lundi, 12 décembre 2011

La révolution n'aura pas lieu ou peut-être que si ??? Va comprendre

 

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Entre vous et moi, je dois avouer que j'ai perdu le compte. Depuis que l'on parle de « crise de la dette », « d'effondrement de l'Europe » ou encore de « crise Européenne », je ne sais plus au combientième sommet de la « dernière chance » nous en sommes... Il me semble que ce n'est pas la première fois que l'on attend un « sommet » en se disant ; « cette fois c'est sûr, où ça passe ou ça casse, mais au moins lundi on y verra plus clair »... Je dois reconnaître que le discours au sujet du sommet de jeudi et vendredi passé étaient à peu près le même encore une fois et il y a un bref instant j'ai même crû que ce lundi matin, tout serait changé. La crise serait en phase de règlement, que nous pourrions enfin nous concentrer sur autre chose que la couleur de l'Euro/$ ou le rendement de la dette italienne et que toute cette période pourrie que nous venons de traverser ne serait qu'un mauvais souvenir, qu'à partir d'aujourd'hui nous pourrions nous RE-concentrer sur les sociétés elles-mêmes et investir un peu plus sereinement sans tenir compte de la cravate de Sarkozy ou de la profondeur de cernes d'Angela Merkel...

 

EH BEN FIGUREZ-VOUS QUE NON !!! On nous aurait menti ? Non, pas vraiment « menti », plutôt pas dit toute la vérité ou alors pas expliqué assez longtemps. En résumé, les « leaders » Européens ont passé la fin de semaine à Bruxelles, ils ont causé budget, réforme fiscale, sanctions pour les pays qui ne jouent pas le jeu et sont arrivés arrivés à un nouveau traité, un espèce de Maastricht II, le retour, qui permettrait soudainement à la BCE de se sentir un peu plus confortable pour l'avenir, d'avoir l'impression que les pays autour d'elle sont un peu plus « sérieux » dans le management de leurs finances et que du coup, elle pourrait (la BCE) avoir envie de mettre la main au porte-monnaie pour sortir le continent de la panade...pour rester poli.

 

Ne nous leurrons pas, ce sommet n'a pas accouché de beaucoup plus que ça. Ils ont essayé de se montrer un peu plus sérieux, un peu plus visionnaires pour la gestion des finances, ils ont essayé de se mettre des barrières afin de ne pas péter trop les plombs, espérant que ces mesures décideraient la BCE à se bouger le fesses, puisque l'Europe n'a pas le droit de lui l'ordonner...

 

318691.full.gifEn fait, après avoir lu et relu tout ce qui a été publié sur le sujet – c'est à dire pas grand-chose - j'ai le sentiment que le but de ce sommet était simplement de rendre la mariée un peu plus belle afin que la BCE entre vraiment dans la danse. Ce qui veut dire que maintenant nous sommes suspendus aux désirs de la BCE, de Mario Draghi et de Goldman Sachs.. Ah non, pardon, on ne peut pas dire ça, pas de Goldman Sachs. Pour le moment la BCE a confirmé qu'elle était « satisfaite » de ce sommet et qu'ils continueraient à acheter pour 20 milliards de dette par semaine, pas plus pour le moment. On sent le changement drastique que ce sommet aura eu pour les gens de la BCE... A coup de 20 milliards par semaine, c'est par encore gagné, l'année 2012 va être très longue, avec plein de sommets de la dernière chance à venir.

 

Après, le nouveau traité européen nous apprend bien d'autres choses. Tout d'abord que les Anglais ne font définitivement plus partie de l'Europe. Pour autant qu'ils en aient fait partie un jour. David Cameron s'est définitivement fâché avec Sarkozy. La priorité aura été donnée aux banques d'affaires plutôt qu'à l'Europe. Les Tchèques, les Suédois et les Hongrois ont demandé un délai de réflexion pour signer le traité et les Irlandais envisagent de demander l'avis du peuple pour signer le package. A noter dans la foulée que l'Irlande a ressorti ses anciennes presses à billets, laissant entendre que « au cas où », ils pouvaient toujours repasser à la £Irlandaise....

 

Voilà en conclusion l'Europe (ou ce qu'il en reste) a décidé les choses suivantes : - tiré de « La Tribune.fr »

 

1 - Stabilité budgétaire

Les 17 pays ayant l'euro comme monnaie veulent aller vers une "Union de la stabilité budgétaire", avec "une gouvernance renforcée pour stimuler la discipline budgétaire" mais aussi "une croissance plus forte, une compétitivité accrue et la cohésion sociale"

2- Règle d'or

Chaque Etat de la zone euro s'engage à adopter une "nouvelle règle budgétaire", baptisée en France "règle d'or". Dans les faits, les Etats peuvent avoir un "déficit", sans tenir compte des effets de la conjoncture économique, "ne dépassant pas 0,5% du PIB". 
Les gouvernements visés par une procédure pour déficits excessifs devront présenter un programme de réformes structurelles qui sera mis en place sous la surveillance de la Commission et du Conseil européens.

3 - Sanctions

Les sanctions pour les Etats dont le déficit excède le plafond autorisé de 3% du PIB, ou dont la dette enfle trop, seront plus systématiques. Ces sanctions, proposées par la Commission, seront automatiques.

 

4 – Budgets

 

Les propositions de Bruxelles visant à renforcer la surveillance sur les budgets nationaux, y compris au stade de leur préparation, seront "examinées rapidement" par les gouvernements. "Si la Commission identifie des violations particulièrement graves du Pacte de stabilité et de croissance, elle demandera un projet de budget révisé".

 

A noter également que l'Allemagne a dit NEIN a toute négociation sur le Fonds EFSF, ceux qui espéraient que l'on pourrait augmenter une bricole l'arme de restriction massive de l'Europe, sont rentrés à la maison dans leurs petits chaussons, la tête dans les épaules, les oreilles pleines des paroles d'Angela : « NEIN, NEIN und NEIN !!!!!! ». Ce qu'il y a de bien avec les Allemands, c'est qu'ils sont très ouverts sur le sujet du Fonds EFSF.

 

Voilà. Je ne sais pas vous, mais 2 jours à Bruxelles pour en arriver là, ils ont forcément du faire autre chose. Personnellement, même si le marché à l'air relativement content de tout cela, j'ai tout de même peine à croire que ces 4 paragraphes transforment le plomb en or et réduisent la dette italienne à des billets de Monopoly. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai le sentiment que d'ici mars 2012, on va se faire un nouveau sommet de la dernière chance.

 

102722_600.jpgCe qui est le plus intéressant, c'est de lire les articles qui sont liés à ce sommet. Après avoir passé pas mal de temps sur le net pour trouver des opinions à droite ou à gauche, j'ai le sentiment que personne n'est vraiment au clair sur ce qui s'est passé à Bruxelles et personne n'en parle de peur de dire des conneries. En gros, il y a quand même une forte conviction comme quoi l'euro devrait disparaître à moyen terme - reste à définir ce que moyen terme veut dire, en général quand on utilise le terme « moyen terme », ça veut qu'on hésite entre trois hypothèses : court, moyen et long terme, mais que franchement on n'en sait rien.... Et puis mis à part ça, on peut dire que « ce qui arrive à Bruxelles reste à Bruxelles »...

 

En tous les cas, si l'Europe s'en sort grâce au sommet de ce week-end, c'est que je n'aurais vraiment rien compris à cette crise-là...

 

En tous les cas, pour le moment les marchés semblent relativement satisfaits de ce qui s'est passé. L'Europe a terminé sa semaine en hausse, Wall Street semble en plein forme et en lisant la presse de ce week-end, on a l'impression que le « rallye de fin d'année » n'est même plus une question, mais une simple évidence, à moins que les nouvelles économiques s'effondrent subitement, rien ni personne n'empêchera le S&P500 d'aller chercher plus haut, de casser cette foutue moyenne mobile des 200 jours qui nous barre la route de 1300, ensuite seul le ciel sera la limite. Ensuite en 2012 ça sera une autre histoire, mais c'est pas grave au pire on organisera un autre sommet ailleurs, Courchevel et Val d'Isère sont très tendance cette année.

 

Mais pour le moment, les « Bulls » semblent être au poste de pilotage et tant que l'on n'a pas un sombre député du Baden Würrtemberg qui donne son avis sur l'économie Européenne et l'implication de l'Allemagne dans celle-ci, on devrait être tranquille jusqu'au premier janvier.

 

Rapide tour d'horizon pour ce début de semaine, l'or est sous les 1700$, à 1697$, puisque plus personne ne veut de valeur refuge et ceci même si les ultra-bearish du marché déclarent que c'est « last time to buy » sur l'or. Le pétrole est également à la traîne, il s'échange à 99.31$ le baril et ne fait plus partie de la préoccupation des investisseurs, pour le moment.

 

Coté indices, nous en sommes-là :

 

Dow Jones 12184 +1.55%

S&P500 1255 +1.69%

Nasdaq 2647 +1.94%

Londres 5529 +0.83%

Paris 3172 +2.48%

Francfort 5987 +1.91%

Milan 15484 +3.37%

Madrid 8650 +2.23%

Tokyo 8670 +1.57%

Hong Kong 18851 +1.42%

Shanghai 2415 -0.45%

Sydney 4311 +1.09%

 

Ce matin l'Asie est confiante ; la crise Européenne à court terme a été évitée. Visiblement ils n'ont pas lu les mêmes articles que moi, mais le marché salue les décisions prisent à Bruxelles et tout va bien. Pour le moment. Dans la foulée du vendredi à New York, l'euphorie semble de mise ce matin à Tokyo et Hong Kong. Sans compter que le dollar monte et donne de l'air aux valeurs d'exportation pendant qu'il met la pression sur l'or et les commodities. En Chine le « trade surplus » est faible, le plus faible jamais vu depuis deux ans. Cette nouvelle devrait conforter le CEO de la Chine a continuer sa politique « stimulus » en coupant encore les montants de réserve minimaux des banques, afin qu'elles puissent prêter encore plus et encore plus...

 

Ce début de semaine marque le premier jour d'une nouvelle ère, maintenant que l'Europe est sauvée. Pour l'instant les futures américains sont en baisse de 0.3%, il semble que la « bonne nouvelle » de vendredi est donc déjà dans les prix, reste à voir quelle sera l'ampleur de la correction « sell the news » (vendez la nouvelle )... Ensuite on pourra reprendre notre rallye de fin d'année. Reste à déterminer les niveaux d'entrée. En tous les cas, ce matin l'ouverture de la nouvelle Europe risque de se faire dans une euphorie moyenne...

 

wr-3.pngMais maintenant que le cas de l'Europe est réglé pour au moins 48 heures, on peut se concentrer sur les évènements importants de la semaine à venir. Il y aura un wagon de chiffres économiques et surtout le FOMC Meeting. Même si l'on n'attend pas grand-chose de ce dernier, c'est toujours intéressant d'écouter les discours de Bernanke, surtout si l'on est insomniaque. Néanmoins, mercredi ils devraient confirmer que les taux resterons au plus bas et qu'ils continueront leur programme de « twist » en rachetant encore et encore des obligations. A côté de cela il y aura encore plein d'autres chiffres dans les jours à venir, mais on en parlera le moment venu. Ce qu'il faut surtout garder en tête, c'est que l'économie américaine a montré des signes de nette amélioration ces derniers temps et qu'il n'y a pas de raison que ça change... Tant que l'on reste sur la même ligne de conduite, l'économie US semble parvenir a se diriger lentement mais sûrement en direction de la surface. Reste plus qu'à que le marché immobilier redémarre et c'est tout bon...

 

Côté presse américaine, le Barron's aura été prolifique durant le week-end. En ce qui concerne l'aspect « suisse », ils recommandent d'acheter ABB estimant que la société pourrait atteindre prochainement la zone des 25, estimant qu'aujourd'hui la valeur n'est vraiment pas chère. En revanche ils sont bien plus prudent sur l'avenir de Wendy's estimant que l'autre McDonalds a des efforts à faire. Et puis ils profitent également de cette fin d'année pour annoncer la liste de leur « top 10 » pour 2012. Berkshire Hathaway, Freeport McMoRan, Procter & Gamble, MetLife, Comcast, Daimler, Sanofi, Seagate Technology, Vodafone et Royal Dutch Shell sont les 10 candidats sélectionné pour l'année à venir. Si vous devez n'avoir que 10 titres dans votre portefeuille ce seront ces 10 là, à noter tout de même qu'en ayant du Berkshire Hatthaway, vous aurez tout de même une belle diversification. On retiendra également que le « bullish sentiment » n'a jamais été aussi élevé sur l'or et que « tout le monde est sûr » qu'il va bien plus haut, comme il est au plus bas depuis longtemps, c'est le moment de sauter dessus.. ou bien ?

 

Dans quelques heures nous allons donc entamer une nouvelle semaine de trading, semaine qui devrait être différente, puisque tout a changé depuis vendredi. On se réjouit déjà de voir. Pour le moment les futures américains sont dans le rouge, de l'ordre de 0.3%, le suspens est de mise. Une chose est certaine, rien n'est réglé et tout n'est pas terminé.

 

Il me reste à vous souhaiter bonne chance pour ce début de semaine, espérons que les choses vont se calmer, que les volatilités vont redescendre à des niveaux humains et que l'on va pouvoir regarder un peu plus loin que le bout de notre nez... En attendant que votre café vous réveille complètement, bon début de journée et à demain, si vous le voulez bien.

 

Morningbull

 

"Joe Biden visited Greece last week on the debt crisis. I don't want to say the vice president doesn't know much, but he kept asking for John Travolta." –Jay Leno

 

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07:06 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | |  Facebook

Commentaires

Si on comprends bien l'Allemagne refuse les Euro bond, logique car celà entraînera une dévaluation de l'euro ( via l'alimentation de ce fond)donc des importations qui couteront plus cher à l'Allemagne qui réalise 75 % des exportations dans la zone euro. Et si certains pays retournent à leur monnaie nationales (notament les pays qui importent bcp de produits allemands)l'Allemange serait mal barrée. Donc l'Allemange veut imposer la rigueur pour survivre. Tout le monde hors de l'euro, car celui-ci ne fait que remplacer le deutchmark. Bismark (sauf erreur de ma part) n'avait-il pas fait la même chose il y a environs un siècle lorsque tout les land allemand avaient leur propre monnaie en réunifiant l'Allemagne et en même temps en créant une monnaie unique allemande. Vive le franc suisse, dollard canadien ou dollard australien au choix

Ecrit par : ? | lundi, 12 décembre 2011

Excellent !
J'avoue que je n'ai rien compris de plus ... Je n'ai même pas trouvé quelles seraient les sanctions "plus automatiques" qui frapperaient les pays aux budgets dissidents ...
Comme cela ne me paraît pas du tout conséquent pour arssurer les marchés, j'imagine que le but est avant tout d'enfumer les populations pour leur faire valoir qu'elles doivent aller à l'abattoir sans rechigner.
Un traité ne devrait jamais être signé sans que ne soit parfaitement organisée la liberté de chacune des parties d'en sortir. L'Europe ne sera JAMAIS les USA dont on sait que l'exemple est à éviter.
Aucun accord d'aucune sorte ne sera viable sans l'adhésion des populations. Je crois en un "inconscient collectif" que les modèles mathématiques ne peuvent pas prendre en compte et qui actuellement se réjouit presque de voir ce système libéral dérégulé et sans véritable redistribution se planter. Et c'est ce qui va le planter peut-être pour le plus grand bien de la planète qui a besoin que l'humain, et non la finance et le profit d'une oligarchie, soit au centre des préoccupations.
Que va faire l'Allemagne quand ses exportations vont s'effondrer ?
Que va faire le prochain gouvernement Français pour inciter à produire français dans tous les domaines et à prix équitable ?
Plus je vois les sommets Européens se succéder et plus j'observe un peu partout au sein des populations un désir de retour aux Etats forteresses et soucieux de leur autonomie qu'ils n'auraient jamais dû abandonner.
La mondialisation est un constat d'échec faute d'avoir régulé drastiquement le libéralisme.
Au sein des famille c'est idem : retour au repliement sur soi et à la consommation à minima pour se préparer à l'implosion en cours.
Donc si il faut trouver une croissance, il est clair que ce ne sera pas sur la base des produits (notamment chinois) et bas de gamme, à renouveler en permanence, quand ce n'est pas nocifs, dont on a voulu nous gaver depuis 10 ans.
Puisque c'est le DURABLE qui va s'imposer, autant inventer d'urgence un nouveau modèle de croissance régulée qui puisse bénéficier à TOUS équitablement et nous débarrasser des escrocs et des prédateurs.
Si cela ne se fait pas par la sagesse, cela se fera par la terreur comme le dit un viel adage populaire de bon sens.

Ecrit par : Regards | lundi, 12 décembre 2011

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