jeudi, 11 octobre 2012

Le rouge est ta couleur, tout va mal à nouveau et la trouille ça ne se commande pas

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Il y a encore quelques semaines à peine, tout le monde était rassuré. Plein de sérénité, soulagé par le soutien offert par les deux Dieux des banques centrales qui étaient parvenus à convaincre une bonne partie de la communauté compliquée du monde de l'investissement, que ni la BCE, ni la FED ne laisserait tomber le marché des actions en particulier. A partir de là pendant quelques semaines nous sommes parvenus à nous auto-hypnotiser en répétant 843'000 par jour le « moto » : « je vais bien tout va bien, je vais bien, tout va bien, je vais bien tout va bien », le tout en tenant la souris du Bloomberg collée contre son front en offrande aux instances divines qui décident de l'avenir du marché boursier chez Goldman Sachs.

 

 

 

Bref, on était plutôt convaincus de s'en sortir. On savait que ça ne serait pas facile, que la route serait longue et semée d'embûches, mais qu'à la fin on pourrait tous partir à cheval au soleil couchant en chantant « I'm a poor lonesome cowboy », en ayant la satisfaction du travail accompli. Ça, c'était avant. Avant c'était il y a deux semaines encore. On y croyait encore, même si certains oiseaux de mauvaise augure commençaient déjà à cercler au-dessus de Wall Street, de la City et de tous les endroits du monde qui regorgent de banquiers.

 

 

 

Et puis en fin de semaine passée, la fébrilité commençait à se faire sentir. Cette semaine nous sommes carrément rentrés dans le vif du sujet. Depuis que les vénérables et inutiles institutions que sont la Banque Mondiale et le FMI ont décidé de faire parler d'eux dans la presse et de donner leur avis sur tout et tout le temps, le marché s'est fait taclé dans les chevilles et tout est devenu beaucoup plus « compliqué ». Hier, pour la troisième fois de la semaine, l'Europe s'est faite allumée sur les commentaires du FMI. C'est assez drôle car on dirait que le FMI est incapable de parler d'une seule traite. Ils commencent par dire le premier jour que la croissance mondiale va ralentir. Regardent ce que fait le marché et comme il ne baisse pas assez, ils reviennent le jour suivant pour dire que la crise n'est pas finie et que ça pourrait être pire encore...

 

 

 

En gros, le FMI nous prévient, l'avenir va être difficile, moche, difficile, mais surtout moche. Ils n'offrent pas de solutions, non, ils se contente de constater. L'économie est pourrie, la croissance est nulle, la Chine est en panne, ne serions-nous pas peut-être finalement en récession à nouveau ? On se le demande. Enfin, durant la séance d'hier, on a bien senti le poids du FMI sur nos épaules et comme Draghi et Bernanke n'étaient nulle part pour intervenir avec leurs capes et leurs slips par-dessus le pantalon, le marché s'est effrité. Lentement, mais sûrement.

 

 

 

Les deux seuls points positifs de la séance d'hier sont à créditer au Banques Anglaises et à EADS. EADS, parce que le « mariage » prévu avec BAE Systems est tombé à l'eau parce que les deux Gouvernements sont incapables de mettre leurs égos respectifs de côté, mais peu importe, le marché estime que c'est plutôt une bonne nouvelle pour EADS qui pourra continuer à faire concurrence à Boeing sans baisser les pantalon au nom de politique internationale britannique. Le titre EADS s'envolait de plus de 5%.

 

 

 

Et puis, de l'autre côté le Financial Times annonçait que les réglementations sur les capitaux minimaux des banques anglaises seraient allégées afin de permettre aux banques de « prêter » de l'argent plus facilement. Oui, car croyez-le ou non, il fût un temps où dans l'économie, les banques avaient pour fonction de faire circuler l'argent en gardant les dépôts de ceux qui avaient des économies et ensuite de prêter à ceux qui avaient besoin pour faire avancer l'économie et potentiellement la croissance. Mais c'est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Donc les autorités britanniques lâchent la bride aux banques et du coup tout montait dans le secteur, ce qui était hier, assez rare pour être signalé.

 

 

 

wr.pngCe n'est pas le même sentiment en Espagne, puisque l'on continue à déprimer fortement sur l'avenir du pays et je pense clairement que le downgrade de S&P sur l'Espagne, annoncé cette nuit, va beaucoup, beaucoup aider à se remonter le moral à ce sujet. S&P a donc abaissé la note à BBB- contre BBB+ auparavant, soit DEUX crans plus bas. En gros la prochaine étape c'est « junk  bonds » (à la casse, à la poubelle, sans passer par le start). S&P estime que les tensions entre les régions (Madrid et Barcelone – rien à voir avec le foot), n'aident pas à prendre des décisions politiques et que le PIB est au plus mal. Bref, S&P nous annonce donc ce que nous ne savions pas avant : « l'Espagne est au plus mal ». Il gagnent tout en sport, mais pour le reste, c'est compliqué. Et la Grèce revient au premier plan, non seulement le marché grec s'est fait défoncer hier (-3.5%), mais en plus on reparle d'eux par rapport à leurs capacité à réduire leurs problèmes et au vu de comment ça se passe, je ne serais pas surpris d'entendre parler de sortir de l'Europe et de l'euro dans pas longtemps. Le mouvement perpétuel. Ah oui, la Grèce sera en grève le 18 octobre, pour ceux qui ont un job.

 

 

 

En Europe le moral est bas et on peine à voir ce qui pourrait nous remotiver, à moins que Draghi vienne faire une tournée en Europe pour nous chanter son plus grand succès : « Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour sauver l'Europe et l'Euro ».

 

 

 

Et puis ce n'est pas mieux aux States. Alors qu'Obama est en train de se faire rattraper à toute vitesse par son lobotomisé de concurrent et que l'Amérique se prépare gentiment à vivre avec le fantôme de Bush pour 4 ans, le marché est également déprimé à l'entame des résultats trimestriels. Hier Alcoa a vécu sa première séance boursière « post-publication du trimestre » et autant le jour de l'annonce, les minutes qui ont suivit étaient plutôt encourageantes, autant hier à l'ouverture c'était le bain de sang. Les intervenants se sont surtout concentrés sur le fait qu'Alcoa avait confirmé un ralentissement important dans ses ventes d'aluminium du côté chinois. Soudainement on ne voyait donc plus que cela. Le ralentissement de la Chine. Bien qu'hier matin la Chine laissait à nouveau entendre qu'ils allaient également tout faire pour sauver la croissance la Chine, les intervenants à New York préféraient se concentrer sur le passé plutôt que sur l'avenir. Ce qui est hyper-constructif, tous les psys vous le diront. Pour faire une analogie, nous préférons constater que le verre est à moitié vide, plutôt que l'inverse. Nous sommes passé de l'optimisme convaincu au pessimisme le plus triste et pathétique.

 

 

 

Sans compter qu'en plus de cela, hier Chevron a fait un profit-warning. UNE PETROLIERE QUI FAIT UN PROFIT WARNING cela paraît tellement invraisemblable que je peine à m'en remettre. Apparemment ils pleurent parce que ce n'est pas facile du côté du raffinage et en plus le brut il ne fait que baisser et que eux ils avaient quand même tablé sur un baril à 300$ ce qui les arrangeaient quand même un peu plus. Quelle tristesse. C'est marrant mais c'est pas la nouvelle qui me rend le plus malheureux. Pourtant ça a quand même un peu pesé sur le marché et surtout sur le secteur pétrolier qui s'est fait démonté propre en ordre.

 

 

 

Pour faire simple, tout le monde à une trouille monumentale de ce qui pourrait se passer durant les prochaines semaines, durant toute cette énorme phase de publication de chiffres. On s'attend au pire et ça fait longtemps que l'on n'avait pas été si inquiets pour une fin de trimestre. C'est plutôt rassurant car les attentes sont très basses, mais on le voit encore avec Chevron hier, même bas, des fois ce n'est pas assez. Notons tout de même qu'il y a aussi des bonnes nouvelles dans ce marché, puisque Yum Brands (KFC et Taco Bell) a également publié ses chiffres et que eux, ils étaient nettement au-dessus des attentes. Comme quoi les américains et les chinois sont toujours à fonds dans la bouffe équilibrée. Le titre prenait 8% hier soir.

 

 

 

 

Le pétrole et l'or ne fichent strictement rien. A cause de Columbus Day les inventaires pétroliers ont été repoussés à cette après-midi, histoire que l'EIA ait le temps de tout recalculé. Mais en attendant il ne se passe pas grand-chose. Le baril a reperdu un peu du terrain gagné la veille, puisque soudainement, alors que la dépression du marché se faisait sentir, on oubliait que la thématique de la veille (Iran + Arme Nucléaire = patratra imminent = tension sur les prix) et on se concentrait sur autre chose. Cette volatilité sur les opinions qui changent toutes les 3 heures, nous rappelle régulièrement que le trader de base à la mémoire d'un poisson rouge et ce qui le préoccupe le mardi à 9h45 peut ne même plus être dans son cerveau après le lunch et pas toujours pour les raisons que l'on croit. Le baril est à 91.58$ en attendant les inventaires ce soir et l'or est à 1765$, en attendant de toucher les 3'000$ comme prévu dans un plan qui se déroule sans accroc.

 

 

 

Dow Jones 13,344.97 -128.56 -0.95%

 

S&P 500 1,432.56 -8.92 -0.62%

 

NASDAQ 3,051.78 -13.24 -0.43%

 

 

 

STOXX 50 2,456.54 -15.69 -0.63%

 

FTSE 100 5,776.71 -33.54 -0.58%

 

CAC 40 3,365.87 -16.91 -0.50%

 

DAX 7,205.23 -29.30 -0.41%

 

IBEX 35 7,668.00 -77.40 -1.00%

 

FTSE MIB 15,440.63 -64.02 -0.41%

 

AEX-Index 326.80 -0.91 -0.28%

 

Stockholm 30 1,061.55 -12.10 -1.13%

 

SMI 6,629.04 -20.06 -0.30%

 

 

 

Nikkei 225 8,579.38 -16.85 -0.20%

 

Hong Kong 20,969.90 +50.30 +0.24%

 

S&P/ASX 200 4,490.40 +1.96 +0.04%

 

CSI 300 2,316.16 -7.96 -0.34%

 

 

 

120101_600.jpgCe matin l'Asie est partagée. La nouvelle de l'Espagne n'est pas une bonne nouvelle, mais Hong Kong s'en accommode parfaitement en se disant que le jour où les organismes de rating seront juste dans le timing, les poules auront des dents, les singes voleront et François Hollande sera à 97% d'opinions favorables dans les sondages. Donc du coup, ça va relativement pas trop mal, en attendant de voir comment les premiers concernés vont prendre la chose ce matin. La Corée a baissé ses taux pour soutenir son économie qui ralenti. C'est très tendance en ce moment.

 

 

 

Les ventes de PC's sont au plus bas depuis 2001 et selon les études, ce n'est pas parce qu'Apple vends plus de Mac, mais plutôt pour des raisons économiques que les gens achètent moins. Tu m'étonnes. Après que Christine Lagarde ait laissé entendre que les salaires devaient baisser en occident pour améliorer la compétitivité, ça va aussi aider les consommateurs à acheter plus de PC, quand ils auront revu leurs salaires à la baisse pour soutenir l'économie mondiale et le salaire de 500k par année de Mme Lagarde qui fait, c'est évident un boulot de dingue pour soutenir la compétitivité et la croissance économique :

 

 

 

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2012-10-09-Compet...

 

 

 

http://www.marketwatch.com/story/pc-market-sees-biggest-s...

 

 

 

A peine Chevron s'est-elle prise une claque hier que le Barron's publie déjà un article ce matin pour dire qu'à ce niveau c'est un cadeau et que le rendement du dividende à lui tout seul (3.1%) est déjà pas mal.

 

 

 

Le CFO de JP Morgan (Douglas Braunstein)va quitter son poste dans les six mois à venir. Il semblerait que ce départ soit du partiellement à la refonte du management après l'affaire de la baleine londonienne. Le Brésil a aussi baissé ses taux de 0.25%. Christine Lagarde cause sans cesse pour enfoncer des portes ouvertes. Elle essaie de motiver les troupes pour lutter contre la crise en Europe, donne des leçons à tout le monde et tout azimut, elle devient presque agaçante à la longue. Mais elle parle, ça c'est sûr. Là elle vient encore de dire que la Grèce à besoin de plus de temps pour atteindre ses objectifs..

 

 

 

Aujourd'hui il y a un nouveau nom dans le monde de FED. Un nouveau Gouverneur de la FED vient d'arriver, il s'agit de Jeremy Stein, ancien de Harvard. On attend son premier speech aujourd'hui. Pour le reste, j'ai l'impression que l'on va se concentrer sur l'Espagne et en faire tout un pataquès pour la journée. Pourtant, je le dis et je le redis encore, les agences de rating sont inutiles, incompétentes, manipulées et n'ont jamais prouvé qu'elles apportaient quelque chose à ce marché, néanmoins, en tant que mouton bien dressé, on va continuer de les écouter délivrer leurs commentaires insipides et réchauffés.. un peu comme le gars qui est sous la pluie en train de se faire rincer et qui tout d'un coup lève la tête au ciel, puis vous regarde en disant : « cette fois c'est sûr, je crois qu'il va pleuvoir »..

 

 

 

Côté chiffres économiques, nous aurons l'International Trade, les Jobless Claims, Import & Export Prices, Bloomberg Comfort Index, les chiffres du pétrole made in EIA, le Fed Balance Sheet et le Money Supply. Pour le moment les futures US sont en baisse de trois fois rien. Il ne serait même pas surprenant que l'Espagne termine en hausse. En plus les types de S&P ont du vendre l'Espagne depuis trois jours, sachant que le downgrade arrivait. Oui, parce qu'ils sont AUSSI plus égaux que les autres...

 

 

 

Bref, nous sommes à nouveau en phase dépressive, tout va mal, hier je suis encore tombé sur un article qui pense que le S&P est surévalué de 40% et étonnement ce n'était pas un article de Roubini. Techniquement, pour le moment la photo n'est pas belle et il va falloir voir comment se déroule cette saison des résultats pour voir si il y a le moindre espoir... En tous les cas, les appels au « Bear Market » sont partout dans les journaux..

 

 

 

Je vous souhaite une très bonne journée, que votre injection quotidienne de Nespresso vous donne la force de tenir jusqu'à demain, ensuite c'est le week-end, un week-end d'automne, mais un week-end quand même..

 

 

 

A demain


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"While the average American's net worth has gone down in the last four years, the net worth of the average member of Congress has actually gone up. No wonder Congress isn't motivated to do anything — they're the only ones better off now than they were four years ago." –Jay Leno

 

 

 

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