lundi, 09 janvier 2012
Un vrai début d'année pour cette semaine ? Avec une vraie Crise Européenne ??
Tout ceux qui ont eu la « chance » de passer un peu de temps devant leurs écrans la semaine passée peuvent rationnellement se demander si 2012 va « vraiment » commencer cette semaine ou est-ce que l'on va encore se traîner longtemps dans cet espèce d'environnement super-calme sans direction, si ce n'est l'euro qui se fait défoncer jour après jour. Il est vrai que ces premiers jours de 2012 ne furent que moyennement passionnant. La semaine avait commencé par de belles intentions de la part de l'Europe qui s'envolait toute seule, profitant du fait que personne n'était là et que le 2 janvier la plupart de la planète avait autre chose à faire que de regarder monter l'Europe. Puis, le reste de la semaine ne fût qu'une version accélérée de ce que nous avons vécu en 2011. Les intervenants qui n'étaient pas aux sports d'hiver se rendaient compte qu'aucun des problèmes n'avait été réglé entre Noël et Nouvel, que la Grèce se rappelait à notre bon souvenir juste pour nous dire que rien n'était réglé chez elle non plus, bien au contraire et l'Euro reprenait sa fonction de gros veau dont personne ne veut, sauf la Suisse.
L'Italie et l'Espagne n'ayant pas reçu une carte « remboursement de la dette » durant la période des fêtes, les investisseurs commençaient à nouveau à se dire que le taux de refinancement de l'Italie devrait plutôt être autour de 7 que d'autre chose, ce qui, fondamentalement n'est pas très rassurant, en gros, on n'est pas plus avancés et on patauge toujours dans les mêmes problèmes. La volatilité se réduit gentiment, mais surtout de par le fait que personne n'est là et que les volume démontre bien que, pour ces 5 premières séances de l'année, tout le monde s'en foutait royalement. Même mon Wi-Fi a mystérieusement refusé de fonctionner et m'a donc empêché de vous narrer les exploits de « Mister Marché » pendant les 3 derniers jours de la semaine, sachant que trouver un technicien swisscom avant le 9 janvier, c'est galère... Surtout quand la hotline vous dit que tout va bien et que « normalement ça devrait fonctionner », oui merci mais ça ne fonctionne pas, même si tout va bien. Résolution 2012, short Swisscom.
Enfin, cette première semaine de l'année est donc terminée, ça c'est fait ! Et ceux qui n'étaient pas là pour des raisons diverses et variées, rassurez-vous, vous n'avez raté qu'un seul épisode de la saga, l'Euro Va Mourir.
Il faut tout de même noter que durant ces quelques jours, nous avons tout de même trouvé moyen de publier une avalanche de chiffres économiques, dont les chiffres de l'emploi !!! Les Non Farm Payrolls et les chiffres ADP nous ont démontré que l'économie américaine n'allait pas si mal que ça, puisque les créations d'emplois ont été nettement supérieures à ce que l'on attendait laissant supposer que quelque chose serait en train de se passer.. En tous les cas, c'est ce que nous avons supposé lors de la publication des chiffres ADP de jeudi. En revanche quand nous avons vu les Non Farm Payrolls de vendredi, on a commencé à se demander si par hasard ces bons chiffres ne pourraient pas être étroitement liés au créations d'emplois du à la saison qui vient de se terminer, à savoir l'anniversaire du fils de la femme du charpentier. Il se pourrait donc que les emplois créés soient principalement des jobs de « Père Noël », job qui, on le sait ne fonctionne que moyennement bien entre le 1er janvier et le 30 novembre. Probablement à cause du fait que la longue barbe le manteau rouge tient trop chaud au soleil de juillet.
C'est en tout les cas le challenge que certains journalistes ont lancé aux « professionnels des marchés boursiers » pour cette semaine : « les bons chiffres de l'emploi sont-ils un évènement saisonnier à cause des fêtes ou est-ce le signe d'un changement de quelque chose ». On va disséquer la question toute la semaine, voir le mois entier car je crains qu'il faille attendre la version des chiffres de l'emploi de début février pour en tirer des conclusions. Mais que l'on se rassure, entre-deux on va largement trouver de quoi noyer le poisson et aborder un autre sujet que l'on imagine passionnant. Car ce genre de sujet ne va pas manquer durant les jours à venir.
On va d'ailleurs commencer tout de suite avec aujourd'hui, puisque le couple le plus glamour de ces 20 dernières années va se faire un petit meeting. En effet ce lundi, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy vont se rencontrer afin de parler de l'organisation du prochain sommet européen, histoire de choisir les menus et de distribuer les chambres, sachant que Nicolas ne viendra pas si il n'a pas la suite à 25'000 euros. Les deux patrons de l'Europe vont donc se causer ce lundi et il n'est pas sûr que l'on sache les tenants et les aboutissant de leur rencontre dès ce soir, mais au moins ça aura le mérite de nous faire passer le temps et de justifier « fondamentalement » les mouvements erratiques de l'euro-dollar qui a un comportement bipolaire qui ferait peur au plus aguerri des psychiatres. Un des sujets qui sera plus que certainement abordé, sera la mise en place d'une « taxe Tobin ». Taxe sur les transactions financières qui tient à coeur à Sarkozy. Même si l'on est tous plus ou moins convaincu que ça ne marchera pas et ne servira pas à grand-chose, Sarko semble presser de l'adopter quitte à faire cavalier seul en Europe, échéances électorales obligent. Les « autres » membres de l'Union Européenne ne sont pas fondamentalement contre cette taxe, mais ne veulent pas confondre vitesse et précipitation, alors que Sarko, lui, il veut juste être réélu et se fout totalement du reste. A noter que Merkozy va également rencontrer Monsieur Monti, mais ce dernier meeting est agendé pour le 20 janvier.
Et puis, au-delà des discussion Merkoziennes de ce lundi, il ne faut pas non-plus oublier le fait que les américains sont en train d'empiler des armes et des soldats dans la région d'Israël, au cas où le Président Américain ne saurait pas comment liquider les stocks de cartouches en trop depuis le retour d'Irak. La prochaine destination du « marine » moyen devrait visiblement être l'Iran. Même si la presse ne fait pas encore trop de bruit au sujet de ce qui se passe dans la région, les spécilaistes de l'investissement en tout genre n'ont pas mis longtemps à faire un plus un égal deux, et se disent déjà que si ça pète là-bas, le premier truc qui va s'envoler s'est le pétrole... La Société Générale a d'ailleurs publié un article estimant qu'en cas de guerre USA-Iran, les iraniens pourraient facilement fermer le détroit d'Ormuz et que, de ce fait, le baril s'envolerait aussi sec à 150$, voir 200$. Une chose est sûre, les années passent, mais le target de 200$ sur le baril reste une constante !!!
Si l'or et le pétrole n'ont pas encore salué dignement cette éventualité de guerre, c'est aussi parce que pendant ce temps, l'euro n'arrête pas de baisser et qu'ils préfèreraient que ce soit l'inverse. Pourtant si à la fin les américains décidaient de lancer une expédition punitive sur Téhéran, le pétrole pourrait exploser, parce qu'on risque d'avoir des problèmes d'approvisionnement et l'or pourrait s'envoler aussi parce que nous allons avoir besoin d'une valeur refuge, surtout que cette fois ça risque d'être moins facile qu'en Irak... déjà que...
Pour le moment le baril de brut se traite sur les 100$, prêt à bondir. L'or est à 1620$.
Pour ce qui est des indices, les USA sont en hausse de 1.6% depuis le début de l'année et l'Europe est globalement de retour à la case départ. Son bon début d'année n'aura été qu'un feu de paille principalement grâce au fait que le deux janvier il y avait 4 traders et trois clients sur le marché européens et qu'ils ont fait plus ou moins ce qu'ils avaient envie de faire. Maintenant que tout le monde est revenu, on va pouvoir s'y remettre sérieusement et paniquer à nouveau sur la problématique de la dette européenne.
Dow Jones 12360 -0.45%
S&P500 1278 -0.25%
Nasdaq 2674 +0.16%
Londres 5650 +0.45%
Paris 3137 -0.24%
Francfort 6058 -0.62%
Milan 14646 -0.82%
Madrid 8289 -0.49%
Smi 6013 -0.21%
Tokyo Fermé
Hong Kong 18422 -0.92%
Shanghai 2299 +1.43%
Sydney 4166 +0.05%
Ce matin l'Asie est partagée entre Hong Kong qui baisse parce qu'ils ont peur que l'on ramène encore une fois le sujet de « l'Europe » sur le tapis cette semaine (et ils n'ont pas tort) et la Chine qui rebondit depuis ses plus bas depuis 3 ans. Plus bas affichés fièrement vendredi passé. Pendant ce temps les Japonais sont en congé.
La semaine qui commence sera probablement placée sous le signe de la prudence, bien que je sois pas convaincu que « la prudence » soit un signe du zodiaque, néanmoins on va se contenter de cela et tout le monde aura les yeux fixés sur l'Euro (encore). Et si ils nous reste un oeil de libre on va le garder sur le rendement de la dette des pays le plus dans la panade en Europe. A ce petit jeu-là, l'Italie est très populaire.
MAIS, parce qu'il y a toujours un MAIS dans le monde merveilleux de la finance, nous aurons tout de même la joie et le bonheur d'aborder un autre sujet que l'Europe et ses misères durant cette semaine et les semaines à venir, puisque dès ce soir Alcoa va lancer la saison de résultats. A partir de demain matin nous serons donc officiellement entrés dans la période des résultats trimestriels, le quatrième trimestre va nous être dévoilé et on va peut-être enfin être capables, au coup par coup de parler d'autre chose que des implications géopolitiques de la crise européenne et se concentrer, même de manière brève sur les fondamentaux des sociétés qui vont tout de même nettement mieux que les pays dans lesquels elles vivent..... Bon, ce soir ça ne sera pas le meilleur des exemples, puisqu'au vu des déclarations faites par Alcoa récemment et vu le plongeon des prix de l'aluminium, on ne peut pas s'attendre à des chiffres canonissimes de leur part. Néanmoins, la saison sera lancée et durant la semaine nous aurons l'occasion d'en reparler.
Mais ce n'est pas tout, il y aura également le meeting de la BCE ce jeudi. On n'attend pas de grosses surprises de la part de Monsieur Draghi, mais force est de constater que bien des intervenants espère tout au fond d'eux-mêmes que Super-Mario va nous annoncer une solution miracle pour sauver l'Europe, une solution qui serait de racheter de la dette à tout va et à soulager les pays surendettés, donnant du même coup un signal clair aux investisseurs. Signal qui voudrait dire : « on ne vous laissera pas tomber »... Mais ces espoirs restent dans le domaine du fantasme, cependant on ne sait jamais, sur un malentendu, la BCE pour sauver le monde.
Et puis cette semaine nous aurons également le CES de Las Vegas pour nous faire parler d'autre chose que la crise de la dette Européenne. Durant toute cette semaine, le « Consumer Electronic Show » va nous présenter ses derniers gadgets et toutes les compagnies technos vont nous montrer ce qu'ils ont trouver pour concurrencer l'iPad, l'iPhon et que sera la TV du futur ou la nouvelle façon de prendre des notes sur un PC. Grosso modo, on va nous présenter plein de produits qui donneront envie d'être essayés et puis à la fin on rachètera un iPhone quand même. Néanmoins, la présentation de ces nouveautés est toujours l'occasion d'en parler et de faire bouger les titres des compagnies qui y sont liées. Crise de la dette ou pas. Ça fait toujours du bien d'avoir d'autres sujets à aborder que la couleur de la cravate de Sarkozy et la durée de la poignée de main entre les différents intervenants de l'Union Européenne...
Dans les choses « à suivre » cette semaine, il sera intéressant de voir où terminera le S&P500 ce soir. En effet, après 4 jours de trading en 2012, le S&P500 est en hausse de 1.6%. Si ce soir il parvient à ne pas baisser plus que 1.6% et donc afficher une hausse après 5 jours de trading, ça sera considéré comme « de bonne augure pour l'année ». C'est Jim O'Neil, patron de Goldman Sachs Asset Management qui en parle dans ses écrits de la semaine. En effet, si après 5 jours le S&P500 est en hausse, 87% du temps l'année qui suit est positive. C'est l'almanach des traders qui le dit... alors on serre les fesses, on va brûler un cierge ou un carton de cierges pour espérer que ça marche encore une fois cette année.
Selon le Spiegel de ce week-end, le FMI a de plus en plus de doute sur la capacité de la Grèce à réduire son endettement. On parlerait de demander une participation plus large au plan de sauvetage de la part des grands pays européens. Pour faire simple, comme tous les trois mois, on reparle de la crise grecque. C'est comme les résultats trimestriels. Pendant ce temps, on ne parle plus de la France et de l'éventuel perte de son triple A, même si le patron de S&P pour l'Europe, profite du week-end pour déclarer qu'un downgrade ne serait pas si catastrophique que ça pour la France, expliquant que de toute manière la plupart des dettes européennes se traitent déjà comme des triple B et non des triple A... Si l'on en croit ses dires, le marché a déjà discounté la chose, ce qui revient à dire encore une fois que les organismes de rating ne viennent qu'après la pluie pour nous prévenir qu'il a plu hier...
Côté chiffres économiques, ce lundi nous aurons le Consumer Credit et les chiffres d'Alcoa ce soir après la clôture. Pour le moment les futures américains sont en baisse de 0.5%, laissant présager d'un début de semaine bien pourri comme on les aimes.
En ce qui me concerne, si mon Wi-Fi décide de continuer à fonctionner ces prochains jours, je vous retrouverais tous les matins comme d'habitude.. Fini les vacances, on repart au boulot pour de vrai comme le reste de l'année !!! D'ici-là, je vous souhaite un très bon début de semaine, un bon lundi, même si nous sommes tous conscient qu'un bon lundi est un lundi de Pâques, mais c'est comme ça, quand faut y aller, faut y aller comme disaient Terence Hill et Bud Spencer.
On se retrouve demain, même heure et même endroit !!!
Morningbull
"Last night, Rick Perry said was quitting the race. But then this morning, he said he's staying in. Hmm. Going back on his word? Maybe he'd make a good president after all." –Craig Ferguson
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