mardi, 10 janvier 2012

Il faut peut-être commencer à se secouer, l'année a vraiment recommencé cette fois

 

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La mauvaise nouvelle, c'est que le marché reste coincé dans son obsession liée aux dettes souveraines européenne. Ce qui fait qu'en Europe on continue de traiter comme si on marchait sur des oeufs. Ça va dans tous les sens à toute vitesse, pour toutes les raisons possibles et imaginables. Les volumes échangés sur les indices du vieux continent sont toujours aussi pathétiques et la moindre alerte sur l'Euro-Dollar ou sur le rendement de la dette italienne déclenche des ordres automatiques tout azimuts. Je parle d'ordres automatiques, pour être honnête je n'en sait rien, mais à voir de la façon dont les actions européennes sont traitées par moment, j'ose simplement espérer qu'il n'y a pas des gens qui réfléchissent derrière, sinon c'est une insulte à la race humaine. Si on peut tout remettre sur la faute des ordinateurs, ça serait tout de même mieux... Donc la mauvaise nouvelle c'est que le marché européen et toujours aussi malade et illiquide qu'il l'était il y a trois semaines, deux semaines et encore une semaine. Contrairement aux espoirs que j'avais, on est toujours en mode « vacances de fin d'année » et personne ne semble vraiment de retour...

 

Il reste à espérer que l'on se réveille avant le mois de mai, sinon ça va être très long. Déjà que là, les journées paraissent avoir 8 heures de plus, je n'ose même pas imaginer si cette ambiance de « ça va nulle part » continue encore un mois.. même une semaine d'ailleurs...

 

La bonne nouvelle c'est que la saison des résultats a commencé au « States », hier soir Alcoa a donné le coup d'envoi comme le veut la tradition. Heureusement qu'il y a la tradition d'ailleurs, sinon on ne parlerait jamais d'Alcoa, car la plupart du temps leurs résultats ne veulent rien dire et ne sont même pas un bon indicateur de tendance de la saison en question. Statistiquement, 59% du temps la réaction du roi de l'aluminium donne la tendance de la saison en entier, ce qui résume à dire que si on joue la destinée de la période à pile ou face, on a autant de chance d'être juste.... Mais bon, peu importe, hier soir c'était bon. Enfin non, les chiffres eux-mêmes n'étaient franchement pas terribles, mais comme on s'attendait à pire, on va dire que ce fût une bonne surprise. Le titre montait d'ailleurs après la clôture et ce matin même l'Asie en profite, pour ce que ça vaut... Mais au-delà des chiffres individuels d'Alcoa, la bonne nouvelle c'est que les intervenants américains semblent enfin de concentrer sur autre chose que le GDP italien ou le Consumer Confidence Bulgare, voir les ISM Non Manufacturing Hongrois. Comprenez que pour la première fois depuis un bon moment on arrive à parler d'autre chose que de la dette européenne !!! Et je vous jure que ça fait du bien.

 

Non pas que le problème soit réglé, bien au contraire, mais ça fait du bien de revenir sur le sujet de l'investissement individuel, plutôt que de flinguer un marché dans son ensemble parce qu'un politicien s'est levé du mauvais pied et fait des commentaires désobligeants sur l'avenir de la zone euro. Il semblerait donc que de l'autre côté de l'Atlantique on commence à s'intéresser à autre chose que les états d'âmes de l'Europe. Ça ne veut pas dire que ça va durer et qu'ils seront immunisés aux commentaires de Draghi lors du meeting de la BCE ce jeudi, mais au moins ça nous change un peu de l'air vicié qui plane sur le marché européen en ce moment.

 

Sur le bilan de la journée d'hier, l'Europe s'est donc encore une fois effritée dans une journée pourrie alors que l'ensemble du secteur financier était à nouveau responsable de tous les maux et était celui qui tirait tout le monde en bas. Il faut dire que les rumeurs récurrentes d'augmentation de capital chez Deutsche Bank n'aident pas à trouver la sérénité. Hier encore, les rumeurs allaient bon train et l'on parlait d'une augmentation de 13 milliards et des poussières, soit l'équivalent de la moitié de la capitalisation boursière de la banque allemande. Pour le reste tout ce qui touchait de près ou de loin à la finance était sous pression et bénéficiait du dédain des investisseurs durant une bonne partie de la séance. En revanche, on notait un intérêt un peu plus marqué sur le secteur automobile alors que BMW publiait des chiffres de ventes de très bonne qualité.

 

Mais il est vrai que comme Merkozy devait se rencontrer dans la journée, les intervenants étaient tout de même tétanisés à l'idée que le duo de choc européen puisse nous annoncer des choses qui allaient changer la destinée du continent.

 

A la fin, quand on regarde ce qu'il est ressortit de ce « lunch », on peut se dire que si l'on était pas venu, susse été pareil, mais visiblement comme ils n'ont pas annoncé la découverte d'une nappe pétrolière juste en-dessous de Berlin, les intervenants ont préférer vendre un peu, se disant que visiblement ce n'est pas encore gagné. Bon, cependant ceux qui s'attendaient à ce que Merkozy annonce que tout allait bien et que tout était réglé, devrait peut-être éviter de consommer trop de valium et autres psychotropes.

 

En gros, ils continuent de travailler sur les nouvelles règles budgétaires européennes. Sarkozy a reconnu que la situation était « tendue » en Europe – non ??? sans blague ??? - Merkel veut tout faire pour qu'aucun pays ne quitte l'Euro (tu m'étonnes, parce qu'après qui c'est qui va acheter des Volkswagen ? A 150'000 Euros la Golf GTI, ça risque de calmer les acheteurs ), elle a également estimé que les grecs devaient se bouger pour implémenter le plan de sauvetage et que malgré ce plan, l'histoire grec ne s'arrête pas là... Elle a même parlé d'un second plan de sauvetage et devrait en parler avec Christine Lagarde plus tard dans la semaine. En gros ils n'ont rien apporté de nouveau et il semble que la Grèce soit appelée à devenir une épine dans le pied récurrente et trimestrielle..

 

Vous avouerez que ce n'est pas avec ce genre de nouvelles que l'on va friser l'euphorie.

 

Pendant ce temps les USA se congratulent sur la qualité de leurs chiffres économiques et ne cessent de comparer leur pays avec ce qui se passe en Europe. Ce faisant ils se donnent des grandes claques dans le dos, estimant que leur économie est en phase de décollage (ce qui reste tout de même à confirmer) et qu'ils sont loin d'avoir les mêmes problèmes d'endettement. Pour être franc, ils ont les mêmes problèmes, sauf que eux ils peuvent allègrement emprunter ce qu'ils veulent à bas prix, contrairement aux Européens. Et il faut le reconnaître, ça change tout. Ils ont donc la possibilité de se concentrer sur les nouvelles qui se passent « autour ». Ce lundi on parlait donc beaucoup de la saison des résultats, mais aussi du Consumer Electronic Show de Las Vegas. Cette année, la mode est au plus fin. On a déjà vu le PC le mois épais qui doit faire concurrence à Apple et la tablette la plus fine du monde qui doit faire concurrence à l'iPad. Comme quoi tout semble destiné à faire concurrence à Apple.

 

A propos d'Apple, la compensation annuelle du nouveau CEO de la firme à la pomme pour 2011 aura été de 400 millions de dollars. C'est un peu plus que celle de Steve Jobs qui était de 1$ par an. Mais Tim Cook débute dans la profession de CEO. Et puis NetFlix s'est envolé de 14% après avoir annoncé qu'ils allaient se développer en Angleterre, et Google s'est fait taper sur le crâne, terminant en baisse de plus de 4%, alors que les analystes commencent à se poser des questions sur le rachat de Motorola qui pourrait bien être en train de se transformer en gros « flop ».

 

Donc les américains ont attendu que les marchés européens ferment de manière globalement négative pour commencer à se montrer constructifs et emmener le S&P500 en hausse de 0.2% à la fin. Pas de quoi se relever la nuit, mais entre 0.6% de baisse en Europe ou 0.2% de hausse à New York, j'ai choisi mon camp. A noter au passage, comme je le mentionnais hier, comme les 5 premiers jours de trading du S&P500 auront été positifs, selon les statistiques, l'année devrait être positive en 2012. Youpie.

 

Côté Or et pétrole, pas grand-chose de neuf, les tensions avec l'Iran et les déclarations des militaires américains n'aident pas les traders à trouver la sérénité de ce côté-là. Pour le moment l'or consolide gentiment au-dessus des 1600. Ce matin le métal jaune est à 1618$. En ce qui concerne le baril, la découverte par les norvégien d'un champ pétrolifère qui pourrait produire quelque chose comme 300 millions de barils n'aura pas fait le poids contre les craintes de guerre totale dans le détroit d'Ormuz et le baril continue sa lente progression en direction des 300$ qu'il va bien finir par atteindre un jour ou l'autre. Ce matin, un bidon d'or noir vous coûtera 101.68$.

 

Dow Jones 12393 +0.27%

S&P500 1281 +0.23%

Nasdaq 2677 +0.09%

Londres 5612 -0.66%

Paris 3128 -0.31%

Francfort 6017 -0.67%

Milan 14402 -1.67%

Madrid 8279 -0.12%

SMI 5987 -044%

Tokyo 8420 +0.39%

Hong Kong 18970 +0.55%

Shanghai 2368 +1.53%

Sydney 4208 +1.11%

 

Ce matin, l'Asie profite des « bons chiffres » d'Alcoa, disons surtout qu'ils profitent des bonnes perspectives qu'Alcoa a laissé entendre dans sa conférence de presse. La Chine continue le rallye entamé hier et les chiffres de son « Trade Surplus » publiés ce matin confirment encore une fois que les importations diminuent drastiquement. Les intervenants parient à nouveau sur le fait que le Gouvernement chinois devrait réagir sur la politique monétaire dans les jours à venir, du coup le fait que l'Europe n'ait pas encore sombré dans la Méditerranée et que les américains n'aient pas encore rasé l'Iran à l'arme nucléaire laisse flotter un sentiment d'optimisme en Asie.

 

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Dans les nouvelles du jour, un fois n'est pas coutume, commençons par la Suisse. Hier le patron de la BNS a donc rendu les plaques. Bien qu'il ait promis de ne pas démissionner il y a encore quelques jours, ce lundi il a admis que le doute qui pesait sur lui était trop lourd et qu'il ne pouvait faire qu'une chose ; partir. Ce matin la presse en fait ses premières pages et Monsieur Hildebrand semblait faire l'unanimité. Mais au-delà de la démission de Monsieur Hildebrand, c'est également la « victoire » de Christophe Blocher qui fait la première page. Le roi de l'UDC a donc enfin obtenu ce qu'il voulait. Je trouve cependant assez extraordinaire que ce soit Monsieur Blocher qui vienne stigmatiser les agissement de Monsieur Hildebrand, bon vous me direz ; forcément, lui il ne fait aucune erreur. Même à l'époque d'EMS Chemie et de Martin Ebner, aucune erreur. Et puis je suis fasciné par le fait que l'on puisse condamner, juger et expulser quelqu'un grâce à des documents obtenu de manière illégale, qui sont une violation claire du secret bancaire. C'est une nouvelle tendance, les informaticiens sont devenus les nouveaux Robin des Bois et ils ont une conscience... c'est très tendance dans les banques ces dernières années... Bref, cette histoire est complexe, mais elle donne quand même un peu la nausée.

 

Au sujet de la nausée, aux USA les banquiers vont toucher moins de bonus cette année. Certains ont d'ailleurs déjà commencé à se révolter, puisque chez Jeffries certains « top shots » on menacé de poursuivre leur employeur en justice si ils ne touchaient pas assez de rétribution cette année. On vit une époque formidable.

 

Pendant ce temps, Timothy Geithner est en Chine, il cause économie mais comme il est sur place, on lui a aussi demandé d'obtenir le feu vert pour transformer l'Iran en grand parking. Le technicien du Barron's parie sur un rebond de l'Euro très prochainement. Un rebond technique bien sûr, mais tout rebond est bon à prendre. A partir de ce mardi matin, la France aura un quatrième opérateur télécom qui veut dynamiter le marché et diviser les prix par deux. Free est attendu au virage, mais ça ne peut pas faire de mal dans un marché que l'on sait trop cher. D'ailleurs il serait bon que quelqu'un dynamite l'hégémonie de Swisscom de par chez nous. Renault produira des voitures en Chine d'ici 2014, autant pour la campagne Made in France des politiques actuellement. Et Sarkozy est toujours chaud-bouillant sur sa taxe Tobin, mais personne ne l'écoute et tout le monde s'en fout.

 

104119_600.jpgD'ici la fin de la semaine nous aurons les publications des chiffres trimestriels des bancaires américaines qui vont arriver. A commencer par JP Morgan ce vendredi, comme d'habitude l'écart entre les attentes du marché et la réalité sera ENORME et encore une fois on se posera la question de savoir si on a vraiment besoin d'avoir des analystes sur le secteur bancaire, étant donné que sur ce dernier plus qu'ailleurs, les prédictions frisent la loterie à numéro. Barry Ritholtz fait le point sur le sujet :

http://www.ritholtz.com/blog/2012/01/bank-earnings-foreca...

Comme dirait l'autre, les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés.

 

En 2011, 60% des Hedge Funds ont perdu de l'argent.

 

Alors que les Italiens se battent pour trouver de l'argent à un taux correct, hier, les allemands ont réussi un tour de force, faire de l'argent sur l'émission d'une dette. Sur les 3.9 milliards collectés à 6 mois, les investisseurs vont payer une prime. Un intérêt négatif de 0.0122%, comme quoi on n'est pas tous égaux et que l'on vit une époque formidable.

 

Ce matin le vent d'euphorie porté par Alcoa semble continuer, puisque les futures américains sont en hausse de 0.4%. Et puis du côté chiffres économiques nous aurons le NFIB Small Business Optimism Index qui ne va pas changer la face du monde, mais aussi le Redbook et le Wholesale trade. Et ça cause sur les mesures que pourrait prendre Mario Draghi dès ce jeudi au meeting de la BCE, on parle de baisse des taux et on espère plein de choses, mais il va falloir attendre jeudi 13h45 pour y voir plus clair.

 

Ce matin les marchés européens devraient ouvrir en hausse dans le sillage des USA, d'Alcoa et de l'Asie, néanmoins on se demande si on aura l'énergie suffisante pour tenir cette hausse plus que 20 minutes. Pour le moment on a besoin de voir revenir des vrais volumes et une vraie volonté de la part des investisseurs, mais à leur décharge, en Europe on aimerait bien aussi avoir un minimum de visibilité sur l'avenir et de ce côté, il faut bien reconnaître que le brouillard est très épais et que le problème de la dette reste TRES présent et que personne n'a vraiment trouvé une solution qui fonctionnerait à peu près...

 

On n'a donc pas fini de rire.

 

Voilà, en ce qui me concerne, c'est tout pour aujourd'hui. Je vous retrouve demain pour la suite des aventures en espérant qu'entre deux Monsieur Blocher ne sera pas nommé à la Présidence de la BNS.. Excellente journée à vous tous et merci de votre fidélité.

 

Au passage j'en profite pour vous suggérer d'aller jeter un oeil sur un nouveau blog qui se lance, c'est un blog sur le FOREX et autant vous dire qu'il y a de quoi dire et de quoi faire sur le sujet en ce moment !!!

 

Allez y jeter un oeil :

 

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Excellent café, bon bircher et que vos croissants soit la hauteur de vos espérances...

 

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