mercredi, 25 janvier 2012

Une pomme de la taille d'un éléphant

 

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La journée en Europe fût encore une fois placée sous les signe de la Grèce. Pas besoin de vous refaire un dessin, le fait que les grecs n'arrivent toujours pas à trouver un arrangement avec leurs créanciers privés fait baliser les investisseurs qui craignent que tout capote au dernier moment. Surtout que les ministres des finances européens commencent à s'en mêler. Alors que les créanciers refusent de d'échanger leurs anciennes obligations contre des nouvelles si le taux est inférieur à 4%, les ministres européens, eux, refusent que les nouvelles obligations possèdent un coupon supérieur à 3.5%. On voit donc que nous sommes dans le « pinaillage » le plus totale et ça frise le « fine tuning » du pinaillage. Quand on voit combien les investisseurs se sont déjà pris dans les dents sur la Grèce, pour ne pas dire ailleurs que les dents, on se demande si ça vaut bien la peine de pleurer pour 0.5%... C'est toujours le premier pas qui coûte, alors foutu pour foutu, je ne comprends pas bien ce que ces comptes d'apothicaires vont changer sur la ligne d'arrivée :

 

  • Alors ? T'as perdu combien sur la dette grecque toi ?

  • Oh, une bricole ; 3.7 milliards d'euros. Mais heureusement comme j'ai négocié comme un chef sur l'échange d'obligations – bond swap, dans le language qui fait classe – j'ai pu récupérer 250'000 Euros d'intérêts, étalé sur les 40 prochaines années. C'est mon petit-fils qui va être content..

 

Mais on a sa fierté ou on ne l'a pas. Néanmoins, ce gigantesque pinaillage financier continue de stresser les nerfs de tous les gentils investisseurs à l'ouest d'Athènes – voir carrément à Athènes, puisque le marché s'est fait défoncer hier – et ceci jusqu'à l'est du Portugal. L'Europe était toute crispée hier. Il faut pourtant savoir raison garder et relativiser la crispation. Il est vrai que l'on montait moins facilement que d'habitude, mais si on avait vécu la même journée avec les mêmes nouvelles il y a 6 ou 8 semaines, on aurait été en apnée toute la séance se faisant démonter sur tous les secteurs avec des baisses minimales de 15% sur les banques. En revanche hier, on baissotait et les banques tenaient relativement bien le coup.

 

Quand on voit que la Société Générale ne perdait que 5% alors qu'elle venait d'être downgradée par mes amis de chez S&P, on peut presque qualifier ça de « rebond technique ». 5% de baisse pour un titre qui vient de perdre encore un de ses « A », c'est de la rigolade, surtout quand on sait que le titre en question vient pratiquement de rebondir de 50% depuis les plus bas de l'an passé... 5% de baisse, laissez-moi me rouler par terre de rire...

 

Donc, la Grèce.

 

Rien de neuf sous le soleil mais on se contente de ressasser les mêmes histoires en espérant que ces dernières vont être interprétées différemment cette fois. En même temps, je ne sais même pas pourquoi on perd du temps avec toute cette histoire. Ce matin encore je lisais un article qui parlait d'un fund manager quelconque au fond du Minnesota qui s'estimait « terrifié » par ce qui pourrait se passer si la Grèce ne parvenait pas à un accord, alors que l'on sait tous que ce accord va être trouvé au dernier moment. Comme dans les James Bond. Vous savez quand il court après la bombe pendant tout le film et que finalement juste au moment où il doit la désamorcer, il doit encore se battre avec 8 japonais, ceinture noire 22ème dan de karaté et armés jusqu'au dent et qu'au moment où il a descendu le dernier avec un mawashi geri coup de pied circulaire, et en va tranquillement pour couper le fil du détonateur, il se rend compte qu'il y a un fil bleu et un fil rouge et qu'il ne sait pas lequel couper, que son téléphone portable n'a pas de réseau, mais que, heureusement la James Bond Girl à les yeux bleus et il sait donc que c'est le rouge qu'il doit couper. Ce qu'il fait. A cet instant précis, le « timer » de la bombe indique qu'il reste 0:01...

 

Eh ben la Grèce c'est pareil. Sauf qu'il n'y a pas la James Bond Girl. Mais on se mettra d'accord au dernier moment. C'est pas bien d'avoir trop de temps devant soit.

 

Peu importe. Comme l'investisseur est un animal méfiant. Surtout après l'année qu'il vient de vivre, il préfère quand même du concret que des théories fumeuses et des comparaisons avec les films de l'agent britannique au service secret de sa majesté. DONC... tant qu'il y aura des incertitudes sur le sujet des grecs et des méchants créanciers qui ne veulent arranger personne juste pour être encore plus « greedy », eh ben on aura des excuses pour les mauvaises journées comme hier.

 

Les USA ouvrait dans le sillage des Européens, mais au moins eux il avait d'autres sujets à aborder que la Grèce. Bon, bien sûr on en parlait aussi, surtout qu'hier certains traders américains comprenaient pour la première fois que la Grèce n'est pas qu'un pays imaginaire que l'on voit dans les vieux films d'Hollywood. Mais heureusement il y avait aussi pas mal de chiffres trimestriels qui devaient permettre aux intervenants de se changer les idées. McDonald's publiait des chiffres toujours aussi impressionnants, mais cette fois ils foutaient le doute à tout le monde en disant que les profits futures seraient impactés « à cause de l'euro ». Le titre baissait de 2.2% sur cette théorie.

 

Il faut savoir que la théorie du « les résultats seront impactés par les changes » est une vieille technique utilisée par les multinationales qui gagnent de l'argent sur l'ensemble de la planète. Nestlé a été longtemps expert en la matière. A chaque publication de résultat on était terrifié de ce qu'aurait pu éventuellement peut-être couter les tergiversations du dollar ou d'une autre monnaie internationale et à chaque fois la compagnie avait tout protégé, tout « hedgé », ce qui fait qu'à la fin les mouvements du dollar ou de l'euro avaient eu autant d'impact sur les chiffre du trimestre que l'atterrissage d'une mouche sur les fesses d'un éléphant.

 

Autrement les chiffres du trimestre n'ont eu aucun impact sur Johnson et Johson ou encore DuPont. Les chiffres étaient japonais. Nippon ni mauvais. En revanche les bon chiffres de VMWare, la maison mère, EMC, faisait de même. L'expert en « storage » bondissait de 7% pour fêter la nouvelles.

 

Pour le reste, on avait les yeux fixés sur la réunion de la FED qui commençait ce mardi. Bien que nous n'aurions aucune nouvelle avant mercredi soir, ça valait tout de même la peine de spéculer sur les sujets qui seront abordé entre les rois du monde de la finance. On sait déjà que les taux ne bougeront pas. Il est même probable, selon certains experts qu'ils ne remonteront pas avant 2014 au minimum. Je suis d'ailleurs toujours aussi impressionné quand on fait des prévisions à 2 ans alors que l'on ne sait même pas si ce week-end il fera soleil ou pas. Le mot « quantitative easing » est de retour, puisque certains se dise que dans le discours de ce soir, il se pourrait que Bernanke fasse allusion à l'éventuelle probabilité éventuelle d'un QE3. Rien de moins sûr, mais ça fait causer dans les bars.

 

Et puis au stade des prévision, le FMI a couper les perspectives de croissance de l'économie mondiale pour 2012 et 2013. Là encore, c'est bon à savoir quand on sait qu'ils n'ont rien vu venir au sujet des évènements de ces 5 dernières années, mais ça ne coûte rien de prendre un billet de loterie, sur ce coup-là, ils ont quand même une bonne chance d'avoir raison.

 

104737_600.jpgEn ce qui concerne l'or et le pétrole, rien de neuf sous le soleil. Les Navy Seals ne sont toujours pas rentrés dans Téhéran – quoiqu'en même temps, il ne font pas de la pub quand ils sont en tournée – et les deux matières premières fétiches des investisseurs restent sans grande activité. L'or est à est 1667$ et le baril vaut 99.11$. Pas de quoi se faire un infarctus avec la volatilité.

 

Dow Jones 12676 -0.26%

S&P500 1315 -0.10%

Nasdaq 2787 +0.09%

Londres 5752 -0.53%

Paris 3323 -0.47%

Francfort 6419 -0.27%

Milan 15929 +0.14%

Madrid 8591 -0.33%

SMI 6135 +0.12%

 

Tokyo 8880 +1.08%

Sydney 4319 +0.77%

 

Le reste est toujours en train de bouffer du dragon.

 

L'Asie est en hausse, estimant que les « théories de la peur » sur la Grèce sont un tout petit poil exagérées. Les banques tirent le marché australien et Tokyo a publié son premier « trade deficit » annuel depuis 1980. Il est vrai qu'après l'année qu'ils viennent de passer, entre les catastrophes naturelles et la force du yen, ce ne fût pas simple pour les exportateurs japonais.

 

Passons maintenant aux nouvelles du jour et à LA nouvelle qui aura donné son titre au commentaire de ce matin.

 

Hier soir après la clôture et d'ailleurs depuis l'ouverture du marché d'hier on ne parlait que d'un seul titre, UN SEUL et il s'agit d'Apple. En regardant les attentes du marchés et en regard des chiffres que la boîte de Cuppertino devait annoncer, les gens étaient très dubitatifs sur la capacité d'une compagnie qui vient de perdre son chef spirituel et dont la gamme semble toujours arriver au bout de ses capacités, à surprendre positivement le marché. ET POURTANT...

 

A 22h00, juste après la clôture et après avoir baissé gentiment durant toute la séance, comme si tout le monde avait le même scénario en tête et préférait vendre en anticipation, se disant que si Apple ne surprenait pas à la hausse, la sanction baissière serait terrible. Encore une fois, ils allaient faire mentir le marché. Les chiffres du trimestres étaient proprement hallucinants. Je crois qu'il n'y pas d'autre terme et il est difficile de trouver une zone du bilan dans laquelle Apple n'a pas pulvérisé les attentes des plus optimistes.

 

Tim Cook a annoncé un bénéfice net de 13.1 milliards pour le trimestre, soit 13.87$ par action. Pour vous donner une idée, les analystes attendaient un net de 10.08$ par action. Apple est 40% au dessus des attentes. On attendait des ventes pour quelque chose comme 30 millions d'iPhones, ils ont annoncé 37 millions d'iPhones vendus. L'arrivée du 4S et l'apparition du Siri a visiblement déclenché un énorme cycle d'upgrade. Et en ce qui concerne l'iPad qui était supposé avoir vécu son « pire » trimestre avec l'arrivée du Kindle d'Amazon, tout va bien pour lui, merci. Le CEO estime même que dans le monde des tablettes, il y a l'iPad d'un côté et les autres de l'autre côté.

 

A titre de comparaison, à la même période il y a un an, Steve Jobs avait annoncé 6 milliards de bénéfice net.. contre 13.1 milliards aujourd'hui. Je crois qu'il n'y a rien à ajouter.

 

Ah oui, juste deux choses, Apple qui est connu pour être « conservateur » pour l'avenir a annoncé des prévisions monstrueusement élevées pour le trimestre à venir et hier soir après la clôture, le titre se traitait en hausse de 8% à 453$ au plus haut de tous les temps et de loin. Les détracteurs d'Apple auront certainement raison un jour en disant que « ça ne peut pas durer comme ça » et que le fait que le software soit « fermé » va faire que les consommateurs vont se lasser, mais pour le moment les consommateurs veulent quelque chose de beau, d'intuitif et de facile à utiliser. Si c'est ce que VOUS recherchez, ce n'est pas chez Samsung que vous le trouverez. CQFD.

 

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Les chiffres de Yahoo ! N'étaient pas extraordinaires, comme quoi il ne suffit pas de virer Jerry Yang. Le titre reculait de 0.6% après les annonces.

 

Roche sort son porte-monnaie et s'offre Illumina pour la modique somme de 5.7 milliards de dollars, cash. Le titre était suspendu depuis le 21 décembre pour cause de rumeur de rachat. Le deal se fait tout de même avec une prime de 64%. Même si le take over est hostile, la douleur devrait être gérable pour les actionnaires.

 

Les rumeurs font état d'une réduction de salaire globale de 25% chez les Investment Bankers de chez BofA. Vous je ne sais pas, mais je pense qu'il n'est pas exclu qu'ils saisissent la cour des droits de l'homme afin de faire valoir la monstruosité de cette injustice.

 

Chez FaceBook, on suspend le trading des titres de la société pendant trois jours. Ce n'est pas officiel, puisque Facebook est traité au marché gris, mais des personnes proches du dossier le disent, sans dire pourquoi parce que sinon c'est pêché. En général on stoppe le trading du marché gris pour laisser le temps de publier les annonces officiels pour l'IPO, mais selon la personne-proche-du-dossier-qui-a-parlé-mais-qui-culpablilise-à-mort, cela ne veut pas « forcément » dire qu'ils vont remplir les documents de l'IPO. Si c'est le cas cette nouvelle ne sert à rien, si au contraire, c'est le cas, ça va commencer à chauffer. Pour le moment sur le marché gris, Facebook vaut 82 milliards de dollars de capitalisation boursière. Et il n'ont pas encore vendu le moindre produit, pas un iPhone, pas un PC, pas une X-Box.

 

Hier soir il y avait également le discours sur l'état de l'Union. Pour ceux qui ne regardaient pas la conférence de Tim Cook, il y avait Obama qui était sur la deux et qui faisait son discours de campagne. En gros, il veut aider la classe moyenne (dans l'hypothèse où elle existe encore), il veut aider les étudiants, il veut aider également les familles qui sont au bord de l'expulsion, foreclosure et subprime oblige, mais ça risque d'être trop tard. D'ici novembre ils seront tous dehors. Il pense aussi que les américains qui gagnent plus d'un million par année ne devraient pas payer moins de 30% de taxes - pas comme son futur adversaire qui paye autant que sa femme de ménage (en proportion) – pour motiver son discours il avait invité officiellement la secrétaire de Warren Buffet, Debbie Bosanek, devenue célèbre depuis que tout le monde sait que son taux d'imposition est plus haut que celui de son boss.

 

104754_600.jpgIl veut aussi faire payer des impôts à TOUTES les multinationales américaines, mêmes celles qui sont basées au Delaware ou au Bahamas (moche pour GE). Il veut aussi avoir la maîtrise de l'énergie (est-ce une manière de dire qu'il va envahir le Moyen Orient dans sa totalité, va savoir). Il veut aussi « continuer » sur la voie de la construction d'une économie qui dure... Construite pour durer. La Chine c'est cool, il faut juste trouver le moyen de bosser avec et à l'entendre les 4 prochaines années, ça va être super quand il aura fait tout ça. Reste plus qu'à voter pour lui parce que : « Yes, he could ». Et pis en même temps si c'est pour avoir un clone de «W » à la place d'Obama, vaut peut-être voter pour un borgne que pour un aveugle. Au moins celui-là il aura été prix Nobel de la Paix ... AHAHAHAHAHAHAHAHAHHAHAHAHA....

 

Pardonnez-moi, chaque fois que je m'en rappelle je ne peux que mourir de rire.

 

Après le discours de François Hollande, Sarkozy a démonté et critiqué son programme, ce qui n'est pas une surprise. Mais il y a également Baudoin Prot Premier, CEO de BNP qui est monté au créneau pour exprimer sa « fatigue » vis à vis des critiques faites aux banques. Ben ouais c'est vrai y z'ont rien fait de mal, c'est trop injuste. Baudoin Caliméro Prot estime que les banques ont changé à une vitesse sans précédent et PLUS RIEN n'est pareil et qu'en plus ça n'a pas coûté un centime au contribuable. Bref, eux ils ont la classe, ils ne font aucune erreur et c'est tout de la faute des autres ils faut donc les laisser en paix. En tous les cas si François « Flamby » Hollande est élu, ça va être facile de faire ami-ami avec les banques...

 

Côté chiffres économiques nous aurons les MBA Purchase Applications, FHFA House Prices, Pending Homes Sales, Chiffres du pétrole, annonce du FOMC Meeting et la conférence de presse qui va avec. Pour ce qui est des chiffres du trimestre, il y aura Abbott, Boeing, ConocoPhilips, Corning, Exelon, General Dynamics, Novartis, Piper Jaffray, Textron et Xerox avant l'ouverture, puis à 22h00, il y aura Amylin, Citrix, E*Trade, Lam Research, Logitech, LSI, Murphy Oil, Netflix, Noble Corp, SanDisk, Symantec et Zynga.

 

Pour le moment les futures américains sont en hausse de 0.35% pour le S&P500 et de 1.05% pour le Nasdaq, merci qui ??? Merci Siri... Ce mercredi matin n'est pas encore un matin pour la gueule de bois chez Apple, un jour viendra peut-être, mais c'est pas cette semaine.

 

Voilà c'est tout pour aujourd'hui, ce fût un vrai plaisir d'écrire ce matin, il me reste à vous souhaiter une très bonne journée pleine de Nespresso, de donuts et de jus d'orange pressé. Moi je vous retrouve demain si vous le voulez bien.

 

Morningbull

 

"You know why President Obama chose Disney World? It was the only place with longer lines than the unemployment office, so it looks better." –Jay Leno

 

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