jeudi, 22 décembre 2011
Quand y a plus rien à dire...
Etant donné l'état de léthargie du marché en ce moment et l'intérêt porté par les intervenants, sans compter le fait que j'aie du mal à comprendre certaines réactions, je crois que je vais aller m'occuper de la dinde plutôt que des autres animaux du monde de la finance, bulls et autres bears... et puis pour 48 heures de plus, ça ne va pas changer la face du monde et il est peu probable que Draghi, Merkel ou Sarko nous collent une solution miracle d'ici demain soir !!!
Donc, permettez-moi de vous souhaiter un Joyeux Noël, à vous, à vos proches et à votre famille.
On se retrouve mardi 27 pour le compte à rebours de cette année 2011 que l'on qualifiera de ... euh non, en fait on ne la qualifiera pas, ça serait mieux de l'oublier...
Bref, Joyeux Noël, Merry X-Mas et tutti quanti...nre mangez pas trop quand même..
A mardi prochain !!
Morningbull
« You miss 100% of the shots you don't take. »
Wayne Gretzky
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mercredi, 21 décembre 2011
Souvent investisseurs varient
20 ans que je navigue dans le milieu de la finance et 20 ans que je ne cesse d'être ébahi par la facilité avec laquelle le marché peut passer du sourire aux larmes et vice et versa. Ce début de semaine est encore un exemple magistral ; alors que lundi on était au bord du gouffre, prêt à tout envoyer balader, partir skier et chasser le grand tétra pour le repas de Noël, tout en se disant que de toutes manières, tout était foutu et que le marché ne remonterait plus et que l'éventualité d'un Rallye de fin d'année était à peu près aussi probable que de rencontrer le Père Noël en personne... Et tout a changé hier matin.
Soudainement il semblait être une bonne idée de rester encore quelques jours devant ses écrans, l'éventualité de voir quelques achats s'effectuer avant le 31 décembre devenait un peu crédible et surtout, alors que l'on pensait que tous les « Bulls » étaient rentrés à l'étable, le marché commençait à décoller sérieusement. La journée fût donc belle en Europe, pas trop mal en Asie, mais vraiment canon aux USA ; parce que eux, en plus leur économie semble vouloir donner des signes de vie un peu plus dynamiques...
Mais revenons quelques heures en arrière pour essayer de mieux comprendre. Tout d'abord il y a eu la bonne surprise qui venait du côté de l'Asie. Après la clôture de New York de lundi soir, au plus bas de la journée, on pouvait craindre le pire. Et puis non, les marchés de l'autre bout de la planète ont trouvé la force de vivre par eux-même et se dire que tout n'était pas encore fichu. Il faut donc reconnaître qu'en arrivant au bureau, nous les européens, on s'attendait à pire, pour être franc on s'attendait encore à une journée pourrie, neurasthénique et déprimante au possible comme nous avons l'habitude 3 jours sur 4. Mais non, la résistance offerte par Tokyo, Hong Kong et Shanghai donnait envie aux Européen de ne pas céder tout de suite.
Et bien leur en a pris. Sur le vieux continent, dans la matinée, on attendait deux choses : tout d'abord l'IFO qui devait nous permettre de voir si la locomotive de l'Europe tenait le coup et si il y avait encore une lueur d'espoir de ce côté-ci. Dès le milieu de la matinée, le rideau était levé et les chiffres étaient bons. Première lueur d'espoir de la journée. Mais il y avait encore une nouvelle auction obligataire de la part de l'Espagne qui devait lever quelques milliards.
Là aussi, RE-bonne nouvelle, tout s'est placé comme sur des roulettes et en plus à des taux qui font passer les rendement d'il y a 3 semaines pour ceux d'une République bananière. Clairement on sentait un regain de confiance dans l'esprit des investisseurs qui préféraient soudainement voir la bouteille à moitié pleine qu'à moitié vide. Ce soudain positivisme était étonnant, tant il faut reconnaître que depuis quelques semaines, les discussions étaient plutôt axées sur la manière avec laquelle nous allions mettre fin aux souffrances de l'Europe et comment ça allait être bien quand on sera repassé à la Pesetas. Mais c'est mal connaître la capacité de tournage de veste de la part de certains investisseurs qui sont capable de jeter leur déguisement d'ours et de se transformer en Superbull, pour autant qu'ils trouvent une cabine téléphonique pour se transformer à l'abri des regards.
L'IFO + l'Espagne étaient donc les deux moteurs à explosion qui permettaient soudainement aux acheteurs de se rendre sur le marché pour faire des courses sans se faire jeter des pierres par l'opinion publique. Evidemment que l'on a été super-original au niveau des secteurs, puisque les financières étaient soudainement à nouveau à la mode. Du coup, comme New York avait baissé la veille « à cause de l'Europe » e « à cause que Draghi il était pas assez « positif et constructif » sur le sauvetage de l'Europe, sur la peur que les Européens ne s'en sortent jamais et que les USA allaient être encore obligé de débarquer sur les plages de Normandie pour sauver tout le monde, le marché américain commençait à se dire que ; si l'Europe ne baisse pas quand les USA baissent à cause de l'Europe, c'est qu'il y a un truc qui ne joue pas. DONC, il faut peut-être se dire que tout n'est pas foutu et tourner la veste pour 314ème fois de l'année.
Car si vous ne l'avez pas compris, 2011 fût l'année du tournage de veste selon l'horoscope financier. On va mourir, on va pas mourir, on va mourir, on va pas mourir, on va mourir, on va pas mourir, on va mourir, on va pas mourir... et ainsi de suite pendant 52 semaines et près de 250 séances de bourse, il y a de quoi fatiguer. Vivement l'année du « ça monte et puis c'est tout ».
Mais je m'égare. Nous en étions restés à New York qui avait baissé lundi à cause des peurs au sujet de l'Europe, peur récurrentes. Et comme ce mardi l'Europe montait et ne faisait même pas fi du fait que les américains avaient baissé la veille, ces derniers, blessés dans leur amour-propre, rentrait dans la spirale bien connue du L'Europe monte, donc New York monte parce que l'Europe monte, mais voyant ça, l'Europe monte encore plus, puisque New York montait aussi. Mais comme l'Europe continue de monter, les Américains en remettent une couche.... et ainsi de suite et comme à 17h30, les Européens reprennent le métro, pour ceux qui ont un métro, à Genève nous on prend les TPG et on arrive à 23h00 à la maison. Une fois les Européens fermés, les ricains montent encore et à la fin c'est eux qui gagnent. Tout ça parce que la planète est ronde, alors que si elle était plate et rectangulaire au moins on aurait tous les mêmes horaires...
Bref... Au début y a plein de place de bourse, mais à la fin c'est New York qui gagne. Surtout qu'hier les américains se sont fait plaisir avec les chiffres des Housing Starts qui étaient considérés comme « excellents » et c'est pas peu dire !!! Des chiffres immobiliers américains qui sont qualifiés d'excellents, on n'avait plus vu ça depuis que le Subprime a été inventé. Imaginez, si maintenant le marché immobilier moteur de la croissance américaine au milieu de la dernière décennie, commence à reprendre du poil de la bête, le bull market perpétuel est peut-être à nos portes. Ok, j'exagère un peu avec le mot perpétuel, mais on peut rêver !!!
Puis pour mettre une couche de glaçage sur le gâteau, on a également appris que les banques européennes achètent de la dette Européenne en collaboration avec les programmes de la BCE, ça reste du bricolage, mais les intervenants étaient contents d'entendre que des efforts sont fait et que même quand les politiques ne font pas de « sommet de la dernière chance 2, le retour de la vengeance du Sarkozy à plumes », l'Europe essaye quand même de se soigner toute seule avec l'aide des banques.
Au bilan final, on avait une belle journée d'euphorie. Il est en plus assez rare de voir le marché US ouvrir très fort et continuer de monter sans arrêt jusqu'à 22h sans jamais laisser le moindre repli, la moindre occasion d'achat pour ceux qui auraient raté le train. Hier c'était : tu achètes avec la tendance ou tu restes sur le banc de touche. Et ce qui fût assez intéressant, c'est que pendant un bref instant j'ai eu le sentiment que les intervenants s'intéressaient à nouveau aux actions en tant que telles et pas seulement au fait qu'elles font partie d'un indice et qu'il faut acheter et puis c'est tout. Oui ok, il y avait aussi un peu de ça, mais j'ai eu le sentiment que l'on s'attachait plus à quelques « histoires », un peu comme avant quand la crise de la dette n'existait pas. Pendant un bref instant j'ai eu l'impression d'être revenu à cette époque..et j'ai presque essuyé une larme.
On notera l'explosion des titres de la construction, Pulte Home, DR Horton et Lennar qui bondissaient rageusement dans le sillage des chiffres de l'immobilier, l'explosion du broker Jeffries qui a publié des chiffres nettement meilleurs qu'attendus alors que les rumeurs de faillite circulait un peu partout dans le sillage de la déconfiture de MF Global, le CEO a déclaré hier : « la vérité a triomphé des rumeurs malsaines !!! ». Et il a ajouté ; «Luke, je suis ton père ». Non, je plaisante, je plaisante... Les financières ont également vécu une belle journée, surtout Bank of America qui repasse au-dessus de la barrière psychologique des 5$. Le secteur énergie était aussi en forme, grâce au baril qui rebondissait de plus de 3%. Mais pour faire simple, les 10 secteurs du S&P500 étaient en hausse. La chasse aux ours était légale et même recommandée.
En ce qui concerne le prix du baril, pas besoin d'avoir le CFA, le CFPI, un Master en finance et une licence en physique quantique pour savoir pourquoi il montait ; le retour à la vie du marché immobilier, l'Euro qui ne baisse plus face au dollar, donc le dollar qui faiblit...et vous avez votre équation bullish pour l'or noir. Car c'est mathématique, si votre maison reprend de la valeur le premier truc que vous allez faire, c'est faire le plein. C'est un grand classique.... Les traders sur le pétrole n'ont donc pas mis longtemps à comprendre, le calcul est simple : «bonne économie » + Euro Fort + Dollar Faible + Yen on s'en fiche = baril à la hausse. Ce matin pour acheter les 159 litres de pétrole journalier qui sont nécessaire pour faire fonctionner votre Hummer et pour aller arracher un sapin de Noël en forêt, il vous en coûtera 97.94$ et profitez de stocker un peu à ces prix parce que dans 10 jours il devrait être à 135$.. si l'on en croit les stratèges...
Pour ce qui est de l'or, mis à part le fait qu'il ne fait pas avancer la voiture, mais qu'avec une once vous pourriez au moins vous payer un abonnement général TPG pour faire la place Bel-Air-Cornavin en moins de 3h30, il fonctionne comme le pétrole. Dollar qui baisse, marché qui monte et hop, tout le monde à bord ... Ce matin la résistance/support des 1600$ est un mauvais souvenir et le métal jaune est à nouveau sur le chemin des 2000$, pour le moment on fait une pause à 1628$, mais ce n'est qu'une question de semaines... au pire de mois.... dans les 987 mois à venir il y a une bonne chance que l'on touche les 2'000$ sur l'or.
Pour ce qui est des indices, c'est du vert partout et sans exception :
Dow Jones 12104 +2.87%
S&P500 1241 +2.98%
Nasdaq 2604 +3.19%
Londres 5420 +1.02%
Paris 3055 +2.73%
Francfort 5847 +3.11%
Milan 14965 +2.87%
Madrid 8454 +2.44%
Et continue encore ne Asie ce matin :
Tokyo 8453 +1.40%
Hong Kong 18369 +1.60%
Shanghai 2327 +0.24%
Sydney 4182 +1.83%
La hausse appelle la hausse et on est presque en pleine euphorie. A voir l'état psychologique du marché il y 48 heures, il est difficile de croire que nous en sommes-là ce matin. Plus personne n'a de doutes et il semble que pendant quelques heures encore nous soyons en train de vivre notre rêve de Noël. Pourtant ce matin les nouvelles au Japon ne sont que moyennement encourageantes, entre le trade déficit qui augmente, les perspectives économiques révisées à la baisse par la Banque du Japon, qui garde les taux inchangés au fond du trou, il n'y pas non plus de quoi se réjouir. Mais peu importe, on surfe sur la vague de la hausse de ces dernières 24 heures. Pourvu que ça dure.
En ce qui concerne les nouvelles du jour, tout d'abord, comme toutes les bonnes choses ont une fin ; hier soir après la clôture, Oracle a publié ses chiffres pour le trimestre. Et ils étaient en dessous des attentes. La sanction ne s'est pas faite attendre, le titre a plongé de près de 10% after close. Mais au-delà des chiffres plus faibles, c'est la croissance qui semble ralentir chez le géant californien, chose que l'on n'avait plus vu depuis longtemps. La baisse d'hier soir représente l'inquiétude des investisseurs qui n'ont pas mis longtemps pour se demander si c'est un évènement isolé ou le début d'une durable et plus inquiétante pour l'avenir des régates de la Coupe de l'America et pour la compagnie de Larry Ellison. Dans la thématique des chiffres trimestriels, NIKE a, en revanche, sorti des bons chiffres.
Zynga a (encore) perdu 1% hier soir. Et puis on continue de lire des articles déprimants sur la destinée de Research In Motion, dans la presse de ce matin, un chroniqueur estime que la spirale de la mort est enclenchée chez BlackBerry et qu'à terme, ils devraient disparaître comme Palm l'a fait en son temps. On apprend également que Jeff Bezos, patron historique d'Amazon s'est intéressé à acheter la firme canadienne, mais qu'après avoir analysé le dossier, il a laissé tomber. Pas forcément une bonne nouvelle. En revanche une bonne nouvelle pour tout ceux qui passent leurs meetings à tapoter sur leurs BlackBerry, Sony a sorti la nouvelle PSP, à la place de checker vos mails 2839 par heure, vous pourriez aller jouer à FIFA 2012... Ceci dit, puisque c'est le sujet, hier soir après la clôture le titre de Research In Motion bondissait de 11% alors que des rumeurs faisaient état de la possibilité d'un rachat de la part de Microsoft ET Nokia qui ferait un achat groupé. Difficile de mettre un prix sur cette rumeur.
Monsieur El-Erian, patron de PIMCO a encore parlé hier. Ces temps ce n'est que du bonheur, chaque fois qu'il parle. Hier il nous a annoncé que selon lui les chances que l'Europe fasse tout péter et transforme l'économie mondiale en une version adulte de la crise de Lehman Brothers est de 33%. Alors que tout le monde commence à avoir un tout petit peu d'espoir, on voit bien que tout le monde n'est pas encore d'accord avec la méthode Coué.
Et puis, pendant que les « négatifs » font leurs déclarations, les « positifs » font les leurs. Hier le patron de l'Autorité des Marchés Français (AMF) a estimé que le fait que la France puisse conserver son triple A tiendrait plus du miracle que d'autre chose, mais qu'il « veut y croire ».. Au moins il y a des optimistes. Pourtant il y a plein de paris que je suis prêt à prendre dans ce marché, mais celui-là me paraît tout de même bien risqué. Dans le domaine bancaire, HSBC a vendu sa division « private banking » japonaise au Crédit Suisse.
Au chapitre des nouvelles dont on pourrait se passer, BNP Paribas est assignée en justice pour une affaire de prêts toxiques. Des particuliers estiment avoir été trompés par la banque, pour une affaire de prêts immobiliers indexés sur le franc suisse, qui s'est envolé, faisant gonfler du même coup les taux d'intérêt. 33 personnes attaquent en justice, mais il y aurait près de 280 victimes. Reste à prouver que la banque est coupable de quelque chose. En même temps entre de la dette grecque et un bon procès aux assises, on ne sait que choisir.
Le procès du trader d'UBS, Kweku Adoboli a été encore repoussé. Il n'a semble-t'il pas encore trouvé si il allait plaidé coupable, non coupable et est-ce que c'est une fraude ou est-ce qu'il n'est pas tout seul là-dedans. Pourtant on peut penser qu'il a eu du temps pour réfléchir en prison ou est-ce qu'il traite encore avec son compte personnel... Et puis au passage, notons que LVMH continue de monter dans le capital d'Hermès. Ils sont à 22.28% et ça doit toujours faire grincer des dents chez Hermès.
Côté chiffres économiques, c'est le calme avant la tempête. Ce mercredi nous aurons les MBA Purchases Applications, les Existing Homes Sales qui nous confirmeront ou infirmeront la bonne nouvelle d'hier et puis le tirage de la grande loterie nationale des inventaires pétroliers. 150 analystes qui ont fait des paris pendant des mois pour savoir quels étaient les stocks de brut selon l'EIA, 150 analystes qui vont se rendre compte encore une fois qu'ils se sont gourés. Un suspens insoutenable et une passion de tous les instants. Ce soir sur M6, avec un reportage complet dans le Voici de la semaine prochaine.
Pour le moment les futures américains sont indiqués en hausse de 0.10%, démontrant qu'ils ont plutôt bien digéré la hausse d'hier et laissant espérer une répétition ce mercredi et peut-être jeudi et vendredi et du coup la terreur de l'éventualité d'un « Christmas Rally » pourrait à nouveau nous frapper en plein front et de plein fouet.. Pour l'instant on n'en parle pas, mais si on se fait deux jours de hausse, ça risque de galoper à nouveau. Mais ne mettont pas le traineaux avant les rennes. Une chose après l'autre.
Moi je m'en vais vous souhaiter une très belle journée, un bon café et que ces derniers jours de 2011 vous soient agréable. Ah oui, encore une chose, je ne ferme pas encore boutique cette année, mais comme jour après jour je reçois de plus en plus d'auto-reply qui me disent que la moitié d'entre-vous sont à la neige ou ailleurs, que chaque matin, je reçois des cartes de voeux électroniques avec des Père Noël qui dansent, j'en profite pour vous souhaiter déjà un Joyeux Noël avant de tous vous rater parce que vous serez partis très loin des marchés boursiers..
Alors JOYEUX NOËL !!!! Pour la bonne année, c'est encore un poil tôt.. et puis merci de me lire jour après jour et merci d'aimer.. enfin, pour ceux qui aiment..
En attendant, à demain !!!
Morningbull
- Juif vous êtes ? Juif vous avez l'air...
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On met les adjectifs après le verbe. On ne dit pas "Juif vous avez l'air" mais "Vous avez l'air juif". Par exemple, si je vous dis "Con vous êtes", c'est juste, mais c'est pas français...
Jean-Paul Belmondo, l'As des As
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mardi, 20 décembre 2011
Si le Père Noël existe, c'est le moment qu'il se bouge!!!
Le compte à rebours est en marche. Si mes calculs sont exacts à partir de ce matin il nous reste 9 séances de trading avant de basculer en 2012 et autant vous dire que le « Christmas Rally » est en train de devenir de plus en plus compliqué. Surtout après des séances comme celles d'hier.
En ce qui concerne l'Europe, on peut déjà dire que les volumes ont littéralement disparus, plus personne ne semble faire quoi que ce soit ou alors seulement si c'est des « coups sûrs » et quand on regarde les échanges qui se font sur certaines valeurs qui sont censées être des vedettes de l'économie Européenne, ça fait peur. De l'autre côté, si par hasard il se passe un truc qui déciderait les acheteurs à se jeter dans le marché, du style une décision concertée des banques centrales comme ils nous ont fait le 30 novembre – décision qui a été aussi utile que si j'avais jeté une pièce de monnaie dans la fontaine de Trévise – donc, si il se passe un truc du même genre dans les 9 jours qui restent, au vu du volume et de la liquidité, le résultats pourrait être spectaculaire, ridicule et aberrant, mais spectaculaire, le feu d'artifice de fin d'année.
Mais cependant, pour ceux qui voudraient éventuellement envisager ce scénario, il faut tout de même avouer que ça devient de plus en plus compliqué et surtout que l'on a de plus en plus de mal a imaginer ce qui pourrait faire vibrer l'investisseur moyen qui a déjà pris note que l'Europe va mourir en 2012, que l'Euro ne va pas s'en sortir et que le consommateur de 2012 va manger du pigeon et du rat. On voit très bien que le plan de sauvetage de la Grèce de fin octobre a été super bien accueillit, mais aura duré 3 jours, la concertation des banques centrales du 30 novembre aura tué un ou deux shorts dans le marché mais aura duré moins d'une semaine, le super-sommet de Bruxelles aura été aussi efficace que si on s'était mis à chanter des cantiques... Quand on fait ce rapide bilan, on se demande vraiment ce qui pourrait nous motiver, surtout que maintenant la moitié des intervenants sont partis en vacances et que l'autre moitié va les rejoindre à la fin de la semaine. En gros, le gros bonhomme en rouge sponsorisé par Coca-Cola, risque de ne pas s'arrêter dans les cheminées de Wall Street dans les jours qui viennent. Ou alors la surprise serait de taille et l'effet Noël serait à son comble...
Je crois donc qu'on peut toujours rêver, mais que c'est mal barré. Surtout au vu de ce qui nous arrive sur la figure ces derniers jours. Oh, rien de neuf, non simplement deux ou trois discours et remarques dont on se serait bien passé. Il faut reconnaître que si le « Christmas Rally » ne se produit pas, il y a quelques personnes qui comptent dans le monde merveilleux de la finance, qui ne se privent pas de dire des mots qui fâchent et sans jamais prendre de gants.
En substance et en ce qui concerne la journée d'hier, alors que l'Europe était comme anesthésiée et que 3 points de hausse sur le CAC40 étaient considérés comme un « rallye » majeur, comme une explosion haussière, alors qu'un crash boursier était identifié par une variation de 2 points sur l'indice DAX en moins d'une heure... La journée d'hier devait probablement se classer dans le top 10 des journées les plus ennuyantes de 2011, sachant que 8 des autres sont aussi des séances de décembre. La seule chose que l'on apprenait hier, c'est que soudainement on avait redécouvert la Corée du Nord et qu'en plus des problèmes que l'on se tapait en Europe, il allait encore falloir gérer la succession de Bim Bam Boum en Corée, histoire de savoir si son « génie » de fils était plus, moins ou aussi cinglé que sont père... Il est vrai que l'on peut se poser des questions quand un type qui met la main sur un arsenal militaire plus qu'inquiétant... Donc du coup, les experts financiers ont tous commencé à devenir des experts en géopolitique s'instruisant immédiatement sur la problématique de la Corée du Nord. Et comme ce n'est pas facile d'apprendre la langue et l'écriture, forcément on a eu moins de temps à consacrer au marché boursier. D'où l'ennui d'hier.
Heureusement que nous avons pu avoir les extraits de la première conférence professionnelle de Dominique Strauss-Kahn depuis qu'il est sorti de tôle. Visiblement, entre deux maisons closes, il a trouvé le temps de se rendre en Chine pour donner une conférence sur l'économie et sur l'Europe. Même si je ne remet pas en cause ses compétences économiques, il faut reconnaître que lorsque l'on lit le résumé de ses déclarations, ça sonne plus comme un règlement de comptes qu'autre chose. Il pense que l'Europe manque de « leadership », qu'Angela et Nicolas ne se comprennent pas et que l'Europe est un radeau qui n'attend que de couler. Et pour finir que les jours qui restent à l'Europe se comptent en semaines et pas en années.
Du coup, on en est à se demander si on ne préférait pas quand il était à la prison de Rikers Island.
Mais ce n'est pas les discours de DSK qui ont perturbé Wall Street, non, c'est plutôt les déclarations de Draghi qui a clairement laissé entendre que la BCE ne jouerait pas les pompiers et qu'il est exclu qu'ils viennent jeter du cash à tout va pour éteindre l'incendie. Il ne nous a rien dit de « nouveau », mais il semble que l'hypothèse de sauvetage avancée par certains, hypothèse qui passait par un rachat de dettes massive de la part de la BCE vient de tomber à l'eau et à moins que le CEO de Goldman Sachs le lui demande, on voit mal ce qui ferait changer d'avis Mario Draghi. Maintenant qu'il est le maître de l'Europe il semble bien décidé à la mettre à sa botte... Ce premier élément n'a pas aidé les acheteurs à sortir du lit.
Ensuite, il y a eu la fameuse « conférence téléphonique » des Ministres des finances européens. Cette dernière a eu un effet fabuleux sur les marchés, comme tous les sommets divers et variés. La seule différence c'est qu'en général, un sommet nous fait monter pendant au mois deux-trois jours. Mais là, je ne sais pas si c'est le fait que ce soit au téléphone, mais il semble que rien de bon ne pouvait en sortir. En gros les Ministres ont accepté de sortir du cash via le FMI (sauf François Baroin, parce que la conférence était en anglais et le temps qu'on lui traduise, c'était trop tard), jusque là, l'annonce d'une injection de 150 millards d'euros était plutôt positive, parce qu'on peut quand même faire deux-trois choses avec 150 milliards, personnellement vous me donnez un pour cent de tout cela et je ne vous embête plus jamais avec mes « morning comments ».. Mais il faut reconnaître que le problème n'était pas les 150 milliards, mais c'est surtout le fait que l'on attendait 200 milliards. Et même si ces 50 milliards d'écarts ne vont pas changer la donne, c'est l'effet psychologique que cela amène qui a fait que les intervenants sont passé en mode SELL !!!!!
Puis, alors que l'incendie faisait rage, le Wall Street Journal a laissé entendre que comme cadeau de Noël aux banques, la Fed pourrait valider les minimaux requis par la réglementation de Bâle III. Du coup cela voudrait dire que plusieurs grandes banques américaines vont devoir ajuster leurs ratios de capitaux propres et ça ne fait pas plaisir au secteur. En même temps, pour une fois que les américains se plieraient à une réglementation qui vient de Suisse, ça nous change... Mais le secteur bancaire, lui, il n'a pas aimée... Et paf, par et re-paf !!! Encore une journée qui terminait au plus bas...
Même les fermes artificielles ne parvenaient pas à inverser la tendance. Zynga est en passe de devenir la pire IPO de ces derniers mois. A peine 2 séances de trading et déjà 10% de baisse. Le titre de Farmville est en train de devenir un cauchemar pour ceux qui l'ont placé.
Bref, rien de neuf sous le soleil de « Wall Street au pays des merveilles », aucune déclarations qui change la face du monde, rien qui se rapproche d'un discours de Malcom X, rien de nouveau révélé par un magazine d'investigation, rien que du réchauffé. En ce moment, les intervenants qui ne sont pas au ski ou sous les tropiques, n'ont pas envie que quelqu'un lui rappelle que rien n'est encore gagné et que la brèche dans la coque de l'Europe prend toujours l'eau, il préfère nettement la stratégie de l'autruche, sauf qu'à force de bouffer du sable toute la journée ça devient fatigant aussi. Il n'y a donc pas d'alternative, il vaut mieux bouffer de la mauvaise nouvelle à tout va, un jour ou l'autre, ça finit par ne plus faire mal du tout.. mais pour l'instant on apprend encore. Et l'apprentissage est long, fastidieux et ennuyeux...
Côté baril, ça remonte un peu. Ne me demandez pas pourquoi, car mis à part que l'Euro semble moins faiblard que la semaine passée, il n'y pas grand-chose d'autre, mais ça suffit amplement pour justifier quelques ordres d'achat, il faut savoir se contenter de peu. Même chose sur l'or qui tente désespérément de repasser par dessus les 1600$, mais c'est laborieux. Pour le moment le métal est pile-poil sur les 1600$ et le baril est à 94.31$. Si ça intéresse quelqu'un qui n'est pas en train d'emballer les cadeaux.
Dow Jones 11766 -0.84%
S&P500 1205 -1.17%
Nasdaq 2523 -1-26%
Londres 5365 -0.41%
Paris 2974 +0.06%
Francfort 5671 -0.54%
Milan 14548 -0.17%
Madrid 8253 +0.60%
Tokyo 8341 +0.54%
Hong Kong 18169 +0.54%
Shanghai 2327 +0.15%
Sydney 4114 +0.01%
Ce matin l'Asie remonte un peu pour compenser la tôle d'hier. La plupart des pays périphériques à la Corée du Nord se sont réveillés en constatant avec une joie non-dissimulée que le nouveau « Président » de la Corée du Nord n'avait pas encore rasé ses voisins à l'arme nucléaire, ce qui est toujours ça de gagné, les intervenants locaux ont donc commencé à se dire que la séance d'hier avait été peut-être quelque peu exagérée. Et puis même si on ne sait pas encore tout de « Pim Pam Poum » ou peu importe son nom, on sait qu'il aime les jeux vidéos, il ne va donc pas raser le Japon. Il y a donc de l'espoir et puis si son cinglé de père n'a pas rasé le monde libre, il y a quand même une lueur d'espoir et ce type à tout de même étudié à Berne, il ne peut pas être foncièrement mauvais...
La nouvelle du jour, c'est AT&T qui renonce à mettre la main sur T-Mobile. THE TAKE OVER of the year is going down the drain.. Un merger de 39 milliards de dollars qui s'envole en fumée. AT&T renonce après que le Département de la Justice lui ait mis la misère avec un procès anti-trust en août cette année. Après 9 mois d'efforts, le géant américain jette donc l'éponge, en déclarant que les décisions du DoJ va tout d'abord faire du mal au consommateur. Au passage, il vont prendre une charge de 4 milliards pour divers frais liés à l'affaire. Mais dans l'histoire c'est Deutsche Telekom qui vont faire la gueule, ce n'est pas tous les jours que tu vends un abonnement téléphonique mobile pour 39 milliards. Hier soir après la clôture le titre d'AT&T était en baisse de 0.7%, Sprint montait de 6%, Verizon ne faisait rien et la surprise sera de voir la tronche de Deutsche Telekom ce matin à Francfort.
Une question commence à circuler dans le marché ; les pays européens vont-ils vendre leur or pour éponger une partie de leur dette ? Ou alors même simplement pour équilibrer leur budget ? On en parle car peu de gens savent que les italiens on la quatrième plus grosse réserve d'or du monde, Rome possède 2452 tonnes d'or, seul les USA, les Allemands et le FMI en possèdent plus. Avec une valeur commerciale de 123 milliards de dollars, la vente de ce stock pourrait facilement permettre à l'Italie d'équilibrer son budget de 80 milliards et de se donner de l'air cette année. Pour la petite histoire, le Portugal possède 19 milliards d'or et la France 122 milliards. Ça laisse songeur et l'on peut se demander ce qui pourrait se passer sur l'or si les européens venaient vendre.. à moins que la Chine cherche à se monter un stock d'adulte dans la seule monnaie qui n'est contrôlée par personne..
Le Prince Alwaleed, investisseur bien connu, vient de prendre une participation de 300 millions dans Twitter. Il est très enthousiaste par les perspectives de croissance de ce média. Plusieurs site internet financiers se font l'écho de la clôture du titre de Bank of America qui termine sa journée sous les 5$, suite à l'article du Wall Street Journal. Au-delà de l'effet psychologique qui pourrait poser des problèmes à certains fonds, de continuer à détenir un titre qui est sous les 5$, à plus fort raison en fin d'année, les « experts » saisissent l'occasion de se poser la question de savoir pourquoi et comment ce titre se traite 38% sous la valeur à la casse de la banque. La réponse se trouve dans un seul mot : CONFIANCE. Pour la petite histoire, Paulson, la star Hedge Fund manager et dedans jusqu'au cou et n'avait pas forcément besoin de ça cette année. Warren Buffet est également investit dans BofA, mais il a un deal spécial qui le protège et lui garanti un rendement à la Warren Buffet...
Côté chiffres économiques nous auront les ventes des magasins, les Housing Starts et le Redbook. Pour l'instant les futures américains sont en hausse de 05%, satisfaits de savoir que rien n'a changé en Corée du Nord et que rien n'a changé nulle part depuis hier...fondamentalement...
La journée commence sous la neige et il semble qu'elle ne devrait pas être moins ennuyante que celle d'hier. Il n'y a rien à attendre ces prochains jours, sauf un miracle et je ne pense pas que Nicolas Sarkozy déguisé en petit Jésus dans la crèche suffise à notre bonheur, même si Angela Merkel lui souffle dessus... Pour le moment l'année se termine en roue libre et on a connu des mois décembre bien plus palpitants, mais au regard de l'année que l'on vient de traverser, on a les mois de décembre que l'on mérite..
Sur cette note philosophique, je m'en vais retourner méditer sous une cascade d'eau glacée, histoire de me réveiller et de me remotiver pour aller au combat. En attendant de vous retrouver demain, il me reste à vous souhaiter une excellente journée, en espérant que vous avez bien farté les skis, parce qu'aujourd'hui je ne suis pas certain que l'option « transport publics » soit la meilleure.. ou alors c'est un miracle...
Bon café, bon bircher müesli et une Ovo là dessus et c'est partit pour la journée... Va en falloir de l'ovo..
A demain
Morningbull
"A life spent making mistakes is not only more honorable, but more useful than a life spent doing nothing." George Bernard Shaw
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lundi, 19 décembre 2011
Ma recommandation ? Fermez les marchés jusqu'en 2012 !!!
Oui, je crois que l'on est en train d'atteindre un point jamais vu sur les marchés. Ça devient du grand n'importe quoi version classe mondiale. Il nous reste deux semaines avant 2012 et quand on entend ce qu'on entend, qu'on voit ce qu'on voit et bien on se dit qu'on a bien raison de penser ce qu'on pense et d'aller jouer aux billes à la place.
Je m'explique, vendredi j'ai passé ma journée les yeux vissés sur les écrans pour identifier le moindre mouvement, le moindre signe de vie du marché. Pendant des heures j'ai surveillé les comportements des courbes dessinées sur mes écrans, vérifié tous les paramètres qui comptent en ce moment ; euro-dollar : check, rendement de la dette italienne : check, rendement de la dette espagnole : check ! Futures américains : check ! IPO de ZYNGA : check ! Discours de Merkel : check (y en n'avait pas, mais check quand même)... Et pourtant rien ne se passait sur le marché, une espèce de semi-coma entourait les indices européens comme si on attendait quelque chose...
Et puis tout d'un coup, l'illumination !!!! Mais oui, bon sang mais c'est bien sûr !!! C'est l'échéance des 4 sorcières, une des 4 grosses échéances de l'année. Et comme on le sait après chaque échéance il se passe un truc, soit ça monte, soit ça baisse. Les marchés étaient donc tétanisés en attendant la fin de l'échéance, mais une fois que ça sera fini, c'est sûr ça va bouger. Enfin !!! L'excitation était à son comble, le traders piaffaient d'impatience et puis enfin, à 16h00, l'échéance... Et puis ensuite ... Eh ben ensuite, rien.. que dalle... la zone..
Ensuite on attendu encore, parce qu'il paraît que personne ne voulait « rien faire » avant le week-end parce que ce week-end on s'autorisait à penser dans les milieux autorisés qu'un des trois clowns viendrait downgrader la France et voir pire, l'Allemagne.. Et tant que ces downgrades ne sont pas officiels, « on ne veut rien faire »...
On vit donc une époque formidable, on ne fait rien « avant », parce qu'on sait que ça va arriver – bien que ce matin à 5h22, toujours rien ne s'est passé aux niveau des génies de la prévision que sont S&P, Moody's et Fitch, ils n'ont toujours pas pris de décision sur la France nous laissant dans une expectative insoutenable – et puis de toute façon, une fois que ça sera « arrivé », on ne voudra rien faire parce que les perspectives sont mauvaises selon trois pelés et deux tondus qui ont la réputation d'être faux 100% du temps...
Dans le doute on a donc préféré ne rien faire. Ce qui m'amène à me dire que si on se comporte comme ça encore deux semaines, ça va être super long. Mais super-long dans le genre super-long.. chiant, Waterloo morne plaine avec de temps en temps un super Hedge-Fund qui nous balance un programme automatisé pour nous occuper pendant 5 minutes, mais je crains que ce soit à peu près tout. De toute manière, c'est officiel à peu près partout, il paraît que les places boursières ont capitulé, il n'y aura pas de « rallye de fin d'année » cette année. C'est donc officiel, vous pouvez plier bagages, rentrer le matos, il va falloir attendre pour revoir un Bull Market et si l'on en croit les prévisions du moment, il va falloir attendre l'été parce la plupart des stratèges (qui étaient faux en 2011 et qui n'ont rien vu venir de la crise actuelle) pensent qu'en 2012 le marché ira plus haut de 12% à la louche, mais seulement à partir de juin-juillet...
On se prépare donc à long hiver boursier durant lequel on va déprimer, baisser, puis déprimer encore, baisser encore un peu et puis au moment où l'on pourra commencer à citer l'adage de l'année : « Sell in May in go away », eh ben en fait il faudra acheter et puis c'est tout !!! Enfin, si les stratèges ont raisons, ce qui, statistiquement est loin, très loin, super loin, méga-vachement loin d'être sûr et encore moins certain.
En gros on ne sait plus quoi faire d'ici Nouvel-An et puis comme la plupart d'entre-nous sont déjà en train de faire les bagages pour aller en vacances, je me demande vraiment si ça vaut la peine de continuer à « faire de la bourse » en 2011 et en ce qui me concerne je me demande vraiment si ça vaut la peine que je me lève à 4h du matin pour vous écrire mes commentaires...alors qu'il y a de moins en moins de choses à dire...
Bon, pour vous résumer la fin de la semaine ; le rendement de la dette espagnole se casse la gueul. Et puis il y a des rumeurs un peu partout que ces prochains jours vont donner lieu à tout plein de downgrades, la Belgique a d'ailleurs été downgradée ce week-end, la France a été mise sous surveillance par Fitch, mais pour être franc, c'est surtout le DOWNGRADE de la France que l'on attend avec impatience, j'en arrive presque à croire que l'on veux ce downgrade pour acheter et montrer que les agences de notation sont ridicules. Mais pour le moment la perspective de ce moment qui « tous nous prendre par surprise, bien sûr », on s'ennuie ferme et cette épée de Damoclès empêche le marché de donner toute sa quintessence...
Autrement, il faut encore noter que l'or ne parvient pas à revenir au-dessus des 1600$, 1600 qui fait toujours office de camp de base pour aller chercher le Graal à 2000$ comme promis depuis des mois. Pourtant vendredi passé, avec l'euro qui parvenait à retrouver deux-trois forces pour faire faiblir le dollar, on aurait pu croire qu'on y arriverait, mais en fait, non. Le métal jaune est à 1588$ ce matin.
Côté pétrole, c'est la soupe à la grimace. En général le pétrole bouge pour deux raisons : le dollar et les perspectives économiques, des fois les inventaires mais comme en général c'est aussi simple de jouer les chiffres de l'EIA à feuille, cailloux, ciseaux, les intervenants « vraiment pros » se sont rabattus sur le dollar et les perspectives économiques, sauf qu'un petit nouveau vient d'arriver : la crise européenne. Pour la première fois depuis des mois, je lis un article comme quoi le prix du baril a baissé parce que « les perspectives de la zone Euro ne sont pas très bonnes »... Si tout d'un coup le baril est lié à l'Europe, ça va se compliquer.. Encore. Du coup le pétrole avait un peu de retard à combler si il veut « matcher » la performance des banques européennes, il a donc déjà entamé un bout du chemin en baissant de manière significative durant la semaine qui vient de s'écouler. Ce matin le baril est à 92.30$, loin, mais alors bien loin des 135$ promis à la fin de l'été... 135$ que nous devions atteindre à la fin de l'année. Année 2011 bien sûr. Si l'on paie 135$ sur le baril d'ici le 31 décembre, je me teint les cheveux en bleu-blanc-rouge. Oui, je sais je ne prend pas beaucoup de risques, mais la sanction serait terrible.
Et puis comme en attendant le downgrade de la France et l'échéance des sorcières on s'ennuyait ferme, il fallait bien trouver une occupation. Les américains nous en ont trouvé une : l'introduction en bourse d'une ferme virtuelle. Si vous étiez sur la planète depuis une semaine vous avez forcément entendu parler de ZYNGA. Avec Zinga vous pouvez enfin réaliser votre rêve : devenir agriculteur, mais sans vous salir les mains. Il vous suffit d'acheter des vaches virtuelles, du terrain virtuel, de l'engrais virtuel et de l'intelligence artificielle et hop c'est parti.. C'est quand même la seule boîte qui vous vend un truc qui ne vous appartient jamais, que vous ne pouvez pas revendre et qui n'est même pas garanti et ça marche. Avant l'époque d'internet on appelait ça de l'arnaque, maintenant des « jeux sociaux »... au moins à l'époque au Monopoly, c'était du faux argent et on étai ruiné pour de faux. Avec ZYNGA on peut être ruiné pour de vrai, sans jamais avoir vraiment acheté quelque chose.
Bref, ZYNGA est venu en bourse vendredi. On l'attendu. Longtemps. C'était la meilleure indication de ce que pouvait valoir les réseaux sociaux depuis l'introduction en bourse de Linkedin. Le titre avait été « pricé » à 10$ vendredi et on attendait l'ouverture officielle, histoire de voir si c'était encore un carton de la bulle internet... Ô surprise, Ô rage, Ô déception, le titre à ouvert à 11$.. A peine 10% en dessus du prix d'émission. Pas un super-bon signe. Les heures qui suivaient étaient pires. À la fin de la journée le titre terminait à 9$ et 50 cents... Pas de quoi danser sur la table et Monsieur Facebook a intérêt à se magner le train avant que plus personne ne veuille de son titre, même si c'est un raccourci un peu facile à faire, les deux compagnies n'étant tout de même pas construites sur le même business model.. Toujours est-il que l'IPO de ZYNGA aura été un échec. Le CEO pourra s'acheter son jet privé, deux ou trois bateau, une douzaine de Ferrari et suffisamment de résidences secondaire pour oublier où elles se trouvent, mais pour l'investisseur, pour le moment, ça ressemble plutôt à une déception.
Ceci mis à part, la journée de vendredi fût longue, mais longue, j'ai pris dix ans en une journée, tellement la lutte contre le sommeil m'a pris de l'énergie. Mais ce qui me fait le plus peur, c'est que la semaine à venir ne semble pas mieux...
Pour le moment, l'Asie est en plongée. Tout d'abord parce que les asiatiques ont « peur de l'évolution de la crise européenne » et puis parce que l'indice Sud Coréen se casse la figure parce que le dictateur Nord Coréen, Kim Jong-Il est mort. Ça vous donne tout de suite une idée de l'ambiance qui règne dans les marchés. Un des dictateurs les plus tarés est mort et le marché baisse. Pourtant si il y a un truc dont on se fout c'est qu'il soit mort !!! Le seul truc que l'on peut regretter c'est qu'il soit mort « seulement » maintenant.. Bon, en même temps, la mauvaise nouvelle c'est que sont successeur et complètement débile également, ce qui n'arrange pas forcément la chose. Il y a cependant un histoire drôle dans ce décès, on apprend que le dictateur est mort « d'épuisement au travail et d'épuisement mental ».. Comme quoi on peut être con comme un balai et être épuisé mentalement quand même, c'est une chose qui n'arrivera pas à George Bush, l'épuisement mental...
Nous avons donc entamé la semaine dans le rouge et pas qu'un peu puisque le Japon recule de 1.12%, Hong Kong de 2.47%, Shanghai de 2.5%, tout comme Sydney.
Puisque l'Europe est la cause de tous les maux des marchés financiers, ce lundi, il semblerait que les charismatiques leaders européens vont s'offrir une conférence téléphonique pour faire le point sur la crise Européenne. Alors après avoir tenté le « petit meeting en petit commité », le gros meeting à la plage, le sommet de la dernière chance à Bruxelles, on tente la conférence téléphonique pour sauver le monde. Quand ils en seront aux signaux de fumée, on saura que c'est sans espoir. Cette fois il se pourrait que l'on parle du FMI et des moyens que l'on pourrait trouver via ce dernier pour sauver l'Europe. En même temps, en ce qui concerne le FMI, la Présidente du FMI est en voyage au Nigéria, ça ne va donc pas être simple de communiquer avec elle. On voit où sont les priorités.
Donc à noter dans vos agenda, 15h30 aujourd'hui, conférence des chefs d'Etats Européens au téléphone...
A noter également que Mario Draghi a donné sa première interview depuis que Goldman Sachs l'a nommé à la tête de la BCE. Pas grand-chose n'est ressorti de cette interview, sauf le fait que si vous cherchez quelqu'un pour vous remotiver et vous pousser en avant, vous forçant à vous battre pour trouver des solutions à vos problèmes, ce n'est pas sur lui qu'il faut compter.
Après que Fitch ait placé le rating de la France « sous surveillance » durant le week-end, le journal Sud-Ouest Dimanche nous apprend que « les français son pessimistes quand à la note de triple A », ils n'y croient plus selon le journal. En même temps, ça tombe bien parce que 80% des français ne savaient pas ce que c'était un triple A il y a encore 1 an... Mais on est rassuré que ce sondage remette l'église au milieu du village.
Côté chiffres économiques, nous allons avoir le Housing Market Index cette après-midi et c'est tout pour ce lundi. La grosse journée sera celle de jeudi. En attendant, je crois qu'il est plus sain de retourner se coucher. Tout d'abord parce qu'il est en train de neiger à Genève et étant donné les performances des TPG ces derniers jours, il y peu de chance d'arriver au bureau avec 12h00 à moins que vous soyez déjà parti à 3h ce matin. Et ensuite parce que visiblement ce marché est tellement à la rue que maintenant il est en train de baisser parce que King Kong Drill est mort ce week-end..
Les futures US sont déjà en baisse de 0.6% à cause de l'autre imbécile qui est mort. Super. On avait besoin de ça. Même Kadhafi n'avait pas eu autant d'impact sur le prix du baril quand il a été exécuté.
En conclusion, le marché est complètement cinglé et je crois qu'il est plus sain d'aller à montagne et profiter de l'air pur, on verra pour la suite au mois de janvier...
Pour ceux qui ont réussi à se rendre au bureau, je vous souhaite une belle journée passionnante à lire la nécrologie de « Ding Dang Dong » et on se retrouve demain matin pour parler de la reproduction des pingouins en captivité, sujet Ô combien passionnant par rapport à la crise de la dette et aux multi-sommets européens. Pour les autres, restez au lit.
Bon café, What else.
Morningbull
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vendredi, 16 décembre 2011
Qu'on me donne l'envie, l'envie d'avoir envie
C'est comme ça que l'on peut résumer la séance d'hier. On n'a même plus envie. Je ne sais pas si c'est parce que nous sommes à deux semaines d'enterrer cette foutue année 2011 et que plus personne ne veut « rien faire », ou est-ce que nous sommes tous terrorisés de retourner dans le grand-bain, puisqu'à chaque tentative on se fait noyer par une vague géante qui nous explique que, pour l'instant c'est mieux de rester sur la plage.
Je dis ça, parce que quand on voit les nouvelles d'hier, dans un monde normal on ne devait pas terminer la journée dans une hausse anorexique comme ce fût le cas ce jeudi, mais dans une vraie hausse de bull market, limite euphorique.. Eh ben non. On reste complètement sclérosés comme si Merkel était cachée au coin du bois prêt à nous sortir une bonne petite phrase dont elle à le secret.
Si je résume la journée, j'ai le sentiment qu'il y avait quand même globalement de la « bonne news » si l'on exclu le « profit warning » de Crédit Agricole – ce qui ne devrait surprendre personne – et le downgrade (quelle surprise) de plusieurs grandes banques par le troisième larron des serial downgradeurs, (dont tout le monde se fout), le reste des nouvelles étaient plutôt encourageantes. Au passage Fitch a annoncé jeudi qu’elle abaissait la note de deux crans de Credit Suisse, Barclays et Deutsche Bank. Et d'un cran de Bank of America, BNP Paribas et Goldman Sachs. En revanche les autres s'en sortent sans dommages. Ils ont justifié leur action par une espèce de discours à deux balles qu'un enfant de 5 ans n'aurait aucune peine à améliorer. Sans surprise, ils n'inspirent que du dégoût et continuent d'être toujours autant pathétiques.
Mais pour le reste, c'était que du bon, tout d'abord les auctions de l'Espagne se sont bien passée, l'Europe n'arrivait même plus à passer dans le rouge, ce qui est assez rare cette semaine pour être signalé, puis du côté des chiffres économiques, c'était Byzance aux USA et malgré la quantité de données publiées dans l'après-midi, il était difficile de faire mieux, du point de vue économique on aurait presque pu dire que c'était « parfait ». Les jobless claims étaient mieux que prévu, l'Empire State Manufacturing battait les attentes, le PPI était au dessus, le Philly Fed était au plus haut depuis avril et même, même les chiffres de FedEx, qui est généralement considéré comme « la mère de toutes les publications de sociétés en terme de perspectives économiques », même FedEx annonçait un trimestre très, très très bon qui prenait un peu tout le monde à contrepied.
Le leader de la livraison à domicile explosait de 8% et les indications positives que cela donnait entraînait également des compagnies comme Texas Instrument, Intel, DuPont et 3M. Les indices que cela donnaient étaient plutôt encourageant pour la suite des évènements d'un point de vue strictement économique, je ne parle pas de la dette, bien sûr...
Ajoutez encore à cela le take over de Lam Research sur Novellus, qui démontrait encore une fois que les sociétés, elles, ont du cash à disposition et qu'elle sont à l'affût de la bonne affaire, les valorisations actuelles n'étant vraiment pas excessives. Dans cet environnement on aurait pu donc s'attendre à une journée de folie. Journée durant laquelle les bulls auraient pris leur revanche sur les bears en les piétinant à la sortie de l'étable afin de redonner espoir au camp des « résolument positifs » qui croient toujours que le S&P va terminer l'année à 1330. Et pourtant il n'en fût rien.
Oh bien sûr, on ne va pas bouder notre plaisir de voir ENFIN le marché terminer en vert dans une harmonie totale, mais il est vrai qu'après les baffes que l'on s'est prises depuis 3 jours on aurait pu attendre quelque chose de mieux de la part de Mister Market. Mais quand ça veut pas, ça veut pas. La plupart des intervenants sont fatigués et dégoûtés, l'autre partie est déjà sur le chemin des sports d'hiver et des agapes de fin d'année, globalement on peut commencer à dire que l'année est finie et que, sauf surprise il ne devrait plus se passer grand-chose d'ici le 31 décembre. En tous les cas, l'envie n'y est plus. Si avec des chiffres de cette qualité, on n'arrive pas à faire mieux que ça, je crains que rien ne nous fera aller plus haut d'ici 2012... On peut toujours rêver, mais les dernières séances que nous avons vécu donne à penser que 2011 est en train de mourir de sa belle mort et que tout le monde s'en fout et a hâte de passer à la suite.
Pour le reste on a toujours les yeux fixé sur deux choses ; les auctions des pays du PIIGS et accessoirement de la France et de l'Allemagne, puis de l'autre côté, le juge de paix c'est l'Euro-$ qui devient une obsession. Les marchés européens ne peuvent plus rien faire sans que le Dieux monnaie ne leur donne la direction à prendre. Hier, après avoir tenté de faire imploser les plus bas, la monnaie locale est parvenue à inverser la tendance. Ceux qui la suive attentivement et qui se concentrent sur tous les signaux techniques possibles et imaginables, pourront peut-être trouver une tentative d'inversement de tendance, bien que l'on peut se poser des questions sur de fait de savoir qui voudrait soudainement faire le plein en Euro-doll alors que fondamentalement rien a changé. A moins que les Hedge Funds qui lui tapent sur la tête depuis des mois aient décidé de terminer l'année avec plus d'Euros, je ne vois pas trop le catalyste...
Mais peu importe, les tribulation de l'Euro et donc du dollar sont assez marrants à suivre puique, du coup ça donne du boulot aux traders sur l'or et sur le pétrole, sans parler du reste, mais comme tout le monde se fout du cours de la panse de brebis farcie, on se concentre encore sur ce que l'on connaît.
L'or est parvenu a inverser sa spirale baissière et même si rien n'est encore gagné de ce côté-là, le métal jaune est revenu de ses « plus bas ». Pour le moment les traders se moquent de l'effet « valeur refuge » et préfèrent lui coller l'étiquette d'asset lié au dollar et c'est ce qui le fait bouger pour l'instant. Ce matin il se traite à 1591$ et revient gentiment en direction de la zone psychologique des 1600$. Une chose est sûre, si par hasard le spécialiste qui disait l'autre jour que l'or serait à 2'000 à la fin de l'année, a raison, on va tous se bouffer les doigts de ne pas être rentré sur l'or ici... 400$ de hausse d'ici le 31 décembre, je connais 2-3 Gordon Gekko qui tueraient pour ça.
Côté pétrole, même chose, même théorie. Le baril est à 94.21$ et tant que le dollar est fort, personne n'en voudra et puis c'est tout.
En conclusion cette journée était décevante et on aurait pu faire nettement mieux, mais après s'être fait défoncer depuis le début de la semaine on peut s'estimer content de terminer dans le vert et on va se dire que ça pourrait être le « début de quelque chose ».. hein, on se rassure comme on peut. Mais je ne peux pas m'empêcher de regretter le fait que l'on ne monte pas plus avec une telle conjonction de bonnes nouvelles. Il faut croire que notre Karma est dans le sens de la baisse pour le moment, c'est vrai que j'ai toujours tendance à oublier le fait que l'on est dans un « bear market » et que tout rebond devrait être utilisé pour vendre, enfin, jusqu'au jour où..
Dow Jones 11869 +0.38%
S&P500 1216 +0.32%
Nasdaq 2541 +0.07%
Londres 5401 +0.63%
Paris 2999 +0.76%
Francfort 5731 +0.98%
Milan 14628 +1.37%
Madrid 8250 +0.84%
Tokyo 8417 +0.47%
Hong Kong 18136 +0.61%
Shanghai 2284 -0.05%
Sydney 4219 +0.50%
Ce matin l'Asie est également en hausse, dans le même type de hausse que nous en occident. On sent bien que personne n'ose y aller franchement et il faut dire qu'au vu de l'année personne n'a vraiment envie de se faire brûler à 15 jours de 2012, on y va donc étape pas étape. Et puis il faut dire que les commentaires de Christine Lagarde n'ont pas donné envie aux intervenants de sauter dans le grand-bain. Elle n'a pas réinventé la roue en disant que les perspectives économiques n'étaient pas terrible, que la crise européenne ne s'améliorait pas et que les grands de ce monde feraient bien de se bouger le cul pour faire bouger les choses. Elle n'a pas mentionné le fait qu'elle est également considérée comme un « grand de ce monde » et qu'elle pourrait peut-être se « bouger » aussi, parce que force est de reconnaître, depuis qu'elle dirige le FMI, mis à part enfoncer des portes ouvertes on ne l'a pas vue faire grand-chose.
Bref, l'Asie n'est pas plus motivée que nous pour la hausse, en ce moment tout à l'air bien plus facile à la baisse.
Dans les nouvelles du jour, on parle bien sûr du downgrade de Fitch, mais on parle également du Blackberry. Research in Motion a publié ses prévisions et devinez quoi ? - c'est très faible. Le titre s'est fait allumé en beauté et plongeait de 7% après la clôture, sur les niveaux de 14$. Indépendamment du produit et des prévision, ce qui fait peur c'est que l'action ne cesse de baisser et que les solutions pour la faire remonter sont de plus en plus compliquées, de plus qui voudrait racheter la compagnie ici ? Ça sent de plus en plus le sapin pour la mère patrie du Blackberry. De l'autre côté on notera les bons chiffres d'Adobe qui ont battu les attentes et qui semblent content de leur ventes.
Aujourd'hui nous sommes de retour dans le monde de la bulle internet de 2000. Ce vendredi, la compagnie ZYNGA va faire son entrée en bourse. Pour ceux qui ne connaissent pas, Zynga développe des jeux passionnant sur Facebook, des jeux qui vous permettent de gérer une ferme virtuelle. C'est le coeur de leur business. Cette après-midi Zynga devrait offrir 100 millions de titres aux investisseurs pour 10$ par titres. Levant du même coup 1 milliard de dollars. Pour faire un parallèle, en 2004 Google avait levé 1.9 milliard... la société devrait donc valoir immédiatement près de 7 milliards en bourse. Pour faire une autre comparaison, Electronic Arts qui est un des plus gros éditeur du marché du jeu, pèse 6.9 milliards... pour moi, il y a un truc qui ne joue pas, sans compter que Zynga risque d'ouvrir bien plus haut que 10$... Affaire à suivre, mais ça pourrait bien être un Linkedin II le retour.
Ce matin en France l'Insee est très noire et prévoit deux trimestres d'affilée avec un PIB en recul, la France entre en récession et attend patiemment le downgrade que devrait lui infliger S&P et/ou Moody's dans les jours qui viennent. Je suis également assez content d'apprendre que le Gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer pense comme moi et estime que les agences de notation sont « devenues franchement incompréhensibles et irrationnelles, elles lancent des menaces, alors même que les Etats ont pris des décisions fortes et positives ». On est de plus en plus nombreux à le penser, alors ? À quand le goudron et le plumes ???
Côté chiffres économiques, c'est vendredi et c'est plus calme, mais il y aura quand même le CPI. Pour le moment les futures US sont en hausse de 0.35% et même le downgrade de Fitch ne change pas grand-chose et l'on peut dire que tout le monde s'en tape. Ce matin c'est également le troisième vendredi du mois, c'est donc l'échéance des options et des futures.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, c'est également tout pour cette semaine. On espère que la semaine prochaine sera un peu mieux que celle qui se termine, mais en même temps, plus les jours passent plus nous nous rapprochons de la fin de l'année et l'envie ne va pas forcément augmenter avec l'approche de Noël et de Nouvel An.
Personnellement je vous souhaite une excellente journée, un très bon week-end et on se retrouve pour les derniers jours de l'année et les derniers blogs de l'année...
A lundi !
Morningbull
"A global study released just today found that happiness does not increase with the rate of economic growth. To which President Obama said, 'See? That's what I've been trying to tell people.'" –Jay Leno
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jeudi, 15 décembre 2011
Grosse Chaos
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Les soldes sont en avance cette année
Ce matin, en lisant la presse, en surfant sur le net, j'ai soudain été envahi par une vague d'immense lassitude. Les articles, les déclarations de chacun, les chroniques d'autres, l'ensemble de tout de ce que je lisais ne pointait que dans une seule direction : la baisse, le négativisme, les downgrades, les supports qui lâchent, les moyennes mobiles qui sont enfoncées, la fatigue, le ras-le-bol, la perte de motivation, etc... etc.... En un mot comme en cent ; rien de nouveau, mais on reprend les mêmes théories que l'on connaît depuis des mois, on les réchauffe et on recommence.
J'ai bien pris le temps de tout lire ou presque, de faire le tour de tous les marchés depuis 24h, d'essayer de faire le tri de toutes les nouvelles qui comptent, on a beau dire, on a beau faire, je n'ai absolument rien trouvé de nouveau par rapport à ce que l'on savait déjà vendredi passé à la même heure...
Commençons par les déclarations d'Angela Merkel. Bon, entre nous soit dit, elle a de plus en plus l'air aussi attirante et motivante qu'Eva Jolie, mais son discours devant le parlement allemand hier n'a rien amené de neuf. Oui, elle a dit que la sortie de crise serait longue et difficile, que cela ne prendrait pas des semaines, ni des mois, mais des années. Oui, elle a dit que le chemin serait long, compliqué et semé d'embûches... Mais qui est surpris ??? N'allez pas me dire que la majorité des intervenants et des investisseurs vendaient hier parce qu'ils étaient « déçus » des commentaires d'Angela. Que pouvaient-ils bien attendre de ses déclarations ? Qui pouvaient encore croire que les problèmes de l'Europe allaient se régler d'ici janvier ? Si il y en a qui y croyaient encore, ils faisaient preuve d'une naïveté incroyable... Mais peut-être est-ce surtout le fait que de plus en plus de monde dans ce marché a une vision à court terme voir à super court terme... On ne regarde que ce qui se passe dans la journée, plus personne ne veut investir pour l'avenir et tout le monde veut « faire du fric pour hier »... Dans ces conditions, il ne faut même pas s'étonner de vivre encore et encore des journées débiles comme celles d'hier, tout comme celle du 30 novembre était complètement absurde...
Peu importe, la violence des mouvements et le sens unique de ce type de séance démontre bien le type de moutons que nous sommes devenus. Tout le monde va dans le même sens au même moment, tout le monde tourne la veste au même moment et surtout tout le monde a les mêmes théories au même moment. Et puis surtout, quand on fait le bilan de la journée d'hier, si vous me trouvez une seule vraie nouveauté dans l'ensemble des informations de la journée, je vous paye une heure de TPG gratuit...
Que s'est-il passé finalement ? Angela Merkel s'est montrée prudente ? Bernanke nous a laissé entendre qu'il avait peur que la crise européenne contamine les USA ? - ça tombe bien, nous on n'a pas peur que les USA contaminent l'Europe, mais c'est vrai j'oublie tout le temps que là-bas tout va bien et que EUX, ils ne font jamais d'erreur.. Quoi d'autre ? Ah oui, les pays endettés continuent d'emprunter à des taux élevés. Ça c'est une super nouvelle, plus le risque est élevé, plus on demande des « assurances » ou des « primes » élevées... Pourtant il me semble que les assurances ont compris le principe depuis longtemps... mais non, nous dans la finance on semble soudainement découvrir que si ont prend des risques, il y a une prime à payer et plus le risque est grand, plus la prime est élevée. Essayez de vous faire piquer votre voiture trois fois de suite en 18 mois, vous verrez comme c'est facile et bon marché d'assurer la 4ème... Mais non, nous dans le monde merveilleux de la finance, soudainement on est « horrifié » de voir que l'Italie doit se refinancer à 6.5% alors qu'on ne sait même pas comment elle va rembourser le premier pour cent !!! Et puis surtout, une chose est magique ; aujourd'hui, vous passez une journée dans une salle de trading et TOUT LE MONDE vous parle du rendement du 10 ans italien, n'importe qui, trader, advisor, sales, analyste, assistant, stagiaire, tout le monde ne regarde QUE ça... Sauf qu'il y a 6 mois, on ne savait même pas où le trouver sur Bloomberg... Et là, vous avez des milliers « d'experts » qui sortent du bois et qui ont TOUS une théorie sur le sujet...
Ah oui et j'oubliais le fait que tout le monde est « convaincu » que la France va perdre sont triple A et que les USA vont se faire downgrader encore plus bas, sans même parler du reste de l'Europe ou pire, la Mannschaft... Ok, c'est pas nouveau, la France ne devrait plus avoir son triple A depuis bien longtemps et tout le monde sait que la dette US c'est de la daube, mais qu'on préfère faire comme si tout allait bien.. Alors où est la news ??? Moi je vais vous le dire, vivement que l'on downgrade la dette de la France, des USA, de l'Ouganda et d'Appenzell Rhodes Extérieures, ça voudra dire que c'est un signal d'achat, parce que le jour où S&P est juste en terme de timing, il pleuvra des lingots d'or. Ça fera mal, mais y a pire comme orage, même à 1577$ l'once..
Alors comme, SOUDAINEMENT on découvre que TOUT VA MAL (comme tous les 3 jours) et qu'en plus le problème ne va pas se régler demain, ou même lundi prochain, dans le doute autant tout vendre. Autant massacrer l'Euro pour je-ne-sais-quelle-théorie comme quoi il va disparaître dans l'année qui vient, autant tout dégager, car Angela Merkel l'a dit, ça va prendre du temps.
En résumé, tout va mal. Le chômage augmente, l'économie ralentit, tout devient plus compliqué, plus cher, moins facile, mais fondamentalement, RIEN, mais alors rien n'a changé depuis des mois dans le marché, on se répète et on se rabâche les mêmes choses encore et encore, on vend tout parce que tout va mal et que dehors, il pleut... puis le lendemain on rachète tout, parce que c'est sûr Apple va sortir un iPhone 234 qui fait le café et qui prédit que demain, il fera beau... Tout va trop vite et on ne prend même plus le temps de se poser des questions on de réfléchir, non, on cherche simplement des excuses pour justifier une vente ou un achat, on ne cherche plus à avoir raison, on veut juste être comme le marché et pouvoir expliquer POURQUOI on a vendu hier et pourquoi on achètera demain. On essaye surtout d'avoir l'air intelligent et professionnel dans ce type de discours, mais en fait, soyons réaliste, personne n'en a aucune idée, alors dans le doute autant faire comme la masse...
Hier la masse, elle courait vers les sortie avec les mains sur les oreilles en hurlant : « OH MY GOD, OH MY GOD, OH MY GOD, ANGELA A DIT QUE CA SERAIT LONG ET DIFFICILE, SAUVE QUI PEUT !!! »... Personne n'a vraiment vu la séance du Bundestag, personne n'a vraiment écouté ce qu'elle a dit, mais les trois ou quatre mots qui ont été traduit ont été suffisant pour nous faire paniquer.. Quand au discours de Bernanke, il a été fait à huit-clos, ce qui veut dire ce que ça veut dire...
En conclusion, les qualificatifs qui s'appliquent à ce marché ne manquent pas ; taré, débile, incohérent, stupide, idiot, volatile, irréel, instable, valétudinaire et limite cacochyme.... mais une chose est sûre, c'est qu'il a toujours raison... Il n'y a donc rien d'autre à faire que de constater les dégâts, il y a simplement une chose qui m'interpelle dans tout cela, c'est le fait que lorsque l'on regarde le comportement hystérique de la séance d'hier et le fait que tout le monde rend les armes en disant : « oui bon, si Angela Merkel dit que ça va être long, c'est foutu on est dans la merde pour dix ans, autant tout vendre »... la question qui me vient à l'esprit, c'est : Qu'est-ce qu'on va faire en attendant que ça aille mieux ??? Non, parce qu'aller faire du fromage de chèvre en Ardèche et donner des cours de macramé en élevant des lamas pour faire de la laine, ça va aller un moment et puis je crois que l'idée est déjà prise...
En gros, hier nous étions en mode « tout est foutu », il faut tout vendre et on a tout vendu. Plus personne ne veut de l'Euro, ce que l'on peut comprendre puisque tout va bien aux USA, que le pays est prospère, que les oiseaux chantent que tout le monde bosse à mi-temps, tellement ils ont de l'argent et le plein emploi est un art de vivre... Plus personne ne veut des actions, surtout des financières, parce que c'est tout pourri les actions, surtout les banques.. en même temps quand il n'y aura VRAIMENT plus de banques, ça ne sera pas moins pourri, au contraire... On ne veut plus de dettes gouvernementales, on ne veut plus de commodities parce que le dollar monte, on a la trouille du pétrole parce que plus personne ne va rouler en voiture et tout le monde fera du vélo pour économiser du fric OU prendra les TPG, c'est plus long, mais ça consomme moins de pétrole. Et puis surtout plus PERSONNE ne veut d'or, parce que le dollar monte et que c'est mauvais pour l'or et qu'en plus je suis allé à la boulangerie hier, j'ai voulu acheter un pain « paillasse » et trois croissant et la vendeuse m'a regardé bizarre quand j'ai voulu payer avec un lingot d'un kilo, soit disant qu'elle n'avait pas la monnaie...
Je ne vais donc pas vous refaire la journée d'hier, c'était la merde totale, les actions se sont faites exploser partout dans le monde et ça continue ce matin, le pétrole vaut 95$, soit 5% de moins qu'il y a 48 heures, mais ne cherchez pas, à la pompe ça baissera quand le baril commencera à enfoncer les 50$, avant il faut éponger les excédents des stocks payés très cher à l'époque. L'or a enfoncé sa moyenne mobile des 200 jours et se traite à 1577$, mais que l'on se rassure, les EXPERTS en la matière sont confiant, l'or vaudra bientôt 2'000$. C'est sûr. Y-a-ka-acheter... L'Italie se refinance trop cher, Angela est déprimante et déprimée comme jamais, mais que l'on se rassure, vers 2031, ça devrait aller mieux. Bernanke a peur de l'Europe, mais pas des Etats-Unis, ce qui démontre une capacité hors du commun à jouer la stratégie de l'autruche, mais mis à part ça il devrait neiger d'ici ce week-end et on devrait bientôt pouvoir skier.
Pour le bilan des indices, afin de ne pas jeter de l'huile sur le feu et rajouter du négativisme dans l'ambiance actuelle, j'ai donc pris la décision de ne pas les publier ce matin. Il vous suffit de savoir que c'est moche et que globalement on est revenu à la case départ d'avant le super sommet de la semaine passée. Oui, vous savez le sommet qui allait tout arranger... Eh ben, en fait non, parce qu'un « analyste-expert » disait hier que le « marché » se disait qu'en fait les leaders européens ont toujours beaucoup promis et peu délivré, donc.. autant vendre. On a mis 5 jours pour trouver ça, mais on y est arrivé... Souvenez-vous donc de cette phrase, ça fait toujours super-classe dans les soirées de fin d'année : « Oui, vous comprenez chef, le marché baisse parce que les leaders Européens ont toujours beaucoup promis et peu délivré, c'est fondamentalement assez logique et évident... », si vous dites cette phrase avec un balai dans le cul et le petit doigt en l'air, ça va en jeter un maximum et vous allez capter l'auditoire à vie...
Bref, la journée d'hier était pourrie et j'aurais mieux fait d'aller chez IKEA.
Mais tout espoir n'est pas perdu, il est encore temps d'aller faire autre chose aujourd'hui. Parce que je crains que les after-shocks de la séance d'hier se fassent encore sentir. Ce matin l'Asie est dans le même « momentum » que nous hier, en plus les chiffres du « Purchasing Manager Index » chinois montrent que l'économie se contracte, le sentiment du business japonais, le Takan n'est pas vraiment noir, mais il est quand même gris très foncé.
En ce qui concerne les nouvelles du jours, pour être franc, il y a bien deux-trois articles sur le fait que Goldman Sachs n'avait plus perdu autant de « partners » depuis 2008 et les 38 qui partent vont tous « poursuivre de nouvelles opportunités » (en Sicile??), le Barrons publie un article prudent sur les performances à venir des banques d'investissement, les Hedges Funds parient énormément contre l'Euro (sans blague????) et PIMCO met en garde en parlant de parité avec le dollar. Les banquiers de la Commerzbank n'auront pas de « Christmas Party » pour des raisons d'économie, mais comme vous le voyez, les nouvelles sont minces inintéressantes et ce n'est pas ça qui va faire changer l'esprit du marché. Mis à part Nicolas Sarkozy qui se pointerait sur les Champs-Elysées déguisé en Père Noël en chantant « Je vais bien, tout va bien » et en jetant des billets de 500 Francs Français, on ne voit pas trop ce qui pourrait remonter le moral des bourses qui l'on dans les chaussettes...
Il y a encore trois jours, on était convaincu du scénario « Christmas Rally » à 99% et comme d'habitude, c'est les 1% qui ont gagné, le rallye de fin de l'année on peut se l'accrocher sur le sapin et 2012 ça sera pire.. si l'on en croit le 99%...
Côté chiffres économiques, nous aurons les Jobless claims, le PPI, l'Empire Manufacturing, le Current Account, le Treasury International Capital, la Production Industrielle, le Philly Fed et le Bloomberg Comfort Index... Tout ces chiffres peuvent être extrêmement bons, je ne suis pas sûr que ça enlèvera la chape de plomb qui pèse sur nos têtes depuis que le boute-entrain germanique a parlé hier... Pour le moment les futures américains sont en baisse de 0.10%, autant dire que ça ne veut rien dire.
Comme vous le voyez, l'ambiance est au beau fixe et on se réjouis déjà de voir à quelle sauce on va être mangé dans les jours qui viennent. Au moins la semaine passée on avait l'espoir de voir des résultats au sommet européens, mais là, même pas. Je serais les autorités européennes où ce qu'il en reste, je fermerais les bourses et j'interdirais les opérations sur l'Euro jusqu'en 2012 et j'irais me saouler au Jaegermeister jusqu'en janvier, ça nous ferais des vacances....
Bref, Angela a parlé hier et il me reste à vous souhaiter une très belle journée, je me dis que tant que l'on respire, tout espoir n'est pas perdu !!! J'espère que votre journée sera excellente et je ne cesse de regarder la citation d'Alain Chabat sur la porte de mon frigo qui me dit que chaque matin j'ai le choix ; soit tout est grave, soit rien n'est grave... Ce matin ; RIEN N'EST GRAVE..
Bon café et à demain si je le vaut bien..
Morningbull
« Je suis un con, mais quand je vois ce que les gens intelligents ont fait du monde… »
Georges Wolinski
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mercredi, 14 décembre 2011
Le jour le plus long
ON VEUT UN SOMMET DE LA DERNIERE CHANCE (UN AUTRE)...Au moins ça nous occuperait, ça ne réglerait rien du tout, mais on serait occupés à spéculer sur les solutions que pourraient éventuellement peut-être nous apporter nos charismatiques leaders européens. Non, parce que là, les journées deviennent pénibles à l'extrême. Les volumes sont risibles et même dans la cours d'école de mon quartier les enfants de 5 ans ont un volume d'échange bien plus important en bonbons Haribo. Il nous reste 13 jours de trading avant de boucler l'année, mais si on continue comme cela, il y a bien des intervenants qui risquent de mourir d'ennui d'ici 2012 (moi en premier).
En dehors du fait que les journées sont longues et à peu près aussi intéressantes qu'un documentaire sur la reproduction des limaces en Nouvelle-Zélande, il faut également reconnaître que notre capacité à réagir intelligemment aux nouvelles publiées est fortement diminuée. Prenons l'exemple de la séance d'hier. Globalement les marchés européens étaient plus ou moins capables de tenir en terrain positif et tout semblait bien parti pour que tout cela termine en hausse. Pas dans une euphorie totale, c'était même carrément « chiant » (excusez le vocabulaire, mais je n'ai rien trouvé de mieux pour décrire la séance) mais au moins en terrain positif. Puis, à 16h29, une nouvelle est tombée sur nos téléscripteurs, nos écrans Bloomberg, Reuters (pour ceux qui l'utilise encore) ainsi que par pigeons voyageurs (pour ceux qui n'utilisent plus Reuters). Selon la dépêche Angela Merkel aurait déclaré qu'elle refusait d'entrer en matière afin d'envisager l'augmentation de la taille du fonds EFSF. A partir de là, les vendeurs vendaient tout et en particulier les actions du secteur financier...
On est tellement la tête dans le guidon à « chercher la news » qui fait bouger le marché que PERSONNE ne s'est rendu compte que c'est exactement la même chose qu'elle avait déjà déclarée vendredi. OUI, nous en sommes-là. Tombés tellement bas que les intervenants sont capables de réagir deux fois à la même nouvelles à 4 jours d'intervalle. Je crains d'ailleurs que cette « nouvelle neuve » ressorte encore plusieurs fois d'ici le printemps prochain, ce qui pourrait coûter cher à la performance du marché. Bon, on a encore de la chance, le marché ne réagit plus au fait que l'armée allemande a envahi la Pologne en septembre 1939, ni au bombardement d'Hiroshima en août 1945. La preuve que nous avons tout de même la capacité de regarder « devant »..
Bref, comme vous le voyez, le marché est au « top » de sa forme et quand on publie une information par les canaux habituels, on a intérêt à faire attention à ce que l'on dit, car la capacité de réflexion du trader moyen est inversement proportionnelle au nombre de sommets de la dernière chance de ces derniers mois. Et puis surtout, son « trouble du déficit de l'attention » se concentre uniquement sur les « bonnes nouvelles » qui sont immédiatement traitées, lues, ignorées et puis rejetées instantanément. La preuve, puisqu'hier les commentaires réchauffés et remixés d'Angela Merkel auront plus d'influence que le fait que les « auctions » de la Grèce, de l'Espagne, de la Belgique ET de l'EFSF se sont relativement bien passée. Sans compter que c'est la première fois depuis 10 mois que l'indice de confiance économique allemand, le ZEW a une relativement bonne tête.
Mais bon, comme disait Lionel Jospin: « Quand ça veut pas, ça veut pas ».
Les marchés européens étaient donc en pleine phase de dépression nerveuse, sans compter que les nouvelles négatives étaient intrinsèquement interconnectées avec la future-ex-monnaie européenne que l'on appelle encore l'Euro, le temps que les élèves des écoles primaires de l'Europe entière apprennent ce qu'était leur monnaie nationale en ce temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. L'Ex-Euro, puisque c'est désormais comme cela qu'il va falloir l'appeler puisque la plupart des « experts » qui parlent à la presse pensent que cette monnaie va disparaître au même titre que les dinosaures et le minitel. Hier la soi-disant monnaie de européenne a franchi un nouveau pas dans la honte puisqu'elle a franchi les 1.31 à la baisse, touchant un plus bas à 1.3016, menaçant furieusement de descendre en direction de son plus bas de ces 5 dernières années : 1.2943. Niveau qui, si j'en crois le comportement de la monnaie ces derniers jours, devrait être atteint ce matin. Surtout si Angela Merkel déclare qu'elle ne veut pas augmenter le fonds EFSF. Ce dont elle est bien capable.
On aurait pu, pendant un bref instant espérer que les américains viennent nous surprendre avec un marché fort et conquérant, mais c'était sans compter que les première déclaration en provenance ne laissaient pas penser que le meeting se conclurait sur une révolution économique ce mercredi soir. La bonne nouvelle c'est qu'ils vont laisser les taux au plus bas, à la japonaise et que l'économe est relativement en bonne santé compte tenu de la situation. Mais il semblait que ce que les intervenants attendaient hier de la part de la FED, c'est qu'ils annoncent que Bernanke serait a Time Square vers 17h00 afin de distribuer des liasses de billets de 100$ à la foule pendant toute la soirée.
Comme la FED n'a pas annoncé cet évènement, les vendeurs sont sortis du bois pour exprimer leur déception et leur inquiétude soudaine de ne pas savoir comment ils vont faire pour payer les pneus d'hiver à leur Lamborghini Aventador.
Bref, tout va mal c'est l'angoisse dans les salles de trading et même le fait que dans 12 jours on va se goinfrer de viande, de chocolat et s'enivrer jusqu'au bout de la nuit, ne suffit pas redonner le sourire au marché. Ce sentiment de passer la journée devant des écrans à regarder le marché trainer son spleen en direct sur CNBC devient limite pénible, heureusement qu'il me reste toujours la lecture de Guerre et Paix à l'envers et en Suisse-Allemand...
La journée fût donc pourrie et il n'y a pas de raison que ça change, étant donné qu'il n'y a pas de sommet de la dernière chance qui est prévu en cette fin de semaine. Le seul espoir qui plane encore pour les investisseurs de la caste bovine est que depuis deux semaines nous fonctionnons sous le même « modus operandi » ; lundi et mardi sont des jours pourris, mercredi on essaye de construire et jeudi et vendredi c'est le bull-market et l'euphorie générale, parce que c'est sûr on va à 1350 sur le S&P500 pour la fin de l'année et que ce week-end, il se pourrait éventuellement peut-être que Sarkozy ou Merkel ou les deux, nous pondent un plan miracle. Et le lundi suivant ça recommence. On a peut-être finalement inventé le mouvement perpétuel dans les marchés. En tous les cas, comme ça fait deux semaines que ce petit manège fonctionne, on se dit que « jamais deux sans trois »... Comme quoi on se raccroche quand même à des fondamentaux solides...
Et puis il y a l'or et le pétrole qui bougent avec les tribulations du dollar, même si par moment le pétrole à sa propre vie comme hier soir quand tout d'un coup il est monté suite au fait que des mouvements de troupes iraniennes pourraient interrompre certaines livraisons de pétrole.. Puis, rapidement le brut s'est redégonflé en prévision des inventaires qui seront publiés ce soir. Mais il est a noter que le pétrole peut se dissocier du dollar, pour autant que la nouvelle qui détourne son attention soit valable. Ce matin le baril oscille entre 99.99$ et 100.10$. En revanche le métal jaune reste lié au dollar et comme depuis trois jours l'euro se fait défoncer (en prévision de sa mort), le dollar monte et si le dollar monte, et ben l'or il baisse. Le pétrole aussi normalement, mais là, hier le pétrole ça comptait pas. Ce matin l'once d'or vous coûtera 1644$, je dis ça pour les cadeaux de Noël...
D'un point de vue technique, tout le monde regardait la moyenne mobile des 200 jours dans la zone des 1260 sur le S&P500, c'est officiel ; c'est encore raté !!! On a buté pour la quatrième fois sur cette zone et nous nous en éloignons. Le prochain test sera peut-être le bon, mais pour le moment on en est loin et je dois avouer que vu l'ambiance, il est difficile d'envisager quel catalyste pourrait nous faire tourner la veste d'ici la fin de l'année, surtout qu'à partir de la semaine prochaine, les banques vont se vider pour aller profiter de la tempête de neige annoncée pour la fin de semaine.
Pour ce qui est des indices, nous en sommes-là :
Dow Jones 11955 -0.55%
S&P500 1226 -0.87%
Nasdaq 2579 -1.26%
Londres 5490 +1.15%
Paris 3079 -0.35%
Francfort 5774 -0.19%
Milan 14851 -0.31%
Madrid 8328 -0.63%
Tokyo 8487 -0.77%
Hong Kong 18414 -0.18%
Shanghai 2353 -0.14%
Sydney 4254 +0.05%
Ce matin l'Asie reste très prudente. L'ouverture s'est faite relativement basse et les indices s'appliquent à regagner un peu de terrain, mais le rebond reste neurasthénique et la liquidité est toujours absente. On a toujours une peur panique de ce que l'Europe pourrait nous faire durant la journée, ne sait-on jamais, il suffit qu'Angela Merkel annonce qu'elle ne veut pas engraisser le fonds EFSF et c'est la vague de ventes. De plus en plus de capitaux asiatiques semblent revenir d'Europe et les Chinois attendent que le continent soit vraiment à terre pour aller faire leur shopping de Noël quitte à patienter jusqu'à Pâques. Mais au rythme où ça va, ça ne devrait plus être très long avant que les écoles suisses romandes retirent l'allemand comme seconde langue et passent au Mandarin.
Dans les nouvelles, on retiendra que les chiffres de Best Buy n'étaient franchement pas terrible, inscrivant un gros point d'interrogation au sujet de la consommation. La rumeur Verizon/NetFlix est toujours d'actualité. Morgan Stanley a réglé un procès avec MBIA concernant des deals de l'époque bénie des subprime, époque à laquelle il suffisait de jeter des milliards au visage des banques et des assurances pour s'assurer du fait que l'économie ne s'effondrerait pas. Morgan Stanley va comptabiliser une provision de la bagatelle de 1.8 milliards de dollars pour clore le procès. Toujours au chapitre des banques, JP Morgan se retrouve pris dans la tourmente MF Global alors que les autorités investiguent sur le rôle de la banque d'affaire cette histoire.
Félix Zulauf qui a été plus ou moins juste sur les évènements concernant l'euro ces dernières années a été interviewé ce week-end et il pense que la dépression à venir en Europe (dépression qui existe déjà en Grèce) va pousser un, voir trois pays à quitter l'Euro, précipitant sa chute. La Grèce, le Portugal et l'Irlande sont sur le podium pour être les premiers à sortir. La question reste que va faire la BNS avec ses montagnes d'euros ? A propos d'euro, aujourd'hui nous continuons le bal des auctions, puisque l'Allemagn, l'Italie et l'Espagne feront appel aux investisseurs pas plus tard que ce matin. Celle d'hier se sont bien passées, mais le marché n'en a rien eu à faire. Mais nul doute que ce matin on devrait justifier notre inactivité et notre absence de volume de par l'attente des ces « auctions » qui n'ont jamais drainé autant d'intérêt que ces derniers mois alors que d'habitude tout ce petit manège passe totalement inaperçu, sauf pour les « experts »...
Côté chiffres économiques, nous n'aurons pas grand-chose de révolutionnaire. Les MBA Purchase Applications, Import & Export Prices et les chiffres du pétrole. Pour le moment les futures US sont en hausse de 0.2%. Et la journée semble être partie pour être à peu près aussi ennuyeuse qu'hier. En tous les cas, si c'est proportionnel au nombre d'informations publiées ce matin, autant vous dire que c'est la catastrophe. Rien à dire et pas encore moins à lire.
L'ennui est en train de nous gagner, le fait que la lumière ne soit toujours pas visible au fond du tunnel n'aide pas les intervenants à trouver la confiance, la motivation et l'envie. Hier, j'ai entendu deux commentaires qui ne sont que des spéculations, mais qui tournent quand même dans le marché, le premier étant que la BCE serait sur le point de préparer sa propre version du Quantitative Easing, mais en plus gros... et l'autre c'est une théorie comme quoi si l'euro est en plongée c'est qu'il y a des gens plus égaux que les autres qui savent que certains pays européens vont être downgradé entre aujourd'hui et demain. Il se trouve que selon les nouvelles règles de l'Europe, les agences de notations doivent annoncer leurs downgrade 12 heures avant aux autorités. Et comme on sait que les autorités ne vont surtout pas abuser de cette information et surtout ne pas en faire bénéficier leur grand-mère ou leur arrière-petit cousin qui est, comme par hasard, dans la banque, on est tranquille... Si cette théorie est exacte on le saura bientôt...
Pour ceux qui ont oublié ce qu'est le quantitative easing je vous renvoie à ce lien : http://morningbull.blog.tdg.ch/archive/2010/10/11/mais-qu...
On retiendra également la couverture du Charlie Hebdo de cette semaine qui, après les islamistes, risque bien de se fâcher avec les banquiers. L'avantage c'est qu'il est peu probable de voir le CEO d'une banque française aller incendier les locaux du journal au cocktail molotov...
Je vais vous laisser aller vaquer à vos occupations et moi je vais me rendormir en attendant la prochaine déclaration d'Angel Merkel comme quoi, en ce qui concerne le fonds EFSF, c'est NEIN !!!!
A demain chers lecteurs. Que la force soit avec vous.
Morningbull
"It's not about the money - It's about the game."
Gordon Gekko
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mardi, 13 décembre 2011
Comme on dit : « raz-le-bol » en Européen ???
On attend un sommet révolutionnaire, c'est sûr après ça ira mieux. On a notre sommet révolutionnaire. Tout le monde fait des commentaires positifs et constructifs et le lundi suivant on se reprend une claque en pleine figure « parce que les investisseurs se rendent compte que le chemin du règlement de la crise sera long et difficile »... je cite le commentaire d'un expert. Je suis hyper-content de savoir que les « investisseurs » viennent seulement de se rendre compte que le chemin serait difficile, c'est vrai parce que jusqu'à maintenant tout se passait bien et il n'y avait rien qui puisse laisser supposer que l'avenir serait « compliqué ».. Franchement, il faut juste arrêter de prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages... On n'est pas complètement stupide, le marché est complètement pourri, plus personne ne vient faire de l'investissement, la vision des intervenants ne dépasse pas une séance, il n'y pas un « investisseur » qui achète en disant je revendrais dans six mois, même pour dans 3 jours c'est trop long !!! Il faut arrêter de croire que ce soit-disant marché réfléchit, c'est juste un énorme bordel où plus personne ne sait quoi penser.
Là au milieu, on te balance deux-trois nouvelles, un accord fiscal par-ci, un accord de surveillance par-là, mais à la fin il y a toujours des trillions qui sont là dehors et qui ne seront jamais remboursés. Les politiciens n'ont ni les moyens, ni le courage - pour l'instant - de prendre des mesures concrètes et de tailler dans le gras pour essayer de faire du nettoyage et pendant ce temps, tout le monde s'improvise expert, donne son opinion et fixe des objectifs sur le marché comme si il lisait dans le marc de café. Il est phénoménal de voir le nombre de stratégistes qui savent et qui sont sûr d'eux-mêmes parce que leur « modèle » leur dit que... Pourtant le marché fonctionne tellement à voile et à vapeur que n'importe quel modèle pourrait fonctionner, on a peu près autant de chance de prédire la direction du marché que de trouvé les chiffres de l'Euromillions de vendredi, et pourtant le marché ne peut aller que dans deux directions....
Ce matin en passant au travers de mes lectures habituelles, je me suis rendu compte que les articles étaient les mêmes qu'AVANT le SUPER-SOMMET de la semaine passée, que l'incertitude était la même, si ce n'est pire et que de toute manière personne, je dis bien personne n'est capable de nous expliquer clairement ce qui s'est passé entre jeudi et vendredi. Entre David Cameron qui hurle partout à qui veut l'entendre que l'Angleterre est TOUJOURS MEMBRE A PART ENTIERE DE L'EUROPE (je ne sais pas comment il voit la chose, mais il est dans un gros rêve où tout est rose et plein de coton, avec des lapins Duracell partout et des chats qui parlent). François Hollande qui ne trouve rien de mieux à dire que « si il est élu, il renégociera l'accord signé vendredi ».. super, reste plus qu'à espérer qu'il se fasse virer au premier tour, à ce stade de bêtise, je pense qu'élire la marionnette de PPD aux Guignols de l'info serait plus intelligent.
Sans compter que les types de Moody's sont revenus pour nous downgrader les assurances européennes et nous dire que l'accord européen était insuffisant, alors je ne vais pas ENCORE m'en prendre à eux, mais il faut tout de même admettre qu'ils n'ont ABSOLUMENT RIEN VU venir de la crise, qu'ils savent à peine faire la différence entre Tokyo et Paris, entre l'Europe et l'Asie et ils viennent nous donner des leçons sur ce qu'il faut faire et comment il faut faire.. et nous on continue de les écouter comme si ils savaient. Mais je vais vous donner un scoop ; ils n'en savent rien, ils n'en savent pas plus que vous et moi, pas plus que votre fils de trois ans ou voir même le chien en peluche de votre fils de trois ans. Ils racontent n'importe quoi et espèrent que sur un malentendu, ça peut marcher. Et puis en ce moment, dire qu'on va tous mourir et que ça ne marchera jamais, c'est plutôt facile. On ne prend pas des risques inconsidérés. Non, ce qui serait intéressant, vu que les agences de notations savent tout mieux que tout le monde, c'est qu'ils viennent apporter des solutions, parce qu'il faut reconnaître que c'est super-facile de critiquer et de juger APRES, sans apporter autre chose.. Venant d'une agence qui avait attribué des rating triple A aux produits liés au subprime en 2008, on peut se demander quoi penser.
Bref, hier je n'ai pas trouvé quelqu'un qui y voyait vraiment clair, si ce n'est un type sur France Inter qui disait que de toute façon, dans les accords qui sont mis en place, à la fin c'est les banques qui gagnent et le contribuable qui l'a dans l'os.
Pour résumer, les espoirs que nous avons eu en fin de semaine passée, les quasi-certitudes que tout allait bien se passer que dès cette semaine ça serait champagne et cotillons pour tout le monde, et bien ces espoirs ils sont réduits à néant, les bulls ont disparus, se sont transmutés en ours et le semblant de rebond qui avait été dessiné vendredi et déjà au fond des toilettes.
Mais surtout, on n'est pas plus avancés qu'avant.
Les mêmes articles publiés il y a dix jours refont surface, les mêmes théories alarmistes sont de retour, je suis prêt à parier que l'on va nous annoncer un « sommet de la dernière chance » dans les 10 jours qui viennent. Ce que le marché, les médias, les intervenants, les journalistes et le peu d'investisseurs qui reste ne veulent pas comprendre, c'est que tant que la BCE ne sort pas son cash pour racheter massivement de la dette et je ne dis pas à coup de 20 milliards par semaine, je dis vraiment racheter de la dette avec des tailles d'adultes, rien ne semble possible et l'on continuera à s'enfoncer dans des théories économiques abracadabrantesques qui nous sont expliquées par des politiciens qui n'ont qu'un seul intérêt dans la vie ; être réélu.
Après la séance d'hier, il y a de quoi être désabusé. Finalement si les leaders européens avaient passé leur jeudi et leur vendredi à pisser dans un violon, je pense que l'impact sur les marchés aurait été le même. Voir mieux parce qu'au moins on se serait marré. En gros dès lundi matin les marchés se sont donc ré-enfoncés dans leurs vieux démons, les mêmes craintes étaient de retour avec une différence cependant, le peu de volume que nous avions avant à encore diminué. Je peux comprendre que dans cet environnement, bien des intervenants préfèrent aller jour au golf ou au ping pong, voir aux cartes, plutôt que de prendre des risques dans ce marché, pour se faire égorger par des machines et des traders qui balancent n'importe quoi au mieux dans le marché augmentant l'effet volatilité et peur dans l'esprit des gens. Et puis surtout quand on voit comment les financières se font laminer dans les journées comme hier, on est super contents de savoir que PERSONNE ne peut vendre à découvert sur le secteur... (et en plus on nous prends pour des idiots )..
Je ne vais pas vous refaire la journée d'hier, parce que franchement relire guerre et paix à l'envers et en suisse-allemand est sûrement plus intéressant que la séance de lundi. Les mots « déception » et « retour à la case départ » sont les seuls qui me viennent à l'esprit.
On notera que les italiens ont emprunté, avec succès hier matin, le tout à un taux que l'on n'aurait pas pu rêver il y a un mois, mais les tensions restent les mêmes et ce n'est pas/plus assez pour nous rassurer. Les américains sont également inquiets au sujet de l'Europe, même si ils n'ont pas tout compris ce qui s'est passé et pour en remettre une couche, Intel a fait une annonce qui, si ce n'est pas un profit warning, y ressemble furieusement. Il semblerait que les inondations en Thaïlande soient responsables de leurs problèmes. L'ambiance était donc au beau fixe hier sur l'ensemble des places de bourse mondiales. Heureusement que les déclarations de Verizon qui affirmait vouloir développer son business de vidéo à la demande a mis du baume aux coeur des traders qui ont immédiatement fait le lien et se sont dit que NetFlix serait le candidat parfait au rachat. Résultat la star de 2010 bondissait de 6.2%, ce qui équivaut à 50% de hausse dans un marché qui aurait été un peu plus constructif, mais on fait avec ce qu'on a...
L'or est toujours considéré comme un « asset class » relativement défensif pour ne pas dire sécurisant. La plupart du temps. Enfin, sauf quand le dollar monte. Dans ce cas-là, le S&P500 peut perdre 10% par jour avec trois faillites par heure, l'once d'or ne montera pas, enfin, pas tout de suite. Hier alors que l'Euro continue de se faire laminer, puisque la question n'est visiblement plus de savoir SI l'euro va disparaître ou pas, mais plutôt de savoir QUAND l'euro va disparaître. Car en lisant un peu durant la séance d'hier, entre deux chapitres de guerre et paix en suisse-allemand et à l'envers, j'ai fait un petit bilan des articles au sujet de l'euro et c'est sûr, si vous avez encore des billets de 500 Francs Français, gardez-les, ça sera bientôt très tendance.. Et puis pour ceux qui ont oublié, vous pouvez commencer à recompter en centimes ou en anciens francs, parce qu'à ce rythme-là, il n'est pas exclu que l'on revienne à l'économie d'après-guerre. Tout ça pour vous dire que l'or s'est fait exploser hier, au même titre que le pétrole et tout ça à cause du dollar qui monte qui monte. Ce matin le métal jaune est à 1659$ et le baril est à 97.85$. Vu qu'il est CERTAIN que l'or va à 2'000$ et le baril à 150$ (au moins), je pense qu'il ne faut pas se poser de questions et acheter les deux, au moins en ce moment ça sera un peu moins le « muppet show » que les actions et les actions financières en particulier.
Si vous n'avez pas encore eu votre « coup de blues du matin », voici le bilan d'hier et de ce matin en Asie.
Dow Jones 12021 -1.34%
S&P500 1236 -1.49%
Nasdaq 2612 -1.31%
Londres 5428 -1.83%
Paris 3090 -2.61%
Francfort 5785 -3.36%
Milan 14897 -3.79%
Madrid 8381 -3.11%
Tokyo 8577 -0.89%
Hong Kong 18414 -0.87%
Shanghai 2368 -1.35%
Sydney 4251 -1.40%
Voilà, comme vous le voyez, l'Asie a été victime de contagion de la dette européenne et soudainement, on a « peur » que l'accord de vendredi soit insuffisant, bien qu'il était largement suffisant hier matin, mais comme le temps passe et que souvent investisseur varie, il se trouve que ce matin c'est pas bien et pis c'est tout. Et puis en plus ce matin tôt, ou hier soir tard, Moody's a annoncé qu'éventuellement peut-être, ils allaient s'autoriser à penser qu'il se pourrait dans un futur plus ou moins proche qu'ils envisagent l'hypothèse de downgrader les banques espagnoles. Parce qu'après des mois d'analyse approfondie, ils se sont rendu compte que, tout d'abord l'Espagne était championne du monde et d'Europe de « Soccer » et qu'en plus ça allait pas terrible là-bas.. Donc forcément, ça serait bien de « prévenir » les investisseurs, mais sans précipitation.
Vous l'aurez donc compris, cette semaine c'est la semaine « Moody's ». Maintenant les organismes de rating font un tournus, chacun sa semaine. Ils font des copié/collé sur leurs rapports pour dire la même chose mais à une semaine d'intervalle comme ça, ça nous occupe, ça nous promène et puis on a des trucs à se raconter à midi à la cafétéria. La semaine prochaine c'est Fitch qui viendra faire ses annonces.
Dans les nouvelles de la journée, je viens de recevoir deux communiqué de presse. Le premier c'est David Cameron qui insiste bien sur le fait que son pays fait TOUJOURS partie de l'Europe. Bon, il est vrai qu'ils n'ont pas la même monnaie, qu'ils ne signent pas les traités européens, qu'ils sont sur une île et qu'ils conduisent à l'envers de tout le monde, mais mis à part ça, ils sont dans l'Europe... Il faut admettre qu'ils sont plus proche de l'Europe que de la banlieue de Washington, ce n'est pas faute d'essayer, mais la dérive des continents, ça prend trop de temps. L'autre communiqué de presse c'est Moody's qui nous annonce ce matin qu'il ne faut pas oublier de mettre les pneus neige sur vos véhicules, parce qu'après 22 ans de recherche et d'analyse, ils se sont rendu compte que la neige, ça glisse. D'ailleurs dès la semaine prochaine ils vont présenter un nouveau sport qui consiste à mettre ses pieds sur deux planches d'égale longueur et de se laisser glisser sur la neige, ils vont appeler ça : le ski. Ceci est une révolution de chez Moody's.
Le fonds de la famille Soros a acheté des obligations européennes avec un discount lors de la faillite de MF Global il y a quelques semaines. Il a investit 2 milliards. Gain en quelques semaines : 130'000'000 de dollars. Comme quoi la crise européenne peut AUSSI avoir du bon. Comme S&P est en vacances cette semaine, leur stratégiste « actions » a publié un truc, il pense que le S&P500 sera à 1400 d'ici fin 2012. Il ne précise pas cependant pas où le S&P500 passera. A noter au passage, que son target pour l'indice américain pour fin 2011 était de ...1400...
Ce soir c'est le début du FOMC Meeting, même si l'on n'entendra rien de concret avant demain soir, ceci pourrait peut-être créer une diversion et permettre aux gens de parler d'autre chose que de la crise de la dette européenne. On pourrait également parler des chiffres économiques qui ne cessent de surprendre les « experts à Wall Street » à la hausse, du fait que l'économie US semble se porter mieux que l'on pourrait croire (ou alors on nous ment) et du fait que le marché immobilier US semble donner quelques signes de vie. On peut toujours rêver.
Aujourd'hui nous aurons également la publication des chiffres de Best Buy, qui donnera une idée de l'état de la consommation, on attend 52 cents par action. A noter également Diamond Foods qui est difficulté avec son auditeur pour un sombre histoire de paiements étrange et la société a en plus manqué la date limite pour publier ses résultats du trimestre. Le titre a perdu 20% hier soir et cela ne semble pas terminé. Le nouvel iPad devrait voir le jour d'ici trois ou quatre mois selon les rumeurs. Et puis d'un point de vue technique, le S&P500 a encore buté sur sa résistance de la zone des 1260-65 qui correspond à la moyenne mobile des 200 jours. Si l'on veut atteindre les objectifs fixés par les stratèges d'ici Noël, il va commencer à se bouger les fesses, sinon on va se retrouver le bec dans l'eau pour entamer une année 2012 qui s'annonce déjà immonde selon les météorologues du marché.
Pour le moment les futures américains sont en hausse de 0.10%, pas de quoi sortir le champagne du frigo, vous pouvez encore attendre un peu, ne vous inquiétez pas, vous ne serez pas pris de vitesse. Indépendamment du FOMC Meeting, il y aura également le NFIB Small Business Optimism Index, les ventes des grands-magasins, les retails sales, le Redbook et les Business Inventories.
En conclusion nous sommes dans la même « soupe » dans laquelle nous étions il y a 7 jours. L'ambiance est toujours aussi pourrie, si ce n'est plus. Le sommet n'a rien donné, tout le monde en raz-le-bol et on se demande bien par quel miracle les choses vont changer d'ici le 31 décembre, voir même 2012. J'adorerais vous faire un commentaire hyper-euphorique, bullish à l'extrême en utilisant les termes « explosion haussière » et « le marché se goinfre » ou encore, « PLUS JAMAIS FAIBLE !!!!! »... Mais je crains qu'il faille encore attendre pour cela... Dans l'intervalle, je vous conseille le Nespresso Roma, très très serré, il va en falloir pour rester encore éveillé aujourd'hui et ce n'est que mardi...
Moi, je vous retrouve demain, si il y a des choses à raconter, sinon je vous retrouverais en 2014 quand tout ira mieux ou quand les chinois auront fini de racheter la tour Eiffel. Excellente journée à tous !!! Je vous recommande la méthode Coué pour les prochaines semaines.
Morningbull
“Give a man a fish and he will eat for a day. Teach a man to fish and he will eat for a lifetime. Teach a man to create an artificial shortage of fish and he will eat steak.”
― Jay Leno
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lundi, 12 décembre 2011
La révolution n'aura pas lieu ou peut-être que si ??? Va comprendre
Entre vous et moi, je dois avouer que j'ai perdu le compte. Depuis que l'on parle de « crise de la dette », « d'effondrement de l'Europe » ou encore de « crise Européenne », je ne sais plus au combientième sommet de la « dernière chance » nous en sommes... Il me semble que ce n'est pas la première fois que l'on attend un « sommet » en se disant ; « cette fois c'est sûr, où ça passe ou ça casse, mais au moins lundi on y verra plus clair »... Je dois reconnaître que le discours au sujet du sommet de jeudi et vendredi passé étaient à peu près le même encore une fois et il y a un bref instant j'ai même crû que ce lundi matin, tout serait changé. La crise serait en phase de règlement, que nous pourrions enfin nous concentrer sur autre chose que la couleur de l'Euro/$ ou le rendement de la dette italienne et que toute cette période pourrie que nous venons de traverser ne serait qu'un mauvais souvenir, qu'à partir d'aujourd'hui nous pourrions nous RE-concentrer sur les sociétés elles-mêmes et investir un peu plus sereinement sans tenir compte de la cravate de Sarkozy ou de la profondeur de cernes d'Angela Merkel...
EH BEN FIGUREZ-VOUS QUE NON !!! On nous aurait menti ? Non, pas vraiment « menti », plutôt pas dit toute la vérité ou alors pas expliqué assez longtemps. En résumé, les « leaders » Européens ont passé la fin de semaine à Bruxelles, ils ont causé budget, réforme fiscale, sanctions pour les pays qui ne jouent pas le jeu et sont arrivés arrivés à un nouveau traité, un espèce de Maastricht II, le retour, qui permettrait soudainement à la BCE de se sentir un peu plus confortable pour l'avenir, d'avoir l'impression que les pays autour d'elle sont un peu plus « sérieux » dans le management de leurs finances et que du coup, elle pourrait (la BCE) avoir envie de mettre la main au porte-monnaie pour sortir le continent de la panade...pour rester poli.
Ne nous leurrons pas, ce sommet n'a pas accouché de beaucoup plus que ça. Ils ont essayé de se montrer un peu plus sérieux, un peu plus visionnaires pour la gestion des finances, ils ont essayé de se mettre des barrières afin de ne pas péter trop les plombs, espérant que ces mesures décideraient la BCE à se bouger le fesses, puisque l'Europe n'a pas le droit de lui l'ordonner...
En fait, après avoir lu et relu tout ce qui a été publié sur le sujet – c'est à dire pas grand-chose - j'ai le sentiment que le but de ce sommet était simplement de rendre la mariée un peu plus belle afin que la BCE entre vraiment dans la danse. Ce qui veut dire que maintenant nous sommes suspendus aux désirs de la BCE, de Mario Draghi et de Goldman Sachs.. Ah non, pardon, on ne peut pas dire ça, pas de Goldman Sachs. Pour le moment la BCE a confirmé qu'elle était « satisfaite » de ce sommet et qu'ils continueraient à acheter pour 20 milliards de dette par semaine, pas plus pour le moment. On sent le changement drastique que ce sommet aura eu pour les gens de la BCE... A coup de 20 milliards par semaine, c'est par encore gagné, l'année 2012 va être très longue, avec plein de sommets de la dernière chance à venir.
Après, le nouveau traité européen nous apprend bien d'autres choses. Tout d'abord que les Anglais ne font définitivement plus partie de l'Europe. Pour autant qu'ils en aient fait partie un jour. David Cameron s'est définitivement fâché avec Sarkozy. La priorité aura été donnée aux banques d'affaires plutôt qu'à l'Europe. Les Tchèques, les Suédois et les Hongrois ont demandé un délai de réflexion pour signer le traité et les Irlandais envisagent de demander l'avis du peuple pour signer le package. A noter dans la foulée que l'Irlande a ressorti ses anciennes presses à billets, laissant entendre que « au cas où », ils pouvaient toujours repasser à la £Irlandaise....
Voilà en conclusion l'Europe (ou ce qu'il en reste) a décidé les choses suivantes : - tiré de « La Tribune.fr »
1 - Stabilité budgétaire
Les 17 pays ayant l'euro comme monnaie veulent aller vers une "Union de la stabilité budgétaire", avec "une gouvernance renforcée pour stimuler la discipline budgétaire" mais aussi "une croissance plus forte, une compétitivité accrue et la cohésion sociale"
2- Règle d'or
Chaque Etat de la zone euro s'engage à adopter une "nouvelle règle budgétaire", baptisée en France "règle d'or". Dans les faits, les Etats peuvent avoir un "déficit", sans tenir compte des effets de la conjoncture économique, "ne dépassant pas 0,5% du PIB". Les gouvernements visés par une procédure pour déficits excessifs devront présenter un programme de réformes structurelles qui sera mis en place sous la surveillance de la Commission et du Conseil européens.
3 - Sanctions
Les sanctions pour les Etats dont le déficit excède le plafond autorisé de 3% du PIB, ou dont la dette enfle trop, seront plus systématiques. Ces sanctions, proposées par la Commission, seront automatiques.
4 – Budgets
Les propositions de Bruxelles visant à renforcer la surveillance sur les budgets nationaux, y compris au stade de leur préparation, seront "examinées rapidement" par les gouvernements. "Si la Commission identifie des violations particulièrement graves du Pacte de stabilité et de croissance, elle demandera un projet de budget révisé".
A noter également que l'Allemagne a dit NEIN a toute négociation sur le Fonds EFSF, ceux qui espéraient que l'on pourrait augmenter une bricole l'arme de restriction massive de l'Europe, sont rentrés à la maison dans leurs petits chaussons, la tête dans les épaules, les oreilles pleines des paroles d'Angela : « NEIN, NEIN und NEIN !!!!!! ». Ce qu'il y a de bien avec les Allemands, c'est qu'ils sont très ouverts sur le sujet du Fonds EFSF.
Voilà. Je ne sais pas vous, mais 2 jours à Bruxelles pour en arriver là, ils ont forcément du faire autre chose. Personnellement, même si le marché à l'air relativement content de tout cela, j'ai tout de même peine à croire que ces 4 paragraphes transforment le plomb en or et réduisent la dette italienne à des billets de Monopoly. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai le sentiment que d'ici mars 2012, on va se faire un nouveau sommet de la dernière chance.
Ce qui est le plus intéressant, c'est de lire les articles qui sont liés à ce sommet. Après avoir passé pas mal de temps sur le net pour trouver des opinions à droite ou à gauche, j'ai le sentiment que personne n'est vraiment au clair sur ce qui s'est passé à Bruxelles et personne n'en parle de peur de dire des conneries. En gros, il y a quand même une forte conviction comme quoi l'euro devrait disparaître à moyen terme - reste à définir ce que moyen terme veut dire, en général quand on utilise le terme « moyen terme », ça veut qu'on hésite entre trois hypothèses : court, moyen et long terme, mais que franchement on n'en sait rien.... Et puis mis à part ça, on peut dire que « ce qui arrive à Bruxelles reste à Bruxelles »...
En tous les cas, si l'Europe s'en sort grâce au sommet de ce week-end, c'est que je n'aurais vraiment rien compris à cette crise-là...
En tous les cas, pour le moment les marchés semblent relativement satisfaits de ce qui s'est passé. L'Europe a terminé sa semaine en hausse, Wall Street semble en plein forme et en lisant la presse de ce week-end, on a l'impression que le « rallye de fin d'année » n'est même plus une question, mais une simple évidence, à moins que les nouvelles économiques s'effondrent subitement, rien ni personne n'empêchera le S&P500 d'aller chercher plus haut, de casser cette foutue moyenne mobile des 200 jours qui nous barre la route de 1300, ensuite seul le ciel sera la limite. Ensuite en 2012 ça sera une autre histoire, mais c'est pas grave au pire on organisera un autre sommet ailleurs, Courchevel et Val d'Isère sont très tendance cette année.
Mais pour le moment, les « Bulls » semblent être au poste de pilotage et tant que l'on n'a pas un sombre député du Baden Würrtemberg qui donne son avis sur l'économie Européenne et l'implication de l'Allemagne dans celle-ci, on devrait être tranquille jusqu'au premier janvier.
Rapide tour d'horizon pour ce début de semaine, l'or est sous les 1700$, à 1697$, puisque plus personne ne veut de valeur refuge et ceci même si les ultra-bearish du marché déclarent que c'est « last time to buy » sur l'or. Le pétrole est également à la traîne, il s'échange à 99.31$ le baril et ne fait plus partie de la préoccupation des investisseurs, pour le moment.
Coté indices, nous en sommes-là :
Dow Jones 12184 +1.55%
S&P500 1255 +1.69%
Nasdaq 2647 +1.94%
Londres 5529 +0.83%
Paris 3172 +2.48%
Francfort 5987 +1.91%
Milan 15484 +3.37%
Madrid 8650 +2.23%
Tokyo 8670 +1.57%
Hong Kong 18851 +1.42%
Shanghai 2415 -0.45%
Sydney 4311 +1.09%
Ce matin l'Asie est confiante ; la crise Européenne à court terme a été évitée. Visiblement ils n'ont pas lu les mêmes articles que moi, mais le marché salue les décisions prisent à Bruxelles et tout va bien. Pour le moment. Dans la foulée du vendredi à New York, l'euphorie semble de mise ce matin à Tokyo et Hong Kong. Sans compter que le dollar monte et donne de l'air aux valeurs d'exportation pendant qu'il met la pression sur l'or et les commodities. En Chine le « trade surplus » est faible, le plus faible jamais vu depuis deux ans. Cette nouvelle devrait conforter le CEO de la Chine a continuer sa politique « stimulus » en coupant encore les montants de réserve minimaux des banques, afin qu'elles puissent prêter encore plus et encore plus...
Ce début de semaine marque le premier jour d'une nouvelle ère, maintenant que l'Europe est sauvée. Pour l'instant les futures américains sont en baisse de 0.3%, il semble que la « bonne nouvelle » de vendredi est donc déjà dans les prix, reste à voir quelle sera l'ampleur de la correction « sell the news » (vendez la nouvelle )... Ensuite on pourra reprendre notre rallye de fin d'année. Reste à déterminer les niveaux d'entrée. En tous les cas, ce matin l'ouverture de la nouvelle Europe risque de se faire dans une euphorie moyenne...
Mais maintenant que le cas de l'Europe est réglé pour au moins 48 heures, on peut se concentrer sur les évènements importants de la semaine à venir. Il y aura un wagon de chiffres économiques et surtout le FOMC Meeting. Même si l'on n'attend pas grand-chose de ce dernier, c'est toujours intéressant d'écouter les discours de Bernanke, surtout si l'on est insomniaque. Néanmoins, mercredi ils devraient confirmer que les taux resterons au plus bas et qu'ils continueront leur programme de « twist » en rachetant encore et encore des obligations. A côté de cela il y aura encore plein d'autres chiffres dans les jours à venir, mais on en parlera le moment venu. Ce qu'il faut surtout garder en tête, c'est que l'économie américaine a montré des signes de nette amélioration ces derniers temps et qu'il n'y a pas de raison que ça change... Tant que l'on reste sur la même ligne de conduite, l'économie US semble parvenir a se diriger lentement mais sûrement en direction de la surface. Reste plus qu'à que le marché immobilier redémarre et c'est tout bon...
Côté presse américaine, le Barron's aura été prolifique durant le week-end. En ce qui concerne l'aspect « suisse », ils recommandent d'acheter ABB estimant que la société pourrait atteindre prochainement la zone des 25, estimant qu'aujourd'hui la valeur n'est vraiment pas chère. En revanche ils sont bien plus prudent sur l'avenir de Wendy's estimant que l'autre McDonalds a des efforts à faire. Et puis ils profitent également de cette fin d'année pour annoncer la liste de leur « top 10 » pour 2012. Berkshire Hathaway, Freeport McMoRan, Procter & Gamble, MetLife, Comcast, Daimler, Sanofi, Seagate Technology, Vodafone et Royal Dutch Shell sont les 10 candidats sélectionné pour l'année à venir. Si vous devez n'avoir que 10 titres dans votre portefeuille ce seront ces 10 là, à noter tout de même qu'en ayant du Berkshire Hatthaway, vous aurez tout de même une belle diversification. On retiendra également que le « bullish sentiment » n'a jamais été aussi élevé sur l'or et que « tout le monde est sûr » qu'il va bien plus haut, comme il est au plus bas depuis longtemps, c'est le moment de sauter dessus.. ou bien ?
Dans quelques heures nous allons donc entamer une nouvelle semaine de trading, semaine qui devrait être différente, puisque tout a changé depuis vendredi. On se réjouit déjà de voir. Pour le moment les futures américains sont dans le rouge, de l'ordre de 0.3%, le suspens est de mise. Une chose est certaine, rien n'est réglé et tout n'est pas terminé.
Il me reste à vous souhaiter bonne chance pour ce début de semaine, espérons que les choses vont se calmer, que les volatilités vont redescendre à des niveaux humains et que l'on va pouvoir regarder un peu plus loin que le bout de notre nez... En attendant que votre café vous réveille complètement, bon début de journée et à demain, si vous le voulez bien.
Morningbull
"Joe Biden visited Greece last week on the debt crisis. I don't want to say the vice president doesn't know much, but he kept asking for John Travolta." –Jay Leno
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