mercredi, 30 novembre 2011

C'est moins pire, mais c'est pas terrible quand même

 

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Une journée hésitante sur la plupart des marchés financiers. Même si certains terminent en hausse, comme la plupart de l'Europe, on sentait bien que c'était contraint et forcé. Pour l'instant on fonctionne toujours avec le même carburant : «l'espoir que l'Europe fasse un miracle ». Le problème, c'est que ce type de carburant il s'épuise super-vite. C'est un peu comme quand vous roulez en première à 9'000 tours avec un V12 à carburateurs, après 100 kilomètres il vous faut absolument trouver une station service, sinon vous êtes à pieds.

 

Lundi nous sommes monté sur un éventuel bailout de l'Italie qui ne vient pas pour le moment, mardi on montait parce que l'Europe avait des « projets » et que les ministres des finance devaient se voir pour signer l'accord sur le fonds EFSF, mais maintenant qu'ils se sont vus et qu'ils n'ont rien annoncé de neuf et que le fonds n'a pas été multiplié par 10 avec un coup de baguette magique, on se retrouve quand même un peu dubitatifs avec pas grand-chose dans les mains. Si ce n'est de devoir attendre le super-sommet du 8-9 décembre, mais vu le carburant qu'il nous reste, je ne sais pas si ça va suffire.

 

Hier, il y avait aussi l'auction des obligations italiennes. C'est intéressant, parce que d'abord on voit que l'appel au peuple a fonctionné et que les italiens qui peuvent souscrivent à l'appel de l'Etat, mais on voit aussi que ça ne va pas suffire et de loin. Et puis l'auction d'hier s'est « bien passée » selon les observateurs, quoi qu'à mon avis il faut tout de même un peu savoir raison garder, puisque le rendement de la dette est toujours largement au-dessus des 7% alors qu'il y a quelques mois nous étions nettement en-dessous de 5%, les coûts de l'emprunt sont montés de 25% en 30 jours. Néanmoins quand ça va mal, l'observateur moyen a tendance à appliquer la stratégie du moins-pire. Et c'est vrai que de ce côté-là, c'était « moins-pire » dans le sens que les acheteurs ont répondus présent, de ce point de vue là, ça c'est même mieux passé que l'Allemagne la semaine passée.

 

Mais tout de même, il n'y pas de quoi se relever la nuit et de danser tout nu sur la table, ça reste super pourri et se refinancer avec des rendements pareil n'augure rien de bon pour l'avenir. L'Europe semblait apprécier la nouvelle, mais ça reste globalement assez tendu, l'image que le marché me donne, c'est un peu l'alpiniste qui est accroché à la paroi par les ongles et qui n'est tenu plus que par un seul piton qui lui-même est en train de se desceller. Si les secours en montagne ne se pointent pas rapidement, ça va devenir très dur de rester accroché à la paroi avec les ongles.

 

Tout ça pour dire que le marché donne l'impression de monter sur des espoirs, mais que le concret tarde à prendre le relai.

 

Alors que American Airlines annonçait sa mise en en faillite, comme faisant part d'une stratégie commerciale, l'Europe hésitait quant à la direction à prendre durant la plupart de la matinée, les financières étant un peu secouées par les nouvelles annonces de downgrade probables de la part des « des serials downgradeurs » de chez Moody's, S&P & Fitch, mais finalement le secteur décidait de se moquer de ces annonces, surtout que ceux publiés finalement par S&P sont des ajustement techniques par rapport à la méthodologie interne de S&P et pas par rapport à un changement clair de situation des banques concernées. En gros, avant S&P prenait ses décisions avec des fléchettes, un jeu d'osselets et un pièce de monnaie pour jouer à pile ou face, maintenant ils vont passer la vitesse supérieur en ajoutant encore une nouvelles technique ; le chimpanzé. Oui, dorénavant aucune note ne sortira de chez S&P tant que « Bobo » le chimpanzé n'aura pas validé la décision. Et là, il a fallu faire un peu de « fine tuning » dans les rating actuels et comme le singe en question n'avait pas eu sa ration de bananes, il était de mauvaise et il a donc downgradé la plupart du secteur de la manière suivante :

 

BBVA (AA- to A+, negative), Banco Bradesco (still BBB, stable), Banco do Brasil (still BBB, stable), Banco Santander (still AA-, negative), Bank of America (A to A-, negative), Bank of New York Mellon (AA- to A+, negative), Barclays PLC (A+ to A-, stable), BNP Paribas (still AA-, stable), BPCE (still A+, stable), Citigroup (A to A-, negative), Commerzbank (still A, negative), Credit Agricole (still A+, stable), Credit Suisse (still A+, now negative outlook), Deutsche Bank (still A+, now negative outlook), Goldman Sachs (A to A-, negative), HSBC (AA- to A+, stable), ING Groep (still A, stable), Intesa Sanpaolo (still A, negative), Itau Unibanco (still BBB, stable), JP Morgan Chase (A+ to A, stable), Lloyds (A to A-, stable), Mitsubishi UFJ Financial (still A, stable), Mizuho Financial (still A, now negative outlook), Morgan Stanley (A to A-, negative), Nordea Bank (still AA-, stable), RBS (A to A-, stable), Societe Generale (still A+, stable), State Street (still A+, now negative outlook), Sumitomo Mitsui Financial (still A, now negative outlook), UBS (A+ to A, negative), UniCredit (still A, negative), and Wells Fargo (AA- to A+, negative).

 

Globalement l'impact restait relativement limité, puisque c'est plus un changement de méthode de calcul, qu'un changement structurel, mais tout de même, pour certaines banques ça ne fait pas plaisir et ça ne simplifie pas la manière de se refinancer. Citigroup a clairement manifesté leur désapprobation estimant que la nouvelle façon de calculer le rating ne s'appliquerait qu'à un pourcent de la banque, donc ne signifie que dalle. Ce à quoi à S&P a répondu : « Je m'en fou, c'est moi le chef, je fais ce que je veux parce que mon papa il est pilote de tank et si t'es pas content je te découpe la paix »...

 

Bref, dans la haute finance mondiale, S&P a downgradé les banques, c'est pas complètement juste, mais c'est comme ça.

 

101986_600.jpgEt puis il y avait les chiffres économiques. Un grand moment de bonheur hier. Tout d'abord le S&P Case Shiller, chiffres qui est un des baromètres du marché immobilier US. Je rappelle pour mémoire que si l'on veut que l'économie US reparte VRAIMENT, il serait bon que le marché de la pierre se bouge les fesses et fasse autre chose que se contenter de ne plus baisser. Surtout que si l'on en croit les chiffres, il continue de s'effriter, tout doucement mais de s'effriter quand même, hier c'était encore une déception, mineure soit, mais tout de même, après les donnés sur les nouvelles maisons en construction de lundi, il n'y a pas de quoi faire les malins. Ça coutera bientôt aussi cher d'acheter un pick-up F-150 Raptor que d'acheter une villa de 350 mètres carrés au bord du Golfe du Mexique, avec la vue sur les plateformes de forage de BP.

 

Si le chiffre de l'immobilier n'était pas top, heureusement qu'il y avait le « Consumer Magical Confidence ». Souvenez-vous, en octobre ce chiffre était immonde puisque la confiance se trouvait à 39.8. Avoir la confiance à 39.8, ça veut dire que quand on te demande : « Comment tu vois ton avenir en tant que consommateur toi ??? », ben tu réponds : « Oh, ce mois je me tâte, j'hésite je me sens en forme, mais mon patron me persécute, je ne la sens pas trop, à l'oeil je dirais 39-40... »... Ensuite on fait une moyenne de tous tes amis et hop.. ça donne 39.8... Mais ce mois c'est pas pareil, il y a bientôt Noël, les oiseaux chantent et le soleil brille, le plein emploi est à nos portes et le plus gros souci de la plupart des américains c'est de savoir où est-ce qu'il vont acheter une résidence secondaire et si le cuir de leur prochaine Aston Martin sera de couleur « beige alpaga du Pérou » ou alors « Noir charbon des mines du Nord de la France », du coup on a commencé par réviser le chiffre du mois d'avant (octobre), le passant de 39.8 à 40.9 et de sortir de celui de novembre à 56 !!!! Alors que les économistes qui ont fait plein d'études et qui bossent dessus depuis un mois attendaient ...44... Pas mal le ratage.

 

En même temps je me demande tout de même ce que le consommateur américain a bien pu fumer pour avoir un confiance pareille en ce moment, aucun doute, ça doit être de la « bonne », ou alors ils savent un truc que l'on sait pas, ou c'est parce que la NBA va finalement démarrer.. Je ne sais pas, mais c'est énorme, sachant que le chômage est tout prêt des 10% et que le nombre de familles qui sont dans la rue augmente sans cesse. Je commence à avoir un doute, je me demande si le sondage du Consumer Confidence n'est pas fait dans les bureaux de management de Goldman Sachs...

 

Ces « bonnes nouvelles » artificielles ont donné un peu de carburant supplémentaire au marché, mais en fin de séance on avait quand même l'impression que le coeur n'y était plus, la clôture n'étant pas ce que l'on peut qualifier « d'euphorisant ».

 

L'or grignote quelques dollars mais reste globalement assez calme et personne ne semble trop se préoccuper de lui. En revanche le pétrole grimpe sournoisement et discrètement en direction des 100$ et semble prêt à casser la résistance par surprise, il manquerait plus que les analystes pétrole se soient complètement gourés sur les chiffres des inventaires publiés ce soir et ça pourrait permettre au baril de franchir un pas important sur le chemin de son objectif de 135$ d'ici Noël, objectif annoncé par je-ne-sais-plus-quel-analyste, en tous les cas pas Murti de chez Goldman, puisque ça fait longtemps qu'il s'est fait enlevé par les extra-terrestres.. Ce matin le baril est à 99.19$ et l'once d'or est à 1727$.

 

Dow Jones 11556 +0.28%

S&P500 1195 +0.22%

Nasdaq 2516 -0.47%

Londres 5337 +0.46%

Paris 3027 +0.46%

Francfort 5800 +0.95%

Milan 14627 +0.34%

Madrid 8128 +0.10%

SMI 5531 +0.16%

Tokyo 8369 -1.28%

Hong Kong 17911 -1.89%

Shanghai 2469 -2.31%

Sydney 4160 -0.19%

 

Ce matin c'est la fessée en Asie, le piton semble avoir lâché sur la paroi et les ongles ne suffisent plus pour tenir. Ce mercredi étant le dernier jour de trading du mois et que ce dernier mois était plus pourri, les intervenants liquident les positions, surtout après une bonne semaine. On fait le grand-nettoyage et on sera prêt pour recommencer un nouveau mois dès demain matin. Pour le moment c'est le sell-off un peu partout et un peu sur tous les secteurs, les bancaires, les minières et la technologie sont sur le podium des « moteurs de la baisse » ce matin et pour une fois Shanghai suit le mouvement avec force.

 

101991_600.jpgDans les nouvelles du jour, ce n'est pas Byzance, rien de neuf sous le soleil si ce n'est que les Grecs « semblent » avoir finalement décroché leur dernière tranche de 8 milliards d'euros. Ce prête qui n'arrivait jamais est donc finalement entériné et le Gouvernement Grec va pouvoir tenir quelques semaines de plus avant de se retrouver probablement dans le besoin à nouveau. Autrement on parle toujours de l'éventuel-peut-être-probable downgrade de la France, qui est la plus grosse préoccupation du marché en ce moment. En même temps la surprise sera totale le jour où...

 

Il est a noté également que, malgré ces deux jours de rebond, les articles sur l'avenir de l'Europe sont à peu près aussi encourageant qu'une publicité pour partir en vacances dans la banlieue nord de Bagdad. La plupart des articles sur lesquels je tombe au sujet de l'Europe ne parlent que de « perfect storm », de destruction de l'Euro sans compter ceux qui vous disent que si vous investissez en Europe, il vous manque une case. Pourtant hier, Warren Buffet s'est montré critique sur le « management » de l'Europe et de l'Euro, mais il est constructif sur les valeurs européennes, bien qu'il n'ait ni élaboré ses propos ni cité des noms sur lesquels il louchait.. le consensus sur l'Europe, son avenir et la manière de se sortir de ce gigantesque bourbier est globalemnt sur « pourri » à « très pourri », voir sans espoir.

 

L'ensemble de communauté des investisseurs est donc convaincu qu'on va encore se prendre une volée de bois vert et que ces deux derniers jours n'étaient que l'oeil du cyclone, là où tout se calme. Le pire semble donc à venir si l'on écoute le consensus.

 

François Bayrou veut se remettre à produire en France pour sauver le pays. Si on leur demandait, les Français ne feraient pas comme les Belges ou les Italiens, ils ne prêteraient pas au Gouvernement. A noter que le Black Friday n'a pas booster que les ventes des retailers, mais apparemment on n'a jamais vendu autant de voiture que vendredi passé, forcément quand tu vas faire du shopping que tu achètes 8 pc's, 4 écrans plats, 3 systèmes dolby-surround, un ours en peluche de 4 mètres de haut, un six-packs d'iPhone, à la fin il faut bien une voiture pour ramener tout cela à la maison (pour ceux qui ne sont pas foreclosés..).. Jamais on n'a vendu autant de voitures que depuis la prime à la casse d'il y a deux ans.

 

111126_Black_Friday_t618.jpgHier Tiffany a sorti des chiffres canons, mais les prévisions n'étaient pas optimales ce qui a coûté 9% au titre durant la séance de mardi, mais le Barrons pense que la qualité des résultats va faire rapidement revenir les investisseurs sur la valeur. On parle déjà de mariage entre American Airlines et US Airways, c'est une affaire pour US Airways, puisqu'Americain Airlines ne vaut plus que le prix d'un Airbus A-320. En même temps je me demande si les ENORMES compagnies aériennes sont un business model qui a de l'avenir ?

 

Dans sa dernière lettre aux investisseurs, John Paulson se dit « déçu et s'excuse auprès de ses clients », l'exposition aux actions était trop grande et les prévisions bien trop optimistes. L'exposition a été drastiquement réduite récemment, mais la performance est toujours négative de 29 et 44% respectivement sur ses deux fonds. Il y a toujours un wagon de rumeur comme quoi un fonds privé serait sur le point de mettre la main su Yahoo ! Le titre vibrait sur la rumeur, on parle de 5 milliards.

 

Côté chiffres économiques, nous aurons les MBA Purchase Applications, le Challenger Job Cut, l'ADP Employment Report, Productivity & Costs, Chicago PMI, Pending Home Sales, Beige Book, Farm Prices et les inventaires pétroliers. Que dire ces chiffres ? On va surtout regarder l'ADP, histoire de voir ce que l'on peut tirer comme conclusions abracadabrantesques sur les indices que cela nous donne sur les Non-Farm Payrolls de vendredi, bien qu'une fois sur deux, ça ne marche pas... Mais au moins ça va nous occuper et nous ne parlerons pas de l'Europe pendant 5 minutes.. Pour le moment les futures américains sont en baisse de 0.53% et les bonnes intentions de vendredi semblent déjà derrière nous. Pas de doute, on veut du concret et les rêves ne durent qu'une nuit et encore...

 

En ce qui me concerne, c'est tout pour ce matin, normalement je vous retrouve demain, si j'arrive à me lever, parce que là c'est de plus en plus dur. Dans l'intervalle, je vous souhaite une excellente journée, un très bon litre de café et bon courage pour le combat qui vous attend !!!


A demain

 

Morningbull

 

''Did you ever think that making a speech on economics is a lot like pissing down your leg? It seems hot to you, but it never does to anyone else.''

 

Lyndon Johnson

 

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mardi, 29 novembre 2011

L'Europe dirige le monde. Jusqu'à la prochaine fois

 

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Après une longue série de séances de baisse consécutives, le vent a finalement tourné. Pour combien de temps, la question reste posée. Parce qu'il ne faut tout de même pas s'emballer de manière excessive puisqu'hier RIEN ne s'est passé d'un point de vue politique, RIEN n'a été confirmé et RIEN n'a changé depuis vendredi. La seule chose qui a changé, c'est que depuis ce week-end les dirigeants européens de tous bords semblent avoir enfin pris le problème à bras le corps et les intervenants se disent que, « finalement ils vont bien réussir à nous pondre un truc qui tiendra la route et qui repoussera la mort de l'Europe à une date ultérieure ».

 

Hier, le plan miracle du FMI pour racheter l'Italie a été rapidement démentit, pourtant cela ne nous a pas empêchés de monter allègrement durant toute la journée, le pacte de stabilité envisagé entre Paris et Berlin et les accords trouvés sur le fonds ESF se sont substitués en tant que carburant du marché. C'était une vraie journée de hausse durant laquelle, il n'y a eu pratiquement aucun retour et c'est surtout l'impact que cela a fait sur le marché américain qui a été surprenant, eux qui revenait d'un week-end compliqués et qui n'avaient « que » les ventes de Thanksgiving pour se rassurer ont tout à coup trouvé un autre moyen de se motiver et de mettre fin à 7 séances pourries.

 

Bref, pour une fois les marchés européens ont donné le ton et c'était eux qui menaient le monde de la finance à la baguette. C'est assez rare pour être signalé et l'on ne va pas bouder notre plaisir. En revanche il va falloir tout de même raison garder, car rien n'est fait. Rien n'est signé et nous ne sommes pas encore dehors de l'auberge qui est au fond du bois. Mais il vrai que pour la première fois depuis longtemps, nous avons l'impression que les « politiques » se sont mis au boulot et que le sauvetage de la zone euro et de l'Italie en particulier, est devenu une priorité. Et on se dit qu'à la fin, il y a tout de même un truc qui va marcher. De bleu de bleu.

 

Et puis comme si ce vent de positivisme ne suffisait pas, hier soir le Président Obama a rencontré Herman Van Rompuy, le Président du Conseil Européen et José Manuel Barroso, Président de la Commission Européenne. Après cette rencontre, le Président de Etats-Unis a également « offert » son aide pour résoudre la crise européenne. C'est une super nouvelle sauf que l'on ne sait exactement de quelle manière il va aider. On peut déjà imaginer que ça va être compliqué de mettre de l'argent dedans, vu qu'il n'arrive déjà pas à régler le cas à la maison, mais c'est toujours sympa de savoir qu'on a des copains qui sont prêts à aider. Et puis ne dit-on pas : « c'est l'intention qui compte ? ».

 

Ce fut donc une bonne nouvelle, même si l'on ne sait pas trop quoi en faire. En tous les cas ; merci aux USA de bien vouloir mettre à la disposition de l'Europe toutes leurs connaissances au sujet d'un endettement hyper bien managé, car on voit clairement que chez eux, tout va super-bien. La preuve, ils ont battu les records de ventes pour le vendredi de Thanksgiving. On vous le dit et on vous le répète : TOUT VA BIEN !!!

 

Peu importe ce qu'il en est, le résultat final est que les marchés ont A-D-O-R-E tout ce qui s'est passé, tout ces espoirs et toutes ces bonnes raisons de croire que le bout du tunnel approche. Les marchés se rendront probablement compte qu'ils ont un peu « réagit » de manière excessive d'ici la fin de la semaine, mais bon, pour une fois que ça monte, on ne va pas refuser... Les financières ont donc été les grands vainqueurs de la journée. Bancaires, assurances ont mené le bal et rien ne pouvait les empêcher d'aller de l'avant. Dans certains cas elles ne sont même jamais revenues, des hausse de 9-10-11% sur le secteur, tout semblait facile et la majorité des intervenants avaient « switchés » leurs modèles pour passer de « vendre sur force » à « acheter sur faiblesse ». Le seul problème, c'est qu'hier, il n'y avait pas de de faiblesse.

 

Il faut dire que comme tout le monde est cash et que personne n'est plus investit dans les actions depuis longtemps, si tout d'un coup ça commençait à partir à la hausse, il y a pas mal d'intervenants qui risqueraient de paniquer de peur de rater le train de la hausse ou d'un éventuel « recovery » du marché. Hier on notait donc un certain engouement pour se repositionner à la hausse au cas où un truc exceptionnel se passait, sans compter les « shorts » qui ne comprenaient plus rien puisque soudainement les faiblesses étaient nettement moins flagrantes que ces derniers jours. Quelque chose avait changé. Indubitablement. Pourvu que ça dure.

 

101939_600.jpgOui, pourvu que ça dure, mais pour cela il va tout de même falloir un peu plus que des promesses et des nouvelles au conditionnel. Dans les jours qui viennent les responsables politiques vont DEVOIR délivrer, sinon la sanction sera terrible encore une fois. Je ne vais pas vous refaire la journée en long et en large puisque virtuelle tout montait et pas qu'un peu. Une vraie séance de thérapie positive. On pouvait enfin voir une vraie séance de hausse et je dois dire que c'était agréable de ne parler « fin du monde » et de qu'est-ce que tu vas faire quand tu n'auras plus de job et qu'il faudra se recycler en autre chose. Pour une fois on avait le sentiment que les investisseurs retrouvaient un peu goût à la vie, reste à espérer que ce n'est pas un feu de paille et que nous avons vraiment mis une vraie pierre à l'édifice.

 

J'avoue avoir de la peine à me lâcher totalement. Je préfère payer un peu pour voir et espérer que les choses vont se décanter progressivement, une nouvelle déception du style 26 octobre passé serait moyennement agréable à digérer. Enfin, pour le moment on ne peut qu'attendre et se dire que le train est sur les rails et qu'il ne reste plus qu'à...

 

Cependant les fervents défenseurs de la fin du monde et du fait que le train va se crasher au premier virage n'ont toujours pas renoncé à leur gloom doom & boom scénario et on ne peut pas leur en vouloir tant il est vrai que pour le moment rien, mais alors rien n'est gravé dans la pierre nous montons sur des vapeurs d'espoirs... Jim Cramer le disait hier à la télévision ; « le marché est peut-être monté hier, mais ça ne veut pas dire que le cas de l'Europe est réglé ». Selon lui et selon bien d'autres encore, ce de loin pas gagné et nous sommes toujours au bord du gouffre :

 

http://www.businessinsider.com/cramer-we-are-in-defcon-3-...

 

Il est donc toujours conseillé de garder sa ceinture attachée, jusqu'à l'arrêt complet de l'appareil et attendre que le signal lumineux soit éteint.

 

Mais pour le moment il est de toute manière plus simple de vivre au jour le jour. Et hier pour une fois c'était une journée « avac » pour le Bulls. Il faut dire que voir que quelques « shorts » se font massacrer au bord de la route ne peut pas faire de mal au moral. Surtout dans le secteur des financières, il y a deux ou trois qui ont du ramer à contre courant pendant un moment. Vous me direz :  « oui, mais pourtant on ne peut pas être short sur les financières, c'est le Gouvernement qui a dit !!! », oui bien sûr, sauf que dans le monde merveilleux de la finance, nous ne sommes pas tous égaux, il y en a qui le sont plus que les autres. D'ailleurs si il n'y avait pas de short dans le marché, je vois assez mal comment des BNP. SocGen et autres AXA auraient trouvé la force de rebondir de plus de 10% sur du vent et des théories journalistiques... Et oui, cher Gouvernement et autres autorités boursières, on se fout de vous....

 

Pour le reste, Thanksgiving était un succès, même si l'on se sait toujours pas d'où vient le pognon pour que les iPads soient en hausse de 68% par rapport à l'an passé et que 75% des Apple Stores n'aient plus un iPhone 4S à disposition, mais peu importe, il semble que les américains aient touché le jackpot durant le mois d'octobre.. affaire à suivre. Les chiffres du « Cyber Monday » devraient également être très bons. Côté chiffres économiques les ventes de maisons sont toujours en dépression nerveuse et peinent à sortir de leur thérapie, mais il semblerait qu'au moins ça ne va pas plus bas et que le pire est derrière. Par contre, malgré tout ce qui se passe, le rendement de la dette italienne est toujours au dessus des 7% et on parle toujours du fait que celle de l'Allemagne n'est pas en grande forme non plus. Mais hier, on le disait doucement...

 

101930_600.jpgComme tout le monde était hyper-concentré sur le marché des actions, on en a oublié de s'occuper de l'or et du baril. Le métal jaune est à 1714$ et le baril est 97.53$, piaffant toujours d'impatience pour aller casser la zone des 100$, mais ce n'est pas tout de suite semble-t-il.

 

Dow Jones 11523 +2.59%

S&P500 1193 +2.92%

Nasdaq 2527 +3.52%

Londres 5313 +2.87%

Paris 3013 +5.46%

Francfort 5745 +4.60%

Milan 14578 +4.60%

Madrid 8120 +4.59%

SMI 5522 +2.35%

Tokyo 8396 +1.31%

Hong Kong 18121 +0.46%

Shanghai 2510 +0.55%

Sydney 4146 +0.50%

 

Ce matin ça continue encore et encore en Asie. Pour être franc, c'est un peu moins dynamique que la veille, mais compte tenu de la performance affichée il y 24 heures, c'est plutôt pas mal. Les arguments sont toujours les mêmes et les marchés du Far-East comptent toujours sur un règlement rapide du problème européen. Ça tombe bien, c'est le second prénom de l'Europe, rapide. En tous les cas, il y a pas mal de hausse qui commence à reposer sur les frêles épaules de Sarkozy et comme Merkel est une femme il ne faut de toute manière pas compter sur elle pour porter des trucs lourds.

 

Hier soir après la clôture, ces imbéciles de chez Fitch sont venus justifier leur salaire en annonçant qu'ils laissaient les USA sur TRIPLE A, mais qu'ils passait la recommandation de stable à négative. Ce qui veut dire qu'au moindre écart de comportement, clac !!! downgradé et ça ne sera pas faute de vous avoir prévenus. Moi je commence à me dire qu'il faudrait que tous les pays du monde se mettent eux-mêmes sur « junk bonds », comme ça on fait taboula-rasa et on repart de zéro. Balle au centre. Dans la foulée et vu qu'ils étaient dehors, Fitch a également UPGRADE, si, si, vous avez bien lu, upgradé la dette de l'Australie sur TRIPLE A !!!!

 

La mariée se fait toujours attendre. Facebook ne viendra pas en IPO avant avril 2012. Ils ont prévu de venir sur le marché au plus tard avant fin juin. La compagnie devrait lever 10 milliards et elle devrait être évaluée à 100 milliards de capitalisation boursière le premier jour de trading. En comparaison, en son temps, Google avait levé un peu moins de 2 milliards et était évalué à 27 milliards. La capitalisation de Google aujourd'hui est de 185 milliards. On se réjouit de voir ça, mais quand Henry Ford disait qu'une compagnie qui ne produit rien ne vaut rien, je n'ose même pas imaginer ce qu'il penserait de Facebook.

Goldman Sachs a publié un document qui recense les position favorites de Hedge Funds, alors si vous voulez avoir les mêmes positions préférées que les Dieux de la finance, vous devriez acheter : Wells Fargo, Visa, Las Vegas Sands, Anadarko, Amazon.com, Baidu, Libery Interactive, LyondellBasell Industries, GM, Qualcomm, Pfizer, JP Morgan , Microsoft, Google et Apple. Avec ça rien ne peut vous arriver...ou pas...

 

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La dernière rumeur en date concerne le triple A français. Encore. On s'autorise à penser dans les milieux autorisés, que Standard and Poor's pourrait mettre la note de la France sur « perspectives négatives », histoire de les préparer psychologiquement au downgrade finale et à la perte inéluctable du triple A. On se fout de nous. Cette histoire est un serpent de mer. Alors que le communiqué du downgrade a déjà été publié par erreur, on veut nous faire croire que l'on va faire les choses en « douceur », franchement c'est un gros scandale, pour ne pas dire un énorme foutage de gueule en règle. Le downgrade est déjà fait virtuellement shez S&P et ces tocards n'ont pas été foutu de faire leur boulot minable jusqu'au bout et correctement et maintenant ils veulent nous faire croire qu'ils hésitent... Moi, je vous le dit, comme au Far-West, du goudron et des plus et on les fout dehors de Wall Street à cheval sur un rail de métro.

 

Pour ce qui est des chiffres économiques, nous aurons les ventes des grands-magasins, bien biaisés par les ventes de Thanksgiving, le Redbook, le S&P Case-Shiller sur l'immobilier, le Consumer Confidence qui à l'air plutôt confiant au vu des vents de vendredi. Le FHFA House Price et le State Street Investor Confidence Index. Pour le moment les futures américains sont en hausse de 0.4%, ça continue encore et encore. Ne vous attendez pas à la même journée que hier, mais si on arrive encore à grappiller quelques poussières de pourcent ça sera toujours ça de pris. On va continuer tout de même à surveiller le comportement de l'Euro/$, car dès que le flot de nouvelles ou les espoirs s'amenuisent, nous redevenons interdépendant des cours de change et des indices américains. Pendant une journée nous avons été les leaders et nous avons été indépendant, il n'y a pas de raison que ça dure.

 

Il me reste à vous souhaiter un excellent café en compagnie de George Clooney. En ce qui me concerne je vous retrouve demain pour la suite des aventures du petit veau au pays des ours. Portez-vous bien et on se voit demain !!!

 

Morningbull

 

Politics is just show business for ugly people”

 

Jay Leno

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lundi, 28 novembre 2011

La semaine de tous les dangers et de tous les espoirs

 

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Oui, je sais ce n'est pas très orignal comme titre et ce n'est pas la première fois que l'on croit que nous entrons dans une semaine « clé ». Pourtant ce week-end, même si les américains digéraient leur repas de Thanksgiving, les discussions autour de l'Europe allaient bon train. La journée de vendredi fût, comme prévu, ennuyante au possible, calme et sans grande direction. On a beaucoup parlé du Black Friday et des consommateurs américains qui se ruent dans les magasins pour acheter le maximum de choses sans trop savoir comment ils vont payer les traites de leurs cartes de crédit, ni où est-ce qu'il vont installer les 3 écrans LCD qu'ils viennent d'acheter, sachant qu'il n'ont pas autant de pièces dans leur appartement. Mais peu importe, ils auront fait leur devoir de patriote en consommant le jour du Black Friday, histoire que CNN puisse montrer les files d'attente de trois kilomètres devant chez Macy's.

 

Mais pour ce qui est des marchés, nous sommes toujours collés à la case départ et nous sommes incapables de faire un double-six pour pouvoir sortir et commencer à jouer. Les indices européens sont enfin parvenus à terminer une séance en terrain positif après avoir quasiment frisé les plus bas de l'année, pourtant la fin de journée fût hésitante, car à l'approche du week-end, nous étions tous conscients que les politiciens pouvaient nous faire un coup pourri ou nous sortir 4 As de la manche pour mettre tout le monde d'accord.

 

Et on avait raison de se poser des questions sur le sujet, car en ce lundi matin, il y en a des choses à lire et à essayer d'intégrer. Si l'on veut résumer le week-end, on peut le faire en deux temps. Tout d'abord, dans un premier temps, nous avons eu les types qui se baladent avec leurs grandes robes blanches et un panneau en carton sur lequel est écrit : « la fin du monde est proche ». Dans ce groupe-là, j'ai quand même réussi à trouver un analyste technique qui estime que l'objectif à atteindre sur le Dow Jones est à 700. Non, vous ne rêvez pas, pas 10700, 9700 ou même 7700, tout simplement 700. Soit quelque chose comme 10500 point plus bas que là où nous sommes. Inutile de vous dire que si ce sympathique garçon a raison (vous pouvez d'ailleurs l'engager pour animer vos fêtes de fin d'année et autres enterrements et divorces), si il a raison, il est fort probable que le scénario à la Mad Max dont je vous parlais la semaine passée soit encore la solution la plus réjouissante que l'on puisse espérer.

 

Et puisque nous étions dans la série « bonne humeur et joie de vivre », vous n'avez pas besoin de chercher bien loin pour trouver des articles qui vous disent que l'Italie est au bord du gouffre, peut-être même qu'elle y est déjà et que si d'ici l'Escalade on n'a pas trouvé de solution, l'empire romain pourrait s'effondrer à nouveau. D'autres sont encore plus réjouissant nous annonçant sans détour que l'Europe n'a plus que dix jours à vivre et si une solution n'est pas trouvée, ça sera « game over » et on pourra commencer également à envisager un recyclage, d'ailleurs si vous avez des idées, je vais ouvrir une adresse mail à laquelle vous pourrez envoyer vos suggestions, je précise au passage que le fromage de chèvre, l'épicerie fin et gagnant de l'Euromillions sont déjà pris comme suggestions.

 

Ci-dessous vous trouverez le fabuleux article de Wolfgang Münchau, chroniqueur du FT.

 

http://www.ft.com/intl/cms/s/0/d9a299a8-1760-11e1-b00e-00...

 

ou le pdf : Eurozone has only days to avoid collapse.pdf

 

Et puis ce n'est pas tout, il y a aussi le demi-frère du Petit Président bondissant français qui ne peut s'empêcher de faire parler de lui également. Olivier Sarkozy, demi-frère de, a donc annoncé que « selon lui l'euro allait exploser dans les 3 mois » et « que nous sommes tout proche du point de non-retour »... A noter qu'Olivier Sarkozy est également dans les tops managers du groupe Carlyle. Le groupe Carlyle pour ceux qui ne connaissent pas, font passer Goldman Sachs pour des amateurs du « networking » et la mafia pour une bande de voleurs à l'étalage. Comme vous le voyez, le début du week-end était donc placé sous le signe du « on va tous mourir », signe que l'on connait bien depuis des semaines, tant l'issue de cette crise paraît inéluctable. Je vous passe le downgrade de la Belgique qui a eu lieu vendredi soir, tellement j'ai arrêter de lire les conneries écrites dans leurs rapports par les organismes de rating.

 

En tous les cas, c'est stupéfiant de voir le consensus dans lequel nous sommes et comme plus personne ne semble avoir le moindre espoir, la certitude de la fin de l'Europe, de l'Euro et de la faillite de la moitié des pays qui la compose semble acquise, les années de récession et de dépression qui nous attendent semblent naturelles et logiques et nous attendons tous sagement, tels des vaches qui vont à l'abattoir, que la fin soit officielle.

 

Heureusement en fin de week-end, le brouillard semblant vouloir se lever, il y eu quelques espoirs qui semblaient vouloir parsemer de couleurs la marche funèbre dans laquelle nous sommes.

 

101792_600.jpgLe premier rayon de soleil c'est les ministres de finances qui semblent avoir trouvé un moyen de se mettre d'accord sur le mode d'emploi du fonds EFSF – mais oui, vous savez le fonds miracle qui devait tout sauver et qui a disparu dans les limbes du Pacifique depuis trois semaines. Eh bien il est de retour et il n'est pas content – bref, les génies de la finance européenne ont donc trouvé comment le ficeler et lui fournir un maximum de levier et un Quadruple A de la part de S&PMoody'sFitch & Co. Normalement ils devraient signer le deal pas plus tard que mardi. On ne sait pas trop à quoi ça tient, ni ce que ça va changer, ni même si c'est vrai, la nouvelle étant écrite au conditionnel, mais ça fait toujours plaisir de voir que tant qu'il y a de la vie, y a de l'espoir.

 

Mais ce n'est pas tout Paris et Berlin semblent être en train de préparer l'Europe de 2012, puisque les Merkozy prépareraient la refonte du traité franco-allemand de 1963 sur les bases de l'Europe, un nouveau traité serait à l'étude pour le sommet européen du 8 et 9 décembre. On ne sait pas trop ce que ce traité apporterait, mais ce que l'on peut dire c'est que si Paris et Berlin préparent l'Europe de 2012, c'est qu'au moins ils tablent sur le fait qu'elle existera toujours, ce qui, en soit est une bonne nouvelle. Ceci mis à part ce nouveau plan renforcerait les obligations des uns envers les autres et ouvrirait peut-être la porte à une intervention massive sur le sujet de la dette.

 

Alors oui, je vous l'accorde c'est beaucoup de « si » et de conditionnel, mais en même temps nous n'avons que ça pour espérer et comme on n'est pas sûr non plus que le Dow Jones aille à 700, on peut aussi espérer.

 

Et puis la dernière nouvelle qui met le feu aux poudres et qui pourrait être le déclencheur d'un vrai rebond un peu moins neurasthénique que les précédents, c'est les rumeurs d'intervention de la SWAT Team du FMI. Selon les milieux autorisés, Christine Lagarde serait sur le point de racheter l'Italie. Enfin, en tous les cas de faire un Bailout sur la botte, un bailout de 600 milliards d'euros qui pourrait ainsi donner du temps à Monsieur Monti pour mettre en place ses mesures d'austérité et donner ainsi de l'air au reste du continent, car tant que l'Italie ne coule pas, le grand jeu des dominos pourrait faire une pause. Même si il n'est pas simple de savoir d'où proviendrait les fonds que le FMI mettrait à disposition des italiens et qu'il faudrait encore l'accord du Gouvernement US (sachant que sans eux le FMI de déliera pas sa bourse) et que l'on connaît la faculté du Congrès américain à se mettre d'accord, cette nouvelle est considérée comme porteuse d'espoir et même si elle est également au conditionnel, cela paraît suffire aux Bulls pour prendre les commandes de ce début de semaine.

 

Ces bonnes nouvelles conditionnelles ne sont pas encore gravées dans la pierre, sachant que cette semaine sera encore chargée en « auctions » et que bien des pays vont venir demander l'aumône aux investisseurs durant ces prochaines jours. Sachant comment se sont passées les dernières demandes de fonds la semaine passée, on risque encore de se faire secouer par les rendements des dettes européennes. Comme vous pouvez le voir, on se prépare quelques journées spectaculaires :

 

 

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Je vous épargne le sujet or et pétrole, il ne se passe strictement rien. L'or tient la zone des 1700$, mais ne semble ni vouloir faire office de refuge, ni d'instrument miracle pour jouer la hausse. Le pétrole parie sur le retour de la prospérité économique américaine pour essayer de rebondir et on le sent bien prêt à casser les 100$, cela dépendra de la grosse semaine qui nous attend. Car en dehors des émissions obligataires européennes, il y aura aussi un wagon de chiffres économiques durant toute la semaine. Semaine qui finira en apothéose avec les chiffres des NON-FARM PAYROLLS qui vont nous éclairer encore une fois le chemin à suivre. En attendant nous aurons les New Homes Sales aujourd'hui, le Consumer Confidence demain, Productivity et Labor Costs Mercredi, ainsi que Chicago PMI. Puis on entamera le mois de décembre avec les Jobless Claims, l'ISM, le Construction Spending et les ventes de voitures jeudi, puis vendredi les chiffres de l'emploi.

 

Voilà où nous en sommes en cette dernière semaine de novembre en ce qui concerne le niveau des indices :

 

Dow Jones 11232 -0.23%

S&P500 1159 -0.27%

Nasdaq 2442 -0.76%

Londres 5165 +0.72%

Paris 2857 +1.23%

Francfort 5493 +1.19%

Milan 13937 +0.12%

Madrid 7754 +0.54%

SMI 5395 +0.72%

Tokyo 8305 +1.78%

Hong Kong 18020 +1.87%

Shanghai 2496 + 0.13%

Sydney 4123 +1.61%

 

Ce matin l'Asie prend une grand bouffée d'air frais et salue les éventuelles solutions qui pourraient sauver l'Europe. Les marchés sont euphoriques et le S&P500 Future qui reprend 1.8% ce matin laisse présager d'un bonne entame de semaine, ce qui remplit de joie les marchés asiatiques. Les financières, les compagnies liées au secteur des commodities et les fabricants de voitures sont en pleine forme ce matin et même si les chinois ne semblent pas partager cet engouement le reste des pays compensent. Une personne bien placée au ministère des finances japonais a laissé entendre que le Yen était trop cher et que le Gouvernement pourrait intervenir encore une fois, remplissant de bonheur le secteur automobile. Au sujet des interventions, les spéculations d'intervention de la BNS pour remonter encore le plancher de l'Euro/Suisse, se fait toujours attendre, mais on en parle toujours et encore. Peut-être un peu trop d'ailleurs.

 

101675_600.jpgDans les nouvelles du jour, il est évident que l'on ne parle QUE du sauvetage de l'Europe via un bailout de l'Italie, mais on donne aussi un peu d'importance aux chiffres des ventes du « Black Friday », les ventes ont augmenté de 6.6% à 11.4 Milliards de dollars. Sont trop forts ces ricains, même avec un taux de chômage au plafond et la moitié du pays dans la rue, ils arrivent quand même à faire un carton pendant les soldes...

 

Indépendamment du sauvetage de l'Europe, il semblerait que la FED soit sur le point de lancer un nouveau programme de stimuli de l'économie en achetant des « mortgage securities », c'est en tous les cas ce que perçoivent les spécialistes du marché obligataire. Ce type de rachat pourrait renforcer le marché immobilier et permettre la construction d'un vrai « bottom » dans les prix de l'immobilier ce qui rassurait l'économie pour la suite de la reprise économique.

 

Au chapitre des take-over, il semblerait que dans le secteur du « storage », la compagnie NetApp serait à la recherche de la perle rare qui pourrait lui redonner de l'énergie. Et comme ils ont du cash en suffisance dans les caisse, on s'autorise à penser que CommVault Systems et Quantum seraient dans le viseur de NetApp.

 

Au chapitre des statistiques, cette dernière semaine de Thanksgiving et la pire que nous ayons vécu depuis 1932. Mais en revanche, en général après Thanksgiving, le marché monte jusqu'à Noël. Reste à espérer que ça marche cette année, ça ne serait pas de refus.

 

Dans le top-ten des nouvelles qui comptent aujourd'hui nous aurons :

 

  1. Le FMI rachètera-t-il l'Italie ?

  2. Les ministres des finances ont-il trouvé la solution miracle pour boosté l'EFSF

  3. Que nous réserve le sommet Européen du 8-9 décembre ?

  4. La BNS et la Bank of Japan vont-elles intervenir sur leurs monnaies ?

  5. La semaine du rebond est-elle arrivée ?

  6. Comment vont se passer les « auctions » de cette semaine ?

  7. Le rendement de la dette allemande est devenu le nouveau chiffre critique à suivre

  8. L'Allemagne est-elle en train de mettre de l'eau dans son vin pour accepter finalement des Eurobonds ?

  9. Future S&P500 en hausse de 1.8% à 6 heures du matin, ça faisait longtemps

  10. 70 victoires sur 100 finales, c'est beaucoup

 

Voilà, pas grand-chose à rajouter ce matin. On dirait qu'il y a des bonnes choses dans l'air et même si pas grand-chose, voir rien du tout n'est confirmé, ça fait bien longtemps que l'on n'avait pas commencé la semaine avec autant de notes positives. Bien fragiles, mais positives. Pourvu que ça dure. En attendant je vous souhaite une excellent café, un bon début de semaine et que la bullish attitude soit avec vous, il se peut qu'elle ne dure pas très longtemps et ce qui est pris n'est plus à prendre.

 

Moi je vous retrouve demain pour de nouvelles aventures, excellente journée.

 

Morningbull

 

« I never think of the future - it comes soon enough. »

 

Albert Einstein

 

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Le règne de Goldman Sachs

 

 

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vendredi, 25 novembre 2011

Si c'était pour dire ça, autant la fermer

 

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Pour une fois que les ricains n'étaient pas là, le seul jour de l'année où le marché européen pouvait vivre de son propre chef et prendre ses propres décisions sans avoir à loucher en permanence sur les indications du future S&P ou sur les tribulations minute par minute de l'indice lui-même, pour une fois que l'on pouvait acheter du DAX parce que c'est un beau pays et que les sociétés qui y sont installées sont belles et florissantes, pour une fois que l'on pouvait acheter Peugeot juste parce qu'ils font des jolis concepts-cars quine voient jamais le jour, que l'on pouvait acheter Alcatel juste parce qu'une boîte qui est dans le CAC40 à 1 euro c'est quand même pas cher... Et ben malgré tout ça, malgré toute cette belle liberté et cette indépendance créée par le suicide collectif de plusieurs millions de dindes, nous, en Europe on a quand même réussi à foutre en l'air la séance et s'offrir une sixième séance de baisse consécutive...

 

Pourtant on avait plutôt bien commencé la journée, pendant un moment on avait presque retrouvé le sourire et l'envie d'arrêter de boire pour oublier et puis surtout, on avait enfin les moyens d'espérer quelque chose. Oui, un mouvement, un signe, un clin d'oeil, puisque le département marketing et voyages de l'Elysée avait concocté une petite sortie-course d'école durant laquelle le petit Nicolas devait tomber « par hasard » sur Angela Merkel qui prenait l'air avec le nouveau « Cavaliere » de l'Italie, Mario Monti. Alors forcément cette excursion à Strasbourg devenait soudainement « LA » raison d'espérer, cette fois c'était sûr, les patrons de l'Europe et leur assistant (M. Monti) avaient résolu l'équation, ils allaient forcément nous annoncer un truc fort, une solution à laquelle nous ne nous attendions pas, la nouvelle révolution industrielle européenne, la vente de la tour Eiffel aux chinois ou l'intégration de Shanghai dans la communauté européenne, un truc fort quoi !!!

 

Oui, nous étions tous chauds-bouillants pour une annonce qui allait ENFIN nous changer de nos vies moroses de traders qui se font piétiner tous les jours par des troupeaux de « bears » en furie. Cette fois c'était sûr la révolution était en marche.

 

mad-max-interceptor-farm-road-with-mel.jpgEt puis dès que la doublette magique a commencé à parler sous fond de marché de Noël, je dis la doublette parce que visiblement Mario Monti avait fait le déplacement pour conduire la voiture et porter les mallettes des deux autres, donc dès que la doublette eut commencé à parler le beau rebond plein d'espoir que nous avions entamé dès le matin pour saluer le « mini-sommet » comme ils disaient, eh bien le rebond s'est dégonflé comme une vieille baudruche pour se ré-enfoncer tristement dans ses vieux travers et ses angoisses mal soignées. Encore une fois alors que l'on écoutait déjà plus que d'une oreille la bouillie infâme et inintéressante de Merkozy, nous envisagions à nouveau le fait que nous allions tous mourir dans d'atroces souffrances et le marché replongeait en terrain négatif pour la sixième fois de suite. Cependant il y a un peu de changement,. Jusqu'alors nous envisagions juste de mourir, mais depuis hier j'ai commencé à entendre des gens qui envisageaient de s'acheter une Ford V8 Interceptor et de se préparer à se rejouer Mad Max à la recherche du pétrole une fois que les économies modernes se seront effondrées.

 

En même temps jouer à Mad Max sur l'autoroute Genève-Lausanne à 17h30, ça devient carrément de la science-fiction, mais au moins il y a des gens qui commencent à envisager un avenir après la crise.

 

Ceci dit revenons brièvement sur le « mini-sommet » d'hier. On aurait du se méfier. Déjà rien que le nom : « Mini-Sommet ». On annonce pas des grandes choses lors d'un mini-sommet avec un mini-président, avec le recul c'était foutu d'avance. Pour résumer les paroles d'Angela et Nicolas, on peut dire que si c'était pour dire ça, ils auraient pu la fermer et ça aurait arrangé tout le monde. Foutu pour foutu, on l'avait déjà intégré, mais donner de l'espoir à un condamné qui pense qu'il va être gracié et au dernier moment lui annoncer que l'on ne vient pas pour lui annoncer sa grâce mais simplement pour lui offrir le dernier Pif Gadget avec le dernier téléscope en plastique pour mieux voir le marché baisser, c'est très dur... Voir sadique.

 

111124_Turkey_Day_t618.jpgEn gros ils ont annoncé qu'il est urgent d'attendre, qu'ils se parlent régulièrement au téléphone pour se dire des trucs importants, mais Sarko n'a pas précisés quoi. Ce que l'on sait c'est que Merkel ne VEUT PAS ENTENDRE PARLER D'EUROBONDS, NEIN, VERBOTEN, VERBOTEN UND VERBOTEN !!! on sait également qu'ils veulent que la BCE garde son indépendance, ils pensent que c'est tout même plus simple si c'est Goldman Sachs qui s'occupe de cette partie là, oups pardon, pas Goldman Sachs, Mario Draghi, je les confonds tout le temps toutes les deux. Et puis ils ont également annoncé qu'ils viendraient « PROCHAINEMENT » - « DANS LES JOURS QUI VIENNENT » avec des propositions communes pour la modification des traités européens. Oui, d'accord mais nous on aimerait juste qu'ils règlent la crise et pas qu'ils redécorent l'Europe pour Noël.

 

Alors il est vrai que la conférence du mini-sommet a été toute officielle, on a utilisé tous les mots que l'on apprend dans les cours de diplomatie, on a entendu le « nous sommes parfaitement conscient de gravité », le "Nous avons tous trois indiqué que, dans le respect de l'indépendance de cette institution, il fallait s'abstenir de demandes positives ou négatives à la BCE », mais également le non-moins célèbre ; "La Banque centrale européenne est indépendante"... A la fin on a clairement assisté à un bottage en touche propre en ordre et si c'était pour dire ça, on aurait pu économiser du pognon dans le cadre du plan d'austérité de la France et de l'Italie et faire cette même conférence sur Skype.

 

Bref, le marché n'a pas aimé et on s'est pété la gueule. Encore. Et de six.

 

Vivement qu'ils nous organisent un Grand-Sommet.

 

Encore une question que je lance au hasard ; Pourquoi il est venu Monsieur Monti ? Non parce que si c'était pour rester assis dans un coin à jouer avec son iPhone, il pouvait aussi bien rester à Rome et bosser à redresser le pays. Mais visiblement comme plus personne n'écoute Merkozy, ils ont besoin de leur audience, alors rien de tel de la prendre avec soi.

 

Pour le reste, les chiffres économiques publiés en Europe hier n'étaient pas trop mal, mais pour être franc, on s'en fout à un point, c'est inouï ce qu'on s'en fout. Après ces tocards de chez Fitch ont downgradé le rating du Portugal car ils viennent de découvrir que tout va mal là-bas et que le pays est en grève. Mais surtout ils viennent de le trouver sur la carte du monde. Jusqu'à hier les analystes de Fitch cherchaient le Portugal dans la région de Copenhague et de Tirana, alors forcément maintenant qu'ils ont compris la différence entre l'est, l'ouest, le nord et le sud de l'Europe, ça va leur changer la vie.

 

101787_600.jpgLe rebond n'était donc pas pour hier, même si Paris n'est pas passé très loin en terminant en baisse de 0.01%. A noter que la seule place de bourse qui parvenait à rebondir hier, c'était l'Italie. Enfin, quand je dis rebondir, Milan était en hausse de 0.03%, mais en ce moment on se contente de peu tellement l'ambiance est pourrie et tellement il est difficile de trouver quelqu'un qui voit un avenir à la finance et au monde. En tous les cas quand j'entend ce que j'entend autour de moi, si tout le monde a raison, je vais envisager de m'acheter une caverne et de me vêtir de peaux de bêtes.

 

Et puis comme hier soir les américains se goinfraient de dinde, il a quand même fallu qu'un des autres clowns des agences de rating fasse parler de lui, parce qu'en général les annonces des ces abrutis vont par deux. Hier matin c'est Fitch qui coupait le Portugal et hier soir c'est Moody's, qui à la place de manger sa confiture d'airelles et son gravy n 'a rien trouvé de mieux que de downgrader la Hongrie. Vous me direz que la Hongrie ce n'est pas bien grave, ni très important, et ce n'est pas faux, mais ce qui fait peur c'est surtout la contagion sur l'Autriche. Un des derniers triple A de la région.. Reste plus qu'à espérer que le rapport de S&P sur la France ne ressorte pas de si tôt.

 

Comme vous le voyez, il n'y a pas une journée qui passe sans que l'on se marre comme des baleines dans ce marché. Ce qui se passe est tellement festif et plein d'espoir que j'en ai mal aux côtes quand je rendre à la maison le soir et encore je ne vous ai pas parlé de l'obsession des traders à garder les yeux fixés sur les rendements de la dette italienne et d'ailleurs, comme si à force de se regarder dans les yeux, le rendement allait subitement chuter parce que les héritiers de Kadhafi ont décidé d'utiliser le cash de la famille pour acheter de la dette italienne...et puis maintenant que la dette allemande a pris le même chemin que les italiens, je vous laisse imaginer comment c'est chaud (graph ci-dessou). Sans compter que l'euro continue de se faire défoncer jour après jour, à ce rythme-là, il est bientôt à parité avec la lire italienne et le drachme.

 

 

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On va faire court pour ce qui de l'or et du pétrole. Comme Merkozy n'a pas mentionné ce sujet dans son discours politique, on a préféré ne pas déranger et ne pas traiter ces valeur. L'or reste donc scotché 1696$ et le pétrole à 96.49$.

 

Voici les indices d'hier :

 

Londres 5128 -0.24%

Paris 2822 -0.01%

Francfort 5428 -0.54%

Milan 13291 +0.03% - hip- hip -hip -hip – hourra !!!! pour l'Italie, un marché qui monte est un marché qui gagne à la fin !!! Merci Mario...

Madrid 7722 -0.23%

SMI 5356 -0.54%

Tokyo 8175 +0.12%

Hong Kong 17705 -1.29%

Shanghai 2498 -0.53%

Sydney 4057 -1.41%

 

Ce matin l'Asie est en pleine forme, mis à part le Japon qui limite la casse après la correction de la veille (rattrapage d'un jour de congé), le reste est franchement dans le rouge et pour quelle raison me direz-vous ??? Et bien aussi surprenant que cela puisse paraître, c'est parce que les asiatiques sont inquiets de la tournure que prends la crise en Europe, comme tous les jours et les Australiens sont inquiets que l'on puisse venir rejouer Mad Max chez eux.

 

101777_600.jpgAujourd'hui les américains sont de retour et nous allons enfin avoir quelqu'un à qui sucer la roue. Il faut cependant savoir raison garder puisque les américains seront bien plus pré-occupés par leur « shopphing day ». Nous sommes le Black Friday, c'est le plus gros jour de shopping de l'année et c'est là que l'on va savoir si Joe American consomme ou pas. C'est la journée des retailers et les quelques traders qui seront de permanence seront concentrés sur les mouvements de Wal-Mart, Target et autre Kohl's. Cependant afin de leur permettre à eux aussi d'aller faire du shopping et de soutenir l'économie, le marché fermera à la mi-journée. Autant vous dire que c'est une journée pour rien à New York et que c'est ouvert à mi-temps juste pour respecter la loi qui dit que le marché ne doit pas fermer plus de trois jours de suite, sauf si des avions venaient à entrer en collision avec des immeubles.

 

Il y a peu de « grandes nouvelles » dans la presse de ce matin, quelques articles sur la crise de l'Europe, quelque chose comme 93% des articles sur ce sujet d'ailleurs, on parle aussi de François Bayrou qui se présente aux élections, si dire si il n'y a rien d'autre à raconter.

 

A noter le classement des ministres des finances européens qui a été publié par le FT, il est assez drôle de voir que François Baroin (France) est classé 15ème sur 19. La bonne nouvelle c'est qu'il devance les Danois, les Italiens, les Hongrois et les Grecs... Si avec ça S&P ne vire pas le triple A de la France, je ne sais pas ce qu'il leur faut. A coté de cela, il faut noter que le Barrons est positif sur John Deere, Bloomberg pense que les Allemands se sont acheté un billet première classe sur le « Titanic » européen, ça fait toujours plaisir ce genre d'article. Mais comme vous le voyez c'est plutôt mince et l'on va plutôt se concentrer sur les activités du week-end plutôt qu'autre chose, car je crains que cette journée soit encore une fois déprimante.

 

101767_600.jpgCôté chiffres économiques nous aurons le Fed Balance Sheet et le Money Supply, mais au moment de leur publication Wall Street sera fermé et nous aussi. Donc franchement pas de quoi se relever la nuit. Pour le moment les futures américains ont la même tronche que les marchés asiatiques, soit en baisse de l'ordre de 0.5% et comme ce matin et cette après-midi il n'y a pas de mini-sommet et encore moins de moyen-sommet, on risque de s'ennuyer ferme et de s'enfoncer dans notre dépression automnale. MAIS en même mon esprit résolument optimiste me dit que quand on n'y croit plus du tout, c'est à ce moment que le marché nous surprend...

 

Rapide Top-Five des choses qui comptent ce matin :

 

  1. Les Retailers américains vont-ils faire le plein lors du Black Friday (il paraît que les soldes sur le marché immobiliers sont géniaux)

  2. Le rendement de la dette italienne va-t-il a) monter b) baisser c) stagner d) monter ou e) monter

  3. L'Allemagne peut-elle s'en sortir ou doit-elle couler avec le reste ? (la réponse est contenue dans la question)

  4. Quelle est la solution miracle pour sauver l'Europe, le bout du tunnel semble de plus en plus loin.

  5. Est-ce que Merkozy va muter en Merkonti ?

  6. Est-ce que les plus bas de l'année vont tenir en Europe ?

  7. Christmas Rally ou pas ? Statistiquement la période après Thanksgiving est positive

  8. Quel est le prix d'une Ford Interceptor V8 bien équipée et comment se procurer un fusil à canon scié ?

  9. Est-ce que se recycler dans la vente de fromages de chèvres est compliqué ?

  10. Quelles sont mes chances de gagner à l'Euromillions.

 

Voilà, je crois que c'est tout pour ce matin, je ne vais pas plomber l'ambiance plus longtemps, en tous les cas je dois tout même dire une chose, je ne crois pas avoir connu un tel consensus négatif dans le marché, jamais dans mes souvenirs je n'ai vu, lu et entendu autant de monde qui est convaincu que la fin est proche... En général c'est trop facile ce genre de consensus, mais c'est probablement mon esprit contrariant qui me fait dire ça..

 

Allez, moi je vous souhaite un bon week-end et on se revoit lundi pour de nouvelles aventures qui seront passionnantes, je n'en doute pas.

 

Morningbull

 

"La peur mène à la colère, la colère à la haine et la haine au côté obscur."

Maître Yoda

 

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jeudi, 24 novembre 2011

Dis papa, c'est quoi un « BULL » ???

 


Un « BULL », mon fils c'est un truc qui n'existe plus depuis que l'Europe est devenue le Titanic et qu'en plus l'orchestre est en train d'arrêter de jouer puisque plus personne ne veut le payer...

 

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Comme c'est le jour des remerciements, le jour de Thanksgiving, je vais en profiter pour remercier le marché pour ne pas avoir été plus bas hier soir, je vais aussi remercier le marché d'être fermé aujourd'hui (aux USA), comme ça on est sûr d'avoir au moins une journée de consolidation. Merci aussi aux européens de bien vouloir arrêter de venir emprunter de l'argent, il faut qu'ils comprennent que personne ne veut leur prêter. Merci à Moody's et à Fitch pour leur impartialité puisqu'ils confirment leur « confiance » sur le rating de la dette US alors qu'ils ne cessent de mettre en doute celui de la France, encore un bel exemple que nous sommes tous égaux. Merci également au sentiment de marché qui met un point d'honneur à être unanime sur ce qui nous attend et surtout merci à cette ambiance de merde qui règne dans la finance mondiale, ambiance qui donne envie d'être déjà en 2013 pour passer à autre chose. Mais merci aussi aux chinois de venir nous annoncer des chiffres tout pourris au pire des moments et puis surtout merci au Wall Street Journal de venir nous rappeler que si la Grèce n'a pas reçu son pognon dans 20 jours, ils fermeront les portes et baisseront le rideau de fer. Merci aussi aux Russes et aux Américains, avec leur connerie de bouclier anti-missiles de nous rappeler que la guerre froide est peut-être de retour.

 

On ne va pas perdre trop de temps sur la journée d'hier, le scénario est assez simple et surtout c'est le même que l'on se tape depuis une dizaine de séances. Sauf que cette fois la Chine nous a rappelé que la croissance-économique-pour-toujours était une utopie. Ensuite les allemands sont arrivés sur le marché pour emprunter de l'argent et le marché leur à rapidement fait comprendre que même si ils ont bossé tout l'été, ils restent un pays européen, ils vont donc devoir payer pour les autres. En gros les investisseurs n'ont aucune envie de prêter du fric à qui que ce soit. La plus grosse préoccupation de l'investisseur en ce moment c'est « où peut-il planquer son cash au cas où le marché s'effondre à zéro dans d'atroces souffrances ». Il paraît d'ailleurs que les vendeurs de matelas sont débordés et n'arrivent plus à suivre.

 

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L'ambiance était donc pourrie comme la veille, mais plus. Et puis on parle aussi des organismes de rating qui passent la pommade dans le dos des américains et qui ne cessent de laisser planer le fait que c'est les européens le problème. Les français sont les prochains dans le viseurs et je serais vraiment étonné que l'on ne vienne pas downgrader la dette du Roi Sarkozy d'ici Noël. En plus le communiqué de presse est déjà prêt, ça serait dommage de gâcher.

 

Autant vous dire qu'hier soir en partant du bureau j'aurais aimé être américain et avoir comme objectif dans les deux prochains jours, uniquement de me goinfrer de dinde et d'alcool, de regarder le « Thanksgiving game » à la télé jeudi soir et d'aller me battre avec des millions d'autres vendredi matin à l'ouverture des magasins pour booster les chiffres du « Black Friday », plus gros jour de l'année où si tu ne fais pas de shopping tu n'es pas américain. Non, à la place je vais devoir rester devant mes écrans à regarder les marchés européens suivre l'euro-$ comme si il était devenu « la référence » pour nous. Encore une belle journée en perspective.

 

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Mais revenons à hier, l'angoisse de la dette souveraine européenne a donc franchi une nouvelle étape, puisque l'Allemagne qui était semble-t-il complètement immunisée, vient de se faire prendre comme tout le monde dans le tourbillon infernal. Je serais allemand, j'en voudrais personnellement à Helmut Kohl de nous avoir foutu là-dedans. Pour le moment ils sont au mauvais endroit au mauvais moment et à ce rythme-là, ils vont bientôt demander à revenir au Deutsche Mark.

 

Donc l'Allemagne a toujours le rendement le plus bas sur sa dette, mais ça monte gentiment, comme la France et le reste... Les chiffres économiques n'étaient pas catastrophiques ni extraordinaires, mais pour le moment, il faut être honnête, tout le monde s'en fout royalement. C'est l'Europe et sa dette sinon rien.

 

Et puis il y a une nouvelle qui est sortie hier sur laquelle j'aimerais revenir. Le Wall Street a publié un article pour dire attention, si d'ici 20 jours (19 maintenant), la Grèce n'a pas reçu le pognon promis par Merkozy, c'est la faillite. OK. Il y a cependant un truc qui me fait bien rire c'est que si vous vous rappelez le début du mois de septembre on nous avais dit que « si la Grèce n'avait pas ses milliards d'ici le 15 octobre, le cas était entendu et le pays était en faillite. Le 15 octobre, pas d'argent et pourtant le pays n'est pas en défaut. Mais par contre, ATTENTION, si la Grèce n'a pas reçu son fric d'ici le 10 novembre, cette fois c'est foutu !!! Ce matin j'ai bien vérifié mon calendrier et nous sommes le 24 novembre et..toujours pas d'argent pour les Grecs. Toujours pas de défaut non plus... MAIS LA, C'EST SUR !!! Si dans 19 jours 8 heures 23 minutes et 19 secondes les grecs n'ont pas reçu leur argent, alors là c'est certain, ils vont en défaut. SI SI SI SI, et en plus c'est le Wall Street Journal qui le dit.

 

Non, moi je vous le dit : « On vit une époque formidable ».

 

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Donc en résumé, la crise de la dette s'étend en Allemagne, la France est déjà virtuellement downgradée et le marché européen a terminé au plus bas ou presque, les supports techniques ne tiennent que le temps qu'on prenne une photo et presque aussi bien que les « dead-lines » annoncés par la Grèce. Les américains commencent à avoir vraiment la trouille de ce qui se passe en Europe, surtout sur le fait que si l'Europe venait à imploser, ensuite, une fois que la poussière sera retombée, ça risque de se voir que c'est AUSSI le bordel chez eux. Notez qu'il y a un bon moyen de régler le problème européen une fois pour toute :

 

Maintenant que les Russes et les Américains ont recommencé à jouer à « qui à la plus grosse » en ramenant leurs missiles à la frontière de la Pologne, il suffit de tirer une bonne série de missiles de chaque côté et comme nous (européens) sommes en plein milieu, dans les jours qui suivent ont devrait avoir bien d'autres problèmes que le rendement de la dette des pays où on va en vacances.

 

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L'or n'est définitivement plus un safe-haven, que le dollar monte ou que le dollar baisse, que les marchés baissent ou que le marchés montent – ah non, pardon, les marchés ne montent pas, c'est une erreur, désolé. Bref, pour le moment on veut du cash, pas des commodities, pas des métaux, pas des barils, pas des obligations....DU CASH et puis c'est tout. Et éventuellement un matelas...ou deux..pour les fourrer (les matelas)... Le métal jaune est à 1693$.

 

Pétrole même combat. Le baril finit dans sa zone basse, personne n'en veut, personne ne s'y intéresse d'ailleurs. Pourtant hier il y avait la publication des chiffres de l'EIA qui étaient presque identiques aux prévisions des analystes, à 6.2 millions de barils près... Ce matin le WTI est à 96.21$ et le Brent est à 107.54$.

 

Les chiffres ci-dessous représentent les indices à la clôture hier soir et la bonne nouvelle c'est que les indices américains seront les mêmes demain matin. Ça va nous changer.

 

Dow Jones 11258 -2.05%

S&P500 1162 -2.21%

Nasdaq 2460 -2.43%

Londres 5140 -1.29%

Paris 2822 -1.68%

Francfort 5458 -1.44%

Milan 13916 -2.59%

Madrid 7739 -2.09%

SMI 5386 -1.13%

Tokyo 8191 -1.49%

Hong Kong 17945 +0.45%

Shanghai 2516 +0.28%

Sydney 4122 -0.10%

 

Ce matin en Asie, la bonne surprise c'est que l'on ne baisse plus. Bon sauf les japonais qui avaient raté une séance de baisse, alors forcément il faut rattraper le retard. Les marchés du Far-East tentent pour la xième fois de se dire que l'on ne peut tout de même pas baisser pendant 35 séances de suite, qu'un jour où l'autre il finira bien par y avoir un de ces fameux « rebonds techniques » dont parlent les anciens boursiers dans leurs écrits sur papyrus. Ça doit bien exister !!!

 

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Pour ce qui est des nouvelles du jour, c'est plutôt peau de chagrin. Les américains sont absents, demain sera une demi-cession, il n'y aura donc pas de chiffres économiques et ça tombe bien parce que tout le monde s'en fout. Par contre on retiendra que Groupon a encore plongé de 15% et c'est le tarif depuis deux jours, non seulement le titre est sous son prix d'émission, mais à ce rythme-là, elle sera délistée avant la fin de l'année.

 

Et puis comme il y a quand même un peu de cash qui attend au bord de la route pour être investit, KKR, la compagnie de Private Equity met la main sur une société privée qui s'appelle Samson Investments pour 7.2 milliards de dollars. La compagnie est active dans le forage pour le gaz, le gaz de schiste en particulier. Jim Chanos, patron du Hedge Fund Kynikos Associates est parti faire un voyage en Asie, passant par la Chine, il est revenu avec une conviction bearish inébranlée sur les banques chinoises. Selon lui les banques sont construites sur du sable et n'ont pas les capitaux nécessaires pour absorber les « dettes pourries » à venir. Il reste short sur le pays tant que les autorités n'ont pas recapitalisé tout ce beau monde. Pendant ce temps, l'autre Jim (Rogers), réitère sa conviction « bullish » sur le pays. Comme quoi il faut choisir son camp. En même Jim Rogers n'a pas le choix, maintenant que sa fille a appris le chinois et qu'ils mangent avec des baguettes, c'est un peu tard pour apprendre le portugais parce que le Brésil vient de passer 6ème puissance économique mondiale, passant devant les anglais.

 

David Miles de la Bank of England estime qu'il y a un gros risque qu'un pays quitte la zone euro ces prochains temps (ce qui assez aléatoire comme délai), il déclare également que la crise européenne a augmenté l'incertitude sur l'avenir économique de l'Angleterre – sans blague ? Moi quand je serais grand je veux faire gros ponte d'une banque centrale. Tu racontes des fait et tu spécules sur des théories incertaines et tu fais la première page chez Bloomberg... : « la crise augmente l'incertitude » - « il se pourrait qu'un pays quitte la zone euro, ou pas »... Et puis si tu ne secoues pas l'Orangina, ben la pulpe elle reste en bas.. Par contre si tu secoues du Coca tu t'en prends plein la gueule... Dans un autre registre, le nouveau patron confirmé de l'UBS, Monsieur Ermotti, pense qu'aucune obligation de la zone euro n'est à l'abri durant la crise. Eh oui, on a vu l'Allemagne hier...

 

Vous voyez que la qualité des nouvelles est exceptionnelle, en gros on nous dit ce qu'on sait déjà et qu'après tout, on verra bien lundi prochain...

 

Donc pas de chiffres économiques cette après-midi pour cause de dinde, les futures US sont indiqués en hausse de 0.5%, mais comme ce n'est que des dindes qui feront le market-making aujourd'hui, il ne faut pas trop s'attendre à grand-chose. Statistiquement nous sommes proche d'un rebond, ou si ce n'est pas un rebond, une journée qui termine en hausse ou pas trop en baisse.. les volumes seront faibles, l'intérêt sera moyen et il vaut mieux ne pas venir quémander de l'argent ce matin, si vous êtes un gouvernement de la vieille Europe.

 

Je vous recommande donc de vous injecter des oranges directement dans le sang et de sucer des pastilles de vitamines C, pendant que vous vous perfusez au Nespresso, sinon la journée va être très longue, un peu comme quand vous êtes dans l'avion que vous n'arrivez pas à dormir que votre voisin d'à côté fait 187 kilos et ronfle, qu'il y a des turbulences, plus d'alcool à bord que le film qui passe c'est Top Gun et que vous l'avez vu 212 fois et surtout qu'il reste 21 heures de vol avant de vous poser à Zurich..en plus..

 

On va terminer avec le classement des 10 plus grosses peurs des investisseurs du moment, le classement peut être remanié à tout instant, c'est un marché de professionnels, faut pas déconner...

 

  1. La France va perdre son triple A (quelle surprise, les bras m'en tombent)

  2. L'économie chinoise va faire un « hard landing » (grand classique)

  3. Les USA vont Retomber en récession (serpent de mer)

  4. Les Grecs ne recevront pas leur argent à temps (ça dépend de la définition de « à temps »)

  5. Les banques américaines vont être touchées de plein fouet par la crise européenne de la dette, même si la plupart des employés de banque américains ne savent pas ou placer l'Espagne sur une carte du monde (les banques françaises d'abord)

  6. Le FMI va essayer de faire un bailout sur l'Europe et les USA et c'est le contribuable qui va payer la facture et Christine Lagarde deviendra CEO de l'occident

  7. Les investisseurs et clients de MF Global ne verront plus jamais leur pognon (Lehman Style)

  8. Jefferies va partir en faillite (Lehman Style)

  9. Quelque chose de très moche va arriver chez Bank of America (ils vont racheter le logo de Palexpo)

  10. Les américains vont devoir bosser à Thanksgiving à cause de la crise en Europe

 

 

En ce qui me concerne, par défi je serais là demain matin pour parler de ce qui reste du monde de la finance et sinon je parlerais tennis ou football ou dopage, bref, j'écrirais un commentaire vendredi.

 

Allez, bonne chance pour aujourd'hui... Moi je vais me faire un sandwich dinde mayo pour midi et hop... Mon Thanksgiving à moi..

 

En tous les cas je voudrais en profiter pour dire merci à l'Europe pour ce marché tout pourri....

Encore une dernière chose, je suis à la recherche d'une chambre à louer, d'une colocation ou d'un studio à sous-louer, le tout  pour une durée maximum de 12 mois... (ce n'est pas pour  moi, mais c'est tout comme).. Si vous avez des suggestions, je sais que c'est beaucoup demander, n'hésitez pas : thomas.veillet@morningbull.ch

 

 

A demain


Morningbull

 

« la religion c'est deux peuples qui se battent pour savoir qui a le meilleur copain imaginaire »

 

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mercredi, 23 novembre 2011

Ambiance pourrie encore et encore

 

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Les jours passent et rien ne se passe. Ou plutôt oui, ça baisse, ça baisse et ça baisse encore. Le raz-le-bol et la déprime du marché commence à être palpable et mon Bloomberg ne sait même plus comment on envoie la couleur verte sur les écrans. Du rouge, encore du rouge. Même après une absence de 4 jours, on a le sentiment de n'être jamais parti et que le marché ressasse encore et toujours les mêmes news, les mêmes histoires qui lui fichent le moral dans les chaussettes.

 

Après avoir lu la presse de ce matin et de cette nuit, je me suis longtemps posé la question de savoir si ça valait vraiment la peine d'écrire un commentaire ce matin, sachant qu'en relisant ceux de la semaine passée, aurais donné exactement le même sentiment que ce matin, la même direction, la même lassitude générale à propos de ce qui se passe dans le monde merveilleux des économies mondiales. Les histoires sont les mêmes et les solutions sont toujours inexistantes, chaque jour on soulève un nouveau problème que l'on ajoute aux précédents, et en rien ne se passe. Pas de solution, pas même de proposition de solution, non juste l'angoisse de se demander où est-ce que cela va s'arrêter.

 

La journée d'hier a commencé par une séance de cicatrisation après la journée horrible de lundi. Le soi-disant « super-committee » américain n'a pas été foutu de se mettre d'accord sur le plan de réduction du déficit américain, chose qui ne surprend plus personne, car le jour où les membres du Congrès US comprendront la notion d'intérêt général avant de se préoccuper uniquement de leur cul et de leur éventuelle poste dans le nouveau gouvernement de l'an prochain, qu'il soit Républicain ou Démocrate, ça saura. Pour l'instant chacun ne regarde que son propre nombril se fout totalement de ce qui pourrait arriver pour l'économie mondiale et locale, de toutes manières, eux, ils ont déjà tout ce qu'il faut dans la vie et son tellement proches de la retraite ou de la mort que rien ne changera en ce qui les concerne...

 

Donc le marché a du digérer cette nouvelle sans surprise, qui a fait tout de même très mal et ce mardi matin nous devions d'abord digérer la séance de lundi. La logique voulait tout de même que l'on récupère un peu du chemin perdu la veille que l'on se fasse un « rebond technique » - le rebond technique est un terme utilisé dans les marchés boursiers à une époque lointaine où les marchés étaient des « vrais marchés » et n'étaient pas interconnectés avec la couleur de la cravate des politiciens – Et pendant la première moitié de la journée on y a presque cru. Au rebond technique. Il paraissait plutôt probable et statistiquement « logique » puisque l'on venait d'enquiller au moins la sixième séance de baisse consécutive en Europe. Logiquement, plus on aligne les séances de baisse, plus on augmente nos chances d'avoir une séance de hausse demain... Ou après-demain, ou après-après-demain...

 

Et puis finalement NON. Non, parce que les « mauvaises nouvelles » continuaient de faire leur oeuvre. Tout d'abord l'échec du « super-naze-committee », faisait revenir sur le devant de la scène l'éventuel probabilité d'un éventuel « downgrade » de la dette US, soit par S&P qui remettrait une couche à son downgrade de cet été, soit par un des deux autres clowns qui pourraient enfin se résoudre à descendre le pays de Martin Luther King de son pied d'estale. Même si les « agences » concernées ont plus ou moins démenti du bout des lèvres, le doute reste permis et en ce moment le doute, dans les marchés c'est un peu comme si le médecin vous disait : « j'hésite, vous avez ; soit la fièvre Ebola, soit vous êtes membre du Congrès américain, j'ai un doute »... dans les deux cas c'est une mauvaise nouvelle.

 

101640_600.jpgEnsuite, les Espagnols sont venu quémander de l'argent sur le marché et, encore une fois l'auction s'est passée à peu près aussi bien que le match de Nadal face à Federer – remettant donc une couche sur les angoisses du marché. Même si personne n'est surpris que ces « auctions » se passent mal, à chaque fois on a des frissons et les vendeurs en profitent pour en remettre une petit couche histoire de faire bon poids, bonne mesure.

 

Malgré ces nouvelles maussades, les marché européens se maintenaient péniblement dans le vert et de haute lutte. Probablement parce que notre guide à tous, l'euro-$ ne parvenait pas à passer sous les 1.35. 1.35 qui paraissait le dernier rempart contre la fin du monde et l'apparition de la peste buboniques dans les rues.

 

MAIS c'était sans compter les chiffres économiques. Avant d'aller plus loin, j'aimerais tout de même exprimer un état de fait que chaque personne qui fait de la bourse depuis plus de 10 jours connait, les chiffres économiques américains sont calculés avec un boulier auquel il manque des boules, ces boules qui manquent ont été remplacées par des vieux chewing-gums tout durs qui coulissent beaucoup moins bien sur l'appareil. Ce qui fait que quand le Gouvernement US (Ô-Ô-Ô can you see) se pointe avec des chiffres économiques comme le GDP (comme hier), il y a une 22 chances sur 9 que dans les 3 mois qui viennent, ils soient révisés à la hausse ou la baisse, c'est selon comment ça nous arrange. Donc il faut tout de même savoir raison garder quand on nous donne la première mouture de ces chiffres. En gros, un chiffre économique US a à peu près autant de valeur comme information boursière que le taux de natalité des pingouins en Arabie Saoudite. Cependant il est courant que l'investisseur aime se faire peur avec ces chiffres...

 

Ce fût le cas hier. Le GDP est sorti. NETTEMENT en dessous des attentes, on attendait 2.5% il est sorti à 2%. Ce qui veut dire : « AAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH ».. Ce qui veut dire aussi que l'on va avoir une révision de ce chiffre à la hausse (ou à la baisse selon les besoins) d'ici le prochain trimestre. Mais comme en ce moment le Hedge Fund moyen vit dans le moment présent et applique le moto « Carpe Diem » à la lettre, les vendeurs ont repris leur droits et plombés le marché. Le mettant sous l'eau et en territoire négatif pour la journée.

 

Le reste de la cession ne fût que rage et désespoir, avec des indices qui hésitaient entre un peu négatif ou beaucoup négatif, puisque c'est les seuls choix qui nous restent en ce moment.

 

Ensuite je vous passe les détails sur le CEO d'HP qui prévenait les analystes de ne pas être trop « positifs » pour les mois à venir étant donné que ça allait être très dur... Sans compter que l'ex-star du marché (Netflix ) a encore emprunté de l'argent via un convertible, laissant penser que la trésorerie ne va pas si bien. Que le FMI a bien tenté d'envisager la possibilité de lancer une ligne de crédit pour l'Europe, chose qui partait d'un bon sentiment sauf que cette ligne de crédit serait dépendante de l'accord des USA, chose qui semble de loin pas gagnée. Il y avait aussi les minutes du dernier FOMC Meeting qui laissaient entendre que certains directeurs de la FED seraient enclin à plus de stimulus de la part de la FED. Ceci partant d'un bon sentiment, mais sachant que les taux sont au plus bas, que les QE's successifs ne nous ont pas amené très loin et que l'opération TWIST est plus drôle qu'autre chose, on se demande ce qui reste comme arme à la FED. Mis à part envahir la Chine et leur voler leurs réserves d'or, on voit assez mal la solution.

 

Bref, la journée fût pourrie. Peut-être même plus.

 

MAIS il restait toujours le « safe-haven ». Mais oui, vous savez ce machin jaune tout brillant qui ne sert pas à grand-chose si ce n'est faire des bijoux et mettre sur les gâteaux au chocolat dans les grands-restaurants, l'or. Bon, c'est vrai pour le moment il ne sert pas à grand-chose, mais au rythme où ça va, dans quelques mois ça sera la seule monnaie d'échange pour pouvoir acheter 20 kilos de bonbons et 17 kilos de M&M's pour combler la dépression économique et la dépression tout court dans laquelle nous serons. Donc, l'or ne devrait pas baisser. Et pourtant. Quand on est dans des marchés comme ça, la seule chose qui semble intéresser l'investisseur moyen et pas moyen, c'est le cash, surtout les Deutsche Mark. Hier fût donc une journée « si-tu-ne-baisses-pas-tu-n'est-pas-une-vraie-asset-class ». Ce matin l'or est à 1708$, bien loin de ses 2'000 prévus dans les 5 semaines à venir.

 

111122_Supercommittee2_t618.jpgEn même temps ce n'est pas le seul, entre l'or qui doit aller à 2'000 d'ici que 2011 tire sa révérence, le pétrole qui doit aller à 135$ et le marché qui doit juste monter, ce n'est pas gagné, mais alors pas du tout. A mon sens il faudrait que l'on ferme les marchés jusqu'au 2 janvier. Ça ne ferait de mal à personne. Ah, au fait le pétrole se fait taper dessus AUSSI, parce que, forcément, quand on voit la gueule du GDP, on se dit que l'économie va mal. Et si l'économie va mal, qui va bien vouloir faire le plein de sa voiture, hein ? Qui ??? Le WTI est à 96.72$ et le Brent est à 108.02$.

 

Pour ce qui est des indices, je vous laisse vous délecter des données ci-dessous :

 

Dow Jones 11494 -0.46%

S&P500 1188 -0.41%

Nasdaq 2521 -0.07%

Londres 5207 -0.30%

Paris 2871 -0.84%

Francfort 5537 -1.22%

Milan 14286 -1.54%

Madrid 7905 -1.45%

SMI 5447 -0.54%

 

Et puis ce n'est pas tout !!! Rassurez-vous la coupe n'est pas encore pleine, il y a encore plein de mauvaises nouvelles à venir. D'ailleurs pas plus tard que ce matin, alors que l'on continue de s'angoisser sur l'éventuelle mort annoncée du triple A français, les chiffres économiques chinois qui ont été publiés ce matin ont démontré que le seul pays qui pouvait être considéré comme le sauveur du monde en recapitalisant tout l'Eurostoxx 50 et le S&P500 commençait également à être dans la panade. Les chiffres économiques chinois qui ont été publiés ce matin, le « purchasing manager index » pointe à 48 contre 51 en octobre. Ce n'est que trois points plus bas, mais le problème c'est que pour les économistes, dès que tu passes sous les 50, tu passes de dé-contraction économique à « contraction ». En gros ça pue... Et puis le journal Caixin rapporte également que China International Capital Corp estime que la première partie de 2012 verra augmenter drastiquement le nombre des crédits pourris. C'est bien en Chine tout va plus vite. En l'espace de 3 ans ils nous aurons cummuler le crash de 87, l'effondrement du LTCM, la crise asiatique et russe en deux semaines le gonflement et le dégonflement de la bulle de 2000 en six mois, le 11 septembre et maintenant ils nous lancent le subprime et les crédits pourris. Normalement dans 3 mois, ils sont en récession et en mars 2012 on va découvrir qu'ils sont surendettés et que les chiffres ont magouillés pour qu'ils puissent rentrer dans l'Europe...

 

Néanmoins, la bonne nouvelle de ce matin aide bien le marché à se reprendre. Heureusement que les Japonais sont fermés, ça leur évite de baisser. Par contre Hong Kong plonge de 1.85%, Sydney de 1.54%, alors que, comme d'habitude les premiers concernés semblent se moquer de ce qui se passe, puisque Shanghai n'est en baisse « que » de 0.32%.

 

Dans les dernières nouvelles on a appris hier soir que la FED allait entamer une série de « stress test » afin d'évaluer la capacité des banques américaines à résister, entre autre, à la détérioration de la situation en Europe. Même les ricains s'y mettent. C'est vrai que nous en Europe les « stress tests » auront été un succès sans précédent. On voit bien comment les banques résistent en cette période tendue, de vrais rocs... I-N-D-E-B-O-U-L-O-N-N-A-B-L-E-S...

 

Côté résultats, TiVO a annoncé une perte qui se creuse et des coûts qui augmentent, mais comme au final c'est « moins pire » que les attentes des stars de la finance, le titre rebondit (lui) le 6% après la clôture. Comme quoi dans ce marché il vaut mieux laisser croire au marché que vous êtes au bord de la faillite, comme ça les attentes sont tellement pourries que c'est facile de faire mieux. Et puis au chapitre des résultats, la saison touche gentiment à sa fin, les dernières compagnies viennent publier leurs chiffres. Cette après-midi ça sera au tour de John Deere qui viendra publier, forcément quand tu viens publier tes chiffres en tracteur, c'est normal que tu viennes fin novembre.

 

101588_600.jpgAprès 7 ans de bataille juridique, Merck va enfin clore le dossier VIOXX, ce médicament anti-douleur qui enlevait les douleurs en arrêtant le coeur avait été retiré du marché en 2004. Depuis, Merck avait déjà payé près de 4.85 milliards en procès et dommages, mais aujourd'hui ils devraient pouvoir en finir avec un accord final de 950 millions de dollars. Une broutille. Côté emploi, on continue de battre des record à Wall Street. C'est officiel, le monde merveilleux de la finance en short a mis à la porte plus de 200'000 personnes, le record officiel de 2008 est donc battu et le 174'000 licenciements de l'époque sont relégué aux livres d'histoire.

 

L'IPO du mois, Groupon est en train de rejoindre rapidement la longue liste des IPO qui valent mois que leur prix d'émission dans le mois qui suit. Après avoir été émise début novembre, le fournisseur de « deals » se retrouve à 3 cents des 20$ qui avait été demandé aux nouveaux actionnaires le premier jour de quotation. Les 26$ des premières heures semblent bien loin. Et si hier le titre a perdu plus de 15% sur aucune nouvelle, les éternelles rumeurs négatives qui circulent sur la compagnie commencent à prendre le dessus. De plus en plus de monde commencent à se poser des questions sur le management et la capacité à gérer le cash sans le brûler pour se chauffer pour l'hiver. En tous les cas, ceux qui ont cru à l'IPO dès le début vont commencer à perdre de l'argent pas plus tard que ce soir.

 

Quand ce n'est pas Roubini, c'est El-Erian. Le patron de PIMCO, plus gros gérant obligataire du monde a parlé hier. Et pour être franc il aurait gagné du temps en se présentant habillé d'une peau d'ours avec les mains dans un pot de miel. Les mots « économie terrifiante » et « 50% de chance de récession » auraient être pire si il avait ajouté les mots « tempête du siècle » en plus. Il ne l'a pas fait, mais d'autre s'en sont chargés. En gros selon lui nous allons directement dans le mur sans passer par le «start » et seul un miracle pourrait nous en sortir. En revanche, quelle forme pourrait prendre le miracle ? Il ne l'a pas expliqué explicitement. Mais je pense que si la planète Mars faisait un bail-out de la planète terre ce serait une bonne solution. En tous les cas, si les extras-terrestres existent et si en plus ils ont du pognon et sont en croissance, c'est le moment de se faire connaître..

 

Pour le reste de la journée, étant donné le cas de la Chine, il semble possible que nous alignons une nouvelle séance de baisse en Europe comme au USA. Mais en même temps chaque fois que la situation semble grave et désespérée, surtout désespérée, c'est ce moment-là que le marché décide d'inverser la vapeur. Alors on va bien voir.. une chose après l'autre.. Les futures US sont indiqués en baisse de 1.15% (déjà!!!) et laissent présager « d'une belle journée » et je vais me coucher comme disait l'autre...

 

Côté chiffres économique nous aurons les MBA Purchase Applications, les Durable Goods, le Personal Income, les Jobless Claims, le Consumer Sentiment les chiffres du gaz ET du pétrole et les grandes villes américaines qui se videront rapidement dans la journée puisque tout le monde retourne dans la famille étant donné que ce jeudi c'est THANKSGIVING, les USA seront fermés ce jeudi et vendredi sera une demi-journée. Autant vous dire que c'est quasiment fini pour cette semaine de l'autre côté de l'Atlantique. L'Europe se retrouve donc livrée à elle-même, obligée de se calquer sur l'euro-dollar. Quelle angoisse, ça va être passionnant..

 

Je crois que c'est tout pour aujourd'hui, il me reste à vous souhaiter une excellente journée, un bon café, très très serré et un bon litre de supradyn, le tout devrait vous aider à traverser cette journée qui s'annonce encore une fois au-delà du génial...

 

Moi je vous retrouve demain pour parler dinde et marchés financiers. Excellente journée.

 

Morningbull

 

"Police in New York City cleared Zuccotti Park of the Occupy Wall Street protesters. Why don't we let them occupy basketball arenas around the countries. We're not using them." –Jay Leno

 

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vendredi, 18 novembre 2011

Le marché ne baisse pas, il tombe avec grâce (pour être poli)

 

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Comme prévu, la liste s'allonge et le découragement s'installe à Wall Street et ailleurs dans les salles de trading. Quelque part c'est positif, ça sent la capitulation. Mais en attendant, ce n'est pas simple de reste motivé et de trouver des choses intéressantes dans ce qui se passe. Tout d'abord il faut noter, comme je le lisais ce matin dans un journal américain, que le marché est « schizophrène », du coup j'ai lu la définition de « schizophrène » sur wikipédia. Il faut reconnaître qu'il y a bien quelques similitudes, surtout quand l'on parle de « paranoïa », mais c'est peut-être un poil exagéré parce que si le marché était « schizophrène », on pourrait le soigner, lui filer des médicaments et éventuellement l'interner dans un hôpital, d'ailleurs l'internement me paraît peut-être une bonne solution...

 

Tout ça pour vous dire que, je ne sais pas si le « marché » est schizophrène, psychopathe, bipolaire ou juste enrhumé, ce que je peux vous dire c'est qu'en ce moment il est complètement taré. Il est vrai qu'il n'est pas simple de trouver sa voie en ce moment, les nouvelles sont mauvaises et même quand elles sont bonnes, on a tendance à se méfier, ne pas y croire ou simplement ignorer le fait que la nouvelle puisse être éventuellement bonne. Non, en ce moment la nouvelle est mauvaise ou ce n'est pas une nouvelle. De toute manière la seule chose qui nous intéresse, c'est le rendement des dettes souveraines européennes et éventuellement quelques décisions politiques, mais comme les politiques ont disparus de la circulation ou presque puisque les seules déclarations que l'on entend c'est Nicolas Sarkozy qui s'inquiète de la capacité de sa femme à pouvoir allaiter suffisamment longtemps, ce n'est pas avec ça que l'on va se rassurer...

 

En attendant je-ne-sais-quelle-solution-miracle, les indices sont complètement tétanisés et ne savent plus à quoi se raccrocher.

 

La séance d'hier a été phénoménale à observer. Pendant la plupart de la matinée nous sommes restés scotchés sur le comportement de l'euro-$ (encore), je vous jure qu'à chaque mouvement, même infinitésimal, les indices européens bougeait dans la même amplitudes. Plus personne ne traite les actions de manière individuelles, on ne s'occupe plus que de faire de « l'indicielle », on balance des paniers d'actions contre des futures, bref de l'arbitrage bien chiant et inintéressant au possible. Je ne crois pas avoir récemment entendu quelqu'un venir me parler d'une « belle histoire » sur une action ou des bons résultats d'une société, non, tout le monde se concentre sur les rendement de la dette souveraine de l'Italie, de l'Espagne et tout récemment de celle de la France. Il n'y a pas si longtemps je n'aurait même pas été capable de trouver cette donnée sur Bloomberg et maintenant c'est devenu une information presque plus importante que le comportement du S&P Future. Plus important en fait !!!

 

101256_600.jpgBon, il faut dire qu'hier matin l'Espagne ET la France faisaient appel au marché obligataire pour se refinancer. Les deux « auctions » furent moyennement souscrites mais surtout à des taux relativement élevés. Ce qui laisse penser que « l'effet domino » est en marche. Après la Grèce et l'Italie, c'est au tour de l'Espagne de passer à la casserole – comme prévu. Hier le rendement de la dette était à 6.975%, soit juste en dessous de la zone des 7, qui est considérée comme LA ZONE DE NON-RETOUR... La zone à partir de laquelle le pays en question à BESOIN d'aide... Pour l'instant on n'y est pas encore, mais les 7% ne sont pas loin. C'est un peu comme les dates de péremption, vous pouvez manger votre cassoulet jusqu'à la date indiquée sur la boîte, après le 18.11.2011 à minuit, le fabricant ne répond plus de rien. Eh ben les rendements obligataires c'est pareil. A 6.975%, ça va, c'est dur, mais on fait aller. Par contre vous passez les 7%, alors là c'est la fin, les sirènes, les feux bleus et il faut appeler à l'aide la BCE ou virer le premier ministre, c'est selon.

 

En ce qui concerne l'Espagne, vu qu'elle doit voter ces prochains jours, le sujet du premier ministre ne devrait pas se poser, puisqu'il est déjà virtuellement dans la rue, la semaine prochaine il pourra rejoindre les indignés à la Puerta del Sol.

 

A voir ce qui s'est passé, les intervenants se sont donc dit que l'Espagne était probablement le prochain « problème » sur la route – je ne vais pas dire que je vous l'avait dit en début de semaine, mais sachez que j'y pense – et puis, en regardant la tête des rendement que la France offre aujourd'hui, il n'y avait pas besoin d'avoir fait médecine pour savoir que c'était la porte ouverte à toutes le fenêtres pour attaquer la France dans les jours à venir et cette fois les américains ne seront pas là pour faire le ménage...

 

Bref, l'ambiance était pourrie le matin, glauque pendant les auctions, dubitatives après et un peu meilleurs ensuite parce que « la rumeur du jour » était lancée. Et hier, la rumeur voulait que la BCE était en train de monter une usine à gaz avec le FMI pour pouvoir augmenter la taille de l'EFSF et pouvoir ainsi sauver le monde, tel le « Capitaine Flam » qui descend de son beau vaisseau intersidéral... Oui, sauf que ce bouffée d'espoir a été rapidement écrasée à coup de talons germaniques qui démentaient cette éventualité. D'ailleurs je profite de cet intermède pour le demander publiquement ; « IL SERT A QUOI CE FONDS EFSF ??? », non parce que depuis qu'il a été créé augmenté, leveragé et triple-A-tisé par les organismes de rating, on à l'impression qu'il ne sert à rien, puisque tout part en vrille et que l'annonce du 26 octobre n'est même plus dans les livres d'histoire...

 

Enfin, hier la question n'était pas de savoir si le fonds EFSF servait à quelque chose ou est-ce qu'il était comme le monstre du Loch Ness, une légende, mais plutôt de savoir si New York allaient nous sauver la journée ou pas.

 

Ça aurait pu.

 

Ça avait même bien commencé puisque les chiffres économiques continuent d'être relativement « bons » aux USA, ils sont un peu mous, mais ils sont  « moins pire » qu'avant et surtout l'immobilier donne des signes de vie depuis son coma profond, ce qui pourrait, à terme, nous laisser croire que la reprise économique américaine n'est pas une légende mais une réalité.


101298_600.jpgEt puis, une fois les chiffres sortis, le marché US à commencé à regarder ce qui se passait en Europe. Alors que l'Europe regardait ce qui se passait aux USA. Tout à coup, vers 16h30 hier j'au pu capter un moment rare. Un peu comme le photographe animalier qui se planque dans la savane toute la journée pour regarder une lionne qui se laisse approcher par un bébé antilope afin qu'il puisse s'allaiter ayant perdu sa mère trois jours avant. Un moment exceptionnel, une lionne qui offre son lait à un herbivore, des images magiques... Même si on sait tous que la lionne veut juste l'engraisser et le garder sous la main pour le bouffer à Thanksgiving... Hier j'ai donc capté un moment rare.. pendant 20 minutes il ne s'est rien passé sur les indices du monde entier, je reste persuadé que le Dow Jones et le S&P500 observaient les indices européens du coin de l'oeil en se disant : « dès qu'ils bougent, on fait comme eux !! » et de l'autre côté, il y avait nous qui regardions les indices US en se disant : « dès qu'ils bougent on fait comme eux »...

 

Pendant de longues minutes on s'est regardé, les indices dans les indices, personne ne bougeait. En arrière fond sonore il y avait la musique d'Il était une fois dans l'Ouest et Charles Bronson jouait de l'harmonica assis par terre dans un coin de la pièce..

 

Le suspens était insoutenable.

 

Et puis tout d'un coup, un trader américain a glissé sur son clavier, passé un ordre de vente par erreur et tout le monde à commencé à se dire que les rendements des dettes européennes étaient vraiment trop pourris, que l'on ne s'en sortirait jamais et qu'il valait mieux tout vendre – et quand je dit TOUT vendre, ça veut dire actions, obligations européennes, or, argent, platine, panse de brebis farcie, quartier de porc, jus d'orange de Floride et surtout PETROLE... Le sell-off était enclenché et les dernières heures de trading à New York n'allaient être qu'une longue descente aux enfers. Tout le monde vendait tout et achetait du 10 ans américains qui semble être le nouveau safe have, même l'or ne suffisait pas pour jouer ce rôle, puisque « Goldeneye » s'est quand même pris 50 dollars dans le lingot hier. L'once s'échange à 1723$ et le baril de pétrole est de retour sous les 100$. Ce matin pour en obtenir un seul (de baril), il vous en coûtera la modique somme de 98 dollars et 63 cents.

 

La journée s'en donc terminée en eau de boudin. Plus personne ne veut plus rien et plus personne ne FAIT plus rien. Les volumes sont en train de devenir anecdotique et puis même le sell-off d'hier semble n'intéresser personne puisque si l'on en croit les personne interrogées hier soir, c'est la faute à personne.. PERSONNE n'a vendu hier soir, c'est juste que personne n'achetait non plus. Une personne est même allée jusqu'à mentionner le fait que cette vague de vente est à coller sur le dos des machines, des automates qui ont simplement déclenché une vague de vente. C'est bien, je vois qu'en 2011 on a vraiment rien appris du passé... Je pense qu'à la place d'occuper Wall Street, je vais lancer un mouvement pour interdire les ordinateurs qui traitent à la place des traders.. C'est un peu comme les avions, on n'a plus vraiment besoin de pilote de nos jours, mais est-ce que vous monteriez à bord d'un avion si vous savez qu'il n'y a pas de pilote ??? Moi je vous le dit, Skynet est en train de prendre le pouvoir.

 

Pour hier soir, on va dire que c'est la faute des machines, ça nous donnera une excuse pour râler...

 

Dow Jones 117711 -1.13%

S&P500 1216 -1.68%

Nasdaq 2588 -1.96%

Londres 5423 -1.56%

Paris 3010 -1.78%

Francfort 5850 -1.07%

Milan 15198 -1.43%

Madrid 8271 -0.40%

SMI 5644 -0.72%

Tokyo 8374 -1.25%

Hong Kong 18476 -1.81%

Shanghai 2541 -1.48%

Sydney 4250 -1.72%

 

101305_600.jpgCe matin c'est la bonne ambiance en Asie, entre l'Europe qui s'est faite décalquée après la clôtures des asiatiques hier et les USA qui se sont fait allumer par des machines hier soir. Depuis l'ouverture de tout à l'heure, l'ambiance en Asie n'est pas rose, elle est plutôt morose... pas besoin de vous faire un dessin les raisons de la baisse sont les mêmes que partout. C'est l'effet boule de neige, la baisse appelle la neige, mais là, ça comme à être fatiguant.

 

Dans les nouvelles du jour, il y en a bien quelques unes, mais autant vous prévenir d'abord ; le seult truc qui peut peut-être nous faire bouger, c'est une intervention massive de la BCE via le FMI ou via la Banque Centrale Iranienne ou depuis je ne sais où mais UNE INTERVENTION.. il est temps que la BCE enfile le maillot rouge-orangé de Pamela Anderson et court se jeter dans les vagues pour récupérer ce qui est récupérable des marchés financiers. On se contenterais également d'un communiqué de presse de la part des LEADERS européens qui irait dans le sens d'un sauvetage, même juste pour nous dire que tout est sous contrôle, on serait preneurs.

 

Côté résultats trimestriels, il faut retenir les excellents chiffres de la compagnie de sécurité sur le net, Blue Coat, c'était nettement meilleur que les attentes et le titre prenait 20% after close, c'est ce que l'on appelle une « bonne journée » pour Blue Coat. En revanche un peu de déception chez Salesforce.com, le titre reculait de 5.7% après l'annonce de leurs chiffres. Et puis chez Marvell, les semiconducteurs sont toujours à la fête, l'action saluait l'annonce et progressait de 3.2%.

 

Autre nouvelle intéressante, je suis tombé sur un article qui propose de « shorter » les valeurs bancaires européennes quel ne fût pas mon étonnement sachant que les Gouvernements ont interdit de vendre les actions financières à découvert en Europe. Et bien aux USA il y a un ETF qui « traque » le secteur des financières européennes. Et celui-là, vous pouvez le shorter... C'est beau la finance, tout est toujours possible, je serais les Gouvernements je péterais un câble et je sanctionnerais violemment ce genre de pratiques, mais bon... Je ne suis pas un Gouvernement fort heureusement, quoi qu'à ce rythme-la, je vais bientôt me lancer dans la politique.

 

Amazon.com prépare un téléphone mobile pour 2012, apparemment tout le monde s'y met. Peut-être que les banques devraient faire de même, ça pourrait être une diversification du business alors que l'UBS annonce qu'ils veulent se recentrer sur le Private Banking en redimensionnant la banque d'affaire. Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve que les « top-managers » manquent parfois d'imagination, parce que les changement de stratégies et de structures frisent le mouvement perpétuel. Dans une banque dans laquelle j'ai eu le malheur de travailler il y a quelques années, en l'espace de quelques années ils avaient pratiquement réussi à faire tout et son contraire pour revenir à la case départ et recommencer la même stratégie qu'au début tout en déclarant que «cette fois c'est la bonne et c'est sûr, c'est révolutionnaire... »... Le truc qui est bien c'est qu'avec ce genre de vision, tu peux garder les présentations « power-point » pour dans deux ans et changer les noms dans les cases...

 

Pour le reste, je pourrais bien vous trouver deux-trois nouvelles comme quoi Boeing a engrangé sa plus grosse commande (21 milliards avec Lion Air, pour 230 BA-737), que le Barron's aime bien McDonald's et que McDonald's aime bien les policier, je pourrais aussi vous dire que l'on attend toujours de voir la BNS monter le plancher de l'Euro-suisse et que l'on attend que VW mette enfin la main sur Porsche..et que le patron de GM pense que la crise européenne est bien pire que la bulle des subprime, mais pour être franc, le seul truc qui intéresse les intervenants c'est les rendements de dettes européennes et un éventuel miracle qui pourrait se produire, sauf que plus personne ne sait quelle forme pourrait prendre ce miracle. Harry Potter, c'est fini, Copperfield on ne le voit plus, Sarkozy allaite, Merkel patauge dans la politique intérieur allemande essayant de contenter ses électeurs sans se fâcher avec toute l'Europe, Obama est en Californie, du coup si Warren Buffet, Bill Gates et Carlos Slim voulaient bien se donner la main, il y aurait peut-être un peu d'espoir.. Mais force est de constater que le dégoût est en train de prendre le dessus dans la tête des intervenants...

 

En signe de solidarité, si ce soir je gagne à l'Euromillions, je veux bien acheter de la dette Espagnole.

 

111117_Flavor_of_the_Month_t618.jpgCette après-midi ce sera mince en terme de chiffres économiques, puisqu'il n'y aura que les leading indicators. Pour l'instant l'Asie est toujours au fond du bac, les futures US sont en baisse de 0.15%, mais il reste deux bonnes nouvelles ; tout d'abord ce matin j'ai pensé à changer le titre de mon blog pour l'intituler « Morningbear », ce qui symptomatique d'un rebond en général et EN PLUS, je ne suis pas là jusqu'à mercredi puisque je m'absente 4 jours.... En général, ça marche à tous les coups, si je ne suis pas là, ça monte. Le trade du jour c'est donc de charger les portefeuilles en LVC (tracker double long sur le CAC40) et de revendre le tout mardi matin en milieu de matinée.. quand je reviens au bureau...:-)

 

D'ici là, je vous souhaite une excellente journée, un très bon week-end et on se retrouve mercredi prochain pour disserter sur la dinde de Thanksgiving et et le fait qu'historiquement les marchés montent entre le BlackFriday d'après la dinde et le 1er de l'an...

 

A bientôt..

 

Morningbull

 

"They had a midnight raid and they cleaned out Zucotti Park where the Occupy Wall Streeters were camped out for about two months. So if you're keeping score, here's what the score is now: Eighty down in Zucotti Park; Wall Street executives arrested: Zero." –David Letterman

 

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jeudi, 17 novembre 2011

J'hésite entre la boisson et les antidépresseurs, quoique les deux mélangés...

 

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Ce matin je dois dire que j'ai mis du temps pour mettre mes idées en place rapport à ce qui s'est passé hier. J'avoue que ma réaction et mon sentiment est un mélange d'énervement, de fatigue et d'exaspération. En lisant et en relisant les résumés et les bilan de la séance d'hier, je pense que l'on peut largement diagnostiquer un « trouble du déficit de l'attention », le marché est malade et visiblement ce n'est pas près de guérir. Vous me direz que « ça on le savait depuis longtemps », mais en plus de cela, durant la séance d'hier, ce n'est pas des médecins que l'on a envoyé, mais plutôt des conspirateurs qui n'ont pour but que d'empirer ce qui est empirable...

 

Mais essayons de prendre les choses dans l'ordre, histoire de s'énerver sur les bonnes personnes au bon moment.

 

Tout d'abord quand je vous ai quitté hier matin, la fin du monde était proche et l'Asie ne voulait pas remonter tellement les craintes au sujet de l'Europe étaient importantes. On avait la boule au ventre en pensant qu'éventuellement peut-être, Mario Monti serait incapable de rallier suffisamment de monde pour créer son gouvernement, donc dans le doute on vendait tout ce qui nous passait sous la main et le début de journée en Europe paraissait plus que compromis. Et pourtant.

 

Oui, comme d'habitude dans ce marché si il y a un adage qui fonctionne bien c'est celui qui dit « Quand c'est évident, c'est évidemment FAUX »... Essayez, vous verrez, ça marche. Ok, ça ne marche peut-être pas en physique quantique, mais par contre en « marchés financiers de professionnels », je vous jure que ça marche vachement mieux que les recommandations de stratégistes.

 

Donc l'Europe est donc parvenue à limiter la casse et faisait même preuve d'une belle résistance, malgré les doutes émis par de plus en plus de monde. En fait en ce moment c'est hyper-tendance d'avoir des opinions destructrices et très très négatives sur l'Europe. Même si vous donnez dans l'excès de catastrophisme, c'est très populaire. Entre deux Ferrero Rocher dans les soirées de Monsieur l'ambassadeur, je vous assure que si vous glissez à la femme du-dit ambassadeur ; « vous savez, je pense que l'Europe ne s'en sortira pas de cette crise et que bientôt l'on mangera des rats et fuirons la peste bubonique en Europe et surtout en Italie et en Grèce »... Vous verrez, ça fait hyper-classe, presque aussi classe que d'arriver avec le smoking en kevlar et l'Aston Martin. Enfin hyper classe jusqu'à que vous vous souveniez que l'ambassadeur en question est l'ambassadeur grec, mais ça, c'est une autre histoire...

 

Donc hier, on avait PEUR que la méthode Monti ne fonctionne pas. Plus tard dans la journée on apprenait que le nouveau gouvernement était formé, packagé et emballé, mais c'était trop tard, on n'en avait plus rien à faire depuis longtemps, puisqu'entre deux, Moody's était sorti de sa cage pour venir faire son « off shit » meeting du mois. Un « off shit » meeting de Moody's c'est quand ils décident de venir tous ensembles (les analystes maison) et de faire plusieurs downgrades en même temps... Histoire de bien capter l'audience... Ils ont commencé la journée en attaquant la Raiffeisen en Suisse, globalement la plupart des marchés anglo-saxons s'en fichent éperdument car d'abord ils ne savent pas vraiment où se trouve la Suisse, Verbier oui, mais la Suisse c'est moins évident et puis ensuite ils arrivent pas à prononcer le mot « R A I F F E I S E N » ... Mais bon quand même pour nous, ça fait bizarre parce que dans le commun des mortels en Suisse (dans les gens qui font pas de la banque) c'est la seule banque en qui on a confiance en ce moment...

 

Puis après l'échauffement sur la RAIFFEISEN SUISSE, Moody's a continué son pensum dans les financières en s'attaquant aux banques régionales allemandes, dowgradant tout ce beau monde parce qu'ils ont peur qu'en cas de fin du monde le Gouvernement Merkel ne les soutiennent plus. Voilà deux nouvelles pas très importantes à la fin, mais juste pour montrer que le 16 novembre était un jour placé sous le signe de la stupidité des dés-organismes de rating. On allait le voir plus tard.

 

Puis, au chapitre petites nouvelles qui font plaisir et qui vous remplissent de bonheur ET qui vous donnent envie de vendre femme, enfants, chien et vélo électrique pour acheter des actions, il y avait la banque d'Angleterre qui était de sortie n'a rien trouvé de mieux que d'annoncer que ses prévisions pour les 12 mois à venir étaient plus que conservatives et que ça serait très dur. Ils n'ont pas parlé de maladies contagieuses et de devoir manger des rongeurs, mais il se pourrait que quelques citoyens de sa gracieuse majesté doivent renoncer à se déplacer en Audi R8, Lamborghini Aventador, Ferrari FF ou autre Bentley Continental GT, il serait donc bon que les britanniques vérifient si ils savent toujours monter à cheval et si la calèche de grand-maman qui est au fond de la remise marche encore. De plus, les vacances ski-bar et de ski-bière à Verbier ou autre contrée telles que Chamonix, sont déconseillées pour les deux prochains hiver.

 

En gros la banque d'Angleterre et peu encourageante pour les mois à venir. En même temps j'étais à Londres il y a deux semaines, quand il faut faire la queue pour boire un café, la queue pour manger un énorme gâteau chez Harrod's, qu'il faut se battre pour y acheter des jouets que la moindre télé est à 7'000 £ et que Nobu est plein a craquer le dimanche à midi, sans compter que la moindre caisse qui n'est pas un taxi vaut 150'000£ on peut se dire qu'il y a encore de la marge.. Mais bon, apparemment la BOE n'est pas d'accord... Prudence donc. L'annonce tout en douceur des britanniques à tout de même coûté 100 point à l'indice londonien et poussé deux-trois Hedge Funds à se demander si l'Angleterre n'était peut-être pas, finalement, membre de l'Europe.. Le doute était permis.

 

Au passage, il faut aussi retenir les déclarations des Premier Ministres de l'Irlande et de la Grèce, tout deux des experts de la situation économique, qui estiment que le fonds EFSF n'est pas suffisant et qu'il serait bon de secouer les puces pour l'augmenter. C'est surtout les puces des allemands qu'il faudra secouer, parce que tout d'abord c'est eux qui payent et ensuite c'est à peu près les seul qui peuvent payer. La France elle ne fait que fournir les locaux et faire le chauffeur. Mais les allemands craignent tellement que des éventuelles mesures de stimulus puissent enclencher la terrible marche en avant de l'inflation qui vont encore rechigner un moment, inflation qui leur fait plus peur que de se retrouver dans le même groupe que la France à l'Euro 2012. Bon, en même temps, tant que l'Europe dans sa globalité est sous l'eau et que l'Allemagne est la seule qui a le pouvoir, ça laisse des perspectives intéressantes...

 

Dans la foulée de toutes ces bonnes nouvelles, le marché américain à ouvert dans une ambiance teintée de méfiance et de doutes, pourtant quand on regarde les chiffres économiques de l'autre côté de l'Atlantique, il n'y a pas grand-chose à redire, on pourrait même dire qu'il semblerait qu'un coin de ciel bleu est en train de se dessiner outre-atlantique. Alors oui bien sûr je ne dis pas que les indignés de Wall Street seront bientôt logés au Waldorf Astoria et au « Pierre », mais quand même, il y a l'air d'avoir un petit mieux qui pointe le bout de son nez.

 

101224_600.jpgPourtant on n'en a pas profité la moindre puisque l'intervenant moyen n'arrête pas de rebondir de mauvaise nouvelle en mauvaise nouvelle, c'est bien plus marrant semble-t-il... D'ailleurs sur Bloomberg TV hier ils ont invité Willem Buiter, chef économiste de Citi. Ce dernier a donné une interview assez bien structurée estimant qu'il serait bon que la BCE se sorte les pouce du cul et agisse avant qu'il ne soit trop tard. Selon lui c'est la seule solution pour sauver le monde libre et qu'il faut arrêter de craindre que ces interventions soient inflationnistes, que ces craintes ne sont dues uniquement au fait que la BCE est la descendance directe de la Bundesbank et qu'ils ont la trouille de l'inflation comme un chat de l'eau... Néanmoins Buiter estime que solutions il y a, mais qu'elles doivent être prises rapidement. Ci-dessous vous trouverez la vidéo et le résumé écrit. Si vous êtres français, ne lisez pas le chapitre au sujet de la France.

 

http://www.bloomberg.com/video/80559810/

 

http://www.businessinsider.com/must-watch-citis-willem-bu...

 

A ce moment là, le marché n'était pas en super forme, mais on tenait les 12'000 sur le Dow Jones et il y avait de l'espoir, en tous cas un espoir de consolidation.

 

C'était sans compter que c'était la journée des « organismes de rating » et que Fitch avait prévu un plan de bataille. Après que tout le monde chez eux se soient chargés en puts et autres instruments pour jouer la baisse des marchés, ils ont annoncé que « les banques américaines sont en relative bonne santé, qu'ils ont des expositions en Europe, dans des pays comme la Grèce, l'Italie et les autres, y compris le Japon – oui le Japon c'est pas en Europe mais avec les américains on n'est jamais très sûrs – mais ces expostions sont 'gérables' »... Jusque-là, vous noterez le ton de la « BONNE NOUVELLE LES OISEAUX CHANTENT DANSONS SUR LA TABLE »... mais il y a une suite..

 

La suite c'est : « En revanche si l'on ne règle pas le problème de l'Europe rapidement, les bancaires américaines vont s'en prendre plein les dents et PAS QUE LES DENTS »...

 

Et là, la bonne nouvelle était reléguée au rang de maladie contagieuse... Les craintes de l'Europe resurgissaient, la panique s'emparait de Wall Street et on se plantait de 2% en 1 heure histoire de bien finir la journée... Où comment foutre en l'air une séance de bourse en ne disant que des choses que l'on sait déjà. Les intervenants ne sont pas surpris de l'annonce en soit, c'est juste que la vérité ne fait pas plaisir à entendre... Fitch n'ayant rien dit de nouveau, ni downgradé quoi que ce soit, ils auraient fermé leur gueule, tout le monde s'en serait contenté. Fitch a donc enfoncé une belle porte ouverte ; l'Europe « pourrait » être contagieuse et l'antilope court moins vite que le guépard...

 

Et pour conclure, alors que l'économe va mieux, le baril de pétrole passait la barre des 100 sur le WTI, ce qui est une super-nouvelle puisque ça veut dire que l'économie va mieux – sauf pour ceux qui ont un autre voiture qu'une prius – mais qui dit baril à 100, dit WARNING-WARNING-WARNING potentiel ralentissement de la croissance devant nous !!! Ce matin le baril est à 102.24$, mais on va en reparler... L'or est à 1762$, inchangé. Même pas un petit poil de safe haven pour l'or.. mais ça peut venir encore.

 

Dow Jones 11906 -1.58%

S&P500 1237 -1.66%

Nasdaq 2640 -1.73%

Londres 5509 -0.15%

Paris 3065 +0.52%

Francfort 5913 -0.33%

Milan 15419 +0.80%

Madrid 8304 +0.81%

SMI 5685 + 0.37%

Tokyo 8457 -0.07%

Hong Kong 18793 -0.88%

Shanghai 2583 -0.03%

Sydney 4326 +0.29%

 

Ce matin l'Asie poursuit sa décorrélation du reste monde, puisque depuis deux-trois séances, les marchés du far-east ne paniquent plus quand le USA le font et renoncent parfois à monter après une belle séance de Wall Street. Il est un peu tôt pour en tirer des conclusion, mais l'emprise américaine semble moindre sur la région depuis une semaine. Que les ricains se rassurent en Europe ont est encore incapables d'aller faire pipi sans leur demander. Depuis l'ouverture de tout à l'heure les marchés ne sont pas ce que l'on pourrait qualifier d'euphoriques, mais les quelques investisseurs qui sont actifs reviennent sur les valorisations de compagnies et font un peu de shopping.

 

Dans les histoires à retenir, Rambus, la société de semiconducteurs qui a principalement construit son business plan autour des procès qu'ils peuvent intenter à la concurrence, et bien hier Rambus a perdu contre Micron et Hynix. Micron bondissait de 20% et plus et Rambus plongeait de 60%. Tu parles d'une pair trade. Hier matin tu étais short Rambus et long Micron, ton année était faite. Et puis après la clôture, NetApp et Applied Materials ont quelque peu déçu lors de leurs publications du trimestre.

 

101246_600.jpgA 6h30 aujourd'hui, avec la réaction de l'Asie et les futures américains qui sont en hausse de 0.4%, on a l'impression que les intervenants se disent que la réaction d'hier était quelque peu exagérée et que la déclaration de Fitch n'est pas une révolution et qu'il faudrait peut-être savoir raison garder. Il se pourrait donc que la journée commence avec des bonnes intentions et que les américains envisage de chercher la rédemption pour leur comportement d'hier soir, parce qu'en même temps, quand Fitch dira un truc de correct, de vrai et d'utile, ça se saura.

 

Pfizer a obtenu un « approval » pour un de ses médicament contre la pneumonie, ce vaccin pourrait générer 5.9 milliards d'ici 2015. Le nombre d'emploi perdu dans le monde merveilleux de la finance en 2011 est tout près de dépasser les 200'000, surtout depuis que Citi a rajouté 3'000 personnes sur sa liste au Père Noël de Coca-Cola et que BNP va supprimer 1'400 postes, visiblement toutes les banques profite de l'instant présent – carpe diem – pour faire le ménage. Même si ça ne se justifie pas toujours, des occasions comme celle que nous vivons ne se retrouve pas tous les 6 mois.Tous les 3 ans oui, mais c'est plus long. Le Barrons est positif sur la société de forage Seadrill, un bon moyen de jouer la hausse du baril qui devrait aller à 150$ au moins d'ici ce soir, sans compter que le rendement du dividende de Seadrill est de 9%, même mieux que la dette italienne.

 

Dassault vient d'essuyer encore un revers sur le Rafale !!! Caramba encore raté !! On le voyait venir depuis quelques jours, les Emirats Arabes renoncent à l'avion français qui restera (pour le moment) un avion exclusivement destiné aux français. En même temps ça fait 15 ans que cet avion « est le meilleur du monde » (pour ne pas dire CHAMPION DU MONDE) et personne ne l'achète, ça commence à devenir louche quand même... C'est 6 milliards et de brouettes de contrats qui partiront ailleurs...

 

Ce jeudi nous aurons les Housing Starts, les Jobless Claims, le Bloomberg Comfort Index – dont tout le monde se fout, d'ailleurs je n'en parlerais plus – Philly Fed, les ventes du E-Commerce et le Fed Balance Sheet ainsi que le Money Supply. De plus comme Fitch et Moody's ont parlé hier, il y a de forte chances que S&P se sente exclu du podium, attendez-vous donc à les voir arriver sur le devant de la scène avec une belle connerie à nous raconter dans les prochaines 48 heures. Je serais Sarkozy, je me ferais du souci pour mon triple A. Ça serait un bon coup de pub pour S&P, à la veille du week-end.

 

Voilààààààà... Comme vous le voyez, la journée d'hier fut passionnante. On se réjouit néanmoins que les intervenants du marché, intervenants de tous bords, soient enfin placés sous ritaline afin que le marché retrouve un peu de calme et de quiétude, histoire que l'on puisse tranquillement préparer la dinde de Thanksgiving ainsi que d'entamer la prévision des menus de Noël...

 

Moi-même personnellement tout seul, je m'en vais vous laisser vaquer à vos occupations, comme courir à la machine à cafés vous envoyer un triple « roma » serré histoire de rester éveiller et je vous retrouve demain matin pour le dernier commentaire de la semaine...

 

Bon jeudi, bonne matinée et bonne chance.

 

Morningbull

 

« A successful man is one who makes more money than his wife can spend. A successful woman is one who can find such a man. »

 

Lana Turner

 

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mercredi, 16 novembre 2011

Super Mario Monti n'est pas un faiseur de miracles !!!

 

101153_600.jpg


 

 

L'investisseur est un animal gourmand. Gourmand mais également exigeant. En général il veut tout et tout de suite, voir si possible avant. On a vu le caprice que nous font les marchés depuis quelques temps, à tel point que leur comportement erratique a même poussé des chefs de gouvernement à mettre les voiles. Pour être honnête, ils ne seront pas vraiment regrettés, en revanche ce qui nous pose problème c'est notre incapacité à comprendre que nous avons mis des années pour nous mettre dans le surendettement en pensant que la croissance et marché immobilier ne s'arrêteraient jamais de monter et là, tout d'un coup, on pense « qu'il YAKA »...

 

La Grèce va mal, le Gouvernement n'est pas capable de redresser la barre? : -YAKA le virer et ça ira mieux demain. L'Italie va mal, ils sont surendettés et Berlusconi ne bosse pas assez vite entre deux partouzes ? : -YAKA le virer et ça ira mieux demain. Le problème du surendettement est partout en Europe et personne ne faire VRAIMENT quelque chose pour que ça change ? : -YAKA tous les virer et ça ira mieux demain... Oui, sauf que pour redresser un pays et se guérir de nos mauvaises habitudes, ça prend un peu de temps... Et le marché, les intervenants, les méchants traders refusent de donner ce temps... Si Berlusconi part le dimanche, le lundi matin AVANT l'ouverture des marchés, Super Mario Monti doit avoir :

 

  1. Formé un nouveau gouvernement avec que des mecs brillants qui ont tous au moins un double masters en économie et une licence en phyisque nucléaire et courir le marathon en 4h30

  2. Qu'ils soient entrés en fonction avant 6 heures du matin

  3. Et que les premiers résultats du plan d'austérité soient visibles pour le lunch de midi

  4. Quel pays soit revenu à l'équilibre le mardi soir

  5. Si l'Italie peut gagner la coupe du monde dans l'intervalle, c'est un plus

 

Si ces conditions, en tous les cas les 4 premières ne sont pas réunies dans les délais exigés, la sanction sera sans pitié ; vente du marché des actions, défonçage de la monnaie unique européenne et vente d'obligations italiennes, ce qui aura pour but de faire monter le rendement de la dette et donc de faire peur au marché et d'accentuer les ventes d'actions, d'euros et d'obligations du reste de l'Europe avec pour but de favoriser la contagion sur les autres pays qui ne sont pas encore vraiment concernés....

 

66044892.jpgCe résumé est un peu schématique, mais pas si loin de la réalité. La patience des investisseurs quant au règlement de cette crise est extrêmement limitée et on le sent bien. D'abord dans l'absence de volumes et de réel intérêt, mais également par le manque de vision un poil plus « long terme », quand je dis long terme je parle simplement d'une semaine pas plus. Parce qu'hier en Europe ça couinait surtout parce que Mario Monti n'avait pas encore formé son gouvernement et que l'on avait « peur » qu'il ne trouve pas suffisamment d'italiens qui avaient envie de faire le boulot de « nettoyeur ». Toute la journée nous nous sommes donc concentrés sur l'Euro qui se faisait tirer dessus à balles réelles, avant de relayer notre intérêt sur les mouvements du marché américain qui s'inquiétait de notre état de santé en Europe, donc qui baissait et comme le S&P500 baissait nous avons baissé alors que le S&P500 baissait à cause de nous, mais lui, voyant que nous baissions, il a pris peur et a baissé encore... voyant cela nous n'avions nulle autre alternative que de baisser puisque les USA baissaient... Et en plus l'euro-$ continuait de s'enfoncer dans les abysses alors que plus les minutes passaient, moins Monsieur Monti n'avait de chances de former un nouveau gouvernement. La crainte de voir l'Italie sans Gouvernement encore 17 minutes de plus, devenait insupportable. Pourtant on n'était pas à 17 minutes près étant donné les Gouvernements italiens de ces 65 dernières années.

 

Bref, vous l'aurez compris, l'Europe était en mode « on va tous mourir, quittez le navire, les Hedge Funds et Goldman Sachs d'abord !!! »... Les rendements de la dette de l'Italie ont flirté toute la séance au-dessus des 7%, mais c'est également ceux de l'Espagne qui grimpent, ceux de la France, de la Belgique, etc... La panique, le stress et la tension était partout en Europe, finalement il faisait bon vivre à Genève où l'on ne parle même pas du rendement de la dette de la Confédération, nouveaux avions de chasse ou pas.

 

Mais voilà, comme d'habitude il s'est passé un truc le soir. Moi je vous le dit, on devrait déplacer l'Europe dans les mêmes fuseaux horaires que les USA, on perd un nombre de choses en allant se vautrer devant la télé ou pire, faire du sport pendant que New York vit, respire et décide du sort des marchés mondiaux... Moi, je propose que l'on installe tout le continent Européen directement au sud de New York, ou alors que l'on ouvre le marché à 15h30 comme eux et que l'on finisse de bosser à 22h... On aura au moins l'avantage d'éviter les bouchons du matin et du soir...

 

Bref, à la fin New York est remonté.

 

Et pourquoi qui sont remontés les américains ??? Eh ben parce qu'il paraît que Mario Monti serait sur le point de le former ce foutu Gouvernement Italien, mais aussi parce que les « retail sales » étaient bien meilleurs que prévu – sans compter que si l'on creuse dans le détail de ces chiffres, c'est un seul produit qui a boosté les chiffres du mois et il sert à téléphoner avec une pomme à moitié mangée dans le dos. Incroyable le poids d'un iPhone qui parle dans l'économie américaine. On notera aussi le retour en force du secteur des semiconducteurs avec une Intel en folie comme dans ses meilleures années depuis que Buffet en achète. Et puis comme quand ça monte on utilise tout ce qu'on a comme bonnes nouvelles pour nourrir le rallye, il ne faut pas non-plus oublier le fait que le parlement européen a interdit le « short-selling-à-découvert » sur les CDS des 27 pays de l'Union Européenne, rendant un peu plus difficile la tâche des gentils Hedge Funds qui voudraient éventuellement taper sur la tête d'un pays ou l'autre... La nouvelle règle rentrera en vigueur le 1er décembre, le monde merveilleux de la finance a donc deux semaines pour trouver une solution et contourner la règle.

 

Globalement nous avons donc vécu une nouvelle séance durant laquelle nous avons vu de l'espoir aux USA et de la trouille en Europe. Comme le dit BFM Radio 867 fois par jour : « Encore un marché très compliqué aujourd'hui ».. On se réjouit d'ailleurs de l'entendre dire ne serait-ce qu'une fois : « Oh là là, trop fastoche le marché aujourd'hui !!! »

 

101124_600.jpgEn ce qui concerne l'or est le pétrole, j'aimerais bien vous raconter plein de trucs intelligents, qui donneraient l'impression que j'ai lu un livre sur le sujet hier soir, mais il faut se rendre à l'évidence, sur ces deux-là, le rapport de la journée est le même que la veille. Non seulement il ne se passe rien, mais en plus ils ont les yeux toujours rivés sur la force relative du dollar qui pénalise tout ce qui se qualifie de « commodities » de près ou de loin. Bien que l'on peut constater un regain d'intérêt pour l'utilisation du terme « safe-haven » en ce qui concerne l'or, pour l'instant ça ne le fait pas monter, mais on en Reparle un peu. Le métal jaune est à 1769$ l'once, presque aussi immobile que le marché suisse et le pétrole joue à cache-cache avec les 100$, mais termine toujours la journée en dessous. Pour le moment l'or noir est à 98.65$, en attendant la publication des inventaires pétroliers dont tout le monde se fout royalement depuis que la Libye a été libérée par le Soldat Sarkozy.

 

En ce qui concerne les indices, nous en sommes là. L'Europe finit encore une fois au fond du trou, alors que les US s'en sortent pas mal.

 

Dow Jones 12096 +0.14%

S&P500 1258 +0.48%

Nasdaq 2686 +1.09%

Londres 5517 -0.03%

Paris 3049 -1.92%

Francfort 5933 -0.87%

Milan 15298 -1.08%

Madrid 8238 -1.61%

SMI 5664 +0.06%

 

Tokyo 8493 -0.57%

Hong Kong 18973 -1.94%

Shanghai 2604 -1,73%

Sydney 4322 -0.67%

 

Ce matin, l'Asie souffre du décalage horaire et est toujours empêtrée dans les craintes de la crise en Europe. Pourtant aujourd'hui, l'ex-advisor de Goldman Sachs va présenter son projet de Gouvernement et ensuite tout ira très bien pour l'Europe, un peu comme quand Merkozy ont présenté leur bouée de sauvetage faite entièrement en pierres de l'Acropole pour sauver la Grèce. Peu importe, l'Asie n'y croit pas et est toujours inquiète de ce qui peut se passer dans les heures à venir. Le suspens est insoutenable, mais la journée commence bien mal au pays du soleil levant. Espérons que d'ici que le soleil se lève sur l'Europe il serait dans de meilleures dispositions. Bon, en même temps avec le brouillard qu'on a ici, le temps qu'il se lève, New York sera ouvert...

 

100952_600.jpgOn va tout de suite passer à la douche froide ce matin, puisque les bonnes intentions de New York ne seront pas « rétribuées » en Europe. On n'aura même pas l'occasion de profiter du petit rebond new-yorkais d'hier soir, puisque ce matin, à voir la tronche de l'Asie et l'obsession avec laquelle les intervenants ont déjà les yeux rivés sur le rendement de la dette, ça ne va pas très bien se passer. En tous les cas, les futures américains sont déjà en apnée ce matin, puisque selon les indications que nous avons, l'ouverture devrait se faire en baisse de 1%.

 

Néanmoins, il y a une vie en dehors de la dette italienne, hier soir Dell a publié des chiffres pas terribles ce qui poussait le titre à la baisse après la clôture, en revanche l'éditeur de software, Autodesk a fait mieux et remontait la pente après 22h00. Et puis le « professeur » Geithner est venu donner son interview mensuelle au Wall Street Journal et estime que l'Europe doit « bosser plus dur, plus fort et plus vite » pour régler leur problème de dette, il a également ajouté que la croissance américains ETAIT impactée par ce qui se passe en Europe et que le pays a tout intérêt à voir une résolution rapide de la crise. Tu vas voir que dans 2 semaines, c'est de la faute à l'Europe si la dette US explose et que si la croissance est molle, c'est encore nous et que si GM ne vend pas assez de voitures, ce n'est pas parce qu'elles ne sont pas bonnes, c'est parce que NOUS les européens n'en achetons pas assez..

 

Samsung achète la société d'équipement médicaux américaine «Nexus », la société coréenne se diversifie et veut faire dans le médical également. Microsoft a ouvert son premier « Microsoft Store », avec pour but avoué de se rapprocher plus de la vente retail et comme but caché de faire comme Apple. Lors de l'ouverture du magasin, alors que le « Microsoft Store » était plein, à l'Apple Store d'à côté les clients faisaient la queue dehors pour pouvoir rentrer et éventuellement peut-être pouvoir acheter un iPhone.

 

Au chapitre Hedge Funds, Paulson le héro des subprime a tenu sa conférence dédiée aux investisseurs ce lundi 14 novembre. On en retiendra qu'il réduit son exposition à 30% contre 60% précédemment, la crise en Europe étant sa première crainte. Sur son fonds ADVANTAGE PLUS et ADVANTAGE TOUT COURT, il perd respectivement 44% et 29% entre le 1er janvier et le 31 octobre. Et puis son fonds le bien nommé – Recovery – ne perd que 25% depuis le début de l'année. Il est toujours très engagé sur les bancaires et sur l'or et parie toujours sur un « recovery » début 2012.

 

20111112_SRM790_1.gifA propos de « recovery » hier le patron de Goldman Sachs a parlé et estime que le rebond de l'économie américaine est tout proche et sera bien plus fort et plus rapide que l'on veut bien le croire, trop fort en plus d'être CEO, il est aussi analyste et stratégiste, tu m'étonnes qu'il se fasse 25 millions par ans, quand tu fais trois jobs en même temps, c'est la moindre. A propos de Goldman Sachs, il ne faut pas non plus oublier de citer le fait que les trois dirigeant les plus « neufs » du moment (Draghi, Monti, Papademos) on tous un point commun ; ils ont tous les trois bossés pour Goldman Sachs. C'est ce que l'on appelle poser ses pions sur l'échiquier...

 

Voilà, aujourd'hui nous allons attendre des nouvelles de Mario Monti, histoire de voir si son rendez-vous avec le Président Italien s'est bien passé et si nouveau gouvernement il y a. Pour le reste l'ambiance est à nouveau pourrie en Europe et à voir la tronche des futures US, la couleur prépondérante de la journée risque bien d'être le rouge. Encore. Nous allons donc prendre les mêmes et recommencer, taper sur l'Euro, sur les financières et attendre un miracle du côté de Rome, si au moins le pape pouvait servir à quelque chose sur ce coup-là, ça arrangerait tout le monde...

 

111116_Counter-protester_t618.jpgGardez donc les yeux rivés sur le dix ans italien et gardez un oeil sur les autres dix ans... (français, belges, espagnols...).. au moindre rebond de l'euro-$..achetez tout ce qui vous passe sous la souris.. et au moindre dégonflement de l'euro-$, paniquez et vendez tout.. Nous aurons bien quelques chiffres économiques, mais le CPI, les MBA Purchase Applications le Treasury International Capital, la Production Industrielle, le Housing Market Index et les chiffres du pétrole auront bien pâle figure face à Super Mario qui pourrait annoncer le Gouvernement suivant : aux finances, Bruce Wayne, à l'intérieur : Peter Parker, à la défense : Clark Kent au budget : Wolverine à l'éducation : Bruce Banner et la réduction de la dette : L'ensemble des X-Men et des 4 Fantastiques.

 

Reste plus qu'à espérer et attendre le prochain pays qui sera dans la ligne de mire...

 

Il me reste à vous souhaiter une excellente journée, moi je vous retrouve demain pour la suite des aventures de Lucas, Mario, Angela et Nicolas au pays de la dette. Bon café et que le moral et la force soit avec vous.

 

A demain

 

Morningbull

 

If you were to buy a [BMW] 6-series, I recommend you select reverse when leaving friends’ houses so they don’t see its backside.”

 

Jeremy Clarkson

 

 

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mardi, 15 novembre 2011

Après avoir été bons dans tous les sports, on va voir si les espagnols sont doués en « réduction de la dette »

 

 

100609_600.jpg


 

 

Vais pas faire le type qui dit : « Je vous l'avais dit »... Et pourtant en lisant la presse de cette nuit, je suis obligé de me rendre compte que les intervenants, journalistes et toute personne en rapport avec le marché de près ou de loin, vient de basculer automatiquement en mode « Espagne »... Et ben oui, forcément, il fallait s'y attendre. Ça fait des semaines que l'on nous les brises menu avec la théorie sur le sauvetage de la Grèce, il y a deux semaines, on parvient à éviter le référendum et virer Papandreou, tout le monde il est content pendant 48 heures et puis pouf, pouf, on se retourne sur l'Italie comme si on se rendait soudainement compte que ça ne va pas terrible...

 

Rebelote, same player shoot again. On se fait alors la même aventure sur l'Italie, surendettement, difficulté dans le plan d'austérité, puis l'inévitable pointage du doigt sur LE fautif responsable de tout, Berlusconi. MAIS ne vous inquiétez pas, il y a une solution !!! Il suffit de virer Berlusconi et puis après tout ira bien....

 

Oui, sauf qu'hier matin on s'est rendu compte que Monti pouvait bien avoir étudié l'économie pendant quelques années, comme il n'est pas allé à Poudlard et qu'il n'a pas étudié la magie, il n'allait pas pouvoir redresser l'Italie plus vite que la musique. Ça, on le savait, mais des fois il y a des investisseurs à qui il faut expliquer plus longtemps : « savez-vous qu'il y a une vrai vie en dehors des marchés boursiers ? Le monde n'est pas peuplé uniquement de Gordon Gekko et tout le monde n'a pas 12 écrans Bloomberg dans son salon »... Bref, la déception du sauvetage pas assez rapide de « Super Mario Monti » était palpable hier sur le marché. La bonne nouvelle c'est que le rendement de la dette italienne s'est un peu replié, mais comme ça reste encore vachement plus cher que celui de la dette allemande, les bulls restaient encore vachement timides.

 

Et puis, comme il n'y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent, inutile de vous dire que certains intervenants piaffaient d'impatience et ne pouvaient pas tenir une minute de plus sans attaquer un nouveau sujet qui fâche... Il ne fallait donc pas longtemps pour que quelqu'un, quelque part se pointe avec le bouche en coeur et annonce benoîtement : « Hey, vous croyez pas que l'Espagne est aussi un risque majeur pour l'Europe et que le pays pourrait bientôt souffrir de la contagion ??? »... Résultat, patatra, le rendement de la dette espagnole prenait l'ascenseur encore un peu plus et on se refaisait les même histoires et théories que nous avions déjà abordées au sujet de Rome. Je ne suis pas adepte de la théorie du complot, mais des fois je me demande si tout cela n'est pas fait exprès et n'est pas le résultat d'une concertation arrangée entre quelques Hedge Funds qui se disent le lundi matin : « Tiens, si cette semaine on se faisait l'Espagne ??? » - « Oui, la tronche du Premier Ministre ne me revient pas, virons-le...c'était déjà drôle avec les deux premiers... »

 

Bref, il n'en fallait pas plus pour que les intervenants retombent dans leurs vieux travers et que les vieilles cicatrices d'il y a dix jours se rouvrent. A la fin de la journée on n'est pas plus avancés qu'avant, en revanche on est moins haut et on est tous convaincus que le prochain problème de l'Europe, c'est l'Espagne. Oh, je vous l'accorde ce n'est pas nouveau, mais pendant quelques semaines, on avait presque pensé que le sujet était clos, ou en tous les cas planqué sous le tapis. Eh ben non, l'Espagne c'est toujous le « S » de PIIGS et elle fait donc partie du groupe et ce qui est drôle dans cette histoire c'est que l'on se refait le même parcours encore et encore. Regardez bien et suivez le guide...

 

100944_600.jpgD'abord on s'en prend à l'Irlande, on les arrose de pognon et on les oublie, en pensant que c'est réglé, ensuite on se fait le Portugal, rebelote... On commence à parler de l'Espagne, puis on s'inquiète de l'Italie, mais on bouge rapidement sur la Grèce parce que c'est plus mieux bien comme sujet, la Grèce nous occupe tout l'été et même un petit bout de l'automne, le sujet à peine clos, on se fait l'Italie, sujet réglé en deux semaines, il est donc temps de revenir sur l'Espagne... Mais pendant ce temps, rien n'est réglé ailleurs.

 

Ce qui fait que dès que l'on aura terminé de se partager les morceaux de l'Espagne, on reparlera de l'Irlande qui à toujours besoin de fric ou du Portugal qui est toujours dans la même merde qu'avant et si c'est n'est pas eux ça sera la Grèce qui pataugera toujours dans la même boue...

 

En conclusion de tout cela, j'ai le sentiment que du point de vue de l'investisseur (pour autant qu'il y ait toujours des investisseurs là dehors), les problèmes n'existent plus dès que le Wall Street Journal et le FT n'en parlent plus. Et pourtant, la panade dans laquelle nous sommes ne va pas se régler un jour, mais il va falloir un peu plus de temps que pour acheter un CDS sur un des PIIGS...

 

Donc, voilà pour résumer la journée d'hier, comme nous n'avions pas grand-chose à nous mettre sous la dent et que Super Mario Monti n'avait toujours pas trouvé de pétrole ni de diamants dans la grande banlieue de Rome, on a commencé à se concentrer sur l'Espagne et dans les jours qui viennent il y fort à parier que l'on va remettre le sujet sur la table plus que de raison. Les financières ont donc intérêt à prendre leurs médicaments contre le mal de mer, ça risque de secouer à nouveau.

 

En fin de journée nous nous sommes donc effrité comme un vieux mur exposé au soleil dans les rues de Madrid et l'Europe « prenait les profits de la semaine passée », quand on pensait encore que le départ de Silvio réglerait tous les problèmes. Entre les rendements des dettes italiennes et espagnoles qui obsédaient tout le monde, l'Euro-Dollar qui devenait LA REFERENCE pour les traders qui ne peuvent plus rien faire en Europe sans que ce soit « comme l'euro-$ », Unicredit qui levait 7.5 milliards de capitaux frais et qui annonçait une perte de plus de dix milliards suite à plusieurs « writedowns » - writedowns est un ancien mot utilisé à l'époque des subprime qui est en train de revenir à la mode – tout ceci mis bout à bout était beaucoup trop lourd pour que l'annonce de Boeing et de son contrat de 18 milliards et que la participation de 5.5% dans IBM détenue par Warren Buffet puisse compenser... Et puis comme il n'y avait pas de chiffres économiques hier, on trouvait une occupation en se demandant si les problèmes de l'Europe ne pourraient pas, à terme, atteindre les USA... Sans blague ?? Et puis on se demandait aussi si, par hasard l'eau ça ne mouillait pas et quels pourraient être les effets d'un bain partagé avec un sèche-cheveux allumé...

 

En conclusion ce fût une petite journée pourrie et ennuyeuse avec pas mal de sujets réchauffés qui laissaient peser une ambiance lourde sur le marché.

 

101034_600.jpgHier je vous parlais du bon comportement des deux commodities que l'on suit ici, en effet le dollar étant faible, l'or et le pétrole avaient bien terminé la semaine. Oui, sauf qu'hier l'Euro-$ s'est fait démonter toute la journée « à cause que l'on a peur de la problématique de la dette européenne. Qui dit euro qui baisse, dit dollar qui monte et qui dit dollar qui monte, dit commodities qui n'aiment pas. Même si certaines de ces commodities, l'or pour ne pas le citer, sont également des « valeurs refuge » en cas de problème économique, mais pour l'instant on n'en est pas là, l'or est plus mal barré à cause du dollar qui monte et le fait qu'il puisse servir de monnaie d'échange pour acheter du pain, du vin et des oursins le jour où l'économie mondiale s'effondre et passe aux mains des indignés, passait largement au second plan. Ce matin, si vous voulez acquérir une once d'or, il vous en coûtera 1779$, bien sûr si vous en voulez deux (d'onces), la facture sera de 3'558$. Pour le prix du baril, c'est pareil, ça baissotte à 98.15$.

 

Et puis, alors que le marché était ennuyant comme l'autoroute de contournement de Genève, un soir vers 18h12 quand tout le monde décide que c'est plus simple de rouler à 7 kilomètres/heure, il y a l'émission « 60 Minutes » de CBS qui a décidé de faire un reportage édifiant sur les « politiciens » qui nous gouvernent – aux USA – pour se rendre compte à la fin que les membres du Congrès et autres branleurs qui n'ont servi à rien durant la crise du plafond de la dette US, avaient le droit d'utiliser des informations privilégiées, non-connues du public pour traiter en bourse pour leur propre compte. Pour autant que ces informations aient été obtenues dans le cadre de leur mandat politique. En gros ça veut dire que si un « Congressman » apprend qu'une société cotée à Wall Street est au bord de la faillite parce qu'ils viennent lui demander de l'aide, il a le droit d'acheter des puts ou de shorter la valeur. C'est parfaitement légal. Un exemple est cité dans l'émission, il s'agit du Sénateur Spencer Bachus de l'Alabama qui est actuellement « Chairman of the House Financial Services Committee » qui avait parié contre le marché en 2008, après être sorti d'un meeting avec Bernanke et Paulson qui venaient de lui expliquer que la situation était catastrophique. Inutile de vous dire qu'étant donné la situation actuelle, les indignés qui sont dans la rue et le patron de Galleon qui vient de s'en prendre plein la figure pour « insider trading », ça fait moyennement plaisir d'entendre que nous sommes tous égaux, mais que les politiciens sont plus égaux que les autres...

 

 

En tous cas ça commence à faire du bruit...

 

Pour ce qui est indices, voici où nous en sommes, à ma connaissance...

 

Dow Jones 12079 -0.61%

S&P500 1252 -0.96%

Nasdaq 2657 -0.80%

Londres 5519 -0.48%

Paris 3109 -1.28%

Francfort 5985 -1.19%

Milan 15464 -1.99%

Madrid 8372 -2.15%

SMI 5661 +0.22%

Tokyo 8556 -0.56%

Hong Kong 19296 -1.09%

Shanghai 2647 -0.05%

Sydney 4354 -0.34%

 

Dans un grand élan d'originalité, ce matin l'Asie est dans le même « mood » que les occidentaux la veille, apparemment ils ont les mêmes craintes que nous et pensent que le rendement de la dette italo-espagnoles ne sont pas des bonnes nouvelles. De plus même si l'euro se fait défoncer, le dollar est toujours plus faible que le yen qui se renforçait encore hier. Du coup c'est une mauvaise nouvelle pour les valeurs exportatrices japonaises qui font la gueule ce matin. La patronne du FMI a également donné une interview à Caxin Online, le média chinois. Histoire de faire court, Christine Lagarde encourage les chinois à aider l'Europe, estimant qu'à terme, ils s'aident eux-mêmes. On ne peut pas dire que la Chine réagisse à cette information, mais au moins ils ne baissent pas, eux...

 

Pour les nouvelles du jour, je vous passe les détails et les articles sur la crise de la dette qui est en train de passer de Rome à Madrid, on notera cependant que Warren Buffet est en pleine tournée de marketing, hier soir non-seulement il a annoncé son énorme participation dans IBM, mais on apprenait également qu'il avait un beau paquet d'Intel, chose assez surprenante pour lui qui n'est pas très « tech ». Cependant vu la taille d'IBM et d'Intel, on peut d'abord les qualifier de Blue Chips avant d'être des technos... Il a également des grosses participations dans Visa et CVS. Et puis, puisqu'il était à la télé il aurait été dommage de ne pas lui demander son avis sur l'Europe. Il faut reconnaître qu'il est assez sceptique sur l'issue de la crise, son plus gros souci est surtout le fait « qu'il y a tellement de cuisiniers dans la même cuisine, que l'on ne sait pas trop ce qui va en sortir à la fin ».. Tout ça pour dire qu'il y a un peu trop de têtes « pensantes » en Europe et qu'il n'est pas simple d'arriver à un consensus. En même temps, lui il s'en fiche, il investit très peu en Europe.

Selon le dernier sondage fait par la FED de San Francisco (qui est spécialiste des soudages pourris en général, c'est déjà eux qui avaient prévu un rebond du marché en 2021), selon les économistes sondés, nous avons 50% de chance d'avoir une récession en 2012. En même temps en 2010, 2011 devait être une année méga-bullish.... Le Barron's récupère les annonces de Buffet et abonde dans son sens, oui, IBM est un pari bullish pour l'avenir. En gros, vendez tout, achetez de l'IBM pour la croissance et du Coca-Cola pour être défensif et attendez la retraite.

 

101009_600.jpgDisney a acheté la plateforme Babble Media, plateforme de blog destinée aux mamans. Mickey pose une cinquantaine de millions de dollars pour ça. Et puis le fait que la Hongrie ait été downgradé hier par un des trois clowns met encore un peu de pression sur l'Europe puisque maintenant on a peur que la Hongrie fasse contagion sur le triple A de l'Autriche.

 

Bref, comme vous le voyez, l'ambiance est pourrie, comme 1 jour sur 2 depuis des mois. Ce matin, la bonne nouvelle pour les espagnols c'est que les moins de 21 ans ont atomisés les suisses 3-0, mais pour le reste, il va falloir commencer à serrer les boulons pour parler austérité, sinon les Hedge Funds londoniens vont finir par avoir les deux oreilles et la queue du Gouvernement espagnol.

 

Ce mardi on va pouvoir attaquer les chiffres économiques de la semaine avec les ventes des grand-magasins, le PPI, les retails sales, l'Empire Manufacturing Index, le Redbook et les Business Inventories, sans compter que les patrons de FED locales comme Bullard, Evans, Williams Lacker et Fisher vont tous parler aujourd'hui, ça promet des commentaires tout azimut. Pour le moment la journée commence mal avec les futures américains dans le rouge de l'ordre de 0.35%. Il manque plus que l'euro se fasse démonter ce matin et l'Europe est bonne pour finir à la casse. A moins que l'on trouve un Premier Ministre à virer, ce qui satisferait peut-être les bulls, reste à trouver qui...

 

Je crois que j'ai tout dit ce que j'avais à dire pour aujourd'hui, si tout va bien on se revoit demain pour de nouvelles aventures. Je vais encore juste profiter de cette « tribune » pour souhaiter un très très bon anniversaire à un garçon qui passe la barre des 11 ans ce matin, en supposant qu'il ait le temps de lire ces voeux entre deux parties de Call-off.. Bon anniversaire Séb !!

 

Moi, je vous retrouve demain à la même heure, au même endroit pour voir à quelle sauce nous nous serons fait manger... Excellente journée et à demain...

 

Morningbull

 

The policy of being too cautious is the greatest risk of all.

 

Jawaharlal Neru

 

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