mardi, 29 mai 2012

Chacun son tour, quand c'est pas l'un, c'est l'autre

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L'Espagne est l'équipe de football championne du monde en titre, mais c'est aussi la 12ème économie du monde. Si elle venait à rentrer dans une crise de la dette souveraine à l'échelle de la Grèce, on se rendrait compte soudainement que la Grèce n'est franchement qu'un petit rhume en comparaison de la broncho-pneumonie que peut nous amener l'Espagne.

 

Hier, alors que les américains se souvenaient de leurs soldats tombés pour le drapeau aux quatre coins du monde, que les Européens se lugeaient au soleil pour fêter la Pentecôte, il y avait quand même quelques marchés ouvert et un minimum d'activité financière, sans volume, mais tout de même. Et comme nous n'avions une énième baisse du titre Facebook à nous mettre sous la dent, il fallait bien trouver une autre solution, un autre sujet de conversation entre traders... Heureusement, les pays Européens en difficulté n'ont pas le choix, quand le bateau coule, il faut tout de même continuer à écoper, même si c'est férié.

 

Nous avons donc vécu une petite journée avec 2 nouvelles qui soufflaient le chaud et le froid sur les salles de trading vides. Il y en avait une bonne et une mauvaise. La mauvaise étant plus mauvaise que la bonne, vu que la mauvaise, c'était du concret et que la bonne c'était de la spéculation. Mais commençons par la bonne, ça amortira le choc de la mauvaise.

 

Selon les sondages en Grèce, lors des élections du 17 juin, les « mauvais » partis seraient mal barrés et il y a bon espoir que l'on arrive enfin à former un Gouvernement. Tout cela reste de la spéculation et autant dire que la mise en application des mesures d'austérité sont encore de la science-fiction, mais c'est tout de même plus encourageant de savoir que les « nazos grecs » vont reprendre le pouvoir. Cette nouvelle a donner un peu d'air au marché grec qui est remonté violemment pour « fêter ça ».

 

En revanche, du côté de la mauvaise nouvelle, ça se gâte un peu en Espagne. Le soleil se couvre et les nuages s'amoncellent, plus ça va de l'avant plus ça à le goût d'une crise de la dette souveraine en full power, plus ça à l'odeur d'une crise souveraine tant bien que ça va finir par être une VRAIE GROSSE crise de la dette souveraine qui va emporter le Portugal et l'Italie dans sa tourmente.

 

Hier le Premier Ministre Espagnol a annoncé le sauvetage pas nationalisation de la banque Bankia. Coût de l'opération : 19 milliards d'Euros. Une broutille à côté de ce qui semble nous attendre dans les semaines qui viennent. Car détrompez-vous, ce n'est pas cette annonce qui a plombé l'ambiance, mais plutôt l'article du quotidien «El Mundo », qui pense que ce sauvetage étatique n'est que la pointe visible de l'iceberg et qu'il va ENCORE falloir mettre la main au porte-monnaie pour sauver d'autre banques. Le journal estime qu'il va rapidement falloir 30 milliards de plus pour sauver CatalunyaCaixa, Novagalicia and Banco Valencia et en conclusion il paraît plus que probable que l'Espagne devrait appeler l'Europe à l'aide....

 

Dans la foulée le taux de la dette espagnole s'est envolé à plus de 6.5%, ce qui est encore loin de la Grèce, mais quand même. Ça va devenir de plus en plus difficile à porter pour l'Espagne. L'Italie a suivi le mouvement dans une moindre mesure et le marché Espagnol s'est fait démolir en fin de journée, histoire de le faire clôturer au plus bas depuis 9 ans. Bon, ça va, ça nous ramène en 2003, on a pas encore effacé les bas de la crise internet. Ça laisse des objectifs à atteindre pour cet été.

 

Voilà, c'était donc encore une belle journée du mois de mai. On a profité de l'absence de la plupart d'entre nous pour se faire l'Espagne, mais que l'on se rassure, à voir ce qu'on voit et à entendre ce que l'on entend, on a encore un peu de temps pour s'amuser devant nous.

 

Dans les autres nouvelles qui n'ont pas eu d'impact parce que les marchés étaient fermés, on retiendra l'article du Wall Street Journal qui estime que l'UBS et Citigroup ont perdu respectivement 30 et 20 millions de dollars dans le cadre de l'opération Facebook. Le premier jour de cotation et le fait que les systèmes informatiques du Nasdaq ont complètement foiré la chose, font que certains desk de trading se sont retrouvés avec des positions impossibles à gérer sachant qu'ils étaient sourds, muets et aveugles... Résultat, une cinquantaine de millions dans la nature et ce n'est probablement pas les seuls. Ceci dit, les montants sont dérisoires si l'on tient compte des récents exploits des banques au travers de la planète.

 

112432_600.jpgAutre nouvelle, alors que le titre est toujours au fond du trou et au bord du gouffre, Facebook serait sur le point de sortir un « smartphone Facebook » pour concurrencer les Samsung et autres iPhones. Il semblerait que Mark Zuckerberg craigne que Facebook ne devienne « plus qu'une application de plus sur les smartphones ». Si cette stratégie est correcte et si ce projet est vraiment sur les rails, cette fois le titre Facebook est définitivement un « Short ». Il paraît peu probable qu'il parvienne à museler la concurrence qui est en place depuis bien longtemps, surtout que sa stratégie de développement consiste principalement à débaucher des ingénieurs de chez Apple. Il semble impossible que ça suffise. Alors mis à part engloutir des milliards sur la croissance de Facebook qui est déjà en ralentissement, je ne vois pas trop l'objectif, ou alors c'est de transformer la plus grosse IPO techno en la faillite la plus rapide tous les temps... D'ailleurs un des chroniqueurs de Marketwatch estime que le titre vaudrait plutôt 13.80$ que 31.80$, c'est juste une question de chiffres..

 

http://www.marketwatch.com/story/facebooks-stock-should-trade-for-1380-2012-05-25

 

 

Pour le reste, ne nous le cachons pas, c'était Waterloo, morne plaine. Des volumes anémiques et une journée quasi-estivale sur les marchés financiers. On serait pas venus, susse été pareil, d'ailleurs on n'est pas venu...

 

L'or est à 1577$ et le pétrole est à 91.24$. Pas grand-chose à ajouter à leur sujet étant donné le monde présent hier.

 

Nous sommes donc mardi matin et on va faire comme si c'était lundi. On repart quasiment sur les niveaux de vendredi soir. L'Espagn est au fond du trou et les futures américains sont en hausse pour saluer le fait que les Grecs choisiraient plutôt un Gouvernement « pro-austérité », ce qui est tout de même étrange, parce que si l'on regarde bien, le problème de l'Espagne qui va nous arriver de plein fouet d'ici cet été, semble un tantinet plus inquiétant et plus massif que la Grèce, mais bon. Les Américains semblent vouloir traiter un sujet à la fois et ils vont se concentrer sur l'Espagne une fois que le cas de la Grèce sera réglé et qu'il se rendront compte qu'en Espagne on parle la même langue qu'à Los Angeles.

 

FTSE 100 5,356 +5 +0.09%

CAC 40 3,043 -5 -0.16%

DAX 6,323 -17 -0.26%

FTSE MIB 13,057 -98 -0.74%

IBEX 35 IDX 6,401 -142 -2.17%

SMI CLOSED

 

Nikkei 225 8,563 -30 -0.35%

Hang Seng 18,842 +41 +0.22%

Shanghai 2,494 +21 +0.83%

S&P ASX 4,141 +21 +0.50%

 

L'Asie semble se calquer sur les indications des futures américains, mis à part Tokyo qui est dans le rouge à cause des valeurs exportatrices. En Chine on saluait le fait que le Gouvernement ait autorisé la construction de plusieurs nouvelles aciéries, confortant les intervenants dans leur conviction que le Gouvernement Chinois s'est lancé dans un vaste plan de stimulus.

 

En tous les cas, ce matin LA nouvelle qui semble séduire le plus les marchés, c'est la Grèce. Comme quoi il ne nous faut tout de même pas grand-chose pour être heureux.

 

What else ? Nestlé n'est plus tout seul dans la course à la capsule, après la brèche ouverte par Denner, cette fois c'est Migros et Fust qui vont lancer leurs capsule « adaptables » aux machines Nespresso. Clooney a du soucis à se faire, on ne sait pas encore qui fera la promotion des produits Migros, mais si un acteur suisse s'y colle, il a peut commencer à avoir peur. Reste à trouver un acteur suisse.

 

112425_600.jpgDans les autres nouvelles en vrac : les fonds d'investissements réduisent leurs expositions sur les banques européennes (tu m'étonnes). L'Espagne estime ne pas avoir besoin d'aide pour sauver ses banques (en effet, le budget annuel du Real Madrid et du Barcelone devrait suffire). Au prix où elle se traite aujourd'hui, TF1 vaudrait en-dessous de sa valeur à la « casse », (en gros elle vaut la valeur de Secret Story). BP est à nouveau sous enquête, le FBI veut savoir si par hasard BP n'aurait pas menti au Congrès quand à la quantité de pétrole qui aurait fuit dans le Golfe du Mexique (ça serait étonnant, une « major » pétrolière, c'est quand même pas leur genre). En Egypte pour la finale des présidentielles, on se retrouve avec un « frère musulman » et un membre de l'ancien régime au second tour.. (ça valait bien la peine faire une révolution pour se retrouver avec ça). Les négociations au sujet des commandes de Rafales à Abu Dhabi sont au point mort, le prix du pétrole à la baisse semble faire hésiter tout le monde, le Président Français est sur le coup, mais comme il va se rendre là-bas en train (pour faire comme le peuple), ça va prendre du temps. Selon la presse canadienne, BlackBerry pourrait réduire encore la voilure avec une nouvelle suppression de 2'000 postes (de mieux en mieux).

 

Et puis on ne peut pas parler finance sans revenir sur un des sujets « chaud » du week-end. Il semblerait que quand on devient patron du FMI, on est immédiatement frappé par une maladie quelconque. On ne va pas revenir sur celle qui frappe DSK et qui lui a coûté le poste de Président de la République, mais plutôt sur la maladie qui frappe Christine Lagarde : « la bêtise ». Ce n'est pas la première fois qu'elle nous fait des déclarations à contre-courant ou des enfonçages de portes ouvertes. Ça encore, on pouvait comprendre, son passé de femme politique la forçait à dire n'importe quoi à la première occasion. Cependant ce week-end, elle est passée à la vitesse supérieure en donnant une interview à « The Guardian ».

 

Alors qu'elle touche 551'700$ par an (net d'impôts comme il se doit), elle s'est permise de déclarer : « Je pense que les Grecs devraient commencer par s'entraider collectivement, en "payant tous leurs impôts » et elle rajoute : « je pense plus aux petits enfants d’un village au Niger qui reçoivent deux heures de cours par jour, qui se partagent une chaise à trois et qui sont heureux d’aller à école. Je pense à eux tout le temps. Parce que je pense qu’ils ont plus besoin d’aide que les gens d’Athènes. Je crois que tout cela se passe de commentaires. Elle n'en est pas à son coup d'essai et je ne comprends pas que le FMI la laisse encore parler. En tous les cas, si elle avait encore une once de crédibilité, elle vient de s'évaporer définitivement.

 

Pour sa défense, on peut dire que c'est maladif, puisqu'elle avait déjà déclaré, en juillet 2010 : « Je suis convaincue que la France va conserver sa note AAA. », puis en janvier 2011 : « L’euro a franchi le cap, et la zone euro a désormais le pire de la crise de la dette derrière elle. », sans oublier le célèbre : « Tous les clignotants sont au vert. ». J'en passe et des meilleurs, en conclusion, on se demande si il n'est pas mieux de reprendre DSK.

 

En tous les cas, elle remporte la palme de d'or de la plus grosse connerie du week-end et je viens de recevoir un mail de l'office du tourisme grec, pour les vacances de Christine Lagarde cet été, ça va pas être possible...

 

Pour aujourd'hui, les futures sont en hausse de près de 10 points sur le S& P, l'ouverture devrait se faire au son de l'hymne grec, puisque c'est LA raison de la hausse. Cette après-midi nous aurons les chiffres du S&P Case Shiller, du Consumer Confidence, le State Street Investor Confidence Index et le Dallas Fed Manufacturing Survey.

 

C'est plus court que d'habitude, mais il n'y a rien de plus à dire ce matin. Moi je vous retrouve demain, pour un commentaire plus complet avec des marchés vraiment ouverts... En attendant je vous souhaite la meilleure des journées possible !! A demain

 

Morningbull

Et puis si jamais, pour ce week-end : à ne pas oublier :

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"Four Secret Service agents fired for that sex scandal decided to fight their dismissal. The lawyer said they didn't realize the women were prostitutes. Is that the best argument when you're trying to get your job back in the Secret Service? These guys are supposed to be experts at picking people out of a crowd. Can't spot a hooker? Really" –Jay Leno

 

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