mercredi, 29 février 2012

Psychologie de marché

 

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J'hésite entre : « Yepppeeeeeeeeee !!!!!!!! » ou « Yeahhhhhhh » ou encore avec le très populaire « Oh Putain c'est génial, I love you »... Bref, je n'arrive pas à me décider, toujours est-il que nous sommes au-dessus des 13'000. Enfin. Ouf.

 

Quel soulagement, depuis le temps que l'on titillait la zone, finalement après des semaines de thérapie, nous avons réussi à passer l'épaule et le Dow Jones est revenu au-dessus des 13'000. Presque au niveau de mai 2008, juste avant que tout parte en vrille. Encore quelques points et on aura battu le sommet de 2008 et définitivement mis le subprime à la casse. Dans l'esprit des investisseurs seulement, parce qu'en ce qui concerne le reste, c'est toujours un sacré bordel immobilier aux USA, les chiffres du S&P Case Shiller étaient là pour le prouver encore hier. Le marché de la pierre, du bois et d'un toit sur sa tête est au plus mal et l'on parle même d'un « triple dip » dans le secteur. Les banques aussi sont encore super loin de leur niveau de 2008 et ça risque de prendre encore un paquet de temps avant qu'elles revoient les niveaux de l'époque, mais peu importe, le Dow Jones est lui de retour.

 

Hier soir c'est la technologie qui menait le bal, les intervenants se jetaient sur Apple comme si il n'y aurait bientôt plus de titres à vendre. Le titre à la pomme a même touché un nouveau record pendant un bref instant. Tout le monde se réjouissait de l'arrivée de l'iPad 3 qui devrait arriver le 7 mars et les rumeurs comme quoi Apple TV pourrait aussi se pointer le même jour laissait encore plus de perspectives intéressantes la compagnie. 533$ pour une action c'est pas cadeau, mais certains vous diront que c'est pas cher vu qu'elle sera bientôt à 1'000. Reste à savoir si Apple sera à 1'000 avant que l'or touche les 2'000, c'est la nouvelle course à suivre. Pour la petite histoire, Apple vaut 500 milliards de capitalisation boursière. Soit 1 demi-trillion.

 

En dehors des bonnes nouvelles sur Apple, bonnes nouvelles qui viennent juste de rendre vos iPad ABSOLUMENT inutiles et tout juste bon à caler la porte de la cuisine, il faut noter les bons chiffres du « Consumer Confidence » qui bondissait à 70.8, pulvérisant les attentes des économistes qui voyaient plutôt un « petit » 63. Bien joué McFly, essaye encore. A côté les chiffres du S&P Case Shiller confirmant la maladie incurable du marché immobilier ne faisaient absolument pas le poids. La nouvelle n'était pas assez mauvaise pour faire de l'ombre au Consumer Confidence. Et puis le Richmond Fed Manufacturing était également au-dessus des attentes, ce qui compensait les Durable Goods qui étaient immondes, mais à la fin de toutes manières, on aura retenu que le fait que le consommateur américain est prêt à tout pour consommer et l'adage « fait du shopping jusqu'à que tu tombes raide mort », semble prendre tout son sens. 9% ou presque de chômage, des foreclosure qui sont devenus monnaie courante, jamais autant d'américains auront été dans la rue, mais à la fin ils vont quand même s'acheter un iPad3...

 

La journée ne fût donc pas « euphorique », mais il est vrai que la cassure du niveau psychologique des 13'000 rend tout le monde heureux et personne ne remet en question que cet aspect peut même donner encore une coup de fouet pour pousser le marché plus haut. Sans compter que si l'on est à la recherche de « niveaux psychologiques », en ce moment il y a de quoi faire, puisque le S&P500 n'est plus qu'à quelques encablures des 1'400 et que tous les yeux sont tournés sur le Nasdaq qui s'approche dangereusement des 3'000 points que nous n'avions plus revu depuis la descente express du début de l'été 2000.

 

Comme à chaque fois que l'on passe une zone importante, les statisticiens sont de sortie. Tout d'abordchart-2.png sur un premier sondage, 53% des sondés pensent que le prochain niveau que nous verrons c'est les 12'000, contre 47% qui pensent que ce sera 14'000. En gros on peut jouer la chose à pile ou face, c'est assez proche de la réalité de l'investissement en ce moment. Et puis un autre site s'est penché sur ce qui se passait dans le marché dans les 3 mois qui suivent un rallye de 15%, vous trouverez le tableau ci-joint, mais pour être franc il n'y a pas grand-chose à en tirer, si ce n'est le fait que tout peut arriver, puisqu'en 1931 nous avons perdu 23% en trois mois et qu'en 1975, 1985 et 2009 nous avons pris près de 10% à chaque fois. Pas franchement de quoi apporter de l'eau au moulin des bulls comme à celui des bears.

 

Mais peu importe ce matin nous sommes à 13'000 et c'est tout ce qui compte, le reste n'est que du cosmétique semble-t-il. Même le graphique ci-dessous qui représente l'état de santé du marché immobilier ne fait plus broncher personne. Je vous laisse imaginer si par hasard ce dernier devait montrer des signes vie à nouveau. On serait capable d'aller direct à 14'000, juste pour voir. Non, décidément la psychologie de ce marché est définitivement rangée dans le camp des bulls. Enfin, pour le moment car on sait tout de même que le psyché de l'investisseur moyen est tout de même sacrément subtile et il faut des années pour parvenir à l'apprivoiser le rencontrer dans son habitat naturel sans l'effrayer.

 

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Pour le reste, eh bien l'Europe s'est contenté de faire le bon « toutou » et voyant que le grand-frère américain appréciait plus les chiffres de la confiance du consommateur que le reste, nous sommes monté de concert pour terminer quasiment au plus de haut de la séance après avoir frisé la crise cardiaque durant la première vague de publication des chiffres. Mais heureusement, à la fin tout est bien qui finit bien.

 

L'or est monté à 1790$, probablement à cause de l'euro-dollar qui est au plus haut depuis un petit moment dans l'attente des opérations de refinancement de la BCE qui auront lieu ce mercredi. En effet, dès ce matin les banques pourront se rendre à Bruxelles avec des camions-benne pour prendre livraison de montagnes de cash à des taux très attractifs en échange de garanties solides comme des obligations sur le Portugal, l'Espagne ou l'Italie, ou mieux encore ; sur la Grèce. Même l'annonce d'un référendum en Irlande n'a pas fait broncher la monnaie européenne. L'or est à1790$ ce matin.

 

Pour ce qui est du pétrole, lui qui est censé être sensible au dollar, au même titre que l'or, eh bien hier il était dispensé de gym et prenait le sens inverse. La raison de cette soudaine faiblesse, selon les experts, provient probablement du fait que le coup sûr de la hausse sur le baril en conjonction avec une bonne guerre en Iran prend un peu trop de temps pour les « long term investors » que sont les traders sur les commodities. La baisse de 3% constaté hier sur le baril provient donc tout simplement d'un bon vieux « profit taking » comme on dit là-bas. Une bonne prise de profits. Et ce matin, pour qu'un baril puisse trôner dans votre salon à côté de l'écran plat, il vous faudra débourser 107$ et 8 cents.

 

Dow 13,005 +24 +0.18%

Nasdaq 2,987 +21 +0.70%

S&P 500 1,372 +5 +0.34%

 

FTSE 100 5,927.91 +12 +0.21%

CAC 40 3,453.99 +12 +0.36%

DAX 6,887.63 +38 +0.56%

IBEX 35 8,526.70 -10 -0.12%

FTSE MIB 16,345.30 +36 +0.23%

 

Tokyo 9824 +101 +1.02%

Hong Kong 21681 +113 +0.52%

Shanghai 2553 -16 -0.60%

Sydney 4399 +48 +1.10%

 

107167_600.jpgCe matin, la correction pétrolière et la hausse de la technologie américaine donnent des ailes aux marchés asiatiques. Sauf la Chine, mais c'est pas grave, c'est normal c'est parce qu'ils prennent un malin plaisir à faire le contraire de ce que font les autres, mais aussi parce que les nouvelles en provenance du marché immobilier local fait part d'un ralentissement inquiétant, sans compter que pas mal de monde est en train de douter de la capacité de la Chine a reprendre son « bull market » là où nous l'avions laissé. Au contraire, si l'on croit l'indicateur des chroniqueurs, le prochain bull market pourrait bient être au Japon. Depuis le temps que nous l'attendons celui-là, il pourrait bien se pointer un de ces jours.

 

Dans les nouvelles du jour, on reparle de la campagne des Républicains pour élire « leur » candidat à la présidence. Ils sont déjà en train de nous épuiser avec ça et dire qu'ensuite il faut encore se taper la vraie campagne derrière, les réjouissances ne sont pas terminées. Quoi qu'il en soit, Mitt Romney a remporté le Michigan et Rick Santorum s'est déclaré « vainqueur moral »... il faut vraiment espérer que ce taré ne passera pas car rien que l'idée d'avoir une grenouille de bénitier croisé avec un ayatollah qui pourrait éventuellement prendre le pouvoir, ça fait super peur..

 

Aujourd'hui Bernanke parlera devant une chambre quelconque avant de doubler son discours demain pour ceux qui n'ont pas la télé, mais devant le Congrès cette fois-ci. Les intervenants vont être scotchés à ses lèvres, à la recherche du moindre indice qu'il pourrait éventuellement leur donner sur la suite de l'histoire pour les taux américains. Tant de naïveté et de fraîcheur de la part des « économistes » est presque touchante.

 

107189_600.jpgTout va mal chez Goldman Sachs. Lors de la période octobre-novembre-décembre, les traders de la compagnie ont perdu de l'argent 17 jours sur 60 grosso modo, c'est mieux que le trimestre précédent où ils étaient monté à 21 jours. C'est surtout carrément pourri par rapport à il y a deux ans où sur l'année ils n'avaient pas eu un jour négatif sur toute l'année. On dirait que les contrôles sont plus serrés et que peut-être la vidéo de Gordon Gekko/Michael Douglas a fait son effet. En tous les cas, Goldman c'est plus ce que c'était.

 

A ce propos, Jamie Dimon, le CEO de JP Morgan estime que les baisse de revenus dans les divisions « Investment Bank » et « trading » sont des effets cyclique et qu'il ne fait rien pour protéger ce type d'évènement sachant que dans le futur, ces secteurs vont se reprendre. A moins que Nick Leeson ET Jérôme Kerviel soient de retour aux affaires, sachant que Kweku Adoboli ne pouvait pas venir parce qu'il était en prison.

 

Dans le monde des hedge funds, la gloire est éphémère, la place de numéro un très convoitée et pas garantie d'année en année. Cette année Ray Dalio a détrôné John Paulso. Dalio et son Pure Alpha Hedge Fund a rapporté 13.8 milliards à ses clients alors que Paulson en a perdu 10 (milliards). La société de Dalio, Bridgewater gère 120 milliards en hedge funds et charge 2% de mangement fees. L'an passé il aura classé 3 de ses fonds dans les 12 meilleurs fonds de l'année.

 

Pendant ce temps, John Paulson n'est pas en reste, puisqu'il a tout de même réussi à battre un record, celui de perdre plus d'argent sur un seul fonds que le fond LTCM des années 90 en aura perdu. Le fonds phare d'il y a bientôt 20 ans avait perdu 9.6 milliards en son temps. Bien qu'en théorie, il ne pouvait pas perdre. Paulson en aura perdu 10, record à battre.

 

Dans la série girouette, Roubini est ressorti de sa grotte. Après avoir annoncé le 7 février qu'il pensait que le rallye avait encore du potentiel, le voilà qui redébarque hier, au travers de la voix de Gina Sanchez, sa directrice de l'allocation stratégique, pour nous annoncer qu'il envisage de sortir du marché. En gros à 666 sur le S&P il fallait tout vendre parce que nous étions supposés aller à 300, à 1340 il faut acheter car « le rallye a du potentiel » et à 1372, il faut sortir parce que tout ce qui était positif est sorti dans le marché et qu'il n'y a plus rien à attendre. C'est le classique Bear qui est incapable de penser Bull et qui revient donc à sa première nature. Chassez le naturel, il revient au galop.

 

Bill Gross, le plus « gros » gérant de fonds obligataire du monde recommande de prendre une stratégie défensive. Il a augmenté sa proportion bons du trésor US en conséquence.

 

On commence à en savoir un peu plus sur le deal Peugeot-GM. Le fabricant français va faire une émission de droit pour 1 milliard d'euros, afin de générer de l'argent frais. Cet accord entraînera une restructuration, donc des fermetures d'usines et des emplois qui passeront à la trappe. Reste à voir dans quelle région du monde, mais si c'est en France, ça va bien simplifier la tâche du nain en talonnettes pour se faire réélire. Pour faire oublier cela, il pourrait partir en mars à Abu Dhabi afin de signer un contrat pour l'achat de 60 Rafales.

 

Aujourd'hui, en plus du discours de Bernanke, nous aurons également les MBA Purchase Applicatinos, le GDP, le Chicago PMI, les chiffres du pétrole, le Beige Book et les Farm Prices. Le GDP sera un gros morceau comme d'habitude, même si l'on sait que ce type de chiffres sont à peu près aussi digne de confiance qu'un marchand de tapis dans un souk, quoique ce n'est pas très flatteur pour le marchand de tapis. Les attentes pour le GDP est de 0.3% à 0.5% et le précédent état à 0.4%. Il ne devrait pas y avoir de mouvement spectaculaire là dessus, bien qu'on ne soit à l'abri de rien. Maintenant que Roubini est à nouveau baissier, on peut reprendre une vie normale et parier sur le fait qu'il est faux à nouveau.. tout devrait donc bien se passer.

 

Pour le moment les futures américains sont en baisse de 0.05% et si l'on en croit celui du Dow Jones, nous devrions déjà ouvrir sous les 13'000... « Yepppeeeeeeeeee !!!!!!!! » ou « Yeahhhhhhh » ou « Oh Putain c'est génial, I love you »...

 

Je crois que nous allons en rester là pour ce matin. Il me reste à vous souhaiter une très bonne journée et on se retrouve demain pour de nouvelles aventures que j'imagine passionnantes comme un marché européen quand New York est fermé.

 

A demain

 

Morningbull

 

David Letterman’s "Top Ten Things You Shouldn't Say In An Academy Awards Acceptance Speech”

 

10. "This is for you, Kim Jong-Il"

9. "I've had sex with every woman in this year's dead actor montage"

8. "Take that, 99-percenters!"

7. "I'd like to take this opportunity to endorse the next President of the United States, Rick Santorum"

6. "I owe it all to my creepy religious cult"

5. "My wife drives a couple of Cadillacs"

4. "Now I'd like to say a few words about Cool Ranch Doritos"

3. "I share this award with my drug-mule, Hector"

2. "I'd like to thank my sham wife for not revealing I'm gay"

1. "I'll be in the men's room, 'polishing my statuette'"

 

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mardi, 28 février 2012

Le mur des 13'000

 

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Pour ceux qui ont déjà couru un marathon dans leur vie, il y a un truc dont tout le monde parle, c'est le mur des 30 kilomètres. En finance on n'avait pas ce genre de chose, sauf depuis que l'on essaye de passer au-dessus des 13'000. Globalement le marché est en forme et refuse de baisser et pourtant, soudainement en face de cette barrière psychologique que sont les 13'000 points, les investisseurs refusent l'obstacle. En même temps comme ils ne veulent pas vendre non plus les quelques actions qu'ils ont en portefeuille, on reste autour de cette zone comme une âme en peine. On passe bien quelques instant au-dessus pendant la journée, mais à la fin quand on range ses affaires, on n'arrive pas à tenir et à afficher ce chiffre qui n'a plus été vu en clôture depuis le 19 mai 2008. Alors il est vrai qu'en effaçant cette date des calendriers ça pourrait faire peur car nous tirerions tout de même un trait sur 4 ans de marché pourri et pas mal de souvenirs moyennement agréables.

 

Mais tout de même, on ne peut quand même pas rester ici comme des andouilles en attendant je ne sais quoi. Sans compter qu'il y a plein de casquettes et de T-shirts « DOW 13000 » qui ont été imprimés et ça serait quand même couillon de ne pas pouvoir les porter cet été pendant les matchs des Yankees.

 

Hier le Dow Jones aura passé la plupart de sa journée au-dessus des 13'000, après avoir mal commencé la séance. Le vote du parlement allemand qui confirmait les 130 milliards pour la Grèce, les chiffres de l'immobilier et les données manufacturières de je-ne-sais-plus quel Etat des USA qui étaient meilleurs que prévu a fait que le marché US est reparti à la hausse, mais dans les dernières secondes, une vague de trouille a fait tourner le marché et les investisseurs ont largué les « big names », faisant clôturer le Dow Jones juste sous les 13'000. Caramba ! Encore raté.

 

Par contre dans les commentaires de ce matin on a le plaisir de lire que le Dow Jones a terminé en baisse, mais que l'on se rassure, le S&P500 terminait en hausse, lui... oui, en hausse de 2 points et 0.14%. A ce rythme-là, on devrait atteindre les 1500 sur le S&P500 autour du mois d'août 2034, donnant naissance du même coup au « bull market » le plus lent de l'histoire.

 

L'Europe a vécu une séance en sens inverse par rapport aux USA, on a commencé au fond du trou, s'effritant même encore un peu plus durant la matinée, alors que BFM Radio devenait LE SPECIALISTE du Cinéma Français, puisque depuis l'Oscar de Jean Dujardin, le cinéma français a pris une nouvelle dimension, la Radio financière ne voulait pas être en reste et a du coup passé plus de temps à parler cinéma que finance. Pendant ce temps le marché s'effritait avec les automobiles qui étaient victimes de prises de profits après leurs « run » de la semaine passée et les financières, parce quand quelque chose baisse, il faut FORCEMENT vendre les financières. Même si Warren Buffet avait fait des commentaires positifs sur le secteur durant le week-end, les intervenants s'en foutaient totalement sachant que l'on ne peut tout de même pas comparer la BNP avec Wells Fargo.

 

Et puis quand les américains ont ouvert en baisse on s'est conforté dans notre stratégie vendeuse se rassurant sur le fait que ce marché ne pouvait plus monter. Sauf que quand le marché US est reparti à la hausse, on s'est courageusement assis sur nos convictions et les indices européens ont commencé à galoper derrière les ricains. L'Europe aura donc terminé en baisse, mais moins mal que prévu puisque l'on remontait durant les dernières heures.

 

Mais globalement il faut reconnaître que l'on ne sait plus trop quoi faire à ces niveaux. Le coeur des investisseurs balance entre deux choix.

 

Choix numéro un, celui de ne pas rater un éventuel « secular bull market » qui pourrait nous ramener plusieurs années en arrière et nous conforter dans l'idée que la tendance de fond depuis 100 ans c'est la hausse et qu'à la fin, quoi qu'il se passe, les actions montent. Comme on n'a pas eu le courage de sauter dans le train au début de la hausse, on est frustrés et on ne veut surtout pas rater la suite, si il y a une suite.

 

Dans ce cas de figure, on achète à la première occasion, à la première faiblesse. Mais comme tout le monde guette la faiblesse, elle n'est souvent pas très faible, voir inexistante, résultat le marché tient tout là haut, scotché contre le plafond. Un « observateur » du marché le disait hier ; « j'attend une correction de 3-5% pour rentrer dans le marché, mais je ne suis même pas convaincu qu'elle se produira »...

 

wr.pngLe choix numéro deux, c'est de jouer la baisse car nous sommes montés trop haut et trop vite. Du coup, même des « bulls » convaincus commencent à douter de la viabilité de ce rallye. Oui, la croissance peut repartir, soit. Oui, l'emploi peut s'améliorer, soit. Mais pour le moment, ne sommes-nous pas en train de comptabiliser un peu trop de choses qui devraient éventuellement peut-être se produire dans les mois à venir ? On peut se poser la question. Si l'on croit à cette théorie on devrait donc réduire notre exposition au marché des actions. Mais pour certains cette exposition est tellement faible que le faire équivaudrait à faire un pari risqué si le marché continuait sa marche en avant. Marche que l'on peut considérer comme injustifiée, mais comme à la fin de l'année le marché à toujours raison, on ne peut pas non plus expliquer aux clients que le marché à tort, que nous avons raison et que quand le marché se sera rendu compte qu'il a tort, à ce moment on va faire plein de fric.... Un gérant de fonds d'une grande banque m'avait déjà tenu ce discours il y a quelques années et croyez-moi, ça ne marche pas...

 

Toujours est-il que ces deux choix s'offrent à nous et qu'il n'est pas simple de choisir. Alors on se tâte et c'est là où nous en sommes ce matin. Très haut par rapport à il y a deux mois, mais peut-être encore très bas par rapport au 31 décembre et il nous faut trouver notre chemin jusque-là.

 

Pour le reste, il faut également reconnaître que les journées sont moyennement passionnantes. Dans le cas d'hier, heureusement que l'on pouvait parler de Jean Dujardin et du prix du pétrole pour occuper notre journée en attendant l'ouverture des USA, sinon on aurait pu retrouver des traders totalement sclérosés devant leurs écrans à l'heure du repas. Par moment j'ai même dû vérifier si mon Bloomberg était un vrai écran qui bougeait ou est-ce que c'était un écran de déco que l'on trouve dans les magasins IKEA pour présenter les meubles de bureau VALLVIK avec la chaise de bureau MARKUS et les roulettes PARAGRAF, le sous-mains en cuir KNÖS et le faux écran Bloomberg qui ne bouge pas. Hier j'avais à peu près le même sauf que finalement il s'est mis à bouger vers 15h30.

 

Pour être honnête, je pense qu'en ce moment il serait bon que les marchés européens se calquent sur les horaires de Wall Street, car les heures du matin ne servent pas à grand-chose.

 

Comme je vous le disais hier, heureusement que nous avons le pétrole. C'est donc officiel, alors que depuis des mois, tout le monde s'en fout du pétrole, que personne n'a remarqué ou presque que nous avions franchi les 100$, puis les 105, soudainement en ce lundi 27 février, le marché s'est réveillé en hurlant « OH MY GOD, le baril est est 110$ !!! Mais comment allons nous faire pour conserver notre croissance économique avec un baril si haut ??? Ouille, ouille, ouille, j'ai peur, parce que j'ai lu dans mes cours d'économie que le baril trop haut pouvait ralentir la croissance !!! Aïe, aïe, aïe, comment allons-nous faire ??? Au secours Monsieur Greenspan..euh non, Monsieur Bernanke, Greenspan c'est celui d'avant... »... Hier ce fût donc la journée du grand réveil, c'est vrai le pétrole à lâchement profité du fait que nous étions en train de prendre des cours de Mythologie Grecque pour subrepticement prendre d'assaut la barrière psychologique des 100$, et en ce lundi on s'en est rendu compte. Il était temps. Je commence à croire que le marché est incapable de suivre deux choses à la fois. C'est où la Grèce où le pétrole, mais les 2 en même temps, c'est exclu. A croire qu'il n'y a que des hommes dans ce marché ;-)

 

Hier le baril s'est calmé un peu, il est revenu sur les 108.04$ ce matin. Mais il est clair que tant que le cas de l'Iran n'est pas réglé, tout peut arriver. L'or est à 1771$ et j'ai le sentiment qu'il ne bouge plus. L'intérêt est au plus bas et plus personne ne semble tenir compte du fait qu'il existe, mais pas d'inquiétude, il revient toujours au devant de la scène quand on l'attend le moins et sachant qu'il peut guérir (presque) tous les maux, on devrait très bientôt reparler de lui. Il suffit qu'un rappeur se fasse refaire les dents ou change ses colliers pour la sortie de son nouvel album et le métal jaune prend 100$. Pour le moment l'once d'or est à 1771$.

 

Dow 12,982 -1 -0.01%

Nasdaq 2,966 +2 +0.08%

S&P 500 1,368 +2 +0.14%

 

FTSE 100 5,916 -20 -0.33%

CAC 40 3,441 -26 -0.74%

DAX 6,850 -15 -0.22%

FTSE MIB 16,309 -179 -1.09%

IBEX 35 8,537 +10 +0.11%

 

Nikkei 225 9,594 -40 -0.41%

Hang Seng 21,303 +85 +0.40%

Shanghai 2,553 -10 -0.39%

S&P ASX 4,351 -3 -0.08%

 

107121_600.jpgCe matin l'Asie est un peu dispersée. Alors que Hong Kong remonte, la Chine baisse, on attend plus de nouvelles économiques pour y voir plus clair sur le marché chinois, Hong Kong pour le moment ne fait pas grand-chose si ce n'est fait le contraire de ce que fait la Chine. Au Japon c'est le secteur bancaire qui se porte bien en ce début de journée, en revanche on fait grise mine dans la technologie, ce matin le fabricant de DRAM japonais Elpida a annoncé sa mise en faillite, incapable de trouver une solution pour restructurer sa dette et encore moins la rembourser. Le secteur est un peu sous pression au Japon, mais en Corée, la concurrence se frotte les mains.

 

En Australie, Billabong, le fabricant de vêtements pour surfeur ou pour ceux qui ont envie de s'habiller comme des surfeurs pour faire comme si ils allaient aussi sur les vagues au soleil levant et que eux aussi si ils voulaient ils pourraient se laisser pousser les cheveux et rouler en Jeep Wrangler avec une planche sur le toit. Bref, Billabong a refusé l'offre de TPG Capital (rien à voir avec le tram 12 ou la mise en place des nouveau horaires genevois). La société de Private Equity a proposé 10% de plus sur l'offre de 3 dollars par action. Le board de Billabong a déclaré que ça ne représentait toujours pas la valeur réelle de la société et ils sont partis surfer en attendant que TPG offre 4$.

 

C'est un peu la même histoire chez Illumina. Roche a offert 44.50$ par action, Illumina a refusé, hier Roche a réitéré son offre, Illumina a refusé encore et Goldman Sachs est sur le coup pour trouver un acheteur qui est prêt à mettre au moins 60$ pour la société. Pour le moment le titre traite autour des 51,40$ et Roche ne semble pas disposer à payer plus. Pourtant le board d'Illumina, comme celui de Billabong crie partout et à qui veut bien l'entendre que ça vaut bien plus que ça !! C'est inouï comme on vous apprend à l'école que le marché à toujours raison, sauf quand c'est la direction des sociétés qui ont raison !!! Moi le jour où on m'offre 50 millions pour www.morningbull.ch, j'accepte et je pinaille pas...promis.

 

Hier soir en fin de soirée, les types de chez Standard & Poors ne savaient plus quoi faire de leur temps et comme ils n'ont pas d'amis et personne qui voudrait boire un verre avec eux, ils sont restés au bureau et se sont dit qu'il serait bien de faire une fois dans leur vie un truc intelligent. Comme ils n'ont pas trouvé quoi faire, ils ont décidé de faire une connerie à la place. Ils ont donc downgradé la Grèce sur « défaut sélectif ». Alors un truc pareil, ça mériterait un blog entier pour décortiquer un « rating » pareil. En résumé ils pensent que la Grèce va faire défaut mais pas vraiment, elle va faire seulement un petit peu défaut, pas partout. En gros c'est encore une aberration de la part d'une de ces agences de rating qui ne sert à rien. Je continue à proposer de faire un grand feu et de les brûler au milieu.

 

Tant d'inutilité me fatigue à un point c'est inouï...

 

Dans le reste des nouvelles du jour, on continue de parler de la participation de GM dans Peugeot, entre les dernières informations croisées entre Bloomberg, Reuters et la Tribune.fr, on parle d'une participation de 7%, on n'en sait pas plus mais les spéculations vont bon train. Hier soir François Hollande était sur TF1 et a déclaré vouloir imposer les « très riches » à hauteur de 75%. Et bien visiblement, il y a encore des forfaits fiscaux qui vont se négocier en Suisse et ailleurs. Effectivement avec un Président comme ça, vaut mieux être un français très riche à l'étranger.. Comme quoi pour que les Paradis Fiscaux existent, il faut des enfers fiscaux. La France semble prendre le bon chemin. Personnellement je ne suis pas un « très riche », mais ce genre de déclaration frise la connerie version XXL. Pourquoi pas 110% d'imposition et la prison à vie si ils ne payent pas dans les 30 jours.

 

107106_600.jpgCette semaine il y a des wagons de placements. Hier l'Italie a réussi à lever 12.25 milliards à 1.2% sur 6 mois. Des taux jamais vu depuis bien longtemps. En novembre ils avaient du offrir jusqu'à 6.5% pour la même durée. Les temps changent et ils changent vite !! Durant la suite de la semaine, il y aura encore pas mal de pays qui vont se pointer pour demander de l'argent, mais au vu de comment cela se passe avec l'Italie, les choses devraient bien se passer pour le reste. A ce propos, vous avez vu comme en novembre et décembre on connaissait par coeur les auctions qui auraient lieu dans la semaine et que les gens ne parlaient QUE de ça ??? Et aujourd'hui, que dalle. A peine un entrefilet en page 34 juste après les nécrologies canines. Là aussi les temps changent.

 

Banco Santander est sur le point d'acheter la Poland Kredyt Bank pour 1.3 milliard. Le Barron's est positif sur Lowe et pense que la société à un avenir encourageant devant elle. UBS fait des commentaires positifs sur Intel. Selon le Barrons toujours, la plupart des Hedge Funds Managers sont toujours bullish sur le S&P500, même à ces niveaux.

 

Et puis le FBI a engagé Michael Douglas pour tourner une pub expliquant à tout le monde que «l'insider trading » c'est pas bien et que le « greed, finalement c'est pas good ».... On espère que cette vidéo va immédiatement faire stopper les méchants traders qui ont des informations de première bourre. La naïveté du FBI est presque touchante.

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=SvuCGvziCVI

 

Côté chiffres économiques, nous aurons les Durable Goods, le Redbook, le S&P Case Shiller, le Consumer Confidence, le State Street Investor Confidence Index et le Richmond Fed Manufacturing Index, c'est bien ça fait trois jours de suite que l'on nous sort les Manufacturing Index de chaque région des USA pour bien nous prouver que tout va bien partout aux USA...

 

Ce matin les futures américains sont orientés à la hausse, on devrait donc pouvoir gratter quelques points à l'ouverture des marchés. Pour la suite il faudra attendre 15h30 et l'arrivée des ricains pour y voir plus clair. En ce moment le S&P Future est en hausse de 0.10%, soit c'est limite l'explosion et le Dow Jones pourrait peut-être enfin clôturer en dessus des 13'000, à vos casquettes et vos T-shirts !!!

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, moi je vais suivre un séminaire sur le cons et comment faire pour éliminer de votre environnement de travail avant qu'ils ne vous pourrissent trop la vie. Vaste sujet, mais on se retrouve demain pour parler boutique... Je suis sûr que François Hollande ou l'autre nain va nous sortir un truc brillant pour nous occuper un moment, ceci dit je suis content de ne pas voter en France, parce que là, j'avoue que cette fois, je ne saurais pas qui choisir... J'avoue qu'à la fin le type de chasse et pêche me paraît presque sympathique et compétent... Mais là n'est pas le sujet.. Je vous souhaite une excellente journée, que les Dieux de la bourse soit avec vous et que Gordon Gekko vous accompagne, mais attention hein, je compte sur vous, PAS D'INSIDER TRADING aujourd'hui, le FBI vous l'a dit, c'est mal..

 

Bonne journée et bon café !!!

 

Morningbull

 

« Il ne faut pas prendre les gens pour des cons. Il y a assez de cons qu'on prend pour des gens. »

 

Guy Bedos

 

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lundi, 27 février 2012

Dans l'enfer du pétrole, encore

 

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Petit bilan de ces derniers jours de trading ; on tente de passer l'épaule en s'établissant au-dessus des 13'000 sur le Dow Jones, mais ça a l'air super compliqué. Une chose semble certaine, depuis que la Grèce est « sauvée », le marché ne semble plus vouloir baisser. Il est collé sous les 13'000 au plus haut depuis près de 2 ans, suspendu dans le vide, attendant un signe de quelqu'un, quelque part qui lui donner la justification pour aller plus haut. En espérant simplement qu'entre deux, il n'y aura pas un changement d'orientation ou surtout une soudaine intolérance à la mauvaise nouvelle.

 

Pour le moment nous sommes totalement immunisé contre la mauvaise nouvelle, mais connaissant la manière avec laquelle les investisseurs varient, rien n'est à exclure. Globalement nous avons passé notre semaine à ne rien faire ou en tous les cas pas grand-chose. Maintenant que le sujet grec est réglé, il nous a fallu un peu de temps pour recentrer nos préoccupations sur autre chose. Alors on a fait un petit bilan :

 

Tout d'abord il y a l'économie. Du côté US ça ne va pas trop mal, même si on a eu connu une Amérique plus fringante. La croissance est là. Fragile et elle n'est pas à l'abri de la moindre prise de pied dans le tapis de la part du chômage ou du GDP, mais pour le moment, ça semble donner le tour. De ce côté-là, pas grand-chose à craindre pour le moment. A surveiller. Pour ce qui est de l'économie en Europe, c'est en revanche un peu moins «euphorique ». Tout dépend d'abord de quelle économie on parle. Si ce n'est que l'Allemagne, ça devrait aller, si on ajoute le reste du continent ça se complique et dans certaines régions c'est même pire que compliqué. D'ailleurs la semaine passée les instances supérieures de l'Euro-Group ont revu les perspectives de croissance pour le continent à la baisse. Même carrément en négatif ce qui voudrait dire que nous sommes en récession.

 

L'Europe ne va donc pas très bien, mais l'avantage, c'est que cette nouvelle n'est pas de la dernière fraîcheur et les intervenants ont déjà eu le temps de la mastiquer, de l'avaler et de la digérer. Ce n'est donc pas ça qui va nous faire peur plus que tant. En ce qui concerne la croissance en Europe, le pire est déjà pas mal discounté, alors tant que l'Italie n'engage pas Goldman Sachs pour gérer son endettement, on a une bonne chance d'avoir déjà vu le pire de ce côté-là.

 

On peut encore faire un détour du côté des chiffres de l'emploi. Globalement, ce n'est de loin pas gagné et historiquement ces chiffres ont toujours été controversés, car on ne sait jamais qui est vraiment compté dedans et quand est-ce que l'on commence à tenir compte d'un chômeur ou quand est-ce que l'on en tient plus compte. Toujours est-il qu'à croire les dernière publications de ce côté-là, il semble que cela se passe un peu mieux et que là aussi, le pire est derrière. Même si, encore une fois il y a de quoi émettre certains doutes entre la réalité des chiffres officiels et la réalité des chiffres tout court... Néanmoins, on est plutôt dans une tendance constructive de ce point de vue là.

 

89830_600.jpgEt puis il y l'immobilier. Si l'on exclu le cas de Genève, où l'on semble avoir définitivement pété les plombs, il reste à voir le reste du monde. La région qui nous préoccupe le plus reste les USA, puisque l'on sait que l'immobilier est un de leurs moteurs de croissance. Récemment on a ressenti comme des frissons, puisqu'on aurait presque pu croire que ça y est, c'était reparti, pourtant ce ne fût qu'un feu de paille et cela semble et de loin, pas encore gagné. D'ailleurs, ce week-end lors de la publication de sa traditionnelle « lettre aux investisseurs », Warren Buffet a fait son mea-culpa sur le marché immobilier. Il avait annoncé il y a un an que le marché serait reparti d'ici douze mois et il a reconnu avoir été totalement faux sur ce coup-là, en revanche il persiste est signe et pense que le marché immobilier repartira, c'est sûr !!! Bon, en même temps si c'est dans 35 ans ça nous fait une belle jambe. Mais si on prend Genève comme référence, dans les années 90, plus personne ne voulais acheter la moindre maison et aujourd'hui on est prêt à vendre sa mère et hypothéquer son chien pour pouvoir acheter un studio de 35 mètres carrés pour 1 million. Tout espoir n'est donc pas perdu, je vais d'ailleurs envisager d'acheter du terrain dans la banlieue de Détroit.

 

Si l'on prend les données précédentes et que nous les mettons sur la table, on pourrait croire que le pire est derrière nous. C'est d'ailleurs ce que nous faisons en ce moment. L'Europe semble ne plus être un préoccupation, malgré le fait que ce week-end, les Européens ont encore envisagé de regonfler leur fonds de sauvetage, enfin, si le FMI est d'accord. C'est étrange, d'un côté on vous dit que tout va mieux et de l'autre on préfère quand même emprunter de l'argent juste au cas où.. même si il est évident que nous n'en avons pas besoin la moindre...;-)

 

Non, en fait si l'on regarde les choses comme ça, tout va bien. Warren Buffet (encore lui) à même dit ce week-end, que les banques étaient de retour aux affaires et que les perspectives d'avenir dans ce secteur commençaient à être brillantes à nouveau. C'est presque trop beau pour être vrai.

 

Il faudrait quand même trouver un truc qui ne va pas, histoire de mettre les bâtons dans les roues du marché, sinon on risque de se retrouver en plein bull market avec plus rien pour l'arrêter. Surtout que pas tout le monde à encore eu le temps de rentrer dedans.. (dedans le marché)...

 

Mais je vous rassure, depuis vendredi soir 22 heures on vient de se trouver un nouvel empêcheur de monter en rond. Il se nomme : Le Pétrole.

 

Oui, la semaine passée, je vous le disais ; à partir de quel moment va-t-on commencer à parler du prix du baril et de son impact sur la croissance américaine, qu'à l'époque la barrière des 90$ était LA ZONE dangereuse, mais maintenant, avec l'inflation, la ZONE DANGEREUSE semble se trouver autour des 110$ sur le baril ou, pour le consommateur américain, sur les 4$ le gallon.

 

75551_600.jpgEn effet ce week-end, une fois que tout le monde eut pris le temps de lire LA LETTRE de Warren Buffet( http://www.berkshirehathaway.com/letters/2011ltr.pdf), tous les commentateurs ont commencé à se tourner sur le sujet du baril. Et cette semaine, il y a de fortes probabilité que l'or noir regagne ses lettres de noblesse dans le monde financier. Pas besoin d'avoir fait les grandes écoles pour savoir que si le pétrole augmente, l'essence augmente et si l'essence augmente, ça coûte plus cher pour nourrir le SUV et si ça coûte plus chez de nourrir le SUV, soit on ne va plus au « Mall » (version US du Centre Commercial démesuré), on ne va plus au Mall pour ne pas trop consommer d'essence et en plus en n'allant pas au Mall on ne consomme pas tout court.. CQFD.. En gros, si le baril passe les 110$ et que le gallon passe les 4$, les américains n'achèteront plus d'iPhones, plus d'iPad et plus le dernier « Battle Fields 3D » parce que c'est trop cher et que c'est où la voiture ou la consommation à outrance, il n'y a pas de demi-mesure...

 

Nous voilà donc à nouveau concerné par la hausse du baril, sujet que nous avions aboli dans les commentaires boursiers depuis le dégonflement du pétrole en 2008. Mais nous voilà donc de retour avec ce même sujet, sans que l'on sache trop ce que cela implique en réalité dans la tête du consommateur final. Quand on entend que l'américain moyen risque l'infarctus dès que le gallon passe les 4$, je voudrais quand même rappeler que chez nous, en Suisse, le prix du gallon devrait se situer pas loin des 9$ à la louche.. Et pourtant on roule encore et quand je vois le prix de certaines choses et la difficulté d'obtenir certains gadgets ABSOLUMENT indispensables à notre vie de tous les jours, je crois que l'on arrive quand même à consommer une bricole..

 

Enfin bref, pour le moment les risques de guerre en Iran et tout ce qui va avec fait progresser la spéculation et les « investisseurs » parient sur une explosion de violence dans le Golfe pour pousser le baril encore plus haut. Cependant, étant donné que l'on est monté de 20$ depuis deux mois, juste parce que l'on s'autorise à penser dans les milieux autorisés que l'on pourrait s'autoriser éventuellement peut-être à raser l'Iran, il n'est pas exclu que le jour où cela se produirait vraiment, le baril se dégonfle. Finalement la seule solution que possède Obama pour faire baisser le prix du baril, c'est peut-être de raser l'Iran..

Pour le moment le baril frise les 110$, ce matin il est à 109.36$ et je pense que cela va être le nouveau sujet discussions près de la machine à café et dans le 20 minutes dans les 3 semaines à venir.

 

75470_600.jpgEn attendant, si l'on pense que le pétrole va monter encore et encore, et au vu du prix du baril, c'est ce que l'on pense. Il faut peut-être acheter aussi de l'or, puisque l'or est une protection contre l'inflation et que si le pétrole va à mille dollars, il y a des chances que l'inflation se pointe parmi nous... Néanmoins, il y aussi une chose que voudrait signaler. Si le pétrole monte à cette vitesse en ce moment, ce n'est parce que la demande réelle augmente, mais plutôt parce que la spéculation augmente et tout le monde parie sur une explosion du crude à court terme. Alors en attendant, l'Arabie Saoudite va ouvrir le robinet pour freiner la hausse, les USA pourraient même taper dans leurs réserves stratégiques, tout ça pour freiner le prix d'une matière première qui monte sur des spéculations géo-politiques... Je ne suis pas sûr que ce soit hyper-sain pour l'économie tout ça. Mais je pense que l'on a raison de laisser continuer ces spéculations sur les matières premières, comme ça dans 12 ou 24 mois quand la bulle spéculative sur le secteur se dégonflera comme une baudruche en trois semaines, on pourra tous venir pleurer pour dire que personne ne nous avais prévenu et que c'est quand même trop injuste !!!

 

Enfin, voilà personnellement je préfère me casser les deux bras plutôt qu'investir deux francs dans les commodities, peu importe la forme sous laquelle elles sont traitées, mais ça n'engage que moi.

 

Pendant ce temps le pétrole monte et monte et c'est sûr que quand il sera à 300$ j'aurais l'air d'un idiot et Monsieur Murti sera un Dieu, mais comme on sera tous à pieds, ça ne changera pas grand-chose.

 

Ce matin l'Asie a commencé la semaine en ordre dispersé, Tokyo et Hong Kong sont en hausse, pendant que le reste est légèrement en baisse. La raison ??? Eh bien tout d'abord le yen se fait taper sur le coin de la figure et ensuite, comme le disait un « sales » ce matin : « Le marché est en train de perdre son « momentum » haussier et se reconcentre sur le sujet de la hausse des prix du pétrole ». Vous voyez , qu'est-ce que je vous avais dit ??? C'est le nouveau terme à la mode cette semaine :

 

« THE MARKET IS FOCUSING AGAIN ON HIGHER OIL PRICES »

 

106996_600.jpgVous pouvez faire un copier-coller de la phrase dans votre « statut » de Facebook histoire de prévenir vos amis que cette semaine, on ne va parler que de ça. De ça et de la nouvelle piste de bus que la reine de la mobilité Mme Künzler a peinte durant toute la journée de dimanche sur le pont du Mont-Blanc. Ceci devrait fortement aider la mobilité des genevois, probablement les obliger a quitter le canton, voir le pays. En tous les cas, ça fait plaisir de voir que nos Conseillers d'Etat ont des week-ends bien chargés. Je me réjouis de prendre le Pont du Mont-Blanc pour tester ce matin.

 

Dans les autres nouvelles du jour, Jean Dujardin OSS 117 est le premier français oscarisé et c'est probablement la nouvelle la plus importante qui va nous occuper ce matin. Parce que franchement, le reste, c'est très maigre.

 

A noter tout de même que BP envisage de proposer un accord pour la marée noire de 2010. Le Géant pétrolier serait prêt à mettre entre 14 milliards et 25 milliards (ça dépend les journaux) sur la table pour que l'on n'en parle plus. Draghi s'attend à voir les banques plus flexibles et plus motivées à fournir du crédit maintenant que l'Euro est en meilleur forme. Reste à expliquer la chose aux banques et leur apprendre à savoir prendre des risques à nouveau. Chose qui ne va pas être simple. Le FMI promet un par-feu de 1'500 milliards d'euros pour protéger l'Europe de toutes crises, mais seulement si l'Europe met la main au porte-monnaie pour la moitié. Ça tombe bien, parce qu'en ce moment l'Europe croule sous les excédents budgétaires et ne sait vraiment plus quoi faire de leur pognon, après avoir filé des Ferrari à chaque politicien en place en Europe, il se pourrait qu'ils aient encore 750 milliards à distribuer.

 

En tous les cas, quand je vois la facilité avec laquelle on trouve des milliards et des milliards pour créer des fonds de sauvetage bricolés avec des bouts de rafia et des bambous récupérés à la décharge du coin, je me demande si il n'y aurait pas moyen que j'obtienne aussi un bailout de 50 millions, comme ça j'arrête de vous déranger le matin avec mes commentaires et je pars écrire un blog sur la reproduction des pingouins sur les plages de Dubaï. D'ailleurs, à propos de trouver de l'argent, la BCE devrait encore octroyer 470 milliards d'euros de prêts aux banques, montant très proche de celui déjà alloué en décembre (489 milliards). La BCE craint l'assèchement des crédits et préfère noyer les banque sous du cash à bon marché pour qu'elles puissent prêter à l'économie réelle (ou payer les bonus). Cependant il serait peut-être bien que les gens qui ont besoin de crédit aient directement auprès de la BCE, au moins ça serait moins cher et on ferait ça en direct, sans intermédiaire... Cette opération devrait avoir lieu mercredi.

 

Côté chiffres économiques, on attaque cette semaine avec les « Pending Home Sales » et le Dallas Manufacturing Fed Survey. La semaine sera chargée en chiffres immobiliers, mais il y aura aussi le GDP, le Chicago PMI, Bernanke qui délivrera le commentaire semi-annuel de la FED aux grabataires de la « House Financial Services Committee » et le lendemain, pour ceux qui se sont endormis pendant la première version, il redonnera son concert devant le Congrès (une autre équipe de grabataires insider qui ne servent pas à grand-chose). Puis, nous conclurons la semaine avec les Jobless Claims, prémices des NON FARM PAYROLLS de vendredi d'après...

 

Pour le moment les futures américains sont en baisse, probablement à cause des prix du pétrole. Le S&P500 ouvrirait, si l'on en croit les indications, en baisse de 0.13%. L'Europe devrait être timorée également... On terminera ce premier commentaire de la semaine, avec l'annonce suivante ; il paraît que Warren Buffet a trouvé son successeur, il ne part pas à la retraite, mais il a déjà trouvé QUI le remplacera à la tête de Berkshire Hatthaway. En revanche, il n'a pas dit qui. C'est un peu la loterie à numéro. Si ça se trouve VOUS êtes le successeur de Warren Buffet, c'est juste que vous ne le savez pas encore !!

 

Excellente semaine, excellent café et on se retrouve demain. Si vous me cherchez je chronomètre les bouchons sur le pont du Mont-Blanc.

 

Morningbull

 

"Santorum says that Satan has his sights set on the United States of America. And today Satan said he tries to avoid politics because it makes him feel dirty." –Jay Leno

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vendredi, 24 février 2012

Accrochés à la falaise, rien ne peut nous faire tomber. A moins que...

 

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Cette fin de semaine est étrange. Etrange parce qu'en étant très objectif et ceci malgré mes gènes de taureau profondément ancrés dans mes sabots, il est difficile de croire que le marché puisse continuer à grimper comme cela, sans raison fondamentale de base. Je veux bien croire que l'on anticipe un retour à la croissance, au plein emploi et au délire économique et qu'en plus la Grèce puisse devenir la première puissance économique mondiale talonnée de très près par le Portugal, mais sans avoir fait une étude approfondie, je dirais que même si l'on ne peut pas exclure que l'on retourne dans cet environnement un jour, il ne faut pas non plus s'attendre à que ce soit le cas dès ce printemps.

 

Et pourtant, ce marché ne veut pas baisser, il est solide comme un roc et ne semble pas décidé à rendre les armes. Surtout que tout le monde est convaincu que nous sommes dans une phase tout à fait propice à une correction après les exagérations de ces dernières semaines. La preuve, même moi j'ai l'impression que l'on roule aux vapeurs d'essence. Mais comme d'habitude, quand tout le monde « sait » ce qui va se passer, en général ce n'est pas ça qui se passe. En faisant ma lecture du matin, je suis tombé sur un article de mon site préféré (www.businessinsider.com) qui faisait le bilan des « gourous » qui appellent à la correction ou au Krach, c'est selon et là je pense très fort à Monsieur Prechter qui nous a tout de même prévu en 2010, le pire krach boursier de ces 300 dernières années... (moi qui pensait que Wall Street avait un peu plus de 100 ans à peine...il doit probablement faire référence au Krach des tulipes en Hollande en 1720).. Et bien quand on lit ce petit bilan, on se rend compte que pas mal de ces « gourous » sont faux et ils ont, pour autant qu'ils aient assumé leurs convictions médiatiques, raté une sacré hausse.

 

http://www.businessinsider.com/the-idiot-maker-rally-a-mo...

 

La séance d'hier ne fût pas ce que l'on peut qualifier d'historique, mais force est de constater que ça ne baisse pas. Ok, ça ne monte pas à la vitesse de la biotech Vivus hier – qui à doublé dans la journée – mais quand même on fait preuve d'une force relative qui est tout bonnement impressionnante. Pourtant quand on fait le bilan global on n'a quand même pas envie de danser tout nu sur la table en s'arrosant de champagne, de champomy à rigueur, mais pas du champagne.

 

Prenons les chiffres économiques de ce jeudi. Tout d'abord il y a eu l'indice de confiance des businessman allemands qui sortait à 109.6, ce qui représente la mesure la plus haute depuis 7 mois. Mais bon, c'est l'Allemagne, si eux n'on pas un minimum confiance en l'avenir, il y a deux ou trois autres pays en Europe qui peuvent commencer à envisager de se suicider à coup de pots de Nutella. Néanmoins cette nouvelle donnait un ton positif au marché en ce début de journée, puis les bancaires publiaient de pertes abyssales, bien que ce ne fût une surprise pour personne, voir les chiffres du Crédit Agricole, Royal Bank of Scotland, Natixis ou encore Dexia, surtout Dexia, dans un état pareil ne donnait pas forcément envie d'utiliser les comptes off-shores pour acheter le marché. Et pourtant ça ne baissait pas tant que ça.

 

Puis la Commission Européenne se lançait dans les prévision économiques et réduisait ses pévisions pour la croissance du PIB de la zone des 17 pays concernés. On passait de +0.5 à -0.3, rien de très réjouissant, pour ne pas dire que c'était complètement pourri, mais en même temps c'est des prévisions, le jour où les gars ils sont sûr d'eux et sont justes à tous les coups, ça se saura, mais pour l'instant ça reste la grande loterie à numéro. Un peu comme la météo, surtout quand on voit le bordel que c'est dans les comptes de certains pays, il y a de quoi se poser des questions sur la réelle visibilité que nous puissions avoir sur la croissance du PIB en question. Non, pour être franc la Commission Européenne peut faire toutes les prévisions qu'elle veut, elle continue de voler sans visibilité dans le brouillard alors que tout le système IFR vient de les lâcher, reste plus qu'à espérer qu'il n'y ait pas trop de montagne sur le trajet.

 

Ceci dit et quoi que je puisse bien vouloir en penser, cette nouvelle était à peu près aussi agréable que quand vous claquez la porte de votre voiture et que vous vous rendez compte que vous avez laissé un doigt dans la portière. Mais là encore, le marché n'en à rien à carrer et bronche à peine à la baisse.

 

Ensuite aux USA, c'était les bonnes nouvelles qui prenaient le commandement, avec des « jobless claims » au plus bas depuis bien longtemps et surtout bien mieux que ce pensaient les économistes. Même si il faut rester super prudent sur ce genre de chiffres qui peuvent être corrigés et réinterprétés tous les deux jours par un quelconque bureau obscure de Washington D.C, sur le moment les intervenants se sont estimés contents et la tendance à « l'amélioration » se confirmant, c'était suffisant pour garder les ours en cage. Le chiffre suivant, celui du Kansas City Federal Reserve Manufacturing Index était également meilleur que les attentes et là aussi ça suffisait à tout le monde pour retenter d'accrocher le scalp des 13'000 sur le Dow Jones à notre tableau de chasse, malheureusement ce fût pas encore suffisant pour hier soir.

 

Globalement le meilleur commentaire que j'aie pu lire ce matin, c'est un analyste d'une banque quelque part qui disait que le marché montait sur des espoirs et que le jour où ces espoirs sont déçus il va se consumer devant les yeux ébahis et terrorisés des investisseurs. Même si je ne partage pas forcément la fin de l'histoire, je suis assez d'accord sur le fait que l'on monte parce qu'on pense que ça ira mieux demain. En même tant quand on regarde autour de nous on se dit que ça ne peut pas vraiment être pire et puis quand on regarde un peu plus loin de nous, on se dit qu'en fait oui, ça pourrait être encore pire.

 

Mais peu importe ce qu'on pense, pour l'instant on est accroché à la falaise avec une douzaine de pitons bien solides, 5 ou 6 cordes pour s'assurer et rien ne semble pouvoir nous faire lâcher prise, mais avec toute cette sécurité, forcément ça prend du temps pour monter plus haut, mais la chute semble, pour l'instant totalement hors de question. Cependant comme la météo change super-vite en montagne, on ne peut jurer de rien.

 

Une des problématique du moment, ne nous le cachons pas, c'est le prix de ce foutu baril. Ces 156 litres et des brouettes d'or noir qui continuent de nous pourrir la vie et de faire exploser les budgets familiaux. Nous sommes toujours perdu dans cette espèce de phase d'amour-haine. D'un côté, on se dit que si le pétrole monte, c'est que la demande est là et que l'économie va plutôt pas trop mal et c'est pour ça que S&P500 est le baril bougent de façon concertée comme le montre le chart ci-dessous :

 

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La question est de savoir jusqu'à quand les deux compères vont pouvoir bouger ensemble, car si le S&P peut continuer de monter indéfiniment tant que la croissance et les bonnes nouvelles macro et micro économiques le permettent, ce n'est pas le cas du baril. Comme je l'ai déjà dit et répété dans ce blog, il y a 4-5 ans en arrière on avait fixé un plafond au baril. Dès qu'il passait les 90$, il risquait de ralentir l'économie et devenait donc, logiquement, un danger pour l'avenir du marché des actions. Pourtant, ces derniers temps, on semble avoir oublié ces niveaux de référence puisque nous sommes carrément 20$ plus haut (ou 20% plus ou moins) que cette zone fatidique des 90$ et le S&P500 est quand même au plus haut depuis je-ne-sais-plus-combien de temps. Le prix du baril ne freinerait-il plus l'économie ?? Ou bien ?? De bleu de bleu.. En tous les cas il semble que depuis quelques années ces deux-là ait développé une belle corrélation, car si l'on en croit cet autre chart que vous voyez ci-dessous, si le baril venait à se péter la figure, il y a fort à parier que le marché des actions le suivrait comme un seul homme. Donc, à moins que quelque chose change dans l'environnement dans lequel nous vivons - et ne me demandez pas quoi – il semble mieux pour tout le monde, surtout pour le monde des investisseurs que le pétrole continue à monter et même si les ricains doivent payer 5$ leur gallon, c'est encore nettement moins cher que chez nous !!!! Et pis si ils ne sont pas contents, ils peuvent toujours acheter une Prius, c'est moche d'accord, mais ça consomme pas grand-chose.

 

CK-500gasolinefuturesfeb23.gif

 

 

 

Ce matin le baril est au plus haut depuis bien des mois, comme le marché des actions, il est à 108.47$ le baril et quand on regarde le chart ci-dessus cette fois, on à l'air d'arriver dans des zones qui pourraient nous mener à croire que le marché ET le baril puissent entamer une correction concertée. Sauf qu'avec les Iraniens et les Américains qui s'amusent à « qui à la plus grosse » et enchaîne « qui fera la première connerie », ça paraît tout de même peu probable que le baril replonge sous les 100$ entraînant le S&P500, ou est-ce le contraire.. Je ne sais plus, je ne sais pas.

 

L'or est à 1783$ et rien ne bouge...

 

Un autre signal à la mode pour les ours qui sommeillent en vous, c'est le fait que l'indice Dow Jones Transportation est en train de marquer le pas. En effet quand vous êtes actif dans ce type d'industrie, aviation, trucking ou autre automobiles, quand le gallon monte comme cela, ça fait moyennement plaisir. Et cet indice est souvent un indicateur avancé de la correction à venir. Reste à déterminer l'horizon temps et l'amplitude de cette correction, selon Monsieur Prechter, l'amplitude sera ENOOOOOOOOORMMMMEEEE... Que même les dinosaures n'avaient jamais vu une correction boursière de cette ampleur, à l'époque de Jésus, il y a 2000 ans et des poussières, mais quand il a commencé à marché sur l'eau et a multiplier les pains, on s'est dit qu'il pourrait faire repartir la croissance lui tout seul en multipliant la croissance du GDP, donc du coup on a évité le pire... Mais là, si on corrige selon Prechter, même Monsieur Tyrannosaure Rex n'aura pas vu des corrections pareilles.

 

Rapide tour d'horizon des niveaux des indices :

 

Dow 12,985 +46 +0.36%

Nasdaq 2,957 +24 +0.81%

S&P 500 1,363 +6 +0.43%

 

FTSE 100 5,938 +21 +0.36%

CAC 40 3,447 0 0.00%

DAX 6,809 -34 -0.50%

FTSE MIB 16,312 -245 -1.48%

IBEX 35 IDX 8,528 -129 -1.49%

 

Nikkei 225 9,618 +22 +0.23%

Hang Seng 21,360 -21 -0.10%

Shanghai 2,533 +9 +0.35%

 

Ce matin l'Asie est légèrement en hausse, sauf Hong Kong qui tire toujours la patte depuis que la Chine ne veut pas favoriser le marché immobilier, déjà hier ils n'avaient pas aimé, mais ça continue encore ce matin. C'est surtout le secteur de l'énergie qui tient tout ce petit monde en hausse, là encore c'est le baril qui fait des siennes.

 

106709_600.jpgDans les nouvelles du jour, on attendait très fort des déclarations d'Apple concernant leur éventuel paiement de dividende. Il est vrai qu'avec 100 milliards à quelques iPhones près dans les caisses de la compagnie, les actionnaires pouvaient éventuellement s'attendre à recevoir un cadeau pour les vacances de Pâques. Eh bien il va falloir repousser ce désir aux calandes grecques, puisque le fabricant de l'iMac a décidé de « réfléchir » encore un peu à l'attribution de ces ressources. Oui c'est vrai quand on voit tout ce qu'on peut faire avec 100 milliards, il y a de quoi réfléchir. Apparemment ils hésitent entre racheter la totalité des entreprises du CAC40, on carrément de s'offrir la Grèce, après tout, Apple est déjà une religion, pourquoi ça ne deviendrait pas un pays. Mais visiblement l'investisseur ne leur tient pas rigueur de conserver le cash, puisque le titre prenait tout de même 0.65% hier soir. Bon, d'accord 0.65% c'est pas l'euphorie, mais c'est quand même 3.35$ pour APPLE...

 

Après la clôture d'hier soir, les bonnes nouvelles continuaient dans le secteurs des software, puisque Salesforce a publié des chiffres nettement au-dessus des attentes du marché, du coup le titre bondissait de 11% à 22h00. Bons chiffres également chez AIG, qui ont fait plaisir aux investisseurs qui comprennent encore quelque chose au bilan l'assurance américaine, personnellement, après le 8ème bailout et la 3ème intervention du Gouvernement j'ai arrêté de suivre le feuilleton. Néanmoins, pour ceux qui se sont accrochés sur le sujet, hier ça devait être bon puisque le titre grimpait de 6%. Même chose chez Marvell qui prouve encore une fois que les semi-conducteurs vont bien et que rien ne peut les arrêter... Le titre prenait 3% after close. Et puis comme tout ne peut pas non plus être parfait partout et tout le temps, Crocs a sorti des chiffres carrément déçu, sortant 10 à 20% plus bas que les attentes, le fabricant de Birkentstocks en platisque s'est donc fait démonter de 11% en fin de soirée et sa journée d'aujourd'hui risque d'être longue et difficile.

 

En même temps, des chaussures en plastique ?? Déjà quand t'en achète une paire c'est pour sortir les poubelles et encore en faisant attention que personne ne te voies, parce que sinon la photo finit sur Facebook et ta vie sociale s'arrête là... Il ne fallait quand même pas s'attendre à que Crocs pique le marché des Westons ou pire des Nike Air Jordan super max version retour vers le futur dédicacées par Marty McFly. Crocs ça reste de chaussures en plastique et puis c'est tout, si encore on pouvait téléphoner avec leur donner des ordres avec SIRI, je pourrais encore y croire, mais autrement..bof.

 

106795_600.jpgAutrement dans le reste des nouvelles, Apollo Group serait sur le point de racheter la division « oil » d'El Paso Corp pour la modique somme de 7 milliards de dollars. Renault est sur le point de ressortir l'Alpine Renault, la renaissance du véhicule mythique des années de quand je ne conduisais pas encore devrait ressortir en 2014. Dimanche c'est le début du Mobile World Congress à Barcelone. Nokia y fera son grand retour après deux ans d'absence au salon et ne cherchez pas un stand Apple, vous ne trouverez pas, ils ne s'abaissent pas à ce genre d'évènements. Ce n'est pas Apple qui vient à vous, c'est vous qui allez à Apple.

 

Nous sommes vendredi, je ne vous apprends rien de ce côté. Pour ce qui est des chiffres économiques, nous aurons le Consumer Sentiment, les New Home Sales et deux directeurs de la FED qui causeront. La journée ne devrait pas nous réserver de surprise majeure, même si, psychologiquement on aimerait bien boucler cette semaine sur une nouvelle hausse et finalement accrocher ces 13'000 sur Dow au mur de notre salon. Pour le moment les futures américains sont en hausse de 0.3% et on prend encore une fois le chemin de la hausse. Pourvu que ça dure.

 

Voilà, c'est tout pour ce matin et pour cette semaine d'ailleurs. Il me reste à vous souhaiter que du bon, un bon café, un bon croissant et un bon week-end !!

 

On se retrouve lundi dans la joie et la bonne humeur et le plaisir d'être revenu au bureau après un week-end ensoleillé. Profitez bien, encore quelque giboulées en mars et on pourra envisager les terrasses... BON, TRES BON WEEK-END à vous. Merci de votre fidélité.

 

Morningbull

 

« Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde écoute »

 

Michel Audiard

 

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jeudi, 23 février 2012

Temps mort !

 

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Il y a des fois comme ça, des journées durant lesquelles on se demande bien pourquoi les marchés sont ouverts, tellement on à l'air perdu dans nos prévisions météorologico-financières. Apparemment nous sommes toujours sous l'influence d'un anti-cyclone d'une rare stabilité, mais après avoir sauvé la Grèce remonté le marché, remotivé les investisseurs, il semblerait que tout le monde ait besoin de faire une pause. « Having a break ? Have Kit Kat » comme disait la pub, il serait tellement bon de pouvoir simplement fermer le marché en milieu de semaine en se disant : « Beuh franchement ça vaut même pas la peine d'ouvrir maintenant que la Grèce est sauvée, alors prenons le temps de faire une pause et d'aller se promener dans un parc profiter des premiers rayons du soleil qui laissent entendre que l'hiver est en train de faire ses bagages »... C'est très bucolique, ça serait vachement sympa que l'on puisse s'autoriser ce genre de « pause », mais la réalité en est tout autre.

 

En effet, comme le marché est sorti de son tunnel, que le carburant qui était constitué de « l'espoir grec » est arrivé au bout et que pour l'instant on n'a pas grand-chose d'autre à se mettre sous la dent ou même sous le portefeuille, dans ce genre de situation il ne reste, en général, plus qu'une chose à faire : «VENDRE »..

 

C'était donc le mot du jour de la séance d'hier : « Vendons pendant qu'il est encore temps ». Les quelques nouvelles fondamentales qui nous parvenaient sur les téléscripteurs restaient dans la même thématique, sauf en ce qui concerne Peugeot-Citroën. L'arrivée de GM dans la chambre à coucher du constructeur français changeait la donne et boostait l'action qui parvenait même à grimper de 21% durant la séance. Tous les bénéfices que pouvaient éventuellement peut-être apporter l'association GM-PSA étaient répercutés dans la séance d'hier et le titre s'offrait la plus forte hausse depuis 1989, quand je me fichais encore éperdument des tribulations des marchés boursiers.

 

Mais mis à part Peugeot, c'était plutôt l'occasion de prendre les bénéfices pour ceux qui en ont et d'alléger les portefeuilles d'actions pour ceux qui auraient eu le temps, l'occasion, la motivation et le courage d'en constituer un depuis l'automne passé. Chose qui doit d'ailleurs pas être très fréquente si l'on en croit la « puissance » du sell-off. Si l'on tient compte du fait que les investisseurs ont été récemment très friands de protections contre la baisse (ce qui leur évite de paniquer quand ça baisse, justement), que très peu d'intervenants sont pondérés en actions, pour autant qu'ils soient pondérés la moindre dans cet asset class (donc peu d'intérêt à vendre ce que tu ne possèdes pas) et pour finir, étant donné que les « shorts » ont un peu mal aux articulations, pour ne pas dire ailleurs depuis quelques mois, et qu'ils n'ont pas vraiment le courage de se jeter à contre-courant. Tous ces arguments mis bout-à-bout donne des journées de « prises de profits » qui ressemblent plus à un vide grenier un week-end d'été où tout est calme..

 

En gros, on vendait en ordre dispersé, mais relativement calmement. On prenait le temps de se laisser vivre et de regarder les chiffres économiques qui étaient publiés, de les interpréter, de les soupeser et le temps de se dire que ces derniers ne nous ont pas apportés grand-chose. Tout d'abord les chiffres Chinois de la production industrielle. Ces derniers étaient meilleurs que prévu. Tenez-vous bien au manche, parce que ce paragraphe est bourré de suspens et d'excitation comme jamais. Donc les chiffres chinois étaient meilleurs que les attentes à 49.7 contre 48.8 en janvier.

 

Première réaction : « C'est super tout va bien, tout va mieux !!! ». Seconde réaction : « C'est à 49.7, OUI MAIS ça fait quand même 4 mois de suite que ce chiffre est SOUS les 50, ce qui veut dire que le marché s'enterre dans une phase de contraction » - Ah bon ? Alors c'est pas si bien que ça finalement ??? - Euh.. ben... ça dépend.

 

  • ça dépend de quoi ?

  • Ben on peut quand même se dire que 49.7 c'est mieux que 48.8, la tendance est haussière. Avec un peu de bol en mars on passe par dessus les 50, et ça c'est super !!!

  • ...

  • Non ? C'est pas super ???

  • Ben, ça dépend...

  • Ah ok, tu sais quoi ? Dans le doute, ne faisons rien...

 

C'était hier matin et la Chine a permi au marché de tenir, mais rien de plus. Ensuite nous avons eu les mêmes chiffres en Europe, enfin, dans l'Eurozone ou ce qu'il en reste. Ces derniers étaient parfaitement en ligne, mais décevant quand même. Ah bon ??? Mais comment ça peut être décevant si c'est « en ligne »... ??? - Oh ben c'est simple, en regardant dans les chiffres individuels des différents pays qui font partie de l'Eurozone, à savoir la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Allemange, l'Espagne, l'Allemagne, la Belgique, l'Allemagne, les Pays-Bas, L'Allemagne, le Portugal, l'Allemagne, la Grèce, l'Allemagne, la Finlande, l'Allemagne, Chypre, Malte, l'Irlande, l'Autriche, l'Allemagne, le Luxembourg, la Slovaquie, la Slovénie, l'Estonie et bien sûr sans oublier : l'ALLEMAGNE.. Eh bien en regardant les chiffres de la production industrielle de l'Allemagne, on s'est rendu compte que c'était EN-DESSUS de 50, mais EN-DESSOUS des attentes. Donc c'était pas bon.. En ce qui concerne les chiffres des autres pays on s'en fout, puisque de toutes façons l'Eurozone sans l'Allemagne c'est un peu la Champions League sans le FC Barcelone, ça perd un peu de son sens (sur le coup, je sens que je vais me faire des amis en ayant choisi Barça et pas Real Madrid ou pas l'AC Milan ou pas le FC Plan-les-Ouates, mais bon, il faut faire des choix dans la vie..)..

 

Vous l'aurez compris la production industrielle en Europe n'était pas top, mais bon, ça dépend.

 

Et puis il y avait les chiffres de l'immobilier américain, avec les ventes des maisons existantes. Aux USA quand on parle de maisons existantes, ça veut dire les maisons bien, pas les baraques à 50$ à vendre dans la banlieue de Détroit. Non, les vraies maisons devant lesquelles on peut garer le pick-up de chez GM en rentrant à la maison, caresser le chien qui vous accueille, embrasser sa femme qui fait des Hamburgers sur le BBQ dans le jardin pendant que les enfants jouent au Baseball, puisque le wi-fi ne marche et qu'ils ne peuvent pas aller se faire des amis sur Facebook. Des maisons qui font rêver et qui permettent de vivre le rêve américain... Eh bien le mois passé ça s'est plutôt bien vendu, les chiffres étaient bons, forts et au-dessus des attentes.

 

SAUF QUE...

 

Oui, sauf que le département américain qui s'occupe de compter les maisons vendues a révisé les chiffres de décembre et ces derniers sont nettement moins bons qu'ils avaient voulu nous le faire croire en tant que cadeau de Noël.. Résultat ; les chiffres du mois passé étaient bons, ceux des mois d'avant, pour autant que ces derniers soient justes, étaient moins bons qu'auparavant.. En gros ça fout un chenil pas possible dans la tête des investisseurs, parce que du coup, il se pourrait que les chiffres du mois passé soient faux et qu'on les révisent à la baisse en avril. Mais on pourrait aussi les réviser à la hausse au cas où ils se sont aussi trompés de sens !!! Quel suspens insoutenable !!!

 

En conclusion, si les chiffres du mois passé sont justes, ils sont bons. Sinon pas. Mais pourquoi on les publies si c'est pour les modifier dans trois semaines ??? - Tais-toi !! Ne pose pas des questions qui dérangent et qui mettent en questions les compétences extraordinaires des fonctionnaires qui s'occupent de ça !!!

 

Les chiffres étaient bons donc. Dans le doute le marché a quand même baissé, parce qu'on ne sait jamais. Et puis les chiffres de Dell étaient pas terribles, ceux de Wal-Mart non plus, largement de quoi faire baisser le marché de quelque points mais dans un volume et avec un intérêt quasi-nul puisque les seules journées qui intéressent les gens depuis 3 semaines, c'est les journées de hausse.

 

Côté or et pétrole. C'est toujours la même eau qui coule, le dollar faible qui aide l'or à toucher son plus haut depuis 3 mois à 1775$, bien aidé aussi de par le fait que les intervenants se donnent bonne conscience en achetant du métal jaune pour plein de bonnes raisons. La lutte contre l'inflation, la guerre à venir en Iran, parce que même irradié l'or restera toujours de l'or et pour terminer c'est sûrement aussi la saison des mariages en Inde. Cette dernière justification, c'est la « théorie du dernier ressort » ; quand on n'a plus d'argument pour justifier la hausse de l'or on peut toujours dire que c'est la « saison des mariages en Inde », tout d'abord parce que personne ne sait vraiment quand ça commence et quand ça finit et que c'est super dur de vérifier si ceci à la moindre influence sur le prix de l'or... mais ça fait le mec qui est culturellement surper au fait de ce qui se passe dans le monde au sujet de l'achat qu'il vient de faire. Et puis on peut toujours dire que si l'or baisse, c'est que c'est la saison des divorces... je suis sûr que ça passe sur CNBC ou sur BFM Radio.

 

106767_600.jpgLe pétrole est toujours au plus haut depuis longtemps. Il attend toujours que les Marines, les Rangers, les bérets verts, les Navy Seals et Chuck Norris débarquent enfin en Iran pour justifier sa hausse. Le pire qui pourrait arriver c'est que le guignol de Téhéran se lance dans la production de rameaux d'olivier et l'élevage de colombes. Mais statistiquement c'est assez improbable quand même... Dans le doute le pétrole est un coup sûr, il est 106$ et le target de Monsieur Murti, l'analyse pétrole disparu dans la jungle Amazonienne est bientôt en vue.. les 300$ sont pour cette année.. C'est sûr, aussi sûr que le Servette sera en Champions League dans 3 ans. C'est pas moi qui le dit...

 

Dow Jones 12,939 -27 -0.21%

Nasdaq 2,933 -15 -0.52%

S&P 500 1,358 -5 -0.33%

FTSE 100 5,917 -12 -0.20%

CAC 40 3,447 -18 -0.52%

DAX 6,844 -64 -0.93%

FTSE MIB 16,558 -153 -0.92%

IBEX 35 IDX 8,657 -110 -1.26%

 

Nikkei 225 9,567 +13 +0.14%

Hang Seng 21,338 -212 -0.98%

Shanghai 2,517 -1 -0.05%

S&P ASX 4,361 -12 -0.27%

 

En Asie on a pris le même train qu'en Occident. Les chiffres d'hier, la fin du feuilleton Grec, bien que je ne sais plus quelle stupide agence de rating, Fitch je crois, a baissé le rating de C à triple C, le genre de truc qui ne sert à rien, mis à part faire parler de soit. C'est un peu comme si vous retrouvez votre voiture incendiée au bord de la route et que le type du TCS qui vient vous dépanner, il vous dit : « J'ai une mauvaise nouvelle, vous avez AUSSI un pneu crevé »... L'Asie s'en fout complètement mais est dans le même état d'esprit que nous, les occidentaux. On ne sait plus trop sur quoi se concentrer. Le dollar/yen est favorable aux exportatrices, c'est ce qui soutient le Japon et les autres sont un peu plus inquiets parce que le Gouvernement Chinois, notre patron à tous, a déclaré qu'ils n'avaient pas prévu de changer leur politique monétaire pour soutenir l'immobilier. Comme on attendait la chose depuis longtemps, c'est un poil décevant. Mais en même temps la Chine ne bronche pas et c'est Hong Kong qui se prend la claque. D'un seul petit pourcent. Encore une fois la tolérance aux mauvaises nouvelles est devenue stupéfiante. La même nouvelle il y a trois mois et on se prenait 4% dans les dents. Le marché est immunisé.

 

106757_600.jpgDans les nouvelles du jour, hier soir Hewlett a publié ses chiffres après la clôture et force est de constater que c'est un peu la même ambiance que chez DELL, là encore n'est pas Apple qui veut. Leur trimestre est sorti légèrement en dessous des attentes. Le titre reculait de 1.3% après la clôture, mais le plus gros problème reste la stratégie floue sur l'avenir de HP. Et puis la plus belle performance de la journée est à attribuer à Vivus, la société Biotech a reçu l'approbation de la FDA pour son médicament pour perdre du poids, le Qnexa. La nouvelle a surpris pas mal de monde puisque le titre bondissait de 100% à un peu plus de 20$. Reste à voir l'efficacité de ce médicament miracle, si en plus de la prise du médicament on nous dit qu'il faut manger 5 fruits et légumes par jour, boire de l'eau et faire de l'exercice, je mord quelqu'un.

 

L'Etat de Californie a annoncé hier qu'ils ont complété la vente d'un série d'obligations qui seront remboursées dans 100 ans, il y avait une très forte demande de la part des institutionnels. Le montant emprunté est de 860 millions. Reste à savoir si la Californie sera encore-là dans 100 ans.. au pire les créanciers possèderont une belle tranche de fonds sous-marins à leur nom.

 

106822_600.jpgCôté « grandes-nouvelles », c'est plutôt limité ce matin. On parle toujours à droite et à gauche d'une augmentation du prix d'achat offert par Roche sur l'américain Illumina. Rien de concret, mais on en parle et le prix devrait être nettement plus élevé que ce qu'il est actuellement. Affaire à suivre. Nous aurons pas mal de chiffres économiques aujourd'hui. A commencer par les Jobless Claims, puis le FHFA House Price, les chiffres du Gaz et du pétrole, puis le Kansas City Fed Manufacturing Index - tiens c'est un nouveau celui-là , jamais entendu parler. En fin de journée il y aura également le Money Supply et le Fed Balance Sheet.

 

Pour le moment les futures américains sont quasiment inchangés, difficile d'en tirer une conclusion quelconque sur l'ouverture ou la direction que la journée va prendre. On a un peu l'impression que le marché est en phase de digestion de gueule de bois, depuis que le cas grec n'est plus là, il n'est plus le même. Il lest peut-être sain de terminer la semaine en roue libre et de passer le week-end à étudier le cas du Portugal, de l'Espagne et de l'Italie, il y a surement un truc qui pourrait nous occuper la semaine prochaine.

 

106878_600.jpgA propos d'Italie, le Premier Ministre, Monsieur Monti a décidé de publier les déclarations fiscales et les biens en possession de chacun de ses Ministres. Ça part d'un bon sentiment de transparence, sauf qu'hier quand il a fait mettre en ligne tout ces documents, le nombre de connexions a fait péter le site du Gouvernement. Et depuis les Italiens sont scandalisés de savoir que ceux qui leur font se serrer la ceinture, gagnent entre 250'000 et plusieurs millions d'euros par année.. Mais au moins c'est transparent.

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, il me reste à vous souhaiter une excellente journée et je profite de l'audience pour faire une demande ; je suis à la recherche d'un contact à la SGS qui pourrait m'expliquer les détails et le fonctionnement d'une garantie dans une deal pétrolier, si quelqu'un connaît quelqu'un qui au clair dans ce type d'opérations, je serais preneur. Au cas où : thomas.veillet@morningbull.ch

 

Merci d'avance.

 

Allez, c'est tout pour aujourd'hui, on se voit demain pour l'apéro.

 

Bonne journée !!!

 

Morningbull

 

Earlier this week, President Obama unveiled his new $3.8 trillion budget. $3.8 trillion - that's more money than Mitt Romney makes in a week.” –Jay Leno

 

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mercredi, 22 février 2012

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé

 

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On attendait que le cas de la Grèce soit réglé, comme d'habitude, cette nouvelle qui se devait positive fût surtout utilisée pour liquider les positions et prise comme excuse pour prendre les profits après une hausse vertigineuse ces dernières semaines. « Vendez la nouvelle !!! » comme disait mon professeur de bourse, c'est un peu ce que le marché a fait hier, même si il reste tout de même super-bien disposé. A la première occasion, il a tout de même bien fait comprendre à ceux qui tentait de le shorter de ne pas mettre trop d'espoir de ce côté-ci, il y a encore des acheteurs dans le marché et le terme « faiblesse » est un terme large et difficile à cerner ; est-ce que 0.3% c'est une faiblesse ou est-ce que c'est plutôt 3% ? Tout ce que je sais, c'est qu'en ce moment on à la trouille. Oui, la trouille que ça corrige et d'avoir acheté au plus haut et la trouille que ça continue de monter et que l'on n'ait pas osé prendre le train en marche...

 

C'est plein de frustrations et les psychologues seront encore bien occupés cette année. En tous les cas le plus frappant dans la séance d'hier, c'est le sentiment que soudainement les intervenants ne savaient plus à quoi se raccrocher, comme le cas de la Grèce était réglé et que le Portugal n'est pas encore à la mode, on ne savait pas trop de quoi parler. Pour être franc, tout le monde se fout du sujet de l'or, on commence à nouveau à s'exciter sur le pétrole alors que le Iraniens remontent leurs manches et font gonfler leurs biceps en Méditerranée.

 

Tout le monde commence à flipper à se dire que si ça pète vraiment, et pour être honnête personne ne voit comment ça pourrait finir autrement, sachant que la médiation et les séminaires de maîtrise de la colère ne fonctionne que pour des gens normaux et encore, pas tout le temps, donc si ça pète vraiment le baril devrait monter à des niveaux stratosphériques, plus vus depuis des années ou alors jamais vus du tout...

 

71143_600.jpgIl y a donc deux écoles qui s'affrontent. La première qui dit que même si le baril monte très haut on ne se sera pas trop impacté, sachant que depuis quelques années, on a trouvé des solutions pour être bien plus efficient au niveau de la consommation de l'or noir (je reste plutôt sceptique sur ce point) et que même si l'on se coltine un baril à 182$, tout ira très bien... De l'autre côté vous avez les autres qui courent partout en hurlant dans tous les sens, tel des poulets sans têtes, les cris en moins car quand vous n'avez plus de tête, c'est plus dur de crier. Ce second groupe qui hurle à la mort est l'équipe de ceux qui consomment pour de vrai et qui voient leur gallon passer de 3$ à 4$ et qui voient les 5$ s'approcher dangereusement. Bon, pour nous, pauvres petits Suisses, ça fait longtemps que l'on paye notre gallon plus de 10 balles, alors ça fait des années que ça ne fait plus mal du tout, comme quoi on s'habitue à tout et même de faire le plein et de payer la même chose que pour une semaine de vacances all inclusive à Djerba, ça devient presque un acte supportable et civil surtout, sachant tout ce qu'on laisse à l'Etat au passage. Bref, les ricains, eux ne sont pas super motivés de voir monter le gallon au-dessus des 5$, surtout quand tu roules avec un SUV de 6 mètres de long avec un réservoir qui pourrait servir de piscine à l'équipe de mineurs qui bossent avec Blanche-Neige dans le film éponyme.

 

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La peur du pétrole est donc de retour, mais elle laisse aussi libre cours aux spéculations les plus folles, permettant au moindre trader de s'imaginer acheter des calls sur le baril pour 0.01 cents et se faire des scénarios dans son lit le soir, imaginant que l'autre taré d'Iranien envahisse Israël que la guerre totale se déclenche que le baril monte à 200$ et que ces calls montent à 99$ qu'il revende tout et qu'il parte s'installer dans une île loin des radiations pour faire de la peinture ou du tricot, parce qu'en fait, le trading ça n'a jamais été fait pour lui...

 

Bien que par contrat je me sois engager à ne plus jamais parler de la Grèce jusqu'en 2020, je m'en vais déjà contourner la clause de confidentialité, pas comme Mark Müller, et je vais tout de même aborder le sujet ; il faut noter tout de même que la signature du nouveau traité greco-romain, ah non, ça c'est la lutte, donc le nouveau traité greco-européano-reste du mondo a été signé depuis à peine vingt-quatre heures et « C.S.I Wall Street » est déjà sur l'enquête puisque les premiers commentaires approfondis qui sont sortis sur le sujet nous le disent clairement : « ça ne marchera JAMAIS, ça ne suffira JAMAIS »... ça fait toujours plaisir de savoir que l'on vient de lâcher 130 milliards pour s'entendre dire que les grecs vont charger les milliards à l'intérieur du cheval de Troie et cette fois ils vont le sortir de la ville et aller le planquer dans des « méchants » paradis fiscaux qui font rien qu'à faire de l'évasion fiscale. Pour le moment le marché se moque de ce genres de commentaires comme de leur première trade perdante, mais à force de hurler au loup, on va quand même commencer à douter.

 

106724_600.jpgHier durant la séance, la volatilité était de mise et même si le coeur y était, les indices Européens ne sont pas parvenus à finir cette journée historique en hausse en Europe. Il est vrai que, pour la défense des investisseurs, celui qui n'avait pas compris que le deal ALLAIT SE FAIRE, c'est qu'il ne voulait pas ou alors c'est qu'il était Roubini lui-même et qu'il est hanté par le désire de revivre un Krach qu'il aurait prévu. Il est donc normal que nous digérions la nouvelle et que l'on puisse se poser des questions sur l'avenir. Pour l'instant on résiste plutôt bien et cela laisserait supposer que les intervenants ont encore du cash à disposition et que personne n'a vraiment envie de jouer les héros en se mettant short. Pas en premier en tous les cas.

 

On a donc passé une journée à digérer. En plus il n'y avait pas de grandes nouvelles qui auraient pu nous pousser à se concentrer sur un truc en particulier. Les américains commençaient leur semaine pour de vrai et en l'absence de chiffres économiques ils se calquaient sur la morosité ambiante en Europe, mais comme les Européens se calquaient sur les mouvements des USA, on se retrouvait dans une joli chassé-croisé du type c'est toi qui monte ? -Non c'est toi. - Non, c'est toi. Mais alors là, c'est toi qui baisse ? - Ben non c'est toi bien sûr !!!

 

En gros, le meilleur moyen de comprendre la seconde partie de séance d'hier, c'est de vous mettre face à un miroir et d'essayer de faire des mouvements différents que ceux de votre reflet, vous verrez que c'est hyper-compliqué, à moins d'avoir bu pas mal, où là en revanche, ça peut être drôle, pas POSSIBLE, mais juste drôle. Vous aurez compris que chaque fois que les USA bougeaient un orteil, l'Europe bougeait le même orteil exactement.

 

96747_600.jpgLes indices américains ont tout de même trouvé la force d'aller battre les niveaux d'il y a un an à peu près. Le Dow Jones a même affiché 13'000 au compteur pendant un bref instant avant de se replier sur lui-même pour la fin de la séance et pour terminer plus ou moins là où il avait commencé sa journée. Même combat sur les autres indices. Home Dépôt a sorti des bons chiffres, à l'heure de la crise, le bricolage et la « démerde » revient à la mode, si ça veut dire que je vais devoir apprendre à planter un clou, je vous le dit tout net : « Jamais »... trop dangereux. En revanche les chiffres de Wal -Mart étaient décevant et le titre était un des gros looser de journée, en baisse de 3.9%. a noter qu'Apple, qui termine sa séance à plus de 514$ en hausse de 12$, se porte bien. China Telecom a annoncé qu'ils prendraient les « réservations » pour l'iPhone 4S dès le 2 mars. Et puis dans un article de Marketwatch ce matin, Cody Willard fait le sommaire d'Apple et explique comment elle va aller à 1'000$...

 

Pour l'aspect sérieux, je vous recommande la lecture de l'article, les chiffres donnent toujours le tournis :

 

http://blogs.marketwatch.com/cody/2012/02/21/apples-curre...

 

Et ensuite je vous recommande également la vidéo ci-dessous, c'est le côté « moins sérieux » :

http://www.youtube.com/watch?v=EHQCvSbHW-k

 

 

97273_600.jpgDepuis que la Grèce est sauvée, le dollar fait moins le malin. Du coup l'Euro s'installe en-dessus des 1,32. Du coup, un dollar faible est une bonne chose pour l'or et le pétrole, qui, en plus de l'Iran trouvent-là une motivation supplémentaire pour grimper plus haut. Ce matin l'or est à 1758$ et le pétrole à 106.02$. C'est une nouvelle qui va faire plaisir aux stations services qui vont pouvoir s'empresser de répercuter cette hausse de 1 dollar depuis hier immédiatement à la pompe, puisque n'oublions pas TOUTES les stations services genevoises ne se font pas livrer le pétrole, mais sont relié directement à un pipeline qui vient DIRECTEMENT du désert de la grande banlieue d'Abu Dhabi, ce qui fait que la moindre hausse est immédiatement répercutée. En revanche pas les baisse, mais ça, ça serait trop compliqué à vous expliquer, c'est un mélange subtile d'économie appliquée et de physique quantique, plus connu sous le nom « merci pigeon ».

 

Rapide tour sur les niveaux des indices :

 

Dow Jones 12,966 +16 +0.12%

Nasdaq 2,949 -3 -0.11%

S&P 500 1,362 +1 +0.07%

FTSE 100 5,928 -17 -0.29%

CAC 40 3,465 -7 -0.21%

DAX 6,908 -40 -0.58%

FTSE MIB 16,711 -13 -0.08%

IBEX 35 IDX 8,767 -51 -0.58%

 

Nikkei 225 9,531 +68 +0.72%

Hang Seng 21,461 -18 -0.08%

Shanghai 2,506 +11 +0.45%

Sydney 4,378 +10 +0.23%

 

Ce matin l'Asie est bien disposée, pourtant la journée avait commencé dans le rouge alors que l'on se posait (comme tout le monde) des questions sur la viabilité du sauvetage grec et de la durée qui va avec. Puis les estimations des chiffres économiques chinois à venir ont été rassurantes, du coup on a tourné la veste le renforcement du dollar face au yen permettait aux exportatrices de trouver leur place et on est reparti en hausse, sauf Hong Kong qui traîne un peu les pieds ce matin.

 

Dans les nouvelles du jour, c'est la zone, il n'y a rien, sur certains sites internet, ce maint ils ont publié de pages blanches, car depuis que la Grèce est sauvée, il n'y a plus rien à dire.

 

Nan, j'déconne !!!

 

Hier soir après la clôture, il y avait les très attendus chiffres de Dell. Le fabricant de PC qui a progressé de 24% depuis le début de l'année a déçu sur les chiffres de son trimestre et l'avenir semble peuplé de grisaille et de nuages bas. N'est pas Apple qui veut visiblement – oui, il fallait que je la place celle-là – le titre s'est replié de 5% après la clôture. Au chapitre des autres résultats, c'était pas mal chez Intuit et chez Brocade, les deux valeurs grimpaient de 3.3% et 6% respectivement.

 

Et puis, je vous en parlait hier sous le couvert de la rumeur, cela semble devenir officiel, puisque la Tribune.fr publie un article en première page pour nous annoncer les fiançailles entre le groupe PSA (Peugeot-Citroën) et General Motor. Les discussions sont en cours depuis longtemps et nous entrons dans la phase cruciales. De fortes synergies pourraient donc voir le jour avec le rapprochement de ces deux constructeurs, on se réjouit donc de voir sortir la Chevroler Camaro Série Spécial Roland-Garros avec l'intérieur en terre battue, lignes blanches et juges de lignes en option, sans compter le best-seller que sera la 207 Cabriolet avec le moteur de 6.2 litres V8 de la Corvette et ses 430 chevaux. Sans compter que le Chevolet Suburban utilisé par le « Secret Service » qui protège Obama sera du plus bel effet avec le logo Citroën sur la calandre.

 

En tous les cas quand on voit que GM était en faillite il y a encore deux ans, on voit avec plaisir que le rêve américain et le roulage dans la farine des investisseurs marche toujours à fond.

 

Peu de grandes-nouvelles, mais pas mal de commentaires ici et là. Clairement le pland de sauvetage grec ne plaît pas à tout le monde. De plus en plus de financiers sont inquiets en cas de victoire de François Hollande et de Ô combien cela pourrait remettre en question l'équilibre fragile qui existe en Europe. Les niveaux très élevés des indices poussent les gens qui ont des actions à se hedger, si l'on en croit l'augmentation de certains produits de protection, ce qui est rassurant et devrait nous prémunir contre un correction trop forte.

 

L'investisseur Doug Kass, qui avait commencé l'année de manière plutôt constructive adopte, depuis quelques semaines, un ton beaucoup plus prudent. Il a tout d'abord publié l'article « SELL EVERYTHING », quand il a appris que Roubini devenait constructif. Puis il revient aujourd'hui avec 6 risques qui pourraient nous faire capoter le bull market : en premier le prix du pétrole, les risques géopolitiques au Moyen Orient, un ralentissement des pays du BRIC, surtout l'Inde et la Chine, la dépendance à la politique monétaire, un budget US totalement délirant et qui s'approche plus du conte de fées que de la réalité économique et pour terminer les changements qu'une année électorale peut amener dans le pays. Il estime que la « fair value » du S&P500 ce matin à 8h00 est de 1345 et qu'il pourrait atteindre les 1550.

 

En gros il est positif, mais pas trop, il préfère être long quand ça monte et short ou pas engagé... mais à la fin, il a les mêmes peurs que Roubini à trois mots près.

 

Ce mardi on attaque pour de vrai avec les chiffres économiques, du coup on aura peut-être autre chose à dire que « la Grèce ». Cette après-midi, il y aura les MBA Purchase Applications, le Redbook et les ventes de maisons existantes. Clairement tout le monde va se concentrer sur des signes de survie ou de récupération du côté du marché de l'immobilier US. Il va tout de même falloir que ça bouge de ce côté-là, parce que si le chômage reste à 9%, que la croissance reste nulle ou presque, il va quand même falloir que quelque chose bouge pour stimuler consommation, Apple ne peut quand même pas tout faire.

 

Pour l'instant, dans les premières heures de l'aube, les futures américains pointent vers le haut. Faiblement, mais vers le haut quand même. Ils sont donnés en hausse de 0.1%.

 

Voilà, je crois que c'est tout pour aujourd'hui. Je m'en vais vous laisser vaquer à vos occupations matinales, moi je vous retrouve demain pour de nouvelles aventures. Ah oui... Cette semaine le Morningbull sous sa version « blog » a six ans... Et moi ça fait 7 ans que j'écris tous les matins ou presque, ayant commencé par mail avant.. Happy Birthday to me;-)

 

Allez, à demain..

 

Morningbull

 

There are 8 million dead people who are still registered to vote. As a matter of fact, they're the group that's most passionate about Mitt Romney.” –Conan O'Brien

 

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mardi, 21 février 2012

Il paraît qu'on y est presque, ah non pardon, on y est tout court !!!

 

today.jpg


 

 

Presque est le « maître mot ». Depuis des semaines et des semaines on ne parle plus que de ça sur les marchés financiers. Le Bailout de la Grèce devrait BIENTÔT être approuvé. Quand je suis parti en vacances il y a plus de dix jours, nous étions déjà dans la même situation ou presque. Nous avions « presque » un accord qui nous tendait les bras. En commençant cette semaine, tout le monde est arrivé au bureau en se disant que cette fois, c'était sûr avec la réunion des ministres des finances à Bruxelles et l'optimisme ambiant, le deal devait être dans la poche d'ici la fin de journée de lundi.

 

Mais voilà, le hic c'est qu'il est passé 3 heures du matin en Suisse et il n'y a toujours pas d'accord. Ça cause toujours à Bruxelles il paraît, bien que l'on peut émettre quelques doutes sur l'efficacité de ces Messieurs qui sont en meeting depuis le milieu de l'après-midi.

 

Peu importe, on s'autorise à penser dans les milieux autorisés que l'accord devrait être conclu tout soudain et c'est ce qui faisait monter le marché hier. On sait tous que l'on ne laissera pas partir la Grèce avec l'eau du bain. La seule question que commencent à se poser certains « experts » financiers, c'est de savoir si les 130 milliards du Bailout prévus, seront suffisant pour sauver le pays à l'horizon 2020. Oui, car pour ceux qui auraient raté un épisode, l'objectif est de rendre le pays profitable, nickel et désendetté pour l'an 2020. Huit ans pour apprendre à ne plus vivre au-dessus de leurs moyens et huit ans pour effacer une mentalité qui dure depuis bien plus longtemps que ça, on peut en douter légèrement, sachant que les américains n'arrivent pas à se guérir de cette maladie depuis des années, ils ont d'ailleurs réglé le problème en écrivant ça dans leur constitution. T'es pas endetté, t'es pas un vrai mec.

 

Mais là n'est pas le problème du moment. Aujourd'hui les marchés financiers vivent au rythme de la Grèce, dès lors nous pouvons donc nous poser la question suivante : « Qui va payer les 30 milliards supplémentaires que le FT estime nécessaire pour atteindre l'objectif 2020 ? », quand on voit que l'Allemagne commence à pinailler à coup de 300 millions d'euros dans le budget, je vous laisse imaginer Ô combien ils vont apprécier de devoir trouver 30 milliards de plus. Ce qui amène les investisseurs à se poser une autre question :  « Que va-t-il se passer lorsque le Bailout sera officialisé, ou pas ? »...

 

Et cette question est légitime. En effet, on attend tellement de cette annonce, que le marché est déjà monté en anticipation car vous pouvez interroger la plupart des traders et autres intervenants du marché, tout le monde est convaincu à 100% ou presque – très important le presque en ce moment – que la Grèce sera sauvée, on peut donc se dire que si c'est confirmé, on devrait « vendre la nouvelle », puis rebondir pour fêter ça, mais légèrement car tout le monde à peur à des niveaux pareils, quand on voit que l'Allemagne est en hausse de 19% depuis le début de l'année. En revanche dans le cas (peu probable) que tout capote, la correction qui suivrait pourrait être bien plus sévère, ce qui nous permettrait de résumer la chose de la manière suivante : « Il y a moins à gagner à la hausse qu'à perdre à la baisse »... Cette constatation semble évidente et c'est ce qui me fout la trouille, parce que quand c'est évident.....(vous connaissez la suite)...

 

Nous voilà donc dans un statuquo le plus total, on attend toujours et encore. Je suis parti 10 jours et rien n'a changé, la Grèce est toujours dans le viseur des investisseurs. Il y en a bien deux ou trois qui se demande ce qui peut bien se passer au Portugal, car si on sauve la Grèce et que le Portugal coule, on ne sera pas plus avancés qu'avant, mais visiblement CNBC et Bloomberg TV n'ont pas assez de caméras et d'équipes de tournage pour poster du monde devant le parlement Grec et EN PLUS à Lisbonne, faut quand même pas pousser à la fin !!!

 

106662_600.jpgDonc hier, nous avons vécu la journée sur le Placébo du Bailout grec. Les américains étant fermés pour cause de jour férié en l'honneur des Présidents américains. Ou des anniversaires de Lincoln et/ou Washington, c'est selon et comme à chaque fois qu'ils sont fermés, les intervenants européens ont tout de même des doutes sur la direction à suivre, il y en a même qui continuent de regarder ce que fait le future américain pour trouver une direction, un indication, un signe... pendant que les américains eux, ils dorment pour profiter du lundi de congé, mais c'est bien ce genre de journée ça occupe les marchés européens et ça leur donne l'impression d'être dans le siège du conducteur une fois dans l'année. La journée était donc en hausse, portée par les espoirs cités dans mes commentaires ci-dessus.

 

Heureusement qu'il y a eu de quoi faire sur le take-over de TNT en Hollande. Délaissé il y a encore quelques jours soudainement la valeur est devenue la proie d'UPS, de DHL et de FedEx, puisque depuis qu'UPS a montré son intérêt soudainement les autres ont fait de même. L'effet « mouton » me surprendra toujours. Autrement on parlait également beaucoup de Véolia et de l'éventuel remplacement de son CEO, ce qui déclenchait une polémique dont Sarkozy se serait bien passée, puisque des rumeurs circulaient sur le fait que l'ex-ministre UMP, Monsieur Jean-Louis Borloo pourrait éventuellement peut-être devenir CEO de Véolia avec l'aide à peine dissimulée de l'Elysée. Ces rumeurs tombaient mal au moment le Président de petite taille montait sur ses talonnettes pour expliquer à ses fans qu'il voulait être le Président du peuple et pas des riches... (par contre pour occuper ses week-ends, il veut bien aller faire du bateau avec Bolloré et manipuler le CAC40 la semaine suivante, un hobby de petite gens en fait...)...

 

Peu importe la véracité ou pas de cette rumeur, le titre n'a pas aimé et était le plus gros paria du CAC hier. Dans les « autres bruits  de marché », on entend dire ici et là que GM serait sur le point de prendre un grosse participation dans le groupe PSA. Ou comment Chevrolet voudrait se marier avec une 207 ou une C3 Picasso. Affaire à suivre.

 

L'or restait plus ou moins là où il se trouve depuis des semaines, oscillant entre partout et nulle part. Même le fait que John Paulson ait recommandé chaudement l'achat d'or pour se protéger de l'inflation automatique générée par les dépenses du Gouvernement, quand on sait que le Hedge Fund Manager en question détient des positions stratosphériques sur le métal jaune, on est en droit de se demander si sont discours et fondamentalement argumenté ou est-ce que c'est les positions qui parlent et qu'après une année catastrophique, un bon premier trimestre ne serait pas de refus. Ce matin le métal jaune est à 1736$ l'once.

 

Côté pétrole, il s'en est passé des choses. L'Iran a donc bougé ses premières pièces sur l'échiquier de la grande claque dans la gueule qu'ils cherchent à prendre depuis un moment. Tout d'abord l'envoi d'une flottille dans la Méditerranée, chose qui a moyennement plu aux américains, j'en suis certain. Le Génial Président Iranien a eu ensuite une seconde idée pour se faire des amis ; il a stoppé les livraisons de pétrole aux Français et aux Anglais. Visiblement ça commence à chauffer sur la piste de danse, mais on est encore seulement dans la phase des étirements, reste à savoir qui va dégainer en premier. Si le Président US avait encore été Double You Bush, on aurait eu la réponse, en moins de trois jours il aurait lancé tout ses pions dans la batailles, mais avec celui qui en place en ce moment – en plus Prix Nobel de la paix – c'est plus compliqué. C'est vrai que quand on est une colombe avec un rameau d'olivier dans le bec, ce n'est pas simple d'accrocher des missiles stinger sous les ailes pour aller se faire Armanidjadjajjjj. Néanmoins ces petites tensions amicales avec en toile de fond la bombe nucléaire, fait les choux gras des traders sur le pétrole. D'ailleurs dans l’hebdomadaire préféré de la profession : « Pétrole Gadget News », on se disait encore cette semaine que si tout cela pétait joyeusement, le baril pourrait monter sans problème à 150$. Pour le moment il es sur le bon chemin avec 104.90$ affiché au compteur ce matin.

 

106690_600.jpgEnsuite il faudra tout de même se poser la question, histoire de savoir à partir de quel moment le prix du baril devient un frein pour l'économie. Il n'y pas si longtemps que cela quand j'avais juste un peu moins de cheveux gris, les « anciens » disaient qu'un baril au-dessus 90$ était mortel pour la croissance économique et destructeur pour les marchés. Bon, visiblement la théorie est toujours valable, c'est juste le niveau qui a changé, reste à savoir lequel c'est.. Pour le moment on s'en tape magistralement, mais je suis prêt à parier que dans un avenir pas si lointain, une star de la finance va revenir sur le sujet.

 

BREAKING NEWS

 

Oui, je dis Breaking News parce que je ne vais pas recommencer toute la rédaction de mon texte, tout cela juste parce que les Ministres des Finances Européens ont fini par se mettre d'accord à 4h11 du matin alors que j'avais déjà tapé 2 pages et demi. Le second Bailout de la Grèce est donc dans la poche. Il s'élève à 130 milliards d'Euros, soit 172 milliards de dollars. La Grèce devra atteindre le ratio dette/PIB de 120% à l'horizon 2020 et les créanciers vont se prendre un « haircut » de plus de 53% sur leurs obligations.

 

Comme on dit par ici ; ça, c'est fait.

 

Du coup l'Euro/dollar semble s'envoler, il vient de prendre près d'une figure sur l'annonce.

 

Et puis les marchés asiatiques qui étaient très dubitatifs, pour ne pas dire « négatifs » ce matin, on tenté de faire mine de saluer l'annonce. Cependant l'étincelle fût brève et de courte durée, le rallye n'aura duré que le temps de taper le mot « rallye » sur une machine à boule IBM. À l'heure où je vous parle, les indices du Far-East, qui était légèrement négatifs, voir « à l'équilibre », il y a quelques heures et bien ces indices sont passés franchement dans le rouge en ce qui concerne Hong Kong, Tokyo et Shanghai, en revanche les Australiens ont l'air plutôt contents, puisque c'est le seul indice de la région qui monte. Il est donc difficile de prévoir ce que feront les marchés européens dans les premières heures de l'aube, quand l'ours est à l'affût pour essayer de casser les pattes arrières du taureau qui s'ébat joyeusement dans la prairie depuis des semaines.

 

Inutile de vous dire qu'en ce qui concerne les nouvelles de la journée, vous pouvez avoir découvert un vaccin contre la connerie, racheter la totalité de Novartis et de Roche à coup de 1'000 frs par action, avoir battu Roger Federer avec un bras dans le dos et la raquette de Bjorn Borg, version vintage, personne ne prêtera attention à ces exploits, trop concentrés que nous serons à célébrer le plan de sauvetage de la Grèce. La news va être décortiquée, célébrée, développée et commentée, ça fait tellement longtemps qu'on attend, on va sûrement se faire plaisir, de plus il n'est pas exclu que le 21 février devienne du même coup un jour férié européen pour fêter ça.

 

Non, et puis surtout, la bonne nouvelle c'est que maintenant on va pouvoir s'occuper du Portugal !!!

 

Voilà, je crois que tout est dit au sujet de la Grèce, je crois cependant que l'on va pouvoir garder le sujet au chaud, car mon petit doigt me dit que dans les mois qui viennent, il y a bien quelqu'un qui aura oublié un facture au fond d'un tiroir et que finalement 60 milliards de plus, ça ne serait pas de refus... mais on verra on en reparlera le moment venu...

 

Et puisque nous en sommes-là, je vais me permettre de pousser mon petit coup de gueule à moi : Vous, je ne sais pas, mais depuis le début de cette histoire, il est clair que la Grèce a fait plein d'effort pour se mettre dans une situation plus que critique, aujourd'hui ils doivent payer et se reconstruire sur le long terme, on est tous d'accord. Cependant il me semble que l'on oublie un peu vite le rôle de Goldman Sachs qui se sont tout de même bien défoulés à l'époque, faisant à croire à tout le monde que tout allait bien, juste le temps de leur fourguer des produits sur la Grèce, après avoir plus ou moins ré-interprété les comptes du pays et juste avant d'appeler leur client, Monsieur Hedge Fund Manager pour lui dire : «Vas-y short la Grèce, le pays est au bout du rouleau, mais t'as encore le temps de vendre à découvert le temps que les autres y comprennent quelque chose ».. En gros, on a clairement l'impression que Goldman Sachs n'a peut-être pas amené la Grèce là où elle est, mais ils ne l'ont pas aidée à s'en sortir, mais plutôt à s'enfoncer. Ah ben oui, tu comprends tant que y a du pognon à faire, y a pas de raison de se priver.... Mais visiblement ça ne choque personne. Les banques suisses qui cachent des montagnes d'argent grec, ça dérange les politiciens français, mais par contre Goldman Sachs qui aide la Grèce à tresser la corde pour se pendre, c'est normal, c'est du bizness mon ami !!!

 

Encore une fois, nous sommes tous égaux, mais les américains sont plus égaux que les autres et Goldman Sachs pareil, mais plus...

 

106441_600.jpgBien que les premières pages seront trustées par la Grèce, je vous livre tout de même deux ou trois nouvelles qui pourront toujours servir à meubler la conversation avec le musicien qui joue dans le tram pendant que ce dernier essaye de récupérer la demi-heure de retard qu'il a depuis ce matin : Apple a gagné un procès pour une histoire de patente face à HTC, rien de nouveau, mais les compagnies de téléphones mobiles ne savent plus comment faire pour combattre l’hégémonie d'Apple, si ce n'est devant les tribunaux, pourquoi ne pas faire un téléphone qui soit mieux que l'iPhone à la place ? Le Barron's publie un article positif sur Corning, le fabricant de verre pour les écrans plat devrait rebondir selon le journal, il parle d'un objectif à 20$ sur deux ou trois ans. Le titre vaut 13.84$ aujourd'hui, si les investisseurs achètent le titre pour jouer 50% de hausse 3 ans, c'est que la mentalité à changé de manière drastique, habituellement c'est la performance espérée dans la semaine, les temps change comme disait l'autre..

 

Et puis toujours dans le Barron's on ne comprends toujours pas la stratégie de Meg Whitman chez Hewlett, c'est peu clair et c'est brouillon en ce qui concerne la direction à prendre désirée. Transocean, la société de forage offshore qui s'est installée en Suisse purement pour des raisons qualité de vie, vient d'annoncer qu'ils ne recommanderont pas le paiement d'un dividende en 2012.

 

Alors que les américains reviennent de week-end et entament la semaine avec un jour de retard, tout sera décalé. Les premiers chiffres économiques importants tomberont demain et c'est les chiffres de l'immobilier qui donneront le ton de la semaine américaine, maintenant que le cas de la Grèce est réglé (hahaha). Ensuite les inventaires du pétrole ne sortiront pas mercredi, mais jeudi. En gros courte semaine, mais ça va nous laisser du temps pour se mettre au portugais.

 

Pour le moment les futures américains sont en hausse, ils ont même accéléré à la hausse alors que l'annonce de l'Eurogroupe était faite. Sauf que les Européens sont encore au lit (pour la plupart) et que les américains sont encore hier, donc la hausse indiquée n'est pas très représentative, même si le future S&P avance de 0.3%. Selon les règles non-officielles de la bourse, le marché devrait baisser, maintenant qu'il connaît la nouvelle... En revanche, il faudra voir si la baisse va durer ou si tout ceux qui ne sont pas rentré dans le marché vont sauter dans le train... ce qui devrait donner un baisse de courte durée... Le S&P500 va faire face à son « plus haut » depuis 12 mois, niveau qu'il va falloir casser rapidement si on veut espérer afficher le chiffre 1'400 au compteur avant le printemps.

 

On notera tout de même le fait que la semaine passée, les « in-flows » dans les fonds actions domestiques américains sont au plus haut depuis avril 2011, inutile de vous rappeler ce qui s'est passé après...

 

Il me reste à vous souhaiter une excellente journée « grecque », en ce qui me concerne je suis de retour, mais j'avoue que ce n'est pas l'envie de repartir qui manque... Mais on va s'accrocher. Que votre café soit à votre goût et on se revoit normalement demain matin...

 

Morningbull

 

China's vice president was in Los Angeles today. When he got off the plane, he apologized for his problem with the language. Apparently, his interpreter doesn't speak Spanish.” –Jay Leno

 

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jeudi, 09 février 2012

Allez Sisyphe, tu y est presque !

 

105894_600.jpg


 

Jamais dans l'histoire moderne le mythe de Sisyphe n'a été aussi bien représenté en Grèce. Vous savez Sisyphe, fils d'Eole qui tentait d'escalader une montagne en poussant une grosse pierre et que chaque fois qu'il arrivait en haut, la pierre roulait en bas, de l'autre côté de la montagne parce qu'il n'avait pas pris la peine de préparer le terrain en construisant un parking bien plat pour que la pierre puisse arrêter de rouler. Bon, il est vrai que lui il n'avait pas à disposition une équipe travaux publics comme celle qui bosse sur le Quai Général Guisan depuis 4 jours. Toujours est-il que si l'on compare Sisyphe avec le Premier Ministre Grec, il y a quand même quelques similitudes. Lui aussi il pousse son plan d'austérité en haut de la montagne, sauf qu'à la place de le laisser rouler en bas, on a l'impression que quelqu'un lui rajoute des morceaux de montagne et le force à pousser son plan encore plus haut, encore plus loin. Le risque c'est qu'à la fin il arrête de pousser à cause de la fatigue et le plan d'austérité va redescendre en bas à toute vitesse en emportant tout sur son passage.

 

Vous l'aurez compris, hier, encore une fois le thème de la journée, c'était la Grèce. En même temps y a tellement rien à dire et les downgrades sur certaines valeurs de la part de certains Brokers n'ont tellement plus d'impact, que finalement on avait plus qu'à attendre un signe d'Athènes. Hier matin je vous disais que nous y étions «presque », ça sentait l'écurie et tout semblait enfin vouloir s'imbriquer parfaitement, le mot « presque » commençait même à se dissiper au loin dans le brouillard pour être remplacé par un gigantesque « WE DID IT !!!! », suivit immédiatement par une danse de la victoire du style « on est les champions, on est les champions, on est, on est, on est les champions »... puis par le traditionnel « pommmmm-pom-pom-pom-pom-pommmmmmm » cher aux italiens – rien à voir avec la dette cette fois – et pourtant, alors que nous étions au bout du suspens et au bord de l'orgasme parce que Papademos était à « ça » de claquer un strike et de signer son deal avec l'opposition, tout a capoté pour une sombre histoire de fond de pension... Un désaccord sur 300 millions de réductions dans les dépenses..

 

Après avoir coupé sur tout et beaucoup, à coup de milliards, les négociations se sont terminées pour une histoire ridicule de 300 millions. Papademos est alors retourné dans son bureau pour appeler la « Troika » afin de trouver une solution pour régler ce dernier détail. Et nous sommes de retour à la case départ, attendant patiemment ce deal qui devrait se boucler aujourd'hui... On y est presque, mais cette histoire commence à devenir comme le monstre du Loch Ness. On en a tous entendu parler, mais personne ne l'a jamais vraiment vu.

 

Le point positif dans cette histoire, c'est qu'apparemment nous sommes à bout touchant et quelque part, on imagine assez mal qu'une broutille de 300 millions fasse capoter un deal qui nous relie tout de même à une dette de 130 milliards. Ça serait quand même le comble et on ne serait plus dans le mythe de Sisyphe, mais de David et Goliath.

 

Autre bonne nouvelle tout de même, la BCE aurait émis un accord de principe pour retourner aux Grecs certaines obligations grecques qu'elle détenait, le tout pour une valeur faciale inférieure. En gros la BCE permettrais ainsi à la Grèce de réduire encore un peu sa dette. Le mécanisme est complexe et devrait passer par le fonds de sauvetage EFSF, mais le concept même devrait être bien pris et pourrait être le début d'un solution constructive pour la Grèce.

 

Néanmoins, le fait que cet accord se traîne et ne trouve pas de fin, le fait que nous restions au « presque » a tout de même déclenché une vague de ras-le-bol et les marchés Européens qui étaient plutôt bien disposés se sont lentement effrités durant l'après-midi pour terminer la séance au plus bas, entraînés comme tous les jours par les américains qui semblaient un peu mou du genou en début de séance. Les américains qui trouvaient tout de même la force de remonter et de terminer sur un nouveau plus haut pour l'année, mais seulement après avoir fait flipper toute l'Europe et forcé tout le monde à vendre à la clôture.

 

Greece-Reuins.jpgEn conclusion de cette journée, on a repris exactement le même concept que la veille, tout tourne autour de la Grèce et on ne parle que de ça, c'est notre seule raison de vivre. Mais la question qu'il faut tout de même commencer à se poser est : « De quoi va-t-on parler une fois que le deal sera réglé ??? ». Parce que soyons clair, si le deal se fait, on risque tout de même de voir des prises de profit immédiates, justifiées par le fait que « l'on savait » et que maintenant il fallait vendre la nouvelle. Ces prises de profits seront peut-être une bonne occasion de racheter pour jouer la suite de la reconstruction Européenne.

 

Cependant, le cas grec classé, je suis prêt à vous parier le dernier livre de Roubini que dès que la Grèce sera derrière nous, il y a le Portugal qui va nous sauter à la gorger, si ce n'est pas l'Italie ou l'Espagne. Parce que de leur côté, même si la situation n'est peut-être pas la même qu'à Athènes (quoique pour ce qui du Portugal, on peut se demander), mais rien n'est réglé et eux aussi ils aimeraient bien de l'argent. C'est un jeu de pistes où l'on découvre chaque fois une nouvelle galère en ouvrant l'enveloppe...Donc même si les choses semblent s'améliorer (un peu), il ne faut tout de même pas oublier que les plans d'austérité, c'est bien (tant que ce n'est pas vous qui vivez dans l'austérité), mais que l'efficacité du plan prend des années à se faire ressentir et comme l'investisseur est un animal impatient qui est généralement très pressé d'être riche, il risque d'y avoir une légère mésentente à un certain point. Mais nous n'en sommes point encore là...

 

Au niveau du marché global des actions, on retiendra tout de même que nous avons rebondit de 20% depuis les plus bas hier. Ce qui fait donc que, selon la théorie de l'analyse technique et la théorie des marchés, nous sommes officiellement entrés dans un « bull market ». Juste au moment où les fans de Coppock avaient enfin repéré leur vague tueuse, c'est ballot quand même !!!

 

Bon, alors attention quand je dis que nous sommes rentré dans un « bull market », ça ne veut pas dire que ça ne va pas, ni ne peut pas corriger ne serait-ce que de 5%, non, ça veut dire que la tendance de « fond » a changé, chose qui avait déjà été prouvé par la « Golden Cross » apparue la semaine passée. Il ne reste plus qu'à qu'une massive vague de take-over et autre fusions et acquisitions se déclenche et plus rien ne pourra nous arrêter, jamais... mais je m'emballe c'est mes « restes » de la fièvre internet qui n'ont jamais complètement disparu, c'est un peu comme la malaria ; ça ne guérit jamais totalement.

 

Il y a quand même deux-trois choses qui se passent au niveau des sociétés, on en parle beaucoup moins que la couleur de la cravate de Papademos ou du prochain copain de Sarko qui finira en tôle pour protéger le cul du Président, mais tout de même. Hier il y avait l'introduction en bourse du Casino Ceasars Entertainment Corp, vendu à 9$ aux clients, le titre a touché un plus haut à 17.90$ durant la séance. Si Facebook nous fait le même coup lors de « son » introduction en bourse, Mark Zuckerberg pourrait même peut-être envisager d'arrêter de travailler pour le reste de sa vie..

 

Et puis il y avait les résultats de Cisco après la clôture. Globalement au-dessus des attentes, le titre explosait tout d'abord de 4%, puis, frustrés d'avoir été battus par Cisco, les analystes trouvaient tout de même des choses à redire dans la publications des chiffres, les modifications de structure dans le top management n'ont pas été bien accueillies, plus deux-trois choses qui refroidissaient l'enthousiasme premier et à la fin le titre revenait de là où il était parti, transformant les chiffres de Cisco en non-event notoire. Groupon a publié également ses chiffres. Un perte moins importante que l'an passé, mais là aussi ça n'a pas suffit. Le titre s'est fait démonter de 15%, comme quoi les titres liés aux réseaux sociaux, c'est pas un truc pour ceux qui n'aiment pas les sensations fortes. En revanche on citera encore les bons chiffres de Akamai qui étaient suffisamment bons pour que personne n'y trouve rien à redire et comme Akamai n'a pas changé la moquette de ses bureaux, ni la couleur des murs, les analystes ont apprécié le trimestre et le titre s'est envolé de 12%.

 

untitled1.jpgEt puis il nous restait l'affaire Diamond Foods. La compagnie qui fait « snacks » avait déjà eu des problèmes avec suite à des paiements suspects à d'autres compagnies, cette histoire datait de septembre 2011. Hier ils ont annoncé qu'ils foutaient dehors leur CEO et leur CFO et qu'ils devaient revoir leurs chiffres pour les deux années précédentes. Bref, ça sent la grosse magouille et la société qui était déjà passée de 100$ à 36$ en l'espace de 4 mois, vient encore de perdre 40% hier soir après la clôture.

 

En ce qui concerne le pétrole et l'or, franchement rien ne se passe, le pétrole a rebondit un poil parce qu'ils se sont totalement foutu dedans au chapitre des inventaires de la semaine et que CETTE semaine c'était positif – et du côté de l'or il baissait un poil car il paraît, selon un « expert », qu'hier l'or ne se traitait plus comme un « safe haven », mais comme un asset « classique ». Alors ne me demandez pas ce que c'est un « asset classique », mais hier un asset classique ça devait baisser.. L'or est à 1736$ et le pétrole est à 98.92$, l'armée américaine n'est toujours pas en Iran et le détroit d'Ormuz est toujours ouvert. Rien de neuf de ce côté.

 

Dow 12,884 +6 +0.04%

Nasdaq 2,916 +12 +0.41%

S&P 500 1,350 +3 +0.22%

FTSE 100 5,876 -14 -0.24%

CAC 40 3,410 -2 -0.05%

DAX 6,749 -5 -0.08%

FTSE MIB 16,669 +178 +1.08%

IBEX 35 IDX 8,849 +2 +0.03%

Nikkei 225 9,009 -7 -0.08%

Hang Seng 20,911 -108 -0.51%

Shanghai 2,460 +0 +0.01%

S&P ASX 4,354 -10 -0.23%

 

Ce matin en Asie, on parle un peu moins de la Grèce, même si ça reste le fil rouge de la séance. Mais il se trouve que l'inflation Chinoise semble repartir à la hausse, de quoi mettre de l'eau au moulin des adeptes de la théorie du chaos. Néanmoins, je me dois de mettre un bémol à ces espoirs. Oui, les prix à la consommation ont augmenté de manière un peu plus forte que prévu, MAIS on s'autorise à penser, dans les milieux autorisés que les chiffres pourraient être faussé par la période de vacances qui a fermé la plupart de la région fêter l'arrivée de l'année du dragon. Alors avant d'entamer la construction de votre arche de Noé personnelle pour pouvoir vous sauver au cas où la Chine ne s'en remettrait pas, il vaut peut-être mieux attendre la confirmation, ou pas de ces chiffres le mois prochain. D'ailleurs le marché ne s'y trompe pas, il a passé une peu de temps à la baisse, puis il vient juste de repasser dans le vert.

 

Au Japon les ventes de machines étaient en baisse de 7.1% et il y a des rumeurs de plus en plus insistantes comme quoi S&P s'apprêterait à coupé le rating AAA des Japonais dans les semaines à venir. Ce qui est une EXCELLENTE nouvelle, parce que chaque fois que S&P downgrade quelqu'un, le marché ne cesse de monter ensuite !!! Regardez, depuis que les USA on été downgradé, on n'a jamais été aussi forts, pareil pour les français. Moi je vous le dit, le meilleur truc qui puisse arriver aux Japonais, c'est d'être downgradés aussi... Il n'est d'ailleurs pas exclu que les Allemands rendent spontanément leur triple A.

 

Peu de nouvelles ce matin, alors que tous les médias du monde sont à Athènes attendant un miracle ou la multiplication des pains, en attendant personne ne semble se préoccuper du reste. Cela vient peut-être aussi du fait que les Genevois partent en vacances demain soir et que du coup, le monde va forcément ralentir.

 

Néanmoins, on se cherche quand même des sujets de discussion, un des premiers du moment, aux USA en tous les cas, concerne la santé du marché immobilier. Depuis quelques jours, en fait depuis qu'un blog a publié un commentaire argumenté estimant que le marché immobilier avait vu le pire et qu'il était temps d'envisager le rebond de ce secteur, une véritable folie s'est emparé des sites spécialisés. Tout ce que les USA contienne comme économiste ou analyste en immobilier y va de son commentaire. A la fin, un chatte n'y retrouverait pas ses petits, mais une chose est certaine, comme tout ce qui se fait aux USA, rien ne se fait à moitié. C'est soit vous êtes « POUR » et le marché immobilier va EXPLOSER ou soit vous êtes « CONTRE » et le marché va perdre encore 50% de sa valeur au moins. Il n'y a pas de place pour les gens qui sont neutres ou qui aimeraient être « au milieu », c'est soit tu avec, soit tu es contre.

 

Je ne suis pas un expert sur ce sujet, mais sachant que je viens de lire un article qui propose une quinzaine de maison à vendre dans la banlieue de Détroit pour la modique somme de 1$, j'ai de la peine à voir cette partie du marché aller beaucoup plus bas;-), on va quand même pas pinailler pour 50 cents... Bref, le sujet est très chaud en ce moment. Presque aussi chaud que les rumeurs sur la date de sortie de l'iPad 3, cette fois c'est très précis, il devrait être dans les bacs le 9 mars.

 

Nous sommes jeudi. Souvent le jeudi les Banques Centrales sont de sortie. C'est le cas ce jeudi. A midi la Banque d'Angleterre annoncera ses décision, l'une devrait être le fait que King va réinjecter 50 milliards de Livres dans l'économie britannique pour soutenir l'économe et pour retrouver un coach et un capitaine à l'équipe d'Angleterre. Et puis ça sera le tour de la Banque Européenne de Goldman Sachs, oups, pardon on peut pas dire.. alors ça sera le tour de la BCE tout court et Draghi devrait laisser les taux là où ils sont. On l'attendra plutôt au sujet de la dette grecque, histoire de voir quel plant miracle il a concocté dans son manoir avec son chat Azraël.

 

Dans les affaires politiques, Eric « Punching Ball » Woerth a été mis en examen pour trafic d'influence passif, je ne veux même pas savoir ce que ça peut signifier, mais une chose est sûre, le Roi Nicolas n'y est pour rien, il ne savait rien, d'ailleurs il n'était même pas là. Franchement, à la fin on dirait presque qu'à côté de Sarkozy, Chirac était le Roi de la déontologie. Aujourd'hui, les créanciers privés qui sont exposés à la dette grecque devraient également se rencontrer. On ne sait pas si ça sera un meeting professionnel pour parler solutions ou alors un meeting type Alcooliques Anonymes : « Bonjour, je m'appelle Brian, je suis Hedge Fund Manager et j'ai perdu 2,4 milliards dans la crise grecque. » - « Bonjour Brian !!!! »......

 

En dehors des banques centrales locales, il y aura également les Jobless Claims, pour corroborer les non-farm payrolls de vendredi passé, le Wholesale Trade, les chiffres du gaz, le Fed Balance Sheet et le Money Supply. Côté chiffres trimestriels, il y aura Pepsi, KKR, Philip Morris, Noble, Cameco, Expedia, LinkedIn, Nuance, Renren, True Religion et Activision. Pour le moment les futures sont légèrement plus faibles, de l'ordre de 0.10%. On attend de voir à quelle sauce la Grèce va nous apprêter...

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, c'est également tout pour cette semaine et pire encore, c'est tout pendant 10 jours. Eh oui, c'est les vacances de ski et moi je pars.. au soleil.. Je vous retrouve donc le mardi 21 février. En attendant, je vous souhaite, en vrac, une bonne fin de semaine, un bon week-end, une bonne semaine et de bonnes vacances pour ceux qui partent comme moi !!! On se voit le 21 février en pleine forme...

 

Morningbull

 

President Obama has ordered new sanctions against Iran’s central bank for engaging in deceptive practices. I’ve got a better idea, how about sanctions against OUR banks for deceptive practices?” –Jay Leno

 

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mercredi, 08 février 2012

And the winner is : LES ESPOIRS SUR LA GRECE, un film sans conclusion, pour le moment.

 

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Le S&P500 a encore accroché un nouveau plus haut depuis 2008, le Nasdad est au plus haut depuis ans, en fait on n'a plus vu ce niveau depuis que l'on est passé à côté à toute vitesse durant le Krach de l'an 2000, je vous rassure on n'est pas resté longtemps sur cette zone des 2900 sur le Nasdaq, on s'est vite cassé la figure bien plus bas et puis avant de battre les records de l'an 2000 on encore bien du chemin à faire... pas convaincu que 3 IPO comme Facebook suffirons.

 

Mais nous ne sommes pas là pour se remémorer le passé comme si on avait débarqué ensemble, un mois de juin 1944 sur une plage de Normandie. Non, on est plutôt là pour célébrer la force relative d'un marché qui parvient à monter alors que tout semble partir en vrille autour de lui. Ok, je suis d'accord on a plein d'hommes et de femmes politiques qui sont en train de bosser sur la survie de l'Europe, surtout un femme et son petit Jack Russell nommé Nicolas S., et puis aux USA on bosse sur le fait de relancer la croissance par le crédit, la création d'emploi et en tentant de rallumer la mèche du marché immobilier. On est même en train d'envisager d'élire Rick Santorum comme candidat Républicain puisque ce dernier vient de gagner (contre toutes attentes) le Minnesota et le Missouri et il pourrait même gagner le Colorado. Pourtant Santorum est à peu près aussi ouvert d'esprit qu'un Ayatollah Iranien et à côté de lui, Armanidjadjjjjjj (le cinglé qui dirige l'Iran) fait office de Teletubbies, tellement il à l'air ouvert sympa et prêt à faire la fête à coup de Budweiser et de concours de T-shirts mouillés jusqu'au bout de la nuit... Si Santorum est candidat et si par malheur il est élu, on est reparti pour les croisades et le pape sera nommé Secrétaire d'Etat..

 

Je m'égare, donc je disais que tout le monde bosse pour sauver le monde, l'économie et la croissance mondiale, mais que pour l'instant on peut quand même se poser des questions sur la capacité de certains pays à supporter les mesures d'austérité. Sur le papier, je suis d'accord que ça devrait fonctionner. Mais sachant que ceux qui décident ces mesures roulent quand même en Audi A8, volent en jet privé et dorment dans des hôtels 5 étoiles, on peut se demander si ils sont complètement connectés à la réalité du peuple... D'ailleurs quand on entend une Ministre française qui propose, pour lutter contre le froid, que les SDF restent chez eux, on se demande même si les gens qui nous dirigent ont tous les cases sur le même tablard. Encore une fois, là n'est pas la question.

 

Je voulais simplement attirer le regard sur le fait que le marché montait, montait et montait encore, alors que les problèmes étaient plutôt en phase-de-tentative-de-règlement-plutôt-que-déjà-réglés-depuis-longtemps, mais nous, intervenants du marché, dans notre grande mansuétude, nous parions sur le fait que les génies qui nous dirigent vont trouver THE MAGICAL FORMULA qui va tout régler. La pression est sur leurs frêles épaules, parce que si dans 6 mois en se rend compte qu'on n'y arrive pas et que ce n'est pas en demandant à un berger qui a 12 moutons et un olivier de payer 5 millions d'impôts à titre de solidarité nationale que l'on va s'en sortir parce qu'il n'a pas le premier euro des 5 millions en question (un peu comme l'Europe qui doit lâcher 130 milliards à la Grèce alors qu'ils n'ont pas une thune). A ce moment là, si il arrive un jour, la sanction du marché sera terrible...

 

MAIS QUE L'ON SE RASSURE, nous n'en sommes point-là !!! Tout va bien. Le marché monte, le marché se goinfre et rien ni personne ne semble plus capable de stopper son inexorable marche en avant, dans 12 mois les bonus stratosphériques seront de retour, Aston Martin va à nouveau crouler sous les commandes pour des voitures de fonction dans les banques et la Ferrari FFF sera O-B-L-I-G-A-T-O-I-R-E pour aller chercher les enfants à l'école...

 

105896_600.jpgEn tous les cas hier ça montait encore. L'Europe était un peu plus hésitante et terminait sa journée de manière un peu disparate entre hausse baisse et rien du tout. Tout ceci à cause du fait que la Grèce n'avait TOUJOURS pas trouvé d'accord. En revanche New York parvenait à terminer en hausse parce que la Grèce avec PRESQUE trouvé un accord. Vous voyez comme une différence d'interprétation peu vous changer la vie ? La psychologie de marché est un truc formidable. Avec les mêmes informations, vous avez plusieurs points de vue différents et le tout sans bouger de sa chaise. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ça fait des semaines que l'on se masturbe l'esprit avec la Grèce et ses créanciers, fondamentalement RIEN n'a bougé et on est à peu près au même stade que où nous étions le premier janvier. Le Gouvernement Grec discute, négocie, tergiverse, hésite, puis il se fait taper sur les doigts par Angela et le Petit Nicolas, alors il discute à nouveau, puis tergiverse un peu, hésite, négocie beaucoup, fait baisser le pantalon des Hedges Funds, puis il dit que c'est « presque » bon, alors le marché monte...

 

Et ça recommence la semaine suivante, plus de délais, plus de discussions, plus de négociations et le marché monte encore, mais toujours rien de concret. Il faut être honnête si l'on parvenait à utiliser l'énergie du « on y est presque » ou de « plus que quelques jours » ou encore du « on est sur le bon chemin », si cette énergie qui fait monter le marché était transformable pour chauffer les maisons et faire avancer les voitures et les bus des TPG, on n'aurait plus jamais besoin de pétrole.

 

Vous voyez où je veux en venir ; on monte sur ce qui « pourrait » se passer, c'est génial, moi je commence à avoir la trouille que le jour où ça se passe VRAIMENT, on n'arrive plus à monter..... PIRE, que l'on baisse !!! Il y a une phrase que j'avais apprise quand j'était jeune et beau, c'est « buy the rumor and sell the fact », pour ceux qui ne parlent pas la langue d'Hamlet, (je dis Hamlet parce que je me goure chaque fois en écrivant le nom de celui qui a écrit la pièc)... Donc pour ceux qui ne parlent pas la langue d'Hamlet, on dit qu'il faut acheter la rumeur et vendre la nouvelle officielle....

 

Si c'est bien ça, je préfère que les Grecs continuent à négocier jusqu'à qu'en 2042, année ou je partirais à la retraite, compte du fait que d'ici là, ils vont encore repousser plusieurs fois l'âge de la retraite. Et puis avec un peu de chance, d'ici là, Mark Zuckerberg et Facebook pèseront des milliards de milliards et ils auront racheté le monde.

 

Ce que j'essaye de vous dire, c'est que l'on monte sur pas grand-chose que si l'on met bout à bout le nombre de séances sur lesquelles nous sommes montés « parce que la Grèce avance dans ses négociations », j'ai bien peur que l'on puisse leur créditer un bon 50% du chemin parcouru... Bon d'accord, il faut reconnaître AUSSI que les chiffres économiques américains s'améliorent et qu'hier encore le « Consumer Credit » a pulvérisé les attentes du marché, presque aussi bien qu'Apple, je dis bien presque. En même temps, je ne suis pas hyper-convaincu que le fait que les américains s'endettent à nouveau fortement soit un super-bon signe, pour la consommation peut-être, mais pour le reste, je doute.. mais bon. Pour le moment le marché considère que ceci doit être placé dans la colonne « bonnes nouvelles », ne le contredisons pas. Et puis Bernanke a parlé, il est même resté très conservateur, tentant de ne pas s'emballer sur les très bons chiffres de l'emploi, il pense qu'il faut savoir raison garder et que ne pas s'énerver, il faut. Il est donc resté très prudent, mais ça n'a pas fait fléchir le marché. Nous sommes en mode « bonnes nouvelles seulement », le reste n'a pas prise sur nous.

 

Du côté des chiffres du trimestre, on retiendra que Coca-Cola a fait mieux que les attentes du marché qui attendait 77 cents par action, alors qu'ils venaient avec 79 cents. La croissance vient des marchés émergents, apparemment il y a encore des gens qui ne connaissaient pas la boisson et/ou qui augmentent encore leur consommation habituelle, le volume a augmenté de 20% en Inde et ils prévoient une croissance de 5% pour l'année, prenez le temps de réfléchir, mais c'est juste énorme...

 

Il faut tout de même savoir que la première année d'existence de Coca-Cola, en 1886, ils ont vendu 9 bouteilles par jour. Aujourd'hui, on sert 1.7 milliard de Coca-Cola par jour. Que ça fait 49 ans de suite qu'ils augmentent le dividende, que vous trouvez du Coca dans plus de 200 pays et qu'ils emploient 140'000 personnes. Ça fera déjà quelques réponses pour le prochain « Questions pour un champion ».

 

105854_600.jpgAprès la clôture, nous avons eu droit aux chiffres de Mickey qui étaient semble-t-il un peu moins « magiques » que leurs parcs d'attractions. Globalement ils ont fait un peu mieux que les attentes, mais le marché était un peu déçu de la photo globale et le titre était sous pression après la clôture, il perdait quelque chose comme 1.5%, nettement mois que Sillicon Graphics qui s'est complètement raté, ils ont baissé leurs attentes pour l'année entre 15 et 30 cents par action, alors qu'avant nous étions à entre 60 et 80 cents. Apparemment les marges ont souffert à cause de la crise économique en Europe – vivement que la Grèce nous règle le problème – le titre a plongé de 16% after close. Et le restaurant Buffalo Wild Wings a pulvérisé les attentes et montai t de 15% pour fêter ça.

 

Du côté de l'or et du pétrole, l'or est toujours en embuscade, prêt à bondir mais pour le moment les 2'000 sont encore loin du viseur. Le métal se traite à 1748$ et pour ce qui est du pétrole, il semble qu'il se reprenne un peu et devinez grâce à qui ??? Grâce aux espoirs sur la Grèce, bien sûr !!! Ne me demandez pas le pourquoi du comment, probablement parce que le Gouvernement Grec pourrait annoncer que l'Acropole est finalement un derrick dissimulé et que dessous il y a des milliards de litres de pétrole. Ah mais non, trop de pétrole tue le pétrole, ça doit donc être à cause du fait que dès que la Grèce aura trouvé un accord avec ses créanciers, chose qui ne saurait tarder, nous serons ENFIN dans un monde parfait !!! Depuis le temps qu'on attend.

 

En ce qui concerne les indices, on a battu des records, mais les hausse sont tellement faible que les chiffres d'hier devrait amplement suffire, on va donc passer à la suite des évènements.

 

Ce matin l'Asie est en hausse, Tokyo grimpe de 0.8%, Hong Kong de 0.6% et la Chine rattrape un peu de sa claque d'hier avec une hausse de 0.55%. Sydney avance de 0.43%. Les automobiles se portent bien, les bons chiffres de Toyota, mais également le fait qu'ils augmentent leurs prévisions emballe tout le monde. Et puis comme on mise aussi un peu sur Athènes, il fallait quand même que ça monte aussi pour ça.

 

120207_Syria_t618.jpgPour la suite des évènements, on commence tout de même à se poser des questions. Nous sommes déjà monté de 7% depuis le début de l'année et rien de semble vouloir nous empêcher d'aller plus haut. Chaque repli est utilisé pour racheter des actions ce qui donne bien une idée de Ô combien les investisseurs sont sous-investis dans ce type d'assets. Tout le monde commence à avoir la trouille de rater le rallye, mais en même temps on est terrorisé de rentrer maintenant que demain nous corrigions de 5% parce que la Grèce à trouvé un accord et qu'il faut « vendre la nouvelle ». La trouille est donc un facteur majeur du marché actuel. Il y a également un truc qui fout les jetons et je n'arrive d'ailleurs plus à dormir à cause de ça ; c'est le fait que Nouriel Roubini semble avoir tourné positif. Il y a des bruits circulent comme quoi il envisage que le marché puisse aller plus haut. Monsieur est négatif de puis 2007, en septembre 2008 il pensait encore que le S&P devait aller à 300 points et là, à 1347, il tourne positif.. 1000 plus haut, c'est ce qui s'appelle avoir de l'estomac pour rester poli ou alors c'est le désespoir....

 

Néanmoins tout le monde s'accorde à dire que 7% de hausse en 5 semaines, c'est trop. Pour être franc une belle hausse n'est jamais assez haute et même si nous étions monté de 300% en deux semaines je ne suis pas certains que je m'estimerais satisfait, mais force est de constater que c'est un mouvement relativement important pour un début d'année et il paraît assez clair que l'on ne peut pas monter comme ça sans s'arrêter jusqu'en décembre. Alors on commence à envisager une correction, de plus en plus de monde parie là-dessus, mais en même temps quand on voit la volatilité qui se casse la figure, on n'a pas l'impression que l'on se précipite pour acheter des puts. Ce qui corroborerait le fait que personne n'a des actions en portefeuille, donc pas besoin des les protéger, donc si personne n'est investit c'est donc que personne ne peut vendre, sauf ceux qui peuvent shorter mais ils ne sont pas la majorité et se sont suffisamment fait démonter depuis quelques mois. En gros, ce rallye peut encore nous surprendre...

 

wr.pngOutre-Atlantique, François commence à devenir très populaire dans le monde de la finance. Je pense que si un jour il va à Wall Street en tant que Président de la France, ce n'est pas de la farine qu'il risque de recevoir sur la figure. De plus en plus de chroniqueur pense que si il est élu, il sera le fossoyeur de l'Euro et de l'Europe.Peut-être qu'il pourrait prendre Marine Le Pend comme ministre des finance. L'ex-chancellier Allemand, Monsieur Schröder est sorti de sa retraite pour dire qu'il faudrait accepter les euros-bonds pour limiter l'austérité. C'est marrant parce que j'ai un peu l'impression que si Merkel disait la même chose il dirait l'inverse.

 

Chez Airbus on va avoir du boulot ce week-end, on vient de trouver un A380 de chez Quantas avec des fissures dans les ailes. Je ne suis pas expert en aéronautique, mais il paraît qu'avec une aile en moins, ça vole nettement moins bien. C'est ballot que ça arrive sur un A380, heureusement que vendredi je vole sur A330.

 

Dans les bonnes nouvelles, voici une infographie qui vous démontrera que vous êtes clairement sous-payés par rapport à certains CEO. Dans certain cas, ça frise carrément le scandale. LE truc bien dans ce rapport, c'est que l'on a tenu compte de la performance relative de la société en fonction du bonus accordé et que l'on également regardé ceux qui étaient sous-payés. Comme par hasard dans ce camp-là, en 2011 c'était Steve Jobs.

 

 

 

chart.jpg

 

 

 

Le CEO de BlackRock lance un appel aux investisseurs ; « Soyez 100% investit en actions, les obligations ne rapportent rien sur le long terme !!! ». Tiens, on reparle d'investissement long-terme, je croyais que ça avait disparu, comme les dinosaures. En tous les cas si les appels de Monsieur Fink sont entendus, il y a encore de la place pour le rallye étant donné que personne ou presque est 100% actions, déjà 20%, ça serait pas mal....

 

Glencore-Xstrata, c'est fait pour 39 milliards de dollars. A qui le tour ?? On est donc reparti dans la folie des mergers et des acquisitions. Tant qu'il y aura du cash, il y aura des deals. D'ailleurs à ce propos Illumina a rejeté le take-over de Roche, ils sont outrés que ce soit une offre si « bon marché » alors que la compagnie vaut beaucoup, beaucoup plus !!! C'est vrai, elle traitait à 30-35$ depuis des mois, avec le rachat proposé elle vaudrait 45$, avec les spéculations sur l'arrivée d'un chevalier blanc, ça pousse à 52$, mais apparemment le top management tente encore un coup de poker, parce que si ils arrivent à se faire payer 60$ par action, il y a un yacht de 57 mètres avec trois étages à vendre, et à 60$ ça matcherait parfaitement, laissant un peu de menue monnaie pour faire le plein de gasoil.

 

J'aime beaucoup le scénario-fiction qui envisage une attaque en règle sur la France au lendemain de l'élection de François Hollande, à lire dans la chronique de Marc Fiorentino ici :

 

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20120206trib000...

Pour le moment les futures sont légèrement en hausse, il semblerait que l'on attende des annonces de la Grèce dans la journée, comme tous les jours. Les marchés Européens devraient donc ouvrir de bonne humeur en espèrant que tout se déroule comme prévu. Il y aura peu de chiffres qui pourraient influencer quoi que ce soit. Les MBA Purchase Applications et les chiffres des inventaires pétroliers ne suffiront pas à changer l'état d'esprit de la foule. Quand aux seuls chiffres qui pourraient être intéressants, ils sortiront après la clôture, du marché et ce seront ceux de Cisco.

 

Voilà, je ne sais pas comment on dit « je crois que c'est tout pour aujourd'hui » en Grec, mais l'intention y est. Je vous retrouve demain pour le dernier commentaire avant les vacances de ski des G'nevois. En attendant je vous souhaite une excellente journée, en ce qui me concerne, je vais aller me plonger dans le délice de la circulation genevoise, suis trop impatient.

 

A demain amis lecteurs..

 

Morningbull

 

This is the Renault Espace, probably the best of the people carriers. Not that that’s much to shout about. That’s like saying ‘Ooh good I’ve got syphilis, the BEST of the sexually transmitted diseases.’”

 

Jeremy Clarkson

 

 

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mardi, 07 février 2012

Si j'aurais su, j'aurais pas v'nu

 

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Il y a des jours comme ça. Des jours qui ne servent à rien. Ce lundi était un jour comme ça. Je pense réellement que je pourrais m'arrêter là pour ce matin, mais on va essayer de développer un poil tout de même. Vendredi passé, le marché à terminé plus ou moins au plus haut depuis 2008, laissant entendre que rien ni personne ne l'empêcherait de monter encore et encore. Durant le week-end, les américains qui n'étaient pas occupés à nous casser les bonbons avec leurs histoires d'évasion fiscale, de secret bancaire et de méchantes banques suisses qui ne font rien qu'à les embêter, et bien ceux qui ne s'occupaient pas de ça, se sont concentrés sur le Superbowl. Les Patriots devaient gagner, c'était évident et comme ça l'était ils ont perdu.

 

Eh bien lundi matin on eu l'impression qu'en Europe tout le monde avait regardé le match pendant la nuit et lundi matin, ils avaient tellement sommeil que le comportement s'en ressentait. Il y avait un espèce de « momentum post gueule de bois » dans le marché, comme si personne n'avait vraiment envie de s'y mettre et préféraient attendre que quelque chose bouge durant la semaine avant de prendre vraiment des décisions. En plus comme on est tout de même vachement haut, nous sommes tout de même en droit de se poser des questions sur la suite du rallye, même si d'un point de vue purement technique nous sommes toujours inscrit dans un trend bien établi et qu'il ne faut jamais, on le sait, se battre contre le trend.

 

Nous en sommes donc là. On attend bêtement le catalyste qui nous permettra d'aller plus haut ou de corriger massivement et de voir Monsieur Roubini et ses pairs revenir à la télé pour nous dire : « Nanananère, je vous l'avais dit, on va tous mourir et pis c'est tout...!!! »...

 

Pour la défense des investisseurs il faut tout de même reconnaître qu'il n'y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent au niveau du portefeuille (d'actions). Encore une fois, comme à chaque fois qu'on ne sait pas quoi dire ou qu'on ne sait pas quoi faire, on parle de la Grèce. Eh oui, la Grèce possède une mythologie bien fournie qui nous laisse de quoi tourner encore bien des super-production hollywoodienne, mais récemment il faut également leur reconnaître qu'ils font des efforts démesurés afin de rester dans l'actualité de tous les jours. Depuis quelques semaines, à moins qu'Apple sorte des chiffres de malade, on a toujours réussi à caser le sujet de la Grèce dans nos préoccupations journalières.

 

Et comme hier il n'y avait strictement rien à dire, que les chiffres économiques se réservaient pour la suite de la semaine et que les banquiers des banques centrales avaient prévus de se voir plus tard également, c'était trop tentant de revenir sur le sujet Grec...

 

105806_600.jpgLa dernière histoire en date, c'est le plan d'austérité grec, nous en sommes la version 6.0 et Papademos est toujours en train de pagayer pour trouver la version qui va plaire au couple le plus « glamour » de ces 50 dernières années, Angela Merkel et Nicolas « le nain » Sarkozy. En effet, bien que l'on ait quelque peine à s'en souvenir, tant que le plan d'austérité final n'est pas validé, l'Europe ne versera pas le bailout de 130 milliards qui était prévu – d'ailleurs je ne suis pas loin de penser que ça les arranges pas mal, si ça se trouve, ils ne possède pas la queue du premier milliard. Néanmoins les Grecs tentent de trouver la méthode qui satisfera le Président Merkozy tout en évitant que le peuple grec descende dans la rue pour tout casser, puisqu'ils ne leur restera probablement plus grand-chose pour vivre, tellement l'austérité est austère....

 

Pour le moment le plan n'est pas encore approuvé par les Grecs, l'opposition n'est pas d'accord, ce qui est tout de même le rôle de l'opposition et les dirigeants européens continuent de mettre la pression sur Papademos citant au passage une 223ème « date butoir ». C'est aussi un sujet dont il faut parler, car si nous étions décédés à chaque fois que la Grèce avait dépassé la date butoir fixée par l'Europe, en ce moment je ne pense pas que les 9 vies d'un chat aurait suffit pour nous amener jusque-là.

 

Donc sur ce coup-là, je vais m'abstenir d'en parler précisément parce que de toute manière les « dates butoir » restent une des seules choses qui sont extensibles à volonté dans le domaine de la politique européenne.

 

Le sujet de la journée d'hier était donc « la Grèce », comme à chaque fois que l'on ne sait plus quoi raconter ou plus sur quoi se concentrer. Ils n'ont donc toujours pas trouvé de « vrai » plan d'austérité, mais en même temps quand on voit le pognon claqué par le Roi Sarkozy en frais divers, entre autre quelques dizaines de milliers d'Euros pour rapatrier son « génie » de fils, Pierre, parce qu'il avait une gastro, on peut avoir de la peine à se serrer la ceinture en contre-partie. Et puis, au-delà du plan d'austérité, il faut tout de même rappeler que la Grèce devait avoir trouvé un accord avec les créanciers privés avant le 31 janvier au plus tard, on en est loin puisque ça pinaille encoure pour une question de rendement de la dette qui reste, mais là encore, on a certainement omis de spécifier que la dead-line était le 31 janvier...2039.

 

La recette du jour était donc de retirer toute information financière et d'amener le sujet de la Grèce sur la table. Cela suffisait pour voir les marchés baisser et laisser un brin d'espoir, donnant peut-être l'occasion à ceux qui ne l'on pas encore fait, d'acheter le marché. Il faut profiter de tous les reculs possibles et imaginable du marché pour sauter dedans, car quand il sera « vraiment » parti ça sera trop tard. Je dis ça, mais je n'en sais rien, j'ai simplement noté qu'hier, en écoutant BFM Radio, la radio qui répète en boucle les mêmes choses 843 fois par jours et qui estime que tout est « très compliqué », que pour la première fois les commentateurs étaient « sûrs » d'eux. En effet, jusqu'à Noël, nous nous savions condamnés à mourir dans d'atroces souffrances, mais depuis le début du mois de février, apparemment tout a changé, puisqu'hier sur BFM j'ai appris qu'il était « quasi » évident qu'il fallait acheter sur toutes les faiblesses..

 

C'est donc officiel, chez BFM on est en mode bull market et vendons la peau de l'ours avant de l'avoir tué.

 

Bref, vous l'aurez compris, hier était une journée pour rien, avant on avait «My Big Fat Greek Wedding » et maintenant on « My Big Fat Greek Austerity Plan ». C'est moins drôle, comme toutes les suites en général.

 

105796_600.jpgInutile de vous dire qu'avec tout ce que je viens de vous dire, l'Euro était un poil plus faible et que du coup l'or et le pétrole étaient sous pression. Oh, pas une pression démesurée, mais comme personne ne semblait intéressé par pas grand-chose hier, mis à part fait le bilan fantastique de la circulation à Genève (pour les Genevois), l'or s'est effrité. Bien que ce ne soit pas facile d'effriter un métal comme l'or. On va plutôt dire que l'or a légèrement fondu, tel une plaque de beurre en plein soleil. Ce matin l'or est à 1722$ et le pétrole se traîne également, attendant quelque chose de plus franc que des spéculations militaires ou des chiffres des inventaires. Le baril s'échange à 96.92$, mais c'est sûr, quand les Iraniens vont fermer le détroit d'Ormuz, le pétrole va exploser, ce n'est d'ailleurs le seul truc qui va exploser. Mais voilà, pour le moment les Iraniens ont d'autres problèmes bien plus graves qui consistent à empêcher la diffusion des Simpson à la télé pour éviter de corrompre la jeunesse locale. C'est vrai ça serait ballot de voir les Marines accueillis à Téhéran sous une pluie de Donuts et de Duff...

 

Dow Jones 12,845 -17 -0.13%

Nasdaq 2,902 -4 -0.13%

S&P500 1,344 -1 -0.04%

FTSE 100 5,892 -9 -0.15%

CAC 40 3,405 -23 -0.66%

DAX 6,765 -2 -0.03%

Milan 16,390 -50 -0.30%

Madrid 8,835 -26 -0.29%

 

Nikkei 225 8,896 -33 -0.37%

Hong Kong 20,677 -33 -0.16%

Shanghai 2,395 -47 -1.93%

Sydney 4,350 -15 -0.35%

 

Ce matin l'Asie est dans le même état d'esprit que le reste du monde ; méfiant à propos de la Grèce, mais pas que ça. Il y aussi eu le fait que les Australiens ont laissé leurs taux directeurs inchangés, alors que les Dieux de l'économie pensaient qu'ils baisseraient. Il y avait donc une sorte de déception dans l'air. C'est également le terme qui vient à l'esprit lorsque l'on aborde le chapitre de la Chine, depuis des semaines que l'on attend un geste de la banque centrale chinoise qui doit, qui « devrait » baisser les taux et booster le marché et bien aujourd'hui les investisseurs en ont eu marre d'attendre et se sont débarrassés de leurs titres sans aucun état d'âme. Sans oublier que la Grèce (encore elle) pesait sur le moral des investisseurs chinois. Notons tout de même que l'environnement a drastiquement changé sur les marchés, car ce genre de nouvelles il y a trois mois, c'était carrément 3-4% de correction et un massacre dans le secteur bancaire..

 

Après la clôture d'hier soir, Yum Brands a publié des bons chiffres, la société qui détient plusieurs restaurants à vocation diététique, tels que Taco Bell, Kentucky Fried Chicken et Pizza Hut a annoncé un trimestre meilleur que prévu, merci à la croissance sur le marché chinois. Comme quoi ils peuvent bien nous racheter en Europe et aux USA, mais Yum Brands prend le pouvoir au niveau de l'estomac et les rendra tous obèses en Chine. Le titre se traitait en hausse de 2.4%. PMC Sierra était en revanche décevant et le titre reculait de 6.5%.

 

Dans la thématique du marché immobilier, rebondira, rebondira pas ? Un blog très connu et reconnu aux USA a fait un « call » massif, expliquant par A+B pourquoi, selon lui le pire est derrière nous sur le marché immobilier et que le fond de la tasse devrait se situer autour du mois de mars. Après vous pouvez vendre femme et enfants et acheter un condo sur une plage de Floride et faire un carton...

 

http://www.calculatedriskblog.com/2012/02/housing-bottom-...

 

Selon Bloomberg, 56% des employés de Wall Street estiment que le bonus qu'ils vont recevoir cette année, correspond à leurs attentes. Reste à savoir ce que sont leurs attentes. En tous les cas, pour certains, je suppose que le fait de conserver leur emploi devrait déjà être considéré comme un bonus, c'est donc une question de point de vue.

 

Nicolas Sarkozy n'est pas encore candidat à sa propre succession, mais hier il a engagé une nouvelle directrice de campagne, puisqu'Angela Merkel est officiellement venue lui apporter son soutien sur France 2. Heureusement que personne ne regardait. En gros la chancelière allemande est à fond derrière « son » candidat, alors que François Hollande ne cesse de demander une « audience » et qu'elle ne daigne même pas lui répondre. En tous les cas, si Hollande est élu, les relations entre la France et l'Allemagne risquent bien de se refroidir. Mais en attendant, Nicolas roucoule avec Angela et ça serait tout de même un comble si un Président français était réélu grâce au soutien des allemands.

 

105689_600.jpgOn en a également appris un peu plus sur la taxe Tobin que Sarko veut mettre en place cet été. Je suis toujours convainc que c'est une connerie monumentale et que ça ne changera pas grand-chose, en revanche, on y apprend que le « High Frequency Trading » sera taxé également et au vu des marges qui sont appliquées dans ce business, on peur raisonnablement espéré que la mise en place de la taxe va les forcer à mettre la clé sous le paillasson. Ce qui est une excellente nouvelle pour les marchés financiers étant donné que ces systèmes de « High Frequency » font plus de mal que de bien au marché. De ce point de vue là, même si ils ne devrait disparaître qu'en France, je ne peux que saluer cette nouvelle.

 

Entre la Grèce et la Chine, la matinée est moyennement enthousiasmante, mais comme depuis quelques temps le marché a décidé de ne plus baisser, il y a encore de l'espoir. Pour le moment les futures américains sont inchangés, ce qui ne nous laisse que peu d'indications pour la marche à suivre de ce début de journée. On va devoir donc décidé nous-même où l'on veut aller en attendant que les types de Wall Street se pointent au bureau.

 

Bernanke sera de sortie aujourd'hui et à 16h00 heure de chez nous, il « témoignera » devant le Comité du Budget du Sénat Américain. Il y aura également le Redbook et le Consumer Credit. Côté des entreprises, on aura le trimestre de Coca-Cola, BP, Toyota et UBS. Ce soir après la clôture, il y aura aussi Mickey.

 

Voilà, c'est à peu près tout pour la « petite journée » d'hier, j'ai certainement oublié des trucs, mais c'est en tous les cas ce que j'ai retenu. Désolé si je parle un peu trop de la Grèce, mais c'est vraiment le fil rouge du moment, normalement la semaine prochaine on devrait parler du Portugal ou de l'Espagne pour garder un bon équilibre dans tout cela.. mais pour l'instant, c'est le tour de la Grèce.

 

Pour ceux qui n'ont pas besoin de se plonger dans la circulation genevoise, je vous souhaite une excellente journée. Pour ceux qui doivent passer à moins de 15 kilomètres de la conduite d'eau qui a pété vers le Jardin Anglais, je vous souhaite tout le bonheur du monde... Le bordel qui règne ces jours en ville de Genève est devenu quasiment mythique, mais depuis hier on est passé dans une autre dimension...

 

Allez, bonne chance, bon café et à demain.

 

Morningbull

 

 

President Obama spoke at the national prayer breakfast. The president said that his Christian faith is the driving force behind his economic policies. So I guess instead of blaming Bush, it’s now all Jesus’ fault.” –Jay Leno

 

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