mardi, 04 septembre 2012

Je t'attends, je t'attends, je t'attends, je t'attends
Tout le temps, tout le temps,
Tout le temps, chaque instant.

 

 



 

 

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En gros, on attends. On est largement habitués à attendre ; c'est ce que l'on fait depuis des semaines. On a attendu Jackson Hole, grosso modo Bernanke n'a rien dit qui allait nous changer la vie (comme prévu, mais ça on est toujours plus intelligent APRES pour le dire) et puis depuis que Bernanke a parlé, maintenant on attends de voir ce que va dire Draghi. Mais au vu de ce qui est écrit dans la presse de ces derniers jours, il est peu probable que Super-Mario parvienne à nous surprendre, vu que tout le monde semble plutôt convaincu qu'il va acheter des bonds avec des échéances d'ici trois ans et puis c'est tout...

 

Hier New York était fermé hier, il paraît qu'ils fêtaient le travail, c'est assez sympa de faire la fête du travail quand 9% de la population n'en a pas. L'ambiance devait être assez festive. Du coup, comme ils ne travaillaient pas, ils ont eu un jour de plus pour digérer la hausse du marché, car oui, le marché US est monté vendredi soir, malgré que la Conférence de Jackson Hole aurait certainement pu être classée dans la catégorie « non event » dans le Hall of Fame de la finance.

 

En effet Bernanke n'a rien de très sexy, il n'a pas annoncé un QE3 puissance quatre, il n'a pas annoncé avoir trouvé du pétrole sous la Réserve Fédérale, mais comme il a quand même déclaré être prêt à intervenir « au cas où », ça a semble-t-il suffit aux intervenants pour se dire que tout n'était pas perdu et au pire Bernanke pourrait toujours faire appel au Navy Seals pour qu'ils se pointent à Wall Street armés jusqu'aux dents pour OBLIGER les investisseurs à acheter et à abattre ceux qui auraient l'outrecuidance de vendre leurs positions...

 

Il semblait donc que tout n'était pas perdu et que, finalement même si QE3 n'est toujours pas parmi nous, le marché ne s'est pas dégonflé comme on pouvait le craindre. D'ailleurs je dois dire que le meilleurs résumé de tout cela, c'est la couverture du Barron's de ce week-end. On y voit un Bear qui tire au canon sur un Bull et le boulet rebondit sur le ventre du Bull. Rien ne semble pouvoir entacher le « positivisme » du marché. Même si nous sommes tout près d'une résistance technique historique, même si l'on ne sait pas comment on va se sortir de cette crise, rien ne semble toucher le marché et peu de chose réussi à lui faire peur. Est-ce inquiétant ou est-ce un signe que nous ne serons « plus jamais faibles », l'avenir nous le dira, mais une chose est sûre, la couverture du Barron's qui présent le « Bull » comme étant indestructible, n'est historiquement pas une bonne indication. En effet chaque fois qu'une couverture est présentée avec un Bull vainqueur, c'est souvent le signal du début de la fin, une première page du Barron's exagérément positive ou négative a toujours été le meilleur indicateur contrariant que l'on puisse trouver.

 

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Lundi matin en Europe nous savions que nous serions orphelin des américains pendant la séance. Ce genre de séance est généralement faible en volume et sans grande direction. Comme il faut toujours une exception qui confirme la règle, cette fois nous avons pris une direction, la hausse. C'est d'ailleurs la meilleure séance de l'Eurostoxx depuis un mois. Bon, il faut avouer que les volumes étaient faiblards, mais pour être franc, nous sommes immunisés depuis longtemps à ce niveau-là. Inutile de vous dire que la séance était dirigée par les espoirs et autres théories d'anticipations sur le meeting de la BCE qui aura lieu jeudi. TOUT tourne autour de cela. Maintenant que Bernanke est derrière nous, il nous reste Draghi jeudi qui va nous donner SA solution pour commencer à sauver le monde concrètement (il serait temps) et ensuite comme on ne saura toujours pas quoi faire, on attendra paisiblement le résultat de la votation de la Cour Constitutionnelle Allemande sur le fonds de secours Européen. D'où le titre d'aujourd'hui...

 

Pour faire simple, il serait étonnant que le marché prenne une VRAIE direction d'ici le 12 septembre, sachant que sans Draghi on ne peut rien faire et sans la cour constitutionnelle non plus, l'un sans l'autre c'est un peu comme un Starsky sans Hutch ou comme François Hollande sans Valérie Rottweiler, c'est beaucoup moins drôle.

 

Le seul problème dans tout cette attente, c'est qu'on ne va pas faire grand-chose sur le marché d'ici-là. Pourtant le mois de septembre est tout de même être censé être le pire mois historique et si il ne nous reste plus que du 12 septembre au 30 septembre pour baisser, je ne suis pas sûr que l'on puisse continuer à faire perdurer cette statistique. Bon en même temps quand on regarde les graphiques historique, la performance moyenne du mois de septembre est de moins 0.9% alors que les autres mois sont tous positifs, même octobre offre un rendement positif. Pourtant quand on regarde bien dans les livres d'histoire de la bourse, on se souvient que le mois pour un krach, c'est quand même octobre (1929 et 1987), mais que globalement le pire mois de l'histoire c'est septembre 1931 avec le Dow Jones qui se faisait laminer de 31%, le pire mois depuis 1915. Pour faire simple ce mois devrait «STATISTIQUEMENT » être négatif... A moins que la conjonction de Jackson Hole, de la BCE, des Allemands et des élections américaines fassent que tout soit différent...

 



 

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Et puis il y a l'or. Si l'on en croit la presse, le métal jaune « monte alors que les traders augmentent leurs paris comme quoi la Fed va lancer un nouveau round de quantitative easing ». C'est borné un trader, Bernanke devait déjà l'annoncer dans le Wyoming, il n'en a rien fait et pourtant 72 heures plus tard, on s'acharne sur la même théorie. Enfin peu importe, un vieux trader m'avait dit en son temps : « le marché a toujours raison », ce qui n'est pas faux. Ce matin l'or est à 1698$ et frise l'objectif psychologique des 1700$. Qu'est-ce que ça va être bon de le revoir enfin au-dessus des 1700, le chemin vers les 2'000 n'en sera que plus court et comme selon certain cette barre mythique devrait être atteinte en 2012, va falloir se bouger car l'année et de plus en plus courte chaque jour qui passe.

 

Apparemment les traders pétrole vont prendre le café dans le même Starbucks que ceux qui font de l'or, ou alors c'est les mêmes. Ce matin le baril est aussi en hausse, il est aussi en train de menacer sa résistance des 100$ et c'est aussi parce que les intervenants pensent que Bernanke va faire un « truc » un de ces jours. Ce n'est pas très orignal comme théorie, mais en même temps, c'est tout ce que l'on a. Le baril est à 97.15$.

 

Et puis côté chiffres économiques il faut tout de même noter que ce n'est pas terrible, samedi déjà, le China Factory Index s'est pété la figure au plus bas depuis 41 mois et puis lundi en Europe le Purchasing Manager Index était également plus faible. A noter que celui des anglais était en hausse. Globalement les chiffres économiques ne sont pas terribles, mais comme le marché fonctionne en se disant que plus c'est moche au niveau économique, plus les banques centrales, les gouvernements, l'armée, la police et la gendarmerie vont DEVOIR intervenir, ils se disent que c'est un coup sûr, donc ça monte.. En plus depuis quelques années avec la mode des bailouts, on se dit que le risque à la baisse doit être relativement limité puisqu'il y a toujours un Président de Banque Centrale ou un Secrétaire du Trésor pour nous aider quelque part...

 

FTSE 100 5,758 +47 +0.82%

 

DAX 7,015 +44 +0.63%

 

CAC 40 3,454 +41 +1.19%

 

FTSE MIB 15,267 +167 +1.10%

 

IBEX 35 7,434 +14 +0.18%

 

SMI 6,437 +49 +0.78%

 



 

Nikkei 225 8,749 -35 -0.40%

 

Hang Seng 19,503 -56 -0.28%

 

Shanghai 2,051 -8 -0.38%

 

Australie 4,311 -18 -0.42%

 

Ce matin l'Asie est dans le rouge. Pour le moment. La hausse de l'Europe hier n'a pas impressionné les asiatiques, surtout que New York était à la plage. Dès lors on se concentre sur les faits plutôt que sur les « il se pourrait ». On attend donc la décision de la banque centrale australienne pas plus tard que ce matin, mais il est encore trop tôt ici et pas assez tard à Sydney pour la connaître, dans le doute, ça baisse. Et puis ailleurs, après les chiffres de samedi en Chine, on se dit que le pays commence à être sacrément dans la même panade que nous en occident et les intervenants sont impatients de voir intervenir le Gouvernement chinois pour « stimuler » tout ça. Dans le doute abstiens-toi. Du coup ça baisse..

 

Dans les nouvelles du jour, on retiendra le retour des abrutis des agences de rating. Après avoir pris les deux mois de vacances d'été pour aller dans un pays dont ils avaient downgradé la dette avant de partir, les stars de la finance mondiales qui jouent toujours avec 9 coups de retards et qui vous racontent ce qui s'est passé dans le monde avec une vieille édition du journal « La Suisse », sont de retour avec leur nouvel album... ça s'appelle : « nous downgradons l'Europe ». Oui, en effet, après avoir donwngradé tout d'abord les sociétés, puis après être passé aux pays eux-mêmes, Moody's a donc décidé de downgrader l'Europe en entier. Finalement c'est pas bête, on gagne du temps. A la place de couper l'Italie, l'Espagne, la France, puis l'Italie encore et à nouveau l'Espagne, puis la Grèce, la Grèce, la Grèce, la Grèce et la Grèce, puis encore l'Italie et l'Espagne, ils se simplifient la vie et HOP !!!! tout le monde dans le même panier.. Mais ils ont été gentil, ce n'est pas un « downgrade » pour de vrai, c'est juste un avertissement, puisqu'ils mettent le triple A sur « NEGATIVE » contre stable précédemment. Bon, il faut dire que c'est bien vu, car jusque là, on ne se serait pas douté que l'Europe allait mal. Heureusement que Moody's est là pour nous ouvrir les yeux.

 

Et puis à noter le fait que la Bulgarie qui est un des pays les plus pauvre de l'Union Européenne, mais qui n'a pas encore adopté l'Euro a annoncé qu'elle renonçait à son projet de passer à l'Euro.. pas assez d'intérêt et trop peu de certitudes. On voit que l'enthousiasme est tout de même tempéré, même à l'intérieur de la maison Europe.

 

Pour le reste et pour être honnête, il y a bien quelques nouvelles à droite et à gauche, mais pour être franc, c'est un marché « hyper-banque-centralisé »... Tant que l'on n'en saura pas plus sur le discours de Draghi et même cela paraît de plus en plus qu'il va acheter des obligations jusqu'à plus soif, le marché a des oeillères et ne parle QUE de ça, alors entre deux, une société peu bien découvrir le remède contre le cancer, tant que ça ne résoudra pas la crise européenne, tout le monde s'en fichera.

 

C'est bien simple ; première page du Wall Street Journal : Draghi, première page du FT : Draghi, première page du matin : Michael Jackson.. Oui, bon ok, chacun son public. En gros, jeudi alors que vous mangerez la tarte aux pruneaux, vous les genevois, la BCE prendra son destin en main et donnera une information précieuse aux marchés financiers qui pourront ainsi patienter sereinement jusqu'au 12 septembre pour la décision allemande. On fait un métier passionnant... Moi qui ai toujours détesté attendre, je suis servi.

 

Voilà, nous sommes mardi, les américains reviennent au bureau cette après-midi, on espère qu'il y aura plus de choses à raconter demain. En attendant, je vous souhaite une excellente journée, un très bon petit déjeuner qui est tout de même le repas le plus important de la journée et on se retrouve demain (normalement) pour de nouvelles aventures.

 

Morningbull

 

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