jeudi, 26 janvier 2012
Mieux vaut être américain, en bonne santé avec des taux bas, que grec, malade avec des créanciers qui vous haïssent
Si l'on se penche sur la journée d'hier en Europe, on se rend rapidement compte que l'histoire se répète. Non seulement depuis quelques jours, mais également comme depuis plusieurs mois. C'est un cycle qui semble être sans fin.
En effet, depuis 2 ans maintenant (ou presque), on vit le même scénario :
Etape 1 : on se rend compte que la Grèce à un problème
Etape 2 : on identifie le problème et on commence à se dire que « SI » ça tourne mal on va s'en prendre plein la figure
Etape 3 : le monde merveilleux de la finance tente de trouver une solution pour régler le problème, mais comme tout le monde veut gagner de l'argent et que le « greed » prend le dessus, on ne trouve pas.
Etape 4 : les autorités s'en mêlent et, après des sommets tout azimuts, des conférences calls incessantes et des effets de manche mémorables, les autorités européennes débarquent avec « LA » solution que personne ne comprends exactement comment ça marche et encore moins comment ils vont faire pour la mettre en place, mais on se dit qu'ils doivent savoir ce qu'ils font, après tout ce sont des politiciens.
Etape 5 : on commence à oublier le sujet de la Grèce et on se rend compte que le Portugal est dans une sacré merde. A noter que le Portugal peut être remplacé par l'Espagne ou l'Italie.
Etape 6 : après une période d'oubli (généralement 6 à 8 semaines) on revient sur le sujet de la Grèce et on se rend compte que la Grèce à « TOUJOURS » un problème (retour à l'étape 1).
Je vous l'ai toujours dit ; « facile la bourse ».
Aujourd'hui nous en sommes à l'étape 3 ou 4, les créanciers privés sont toujours en train de pinailler pour trouver un accord avec la Grèce, le FMI, par la voie de sa patronne commence à tenter de pousser les gens à passer franchement à l'étape 4, puisqu'elle propose que si les « privés » ne veulent pas prendre la perte annoncée, ça serait peut-être une bonne idée si le coût de l'aventure soit supporté par l'Europe, ou mieux la BCE. Ce qui semble tout de même étrange comme stratégie, à tel point que l'on se demande vraiment si il n'est tout de même pas mieux de laisser partir la Grèce en défaut (ce qui est de toute manière largement intégré dans les prix) et de recommencer à zéro. Bref, le sujet est un serpent de mer, il faut tout de même reconnaître que l'on bosse sur la restructuration de la dette grecque depuis un an. Que le sujet revient sur les ondes toutes les 8 semaines et que, pour être honnête, je n'ai pas l'impression que les choses aient changé. En attendant on attend que les négociations avancent et les investisseurs ont les boules et quand ils ont les boules, les investisseurs, ils vendent les bancaires.
Il m'est difficile de résumer la journée européenne du marché autrement que de cette manière. Encore une fois, même si le sujet de conversation principal de toutes les salles de trading du monde était les chiffres stratosphériques d'Apple, comme elle ne fait ni partie du CAC40, ni du DAX et encore moins du SMI (qui lui souffrait des résultats de Novartis ), les intervenants européens ne pouvant même pas se rattraper sur une « techno » comme Alcatel puisqu'elle se faisait défoncer suite aux chiffres pourri d'Ericsson, dans ces conditions on ne pouvait pas trouver la lumière et la joie et le bonheur qu'Apple tentait de diffuser sur la planète ne parvenait pas dans nos contrées boursières européennes qui ma foi restent tout de même bien plus intéressées pas l'avenir de la Grèce plutôt que par celui de l'iPhone.
On s'est donc pris la tête toute la journée en se disant que c'était abominable ce qui se passait en Grèce, alors que les Allemands refusent toujours de signer des chèques supplémentaires pour l'Europe et que Merkel essayait d'expliquer calmement aux Espagnols, via le journal El Pais (dans lequel elle donnait une interview) que NON, contrairement aux idées préconçues, son pays n'a pas des ressources illimitées, vous devez confondre avec l'Arabie Saoudite. On reprend donc la vieille fable de la Cigale et de la Fourmi, et en ce moment la fourmi germanique en a marre que les 26 autres Cigales de l'Europe qui ont chanté depuis une bonne dizaine d'été continuent de frapper à la porte pour demander du pognon. Encore peut-être qu'en ce qui concerne l'Espagne, l'Allemagne pourrait consentir à un arrangement dans le cas où Messi et Ronaldo voulait bien aller jouer au Bayen de Munich et changer de nationalité pour intégrer la Manschaft, mais autrement faut quand même pas rêver...
Donc nous, les européens – on se sent mal à l'aise parce qu'un pays qui fait payer 12 euros pour aller visiter un chantier en ruines ne trouve pas le moyen de rembourser ses dettes. Et qu'en plus, pendant que la Grèce se débat dans les négociations, les journalistes sont en train de se jeter sur le sujet tiède qui tend à passer sur « brûlant », du Portugal. Il semble clair que dès que la bombe grecque aura été désamorcée (pour 8 semaines), le prochain sur le menu, c'est le Portugal.
Et pendant ce temps-là, le iS&P500 continue son iBonhomme de iChemin en direction des iSommets. Rien ne semble vouloir freiner la iMarche en Avant des indices américains qui terminaient leur séance au plus haut depuis 8 mois, à savoir 4 cycles de dépression nerveuse sur le sujet de la Grèce. Les américains vivent dans un monde différent et rien ne semble pouvoir ni vouloir les faire changer d'avis. Pourtant hier il y avait tout de même les chiffres des ventes de maisons qui n'étaient pas bons du tout, nettement en dessous des attentes, mais on a préféré faire comme si on ne le voyait pas comptant sur le fait que si jamais ça allait vraiment mal, on pourrait inventer la iMaison à Crédit et Apple pourrait ainsi sauver le monde. Enfin, le monde c'est vite dit, sauver les USA suffirait amplement. En plus on ne voulait pas trop attirer l'attention sur les mauvais chiffres de l'immobilier, surtout que ça fait trois semaines que l'on dit partout que le marché immobilier à vu le pire et qu'il est sur le chemin de la rédemption, on aurait l'air un peu con de commencer à flinguer la campagne de marketing mise en place à ce sujet.
Mais bon, peu importe « THE SUJET » of the day restait Apple et puis c'est tout. Meilleurs chiffres du monde, meilleurs chiffres de l'histoire, plus grosse capitalisation boursière mondiale, 100 milliards de cash sur le compte en banque, la capacité de sauver la Grèce ou le Portugal – tiens, encore eux – en un coup de baguette magique ou alors de racheter la totalité du CAC40, juste pour rire. Apple aura eu le mérite de mettre tout le monde d'accord hier. Ou presque tout le monde, parce qu'il y a quand même un Monsieur qui s'appelle Ed Zabitsky, qui est chez ACI Research qui persiste et signe et en remet une couche, pour lui Apple va à 270$, soit 40% plus bas qu'ici. Pour lui ça ne peut pas durer et Androïd eet son Ice-Cream Sandwich va les cannibaliser et puis c'est tout. Pour la petite histoire, j'ai acheté un Samsung Galaxy SGII qui tourne sous Androïd, eh ben il est posé sur mon bureau depuis 3 semaines, prenant la poussière et moi j'utilise un 4S et PLUS JAMAIS je ne toucherais un Samsung. Voilà, ça c'est fait !!!
Non contents d'avoir Apple qui stimulait tout le marché et l'économie, les américains pouvaient également compter sur le soutien de la FED. Comme le FOMC Meeting prenait fin hier soir, ils ont annoncé leur intention de conserver les taux au niveau du sol pendant encore deux ans !!! On est incapable de savoir ce qui se passera la semaine prochaine, ni même demain, ni même si les Mayas auront raisons en décembre, mais la FED peut déjà vous dire qu'elle ne remontera pas les taux avant 2014. Et il y même certains EXPERTS qui parlent de 2016...
Il est clair que dans ce conditions, difficile de faire autrement que de faire monter le marché, baisser le dollar, exploser l'euro et acheter de l'or pour marier sa fille en Inde, juste au cas où. En conclusion à la journée d'hier, il y avait deux poids et deux mesures. A ma droite l'Europe qui balise sur le sujet de la Grèce, du Portugal et de la dette souveraine dans son ensemble et de l'autre les USA qui baignent dans le bonheur d'avoir des taux bas et tant qu'ils peuvent changer d'iPhone tous les six mois, tout va bien.
Côté matières premières, l'or montait because le dollar était faible, l'or noir a bien tenté de faire de même, puisqu'il est même passé brièvement au-dessus des 100$, pourtant, rien à faire, il est repassé immédiatement en dessous lorsque les publications des inventaires de la semaines commencèrent à arriver sur les téléscripteurs et autres Bloomberg. En effet, pour la première fois de l'histoire des USA, les attentes du marché étaient exactement les mêmes que les chiffres officiels de l'EIA... MAIS NONNNNNNNNN, JE DECONNE... comme d'habitude c'était complètement à côté de la plaque et les intervenants trouvaient même ça faiblard. Le baril s'est donc fait décalquer dans les instant qui suivirent avant de remonter en direction des 99.99$ où il se trouve actuellement. L'or repassé au dessus des 1700$, à 1715$ pour être précis. Logiquement nous devrions avoir une interview de Jim Rogers dans les deux semaines à venir, Jim Rogers qui va nous dire que l'or devrait aller à 2'000$...
iDow Jones 12757 +0.64%
iS&P500 1326 +0.87%
iNasdaq 4S 2818 +1.14%
iFootsie 5723 -0.50%
iCAC40 3312 -0.31%
iDax 6422 +0.04%
iMib 15840 -0.56%
iIbex 8555 -0.42%
SMI 6073 -1.01%
Tokyo 8848 -0.40%
Hong Kong 20343 +1.16%
Shanghai 2430 +1.01%
Sydney 4329 +1.00%
En Asie ils sont enfin de retour, les Chinois. Après quelques jours de congé dû à l'arrivée de l'année du dragon, ils ont enfin trouvé la force de se lever pour aller bosser. Du coup, ces quelques jours d'absence leur donné un peu de retard sur le reste du monde, il fallait donc sortir la cravache et rattraper le retard, d'où la hausse de ce matin. En revanche, au Japon, fatigué d'avoir fait tout le boulot depuis le début de la semaine, les japonais prennent les profit et perdent un peu de terrain ce matin. Et les GDP Coréen était en hausse de 0.4%, ratant les prévisions des analystes.
Dans les nouvelles du jour, on continue dans le monde merveilleux de la technologie, puisqu'hier soir il y avait également du monde qui publiait ses chiffres du trimestre. Le nom qui sort en tête du chapeau s'appelle « NetFlix », l 'ex-superstar de l'année 2010 et un des titres qui a vécu une des plus belle correction en 2011 (pour ceux qui aiment l'histoire boursière) a publié de chiffres de très bonne qualité hier soir. Pas aussi bon qu'Apple, mais quand même nettement meilleurs que les attentes des types qui tapent sur des spreadsheets excel pour prédire l'avenir alors qu'une bonne pièce de monnaie ou une tasse de café pleine de marc ou de feuilles de thé devraient amplement suffire à faire de la prédiction. Donc chiffres nettemenet meilleurs et le titre s'envolait de 14% après la clôture. Mieux qu'Apple – en termes de pourcent. Très bons chiffres également chez LSI qui bondissait de 7%. En revanche des chiffres correct chez SanDisk, mais un discours que les investisseurs trouvaient trop conservateurs surtout que la compagnie qui fait des cartes mémoires laissait entendre que les mois à venir serait très difficiles.
Côté politique, alors que les Républicains continuent de se foutre sur la tronche en Floride pour savoir lequel de Gringrich (tu parles d'un nom pour un Président) et de Romney sera élu pour aller croiser le fer avec Obama. Il y a aussi Santorum qui est sur les rang, mais déjà que la semaine passée son petit côté grenouille de bénitier (oui, son gros côté, d'accord) était exaspérant, mais là les commentaires comme quoi « l'enfant d'un viol était tout de même un cadeau de Dieu », je trouve carrément qu'il est bon à enfermer, ça lui donnera d'ailleurs une meilleure idée des relations homosexuelles en prison, puisqu'il est également contre cela... Bref, pendant ce temps là, le candidat Obama commence à se chauffer et les attaques en règle contre les Républicains commencent à fuser. Une chose est sûre, cette campagne 2012 va voler très haut, ça va être un combat de gentlemen et ça va finir à se rouler dans la boue en se filant des coups de poings dans les parties génitales. Mais pendant ce temps Timothy Geithner en a profité pour annoncer qu'il ne se représenterais pas comme Secrétaire du Trésor au cas où son mentor Obama été réélu. On est déjà impatients de voir qui sera le prochain. Bon si c'est les Républicains qui gagnent, je verrais bien Bozo le clown et si c'est les Démocrates, je verrais bien le CEO d'une banque américaine, j'hésite entre Dimon, Blankfein et Pandit. Ou alors Monsieur Hildebrand, il paraît qu'il va avoir un peu de temps libre l'an prochain.
William Baer qui était l'avocat d'AT&T lors de l'échec du rachat de T-Mobile, refusé par la commission anti-trust, a fait savoir qu'il était candidat au poste de responsable de la division anti-trust du Département de la Justice. Ben oui, c'est assez logique si tu ne peux pas battre ton ennemi, bats-toi à ses côté. En ce qui me concerne je n'imagine même pas pouvoir rejoindre certaines institutions d'état que je ne nommerais pas, mais bon, mes ambitions politiques ne sont sûrement pas les mêmes.
Le CEO de Morgan Stanley, James Gorman a déclaré que ceux de ses employés qui ne comprendrait pas le concept de réduction de salaire auraient besoin « d'ajuster leur attitude ». En gros ça doit vouloir dire : « si tu n'acceptes pas 25% de baisse sur tes 650'000$ annuels, je te propose 100% de baisse et d'aller directement au chômage sans passer pas la case négociations »... JP Morgan a annoncé le licenciement de 100 personnes qui bossaient au département « Tresuary », probablement des gens qui n'avaient pas « ajusté » leur attitude.
Ce jeudi sera placé sous le signe des publications en tout genres, ce matin les Allemands et les Français vont publier les chiffres de la confiance du consommateur entre 8h et 8h45, puis la Suède et le Danemark publieront leurs chiffres de l'emploi, ce sera ensuite au tour de l'Italie de publier la confiance du consommateur vers 10h00. Ensuite les Anglais publieront les ventes au détail. Ce sera ensuite le tour des USA avec les Durable Goods, les Jobless Claims, le Bloomberg Comfort Index, les New Homes Sales, les Leading indicators, les chiffres du gaz, le Fed Balance Sheet et le Money Supply.
Ça, c'était pour l'aspect « macro ». En ce qui concerne le publications du trimestre, même si après Apple tout paraît fade, il y aura tout de même Time Warner, Monster Worldwide, Lockheed Martin, Colgate, Raytheon, Under Armour, Caterpillar, AT&T, VeriSing, Kla-Tencor, Amgen, Juniper, Starbucks, 3M, Celgene, Motorola mobility, Bristol Myers et Amylin Pharma.
Pour le moment les futures américains sont légèrement en baisse, mais pas de quoi paniquer, après une journée comme celle d'hier, il y a de quoi prendre quelques profits ce matin.
C'est tout pour ce matin et c'est presque tout pour cette semaine, mais il va encore falloir que je me lève demain matin pour que la boucle soit bouclée. En attendant, je vous souhaite une très bonne journée, un bon café et on se retrouve demain en plein forme, si tout va bien.
Morningbull
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