchement ça vaut même pas la peine d'ouvrir maintenant que la Grèce est sauvée, alors prenons le temps de faire une pause et d'aller se promener dans un parc profiter des premiers rayons du soleil qui laissent entendre que l'hiver est en train de faire ses bagages »... C'est très bucolique, ça serait vachement sympa que l'on puisse s'autoriser ce genre de « pause », mais la réalité en est tout autre.
En effet, comme le marché est sorti de son tunnel, que le carburant qui était constitué de « l'espoir grec » est arrivé au bout et que pour l'instant on n'a pas grand-chose d'autre à se mettre sous la dent ou même sous le portefeuille, dans ce genre de situation il ne reste, en général, plus qu'une chose à faire : «VENDRE »..
C'était donc le mot du jour de la séance d'hier : « Vendons pendant qu'il est encore temps ». Les quelques nouvelles fondamentales qui nous parvenaient sur les téléscripteurs restaient dans la même thématique, sauf en ce qui concerne Peugeot-Citroën. L'arrivée de GM dans la chambre à coucher du constructeur français changeait la donne et boostait l'action qui parvenait même à grimper de 21% durant la séance. Tous les bénéfices que pouvaient éventuellement peut-être apporter l'association GM-PSA étaient répercutés dans la séance d'hier et le titre s'offrait la plus forte hausse depuis 1989, quand je me fichais encore éperdument des tribulations des marchés boursiers.
Mais mis à part Peugeot, c'était plutôt l'occasion de prendre les bénéfices pour ceux qui en ont et d'alléger les portefeuilles d'actions pour ceux qui auraient eu le temps, l'occasion, la motivation et le courage d'en constituer un depuis l'automne passé. Chose qui doit d'ailleurs pas être très fréquente si l'on en croit la « puissance » du sell-off. Si l'on tient compte du fait que les investisseurs ont été récemment très friands de protections contre la baisse (ce qui leur évite de paniquer quand ça baisse, justement), que très peu d'intervenants sont pondérés en actions, pour autant qu'ils soient pondérés la moindre dans cet asset class (donc peu d'intérêt à vendre ce que tu ne possèdes pas) et pour finir, étant donné que les « shorts » ont un peu mal aux articulations, pour ne pas dire ailleurs depuis quelques mois, et qu'ils n'ont pas vraiment le courage de se jeter à contre-courant. Tous ces arguments mis bout-à-bout donne des journées de « prises de profits » qui ressemblent plus à un vide grenier un week-end d'été où tout est calme..
En gros, on vendait en ordre dispersé, mais relativement calmement. On prenait le temps de se laisser vivre et de regarder les chiffres économiques qui étaient publiés, de les interpréter, de les soupeser et le temps de se dire que ces derniers ne nous ont pas apportés grand-chose. Tout d'abord les chiffres Chinois de la production industrielle. Ces derniers étaient meilleurs que prévu. Tenez-vous bien au manche, parce que ce paragraphe est bourré de suspens et d'excitation comme jamais. Donc les chiffres chinois étaient meilleurs que les attentes à 49.7 contre 48.8 en janvier.
Première réaction : « C'est super tout va bien, tout va mieux !!! ». Seconde réaction : « C'est à 49.7, OUI MAIS ça fait quand même 4 mois de suite que ce chiffre est SOUS les 50, ce qui veut dire que le marché s'enterre dans une phase de contraction » - Ah bon ? Alors c'est pas si bien que ça finalement ??? - Euh.. ben... ça dépend.
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ça dépend de quoi ?
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Ben on peut quand même se dire que 49.7 c'est mieux que 48.8, la tendance est haussière. Avec un peu de bol en mars on passe par dessus les 50, et ça c'est super !!!
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...
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Non ? C'est pas super ???
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Ben, ça dépend...
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Ah ok, tu sais quoi ? Dans le doute, ne faisons rien...
C'était hier matin et la Chine a permi au marché de tenir, mais rien de plus. Ensuite nous avons eu les mêmes chiffres en Europe, enfin, dans l'Eurozone ou ce qu'il en reste. Ces derniers étaient parfaitement en ligne, mais décevant quand même. Ah bon ??? Mais comment ça peut être décevant si c'est « en ligne »... ??? - Oh ben c'est simple, en regardant dans les chiffres individuels des différents pays qui font partie de l'Eurozone, à savoir la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Allemange, l'Espagne, l'Allemagne, la Belgique, l'Allemagne, les Pays-Bas, L'Allemagne, le Portugal, l'Allemagne, la Grèce, l'Allemagne, la Finlande, l'Allemagne, Chypre, Malte, l'Irlande, l'Autriche, l'Allemagne, le Luxembourg, la Slovaquie, la Slovénie, l'Estonie et bien sûr sans oublier : l'ALLEMAGNE.. Eh bien en regardant les chiffres de la production industrielle de l'Allemagne, on s'est rendu compte que c'était EN-DESSUS de 50, mais EN-DESSOUS des attentes. Donc c'était pas bon.. En ce qui concerne les chiffres des autres pays on s'en fout, puisque de toutes façons l'Eurozone sans l'Allemagne c'est un peu la Champions League sans le FC Barcelone, ça perd un peu de son sens (sur le coup, je sens que je vais me faire des amis en ayant choisi Barça et pas Real Madrid ou pas l'AC Milan ou pas le FC Plan-les-Ouates, mais bon, il faut faire des choix dans la vie..)..
Vous l'aurez compris la production industrielle en Europe n'était pas top, mais bon, ça dépend.
Et puis il y avait les chiffres de l'immobilier américain, avec les ventes des maisons existantes. Aux USA quand on parle de maisons existantes, ça veut dire les maisons bien, pas les baraques à 50$ à vendre dans la banlieue de Détroit. Non, les vraies maisons devant lesquelles on peut garer le pick-up de chez GM en rentrant à la maison, caresser le chien qui vous accueille, embrasser sa femme qui fait des Hamburgers sur le BBQ dans le jardin pendant que les enfants jouent au Baseball, puisque le wi-fi ne marche et qu'ils ne peuvent pas aller se faire des amis sur Facebook. Des maisons qui font rêver et qui permettent de vivre le rêve américain... Eh bien le mois passé ça s'est plutôt bien vendu, les chiffres étaient bons, forts et au-dessus des attentes.
SAUF QUE...
Oui, sauf que le département américain qui s'occupe de compter les maisons vendues a révisé les chiffres de décembre et ces derniers sont nettement moins bons qu'ils avaient voulu nous le faire croire en tant que cadeau de Noël.. Résultat ; les chiffres du mois passé étaient bons, ceux des mois d'avant, pour autant que ces derniers soient justes, étaient moins bons qu'auparavant.. En gros ça fout un chenil pas possible dans la tête des investisseurs, parce que du coup, il se pourrait que les chiffres du mois passé soient faux et qu'on les révisent à la baisse en avril. Mais on pourrait aussi les réviser à la hausse au cas où ils se sont aussi trompés de sens !!! Quel suspens insoutenable !!!
En conclusion, si les chiffres du mois passé sont justes, ils sont bons. Sinon pas. Mais pourquoi on les publies si c'est pour les modifier dans trois semaines ??? - Tais-toi !! Ne pose pas des questions qui dérangent et qui mettent en questions les compétences extraordinaires des fonctionnaires qui s'occupent de ça !!!
Les chiffres étaient bons donc. Dans le doute le marché a quand même baissé, parce qu'on ne sait jamais. Et puis les chiffres de Dell étaient pas terribles, ceux de Wal-Mart non plus, largement de quoi faire baisser le marché de quelque points mais dans un volume et avec un intérêt quasi-nul puisque les seules journées qui intéressent les gens depuis 3 semaines, c'est les journées de hausse.
Côté or et pétrole. C'est toujours la même eau qui coule, le dollar faible qui aide l'or à toucher son plus haut depuis 3 mois à 1775$, bien aidé aussi de par le fait que les intervenants se donnent bonne conscience en achetant du métal jaune pour plein de bonnes raisons. La lutte contre l'inflation, la guerre à venir en Iran, parce que même irradié l'or restera toujours de l'or et pour terminer c'est sûrement aussi la saison des mariages en Inde. Cette dernière justification, c'est la « théorie du dernier ressort » ; quand on n'a plus d'argument pour justifier la hausse de l'or on peut toujours dire que c'est la « saison des mariages en Inde », tout d'abord parce que personne ne sait vraiment quand ça commence et quand ça finit et que c'est super dur de vérifier si ceci à la moindre influence sur le prix de l'or... mais ça fait le mec qui est culturellement surper au fait de ce qui se passe dans le monde au sujet de l'achat qu'il vient de faire. Et puis on peut toujours dire que si l'or baisse, c'est que c'est la saison des divorces... je suis sûr que ça passe sur CNBC ou sur BFM Radio.
Le pétrole est toujours au plus haut depuis longtemps. Il attend toujours que les Marines, les Rangers, les bérets verts, les Navy Seals et Chuck Norris débarquent enfin en Iran pour justifier sa hausse. Le pire qui pourrait arriver c'est que le guignol de Téhéran se lance dans la production de rameaux d'olivier et l'élevage de colombes. Mais statistiquement c'est assez improbable quand même... Dans le doute le pétrole est un coup sûr, il est 106$ et le target de Monsieur Murti, l'analyse pétrole disparu dans la jungle Amazonienne est bientôt en vue.. les 300$ sont pour cette année.. C'est sûr, aussi sûr que le Servette sera en Champions League dans 3 ans. C'est pas moi qui le dit...
Dow Jones 12,939 -27 -0.21%
Nasdaq 2,933 -15 -0.52%
S&P 500 1,358 -5 -0.33%
FTSE 100 5,917 -12 -0.20%
CAC 40 3,447 -18 -0.52%
DAX 6,844 -64 -0.93%
FTSE MIB 16,558 -153 -0.92%
IBEX 35 IDX 8,657 -110 -1.26%
Nikkei 225 9,567 +13 +0.14%
Hang Seng 21,338 -212 -0.98%
Shanghai 2,517 -1 -0.05%
S&P ASX 4,361 -12 -0.27%
En Asie on a pris le même train qu'en Occident. Les chiffres d'hier, la fin du feuilleton Grec, bien que je ne sais plus quelle stupide agence de rating, Fitch je crois, a baissé le rating de C à triple C, le genre de truc qui ne sert à rien, mis à part faire parler de soit. C'est un peu comme si vous retrouvez votre voiture incendiée au bord de la route et que le type du TCS qui vient vous dépanner, il vous dit : « J'ai une mauvaise nouvelle, vous avez AUSSI un pneu crevé »... L'Asie s'en fout complètement mais est dans le même état d'esprit que nous, les occidentaux. On ne sait plus trop sur quoi se concentrer. Le dollar/yen est favorable aux exportatrices, c'est ce qui soutient le Japon et les autres sont un peu plus inquiets parce que le Gouvernement Chinois, notre patron à tous, a déclaré qu'ils n'avaient pas prévu de changer leur politique monétaire pour soutenir l'immobilier. Comme on attendait la chose depuis longtemps, c'est un poil décevant. Mais en même temps la Chine ne bronche pas et c'est Hong Kong qui se prend la claque. D'un seul petit pourcent. Encore une fois la tolérance aux mauvaises nouvelles est devenue stupéfiante. La même nouvelle il y a trois mois et on se prenait 4% dans les dents. Le marché est immunisé.
Dans les nouvelles du jour, hier soir Hewlett a publié ses chiffres après la clôture et force est de constater que c'est un peu la même ambiance que chez DELL, là encore n'est pas Apple qui veut. Leur trimestre est sorti légèrement en dessous des attentes. Le titre reculait de 1.3% après la clôture, mais le plus gros problème reste la stratégie floue sur l'avenir de HP. Et puis la plus belle performance de la journée est à attribuer à Vivus, la société Biotech a reçu l'approbation de la FDA pour son médicament pour perdre du poids, le Qnexa. La nouvelle a surpris pas mal de monde puisque le titre bondissait de 100% à un peu plus de 20$. Reste à voir l'efficacité de ce médicament miracle, si en plus de la prise du médicament on nous dit qu'il faut manger 5 fruits et légumes par jour, boire de l'eau et faire de l'exercice, je mord quelqu'un.
L'Etat de Californie a annoncé hier qu'ils ont complété la vente d'un série d'obligations qui seront remboursées dans 100 ans, il y avait une très forte demande de la part des institutionnels. Le montant emprunté est de 860 millions. Reste à savoir si la Californie sera encore-là dans 100 ans.. au pire les créanciers possèderont une belle tranche de fonds sous-marins à leur nom.
Côté « grandes-nouvelles », c'est plutôt limité ce matin. On parle toujours à droite et à gauche d'une augmentation du prix d'achat offert par Roche sur l'américain Illumina. Rien de concret, mais on en parle et le prix devrait être nettement plus élevé que ce qu'il est actuellement. Affaire à suivre. Nous aurons pas mal de chiffres économiques aujourd'hui. A commencer par les Jobless Claims, puis le FHFA House Price, les chiffres du Gaz et du pétrole, puis le Kansas City Fed Manufacturing Index - tiens c'est un nouveau celui-là , jamais entendu parler. En fin de journée il y aura également le Money Supply et le Fed Balance Sheet.
Pour le moment les futures américains sont quasiment inchangés, difficile d'en tirer une conclusion quelconque sur l'ouverture ou la direction que la journée va prendre. On a un peu l'impression que le marché est en phase de digestion de gueule de bois, depuis que le cas grec n'est plus là, il n'est plus le même. Il lest peut-être sain de terminer la semaine en roue libre et de passer le week-end à étudier le cas du Portugal, de l'Espagne et de l'Italie, il y a surement un truc qui pourrait nous occuper la semaine prochaine.
A propos d'Italie, le Premier Ministre, Monsieur Monti a décidé de publier les déclarations fiscales et les biens en possession de chacun de ses Ministres. Ça part d'un bon sentiment de transparence, sauf qu'hier quand il a fait mettre en ligne tout ces documents, le nombre de connexions a fait péter le site du Gouvernement. Et depuis les Italiens sont scandalisés de savoir que ceux qui leur font se serrer la ceinture, gagnent entre 250'000 et plusieurs millions d'euros par année.. Mais au moins c'est transparent.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, il me reste à vous souhaiter une excellente journée et je profite de l'audience pour faire une demande ; je suis à la recherche d'un contact à la SGS qui pourrait m'expliquer les détails et le fonctionnement d'une garantie dans une deal pétrolier, si quelqu'un connaît quelqu'un qui au clair dans ce type d'opérations, je serais preneur. Au cas où : thomas.veillet@morningbull.ch
Merci d'avance.
Allez, c'est tout pour aujourd'hui, on se voit demain pour l'apéro.
Bonne journée !!!
Morningbull
“Earlier this week, President Obama unveiled his new $3.8 trillion budget. $3.8 trillion - that's more money than Mitt Romney makes in a week.” –Jay Leno
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mercredi, 22 février 2012
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé
On attendait que le cas de la Grèce soit réglé, comme d'habitude, cette nouvelle qui se devait positive fût surtout utilisée pour liquider les positions et prise comme excuse pour prendre les profits après une hausse vertigineuse ces dernières semaines. « Vendez la nouvelle !!! » comme disait mon professeur de bourse, c'est un peu ce que le marché a fait hier, même si il reste tout de même super-bien disposé. A la première occasion, il a tout de même bien fait comprendre à ceux qui tentait de le shorter de ne pas mettre trop d'espoir de ce côté-ci, il y a encore des acheteurs dans le marché et le terme « faiblesse » est un terme large et difficile à cerner ; est-ce que 0.3% c'est une faiblesse ou est-ce que c'est plutôt 3% ? Tout ce que je sais, c'est qu'en ce moment on à la trouille. Oui, la trouille que ça corrige et d'avoir acheté au plus haut et la trouille que ça continue de monter et que l'on n'ait pas osé prendre le train en marche...
C'est plein de frustrations et les psychologues seront encore bien occupés cette année. En tous les cas le plus frappant dans la séance d'hier, c'est le sentiment que soudainement les intervenants ne savaient plus à quoi se raccrocher, comme le cas de la Grèce était réglé et que le Portugal n'est pas encore à la mode, on ne savait pas trop de quoi parler. Pour être franc, tout le monde se fout du sujet de l'or, on commence à nouveau à s'exciter sur le pétrole alors que le Iraniens remontent leurs manches et font gonfler leurs biceps en Méditerranée.
Tout le monde commence à flipper à se dire que si ça pète vraiment, et pour être honnête personne ne voit comment ça pourrait finir autrement, sachant que la médiation et les séminaires de maîtrise de la colère ne fonctionne que pour des gens normaux et encore, pas tout le temps, donc si ça pète vraiment le baril devrait monter à des niveaux stratosphériques, plus vus depuis des années ou alors jamais vus du tout...
Il y a donc deux écoles qui s'affrontent. La première qui dit que même si le baril monte très haut on ne se sera pas trop impacté, sachant que depuis quelques années, on a trouvé des solutions pour être bien plus efficient au niveau de la consommation de l'or noir (je reste plutôt sceptique sur ce point) et que même si l'on se coltine un baril à 182$, tout ira très bien... De l'autre côté vous avez les autres qui courent partout en hurlant dans tous les sens, tel des poulets sans têtes, les cris en moins car quand vous n'avez plus de tête, c'est plus dur de crier. Ce second groupe qui hurle à la mort est l'équipe de ceux qui consomment pour de vrai et qui voient leur gallon passer de 3$ à 4$ et qui voient les 5$ s'approcher dangereusement. Bon, pour nous, pauvres petits Suisses, ça fait longtemps que l'on paye notre gallon plus de 10 balles, alors ça fait des années que ça ne fait plus mal du tout, comme quoi on s'habitue à tout et même de faire le plein et de payer la même chose que pour une semaine de vacances all inclusive à Djerba, ça devient presque un acte supportable et civil surtout, sachant tout ce qu'on laisse à l'Etat au passage. Bref, les ricains, eux ne sont pas super motivés de voir monter le gallon au-dessus des 5$, surtout quand tu roules avec un SUV de 6 mètres de long avec un réservoir qui pourrait servir de piscine à l'équipe de mineurs qui bossent avec Blanche-Neige dans le film éponyme.
La peur du pétrole est donc de retour, mais elle laisse aussi libre cours aux spéculations les plus folles, permettant au moindre trader de s'imaginer acheter des calls sur le baril pour 0.01 cents et se faire des scénarios dans son lit le soir, imaginant que l'autre taré d'Iranien envahisse Israël que la guerre totale se déclenche que le baril monte à 200$ et que ces calls montent à 99$ qu'il revende tout et qu'il parte s'installer dans une île loin des radiations pour faire de la peinture ou du tricot, parce qu'en fait, le trading ça n'a jamais été fait pour lui...
Bien que par contrat je me sois engager à ne plus jamais parler de la Grèce jusqu'en 2020, je m'en vais déjà contourner la clause de confidentialité, pas comme Mark Müller, et je vais tout de même aborder le sujet ; il faut noter tout de même que la signature du nouveau traité greco-romain, ah non, ça c'est la lutte, donc le nouveau traité greco-européano-reste du mondo a été signé depuis à peine vingt-quatre heures et « C.S.I Wall Street » est déjà sur l'enquête puisque les premiers commentaires approfondis qui sont sortis sur le sujet nous le disent clairement : « ça ne marchera JAMAIS, ça ne suffira JAMAIS »... ça fait toujours plaisir de savoir que l'on vient de lâcher 130 milliards pour s'entendre dire que les grecs vont charger les milliards à l'intérieur du cheval de Troie et cette fois ils vont le sortir de la ville et aller le planquer dans des « méchants » paradis fiscaux qui font rien qu'à faire de l'évasion fiscale. Pour le moment le marché se moque de ce genres de commentaires comme de leur première trade perdante, mais à force de hurler au loup, on va quand même commencer à douter.
Hier durant la séance, la volatilité était de mise et même si le coeur y était, les indices Européens ne sont pas parvenus à finir cette journée historique en hausse en Europe. Il est vrai que, pour la défense des investisseurs, celui qui n'avait pas compris que le deal ALLAIT SE FAIRE, c'est qu'il ne voulait pas ou alors c'est qu'il était Roubini lui-même et qu'il est hanté par le désire de revivre un Krach qu'il aurait prévu. Il est donc normal que nous digérions la nouvelle et que l'on puisse se poser des questions sur l'avenir. Pour l'instant on résiste plutôt bien et cela laisserait supposer que les intervenants ont encore du cash à disposition et que personne n'a vraiment envie de jouer les héros en se mettant short. Pas en premier en tous les cas.
On a donc passé une journée à digérer. En plus il n'y avait pas de grandes nouvelles qui auraient pu nous pousser à se concentrer sur un truc en particulier. Les américains commençaient leur semaine pour de vrai et en l'absence de chiffres économiques ils se calquaient sur la morosité ambiante en Europe, mais comme les Européens se calquaient sur les mouvements des USA, on se retrouvait dans une joli chassé-croisé du type c'est toi qui monte ? -Non c'est toi. - Non, c'est toi. Mais alors là, c'est toi qui baisse ? - Ben non c'est toi bien sûr !!!
En gros, le meilleur moyen de comprendre la seconde partie de séance d'hier, c'est de vous mettre face à un miroir et d'essayer de faire des mouvements différents que ceux de votre reflet, vous verrez que c'est hyper-compliqué, à moins d'avoir bu pas mal, où là en revanche, ça peut être drôle, pas POSSIBLE, mais juste drôle. Vous aurez compris que chaque fois que les USA bougeaient un orteil, l'Europe bougeait le même orteil exactement.
Les indices américains ont tout de même trouvé la force d'aller battre les niveaux d'il y a un an à peu près. Le Dow Jones a même affiché 13'000 au compteur pendant un bref instant avant de se replier sur lui-même pour la fin de la séance et pour terminer plus ou moins là où il avait commencé sa journée. Même combat sur les autres indices. Home Dépôt a sorti des bons chiffres, à l'heure de la crise, le bricolage et la « démerde » revient à la mode, si ça veut dire que je vais devoir apprendre à planter un clou, je vous le dit tout net : « Jamais »... trop dangereux. En revanche les chiffres de Wal -Mart étaient décevant et le titre était un des gros looser de journée, en baisse de 3.9%. a noter qu'Apple, qui termine sa séance à plus de 514$ en hausse de 12$, se porte bien. China Telecom a annoncé qu'ils prendraient les « réservations » pour l'iPhone 4S dès le 2 mars. Et puis dans un article de Marketwatch ce matin, Cody Willard fait le sommaire d'Apple et explique comment elle va aller à 1'000$...
Pour l'aspect sérieux, je vous recommande la lecture de l'article, les chiffres donnent toujours le tournis :
http://blogs.marketwatch.com/cody/2012/02/21/apples-curre...
Et ensuite je vous recommande également la vidéo ci-dessous, c'est le côté « moins sérieux » :
http://www.youtube.com/watch?v=EHQCvSbHW-k
Depuis que la Grèce est sauvée, le dollar fait moins le malin. Du coup l'Euro s'installe en-dessus des 1,32. Du coup, un dollar faible est une bonne chose pour l'or et le pétrole, qui, en plus de l'Iran trouvent-là une motivation supplémentaire pour grimper plus haut. Ce matin l'or est à 1758$ et le pétrole à 106.02$. C'est une nouvelle qui va faire plaisir aux stations services qui vont pouvoir s'empresser de répercuter cette hausse de 1 dollar depuis hier immédiatement à la pompe, puisque n'oublions pas TOUTES les stations services genevoises ne se font pas livrer le pétrole, mais sont relié directement à un pipeline qui vient DIRECTEMENT du désert de la grande banlieue d'Abu Dhabi, ce qui fait que la moindre hausse est immédiatement répercutée. En revanche pas les baisse, mais ça, ça serait trop compliqué à vous expliquer, c'est un mélange subtile d'économie appliquée et de physique quantique, plus connu sous le nom « merci pigeon ».
Rapide tour sur les niveaux des indices :
Dow Jones 12,966 +16 +0.12%
Nasdaq 2,949 -3 -0.11%
S&P 500 1,362 +1 +0.07%
FTSE 100 5,928 -17 -0.29%
CAC 40 3,465 -7 -0.21%
DAX 6,908 -40 -0.58%
FTSE MIB 16,711 -13 -0.08%
IBEX 35 IDX 8,767 -51 -0.58%
Nikkei 225 9,531 +68 +0.72%
Hang Seng 21,461 -18 -0.08%
Shanghai 2,506 +11 +0.45%
Sydney 4,378 +10 +0.23%
Ce matin l'Asie est bien disposée, pourtant la journée avait commencé dans le rouge alors que l'on se posait (comme tout le monde) des questions sur la viabilité du sauvetage grec et de la durée qui va avec. Puis les estimations des chiffres économiques chinois à venir ont été rassurantes, du coup on a tourné la veste le renforcement du dollar face au yen permettait aux exportatrices de trouver leur place et on est reparti en hausse, sauf Hong Kong qui traîne un peu les pieds ce matin.
Dans les nouvelles du jour, c'est la zone, il n'y a rien, sur certains sites internet, ce maint ils ont publié de pages blanches, car depuis que la Grèce est sauvée, il n'y a plus rien à dire.
Nan, j'déconne !!!
Hier soir après la clôture, il y avait les très attendus chiffres de Dell. Le fabricant de PC qui a progressé de 24% depuis le début de l'année a déçu sur les chiffres de son trimestre et l'avenir semble peuplé de grisaille et de nuages bas. N'est pas Apple qui veut visiblement – oui, il fallait que je la place celle-là – le titre s'est replié de 5% après la clôture. Au chapitre des autres résultats, c'était pas mal chez Intuit et chez Brocade, les deux valeurs grimpaient de 3.3% et 6% respectivement.
Et puis, je vous en parlait hier sous le couvert de la rumeur, cela semble devenir officiel, puisque la Tribune.fr publie un article en première page pour nous annoncer les fiançailles entre le groupe PSA (Peugeot-Citroën) et General Motor. Les discussions sont en cours depuis longtemps et nous entrons dans la phase cruciales. De fortes synergies pourraient donc voir le jour avec le rapprochement de ces deux constructeurs, on se réjouit donc de voir sortir la Chevroler Camaro Série Spécial Roland-Garros avec l'intérieur en terre battue, lignes blanches et juges de lignes en option, sans compter le best-seller que sera la 207 Cabriolet avec le moteur de 6.2 litres V8 de la Corvette et ses 430 chevaux. Sans compter que le Chevolet Suburban utilisé par le « Secret Service » qui protège Obama sera du plus bel effet avec le logo Citroën sur la calandre.
En tous les cas quand on voit que GM était en faillite il y a encore deux ans, on voit avec plaisir que le rêve américain et le roulage dans la farine des investisseurs marche toujours à fond.
Peu de grandes-nouvelles, mais pas mal de commentaires ici et là. Clairement le pland de sauvetage grec ne plaît pas à tout le monde. De plus en plus de financiers sont inquiets en cas de victoire de François Hollande et de Ô combien cela pourrait remettre en question l'équilibre fragile qui existe en Europe. Les niveaux très élevés des indices poussent les gens qui ont des actions à se hedger, si l'on en croit l'augmentation de certains produits de protection, ce qui est rassurant et devrait nous prémunir contre un correction trop forte.
L'investisseur Doug Kass, qui avait commencé l'année de manière plutôt constructive adopte, depuis quelques semaines, un ton beaucoup plus prudent. Il a tout d'abord publié l'article « SELL EVERYTHING », quand il a appris que Roubini devenait constructif. Puis il revient aujourd'hui avec 6 risques qui pourraient nous faire capoter le bull market : en premier le prix du pétrole, les risques géopolitiques au Moyen Orient, un ralentissement des pays du BRIC, surtout l'Inde et la Chine, la dépendance à la politique monétaire, un budget US totalement délirant et qui s'approche plus du conte de fées que de la réalité économique et pour terminer les changements qu'une année électorale peut amener dans le pays. Il estime que la « fair value » du S&P500 ce matin à 8h00 est de 1345 et qu'il pourrait atteindre les 1550.
En gros il est positif, mais pas trop, il préfère être long quand ça monte et short ou pas engagé... mais à la fin, il a les mêmes peurs que Roubini à trois mots près.
Ce mardi on attaque pour de vrai avec les chiffres économiques, du coup on aura peut-être autre chose à dire que « la Grèce ». Cette après-midi, il y aura les MBA Purchase Applications, le Redbook et les ventes de maisons existantes. Clairement tout le monde va se concentrer sur des signes de survie ou de récupération du côté du marché de l'immobilier US. Il va tout de même falloir que ça bouge de ce côté-là, parce que si le chômage reste à 9%, que la croissance reste nulle ou presque, il va quand même falloir que quelque chose bouge pour stimuler consommation, Apple ne peut quand même pas tout faire.
Pour l'instant, dans les premières heures de l'aube, les futures américains pointent vers le haut. Faiblement, mais vers le haut quand même. Ils sont donnés en hausse de 0.1%.
Voilà, je crois que c'est tout pour aujourd'hui. Je m'en vais vous laisser vaquer à vos occupations matinales, moi je vous retrouve demain pour de nouvelles aventures. Ah oui... Cette semaine le Morningbull sous sa version « blog » a six ans... Et moi ça fait 7 ans que j'écris tous les matins ou presque, ayant commencé par mail avant.. Happy Birthday to me;-)
Allez, à demain..
Morningbull
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mardi, 21 février 2012
Il paraît qu'on y est presque, ah non pardon, on y est tout court !!!
Presque est le « maître mot ». Depuis des semaines et des semaines on ne parle plus que de ça sur les marchés financiers. Le Bailout de la Grèce devrait BIENTÔT être approuvé. Quand je suis parti en vacances il y a plus de dix jours, nous étions déjà dans la même situation ou presque. Nous avions « presque » un accord qui nous tendait les bras. En commençant cette semaine, tout le monde est arrivé au bureau en se disant que cette fois, c'était sûr avec la réunion des ministres des finances à Bruxelles et l'optimisme ambiant, le deal devait être dans la poche d'ici la fin de journée de lundi.
Mais voilà, le hic c'est qu'il est passé 3 heures du matin en Suisse et il n'y a toujours pas d'accord. Ça cause toujours à Bruxelles il paraît, bien que l'on peut émettre quelques doutes sur l'efficacité de ces Messieurs qui sont en meeting depuis le milieu de l'après-midi.
Peu importe, on s'autorise à penser dans les milieux autorisés que l'accord devrait être conclu tout soudain et c'est ce qui faisait monter le marché hier. On sait tous que l'on ne laissera pas partir la Grèce avec l'eau du bain. La seule question que commencent à se poser certains « experts » financiers, c'est de savoir si les 130 milliards du Bailout prévus, seront suffisant pour sauver le pays à l'horizon 2020. Oui, car pour ceux qui auraient raté un épisode, l'objectif est de rendre le pays profitable, nickel et désendetté pour l'an 2020. Huit ans pour apprendre à ne plus vivre au-dessus de leurs moyens et huit ans pour effacer une mentalité qui dure depuis bien plus longtemps que ça, on peut en douter légèrement, sachant que les américains n'arrivent pas à se guérir de cette maladie depuis des années, ils ont d'ailleurs réglé le problème en écrivant ça dans leur constitution. T'es pas endetté, t'es pas un vrai mec.
Mais là n'est pas le problème du moment. Aujourd'hui les marchés financiers vivent au rythme de la Grèce, dès lors nous pouvons donc nous poser la question suivante : « Qui va payer les 30 milliards supplémentaires que le FT estime nécessaire pour atteindre l'objectif 2020 ? », quand on voit que l'Allemagne commence à pinailler à coup de 300 millions d'euros dans le budget, je vous laisse imaginer Ô combien ils vont apprécier de devoir trouver 30 milliards de plus. Ce qui amène les investisseurs à se poser une autre question : « Que va-t-il se passer lorsque le Bailout sera officialisé, ou pas ? »...
Et cette question est légitime. En effet, on attend tellement de cette annonce, que le marché est déjà monté en anticipation car vous pouvez interroger la plupart des traders et autres intervenants du marché, tout le monde est convaincu à 100% ou presque – très important le presque en ce moment – que la Grèce sera sauvée, on peut donc se dire que si c'est confirmé, on devrait « vendre la nouvelle », puis rebondir pour fêter ça, mais légèrement car tout le monde à peur à des niveaux pareils, quand on voit que l'Allemagne est en hausse de 19% depuis le début de l'année. En revanche dans le cas (peu probable) que tout capote, la correction qui suivrait pourrait être bien plus sévère, ce qui nous permettrait de résumer la chose de la manière suivante : « Il y a moins à gagner à la hausse qu'à perdre à la baisse »... Cette constatation semble évidente et c'est ce qui me fout la trouille, parce que quand c'est évident.....(vous connaissez la suite)...
Nous voilà donc dans un statuquo le plus total, on attend toujours et encore. Je suis parti 10 jours et rien n'a changé, la Grèce est toujours dans le viseur des investisseurs. Il y en a bien deux ou trois qui se demande ce qui peut bien se passer au Portugal, car si on sauve la Grèce et que le Portugal coule, on ne sera pas plus avancés qu'avant, mais visiblement CNBC et Bloomberg TV n'ont pas assez de caméras et d'équipes de tournage pour poster du monde devant le parlement Grec et EN PLUS à Lisbonne, faut quand même pas pousser à la fin !!!
Donc hier, nous avons vécu la journée sur le Placébo du Bailout grec. Les américains étant fermés pour cause de jour férié en l'honneur des Présidents américains. Ou des anniversaires de Lincoln et/ou Washington, c'est selon et comme à chaque fois qu'ils sont fermés, les intervenants européens ont tout de même des doutes sur la direction à suivre, il y en a même qui continuent de regarder ce que fait le future américain pour trouver une direction, un indication, un signe... pendant que les américains eux, ils dorment pour profiter du lundi de congé, mais c'est bien ce genre de journée ça occupe les marchés européens et ça leur donne l'impression d'être dans le siège du conducteur une fois dans l'année. La journée était donc en hausse, portée par les espoirs cités dans mes commentaires ci-dessus.
Heureusement qu'il y a eu de quoi faire sur le take-over de TNT en Hollande. Délaissé il y a encore quelques jours soudainement la valeur est devenue la proie d'UPS, de DHL et de FedEx, puisque depuis qu'UPS a montré son intérêt soudainement les autres ont fait de même. L'effet « mouton » me surprendra toujours. Autrement on parlait également beaucoup de Véolia et de l'éventuel remplacement de son CEO, ce qui déclenchait une polémique dont Sarkozy se serait bien passée, puisque des rumeurs circulaient sur le fait que l'ex-ministre UMP, Monsieur Jean-Louis Borloo pourrait éventuellement peut-être devenir CEO de Véolia avec l'aide à peine dissimulée de l'Elysée. Ces rumeurs tombaient mal au moment le Président de petite taille montait sur ses talonnettes pour expliquer à ses fans qu'il voulait être le Président du peuple et pas des riches... (par contre pour occuper ses week-ends, il veut bien aller faire du bateau avec Bolloré et manipuler le CAC40 la semaine suivante, un hobby de petite gens en fait...)...
Peu importe la véracité ou pas de cette rumeur, le titre n'a pas aimé et était le plus gros paria du CAC hier. Dans les « autres bruits de marché », on entend dire ici et là que GM serait sur le point de prendre un grosse participation dans le groupe PSA. Ou comment Chevrolet voudrait se marier avec une 207 ou une C3 Picasso. Affaire à suivre.
L'or restait plus ou moins là où il se trouve depuis des semaines, oscillant entre partout et nulle part. Même le fait que John Paulson ait recommandé chaudement l'achat d'or pour se protéger de l'inflation automatique générée par les dépenses du Gouvernement, quand on sait que le Hedge Fund Manager en question détient des positions stratosphériques sur le métal jaune, on est en droit de se demander si sont discours et fondamentalement argumenté ou est-ce que c'est les positions qui parlent et qu'après une année catastrophique, un bon premier trimestre ne serait pas de refus. Ce matin le métal jaune est à 1736$ l'once.
Côté pétrole, il s'en est passé des choses. L'Iran a donc bougé ses premières pièces sur l'échiquier de la grande claque dans la gueule qu'ils cherchent à prendre depuis un moment. Tout d'abord l'envoi d'une flottille dans la Méditerranée, chose qui a moyennement plu aux américains, j'en suis certain. Le Génial Président Iranien a eu ensuite une seconde idée pour se faire des amis ; il a stoppé les livraisons de pétrole aux Français et aux Anglais. Visiblement ça commence à chauffer sur la piste de danse, mais on est encore seulement dans la phase des étirements, reste à savoir qui va dégainer en premier. Si le Président US avait encore été Double You Bush, on aurait eu la réponse, en moins de trois jours il aurait lancé tout ses pions dans la batailles, mais avec celui qui en place en ce moment – en plus Prix Nobel de la paix – c'est plus compliqué. C'est vrai que quand on est une colombe avec un rameau d'olivier dans le bec, ce n'est pas simple d'accrocher des missiles stinger sous les ailes pour aller se faire Armanidjadjajjjj. Néanmoins ces petites tensions amicales avec en toile de fond la bombe nucléaire, fait les choux gras des traders sur le pétrole. D'ailleurs dans l’hebdomadaire préféré de la profession : « Pétrole Gadget News », on se disait encore cette semaine que si tout cela pétait joyeusement, le baril pourrait monter sans problème à 150$. Pour le moment il es sur le bon chemin avec 104.90$ affiché au compteur ce matin.
Ensuite il faudra tout de même se poser la question, histoire de savoir à partir de quel moment le prix du baril devient un frein pour l'économie. Il n'y pas si longtemps que cela quand j'avais juste un peu moins de cheveux gris, les « anciens » disaient qu'un baril au-dessus 90$ était mortel pour la croissance économique et destructeur pour les marchés. Bon, visiblement la théorie est toujours valable, c'est juste le niveau qui a changé, reste à savoir lequel c'est.. Pour le moment on s'en tape magistralement, mais je suis prêt à parier que dans un avenir pas si lointain, une star de la finance va revenir sur le sujet.
BREAKING NEWS
Oui, je dis Breaking News parce que je ne vais pas recommencer toute la rédaction de mon texte, tout cela juste parce que les Ministres des Finances Européens ont fini par se mettre d'accord à 4h11 du matin alors que j'avais déjà tapé 2 pages et demi. Le second Bailout de la Grèce est donc dans la poche. Il s'élève à 130 milliards d'Euros, soit 172 milliards de dollars. La Grèce devra atteindre le ratio dette/PIB de 120% à l'horizon 2020 et les créanciers vont se prendre un « haircut » de plus de 53% sur leurs obligations.
Comme on dit par ici ; ça, c'est fait.
Du coup l'Euro/dollar semble s'envoler, il vient de prendre près d'une figure sur l'annonce.
Et puis les marchés asiatiques qui étaient très dubitatifs, pour ne pas dire « négatifs » ce matin, on tenté de faire mine de saluer l'annonce. Cependant l'étincelle fût brève et de courte durée, le rallye n'aura duré que le temps de taper le mot « rallye » sur une machine à boule IBM. À l'heure où je vous parle, les indices du Far-East, qui était légèrement négatifs, voir « à l'équilibre », il y a quelques heures et bien ces indices sont passés franchement dans le rouge en ce qui concerne Hong Kong, Tokyo et Shanghai, en revanche les Australiens ont l'air plutôt contents, puisque c'est le seul indice de la région qui monte. Il est donc difficile de prévoir ce que feront les marchés européens dans les premières heures de l'aube, quand l'ours est à l'affût pour essayer de casser les pattes arrières du taureau qui s'ébat joyeusement dans la prairie depuis des semaines.
Inutile de vous dire qu'en ce qui concerne les nouvelles de la journée, vous pouvez avoir découvert un vaccin contre la connerie, racheter la totalité de Novartis et de Roche à coup de 1'000 frs par action, avoir battu Roger Federer avec un bras dans le dos et la raquette de Bjorn Borg, version vintage, personne ne prêtera attention à ces exploits, trop concentrés que nous serons à célébrer le plan de sauvetage de la Grèce. La news va être décortiquée, célébrée, développée et commentée, ça fait tellement longtemps qu'on attend, on va sûrement se faire plaisir, de plus il n'est pas exclu que le 21 février devienne du même coup un jour férié européen pour fêter ça.
Non, et puis surtout, la bonne nouvelle c'est que maintenant on va pouvoir s'occuper du Portugal !!!
Voilà, je crois que tout est dit au sujet de la Grèce, je crois cependant que l'on va pouvoir garder le sujet au chaud, car mon petit doigt me dit que dans les mois qui viennent, il y a bien quelqu'un qui aura oublié un facture au fond d'un tiroir et que finalement 60 milliards de plus, ça ne serait pas de refus... mais on verra on en reparlera le moment venu...
Et puisque nous en sommes-là, je vais me permettre de pousser mon petit coup de gueule à moi : Vous, je ne sais pas, mais depuis le début de cette histoire, il est clair que la Grèce a fait plein d'effort pour se mettre dans une situation plus que critique, aujourd'hui ils doivent payer et se reconstruire sur le long terme, on est tous d'accord. Cependant il me semble que l'on oublie un peu vite le rôle de Goldman Sachs qui se sont tout de même bien défoulés à l'époque, faisant à croire à tout le monde que tout allait bien, juste le temps de leur fourguer des produits sur la Grèce, après avoir plus ou moins ré-interprété les comptes du pays et juste avant d'appeler leur client, Monsieur Hedge Fund Manager pour lui dire : «Vas-y short la Grèce, le pays est au bout du rouleau, mais t'as encore le temps de vendre à découvert le temps que les autres y comprennent quelque chose ».. En gros, on a clairement l'impression que Goldman Sachs n'a peut-être pas amené la Grèce là où elle est, mais ils ne l'ont pas aidée à s'en sortir, mais plutôt à s'enfoncer. Ah ben oui, tu comprends tant que y a du pognon à faire, y a pas de raison de se priver.... Mais visiblement ça ne choque personne. Les banques suisses qui cachent des montagnes d'argent grec, ça dérange les politiciens français, mais par contre Goldman Sachs qui aide la Grèce à tresser la corde pour se pendre, c'est normal, c'est du bizness mon ami !!!
Encore une fois, nous sommes tous égaux, mais les américains sont plus égaux que les autres et Goldman Sachs pareil, mais plus...
Bien que les premières pages seront trustées par la Grèce, je vous livre tout de même deux ou trois nouvelles qui pourront toujours servir à meubler la conversation avec le musicien qui joue dans le tram pendant que ce dernier essaye de récupérer la demi-heure de retard qu'il a depuis ce matin : Apple a gagné un procès pour une histoire de patente face à HTC, rien de nouveau, mais les compagnies de téléphones mobiles ne savent plus comment faire pour combattre l’hégémonie d'Apple, si ce n'est devant les tribunaux, pourquoi ne pas faire un téléphone qui soit mieux que l'iPhone à la place ? Le Barron's publie un article positif sur Corning, le fabricant de verre pour les écrans plat devrait rebondir selon le journal, il parle d'un objectif à 20$ sur deux ou trois ans. Le titre vaut 13.84$ aujourd'hui, si les investisseurs achètent le titre pour jouer 50% de hausse 3 ans, c'est que la mentalité à changé de manière drastique, habituellement c'est la performance espérée dans la semaine, les temps change comme disait l'autre..
Et puis toujours dans le Barron's on ne comprends toujours pas la stratégie de Meg Whitman chez Hewlett, c'est peu clair et c'est brouillon en ce qui concerne la direction à prendre désirée. Transocean, la société de forage offshore qui s'est installée en Suisse purement pour des raisons qualité de vie, vient d'annoncer qu'ils ne recommanderont pas le paiement d'un dividende en 2012.
Alors que les américains reviennent de week-end et entament la semaine avec un jour de retard, tout sera décalé. Les premiers chiffres économiques importants tomberont demain et c'est les chiffres de l'immobilier qui donneront le ton de la semaine américaine, maintenant que le cas de la Grèce est réglé (hahaha). Ensuite les inventaires du pétrole ne sortiront pas mercredi, mais jeudi. En gros courte semaine, mais ça va nous laisser du temps pour se mettre au portugais.
Pour le moment les futures américains sont en hausse, ils ont même accéléré à la hausse alors que l'annonce de l'Eurogroupe était faite. Sauf que les Européens sont encore au lit (pour la plupart) et que les américains sont encore hier, donc la hausse indiquée n'est pas très représentative, même si le future S&P avance de 0.3%. Selon les règles non-officielles de la bourse, le marché devrait baisser, maintenant qu'il connaît la nouvelle... En revanche, il faudra voir si la baisse va durer ou si tout ceux qui ne sont pas rentré dans le marché vont sauter dans le train... ce qui devrait donner un baisse de courte durée... Le S&P500 va faire face à son « plus haut » depuis 12 mois, niveau qu'il va falloir casser rapidement si on veut espérer afficher le chiffre 1'400 au compteur avant le printemps.
On notera tout de même le fait que la semaine passée, les « in-flows » dans les fonds actions domestiques américains sont au plus haut depuis avril 2011, inutile de vous rappeler ce qui s'est passé après...
Il me reste à vous souhaiter une excellente journée « grecque », en ce qui me concerne je suis de retour, mais j'avoue que ce n'est pas l'envie de repartir qui manque... Mais on va s'accrocher. Que votre café soit à votre goût et on se revoit normalement demain matin...
Morningbull
“China's vice president was in Los Angeles today. When he got off the plane, he apologized for his problem with the language. Apparently, his interpreter doesn't speak Spanish.” –Jay Leno
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