lundi, 23 janvier 2012

Toujours plus haut, mais la température monte

 

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A quelques jours de la fin du mois de janvier, les marchés se retrouvent dans une situation peu imaginable il y a encore quelques semaines. Aucun des problèmes qui nous occupaient en décembre ne sont réglés, on en est même encore loin, la plupart des pays « à problèmes » possèdent dorénavant des ratings moins élevés que le premier janvier, les perspectives restent des perspectives, mais pour le moment l'optimisme a clairement pris le dessus sur le pessimisme. On ne va pas passer trop de temps sur la semaine passée, mais il faut tout de même retenir que l'Europe est au plus haut depuis la rentrée scolaire de septembre, les USA viennent d'aligner leur 3ème semaine de hausse consécutive et ils sont au plus haut depuis juin de l'an passé.

 

La force relative des marchés reste, il faut le dire, impressionnante. Alors que l'on ne cesse de lire des articles dans la presse et de voir des stratèges nous raconter que l'on va tous y passer et que c'est foutu, qu'on ne s'en sortira pas, que l'Europe est morte, que l'Euro aussi et que l'économie américaine est foutue, pendant ce temps, ça monte. Alors d'aussi loin que je me souvienne, on dit que le marché des actions est un indicateur « avancé » de l'économie. Si c'est toujours le cas et si les gens qui ont fait des études n'ont pas trouvé une explication différente, on devrait comprendre d'ici cet été, pourquoi on remonte comme ça. Ou alors c'est ce que l'on appelle un « dead cat » bounce et on va se faire massacrer dans les semaines à venir.

 

Toujours est-il que, du point de vue des nouvelles économiques, quelles soient macro ou micro, c'est plutôt bon !!! Voir excellent, mais utiliser le mot « excellent » serait faire preuve d'un enthousiasme exacerbé. Toujours est-il que tout semble plutôt bien se passer, les chiffres économiques américains sont bons, l'emploi se redresse lentement mais sûrement, mais c'est surtout l'immobilier qui semble faire son grand retour. Le réveil du secteur aux USA est encore faiblard, mais les signes ne semblent pas tromper et, à moins que les banques décident de nous créer des produits structurés sur le sujet, produits que l'on pourrait qualifier de « subprimesques », on a bon espoir de voir cette partie importante de l'économie US reprendre des couleurs et surtout reprendre sa vraie place.

 

Pedant ce temps les chiffres des sociétés qui publient sont bons, voir très bons, la semaine passée encore, après les publications de Microsoft, IBM, Intel, GE et Google, nous avons pu nous rendre compte que la qualité de ces chiffres n'est pas à démontrer pour le moment. Mis à part Google qui aura quelque peu déçu, mais surtout parce que les analystes se sont un peu emballés, un peu comme chaque fois qu'une société fini son cycle de « croissance », pour rentrer dans le « value », on a toujours de la peine à trouver ses marques et peut-être que Google a terminé sa phase de croissance monstrueuse et que les chiffres ne peuvent plus, ni mathématiquement ni physiquement, doubler chaque trimestre. Néanmoins tout le reste est excellent, les semiconducteurs sont au comble du bonheur, là encore un signe avancé de recovery économique, puisque l'on sait que quand le secteur des semi's va, c'est tout le reste qui suit derrière. Après la semaine que l'on vient de vivre, entre ASML, Xilinx, Intel et les autres, il n'y a pas besoin d'être né dans la Sillicon Valley pour comprendre que ça bouge dans le groupe et dans le bon sens.

 

319278_2740608718655_1360534692_4068380_820552768_n.jpgDu coup, toutes ces bonnes nouvelles font oublier les problèmes fondamentaux de base, les raisons pour lesquelles la fin du monde était proche il y a encore 3 semaines. Les raisons pour lesquelles les STARS DE L'ANTICIPATION FINANCIERE ont downgradé tout le monde. Car sans vouloir jouer l'oiseau de mauvaise augure, ce qui n'est pas ma vocation, je n'ai pas l'impression que la situation merdique dans laquelle nous étions il y a un mois, s'est fondamentalement améliorée... Non, c'est surtout le sentiment général qui aura progressé ; les investisseurs qui n'osaient pas prêter à l'Italie à moins de 7% sont revenus à des considérations plus confortable pour Monsieur Monti, emprunter de l'argent quand on est un pays européen est gentiment redevenu possible sans subir des taux d'usuriers. Mais fondamentalement quand même, rien n'est réglé, même si des plans d'austérité se sont mis en place, il faudra des mois si ce n'est des années pour qu'ils commencent à porter leurs fruits, l'affaire n'est donc pas encore gagnée, le meilleur exemple étant la Grèce qui n'a pas encore vraiment trouvé le moyen de se mettre d'accord avec leurs créanciers privés, puisque ce week-end ces derniers ont expliqué qu'ils étaient d'accord de prendre 70% de pertes sur leur investissements en Grèce, mais que plus ils ne pouvaient pas. Et si ça ne suffisait pas à la Grèce, la prochaine étape se le défaut pur et dur. En gros pour l'instant rien n'est réglé, payer 30% d'un emprunt ce n'est pas si mal mais 30% de 100 milliards ça fait toujours beaucoup d'argent surtout quand tu n'as pas la couleur du premier centime dans ton porte-monnaie. Pour le moment on est donc toujours en stand-by.

 

Dans la même thématique l'italien, Monsieur Monti demande plus d'argent dans le fonds d'aide aux pays en difficulté (in extenso : eux), mais les Allemands continuent de mettre les pieds au mur et refusent de booster le fonds en question, quand au patron de l'EFSF, il estime qu'il y a assez d'argent dans ce fonds pour aider l'Italie et l'Espagne. Reste a espérer que les autres s'en sortent tout seul, parce que sinon, va falloir aller emprunter en Italie...

 

Comme vous le voyez, nous sommes bien plus haut que le premier janvier. Les financières ont littéralement explosé la semaine passée puisque soudainement le sentiment changeait et tout le monde était « convaincu » qu'on allait trouver une solution, bien que personne ne puisse mentionner laquelle, mais à la fin de la semaine, il faut quand même se rendre compte que rien, ou alors pas grand-chose n'a changé. Il est vrai que les choses qui nous terrifiaient il y a 1 mois ou 3 mois, sont devenus monnaie courante et on s'y est habitué, donc on pourrait presque dire que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, mais à voir les deux semaines qui nous attendent, on risque de se confronter à des tests grandeur nature qui pourraient mettre notre capacité à supporter le stress à rude épreuve.

 

Et ça commence tout de suite, puisqu'aujourd'hui les Ministres des finances de l'Eurozone vont se rencontrer pour préparer le sommet de leurs patrons, prévu la semaine prochaine, nous allons donc probablement commencer à entendre parler des prévisions et des intentions de chacun. Sauf François Baroin, parce que le temps qu'il se fasse traduire les discussions des autres, la journée sera finie.

 

Mardi 24 on va continuer avec les Ministres des Finances, mais cette fois c'est ceux de l'Europe des 27. Ce qui veut dire qu'en plus les anglais seront invités. L'état des relations entre Osborne, l'anglais et les autres sera déterminant afin de savoir si cette Europe-là a encore un avenir. Là encore François Baroin qui ne parle pas anglais sera exclu des discussions, mais il aura le résumé le soir dans le train.

 

Jeudi 26, on va entrer dans le vif du sujet, l'Italie va lancer une auction pour emprunter sur le long terme. Ces derniers temps les auctions se sont relativement bien passées, mais cette dernière sera importante, peut-être un peu plus que les autres, dans le sens où c'est la première fois qu'ils emprunteront de l'argent depuis le downgrade de S&P.

 

Lundi 30 janvier. Grosse journée puisque c'est LE sommet Européen, cette fois c'est les patrons qui seront-là. On devrait parler du chômage très élevé en Europe, l'Allemagne pourrait présenter un nouveau fonds qui aurait pour but de stimuler la croissance de l'Irlande, du Portugal et de la Grèce. Et puis on devrait assister à quelques développements dans le prolongement des « projets » mis en place lors des sommets d'octobre et de décembre, notamment au sujet des budgets des membres de l'Europe et de la Grèce.

 

Mardi 31 janvier, c'est le jour de la deadline. D'ici là les créanciers de la Grèce devront avoir trouvé une solution pour leur « haircut », ce week-end les créanciers ont dit qu'ils n'iraient pas en-dessous d'un haircut de 70%, ou alors les Hedge Funds Manager auront des piscines avec des vraies colonnes grecques, plus des copies en plâtre. Se souvenir tout de même qu'une partie du rallye de la semaine passée sur les financières à tout de même été causé par les prospects qu'une solution soit trouvée d'ici le 31.

 

Mercredi 1er février, encore une grosse journée d'auction, l'Allemagne et le Protugal seront de sortie.

 

Lundi 6 février, le parlement italien doit approuver une nouvelle série de mesure pour la croissance et la fiscalité, même chose en Grèce. Des mesures cruciales pour entretenir l'espoir qu'un jour Athènes ou Rome ne deviennent pas des Land rattachés à Berlin.

 

Et puis le 9 février, juste avant que les genevois partent en vacances de ski, c'est vrai que ça fera quand même 4 semaines que l'on a recommencé à bosser, il sera largement temps d'aller se luger à la montagne ou dans le sable. Eh bien le 9 février nous aurons la nouvelle réunion de la BCE, sachant que c'est un des moteurs du sauvetage du continent, ça devient presque plus important que les meetings de la FED...

 

L'or continue d'escalader la montagne, hâte-toi lentement. Le métal jaune est à 1672$ et gagne gentiment du terrain. Du côté de l'or noir, ce matin le baril a commencé sur une note négative alors que les investisseurs qui sont déjà debout sont déçus sur le fait que les créanciers privés et les grecs ne se sont pas encore mis d'accord. Du coup le dollar se renforce et l'Euro baisse, ce qui fait que l'on se retrouve sous les 100$ sur le baril, à 98.01$. De plus ce week-end les pontes de l'OPEC ont admis que 100$ était un prix acceptable pour l'économie mondiale et suffisant pour eux afin qu'ils puissent continuer à rouler en Mercedes 600 recouvertes de diamants. L'OPEC estime également qu'il serait mieux si le détroit d'Ormuz n'était pas fermé pour cause de guerre dans les semaines à venir... tout comme il est plus prudent de pas allumer votre cigarette en faisant le plein de votre voiture et de ne pas jeter le mégot DANS le réservoir.

 

104846_600.jpgD'un point de vue technique, sur les marchés la porte est ouverte à toutes les fenêtres. Le S&P500 peut clairement aller se promener sans problème en direction des 1350 avant que l'on puisse lui chercher des noises. Si c'est le cas, il y a fort à parier que l'Europe va suivre, après il va tout de même falloir commencer à délivrer des choses concrètes au niveau de le reconstruction du continent européen. En tous les cas, du côté des résultats trimestriels tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, à voir ce que l'on vu depuis une semaine, il n'y a pas l'air d'avoir trop de raison de flipper, sachant tout de même que le premier qui rate ses chiffres sera condamné à être passé au goudron et aux plumes puis emmené sur un rail de chemin de fer à l'extérieur de la presqu'île de Manhattan. Néanmoins, même si 20% du S&P500 vont publier d'ici vendredi soir, il y toutes les raisons du monde d'être confiant, même si chaque jour qui passe augmente la qualité des attentes...

 

Ce matin l'Asie est partagée en deux. 1) le Japon qui monte et 2) l'Australie qui baisse. Les autres sont fermés puisqu'ils fêtent le nouvel an chinois et l'arrivée de l'année du dragon. La question que l'on se pose tous est : « quand tu mets un bull et un bear dans une arène, on sait que le vainqueur peut être ou l'un ou l'autre, mais quand tu rajoutes un dragon ; qu'est-ce qui se passe ??? »... Et un dragon c'est plutôt bull ou pas ??? C'est la question à laquelle on va devoir répondre en Chine dans les mois à venir.

 

Dans les nouvelles du jour, les candidats français sont en campagne, Madame Lepen peine à trouver des signatures pour sa candidature, Sarkozy fait campagne en Guyanne et réitère son opposition au vote des étrangers et François Hollande, le tout mou, nous exprime clairement que son seul ennemi, son seul adversaire est le monde de la finance et qui si il est élu, les stock-options seront supprimés, le bonus encadrés et comme il n'a toujours rien compris, il veut également lancer la taxe Tobin, ça fait au moins un sujet sur lequel il est d'accord avec son adversaire. Et puis on se réjouit aussi qu'il interdise aux traders de bosser plus de 35 heures et de donner des RTT au CAC40. Une chose est sûre, si il est élu, moi je suis un banquier français, je m'exile à Londres..

 

On commence à parler des bonus et des packages, alors que globalement cette année tout le monde va devoir se serrer la ceinture, on a appris ce week-end que le patron de JP Morgan, Monsieur Dimon ne verra pas ses « revenus » baisser. Entre 2010 et 2011. Sur les deux années il devrait toucher ses 23 millions de dollars annualisés. On se sent rassuré, alors que tout ses employés vont passer au régime minceur, au moins lui en tant que CEO, il devrait pouvoir garder sa qualité de vie. Un bel exemple d'une histoire qui finit bien à la fin. Pendant ce temps le patron de chez Morgan Stanley ne va devoir faire des efforts, puisqu'il va subir une réduction de 25% sur son package 2011. En effet, il ne devrait toucher « que » 10.5 millions de dollars. Si jamais, pour ceux qui voudraient le soutenir, je vais ouvrir une ligne téléphonique pour lui faire des dons : 1-800-foutage de gueule. Bref, ça ne va pas être facile.

 

Les patrons de RIMM s'en vont. Finalement les deux CEO du Blackberry rendent les plaques mais restent actionnaires majoritaires, ils pensent qu'un changement à la tête de la société ne peut faire que du bien. Ok, alors maintenant que va-t-il se passer ? Vont-il vendre leur division téléphonie mobile et se contenter de faire du software ? NON, les EX-CEO's ont déclaré que RIMM resterait une société globale de téléphones mobiles. Vont-ils intégrer la grande famille « Androïd » ??? NO WAY, les EX-CEO's ont déclaré qu'il était exclu que Blackberry passe sur Androïd, ajoutant au passage que tout ceux qui l'ont fait ont des problèmes d'intégration. En gros, les CEO's s'en vont mais ils ont déjà pris les décisions stratégiques pour l'entreprise pour les 18 mois à venir. Tu parles d'un changement. L'avantage c'est qu'à ce rythme-là, ça risque de durer 18 mois et puis c'est tout. Le seul espoir à mon sens, c'est le take-over.

 

 

On va donc attaquer la semaine avec une avalanche de publications de la part des sociétés américaines.

 

Lundi 23 janvier :

 

Halliburton (HAL): $0.99

VMware (VMW): $0.60

Kansas City Southern (KSU): $0.79

Polycom (PLCM): $0.29

Western Digital Corp (WDC): $0.71

Texas Instruments (TXN): $0.23

CSX (CSX): $0.44

 

Mardi 24 janvier :

 

McDonald's Corp (MCD): $1.29

Baker Hughes (BHI): $1.32

Travelers Cos (TRV): $1.52

KeyCorp (KEY): $0.20

AK Steel Holding (AKS): -$0.38

Peabody Energ (BTU): $1.31

EI du Pont (DD): $0.33

EMC Corp (EMC): $0.46

Coach (COH): 1.15

Verizon Communications (VZ): $0.53

Stryker (SYK): $1.03

Norfolk Southern (NSC): $1.40

Apple (AAPL): $10.09

Yahoo! (YHOO): $0.24

Advanced Micro Devices (AMD): $0.16

Johnson & Johnson (JNJ): $1.10

Kimberly-Clark (KMB): $1.30

Regions Financial (RF): $0.05

Waters (WAT): $1.50

 

Voilà déjà pour les deux premiers jours de la semaine. En ce qui concerne les chiffres économiques, il n'y aura rien aujourd'hui, mais demain c'est le début du FOMC Meeting qui durera deux jours. Donc calme journée pour les chiffres économiques les choses sérieuses commenceront mardi. Pour le moment les futures américains sont en baisse de 0.30%, le non-accord sur la Grèce et le premier stress-test de la semaine. D'ailleurs l'Euro se fait déjà enfoncer ce matin, histoire de bien commencer la semaine et de saluer la Croatie qui a eu la bonne idée et le courage de se joindre à l'Europe ce week-end....

 

Voilà, c'est tout pour ce matin, il me reste à vous souhaiter une excellente journée, un bon début de semaine et on se retrouve demain à la même heure.

 

A demain.

 

Morningbull

 

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