lundi, 24 septembre 2012

Une semaine pour ne RIEN changer

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Entre l'ouverture de lundi et la clôture de vendredi, si l'on regarde le S&P500, on se demande bien pourquoi on est venu au bureau. Le marché semble comme tétanisé, incapable d'aller quelque part sans avoir des regrets ou des angoisses. Alors dans le doute, on reste là où on est en attendant que le troupeau de moutons dont est constitué la communauté financière nous montre la voie à suivre.

 

 

En effet depuis que les grandes décisions de la fin de l'été ont été annoncées ces dernières semaines, la volatilité qui était faible est devenue encore plus faible, l'intérêt qui était déjà nul est devenu encore plus nul et la seule chose qui semble intéresser le marché c'est les chiffres d'Apple. Pas les chiffres du trimestre, non, les chiffres des pré-commandes d'iPhone 5, les chiffres des premières ventes d'iPhone 5, les chiffres des 2 premiers jours de vente d'iPhone 5, bref, tout ce qui touche à l'iPhone 5 de près ou de loin. Mais mis à part ça, on a vraiment le sentiment que personne ne sait trop où aller ni à quel Saint se vouer.

 

 

La grande problématique dans laquelle nous sommes est la suivante :

 

 

 

  • Nous savons dorénavant que les banques centrales vont tout faire pour soutenir l'économie et in-extenso les marchés financier

  • Mais nous ne savons pas exactement ce que la hausse de ces derniers mois reflète

  • Est-ce que tout est dans les prix ?

  • Est-ce qu'il y a réellement encore du potentiel ?

  • Est-ce que cette avalanche de soutien affiché suffira pour casser la résistance de ces 5 dernières années ?

  • Ou alors est-ce que tout est dans les prix et ceux qui (finalement) décideront d'entrer dans le marché ces ces prochaines semaines vont se mordre les doigts d'être rentrés au plus haut...

 

 

En résumé la question que nous nous posons en ce moment est de savoir si on peut encore monter ou est-ce que ça va baisser bientôt. Alors là j'entends déjà les voix s'élever en disant : « ouais il ne nous raconte rien de neuf, évidemment que l'on se demande si on va baisser ou monter, comme d'habitude »... Oui en effet et vous n'auriez pas tort, mais le marché est suspendu en haute altitude, la plupart d'entre-nous on l'impression d'avoir raté la hausse des marchés actions et n'osent pas rentrer maintenant, mais en même temps on sent une espèce de trouille palpable qui paralyse tout le monde : la trouille de rater la prochaine hausse après avoir raté le rallye de cet été. En effet, pas question de rater le Christmas Rally si il y en a un..

 

 

Sauf que voilà, Noël est encore loin (quoi que) et l'on ne sait pas trop ce qui va se passer ces prochaines semaines. Le marché est donc comme dans les sables mouvants, et dans les sables mouvants, tout le monde le sait, plus on bouge, plus on s'enfonce. Donc dans le doute on ne fait rien. La semaine qui vient de s'écouler fût donc molle et sans grand intérêt, on surveille, on se pose des questions, on regarde un peu ce qui se passe, mais personne ne semble encore décidé à entamer les grandes manoeuvres. Quand on entend les discours des « stratégistes » de Wall Street, les opinions sont très tranchées ; l'option une c'est la mort assurée, le krach boursier et la dépression financière et l'option deux ce le record absolu, le marché plus jamais faible. Il ne semble qu'il n'y ait pas d'alternative.

 

 

 

3143_353363918084723_627919791_n.jpgDonc que regarde-t-on à la fin ? Eh bien en ce moment on regarde les chiffres économiques et les avertissements « pré-saison des résultats ». En ce qui concerne les chiffres économiques, on ne peut pas nier que l'enthousiasme est modéré et nous n'avons pas encore l'impression que les interventions éventuelles de la FED ou de la BCE ont déclenché une surchauffe dans l'économie. Mais en même temps en regardant ces chiffres médiocres on ne peut pas s'empêcher de se dire que c'est la dernière fois qu'ils sont si faibles puisque maintenant le duo Draghi-Bernanke est aux commandes. On n'ose donc pas utiliser ces chiffres médiocres comme justification pour nos éventuelles ventes et ce qui moins probable, nos éventuelles prises de bénéfice.. Surtout que dans ces chiffres « pas terribles », il semblerait qu'il ait une légère lueur d'espoir, surtout au niveau du marché immobilier, les plus optimistes verront également du bon (timidement) dans les chiffres de l'emploi... mais on sait que les chiffres de l'emploi sont à peu près aussi fiable que la conscience d'un politicien en campagne électorale.

 

 

Et puis la fin du mois de septembre marquera également la fin du troisième trimestre 2012, donc le mois suivant verra arriver la troisième saison des résultats de l'année. Et comme de tradition, les semaines qui précède le coup d'envoi de la saison des chiffres trimestriels, nous avons les « profit warning », en gros les sociétés qui pensent que « ça ne va pas le faire », viennent à la tribune pour prévenir les investisseurs que si ils s'attendent à l'euphorie, ils vont être déçu. A noter que les sociétés qui vont surprendre à la hausse peuvent également prévenir que la surprise sera bonne, mais force est de constater qu'en ce moment, ce n'est pas la majorité. On préfère prévenir que ça va être trèèèèès difficile et à la rigueur placer la barre moins haute, plutôt que se mettre une pression bien inutile sur les épaules.

 

 

Donc voilà, nous passons nos semaines entre interrogations, doutes et incertitudes, on devrait donc avoir des journées un peu plus « excitantes » et « volatiles », mais il n'en est rien. On vit au jour le jour et pour le moment, aucun catalyste ne semble être capable de déclencher un mouvement rapide et violent dans un sens ou dans l'autre. C'est effarant d'ailleurs, quand on pense qu'il y a quelques mois, une journée à moins de 2% de variation c'était un samedi ou un dimanche, depuis quelques semaines quand on bouge de plus de 0.3% sur le S&P500 on frise l'épuisement physique.

 

 

Heureusement qu'il y a encore le pétrole pour nous amuser de temps en temps. La semaine dernière il était en train de casser la résistance psychologique des 100$, on se frottait déjà les mains en imaginant que les 135$ étaient à nos portes et qu'un « coup sûr » en trading semblait évident. Evidemment, depuis il ne fait que baisser et ce matin nous sommes à 92.16$. Selon les média, la perte hebdomadaire de près de 8% est due principalement à l'échéance des « futures » qui a eu lieu jeudi soir, les rumeurs (récurrentes) d'utilisation de la réserve stratégique américaine (appelées aussi « arme de dissuasion massive »), ainsi que l'Arabie Saoudite qui est prête à ouvrir les vannes si besoin est.... En gros avec tout cela, le pétrole aura vécu une semaine pourrie, mais avec tout cela « dans les prix » ils pourrait peut-être éventuellement commencer à remonter une bricole.

 

 

De l'autre côté, l'or qui était censé être assis sur la fusée Appolo après l'annonce du sauvetage de la FED, ce dernier ne semble plus capable de rien. Il a perdu tout volonté et toute dynamique depuis une semaine. En effet depuis lundi passé il est aussi dynamique qu'un ours blanc qui chercherait la banquise en plein désert. Et comme il n'y a bientôt plus de banquise, forcément. L'or est à 1764$ et il est complètement neurasthénique depuis 10 jours. Même si tout le monde sait que le voir à 2'000 n'est qu'une question de semaines, pour l'instant il cache bien son jeu.

 

 

Et puis il y a aussi la Chine. La Chine, mère de toutes les interrogations. Elle qui était censée nous apporter croissance permanente, soutien indéfectible au capitalisme occidental et bonheur permanent avec que des bonnes nouvelles dans les biscuits à la fin du repas. Eh bien la Chine nous lâche. On ne peut plus compter sur elle. La croissance ralentit, les ouvriers chinois commencent à demander à être payé (en plus !!!! Avant ils avaient du travail, ce qui est pas mal, maintenant ils veulent du travail et en plus être payés pour le faire. Aucune reconnaissance). Alors le Gouvernement chinois met des plans de stimulus en place pour soutenir l'économie souffreteuse de leur pays (7.5% de croissance, tu m'étonnes, je connais bien des pays Européens qui vendraient leur équipe nationale de foot pour une croissance pareille...). Bref, les chinois se défoncent pour soutenir l'union nationale, mais les marchés estiment que c'est un lent pour générer un impact. En gros nous ne sommes jamais contents, ça ne vas pas assez haut et surtout pas assez vite !!!

 

 

Nous voilà donc suspendus au milieu de nulle part, à la recherche d'une justification quelconque pour aller plus haut, on a une espèce de protection à la baisse qui est fournie par les banques centrales, ce qui est bien, mais on ne trouve pas encore les justifications pour aller plus haut... Ou alors pour contrebalancer les forces conjointes des banques centrales et entrer enfin dans une saine correction qui permettra à tout le monde d'acheter sur faiblesse comme c'est prévu dans le plan qui doit se dérouler sans accroc. En attendant ce moment : « Qu'est-ce qu'on s'ennuye !!! »..

 

 

 

228966_352976761456772_1562483603_n.jpgCe matin l'Asie commence sa semaine avec les mêmes préoccupations que la semaine passée. Le yen est trop fort et les tensions avec la Chine sont trop fortes également. La Chine elle, elle monte et le Japon il baisse. Et puis les employés de l'usine Foxconn ne sont pas contents et ils manifestent. Ça arrange moyennement Apple, vu qu'une bonne partie de l'iPhone 5 vient de là-bas. Si on ne peut même plus faire confiance aux usines chinoises !!! A noter aussi que des rumeurs planent dans le marché comme quoi la Chine pourrait annoncer un nouveau « train » de mesures pour soutenir l'économie. On ne sait pas si ça veut dire qu'ils vont baisser les taux, racheter des obligations ou envahir le Japon, mais ils veulent soutenir l'économie...

 

 

De quoi va-t-on parler cette semaine ? Et bien je serais tenter de dire que l'on va essayer de s'ennuyer avec les mêmes sujets que ceux de la semaine passée. Une des choses dont on va parler un maximum c'est le fait que l'Espagne serait au bord d'officialiser sa demande de bailout auprès de l'Union Européenne. On vit tout de même une époque formidable, car c'est quand même extraordinaire d'attendre que l'Espagne se pointe au guichet à Bruxelles alors que tout est déjà arrangé depuis des mois... En fait c'est un peu comme un type qui demande sa fiancée en mariage et qu'elle, elle a déjà tout organisé depuis six mois... On attends donc la demande officielle.... Et ça sera indubitablement le sujet de la semaines. Mais il y aura aussi les chiffres économiques avec la confiance du consommateur demain et le GDP jeudi. Entre deux on va disséquer tout ce qui touche au marché immobilier, entre le FHFA et le S&P Case Shiller demain et l'update du constructeur Lennar Home aujourd'hui, on risque d'avoir de quoi faire.

 

 

 

 

Puisque nous sommes tous à la recherche du prochain mouvement des marchés, il y a un indice que l'on peut commencer à regarder attentivement ; il y a bien des années, alors que le marché était dirigé par des humains (communément appelés « vils spéculateurs » ou « sales capitalistes »), on regardait beaucoup les indications générées par certains secteurs. Typiquement un Monsieur moyennement célèbre qui s'appelait Charles Dow avait inventé la « Dow Theory ». La Dow Theory était une méthode d'analyse technique qui disait que quand l'indice des transports tournait à la baisse, c'était un indicateur avancé comme quoi le reste du marché allait suivre comme un seul homme. Alors pour ceux qui ne sont pas encore contaminés par le High Frequency Trading, l'indice des transports s'est pris 5.4% dans les dents la semaine passée, merci FedEx, à bon entendeur...

 

 

J'ai beaucoup aimé la couverture du Barron's de ce week-end. On y voit le logo « like » de Facebook, mais le pouce pointe vers le bas et il est écrit en-dessus que Facebook vaut 15$. C'est gentil de nous le dire, ça aurait été encore plus gentil de le dire à l'émission, au mois de juin. Bon, à leur décharge, on est toujours plus intelligent après.

 

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Selon Der Spiegel, le fonds de sauvetage européen, ESM, pourrait atteindre rapidement une capacité de 2 trillions d'Euros. Ça fait quoi en pile de billets de 50 euros ?? Et puis, alors que François Hollande sombre dans les sondages de satisfaction tel le Titanic dans les eaux de l'Atlantique, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault s'occupe de la Grèce, puisque ce week-end il a déclaré que l'Europe pourrait offrir plus de temps à Athènes pour se remettre sur les rails de la croissance, pour autant qu'ils soient sincère dans leurs intentions de faire des efforts. Un beau discours politique. J'en ai les larmes aux yeux.

 

 

Et puis notre magnifique Conseil Fédéral qui est visiblement en verve pour trouver des idées de génie, propose l'abandon du secret bancaire pour les contribuables suisses en cas de simple soustraction fiscale. C'est génial on est dans un pays de banques et on va devoir aller ouvrir des comptes aux îles caymans... Définitivement on est tombé sur une belle brochette de vainqueurs à Berne, ils sont en train gentiment de nous massacrer une industrie qui fonctionne depuis des centaines d'années. J'avoue que je ne comprends pas bien la stratégie. Mais bon, en même temps je ne suis ni politicien, ni américain, alors forcément je ne peux pas comprendre.

 

 

BAE Systems a déclaré être prêt à renoncer à la fusion si le deal mettait en danger leur relation « spéciale » avec le Pentagone, étant donné les liens « spéciaux » du Pentagone avec Boeing, on peut imaginer qu'EADS aura du mal a régater...

 

 

Côté chiffres économiques, nous aurons le Chicago Fed National Activity Index et le Dallas Fed Manucaturing, mais surtout l'update du trimestre de chez Lennar Homes. Pour le moment les futures sont en baisse 0.10% et l'armée chinoise n'est toujours pas arrivée à Tokyo.

 

 

Voilà, je crois que c'est tout ce qu'il y a dire ce matin, l'ennui est toujours de mise et c'est pas la magnifique météo du moment qui va nous remonter le moral. Moi je vous retrouve demain pour de nouvelles aventures que j'espères passionnante, mais en même temps avec ce qui se passe en ce moment ça ne devrait pas être difficile de trouver quelque de plus passionnant que ça... même la reproduction des coléoptères en Nouvelle-Guinée Equatoriale doit être plus intéressante que le marché en ce moment.

 

 

A demain

 

 

Morningbull

 

 

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Commentaires

Selon les inspecteurs de la troïka européenne, le déficit public grec s'élèverait à quelque 20 milliards d'euros. C'est presque deux fois plus que ce que le gouvernement grec avait laissé entendre....!!!

Un scoop ? Quel b...!

Écrit par : Michel | lundi, 24 septembre 2012

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