vendredi, 24 février 2012
Accrochés à la falaise, rien ne peut nous faire tomber. A moins que...
Cette fin de semaine est étrange. Etrange parce qu'en étant très objectif et ceci malgré mes gènes de taureau profondément ancrés dans mes sabots, il est difficile de croire que le marché puisse continuer à grimper comme cela, sans raison fondamentale de base. Je veux bien croire que l'on anticipe un retour à la croissance, au plein emploi et au délire économique et qu'en plus la Grèce puisse devenir la première puissance économique mondiale talonnée de très près par le Portugal, mais sans avoir fait une étude approfondie, je dirais que même si l'on ne peut pas exclure que l'on retourne dans cet environnement un jour, il ne faut pas non plus s'attendre à que ce soit le cas dès ce printemps.
Et pourtant, ce marché ne veut pas baisser, il est solide comme un roc et ne semble pas décidé à rendre les armes. Surtout que tout le monde est convaincu que nous sommes dans une phase tout à fait propice à une correction après les exagérations de ces dernières semaines. La preuve, même moi j'ai l'impression que l'on roule aux vapeurs d'essence. Mais comme d'habitude, quand tout le monde « sait » ce qui va se passer, en général ce n'est pas ça qui se passe. En faisant ma lecture du matin, je suis tombé sur un article de mon site préféré (www.businessinsider.com) qui faisait le bilan des « gourous » qui appellent à la correction ou au Krach, c'est selon et là je pense très fort à Monsieur Prechter qui nous a tout de même prévu en 2010, le pire krach boursier de ces 300 dernières années... (moi qui pensait que Wall Street avait un peu plus de 100 ans à peine...il doit probablement faire référence au Krach des tulipes en Hollande en 1720).. Et bien quand on lit ce petit bilan, on se rend compte que pas mal de ces « gourous » sont faux et ils ont, pour autant qu'ils aient assumé leurs convictions médiatiques, raté une sacré hausse.
http://www.businessinsider.com/the-idiot-maker-rally-a-mo...
La séance d'hier ne fût pas ce que l'on peut qualifier d'historique, mais force est de constater que ça ne baisse pas. Ok, ça ne monte pas à la vitesse de la biotech Vivus hier – qui à doublé dans la journée – mais quand même on fait preuve d'une force relative qui est tout bonnement impressionnante. Pourtant quand on fait le bilan global on n'a quand même pas envie de danser tout nu sur la table en s'arrosant de champagne, de champomy à rigueur, mais pas du champagne.
Prenons les chiffres économiques de ce jeudi. Tout d'abord il y a eu l'indice de confiance des businessman allemands qui sortait à 109.6, ce qui représente la mesure la plus haute depuis 7 mois. Mais bon, c'est l'Allemagne, si eux n'on pas un minimum confiance en l'avenir, il y a deux ou trois autres pays en Europe qui peuvent commencer à envisager de se suicider à coup de pots de Nutella. Néanmoins cette nouvelle donnait un ton positif au marché en ce début de journée, puis les bancaires publiaient de pertes abyssales, bien que ce ne fût une surprise pour personne, voir les chiffres du Crédit Agricole, Royal Bank of Scotland, Natixis ou encore Dexia, surtout Dexia, dans un état pareil ne donnait pas forcément envie d'utiliser les comptes off-shores pour acheter le marché. Et pourtant ça ne baissait pas tant que ça.
Puis la Commission Européenne se lançait dans les prévision économiques et réduisait ses pévisions pour la croissance du PIB de la zone des 17 pays concernés. On passait de +0.5 à -0.3, rien de très réjouissant, pour ne pas dire que c'était complètement pourri, mais en même temps c'est des prévisions, le jour où les gars ils sont sûr d'eux et sont justes à tous les coups, ça se saura, mais pour l'instant ça reste la grande loterie à numéro. Un peu comme la météo, surtout quand on voit le bordel que c'est dans les comptes de certains pays, il y a de quoi se poser des questions sur la réelle visibilité que nous puissions avoir sur la croissance du PIB en question. Non, pour être franc la Commission Européenne peut faire toutes les prévisions qu'elle veut, elle continue de voler sans visibilité dans le brouillard alors que tout le système IFR vient de les lâcher, reste plus qu'à espérer qu'il n'y ait pas trop de montagne sur le trajet.
Ceci dit et quoi que je puisse bien vouloir en penser, cette nouvelle était à peu près aussi agréable que quand vous claquez la porte de votre voiture et que vous vous rendez compte que vous avez laissé un doigt dans la portière. Mais là encore, le marché n'en à rien à carrer et bronche à peine à la baisse.
Ensuite aux USA, c'était les bonnes nouvelles qui prenaient le commandement, avec des « jobless claims » au plus bas depuis bien longtemps et surtout bien mieux que ce pensaient les économistes. Même si il faut rester super prudent sur ce genre de chiffres qui peuvent être corrigés et réinterprétés tous les deux jours par un quelconque bureau obscure de Washington D.C, sur le moment les intervenants se sont estimés contents et la tendance à « l'amélioration » se confirmant, c'était suffisant pour garder les ours en cage. Le chiffre suivant, celui du Kansas City Federal Reserve Manufacturing Index était également meilleur que les attentes et là aussi ça suffisait à tout le monde pour retenter d'accrocher le scalp des 13'000 sur le Dow Jones à notre tableau de chasse, malheureusement ce fût pas encore suffisant pour hier soir.
Globalement le meilleur commentaire que j'aie pu lire ce matin, c'est un analyste d'une banque quelque part qui disait que le marché montait sur des espoirs et que le jour où ces espoirs sont déçus il va se consumer devant les yeux ébahis et terrorisés des investisseurs. Même si je ne partage pas forcément la fin de l'histoire, je suis assez d'accord sur le fait que l'on monte parce qu'on pense que ça ira mieux demain. En même tant quand on regarde autour de nous on se dit que ça ne peut pas vraiment être pire et puis quand on regarde un peu plus loin de nous, on se dit qu'en fait oui, ça pourrait être encore pire.
Mais peu importe ce qu'on pense, pour l'instant on est accroché à la falaise avec une douzaine de pitons bien solides, 5 ou 6 cordes pour s'assurer et rien ne semble pouvoir nous faire lâcher prise, mais avec toute cette sécurité, forcément ça prend du temps pour monter plus haut, mais la chute semble, pour l'instant totalement hors de question. Cependant comme la météo change super-vite en montagne, on ne peut jurer de rien.
Une des problématique du moment, ne nous le cachons pas, c'est le prix de ce foutu baril. Ces 156 litres et des brouettes d'or noir qui continuent de nous pourrir la vie et de faire exploser les budgets familiaux. Nous sommes toujours perdu dans cette espèce de phase d'amour-haine. D'un côté, on se dit que si le pétrole monte, c'est que la demande est là et que l'économie va plutôt pas trop mal et c'est pour ça que S&P500 est le baril bougent de façon concertée comme le montre le chart ci-dessous :
La question est de savoir jusqu'à quand les deux compères vont pouvoir bouger ensemble, car si le S&P peut continuer de monter indéfiniment tant que la croissance et les bonnes nouvelles macro et micro économiques le permettent, ce n'est pas le cas du baril. Comme je l'ai déjà dit et répété dans ce blog, il y a 4-5 ans en arrière on avait fixé un plafond au baril. Dès qu'il passait les 90$, il risquait de ralentir l'économie et devenait donc, logiquement, un danger pour l'avenir du marché des actions. Pourtant, ces derniers temps, on semble avoir oublié ces niveaux de référence puisque nous sommes carrément 20$ plus haut (ou 20% plus ou moins) que cette zone fatidique des 90$ et le S&P500 est quand même au plus haut depuis je-ne-sais-plus-combien de temps. Le prix du baril ne freinerait-il plus l'économie ?? Ou bien ?? De bleu de bleu.. En tous les cas il semble que depuis quelques années ces deux-là ait développé une belle corrélation, car si l'on en croit cet autre chart que vous voyez ci-dessous, si le baril venait à se péter la figure, il y a fort à parier que le marché des actions le suivrait comme un seul homme. Donc, à moins que quelque chose change dans l'environnement dans lequel nous vivons - et ne me demandez pas quoi – il semble mieux pour tout le monde, surtout pour le monde des investisseurs que le pétrole continue à monter et même si les ricains doivent payer 5$ leur gallon, c'est encore nettement moins cher que chez nous !!!! Et pis si ils ne sont pas contents, ils peuvent toujours acheter une Prius, c'est moche d'accord, mais ça consomme pas grand-chose.
Ce matin le baril est au plus haut depuis bien des mois, comme le marché des actions, il est à 108.47$ le baril et quand on regarde le chart ci-dessus cette fois, on à l'air d'arriver dans des zones qui pourraient nous mener à croire que le marché ET le baril puissent entamer une correction concertée. Sauf qu'avec les Iraniens et les Américains qui s'amusent à « qui à la plus grosse » et enchaîne « qui fera la première connerie », ça paraît tout de même peu probable que le baril replonge sous les 100$ entraînant le S&P500, ou est-ce le contraire.. Je ne sais plus, je ne sais pas.
L'or est à 1783$ et rien ne bouge...
Un autre signal à la mode pour les ours qui sommeillent en vous, c'est le fait que l'indice Dow Jones Transportation est en train de marquer le pas. En effet quand vous êtes actif dans ce type d'industrie, aviation, trucking ou autre automobiles, quand le gallon monte comme cela, ça fait moyennement plaisir. Et cet indice est souvent un indicateur avancé de la correction à venir. Reste à déterminer l'horizon temps et l'amplitude de cette correction, selon Monsieur Prechter, l'amplitude sera ENOOOOOOOOORMMMMEEEE... Que même les dinosaures n'avaient jamais vu une correction boursière de cette ampleur, à l'époque de Jésus, il y a 2000 ans et des poussières, mais quand il a commencé à marché sur l'eau et a multiplier les pains, on s'est dit qu'il pourrait faire repartir la croissance lui tout seul en multipliant la croissance du GDP, donc du coup on a évité le pire... Mais là, si on corrige selon Prechter, même Monsieur Tyrannosaure Rex n'aura pas vu des corrections pareilles.
Rapide tour d'horizon des niveaux des indices :
Dow 12,985 +46 +0.36%
Nasdaq 2,957 +24 +0.81%
S&P 500 1,363 +6 +0.43%
FTSE 100 5,938 +21 +0.36%
CAC 40 3,447 0 0.00%
DAX 6,809 -34 -0.50%
FTSE MIB 16,312 -245 -1.48%
IBEX 35 IDX 8,528 -129 -1.49%
Nikkei 225 9,618 +22 +0.23%
Hang Seng 21,360 -21 -0.10%
Shanghai 2,533 +9 +0.35%
Ce matin l'Asie est légèrement en hausse, sauf Hong Kong qui tire toujours la patte depuis que la Chine ne veut pas favoriser le marché immobilier, déjà hier ils n'avaient pas aimé, mais ça continue encore ce matin. C'est surtout le secteur de l'énergie qui tient tout ce petit monde en hausse, là encore c'est le baril qui fait des siennes.
Dans les nouvelles du jour, on attendait très fort des déclarations d'Apple concernant leur éventuel paiement de dividende. Il est vrai qu'avec 100 milliards à quelques iPhones près dans les caisses de la compagnie, les actionnaires pouvaient éventuellement s'attendre à recevoir un cadeau pour les vacances de Pâques. Eh bien il va falloir repousser ce désir aux calandes grecques, puisque le fabricant de l'iMac a décidé de « réfléchir » encore un peu à l'attribution de ces ressources. Oui c'est vrai quand on voit tout ce qu'on peut faire avec 100 milliards, il y a de quoi réfléchir. Apparemment ils hésitent entre racheter la totalité des entreprises du CAC40, on carrément de s'offrir la Grèce, après tout, Apple est déjà une religion, pourquoi ça ne deviendrait pas un pays. Mais visiblement l'investisseur ne leur tient pas rigueur de conserver le cash, puisque le titre prenait tout de même 0.65% hier soir. Bon, d'accord 0.65% c'est pas l'euphorie, mais c'est quand même 3.35$ pour APPLE...
Après la clôture d'hier soir, les bonnes nouvelles continuaient dans le secteurs des software, puisque Salesforce a publié des chiffres nettement au-dessus des attentes du marché, du coup le titre bondissait de 11% à 22h00. Bons chiffres également chez AIG, qui ont fait plaisir aux investisseurs qui comprennent encore quelque chose au bilan l'assurance américaine, personnellement, après le 8ème bailout et la 3ème intervention du Gouvernement j'ai arrêté de suivre le feuilleton. Néanmoins, pour ceux qui se sont accrochés sur le sujet, hier ça devait être bon puisque le titre grimpait de 6%. Même chose chez Marvell qui prouve encore une fois que les semi-conducteurs vont bien et que rien ne peut les arrêter... Le titre prenait 3% after close. Et puis comme tout ne peut pas non plus être parfait partout et tout le temps, Crocs a sorti des chiffres carrément déçu, sortant 10 à 20% plus bas que les attentes, le fabricant de Birkentstocks en platisque s'est donc fait démonter de 11% en fin de soirée et sa journée d'aujourd'hui risque d'être longue et difficile.
En même temps, des chaussures en plastique ?? Déjà quand t'en achète une paire c'est pour sortir les poubelles et encore en faisant attention que personne ne te voies, parce que sinon la photo finit sur Facebook et ta vie sociale s'arrête là... Il ne fallait quand même pas s'attendre à que Crocs pique le marché des Westons ou pire des Nike Air Jordan super max version retour vers le futur dédicacées par Marty McFly. Crocs ça reste de chaussures en plastique et puis c'est tout, si encore on pouvait téléphoner avec leur donner des ordres avec SIRI, je pourrais encore y croire, mais autrement..bof.
Autrement dans le reste des nouvelles, Apollo Group serait sur le point de racheter la division « oil » d'El Paso Corp pour la modique somme de 7 milliards de dollars. Renault est sur le point de ressortir l'Alpine Renault, la renaissance du véhicule mythique des années de quand je ne conduisais pas encore devrait ressortir en 2014. Dimanche c'est le début du Mobile World Congress à Barcelone. Nokia y fera son grand retour après deux ans d'absence au salon et ne cherchez pas un stand Apple, vous ne trouverez pas, ils ne s'abaissent pas à ce genre d'évènements. Ce n'est pas Apple qui vient à vous, c'est vous qui allez à Apple.
Nous sommes vendredi, je ne vous apprends rien de ce côté. Pour ce qui est des chiffres économiques, nous aurons le Consumer Sentiment, les New Home Sales et deux directeurs de la FED qui causeront. La journée ne devrait pas nous réserver de surprise majeure, même si, psychologiquement on aimerait bien boucler cette semaine sur une nouvelle hausse et finalement accrocher ces 13'000 sur Dow au mur de notre salon. Pour le moment les futures américains sont en hausse de 0.3% et on prend encore une fois le chemin de la hausse. Pourvu que ça dure.
Voilà, c'est tout pour ce matin et pour cette semaine d'ailleurs. Il me reste à vous souhaiter que du bon, un bon café, un bon croissant et un bon week-end !!
On se retrouve lundi dans la joie et la bonne humeur et le plaisir d'être revenu au bureau après un week-end ensoleillé. Profitez bien, encore quelque giboulées en mars et on pourra envisager les terrasses... BON, TRES BON WEEK-END à vous. Merci de votre fidélité.
Morningbull
« Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde écoute »
Michel Audiard
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Commentaires
bonjour,
Je suis abonné à votre blog depuis quelque temps et je suis toujours aussi admiratif du temps que vous consacrez à écrire vos billets. êtes-vous plusieurs :) ?
en tout cas merci beaucoup pour le ton que vous employez et pour la qualité de vos infos.
Bon week-end,
cordialement,
Jean Marie Crespin
Ecrit par : Crespin | vendredi, 24 février 2012
Les commentaires sont fermés.