jeudi, 26 janvier 2012
Mieux vaut être américain, en bonne santé avec des taux bas, que grec, malade avec des créanciers qui vous haïssent
Si l'on se penche sur la journée d'hier en Europe, on se rend rapidement compte que l'histoire se répète. Non seulement depuis quelques jours, mais également comme depuis plusieurs mois. C'est un cycle qui semble être sans fin.
En effet, depuis 2 ans maintenant (ou presque), on vit le même scénario :
Etape 1 : on se rend compte que la Grèce à un problème
Etape 2 : on identifie le problème et on commence à se dire que « SI » ça tourne mal on va s'en prendre plein la figure
Etape 3 : le monde merveilleux de la finance tente de trouver une solution pour régler le problème, mais comme tout le monde veut gagner de l'argent et que le « greed » prend le dessus, on ne trouve pas.
Etape 4 : les autorités s'en mêlent et, après des sommets tout azimuts, des conférences calls incessantes et des effets de manche mémorables, les autorités européennes débarquent avec « LA » solution que personne ne comprends exactement comment ça marche et encore moins comment ils vont faire pour la mettre en place, mais on se dit qu'ils doivent savoir ce qu'ils font, après tout ce sont des politiciens.
Etape 5 : on commence à oublier le sujet de la Grèce et on se rend compte que le Portugal est dans une sacré merde. A noter que le Portugal peut être remplacé par l'Espagne ou l'Italie.
Etape 6 : après une période d'oubli (généralement 6 à 8 semaines) on revient sur le sujet de la Grèce et on se rend compte que la Grèce à « TOUJOURS » un problème (retour à l'étape 1).
Je vous l'ai toujours dit ; « facile la bourse ».
Aujourd'hui nous en sommes à l'étape 3 ou 4, les créanciers privés sont toujours en train de pinailler pour trouver un accord avec la Grèce, le FMI, par la voie de sa patronne commence à tenter de pousser les gens à passer franchement à l'étape 4, puisqu'elle propose que si les « privés » ne veulent pas prendre la perte annoncée, ça serait peut-être une bonne idée si le coût de l'aventure soit supporté par l'Europe, ou mieux la BCE. Ce qui semble tout de même étrange comme stratégie, à tel point que l'on se demande vraiment si il n'est tout de même pas mieux de laisser partir la Grèce en défaut (ce qui est de toute manière largement intégré dans les prix) et de recommencer à zéro. Bref, le sujet est un serpent de mer, il faut tout de même reconnaître que l'on bosse sur la restructuration de la dette grecque depuis un an. Que le sujet revient sur les ondes toutes les 8 semaines et que, pour être honnête, je n'ai pas l'impression que les choses aient changé. En attendant on attend que les négociations avancent et les investisseurs ont les boules et quand ils ont les boules, les investisseurs, ils vendent les bancaires.
Il m'est difficile de résumer la journée européenne du marché autrement que de cette manière. Encore une fois, même si le sujet de conversation principal de toutes les salles de trading du monde était les chiffres stratosphériques d'Apple, comme elle ne fait ni partie du CAC40, ni du DAX et encore moins du SMI (qui lui souffrait des résultats de Novartis ), les intervenants européens ne pouvant même pas se rattraper sur une « techno » comme Alcatel puisqu'elle se faisait défoncer suite aux chiffres pourri d'Ericsson, dans ces conditions on ne pouvait pas trouver la lumière et la joie et le bonheur qu'Apple tentait de diffuser sur la planète ne parvenait pas dans nos contrées boursières européennes qui ma foi restent tout de même bien plus intéressées pas l'avenir de la Grèce plutôt que par celui de l'iPhone.
On s'est donc pris la tête toute la journée en se disant que c'était abominable ce qui se passait en Grèce, alors que les Allemands refusent toujours de signer des chèques supplémentaires pour l'Europe et que Merkel essayait d'expliquer calmement aux Espagnols, via le journal El Pais (dans lequel elle donnait une interview) que NON, contrairement aux idées préconçues, son pays n'a pas des ressources illimitées, vous devez confondre avec l'Arabie Saoudite. On reprend donc la vieille fable de la Cigale et de la Fourmi, et en ce moment la fourmi germanique en a marre que les 26 autres Cigales de l'Europe qui ont chanté depuis une bonne dizaine d'été continuent de frapper à la porte pour demander du pognon. Encore peut-être qu'en ce qui concerne l'Espagne, l'Allemagne pourrait consentir à un arrangement dans le cas où Messi et Ronaldo voulait bien aller jouer au Bayen de Munich et changer de nationalité pour intégrer la Manschaft, mais autrement faut quand même pas rêver...
Donc nous, les européens – on se sent mal à l'aise parce qu'un pays qui fait payer 12 euros pour aller visiter un chantier en ruines ne trouve pas le moyen de rembourser ses dettes. Et qu'en plus, pendant que la Grèce se débat dans les négociations, les journalistes sont en train de se jeter sur le sujet tiède qui tend à passer sur « brûlant », du Portugal. Il semble clair que dès que la bombe grecque aura été désamorcée (pour 8 semaines), le prochain sur le menu, c'est le Portugal.
Et pendant ce temps-là, le iS&P500 continue son iBonhomme de iChemin en direction des iSommets. Rien ne semble vouloir freiner la iMarche en Avant des indices américains qui terminaient leur séance au plus haut depuis 8 mois, à savoir 4 cycles de dépression nerveuse sur le sujet de la Grèce. Les américains vivent dans un monde différent et rien ne semble pouvoir ni vouloir les faire changer d'avis. Pourtant hier il y avait tout de même les chiffres des ventes de maisons qui n'étaient pas bons du tout, nettement en dessous des attentes, mais on a préféré faire comme si on ne le voyait pas comptant sur le fait que si jamais ça allait vraiment mal, on pourrait inventer la iMaison à Crédit et Apple pourrait ainsi sauver le monde. Enfin, le monde c'est vite dit, sauver les USA suffirait amplement. En plus on ne voulait pas trop attirer l'attention sur les mauvais chiffres de l'immobilier, surtout que ça fait trois semaines que l'on dit partout que le marché immobilier à vu le pire et qu'il est sur le chemin de la rédemption, on aurait l'air un peu con de commencer à flinguer la campagne de marketing mise en place à ce sujet.
Mais bon, peu importe « THE SUJET » of the day restait Apple et puis c'est tout. Meilleurs chiffres du monde, meilleurs chiffres de l'histoire, plus grosse capitalisation boursière mondiale, 100 milliards de cash sur le compte en banque, la capacité de sauver la Grèce ou le Portugal – tiens, encore eux – en un coup de baguette magique ou alors de racheter la totalité du CAC40, juste pour rire. Apple aura eu le mérite de mettre tout le monde d'accord hier. Ou presque tout le monde, parce qu'il y a quand même un Monsieur qui s'appelle Ed Zabitsky, qui est chez ACI Research qui persiste et signe et en remet une couche, pour lui Apple va à 270$, soit 40% plus bas qu'ici. Pour lui ça ne peut pas durer et Androïd eet son Ice-Cream Sandwich va les cannibaliser et puis c'est tout. Pour la petite histoire, j'ai acheté un Samsung Galaxy SGII qui tourne sous Androïd, eh ben il est posé sur mon bureau depuis 3 semaines, prenant la poussière et moi j'utilise un 4S et PLUS JAMAIS je ne toucherais un Samsung. Voilà, ça c'est fait !!!
Non contents d'avoir Apple qui stimulait tout le marché et l'économie, les américains pouvaient également compter sur le soutien de la FED. Comme le FOMC Meeting prenait fin hier soir, ils ont annoncé leur intention de conserver les taux au niveau du sol pendant encore deux ans !!! On est incapable de savoir ce qui se passera la semaine prochaine, ni même demain, ni même si les Mayas auront raisons en décembre, mais la FED peut déjà vous dire qu'elle ne remontera pas les taux avant 2014. Et il y même certains EXPERTS qui parlent de 2016...
Il est clair que dans ce conditions, difficile de faire autrement que de faire monter le marché, baisser le dollar, exploser l'euro et acheter de l'or pour marier sa fille en Inde, juste au cas où. En conclusion à la journée d'hier, il y avait deux poids et deux mesures. A ma droite l'Europe qui balise sur le sujet de la Grèce, du Portugal et de la dette souveraine dans son ensemble et de l'autre les USA qui baignent dans le bonheur d'avoir des taux bas et tant qu'ils peuvent changer d'iPhone tous les six mois, tout va bien.
Côté matières premières, l'or montait because le dollar était faible, l'or noir a bien tenté de faire de même, puisqu'il est même passé brièvement au-dessus des 100$, pourtant, rien à faire, il est repassé immédiatement en dessous lorsque les publications des inventaires de la semaines commencèrent à arriver sur les téléscripteurs et autres Bloomberg. En effet, pour la première fois de l'histoire des USA, les attentes du marché étaient exactement les mêmes que les chiffres officiels de l'EIA... MAIS NONNNNNNNNN, JE DECONNE... comme d'habitude c'était complètement à côté de la plaque et les intervenants trouvaient même ça faiblard. Le baril s'est donc fait décalquer dans les instant qui suivirent avant de remonter en direction des 99.99$ où il se trouve actuellement. L'or repassé au dessus des 1700$, à 1715$ pour être précis. Logiquement nous devrions avoir une interview de Jim Rogers dans les deux semaines à venir, Jim Rogers qui va nous dire que l'or devrait aller à 2'000$...
iDow Jones 12757 +0.64%
iS&P500 1326 +0.87%
iNasdaq 4S 2818 +1.14%
iFootsie 5723 -0.50%
iCAC40 3312 -0.31%
iDax 6422 +0.04%
iMib 15840 -0.56%
iIbex 8555 -0.42%
SMI 6073 -1.01%
Tokyo 8848 -0.40%
Hong Kong 20343 +1.16%
Shanghai 2430 +1.01%
Sydney 4329 +1.00%
En Asie ils sont enfin de retour, les Chinois. Après quelques jours de congé dû à l'arrivée de l'année du dragon, ils ont enfin trouvé la force de se lever pour aller bosser. Du coup, ces quelques jours d'absence leur donné un peu de retard sur le reste du monde, il fallait donc sortir la cravache et rattraper le retard, d'où la hausse de ce matin. En revanche, au Japon, fatigué d'avoir fait tout le boulot depuis le début de la semaine, les japonais prennent les profit et perdent un peu de terrain ce matin. Et les GDP Coréen était en hausse de 0.4%, ratant les prévisions des analystes.
Dans les nouvelles du jour, on continue dans le monde merveilleux de la technologie, puisqu'hier soir il y avait également du monde qui publiait ses chiffres du trimestre. Le nom qui sort en tête du chapeau s'appelle « NetFlix », l 'ex-superstar de l'année 2010 et un des titres qui a vécu une des plus belle correction en 2011 (pour ceux qui aiment l'histoire boursière) a publié de chiffres de très bonne qualité hier soir. Pas aussi bon qu'Apple, mais quand même nettement meilleurs que les attentes des types qui tapent sur des spreadsheets excel pour prédire l'avenir alors qu'une bonne pièce de monnaie ou une tasse de café pleine de marc ou de feuilles de thé devraient amplement suffire à faire de la prédiction. Donc chiffres nettemenet meilleurs et le titre s'envolait de 14% après la clôture. Mieux qu'Apple – en termes de pourcent. Très bons chiffres également chez LSI qui bondissait de 7%. En revanche des chiffres correct chez SanDisk, mais un discours que les investisseurs trouvaient trop conservateurs surtout que la compagnie qui fait des cartes mémoires laissait entendre que les mois à venir serait très difficiles.
Côté politique, alors que les Républicains continuent de se foutre sur la tronche en Floride pour savoir lequel de Gringrich (tu parles d'un nom pour un Président) et de Romney sera élu pour aller croiser le fer avec Obama. Il y a aussi Santorum qui est sur les rang, mais déjà que la semaine passée son petit côté grenouille de bénitier (oui, son gros côté, d'accord) était exaspérant, mais là les commentaires comme quoi « l'enfant d'un viol était tout de même un cadeau de Dieu », je trouve carrément qu'il est bon à enfermer, ça lui donnera d'ailleurs une meilleure idée des relations homosexuelles en prison, puisqu'il est également contre cela... Bref, pendant ce temps là, le candidat Obama commence à se chauffer et les attaques en règle contre les Républicains commencent à fuser. Une chose est sûre, cette campagne 2012 va voler très haut, ça va être un combat de gentlemen et ça va finir à se rouler dans la boue en se filant des coups de poings dans les parties génitales. Mais pendant ce temps Timothy Geithner en a profité pour annoncer qu'il ne se représenterais pas comme Secrétaire du Trésor au cas où son mentor Obama été réélu. On est déjà impatients de voir qui sera le prochain. Bon si c'est les Républicains qui gagnent, je verrais bien Bozo le clown et si c'est les Démocrates, je verrais bien le CEO d'une banque américaine, j'hésite entre Dimon, Blankfein et Pandit. Ou alors Monsieur Hildebrand, il paraît qu'il va avoir un peu de temps libre l'an prochain.
William Baer qui était l'avocat d'AT&T lors de l'échec du rachat de T-Mobile, refusé par la commission anti-trust, a fait savoir qu'il était candidat au poste de responsable de la division anti-trust du Département de la Justice. Ben oui, c'est assez logique si tu ne peux pas battre ton ennemi, bats-toi à ses côté. En ce qui me concerne je n'imagine même pas pouvoir rejoindre certaines institutions d'état que je ne nommerais pas, mais bon, mes ambitions politiques ne sont sûrement pas les mêmes.
Le CEO de Morgan Stanley, James Gorman a déclaré que ceux de ses employés qui ne comprendrait pas le concept de réduction de salaire auraient besoin « d'ajuster leur attitude ». En gros ça doit vouloir dire : « si tu n'acceptes pas 25% de baisse sur tes 650'000$ annuels, je te propose 100% de baisse et d'aller directement au chômage sans passer pas la case négociations »... JP Morgan a annoncé le licenciement de 100 personnes qui bossaient au département « Tresuary », probablement des gens qui n'avaient pas « ajusté » leur attitude.
Ce jeudi sera placé sous le signe des publications en tout genres, ce matin les Allemands et les Français vont publier les chiffres de la confiance du consommateur entre 8h et 8h45, puis la Suède et le Danemark publieront leurs chiffres de l'emploi, ce sera ensuite au tour de l'Italie de publier la confiance du consommateur vers 10h00. Ensuite les Anglais publieront les ventes au détail. Ce sera ensuite le tour des USA avec les Durable Goods, les Jobless Claims, le Bloomberg Comfort Index, les New Homes Sales, les Leading indicators, les chiffres du gaz, le Fed Balance Sheet et le Money Supply.
Ça, c'était pour l'aspect « macro ». En ce qui concerne le publications du trimestre, même si après Apple tout paraît fade, il y aura tout de même Time Warner, Monster Worldwide, Lockheed Martin, Colgate, Raytheon, Under Armour, Caterpillar, AT&T, VeriSing, Kla-Tencor, Amgen, Juniper, Starbucks, 3M, Celgene, Motorola mobility, Bristol Myers et Amylin Pharma.
Pour le moment les futures américains sont légèrement en baisse, mais pas de quoi paniquer, après une journée comme celle d'hier, il y a de quoi prendre quelques profits ce matin.
C'est tout pour ce matin et c'est presque tout pour cette semaine, mais il va encore falloir que je me lève demain matin pour que la boucle soit bouclée. En attendant, je vous souhaite une très bonne journée, un bon café et on se retrouve demain en plein forme, si tout va bien.
Morningbull
"New Rule: Someone has to tell Francesco Schettino that embracing a callous policy of "every man for himself" doesn't make you a sea captain. It makes you the Republican nominee." -Bill Maher
Pour ceux qui ne reçoivent pas les updates de ce blog par mail, vous pouvez vous inscrire sur la liste de distribution en envoyant un mail à :
Vous pouvez également me trouver sur Facebook (j'essaye de garder la page active durant la journée) :
http://www.facebook.com/pages/Morningbull/189016522650
Ou sur Twitter : http://twitter.com/#!/Morningbulll
Ou sur LinkedIn et Google + sous Thomas Veillet
PDF ; morningbull today.pdf
06:58 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
mercredi, 25 janvier 2012
Une pomme de la taille d'un éléphant
La journée en Europe fût encore une fois placée sous les signe de la Grèce. Pas besoin de vous refaire un dessin, le fait que les grecs n'arrivent toujours pas à trouver un arrangement avec leurs créanciers privés fait baliser les investisseurs qui craignent que tout capote au dernier moment. Surtout que les ministres des finances européens commencent à s'en mêler. Alors que les créanciers refusent de d'échanger leurs anciennes obligations contre des nouvelles si le taux est inférieur à 4%, les ministres européens, eux, refusent que les nouvelles obligations possèdent un coupon supérieur à 3.5%. On voit donc que nous sommes dans le « pinaillage » le plus totale et ça frise le « fine tuning » du pinaillage. Quand on voit combien les investisseurs se sont déjà pris dans les dents sur la Grèce, pour ne pas dire ailleurs que les dents, on se demande si ça vaut bien la peine de pleurer pour 0.5%... C'est toujours le premier pas qui coûte, alors foutu pour foutu, je ne comprends pas bien ce que ces comptes d'apothicaires vont changer sur la ligne d'arrivée :
-
Alors ? T'as perdu combien sur la dette grecque toi ?
-
Oh, une bricole ; 3.7 milliards d'euros. Mais heureusement comme j'ai négocié comme un chef sur l'échange d'obligations – bond swap, dans le language qui fait classe – j'ai pu récupérer 250'000 Euros d'intérêts, étalé sur les 40 prochaines années. C'est mon petit-fils qui va être content..
Mais on a sa fierté ou on ne l'a pas. Néanmoins, ce gigantesque pinaillage financier continue de stresser les nerfs de tous les gentils investisseurs à l'ouest d'Athènes – voir carrément à Athènes, puisque le marché s'est fait défoncer hier – et ceci jusqu'à l'est du Portugal. L'Europe était toute crispée hier. Il faut pourtant savoir raison garder et relativiser la crispation. Il est vrai que l'on montait moins facilement que d'habitude, mais si on avait vécu la même journée avec les mêmes nouvelles il y a 6 ou 8 semaines, on aurait été en apnée toute la séance se faisant démonter sur tous les secteurs avec des baisses minimales de 15% sur les banques. En revanche hier, on baissotait et les banques tenaient relativement bien le coup.
Quand on voit que la Société Générale ne perdait que 5% alors qu'elle venait d'être downgradée par mes amis de chez S&P, on peut presque qualifier ça de « rebond technique ». 5% de baisse pour un titre qui vient de perdre encore un de ses « A », c'est de la rigolade, surtout quand on sait que le titre en question vient pratiquement de rebondir de 50% depuis les plus bas de l'an passé... 5% de baisse, laissez-moi me rouler par terre de rire...
Donc, la Grèce.
Rien de neuf sous le soleil mais on se contente de ressasser les mêmes histoires en espérant que ces dernières vont être interprétées différemment cette fois. En même temps, je ne sais même pas pourquoi on perd du temps avec toute cette histoire. Ce matin encore je lisais un article qui parlait d'un fund manager quelconque au fond du Minnesota qui s'estimait « terrifié » par ce qui pourrait se passer si la Grèce ne parvenait pas à un accord, alors que l'on sait tous que ce accord va être trouvé au dernier moment. Comme dans les James Bond. Vous savez quand il court après la bombe pendant tout le film et que finalement juste au moment où il doit la désamorcer, il doit encore se battre avec 8 japonais, ceinture noire 22ème dan de karaté et armés jusqu'au dent et qu'au moment où il a descendu le dernier avec un mawashi geri coup de pied circulaire, et en va tranquillement pour couper le fil du détonateur, il se rend compte qu'il y a un fil bleu et un fil rouge et qu'il ne sait pas lequel couper, que son téléphone portable n'a pas de réseau, mais que, heureusement la James Bond Girl à les yeux bleus et il sait donc que c'est le rouge qu'il doit couper. Ce qu'il fait. A cet instant précis, le « timer » de la bombe indique qu'il reste 0:01...
Eh ben la Grèce c'est pareil. Sauf qu'il n'y a pas la James Bond Girl. Mais on se mettra d'accord au dernier moment. C'est pas bien d'avoir trop de temps devant soit.
Peu importe. Comme l'investisseur est un animal méfiant. Surtout après l'année qu'il vient de vivre, il préfère quand même du concret que des théories fumeuses et des comparaisons avec les films de l'agent britannique au service secret de sa majesté. DONC... tant qu'il y aura des incertitudes sur le sujet des grecs et des méchants créanciers qui ne veulent arranger personne juste pour être encore plus « greedy », eh ben on aura des excuses pour les mauvaises journées comme hier.
Les USA ouvrait dans le sillage des Européens, mais au moins eux il avait d'autres sujets à aborder que la Grèce. Bon, bien sûr on en parlait aussi, surtout qu'hier certains traders américains comprenaient pour la première fois que la Grèce n'est pas qu'un pays imaginaire que l'on voit dans les vieux films d'Hollywood. Mais heureusement il y avait aussi pas mal de chiffres trimestriels qui devaient permettre aux intervenants de se changer les idées. McDonald's publiait des chiffres toujours aussi impressionnants, mais cette fois ils foutaient le doute à tout le monde en disant que les profits futures seraient impactés « à cause de l'euro ». Le titre baissait de 2.2% sur cette théorie.
Il faut savoir que la théorie du « les résultats seront impactés par les changes » est une vieille technique utilisée par les multinationales qui gagnent de l'argent sur l'ensemble de la planète. Nestlé a été longtemps expert en la matière. A chaque publication de résultat on était terrifié de ce qu'aurait pu éventuellement peut-être couter les tergiversations du dollar ou d'une autre monnaie internationale et à chaque fois la compagnie avait tout protégé, tout « hedgé », ce qui fait qu'à la fin les mouvements du dollar ou de l'euro avaient eu autant d'impact sur les chiffre du trimestre que l'atterrissage d'une mouche sur les fesses d'un éléphant.
Autrement les chiffres du trimestre n'ont eu aucun impact sur Johnson et Johson ou encore DuPont. Les chiffres étaient japonais. Nippon ni mauvais. En revanche les bon chiffres de VMWare, la maison mère, EMC, faisait de même. L'expert en « storage » bondissait de 7% pour fêter la nouvelles.
Pour le reste, on avait les yeux fixés sur la réunion de la FED qui commençait ce mardi. Bien que nous n'aurions aucune nouvelle avant mercredi soir, ça valait tout de même la peine de spéculer sur les sujets qui seront abordé entre les rois du monde de la finance. On sait déjà que les taux ne bougeront pas. Il est même probable, selon certains experts qu'ils ne remonteront pas avant 2014 au minimum. Je suis d'ailleurs toujours aussi impressionné quand on fait des prévisions à 2 ans alors que l'on ne sait même pas si ce week-end il fera soleil ou pas. Le mot « quantitative easing » est de retour, puisque certains se dise que dans le discours de ce soir, il se pourrait que Bernanke fasse allusion à l'éventuelle probabilité éventuelle d'un QE3. Rien de moins sûr, mais ça fait causer dans les bars.
Et puis au stade des prévision, le FMI a couper les perspectives de croissance de l'économie mondiale pour 2012 et 2013. Là encore, c'est bon à savoir quand on sait qu'ils n'ont rien vu venir au sujet des évènements de ces 5 dernières années, mais ça ne coûte rien de prendre un billet de loterie, sur ce coup-là, ils ont quand même une bonne chance d'avoir raison.
En ce qui concerne l'or et le pétrole, rien de neuf sous le soleil. Les Navy Seals ne sont toujours pas rentrés dans Téhéran – quoiqu'en même temps, il ne font pas de la pub quand ils sont en tournée – et les deux matières premières fétiches des investisseurs restent sans grande activité. L'or est à est 1667$ et le baril vaut 99.11$. Pas de quoi se faire un infarctus avec la volatilité.
Dow Jones 12676 -0.26%
S&P500 1315 -0.10%
Nasdaq 2787 +0.09%
Londres 5752 -0.53%
Paris 3323 -0.47%
Francfort 6419 -0.27%
Milan 15929 +0.14%
Madrid 8591 -0.33%
SMI 6135 +0.12%
Tokyo 8880 +1.08%
Sydney 4319 +0.77%
Le reste est toujours en train de bouffer du dragon.
L'Asie est en hausse, estimant que les « théories de la peur » sur la Grèce sont un tout petit poil exagérées. Les banques tirent le marché australien et Tokyo a publié son premier « trade deficit » annuel depuis 1980. Il est vrai qu'après l'année qu'ils viennent de passer, entre les catastrophes naturelles et la force du yen, ce ne fût pas simple pour les exportateurs japonais.
Passons maintenant aux nouvelles du jour et à LA nouvelle qui aura donné son titre au commentaire de ce matin.
Hier soir après la clôture et d'ailleurs depuis l'ouverture du marché d'hier on ne parlait que d'un seul titre, UN SEUL et il s'agit d'Apple. En regardant les attentes du marchés et en regard des chiffres que la boîte de Cuppertino devait annoncer, les gens étaient très dubitatifs sur la capacité d'une compagnie qui vient de perdre son chef spirituel et dont la gamme semble toujours arriver au bout de ses capacités, à surprendre positivement le marché. ET POURTANT...
A 22h00, juste après la clôture et après avoir baissé gentiment durant toute la séance, comme si tout le monde avait le même scénario en tête et préférait vendre en anticipation, se disant que si Apple ne surprenait pas à la hausse, la sanction baissière serait terrible. Encore une fois, ils allaient faire mentir le marché. Les chiffres du trimestres étaient proprement hallucinants. Je crois qu'il n'y pas d'autre terme et il est difficile de trouver une zone du bilan dans laquelle Apple n'a pas pulvérisé les attentes des plus optimistes.
Tim Cook a annoncé un bénéfice net de 13.1 milliards pour le trimestre, soit 13.87$ par action. Pour vous donner une idée, les analystes attendaient un net de 10.08$ par action. Apple est 40% au dessus des attentes. On attendait des ventes pour quelque chose comme 30 millions d'iPhones, ils ont annoncé 37 millions d'iPhones vendus. L'arrivée du 4S et l'apparition du Siri a visiblement déclenché un énorme cycle d'upgrade. Et en ce qui concerne l'iPad qui était supposé avoir vécu son « pire » trimestre avec l'arrivée du Kindle d'Amazon, tout va bien pour lui, merci. Le CEO estime même que dans le monde des tablettes, il y a l'iPad d'un côté et les autres de l'autre côté.
A titre de comparaison, à la même période il y a un an, Steve Jobs avait annoncé 6 milliards de bénéfice net.. contre 13.1 milliards aujourd'hui. Je crois qu'il n'y a rien à ajouter.
Ah oui, juste deux choses, Apple qui est connu pour être « conservateur » pour l'avenir a annoncé des prévisions monstrueusement élevées pour le trimestre à venir et hier soir après la clôture, le titre se traitait en hausse de 8% à 453$ au plus haut de tous les temps et de loin. Les détracteurs d'Apple auront certainement raison un jour en disant que « ça ne peut pas durer comme ça » et que le fait que le software soit « fermé » va faire que les consommateurs vont se lasser, mais pour le moment les consommateurs veulent quelque chose de beau, d'intuitif et de facile à utiliser. Si c'est ce que VOUS recherchez, ce n'est pas chez Samsung que vous le trouverez. CQFD.
Les chiffres de Yahoo ! N'étaient pas extraordinaires, comme quoi il ne suffit pas de virer Jerry Yang. Le titre reculait de 0.6% après les annonces.
Roche sort son porte-monnaie et s'offre Illumina pour la modique somme de 5.7 milliards de dollars, cash. Le titre était suspendu depuis le 21 décembre pour cause de rumeur de rachat. Le deal se fait tout de même avec une prime de 64%. Même si le take over est hostile, la douleur devrait être gérable pour les actionnaires.
Les rumeurs font état d'une réduction de salaire globale de 25% chez les Investment Bankers de chez BofA. Vous je ne sais pas, mais je pense qu'il n'est pas exclu qu'ils saisissent la cour des droits de l'homme afin de faire valoir la monstruosité de cette injustice.
Chez FaceBook, on suspend le trading des titres de la société pendant trois jours. Ce n'est pas officiel, puisque Facebook est traité au marché gris, mais des personnes proches du dossier le disent, sans dire pourquoi parce que sinon c'est pêché. En général on stoppe le trading du marché gris pour laisser le temps de publier les annonces officiels pour l'IPO, mais selon la personne-proche-du-dossier-qui-a-parlé-mais-qui-culpablilise-à-mort, cela ne veut pas « forcément » dire qu'ils vont remplir les documents de l'IPO. Si c'est le cas cette nouvelle ne sert à rien, si au contraire, c'est le cas, ça va commencer à chauffer. Pour le moment sur le marché gris, Facebook vaut 82 milliards de dollars de capitalisation boursière. Et il n'ont pas encore vendu le moindre produit, pas un iPhone, pas un PC, pas une X-Box.
Hier soir il y avait également le discours sur l'état de l'Union. Pour ceux qui ne regardaient pas la conférence de Tim Cook, il y avait Obama qui était sur la deux et qui faisait son discours de campagne. En gros, il veut aider la classe moyenne (dans l'hypothèse où elle existe encore), il veut aider les étudiants, il veut aider également les familles qui sont au bord de l'expulsion, foreclosure et subprime oblige, mais ça risque d'être trop tard. D'ici novembre ils seront tous dehors. Il pense aussi que les américains qui gagnent plus d'un million par année ne devraient pas payer moins de 30% de taxes - pas comme son futur adversaire qui paye autant que sa femme de ménage (en proportion) – pour motiver son discours il avait invité officiellement la secrétaire de Warren Buffet, Debbie Bosanek, devenue célèbre depuis que tout le monde sait que son taux d'imposition est plus haut que celui de son boss.
Il veut aussi faire payer des impôts à TOUTES les multinationales américaines, mêmes celles qui sont basées au Delaware ou au Bahamas (moche pour GE). Il veut aussi avoir la maîtrise de l'énergie (est-ce une manière de dire qu'il va envahir le Moyen Orient dans sa totalité, va savoir). Il veut aussi « continuer » sur la voie de la construction d'une économie qui dure... Construite pour durer. La Chine c'est cool, il faut juste trouver le moyen de bosser avec et à l'entendre les 4 prochaines années, ça va être super quand il aura fait tout ça. Reste plus qu'à voter pour lui parce que : « Yes, he could ». Et pis en même temps si c'est pour avoir un clone de «W » à la place d'Obama, vaut peut-être voter pour un borgne que pour un aveugle. Au moins celui-là il aura été prix Nobel de la Paix ... AHAHAHAHAHAHAHAHAHHAHAHAHA....
Pardonnez-moi, chaque fois que je m'en rappelle je ne peux que mourir de rire.
Après le discours de François Hollande, Sarkozy a démonté et critiqué son programme, ce qui n'est pas une surprise. Mais il y a également Baudoin Prot Premier, CEO de BNP qui est monté au créneau pour exprimer sa « fatigue » vis à vis des critiques faites aux banques. Ben ouais c'est vrai y z'ont rien fait de mal, c'est trop injuste. Baudoin Caliméro Prot estime que les banques ont changé à une vitesse sans précédent et PLUS RIEN n'est pareil et qu'en plus ça n'a pas coûté un centime au contribuable. Bref, eux ils ont la classe, ils ne font aucune erreur et c'est tout de la faute des autres ils faut donc les laisser en paix. En tous les cas si François « Flamby » Hollande est élu, ça va être facile de faire ami-ami avec les banques...
Côté chiffres économiques nous aurons les MBA Purchase Applications, FHFA House Prices, Pending Homes Sales, Chiffres du pétrole, annonce du FOMC Meeting et la conférence de presse qui va avec. Pour ce qui est des chiffres du trimestre, il y aura Abbott, Boeing, ConocoPhilips, Corning, Exelon, General Dynamics, Novartis, Piper Jaffray, Textron et Xerox avant l'ouverture, puis à 22h00, il y aura Amylin, Citrix, E*Trade, Lam Research, Logitech, LSI, Murphy Oil, Netflix, Noble Corp, SanDisk, Symantec et Zynga.
Pour le moment les futures américains sont en hausse de 0.35% pour le S&P500 et de 1.05% pour le Nasdaq, merci qui ??? Merci Siri... Ce mercredi matin n'est pas encore un matin pour la gueule de bois chez Apple, un jour viendra peut-être, mais c'est pas cette semaine.
Voilà c'est tout pour aujourd'hui, ce fût un vrai plaisir d'écrire ce matin, il me reste à vous souhaiter une très bonne journée pleine de Nespresso, de donuts et de jus d'orange pressé. Moi je vous retrouve demain si vous le voulez bien.
Morningbull
"You know why President Obama chose Disney World? It was the only place with longer lines than the unemployment office, so it looks better." –Jay Leno
Vous pouvez également me trouver sur Facebook (j'essaye de garder la page active durant la journée) :
http://www.facebook.com/pages/Morningbull/189016522650
Ou sur Twitter : http://twitter.com/#!/Morningbulll
Ou sur LinkedIn et Google + sous Thomas Veillet
PDF : morningbull today.pdf
07:26 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
mardi, 24 janvier 2012
Un début de semaine un peu lent au démarrage placé sous le signe de la Grèce (encore)
En ce premier jour de la semaine, les intervenants étaient moyennement motivés. Il faut tout de même dire que l'on sort d'une série de hausse tout à fait impressionnante et que ceux qui n'ont connu les marchés boursiers que depuis le printemps 2011, n'ont que très rarement vu ce genre de chose. En arrivant au bureau après le week-end, tout le monde se demandait ce que l'on allait bien pouvoir faire de cette séance, les bonnes nouvelles étant dehors, le rebond sur les financières déjà amorcé depuis des jours et jours, la crise passée aux oubliettes au même titre que les triple A ou autres double A + ou -, il ne restait plus que les chiffres du trimestre pour se motiver ou alors peut-être qu'il fallait se concentrer sur la Grèce.
Tiens, c'est une bonne idée la Grèce, ça fait quand même un bon moment qu'on ne s'est plus pris la tête avec ce qu'ils payeront ou ce qu'ils ne payeront pas. Des semaines, si ce n'est des mois sans trop se préoccuper de ce qui va bien là-bas. La politique de l'autruche ayant bien fonctionné depuis le soi-disant plan de sauvetage de Merkozy, personne n'osait vraiment aller remuer les problèmes au cas où le génie financier du Roi et de la Reine d'Europe n'aurait pas suffit à désembourber la patrie des Dieux de l'Olympe du champ de boue dans lequel elle se trouve depuis deux ans.
Mais heureusement il y a la presse. La vraie presse d'investigation qui va sur le terrain et qui n'a pas peur de se salir les mains, les journalistes qui passent des heures en planque déguisés en femme de ménage afin de choper l'info que personne n'a : les Grecs ont-ils enfin trouvé un moyen de se mettre d'accord avec leurs créanciers privés ???? Non, parce que du côté des Etats prêteurs, ils ont déjà admis le fait que si ils voulaient revoir un jour la couleur de leur argent, il faudrait aller passer les vacances d'été en Grèce et encore je ne suis pas certain que passer deux mois d'été dans le Péloponnèse suffira pour tout revoir...
Donc depuis quelques jours on ne parle QUE de ça. Enfin, pas QUE de ça, on parle aussi des primaires Républicaines et de la qualification des Giants pour le Superbowl, mais si on n'est pas américain on ne parle que QUE des négociations entre grecs et fonds d'investissements. Ces derniers, les fonds d'investissements ont tellement fait de concessions, qu'ils ne veulent plus lâcher de lest, alors les grecs continuent à jouer à « poker menteur » et tentent le coup de bluff en se disant que si ils ne veulent pas lâcher encore du lest, ils peuvent faire quoi ? Attendre que le pays parte en vrille et espérer toucher l'Île de Santorin en échange de l'argent disparu ?? Allons, soyons sérieux !!!
Ces dernières heures nous passons donc notre temps à attendre des news de la Grèce ET accessoirement à se demander si le marché n'a pas atteint ses limites. Je suis certain qu'un bon fan des vagues d'Elliott va nous trouver une vague 3 dans la vague 2 de la vague du siècle pour nous trouver un signal de vente et en attendant les fondamentalistes se demandent ouvertement si le marché n'est pas « trop cher » à 1320. Ils étaient conscient qu'à 1200 c'était pas cher, mais la grande question est de savoir à quel moment on passe de pas cher, à un peu cher et finalement à trop cher. C'est toujours une question de point de vue. Et quand le marché ne veut pas vraiment monter, ni vraiment baisser, comme hier, en général c'est une journée durant laquelle on se pose plein de questions, ce qui est très mauvais parce qu'en général un trader qui réfléchit trop longtemps, ça fini toujours mal...
Vous l'aurez compris, hier la journée fût calme. La volatilité est en train de baisser, c'est d'ailleurs une des seules choses qui baisse en ce moment, puisque même l'Euro a décidé de remonter au-dessus des 1.30. La volatilité s'écrase, le marché ralentit, il ralentit même tellement que pendant une bonne heure hier j'ai même cru que le CAC40 était fermé ou si il n'était pas fermé il devait être cliniquement mort. Electro-Encéphalogramme plat. Mort cérébrale. Bon, pour être franc il y avait quand même des trucs qui bougeaient. Prenez les financières par exemple ; depuis que le Financial Times a écrit un article sur le sujet, mentionnant le fait que Paris ET Berlin seraient en faveur d'un assouplissement des règles de Bâle III, le secteur était à nouveau sous amphétamines. Vous imaginez ? Si on assouplissait les règles ? Tout pourrait recommencer comme avant, les produits sur immobilier garantis par les assets de la banques, assets que la banque aura utilisé pour financer son propre trading interne, confié à un seul type qui a trouvé LA SOLUTION pour gagner à tous les coups.. Bref, tous les délires seraient à nouveau possibles, les bonus sans limite, les opérations de folie, les produits structurés débiles avec des marges de malade !!! ça serait le pied !!! et en plus on dirait qu'on a rien appris de la crise des Subprime, ni de la crise de la dette souveraine parce que ça fait hyper-longtemps et qu'on était encore à l'Uni.. Non, franchement ça serait vraiment bien que Bâle nous lâche du lest, voir mieux que l'on supprime les règlement et que les banques soient libres de faire ABSOLUMENT TOUT CE QU'ELLES VEULENT !!! ça a toujours tellement bien marché, pourquoi changer une équipe qui gagne ???
Alors MERCI Paris, MERCI Berlin d'être aussi visionnaire et de nous mener sur le chemin du recovery éternel...
Mais très de plaisanteries, en attendant que la semaine se lance vraiment avec l'avalanche de chiffres trimestriels, on était très concentré sur le cas de la Grèce et le fait que les parties hésitent à se mettre d'accord n'arrangeait pas les bidons du marché. Néanmoins, il trouvait la force de « montouiller ». Oui, je dis « montouiller » car on ne peut pas qualifier la journée de hier comme étant une journée « DE HAUSSE »... tellement c'était anémique. Ce qui me fait dire que la mentalité même du marché à tout de même bien changé. Ce type d'environnement de marché transposé dans un marché de novembre ou de décembre 2011 et on se prenait 3% dans la tronche, cassage de pattes arrière et tutti quanti. Et là, hier, on « montouille ».. Il faut dire que le rallye de ce dernier jours aura été mené par les Sébastien Loeb de la finance, puisqu'il n'a jamais cessé de gagner et que personne mis à part lui n'en aura profité.. Car je peux me tromper, mais je doute que les « Portfolio Managers » aient drastiquement augmenté leurs pondérations en action depuis le 1er janvier...
Je peux me tromper, mais je suis certain que ce rallye est un de ceux que l'on regarde en disant : « merde, merde, je ne suis pas dedans, pourvu que ça rebaisse pour que je puisse acheter, pourvu que ça rebaisse, ah, ouf, ça rebaisse j'ai eu raison de pas acheter, vais attendre encore 5% pourcent avant d'acheter. Oups, ça ne veut plus baisser, oui mais ça ne va pas repartir si vite vais avoir le temps de sauter dedans. QUOI 10% en un mois et j'ai pas la queue d'une action dans mon portefeuille !!!! vais attendre une correction et je saute dedans... » Généralement la réflexion pourra être appliquée 5 et 10% plus haut encore, car personne ne sera dedans.. Ce que je veux dire, c'est que ce rallye est en train de laisser pas mal de monde au bord de la route et c'est ce qui fait qu'il peut encore continuer...
Au niveau des titres individuels, on notera que les intervenants étaient un poil stressés au sujet d'Apple qui va publier ce soir, on se pose des questions, les attentes ne sont-elles pas un peu trop élevées ? En même temps ce n'est pas RIMM qui va les gêner dans les ventes de l'iPhone 4S. RIMM qui a profité de la journée d'hier pour annoncer le départ de son management bicéphale, nouvelle qui a été ma foi fort bien prise par le marché puisque le titre ne s'est fait décalquer QUE de 9% et des poussières. La compagnie en a également profiter pour changer le symbole boursier de RIMM. A la place de RIMM sur le Nasdaq, ça sera dorénavant RNIMA « Research NOT In Motion Anymore »... (merci Grégoir pour celle-là encore..)...
L'Euro remonte, logiquement le dollar baisse et l'or monte, c'est la mécanique des fluides qui fonctionne à nouveau. Ce matin le métal jaune est à 1673$ et tout va bien dans le meilleur des mondes, il monte tous les jours n'est plus volatile pour deux francs cinquante et si ça se trouve c'est bientôt la saison des mariages en Inde qui va commencer. Le pétrole est à 99.75$, il frise les 100$. Entre l'effet dollar et les américains qui roulent les mécaniques sur leurs hors-bords dans le détroit d'Ormuz, il y a de quoi s'exciter sur le baril. De plus l'Europe qui hausse le ton vis à vis de l'Iran, en leur demandant de cesser « immédiatement » leur programme d'enrichissement d'Uranium et accessoirement d'arrêter d'interdire la ventes des Barbies sur le territoire, laisse imaginer que les tensions entre l'occident et l'Iran en vont pas s'améliorer. Car il me paraît peu probable qu'Armani « le cinglé », s'aligne sur les demandes de l'Europe après avoir envoyé bouler les américains, même si avec eux c'est un réflexe. Donc je ne pensais pas dire ça un jour, mais si j'étais moi, j'achèterais du pétrole pour jouer la hausse ces prochains mois, quand les Navy Seals vont aller faire péter des usines dans le désert.. Je viens d'ailleurs de recevoir une citerne de 10'000 litres que je vais enterrer au fond du jardin pour stocker du brut.
Dow Jones 12709 -0.09%
S&P500 1316 +0.05%
Nasdaq 2784 -0.09%
Londres 5783 +0.94%
Paris 3338 +0.51%
Francfort 6437 +0.50%
Milan 15908 +1.76%
Madrid 8620 +0.67%
Tokyo 8785 +0.22%
Hong Kong 20110 Closed
Shanghai 2430 Closed
Sydney 4283 -0.10%
Ce matin les chinois sont toujours en vacances et c'est les Japonais qui mènent la région, comme au bon vieux temps. La Bank of Japan a coupé ses prévisions de croissance pour 2012. Alors qu'ils tablaient sur un GDP compris entre +0.2 et plus +0.4%, ils changent leur fusil d'épaule et passent d'une contraction de 0.3 à 0.4%. La force du yen ne les aide pas à améliorer leur perspectives. A noter encore qu'en Asie le secteur de l'énergie est bien recherché ce matin, les prévisions météo en Iran qui prévoient des chutent de SCUD's y sont probablement pour quelque chose.
Hier soir Texas Instrument a publié ses chiffres du trimestre, ils ont annoncé une chute inattendue des profits, mais les déclarations du CEO et la qualité des ventes annoncées a compensé la mauvaise nouvelle, après la clôture le titre bondissait de 2.6% de plus que les 3.5% déjà accumulés durant la séance. Le CEO a déclaré que le « fond » du cycle avait été trouvé et que maintenant : « the only way is up, baby !!! ». Dans le doute il va quand même fermer deux usines. Une au Japon et une au Texas, mettant 1'000 personnes à pieds, mais le bottom est trouvé et l'honneur est sauf. Les restructurations vont permettre à TI de sauver 100 millions. Dans la série bons chiffres c'est chez VMWare que ça se passe, la société qui fait du « cloud computing » comme on dit chez ceux qui maîtrisent l'informatique, a publié des données nettement au-dessus des attentes. Le titre prenait 5% de plus..
En revanche, InterDigital qui cherchait à se vendre depuis plusieurs mois – dans le monde du Wireless – a annoncé que personne ne voulait d'eux. Après six mois de recherche pas une offre, ni même une carte postale. La zone. Le titre s'est fait laminer sur la nouvelle, -16.33%... ça va peut-être attirer les acheteurs.
Goldman Sachs est prudent sur les chiffres économiques récemment publiés son équipe d'économistes pensent que la situation peut être pire que ce que les données montrent. La prudence est de mise selon eux. Bon, si maintenant les économistes pensent qu'il ne faut plus faire confiance aux chiffres économiques, moi je vends ma maison et je pars faire joueur de poker à Las Vegas, statistiquement ça va commencer à être le même boulot, si faut qu'on se dise que « peut-être le Gouvernement bluffe sur les chiffres économiques »... Tiens ça me rappelle une bonne théorie du complot. Si ça se trouve, on nous ment !!!
Une des stars des années 90, Barton Biggs était interviewé sur Bloomberg TV hier et je dois avouer que ses déclarations sont plutôt intéressantes. Tout d'abord il déclare qu'il est 65% engagé sur les actions et qu'il est « terrifié » de ne pas être assez « long »... Mais en même temps il est terrifié d'être TROP engagé au cas où l'Europe se transforme en une masse économique informe et qu'elle commence à prendre l'eau et couler au milieu de la Méditerranée. En gros, il hésite entre acheter ou ne pas acheter, to be or not to be.. c'est peut-être le moment de partir à la retraite.
Christine Lagarde insiste à nouveau sur le fait de renforcer encore le fonds EFSF, sur le besoin d'avancer ensemble et de partager les risques et la souffrance ensemble dans les années à venir, le tout sur une musique encourageante comme, par exemple, l'hymne de l'URSS.
http://www.youtube.com/watch?v=D79mKeHqg50
Elle a également parlé en faveur des Euro-Obligations, histoire de tout bien partager. Draghi n'a pas encore répondu à son appel du pied.
Blackstone a levé 6 milliards pour investir dans un fonds sur l'immobilier avec un biai concentré sur les propriétés qui sont difficiles à vendre et dont le propriétaire est aux abois. Comme quoi il y a encore des gens qui veulent investir dans des projets liés à la finance responsable.
Aujourd'hui les ministres des finances de la zone euro se rencontrent. On ne sait pas trop de quoi ils vont parler, ni ce qui va en ressortir, mais je pense que la Grèce devrait faire partie du projet. Il y aura également le début du FOMC Meeting, le Redbook, les ventes des magasins et le discours d'Obama sur l'état de l'Union. Bilan annuel de l'état du pays qui devrait d'ailleurs ressembler plus à un discours de campagne qu'autre chose.
Côté chiffres du trimestre il y a du monde, mais c'est McDo avant l'ouverture qui devrait retenir l'attention, puis surtout Apple après la clôture. En ce qui concerne Apple, tout le monde sera concentré sur le nombre d'iPhone 4s qui ont été vendu. Les attentes sont énormes, même si pourtant tout le monde s'attend à un ratage qui ne vient toujours pas. L'impact sera reporté demain de toutes façon. On attend des revenus des 39 milliards pour le trimestre... Si si.. 39 milliards et l'an passé à la même période ils n'avaient gagné que 26.74 milliards. Pfff...
Pour le moment les futures US sont indiqués en baisse de 0.3% et S&P a downgradé la Société Générale et le Crédit Agricole, comme prévu dans le sillage du downgrade de la note générale du pays. C'est Bloomberg qui l'annonçait à 1 heure du matin.
Voilà, il devrait y avoir plus de nouvelles aujourd'hui et peut-être un peu plus d'action. En ce qui me concerne je reviens demain. Dans l'intervalle je vous souhaite une excellent journée et que votre croissant soit à votre goût.
A demain.
Morningbull
« Pain is temporary. It may last a minute, or an hour, or a day, or a year, but eventually it will subside and something else will take its place. If I quit, however, it lasts forever. »
Lance Armstrong
Pour ceux qui ne reçoivent pas les updates de ce blog par mail, vous pouvez vous inscrire sur la liste de distribution en envoyant un mail à :
Vous pouvez également me trouver sur Facebook (j'essaye de garder la page active durant la journée) :
http://www.facebook.com/pages/Morningbull/189016522650
Ou sur Twitter : http://twitter.com/#!/Morningbulll
Ou sur LinkedIn et Google + sous Thomas Veillet
PDF : morningbull today.pdf
07:05 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
lundi, 23 janvier 2012
Toujours plus haut, mais la température monte
A quelques jours de la fin du mois de janvier, les marchés se retrouvent dans une situation peu imaginable il y a encore quelques semaines. Aucun des problèmes qui nous occupaient en décembre ne sont réglés, on en est même encore loin, la plupart des pays « à problèmes » possèdent dorénavant des ratings moins élevés que le premier janvier, les perspectives restent des perspectives, mais pour le moment l'optimisme a clairement pris le dessus sur le pessimisme. On ne va pas passer trop de temps sur la semaine passée, mais il faut tout de même retenir que l'Europe est au plus haut depuis la rentrée scolaire de septembre, les USA viennent d'aligner leur 3ème semaine de hausse consécutive et ils sont au plus haut depuis juin de l'an passé.
La force relative des marchés reste, il faut le dire, impressionnante. Alors que l'on ne cesse de lire des articles dans la presse et de voir des stratèges nous raconter que l'on va tous y passer et que c'est foutu, qu'on ne s'en sortira pas, que l'Europe est morte, que l'Euro aussi et que l'économie américaine est foutue, pendant ce temps, ça monte. Alors d'aussi loin que je me souvienne, on dit que le marché des actions est un indicateur « avancé » de l'économie. Si c'est toujours le cas et si les gens qui ont fait des études n'ont pas trouvé une explication différente, on devrait comprendre d'ici cet été, pourquoi on remonte comme ça. Ou alors c'est ce que l'on appelle un « dead cat » bounce et on va se faire massacrer dans les semaines à venir.
Toujours est-il que, du point de vue des nouvelles économiques, quelles soient macro ou micro, c'est plutôt bon !!! Voir excellent, mais utiliser le mot « excellent » serait faire preuve d'un enthousiasme exacerbé. Toujours est-il que tout semble plutôt bien se passer, les chiffres économiques américains sont bons, l'emploi se redresse lentement mais sûrement, mais c'est surtout l'immobilier qui semble faire son grand retour. Le réveil du secteur aux USA est encore faiblard, mais les signes ne semblent pas tromper et, à moins que les banques décident de nous créer des produits structurés sur le sujet, produits que l'on pourrait qualifier de « subprimesques », on a bon espoir de voir cette partie importante de l'économie US reprendre des couleurs et surtout reprendre sa vraie place.
Pedant ce temps les chiffres des sociétés qui publient sont bons, voir très bons, la semaine passée encore, après les publications de Microsoft, IBM, Intel, GE et Google, nous avons pu nous rendre compte que la qualité de ces chiffres n'est pas à démontrer pour le moment. Mis à part Google qui aura quelque peu déçu, mais surtout parce que les analystes se sont un peu emballés, un peu comme chaque fois qu'une société fini son cycle de « croissance », pour rentrer dans le « value », on a toujours de la peine à trouver ses marques et peut-être que Google a terminé sa phase de croissance monstrueuse et que les chiffres ne peuvent plus, ni mathématiquement ni physiquement, doubler chaque trimestre. Néanmoins tout le reste est excellent, les semiconducteurs sont au comble du bonheur, là encore un signe avancé de recovery économique, puisque l'on sait que quand le secteur des semi's va, c'est tout le reste qui suit derrière. Après la semaine que l'on vient de vivre, entre ASML, Xilinx, Intel et les autres, il n'y a pas besoin d'être né dans la Sillicon Valley pour comprendre que ça bouge dans le groupe et dans le bon sens.
Du coup, toutes ces bonnes nouvelles font oublier les problèmes fondamentaux de base, les raisons pour lesquelles la fin du monde était proche il y a encore 3 semaines. Les raisons pour lesquelles les STARS DE L'ANTICIPATION FINANCIERE ont downgradé tout le monde. Car sans vouloir jouer l'oiseau de mauvaise augure, ce qui n'est pas ma vocation, je n'ai pas l'impression que la situation merdique dans laquelle nous étions il y a un mois, s'est fondamentalement améliorée... Non, c'est surtout le sentiment général qui aura progressé ; les investisseurs qui n'osaient pas prêter à l'Italie à moins de 7% sont revenus à des considérations plus confortable pour Monsieur Monti, emprunter de l'argent quand on est un pays européen est gentiment redevenu possible sans subir des taux d'usuriers. Mais fondamentalement quand même, rien n'est réglé, même si des plans d'austérité se sont mis en place, il faudra des mois si ce n'est des années pour qu'ils commencent à porter leurs fruits, l'affaire n'est donc pas encore gagnée, le meilleur exemple étant la Grèce qui n'a pas encore vraiment trouvé le moyen de se mettre d'accord avec leurs créanciers privés, puisque ce week-end ces derniers ont expliqué qu'ils étaient d'accord de prendre 70% de pertes sur leur investissements en Grèce, mais que plus ils ne pouvaient pas. Et si ça ne suffisait pas à la Grèce, la prochaine étape se le défaut pur et dur. En gros pour l'instant rien n'est réglé, payer 30% d'un emprunt ce n'est pas si mal mais 30% de 100 milliards ça fait toujours beaucoup d'argent surtout quand tu n'as pas la couleur du premier centime dans ton porte-monnaie. Pour le moment on est donc toujours en stand-by.
Dans la même thématique l'italien, Monsieur Monti demande plus d'argent dans le fonds d'aide aux pays en difficulté (in extenso : eux), mais les Allemands continuent de mettre les pieds au mur et refusent de booster le fonds en question, quand au patron de l'EFSF, il estime qu'il y a assez d'argent dans ce fonds pour aider l'Italie et l'Espagne. Reste a espérer que les autres s'en sortent tout seul, parce que sinon, va falloir aller emprunter en Italie...
Comme vous le voyez, nous sommes bien plus haut que le premier janvier. Les financières ont littéralement explosé la semaine passée puisque soudainement le sentiment changeait et tout le monde était « convaincu » qu'on allait trouver une solution, bien que personne ne puisse mentionner laquelle, mais à la fin de la semaine, il faut quand même se rendre compte que rien, ou alors pas grand-chose n'a changé. Il est vrai que les choses qui nous terrifiaient il y a 1 mois ou 3 mois, sont devenus monnaie courante et on s'y est habitué, donc on pourrait presque dire que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, mais à voir les deux semaines qui nous attendent, on risque de se confronter à des tests grandeur nature qui pourraient mettre notre capacité à supporter le stress à rude épreuve.
Et ça commence tout de suite, puisqu'aujourd'hui les Ministres des finances de l'Eurozone vont se rencontrer pour préparer le sommet de leurs patrons, prévu la semaine prochaine, nous allons donc probablement commencer à entendre parler des prévisions et des intentions de chacun. Sauf François Baroin, parce que le temps qu'il se fasse traduire les discussions des autres, la journée sera finie.
Mardi 24 on va continuer avec les Ministres des Finances, mais cette fois c'est ceux de l'Europe des 27. Ce qui veut dire qu'en plus les anglais seront invités. L'état des relations entre Osborne, l'anglais et les autres sera déterminant afin de savoir si cette Europe-là a encore un avenir. Là encore François Baroin qui ne parle pas anglais sera exclu des discussions, mais il aura le résumé le soir dans le train.
Jeudi 26, on va entrer dans le vif du sujet, l'Italie va lancer une auction pour emprunter sur le long terme. Ces derniers temps les auctions se sont relativement bien passées, mais cette dernière sera importante, peut-être un peu plus que les autres, dans le sens où c'est la première fois qu'ils emprunteront de l'argent depuis le downgrade de S&P.
Lundi 30 janvier. Grosse journée puisque c'est LE sommet Européen, cette fois c'est les patrons qui seront-là. On devrait parler du chômage très élevé en Europe, l'Allemagne pourrait présenter un nouveau fonds qui aurait pour but de stimuler la croissance de l'Irlande, du Portugal et de la Grèce. Et puis on devrait assister à quelques développements dans le prolongement des « projets » mis en place lors des sommets d'octobre et de décembre, notamment au sujet des budgets des membres de l'Europe et de la Grèce.
Mardi 31 janvier, c'est le jour de la deadline. D'ici là les créanciers de la Grèce devront avoir trouvé une solution pour leur « haircut », ce week-end les créanciers ont dit qu'ils n'iraient pas en-dessous d'un haircut de 70%, ou alors les Hedge Funds Manager auront des piscines avec des vraies colonnes grecques, plus des copies en plâtre. Se souvenir tout de même qu'une partie du rallye de la semaine passée sur les financières à tout de même été causé par les prospects qu'une solution soit trouvée d'ici le 31.
Mercredi 1er février, encore une grosse journée d'auction, l'Allemagne et le Protugal seront de sortie.
Lundi 6 février, le parlement italien doit approuver une nouvelle série de mesure pour la croissance et la fiscalité, même chose en Grèce. Des mesures cruciales pour entretenir l'espoir qu'un jour Athènes ou Rome ne deviennent pas des Land rattachés à Berlin.
Et puis le 9 février, juste avant que les genevois partent en vacances de ski, c'est vrai que ça fera quand même 4 semaines que l'on a recommencé à bosser, il sera largement temps d'aller se luger à la montagne ou dans le sable. Eh bien le 9 février nous aurons la nouvelle réunion de la BCE, sachant que c'est un des moteurs du sauvetage du continent, ça devient presque plus important que les meetings de la FED...
L'or continue d'escalader la montagne, hâte-toi lentement. Le métal jaune est à 1672$ et gagne gentiment du terrain. Du côté de l'or noir, ce matin le baril a commencé sur une note négative alors que les investisseurs qui sont déjà debout sont déçus sur le fait que les créanciers privés et les grecs ne se sont pas encore mis d'accord. Du coup le dollar se renforce et l'Euro baisse, ce qui fait que l'on se retrouve sous les 100$ sur le baril, à 98.01$. De plus ce week-end les pontes de l'OPEC ont admis que 100$ était un prix acceptable pour l'économie mondiale et suffisant pour eux afin qu'ils puissent continuer à rouler en Mercedes 600 recouvertes de diamants. L'OPEC estime également qu'il serait mieux si le détroit d'Ormuz n'était pas fermé pour cause de guerre dans les semaines à venir... tout comme il est plus prudent de pas allumer votre cigarette en faisant le plein de votre voiture et de ne pas jeter le mégot DANS le réservoir.
D'un point de vue technique, sur les marchés la porte est ouverte à toutes les fenêtres. Le S&P500 peut clairement aller se promener sans problème en direction des 1350 avant que l'on puisse lui chercher des noises. Si c'est le cas, il y a fort à parier que l'Europe va suivre, après il va tout de même falloir commencer à délivrer des choses concrètes au niveau de le reconstruction du continent européen. En tous les cas, du côté des résultats trimestriels tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, à voir ce que l'on vu depuis une semaine, il n'y a pas l'air d'avoir trop de raison de flipper, sachant tout de même que le premier qui rate ses chiffres sera condamné à être passé au goudron et aux plumes puis emmené sur un rail de chemin de fer à l'extérieur de la presqu'île de Manhattan. Néanmoins, même si 20% du S&P500 vont publier d'ici vendredi soir, il y toutes les raisons du monde d'être confiant, même si chaque jour qui passe augmente la qualité des attentes...
Ce matin l'Asie est partagée en deux. 1) le Japon qui monte et 2) l'Australie qui baisse. Les autres sont fermés puisqu'ils fêtent le nouvel an chinois et l'arrivée de l'année du dragon. La question que l'on se pose tous est : « quand tu mets un bull et un bear dans une arène, on sait que le vainqueur peut être ou l'un ou l'autre, mais quand tu rajoutes un dragon ; qu'est-ce qui se passe ??? »... Et un dragon c'est plutôt bull ou pas ??? C'est la question à laquelle on va devoir répondre en Chine dans les mois à venir.
Dans les nouvelles du jour, les candidats français sont en campagne, Madame Lepen peine à trouver des signatures pour sa candidature, Sarkozy fait campagne en Guyanne et réitère son opposition au vote des étrangers et François Hollande, le tout mou, nous exprime clairement que son seul ennemi, son seul adversaire est le monde de la finance et qui si il est élu, les stock-options seront supprimés, le bonus encadrés et comme il n'a toujours rien compris, il veut également lancer la taxe Tobin, ça fait au moins un sujet sur lequel il est d'accord avec son adversaire. Et puis on se réjouit aussi qu'il interdise aux traders de bosser plus de 35 heures et de donner des RTT au CAC40. Une chose est sûre, si il est élu, moi je suis un banquier français, je m'exile à Londres..
On commence à parler des bonus et des packages, alors que globalement cette année tout le monde va devoir se serrer la ceinture, on a appris ce week-end que le patron de JP Morgan, Monsieur Dimon ne verra pas ses « revenus » baisser. Entre 2010 et 2011. Sur les deux années il devrait toucher ses 23 millions de dollars annualisés. On se sent rassuré, alors que tout ses employés vont passer au régime minceur, au moins lui en tant que CEO, il devrait pouvoir garder sa qualité de vie. Un bel exemple d'une histoire qui finit bien à la fin. Pendant ce temps le patron de chez Morgan Stanley ne va devoir faire des efforts, puisqu'il va subir une réduction de 25% sur son package 2011. En effet, il ne devrait toucher « que » 10.5 millions de dollars. Si jamais, pour ceux qui voudraient le soutenir, je vais ouvrir une ligne téléphonique pour lui faire des dons : 1-800-foutage de gueule. Bref, ça ne va pas être facile.
Les patrons de RIMM s'en vont. Finalement les deux CEO du Blackberry rendent les plaques mais restent actionnaires majoritaires, ils pensent qu'un changement à la tête de la société ne peut faire que du bien. Ok, alors maintenant que va-t-il se passer ? Vont-il vendre leur division téléphonie mobile et se contenter de faire du software ? NON, les EX-CEO's ont déclaré que RIMM resterait une société globale de téléphones mobiles. Vont-ils intégrer la grande famille « Androïd » ??? NO WAY, les EX-CEO's ont déclaré qu'il était exclu que Blackberry passe sur Androïd, ajoutant au passage que tout ceux qui l'ont fait ont des problèmes d'intégration. En gros, les CEO's s'en vont mais ils ont déjà pris les décisions stratégiques pour l'entreprise pour les 18 mois à venir. Tu parles d'un changement. L'avantage c'est qu'à ce rythme-là, ça risque de durer 18 mois et puis c'est tout. Le seul espoir à mon sens, c'est le take-over.
On va donc attaquer la semaine avec une avalanche de publications de la part des sociétés américaines.
Lundi 23 janvier :
Halliburton (HAL): $0.99
VMware (VMW): $0.60
Kansas City Southern (KSU): $0.79
Polycom (PLCM): $0.29
Western Digital Corp (WDC): $0.71
Texas Instruments (TXN): $0.23
CSX (CSX): $0.44
Mardi 24 janvier :
McDonald's Corp (MCD): $1.29
Baker Hughes (BHI): $1.32
Travelers Cos (TRV): $1.52
KeyCorp (KEY): $0.20
AK Steel Holding (AKS): -$0.38
Peabody Energ (BTU): $1.31
EI du Pont (DD): $0.33
EMC Corp (EMC): $0.46
Coach (COH): 1.15
Verizon Communications (VZ): $0.53
Stryker (SYK): $1.03
Norfolk Southern (NSC): $1.40
Apple (AAPL): $10.09
Yahoo! (YHOO): $0.24
Advanced Micro Devices (AMD): $0.16
Johnson & Johnson (JNJ): $1.10
Kimberly-Clark (KMB): $1.30
Regions Financial (RF): $0.05
Waters (WAT): $1.50
Voilà déjà pour les deux premiers jours de la semaine. En ce qui concerne les chiffres économiques, il n'y aura rien aujourd'hui, mais demain c'est le début du FOMC Meeting qui durera deux jours. Donc calme journée pour les chiffres économiques les choses sérieuses commenceront mardi. Pour le moment les futures américains sont en baisse de 0.30%, le non-accord sur la Grèce et le premier stress-test de la semaine. D'ailleurs l'Euro se fait déjà enfoncer ce matin, histoire de bien commencer la semaine et de saluer la Croatie qui a eu la bonne idée et le courage de se joindre à l'Europe ce week-end....
Voilà, c'est tout pour ce matin, il me reste à vous souhaiter une excellente journée, un bon début de semaine et on se retrouve demain à la même heure.
A demain.
Morningbull
"A new poll says 84% of Americans disapprove of Congress' job. The other 16% weren't aware Congress was doing one." –Jay Leno
Pour ceux qui ne reçoivent pas les updates de ce blog par mail, vous pouvez vous inscrire sur la liste de distribution en envoyant un mail à :
Vous pouvez également me trouver sur Facebook (j'essaye de garder la page active durant la journée) :
http://www.facebook.com/pages/Morningbull/189016522650
Ou sur Twitter : http://twitter.com/#!/Morningbulll
Ou sur LinkedIn et Google + sous Thomas Veillet
PDF : morningbull today.pdf
07:11 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook









