mardi, 21 février 2012

Il paraît qu'on y est presque, ah non pardon, on y est tout court !!!

 

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Presque est le « maître mot ». Depuis des semaines et des semaines on ne parle plus que de ça sur les marchés financiers. Le Bailout de la Grèce devrait BIENTÔT être approuvé. Quand je suis parti en vacances il y a plus de dix jours, nous étions déjà dans la même situation ou presque. Nous avions « presque » un accord qui nous tendait les bras. En commençant cette semaine, tout le monde est arrivé au bureau en se disant que cette fois, c'était sûr avec la réunion des ministres des finances à Bruxelles et l'optimisme ambiant, le deal devait être dans la poche d'ici la fin de journée de lundi.

 

Mais voilà, le hic c'est qu'il est passé 3 heures du matin en Suisse et il n'y a toujours pas d'accord. Ça cause toujours à Bruxelles il paraît, bien que l'on peut émettre quelques doutes sur l'efficacité de ces Messieurs qui sont en meeting depuis le milieu de l'après-midi.

 

Peu importe, on s'autorise à penser dans les milieux autorisés que l'accord devrait être conclu tout soudain et c'est ce qui faisait monter le marché hier. On sait tous que l'on ne laissera pas partir la Grèce avec l'eau du bain. La seule question que commencent à se poser certains « experts » financiers, c'est de savoir si les 130 milliards du Bailout prévus, seront suffisant pour sauver le pays à l'horizon 2020. Oui, car pour ceux qui auraient raté un épisode, l'objectif est de rendre le pays profitable, nickel et désendetté pour l'an 2020. Huit ans pour apprendre à ne plus vivre au-dessus de leurs moyens et huit ans pour effacer une mentalité qui dure depuis bien plus longtemps que ça, on peut en douter légèrement, sachant que les américains n'arrivent pas à se guérir de cette maladie depuis des années, ils ont d'ailleurs réglé le problème en écrivant ça dans leur constitution. T'es pas endetté, t'es pas un vrai mec.

 

Mais là n'est pas le problème du moment. Aujourd'hui les marchés financiers vivent au rythme de la Grèce, dès lors nous pouvons donc nous poser la question suivante : « Qui va payer les 30 milliards supplémentaires que le FT estime nécessaire pour atteindre l'objectif 2020 ? », quand on voit que l'Allemagne commence à pinailler à coup de 300 millions d'euros dans le budget, je vous laisse imaginer Ô combien ils vont apprécier de devoir trouver 30 milliards de plus. Ce qui amène les investisseurs à se poser une autre question :  « Que va-t-il se passer lorsque le Bailout sera officialisé, ou pas ? »...

 

Et cette question est légitime. En effet, on attend tellement de cette annonce, que le marché est déjà monté en anticipation car vous pouvez interroger la plupart des traders et autres intervenants du marché, tout le monde est convaincu à 100% ou presque – très important le presque en ce moment – que la Grèce sera sauvée, on peut donc se dire que si c'est confirmé, on devrait « vendre la nouvelle », puis rebondir pour fêter ça, mais légèrement car tout le monde à peur à des niveaux pareils, quand on voit que l'Allemagne est en hausse de 19% depuis le début de l'année. En revanche dans le cas (peu probable) que tout capote, la correction qui suivrait pourrait être bien plus sévère, ce qui nous permettrait de résumer la chose de la manière suivante : « Il y a moins à gagner à la hausse qu'à perdre à la baisse »... Cette constatation semble évidente et c'est ce qui me fout la trouille, parce que quand c'est évident.....(vous connaissez la suite)...

 

Nous voilà donc dans un statuquo le plus total, on attend toujours et encore. Je suis parti 10 jours et rien n'a changé, la Grèce est toujours dans le viseur des investisseurs. Il y en a bien deux ou trois qui se demande ce qui peut bien se passer au Portugal, car si on sauve la Grèce et que le Portugal coule, on ne sera pas plus avancés qu'avant, mais visiblement CNBC et Bloomberg TV n'ont pas assez de caméras et d'équipes de tournage pour poster du monde devant le parlement Grec et EN PLUS à Lisbonne, faut quand même pas pousser à la fin !!!

 

106662_600.jpgDonc hier, nous avons vécu la journée sur le Placébo du Bailout grec. Les américains étant fermés pour cause de jour férié en l'honneur des Présidents américains. Ou des anniversaires de Lincoln et/ou Washington, c'est selon et comme à chaque fois qu'ils sont fermés, les intervenants européens ont tout de même des doutes sur la direction à suivre, il y en a même qui continuent de regarder ce que fait le future américain pour trouver une direction, un indication, un signe... pendant que les américains eux, ils dorment pour profiter du lundi de congé, mais c'est bien ce genre de journée ça occupe les marchés européens et ça leur donne l'impression d'être dans le siège du conducteur une fois dans l'année. La journée était donc en hausse, portée par les espoirs cités dans mes commentaires ci-dessus.

 

Heureusement qu'il y a eu de quoi faire sur le take-over de TNT en Hollande. Délaissé il y a encore quelques jours soudainement la valeur est devenue la proie d'UPS, de DHL et de FedEx, puisque depuis qu'UPS a montré son intérêt soudainement les autres ont fait de même. L'effet « mouton » me surprendra toujours. Autrement on parlait également beaucoup de Véolia et de l'éventuel remplacement de son CEO, ce qui déclenchait une polémique dont Sarkozy se serait bien passée, puisque des rumeurs circulaient sur le fait que l'ex-ministre UMP, Monsieur Jean-Louis Borloo pourrait éventuellement peut-être devenir CEO de Véolia avec l'aide à peine dissimulée de l'Elysée. Ces rumeurs tombaient mal au moment le Président de petite taille montait sur ses talonnettes pour expliquer à ses fans qu'il voulait être le Président du peuple et pas des riches... (par contre pour occuper ses week-ends, il veut bien aller faire du bateau avec Bolloré et manipuler le CAC40 la semaine suivante, un hobby de petite gens en fait...)...

 

Peu importe la véracité ou pas de cette rumeur, le titre n'a pas aimé et était le plus gros paria du CAC hier. Dans les « autres bruits  de marché », on entend dire ici et là que GM serait sur le point de prendre un grosse participation dans le groupe PSA. Ou comment Chevrolet voudrait se marier avec une 207 ou une C3 Picasso. Affaire à suivre.

 

L'or restait plus ou moins là où il se trouve depuis des semaines, oscillant entre partout et nulle part. Même le fait que John Paulson ait recommandé chaudement l'achat d'or pour se protéger de l'inflation automatique générée par les dépenses du Gouvernement, quand on sait que le Hedge Fund Manager en question détient des positions stratosphériques sur le métal jaune, on est en droit de se demander si sont discours et fondamentalement argumenté ou est-ce que c'est les positions qui parlent et qu'après une année catastrophique, un bon premier trimestre ne serait pas de refus. Ce matin le métal jaune est à 1736$ l'once.

 

Côté pétrole, il s'en est passé des choses. L'Iran a donc bougé ses premières pièces sur l'échiquier de la grande claque dans la gueule qu'ils cherchent à prendre depuis un moment. Tout d'abord l'envoi d'une flottille dans la Méditerranée, chose qui a moyennement plu aux américains, j'en suis certain. Le Génial Président Iranien a eu ensuite une seconde idée pour se faire des amis ; il a stoppé les livraisons de pétrole aux Français et aux Anglais. Visiblement ça commence à chauffer sur la piste de danse, mais on est encore seulement dans la phase des étirements, reste à savoir qui va dégainer en premier. Si le Président US avait encore été Double You Bush, on aurait eu la réponse, en moins de trois jours il aurait lancé tout ses pions dans la batailles, mais avec celui qui en place en ce moment – en plus Prix Nobel de la paix – c'est plus compliqué. C'est vrai que quand on est une colombe avec un rameau d'olivier dans le bec, ce n'est pas simple d'accrocher des missiles stinger sous les ailes pour aller se faire Armanidjadjajjjj. Néanmoins ces petites tensions amicales avec en toile de fond la bombe nucléaire, fait les choux gras des traders sur le pétrole. D'ailleurs dans l’hebdomadaire préféré de la profession : « Pétrole Gadget News », on se disait encore cette semaine que si tout cela pétait joyeusement, le baril pourrait monter sans problème à 150$. Pour le moment il es sur le bon chemin avec 104.90$ affiché au compteur ce matin.

 

106690_600.jpgEnsuite il faudra tout de même se poser la question, histoire de savoir à partir de quel moment le prix du baril devient un frein pour l'économie. Il n'y pas si longtemps que cela quand j'avais juste un peu moins de cheveux gris, les « anciens » disaient qu'un baril au-dessus 90$ était mortel pour la croissance économique et destructeur pour les marchés. Bon, visiblement la théorie est toujours valable, c'est juste le niveau qui a changé, reste à savoir lequel c'est.. Pour le moment on s'en tape magistralement, mais je suis prêt à parier que dans un avenir pas si lointain, une star de la finance va revenir sur le sujet.

 

BREAKING NEWS

 

Oui, je dis Breaking News parce que je ne vais pas recommencer toute la rédaction de mon texte, tout cela juste parce que les Ministres des Finances Européens ont fini par se mettre d'accord à 4h11 du matin alors que j'avais déjà tapé 2 pages et demi. Le second Bailout de la Grèce est donc dans la poche. Il s'élève à 130 milliards d'Euros, soit 172 milliards de dollars. La Grèce devra atteindre le ratio dette/PIB de 120% à l'horizon 2020 et les créanciers vont se prendre un « haircut » de plus de 53% sur leurs obligations.

 

Comme on dit par ici ; ça, c'est fait.

 

Du coup l'Euro/dollar semble s'envoler, il vient de prendre près d'une figure sur l'annonce.

 

Et puis les marchés asiatiques qui étaient très dubitatifs, pour ne pas dire « négatifs » ce matin, on tenté de faire mine de saluer l'annonce. Cependant l'étincelle fût brève et de courte durée, le rallye n'aura duré que le temps de taper le mot « rallye » sur une machine à boule IBM. À l'heure où je vous parle, les indices du Far-East, qui était légèrement négatifs, voir « à l'équilibre », il y a quelques heures et bien ces indices sont passés franchement dans le rouge en ce qui concerne Hong Kong, Tokyo et Shanghai, en revanche les Australiens ont l'air plutôt contents, puisque c'est le seul indice de la région qui monte. Il est donc difficile de prévoir ce que feront les marchés européens dans les premières heures de l'aube, quand l'ours est à l'affût pour essayer de casser les pattes arrières du taureau qui s'ébat joyeusement dans la prairie depuis des semaines.

 

Inutile de vous dire qu'en ce qui concerne les nouvelles de la journée, vous pouvez avoir découvert un vaccin contre la connerie, racheter la totalité de Novartis et de Roche à coup de 1'000 frs par action, avoir battu Roger Federer avec un bras dans le dos et la raquette de Bjorn Borg, version vintage, personne ne prêtera attention à ces exploits, trop concentrés que nous serons à célébrer le plan de sauvetage de la Grèce. La news va être décortiquée, célébrée, développée et commentée, ça fait tellement longtemps qu'on attend, on va sûrement se faire plaisir, de plus il n'est pas exclu que le 21 février devienne du même coup un jour férié européen pour fêter ça.

 

Non, et puis surtout, la bonne nouvelle c'est que maintenant on va pouvoir s'occuper du Portugal !!!

 

Voilà, je crois que tout est dit au sujet de la Grèce, je crois cependant que l'on va pouvoir garder le sujet au chaud, car mon petit doigt me dit que dans les mois qui viennent, il y a bien quelqu'un qui aura oublié un facture au fond d'un tiroir et que finalement 60 milliards de plus, ça ne serait pas de refus... mais on verra on en reparlera le moment venu...

 

Et puisque nous en sommes-là, je vais me permettre de pousser mon petit coup de gueule à moi : Vous, je ne sais pas, mais depuis le début de cette histoire, il est clair que la Grèce a fait plein d'effort pour se mettre dans une situation plus que critique, aujourd'hui ils doivent payer et se reconstruire sur le long terme, on est tous d'accord. Cependant il me semble que l'on oublie un peu vite le rôle de Goldman Sachs qui se sont tout de même bien défoulés à l'époque, faisant à croire à tout le monde que tout allait bien, juste le temps de leur fourguer des produits sur la Grèce, après avoir plus ou moins ré-interprété les comptes du pays et juste avant d'appeler leur client, Monsieur Hedge Fund Manager pour lui dire : «Vas-y short la Grèce, le pays est au bout du rouleau, mais t'as encore le temps de vendre à découvert le temps que les autres y comprennent quelque chose ».. En gros, on a clairement l'impression que Goldman Sachs n'a peut-être pas amené la Grèce là où elle est, mais ils ne l'ont pas aidée à s'en sortir, mais plutôt à s'enfoncer. Ah ben oui, tu comprends tant que y a du pognon à faire, y a pas de raison de se priver.... Mais visiblement ça ne choque personne. Les banques suisses qui cachent des montagnes d'argent grec, ça dérange les politiciens français, mais par contre Goldman Sachs qui aide la Grèce à tresser la corde pour se pendre, c'est normal, c'est du bizness mon ami !!!

 

Encore une fois, nous sommes tous égaux, mais les américains sont plus égaux que les autres et Goldman Sachs pareil, mais plus...

 

106441_600.jpgBien que les premières pages seront trustées par la Grèce, je vous livre tout de même deux ou trois nouvelles qui pourront toujours servir à meubler la conversation avec le musicien qui joue dans le tram pendant que ce dernier essaye de récupérer la demi-heure de retard qu'il a depuis ce matin : Apple a gagné un procès pour une histoire de patente face à HTC, rien de nouveau, mais les compagnies de téléphones mobiles ne savent plus comment faire pour combattre l’hégémonie d'Apple, si ce n'est devant les tribunaux, pourquoi ne pas faire un téléphone qui soit mieux que l'iPhone à la place ? Le Barron's publie un article positif sur Corning, le fabricant de verre pour les écrans plat devrait rebondir selon le journal, il parle d'un objectif à 20$ sur deux ou trois ans. Le titre vaut 13.84$ aujourd'hui, si les investisseurs achètent le titre pour jouer 50% de hausse 3 ans, c'est que la mentalité à changé de manière drastique, habituellement c'est la performance espérée dans la semaine, les temps change comme disait l'autre..

 

Et puis toujours dans le Barron's on ne comprends toujours pas la stratégie de Meg Whitman chez Hewlett, c'est peu clair et c'est brouillon en ce qui concerne la direction à prendre désirée. Transocean, la société de forage offshore qui s'est installée en Suisse purement pour des raisons qualité de vie, vient d'annoncer qu'ils ne recommanderont pas le paiement d'un dividende en 2012.

 

Alors que les américains reviennent de week-end et entament la semaine avec un jour de retard, tout sera décalé. Les premiers chiffres économiques importants tomberont demain et c'est les chiffres de l'immobilier qui donneront le ton de la semaine américaine, maintenant que le cas de la Grèce est réglé (hahaha). Ensuite les inventaires du pétrole ne sortiront pas mercredi, mais jeudi. En gros courte semaine, mais ça va nous laisser du temps pour se mettre au portugais.

 

Pour le moment les futures américains sont en hausse, ils ont même accéléré à la hausse alors que l'annonce de l'Eurogroupe était faite. Sauf que les Européens sont encore au lit (pour la plupart) et que les américains sont encore hier, donc la hausse indiquée n'est pas très représentative, même si le future S&P avance de 0.3%. Selon les règles non-officielles de la bourse, le marché devrait baisser, maintenant qu'il connaît la nouvelle... En revanche, il faudra voir si la baisse va durer ou si tout ceux qui ne sont pas rentré dans le marché vont sauter dans le train... ce qui devrait donner un baisse de courte durée... Le S&P500 va faire face à son « plus haut » depuis 12 mois, niveau qu'il va falloir casser rapidement si on veut espérer afficher le chiffre 1'400 au compteur avant le printemps.

 

On notera tout de même le fait que la semaine passée, les « in-flows » dans les fonds actions domestiques américains sont au plus haut depuis avril 2011, inutile de vous rappeler ce qui s'est passé après...

 

Il me reste à vous souhaiter une excellente journée « grecque », en ce qui me concerne je suis de retour, mais j'avoue que ce n'est pas l'envie de repartir qui manque... Mais on va s'accrocher. Que votre café soit à votre goût et on se revoit normalement demain matin...

 

Morningbull

 

China's vice president was in Los Angeles today. When he got off the plane, he apologized for his problem with the language. Apparently, his interpreter doesn't speak Spanish.” –Jay Leno

 

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06:24 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | |  Facebook

Commentaires

Ca, c'est fait...
Très juste ce que vous dites au sujet de GS.
Welcome back.

Ecrit par : Yorgos | mardi, 21 février 2012

Votre Morningbull du matin me met en joie et vous nous avez manqué.
Je n ai pour ma part qu un commentaire à faire : les vacances font des merveilles pour votre orthographe.

IMcD

Ecrit par : Isabelle mcdermott | mardi, 21 février 2012

Passionnant! Mais, si vous le permettez, les Américains et la dette (ou autre chose) américaine.

Ecrit par : Mère-Grand | mardi, 21 février 2012

Je cite "l'objectif est de rendre le pays profitable, nickel et désendetté pour l'an 2020". Bof, juste une réduction à 120% du pib. Avec une récession continuelle qui ne leur permettra de régler leur futurs intérêts à 3.6% malgré 100 mds de décôte. Un taux de chômage explosif, des dépenses sociales paradoxalement en diminution. Ca c'est de la rilance. Moi je penche plutôt pour de la rigueur (avec le "r" de relance). On n'a pas fini d'en entendre parler!

Ecrit par : What? | mardi, 21 février 2012

Les commentaires sont fermés.