jeudi, 28 juillet 2011

Ça a le goût de la panique, ça a l'odeur de la panique...

 

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Cela commencerait-il à ressembler à de la panique ? Bien malin qui pourrait le dire. Quand on regarde ce qui s'est passé hier, la réponse semble évidente : une partie de plus en plus importante des intervenants commence à craquer nerveusement et est en train de tout vendre alors que le compte à rebours pour un éventuel défaut de la dette américaine s'intensifie et rentre dans sa phase finale. En même temps, il est évident que si vous aviez décidé de partir en week-end prolongé, il ne vous reste plus beaucoup de temps pour régler vos affaires et une chose est sûre, à votre retour, mardi prochain, les choses auront changé. La grande question qui tourne dans la tête des investisseurs est : « comment  changé, combien changé et qu'est-ce que vous faites dans ma chambre ? »

 

Il est vrai que quand on regarde le show pathétique que sont en train de nous offrir les politiciens américains, il y a deux théories qui s'affrontent. Petit a) ils sont bien trop stupides et centrés sur leur propre nombril et leur propre égo pour que l'on puisse espérer trouver une solution dans les prochaines 48 heures. Et petit b) la NFL nous a fait le même type de stratégie, tirer sur la corde jusqu'au dernier moment et débarquer alors que tout était foutu avec un solution miracle et un accord qui fait que tout d'un coup tout le monde devient frères et se tape dans le dos comme si on était les meilleurs amis du monde. Alors pourquoi la triplette magique Obama-Boehner-Reid ne seraient pas capables de trouver une solution ???

 

A ce jour, bien malin qui pourrait dire ce qui va se passer. Il semble clair que les chances sont de 50/50 en faveur de l'un comme de l'autre, bien au contraire. La meilleur stratégie à employer semble donc la bonne vieille méthode du « pile ou face ». Mais au-delà de cette question, les investisseurs commencent à se demander ce qui pourrait bien se passer si les USA faisaient « VRAIMENT » défaut... Et c'est là que le bas blesse, c'est le mystère le plus total, l'inconnu le plus absolu et la nuit la plus noire. Il y a même de plus en plus « d'experts » qui disent « qu'à la fin, ça ne changera rien du tout », parce que de toute façon les alternatives ne sont pas légions... Ce qui n'est pas complètement faux, si l'on ne peut plus investir dans la dette US, on va aller investir dans laquelle ? La Portugaise ? L'Italienne ? Non, non, mieux, la dette grecque... Non, franchement une chose est sûre, si mardi prochain les USA font défaut, on risque bien d'avoir des surprises de taille dans la réaction du marché et ce n'est pas forcément les scénarios que l'on imagine dans nos rêves les plus noirs qui vont se réaliser... La plupart des banques d'affaires sont d'ailleurs en train de faire tourner leurs « économistes » à plein régime en créant des « task-forces » qui sont censées venir avec des scénarios qui pourraient éventuellement peut-être se dérouler en cas de défaut ou en cas de non-défaut ou en cas d'invasion extra-terrestre la semaine prochain...

 

Si vous cherchez la réponse dans les lignes qui vont suivre, je vais vous faire gagner du temps ; « je n'en ai aucune idée », bien que de mon côté j'envisage trois scénario pour le S&P500 :

 

  1. la hausse

  2. la baisse

  3. l'indécision et donc un marché neutre

 

En effet, si je savais avec certitude, vous imaginez bien que je serais déjà parti depuis longtemps dans un monastère chinois pour étudier le Kung-Fu avec les moines shaolin pendant que mon argent travaillait pour moi.

 

Ceci dit et toute plaisanterie mis à part, il y a un truc que les investisseurs de tout bord ne SUPPORTENT PAS, c'est l'incertitude. Et en ce moment, il faut avouer que le mot « incertitude » est gravé en lettre capitales dans tous les trading rooms de la planète, puisque plus personne ne sait à quel Saint se vouer. Et quand on ne sait plus quoi faire, on vend... On fait un peu de cash et si on est vraiment, mais alors vraiment très très courageux, un peu le style Bruce Willis-qui-n'a-peur-de-rien (Yippee Ki-Yay) ou alors mieux, le style « homme qui tombe à pic » (pour ceux qui sont né avant 1980) et bien il vous reste LA solution ultime de l'investissement, la solution la plus aboutie que l'on n'ose même pas enseigner dans les grandes écoles de finance et dont le CFA n'a pas encore eu le courage d'inscrire au programme, j'ai nommé la « safe haven strategy of the triple play wanna again »... qui consiste a acheter de l'or, des actions Apple et du franc suisse... Avec ça, rien ne peut vous arriver. Enfin presque.

 

 

Nous en sommes donc là. Pour faire simple Boehner a un plan qu'il veut faire approuver, mais dont tout le monde se fout. Reid en a un autre dont il modifie les tenants et les aboutissants toutes les 5 minutes, mais personne ne l'écoute vraiment et de l'autre vous avez Obama qui réfléchit pour savoir sur lequel des deux plans il va mettre son véto en premier. Franchement, vu sous cet angle on a meilleur de temps d'aller acheter un casque pour éviter de se prendre des coups sur la tête mardi prochain, mais on voit de moins en moins comment ils vont trouver une solution alors que l'on a clairement l'impression que chacun prêche pour sa paroisse ET en plus au milieu du désert...

 

Une fois que l'on est conscient de cela, on peut comprendre que le marché se comporte comme il se comporte. Ça sent la peur et plus l'on se rapproche de ce « deadline », plus l'incertitude est pesante, mardi prochain nous allons plonger dans le noir total... En attendant il faut juste serrer les fesses et espérer que tout se passe bien ou en tous les cas pas trop mal... Maintenant, sachant dans quel état moral nous étions alors que le S&P500 était à 666 il y a deux ans et voyant où nous en sommes ce matin, je me dit que l'on n'est pas forcément au bout de nos surprises...

 

granlund.jpgOn ne va donc pas trop perdre de temps sur ce qui s'est passé hier, parce qu'il n'y avait rien de rationnel, c'était simplement que la trouille, ça ne se commande pas... Après, bons résultats du trimestre ou pas, chiffres économiques bons ou pas, QE3-4-5-6 ou pas, Bernanke ou pas... Le seul bouton du clavier qui intéressait les traders hier c'était la touche « SELL »... Les tergiversations des politiques, plus la FED qui s'est pointée en fin de séance pour dire que « finalement l'économie était peut-être encore un peu plus molle que prévu » et ceci à deux jours de la publication du GDP, c'en était trop pour Wall Street qui rendait les armes terminant une mauvaise journée sur un mauvais sentiment avec mauvaise humeur... Ils étaient tellement déprimés qu'ils ont même vendu de l'or et du pétrole.

 

Dans la presse de ce matin, on explique la baisse de l'or par l'impasse des négociations sur la dette. Pourtant si on est logique, c'est le seul asset où les gens devraient aller se planquer, bon sauf si le dollar se fait décimer encore un peu plus. Ce qui fait qu'en fait à la fin il reste quoi alors ??? Apple et puis c'est tout ???? Ce matin l'or est à 1618$, emporté dans une correction massive après avoir touché les 1631,20$ qui est donc son nouveau record historique. Le pétrole a baissé aussi, pour les mêmes raisons, sans compter que les chiffres de l'EIA indiquaient une augmentation des stocks d'or noir, de l'ordre de 2.3 millions de barils alors que les analystes attendaient un déclin de 1 à 2 millions de barils. Vraiment, je vous jure que je ne voulais rien dire à leur propos ce matin... Mais vous avez remarqué ? Avant on nous donnait un consensus global pour les estimations de tous les analystes pétroliers. Depuis hier on nous donne un fourchette, « entre 1 et 2 millions » - forcément, ça laisse plus de chances de tomber juste, vous imaginez si l'on pouvait jouer à l'euromillions en choisissant les numéros dans une fourchette ?? - ça simplifierait drôlement les choses... Bon, ceci dit même avec le coup de la fourchette, ils sont quand même à côté, parce que dans le mauvais sens. Puis-je suggérer que la prochaine fois ils proposent la chose suivante : « Nous attendons une variation des stocks de plus ou moins 30 millions de barils, quelque part entre les deux...  »... Là, normalement ça devrait jouer... Le WTI est à 96.80$ et le Brent à 117.30$, entre les inventaires, la dette et l'économie qui se traîne, rien ne va plus pour le pétrole. Pour le moment.

 

On ne peut pas conclure ce chapitre sans parler de la nouvelle IPO à la mode. NON, ce n'est pas Facebook, ce n'est pas Groupon, ce n'est même pas une société qui vous fourni des amis ou des jeux sur le net, non, c'est juste de la bouffe. En effet, hier l'IPO de Dunkin' Brand Group, la maison qui fait des donuts et qui nourrit 97.8% des officiers de police américains, a fait sa première apparition en bourse et ma foi, il faut reconnaître qu'elle n'a pas été ridicule, terminant en hausse de 50%. Et pourtant, il ne vendent que de la pâte à beignet qui est passé dans l'huile de friture et qui est recouvert de plein de trucs bizarres avec pour seule enseigne publicitaire, Homer Simpson vautré dans son canapé. Ce qui me pousse à me demander, si la moindre IPO de pâtisserie prend 50% le premier jour, est-ce que les banques d'affaires savent encore calculer la valeur d'une société pour la faire venir en bourse ou est-ce que le seul but est d'arroser un maximum de Hedge Funds qui payent plein de commissions et de leur faire faire un « coup sûr » lors du premier jour de trading ??? Je ne sais mais ceci m'interroge, quelque part... ou alors plus personne ne sait quoi acheter, du coup le premier truc un peu connu fait « effet de mode »...

 

Le tableau d'affichage n'est pas beau ce matin :

 

Dow Jones 12303 -1.59%

S&P500 1305 -2.03%

Nasdaq 2765 -2.65%

Londres 5857 -1.23%

Paris 3734 -1.42%

Francfort 7253 -1.32%

Milan 18494 -2.81%

Madrid 9643 -1.93%

Tokyo 9935 -1.12%

Hong Kong 22260 -1.25%

Shanghai 2816 -1.27%

Sydney 4555 -1.25%

 

Ce matin, l'Asie salue le bon comportement des bourses occidentales durant la séance de la veille et tente de faire aussi bien, même si ce n'est pas simple. Les asiatiques font preuve d'une belle unité, le Nikkei repasse sous les 10'000 alors que le Yen prend l'ascenseur face au dollar, ce qui va rendre la tâche facile aux exportateurs.. Comme en Suisse. En Chine on apprend que, selon le Gouvernement, le trade surplus de 2011 pourrait se réduire de 14%. Mais globalement, ce n'est pas ça qui va nous faire oublier la dette US .

 

Dans les nouvelles du jour, on va rapidement revenir sur « l'after » d'hier soir. Même si l'humeur était plus à sauter du pont de Brooklyn après cette clôture immonde, il y avait quand même à boire et à manger lors des publications d'hier soir tard. Et ce n'est pas peu dire car deux des vedettes du jour était Whole Foods qui augmentait ses prévisions pour l'année 2011 et qui grimpait de 4% dans la foulée et puis il y avait également les chiffres canonissimes de Green Mountain Coffee qui explosait de 19% après avoir annoncé des chiffres stratosphériques, merci à leur machine à café « Keurig single cup brewing system », le nom est moins facile à vendre que Nespresso et on imagine mal George nous dire : « you wanna a cup of Keurig single cup brewing system, what else ? » (c'est moins glamour) , mais le principe est le même et ça marche...

 

Du côté obscure de la force, ce n'était pas bon chez Akamai (-14%), mais en revanche les chiffres de Crocs étaient bons et le titre progressait de 10%, comme quoi les gens sont toujours fans des chaussures en plastiques que l'on met seulement à la maison pour éviter le ridicule. Chez Visa tout va bien, les revenus sont en hausse de 40% alors que les consommateurs ne cessent de dépenser toujours plus de monnaie plastique. On ne sait pas trop si ils remboursent, mais en tous les cas, ils dépensent, le titre remontait un peu après la clôture, mais comme ils ne vendent ni café, ni donuts, c'était un peu moins sexy...

 

Le « Speaker of the House », John Boehner, qui restera dans les annales comme étant un des trois politiciens qui a définitivement ridiculisé la classe politique américaine et leur a donné la crédibilité d'une hyène, et bien Monsieur Boehner vient de modifier (encore) SON plan pour la Xième fois et les Démocrates ont déjà laissé entendre qu'il pouvait se l'accrocher derrière les oreilles (son plan) et encore, c'est la version édulcorée. Comme on le voit, on avance vraiment dans la bonne direction et il est probable que l'on aurait obtenu une solution plus rapide en confiant le problème du plafond de la dette à une classe d'enfants de 4 ans. Plusieurs investisseurs de haut vol, comme BlackRock, Franklin Templeton, Loomis Sayles et PIMCO estiment que même si les clowns de Washington trouvent une solution pour relever le plafond de la dette US, le AAA sera perdu, trop tard..

 

Bank of America a trouvé un moyen de réduire son inventaire de maisons qu'ils ont sur les bras après « foreclosure », dans certains cas ils les donnent à la communauté et dans d'autre, ils appellent Caterpillar et font raser le tout... Il est clair que de cette manière on fait un peu diminuer l'offre...

 

Nouriel Roubini, connu pour avoir prédit très précisément la crise du subprime en 2008 et un peu moins connu pour avoir été 100% à côté de la plaque depuis, reste convaincu que les USA ne feront pas défaut, qu'il va falloir apprendre à vivre avec les problèmes de l'Europe parce qu'ils sont de loin pas terminés et que les risques de crises liées aux dettes souveraines vont augmenter largement. Le technicien du Barron's parie sur une chute des marchés actions, le S&P500 fait une figure connue sous le nom de « tête-épaules », ce qui signifie qu'il pourrait chuter (en cas de rupture de la zone des 1250), d'environ une centaine de points de plus... L'avantage, c'est que suivant comment, ça sera réglé la semaine prochaine... Le nom de cette configuration vient du fait que cela ressemble à la tête et aux épaules d'un personnage (comme on le voit ci-dessous), dans le cas présent, le pauvre type aurait pu jouer le bossu dans Notre Dame de Paris. Ce qui est bien dans l'analyse technique c'est que chacun voit ce qu'il a envie d'y voir. Sur le graphique ci-dessous, moi je vois une vache qui broute dans un champ... Mais j'ai acheté un bouquin pour interpréter mes visions, je vous rassure..

 

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C'est à peu près tout pour ce matin. L'ambiance est au beau fixe, la météo est estivale, les oiseaux chantent et les marchés se font défoncer en Asie, les futures américains sont en hausse de 0.25%, laissant planer un peu d'espoir comme quoi ils ne rendront pas les armes sans combattre et en plus ce qui ne vous tue pas vous rends plus fort... L'oeil du tigre, Rocky, l'oeil du tigre, t'as pas mal !!!!

 

markstein.jpgAu chapitre des chiffres économiques nous aurons la joie d'accueillir les Jobless Claims, le Bloomberg Comfort Index, les Pending Home Sales, les chiffres du Gaz Naturel, le Fed Balance Sheet et le Money Supply...De plus on a le secret espoir de voir arriver Boehner, Reid et Obama sur le plateau de CNBC et annoncer : « tout cru patate crue !!! ça fait longtemps qu'on avait trouvé un accord, on voulait juste vous faire paniquer »...

 

Il y a encore un wagon de chiffres trimestriels, mais en même temps, quelle importance ça ne va pas résoudre le problème de plafond qui nous occupe... retenons tout de même que c'est probablement la plus grosse journée de publication du trimestre.. Exxon sera dans le tas, pour le reste, voici le lien :

 

http://hosting.briefing.com/cschwab/Calendars/EarningsCal...

 

Voilà, je crois qu'il n'y a plus grand-chose à dire, j'hésite à mentionner que Fannie Mae ou Freddie Mac réclame 720 millions de dollars à l'UBS pour des histoires de subprime datant de 2008. C'est tellement risible que j'ai l'impression que nous sommes le premier avril.

 

Il me reste à vous souhaiter une excellente journée, un très bon « Keurig single cup brewing system » et on se retrouve demain comme prévu...

 

Morningbull

 

"The NFL lockout is over. All the parties agreed and we have a compromise. It's too bad the national debt isn't as important as football." –David Letterman

 

"The debt ceiling debate is such a mess right now, Al Qaeda is desperately trying to find a way to take credit for it." –Jimmy Kimmel

 

"Top Ten Ways Barack Obama Can Win Over The Republicans"

 

10. Show up to next meeting in a Captain America uniform

9. Burn everyone a really cool mix CD

8. Bribe them with free tickets to a 'Larry the Cable Guy' show

7. Raise the debt ceiling, but do it with a fun sound effect

6. Do something about the heat

5. Swap places with another guy named Barack Obama — hey, don't miss the new reality show 'Same Name' Sundays at 9:00 p.m. on CBS!

4. Put Chuck Norris on the nickel

3. Like I'm the right guy to ask for advice on winning people over

2. Don't be such a poor sport when they call him a socialist, foreign-born, radical Muslim who's trying to destroy America

1. Kill bin Laden again

 

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06:32 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | |  Facebook

mercredi, 27 juillet 2011

235ème jour de captivité, nous sommes toujours retenus en otages par Washington

 

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Ils ont beau faire les malins et se prendre pour les sauveurs du monde, pour le moment ils sont plutôt en train de nous pourrir la vie avec leur incapacité à se mettre d'accord. Nous sommes en pleine période de publication des chiffres trimestriels, l'économie est mise à mal et peine à guérir de la crise de ces dernières années, les banques ont de la peine à cicatriser de cette même crise, il y pas mal de sujets importants qui doivent être traités, digérés et interprétés dans le marché, mais on est incapable de le faire parce que trois politiciens sont en train de se lancer des pierres à la figure pour essayer de tirer la couverture à lui et s'amusent à se bloquer parmi...

 

Il n'y a qu'un sujet : le plafond de la dette. Et pourtant il se passe des choses en dehors, mais il est difficile de s'y intéresser tellement l'impact est nul ou alors tellement l'impact est ciblé. En effet hier, vous auriez pu vous intéresser à autre chose si vous aviez du Netflix, du 3M, du Broadcom ou encore – ô rage ô désespoir – du AK Steel, mais autrement, tout le reste était, est et sera mené par les discussions à deux balles entre les leaders Républicains et le leader du pays. Qui donne d'ailleurs l'impression de pas pouvoir « leader » grand-chose. Il peut télécommander l'exécution d'un chef terroriste à distance et se faire le film en direct depuis son bureau, mais pour ce qui est de réhausser le plafond de la dette de son pays, tout d'un coup y a plus personne.

 

En gros, hier il y avait la politique US qui est toujours scotchée dans les sables mouvants et qui n'ose pas bouger de peur de perdre son avantage concurrentiel pour la présidentiel de 2012 (pour autant qu'ils en aient un, d'avantage) et de l'autre vous avez le reste. Dans le même paquet vous pouvez mettre les résultats du trimestre et les chiffres économiques, mais le facteur « réactionnel » du marché est de 10/90... A savoir 90% du marché bouge sur les espoirs déchus de Washington et le 10% est influencé par les nouvelles concrètes de la micro et de la macro-économie.

 

Alors ce matin on va essayer de faire simple :

 

Chapitre UN : Boehner va réécrire son plan de sauvetage à lui alors qu'on a l'impression que tout le monde s'en fout et que de tout manière il sera rejeté à la fin, Reid (l'autre Républicain) a aussi son propre plan qui n'est pas le même que son collègue – comme quoi ça rassure, dans le même parti ils ne sont même pas d'accord entre eux, la seule chose qui les rapproche, c'est le fait qu'ils remettent tous les deux la faute sur Obama, bien que, sauf erreur Bush était Républicain. Obama cherche toujours des solutions mais n'en trouve pas. Roubini pense que les USA ne feront pas « défaut ». La majorité pense comme lui d'ailleurs. Mais l'heure tourne, demain c'est jeudi, l'échéance se rapproche dangereusement, mais personne ne veut croire à l'échec des négociations et jamais on a autant cru au miracle que ces dernières séances. Mis à part à Lourdes, je ne vois pas à quel endroit du monde on peut croire plus que cela au miracle et au « happy ending », cependant il ne faut pas attendre que Boehner et Obama se marient à la fin et qu'ils vont avoir beaucoup d'enfants. Ceci dit, ça nous fait une belle jambe ; à 145 heures de l'échéance, on n'a toujours pas l'ombre d'un accord et je commence à croire que c'est de l'hyper-optimisme de croire qu'ils vont trouver le St-Graal d'ici lundi.

 

Il faut aussi noter que le petit jeu auquel sont en train de jouer les « instances supérieures » de la nation américaine est en train de d'exaspérer de plus en plus la population. L'hypocrisie de tout ces gens bien pensant du Congrès, du Sénat ou de la Présidence, commence à fatiguer tout le monde et peu importe le résultat final de cette crise, déjà que la crédibilité de ces gens était largement entamée, je crois que cette fois c'est complètement mort.. Toujours est-il que nous ne sommes pas plus avancés qu'hier. Le reste n'est que spéculation.

 

Je conclurais ce chapitre UN avec ces deux phrases bien distinctes tirées du même site d'information. La première explique que le marché des actions a baissé à cause du non-accord sur le plafond de la dette et des doutes de le voir aboutir et l'autre salue le bon comportement du marché obligataire grâce à l'optimisme des investisseurs qui croient qu'un accord sera trouvé sur le plafond de la dette. En gros si je comprends bien, les investisseurs « actions » ne font pas d'obligataire, parce que visiblement ce ne sont pas les mêmes !!!

 

Après le chapitre UN, vient le chapitre DEUX et c'est celui des nouvelles « micro-économiques », qui représente 5% du mouvement des indices hier. Pourtant il y a de quoi dire, vu que nous sommes en train de traverser le plus gros morceau de la publication du trimestre numéro deux de l'an de grâce 2011.

 

Je vais donc essayer de faire simple et de n'oublier personne, même si je sais déjà que je vais oublier quelqu'un.

 

Chez STM c'est la cata, trimestre pourri, faire des semi-conducteurs pour la téléphonie mobile en ce moment, c'est pas tellement la mode, surtout quand votre client principal est Nokia qui lui-même est à peu près aussi en forme que Research In Motion. La société franco-italienne a donc remporté la palme de la plus forte baisse du CAC40 hier, puisqu'elle s'effondrait de près de 11%. Différent secteur, mais même type de punition chez AK Steel qui a prévenu que son trimestre numéro 3 de l'année serait difficile car ils prévoient un baisse dans les commandes à cause de la hausse des prix des matières premières. Résultat, ils remportent le titre de plus mauvaise performance de la journée avec une baisse de 17%. 3M était également en baisse (-5.4%) après avoir présenté des chiffres médiocres qui ont été « impactés par le tremblement de terre au Japon » - tiens ça faisait longtemps qu'on ne l'avait plus entendu celle-là – puis il y avait aussi Netflix qui cotisait après sa publication de la veille, mais comme tout le monde est short là dessus, on a quand même profité pour « couvrir » quelques positions et du coup, après avoir ouvert dans la zone des 255$, le titre est quand même parvenu à remonter la pente et à terminer à 267, ne perdant « que » 5%. Ford annonçait des chiffres qui se rapprochaient plus de la Ford Ka que de la Mustang, le titre reculait de 2%.

 

parker.jpgEn revanche, au chapitre de la techno, les bons chiffres de Broadcom lui ont permis de bondir de près de 10%, mais ce n'est pas tout, Lexmark a également publié des chiffres canons qui lui ont permis de grimper sur le plus hautes marches du podium, le titre terminait sa journée en hausse de 18%. Et puis, on ne peut pas ne pas parler d'Apple. Une semaine après la publication de ses chiffres spectaculaire, l'action termine enfin au-dessus des 400$, à 403 pour être précis. Et si vous multipliez 402 par le nombre d'actions en circulation, vous obtiendrez le chiffre de 374 milliards, ce qui représente beaucoup d'argent et beaucoup d'iPhone, mais c'est aussi la somme des capitalisations boursière de Microsoft ET d'Intel réunies. De plus, il ne manque  « plus que 41.6 milliards à Apple pour rattraper Exxon et devenir ainsi la plus grosse compagnie du monde. Plus que 44$ pour Apple ou alors il faudra compter sur Exxon qui raterais complètement ses chiffres de demain, mais ça, je n'y crois pas trop. Il va falloir compter sur l'iPhone pour que ce soit « vraiment » une révolution...

 

Vous avez remarquez comme c'est agréable de parler de choses plus légères que la faillite des Etat et leur endettement ingérable ??? J'avais presque oublié que le marché était un animal sensible qui est composé d'actions qui ont toutes une âme... euh oui, je crois que je vais arrêter le « Roma » le matin, c'est trop fort.. Bref, ça fait plaisir de parler d'autre chose que d'endettement de défaut, de triple AAA, triple BBB, Junk bonds, Moody's, S&P et Fitch...

 

Au niveau de l'or – NO COMMENT – valeur refuge, record historique, rotation des investisseurs hors des actions, des bonds, de l'immobilier, des commodities, des diamants et du cacao pour aller acheter de l'or. Le métal jaune est à 1624$, jamais l'or n'a été aussi léger sur son nuage là ou rien ne peut l'atteindre. Le pétrole hésite à passer les 100$ mais est toujours paralysé à l'idée que l'économie pourrait ne pas repartir, mais reste bien soutenu grâce à la faiblesse du billet vert qui ne cesse de se faire démonter contre à peu près tout ce qui se considère comme une monnaie... à 0.80 contre franc suisse on n'est pas près d'exporter aux USA... Le WTI est à 99.09$ et le Brent à 118.20$.

 

En chapitre TROIS, brièvement il y a les chiffres économiques. S&P Case Shiller est immonde, mais parfaitement dans les attentes alors que les New Homes Sales étaient encore plus faible, en résumé le marché immobilier est pourri de chez pourri et il n'y aucun signe d'amélioration. De plus hier un stratège qui sortait d'on ne sait où prévoit encore des millions et de millions de foreclosure. De quoi alimenter le marché qui croule déjà sous les ventes, si jamais je met déjà un bid sur la maison de 1600 Pennsylvania Avenue à Washington. En revanche, et c'est assez étonnant, la confiance du consommateur semble aller mieux, je dois dire que si ça va « relativement bien » dans la situation dans laquelle nous sommes, c'est probablement parce que les joueurs de la NFL ont trouvé un accord et que la saison de foot US aura bien lieu, je ne vois pas d'autre explication.

 

Dow Jones 12501 -0.73%

S&P500 1332 -0.41%

Nasdaq 2840 -0.10%

Londres 5930 +0.08%

Paris 3788 -0.66%

Francfort 7349 +0.07%

Tokyo 10035 -0.62%

Hong Kong 22570 -0.01%

Shanghai 2828 -0.09%

Sydney 4631 -0.33%

 

Ce matin, en dehors du fait que l'Asie est toujours dans la même situation que la veille par rapport à la crise de Washington, il n'y a pas beaucoup d'informations qui permettent de croire qu'ils se préoccupent d'autre chose. Tout le monde à les yeux rivés sur D.C. Sauf peut-être l'Australie qui vient de publier ses chiffres des prix à la consommation (CPI) et comme ces derniers sont plus haut que les attentes, le spectre l'abominable inflation de l'économie refait surface. Le marché baissait sur la nouvelle et la monnaie partait à la hausse histoire d'afficher son plus haut cours contre le dollar US depuis 1983, année durant laquelle le dollar australien est devenu « indépendant »...

 

Dans les nouvelles du jour, il est bien évident que l'on reste sur le même thème, sachant qu'il ne s'est rien passé pendant la nuit. On sait juste qu'Obama va probablement mettre son véto au plan de Boehner, ce qui n'est pas une surprise et ce qui ne va pas faire avancer le serpent de mer. Pendant ce temps, la Californie va emprunter 5 milliards de dollars au Gouvernement US, grâce à une ligne de crédit temporaire et puis on ne sait jamais au cas où la pompe à fric tombe en panne la semaine prochaine, vaut mieux sortir couvert.

 

darkow-1.jpgAmazon a publié ses chiffres hier soir et ils sont plus que plaisants à lire. La croissance des ventes est bonne et la compagnie semble se porter comme un charme. Ils ont annoncé 41 cents contre 34 attendus par les analystes. Tout semble aller pour le mieux pour le plus gros retailer du monde on-line. Dans le monde des casinos, à noter la bonne performance de Las Vegas Sands qui a battu les attentes du marché grâce à la croissance en Asie. Le titre montait de 4.64%.

 

Du côté moins bonnes nouvelles, Juniper a raté son trimestre et plongeait de 13% après la clôture et Electronic Arts, l'éditeur de jeux vidéos a publié un trimestre qui lui permet de traiter 1.3% plus haut que son prix de clôture. En revanche la compagnie annonce des prévisions super floues. Comme d'habitude, ERTS remporte la palme de la publication trimestrielle la plus incompréhensible, je pense qu'il faut avoir « inventé la comptabilité » pour comprendre le moindre truc dans cette histoire. Comme ils peuvent « déférer » des revenus dans le futur ça donne un bricolage qui filerais mal au crâne à un docteur en mathématique. En gros, les analystes ont compris quelque chose parce que les chiffres sont considérés comme « pas trop mal, bien au contraire, je crois que bon, il faut acheter ou peut-être pas.. à la limite faire un produit structuré »... Ou peut-être acheter le dernier Madden NFL, tout simplement...

 

Nous sommes le 27 juillet, l'Empire Américain est toujours au bord du gouffre et ne semble pas plus stressé que cela.

 

Aujourd'hui, mis à part avoir les yeux et les oreilles braqués sur Washington, nous aurons également les MBA Purchase Applications, les Durable Goods et les chiffres du pétrole. Côté sociétés, on continue avec une avalanche de chiffres ; il y aura Aetan, Arcelor (après AK Steel, méfiance), Alcatel, Boeing, Delta, Conoco, Corning, Dow Chemical, Energizer (mettez m'en 2 caisses), General Dynamics, Moody's – no comment – Nasdaq, Teva et Northrop. Puis après 22h, il y aura encore Citrix, Crocs, DryShips, Goldcorp, Logitech, Murphy Oil, Symantec, Visa et Whole Foods... pour les principaux. Pour être sûr, cliquez-là : http://hosting.briefing.com/cschwab/Calendars/EarningsCal...

 

Pour le moment les futures américains sont indiqués en hausse de 0.12%, ce qui ne veut absolument rien dire puisqu'il suffit d'un éternuement d'Obama pour changer la donne et transformer des bulls en bears et vice/versa.

 

Je crois que c'est à peu près tout pour aujourd'hui, il me reste à vous souhaiter une excellente journée, une très bonne douzaine de Nespresso et on se retrouve demain à la même heure, si j'arrive à me lever, ce qui n'est pas simple en ce moment vu qu'il faut déblayer la neige et casser la glace pour atteindre le pc... le Mac pardon...

 

A demain et bonne chance pour aujourd'hui.

 

Morningbull

 

"In China they say piracy is so rampant that there are at least three fake Apple stores. It’s hard to put these people out of the business. If China arrests them for selling fake Apple products, they'll be sent to prison where they will be forced to make real Apple products." –Jay Leno

 

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mardi, 26 juillet 2011

Comment on épelle « Ennuyeux et Répétitif » ? - N-E-G-O-C-I-A-T-I-O-N-S-U-R-L-A-D-E-T-T-E

 

billday.jpg

 

 

 

J'ai bien vérifié ; depuis mon dernier commentaire il s'est bien écoulé 24 heures. Non, parce que j'ai eu peur de faire un blocage spatio-temporel et d'être resté bloqué hier matin. En tous les cas, même en relisant plusieurs fois mes sites internet préférés, j'ai l'impression que l'on est resté au même endroit et que les journalistes et les chroniqueurs boursiers ne peuvent que broder autour du sujet pour raconter les mêmes choses que la veille, mais avec des mots différents. Le seul problème, c'est qu'à force de le raconter avec des mots différents et que rien ne bouge, on va finir par se répéter. Ce matin, pendant un bref instant, j'ai pensé à faire mon commentaire sous forme de bande dessinée, histoire de changer un peu. Oui, sauf qui si je faisais ça, ça serait probablement ma dernière publication tellement ça serait mauvais...

 

Bref, tout ça pour vous dire que l'on essayer de ne pas trop se compliquer les choses et de ne pas vous « bassiner » trop longtemps avec de la cuisine et des nouvelles réchauffées de la veille. Pour faire simple, le marché a toujours peur que les USA fassent défaut et les politiciens n'ont pas avancé d'un centimètre dans leurs négociations. Ils continuent de se renvoyer des propositions de plans à la figure argumentant chacun leur tour que le plan précédent proposé par l'adversaire était de la daube et que le leur est vachement mieux... Un peu comme à l'école en 2ème enfantine, on se battait pour savoir lequel de nos papas avait le plus gros tank et la plus grosse..voiture...

 

Pendant que les politiciens se renvoient la balle dans le plus grand échange tennistico-politico-économique, les marchés s'interrogent et commencent à trembler... En tous les cas, une chose est sûre, c'est que la plupart des intervenants et des investisseurs sont plutôt convaincus que les politiques vont nous trouver une solution miracle de dernières minutes, sinon le marché traiterait bien plus bas que là où il est en ce moment, pourtant chaque heure qui passe et chaque séance qui se termine sur un statu-quo, laisse une place de plus en plus importante au doute... Comme le disait Obama hier soir, un accord « DOIT »être trouvé dans les prochains jours... Oui, en effet parce que dans les « prochains mois », ça va pas suffire... Nous sommes donc déjà mardi, il reste 5 séances de trading avant le 2 août et, mine de rien, la tension commence à monter gentiment. Si d'ici vendredi rien n'est trouvé, je crains le pire pour le positionnement du week-end. La volatilité pourrait se rappeler à notre bon souvenir...

 

Hier soir, aussi bien que Boehner (Speaker of the House – Rep.) et le Président Obama (Président- Dem.) ont parlé et pendant leur speach, on a vu le dollar se faire un passage dans un grand-huit version essorage sans avoir attaché la ceinture, ça donne une idée de ce qui pourrait se passer un peu partout si les USA partaient avec l'eau du bain. A la fin des deux discours, je pense que si ils avaient dansé le Sirtaki à la place, le résultat aurait été le même.. De toute façon, c'est la faute à personne... et à la fin, retour à la case départ... On n'a toujours pas de solution, même si la majorité d'entre nous ne peut s'empêcher de croire au miracle « dans les prochaines heures » comme disent les journaux. En même temps, il en reste 169, d'heures, alors forcément et puis comme on a tous grandi avec les films américains où les gentils eh ben ils gagnent à la fin, on se dit que ça forcément bien se finir....

 

En attendant les marchés doutent. Surtout que toutes les rumeurs sont dans la nature, hier on s'autorisait à penser que la Maison Blanche appelaient les banquiers (ceux qui comptent) pour leur dire que même si aucun accord n'était trouvé d'ici mardi prochain, les USA ne feraient pas défaut... Les conversations « secrètes » - (c'est pour ça qu'on en parle ici) – entre les banquiers et les politiques laissent entendre que, peu importe, le Gouvernement trouvera une solution de ne pas faire défaut et que, finalement la date du 2 août n'est pas vraiment importante. Alors selon ces rumeurs, il n'est pas évident de savoir ce que serait la solution, évidemment, puisque c'est secret, mais ça serait un début d'explication pour comprendre pourquoi le marché est si peu « stressé » alors que nous sommes à 7 jours de sauter par dessus bord dans une mer glacée infestée de requins. On parle d'une mesure spéciale prise par le Trésor US ou on peut encore éventuellement envisager d'envahir la Chine et de piller leurs réserves d'or ou de déclarer la guerre à la Russie, ce qui devrait largement changer les idées des investisseurs.

 

Cependant, on a l'air de croire que tout est encore possible. Même Hillary Clinton qui était à Hong Kong hier, a déclaré qu'elle avait confiance et que le Congrès allait trouver une solution. C'est bien la seule qui a confiance en « le Congrès »... Personnellement je me sentirais bien plus à l'aise au milieu de la savane entouré d'une trentaine de hyènes qui n'ont pas mangé depuis six semaines avec pour tout arme, un cure-dents.

 

Résultat final ; on n'est pas plus avancés qu'avant et c'est ce qu'on ressent sur les marchés. On va nulle part, mais on y va. Hier les marchés du monde entier terminaient leur séance dans le rouge, exception faite de l'Allemagne qui terminait en hausse de 0.25%, mais l'Allemagne c'est pas pareil, c'est la fourmi dans la fable « la Cigale et la Fourmi »... Après avoir bossé tout l'été, l'hiver, le printemps, l'automne, le jour et la nuit, sans manger et sans emprunter de pognon à qui que ce soit, elle regarde le reste du monde partir en vrille, pendant qu'elle leur vend des voitures de luxe en leasing.

 

On va gagner du temps et ne pas en perdre à décortiquer ce qui s'est passé à l'intérieur des différents marchés de la planète, puisque chacun était en train d'essayer de comprendre les tenants et les aboutissants de la problématique de la dette US ou de jouer aux cartes. Ou alors de discuter des implications du downgrade ridicule que Moody's a fait sur la Grèce hier matin. Je m'étais juré de ne pas en parler, mais ça continue encore et encore, ils ne peuvent pas s'empêcher de jouer les visionnaires et de faire les mecs qui « savent » alors qu'ils n'en savent pas plus que vous et moi et qu'il essayent juste de profiter du fait que la porte soit ouverte pour sauter à l'intérieur. A la fin, ils feraient pipi dans un violon, ça serait tout aussi utile, mais au moins ça serait drôle...

 

Dans les petites histoires de la veille, on notera l'annonce faite par Research In Motion qui a décidé de licencier 2'000 personnes. Au-delà du chiffre, c'est plutôt l'image que cette annonce donne à la compagnie qui fabrique des téléphones qui auront permis à tellement de monde de checker leurs mails 389 fois par jours partout où ils sont, surtout en meeting, histoire de se donner une contenance... quoi que jouer à Star Wars avec des Mikado me paraît bien plus drôle... pour ce que tu apprends en meeting de toute façon... Bref, là n'est pas le sujet, RIMM est au plus mal et on se demande de plus en plus (surtout moi) ce qui pourrait « sauver le soldat Blackberry »... Mis à part le gros lot de l'euromillions, je ne vois pas trop. Il y a bien une solution, mais incorporer une machine à nespresso, un tire-bouchon, un lance-grenade et une machine à voyager dans le temps à l'intérieur d'un Blackberry, me paraît technologiquement bien compliqué. Le titre termine au plus bas de la journée à 1 petit dollar de son plus bas de ces 52 dernières semaines, ça commence à sentir le roussi, le sapin et le pâté, je dirais même plus, ça sent le pâté de sapin qui est trop cuit.

 

big.chart.gifDe l'autre coté, il y Apple qui délicatement touché les 400$ hier soir. Et puis au-delà du fait que leurs produits sont géniaux etc, etc... on ne va pas revenir là-dessus, à l'époque où les intervenants cherchent des zones de « safe-haven », on constate qu'Apple a fait mieux que l'or. En gros, même si l'or semble devenu « the place to be » en ces temps troublé, vous auriez acheté de l'Apple susse été tout aussi bien. Sauf qu'après la guerre nucléaire totale, la fin du monde de 2012 et le second mandat de Sarkozy, vous aurez l'air malin d'aller acheter votre sac de riz en payant avec votre iPhone, votre Mac ou vos titres Apple, alors qu'avec un lingot d'or, ça fera tout de suite bien plus glamour. Tout ça pour vous dire que l'or conserve son statut d'endroit à la mode en ces temps troublés. En gros on peut garder son portefeuille d'actions, mais si on veut se protéger contre les tensions actuelles, il faut acheter de l'or, du franc suisse et des titre Apple... L'or s'échange à 1617$ et semble se plaire dans la zone des 1600.

 

Pendant ce temps le pétrole ne sait plus quoi penser. Il hésite entre plonger en direction des 90$ parce que « si l'on ne trouve pas de solution pour le plafond de la dette, on est mal et l'économie US va partir en vrille »... et remonter pour casser les 100$, puisqu'il y a de nouveau un analyste quelconque qui à « VU » que le pétrole irait à 120$ d'ici Noël, voir Nouvel-an. Apparemment, c'est en testant une nouvelle méthode basée sur une vieille croyance Vaudou qu'il est arrivé cet objectif de 120$...très précis.. pas 119.76$, non 120$ et pis c'est tout. Ceci les options qui se traite avec l'échéance fin de l'année parient là dessus et comme ont le sait ; « when it's obvious, it's obviously wrong ». Sans compter que cette semaine les pétrolières publient leurs résultats et reviennent à la mode, elles qui avaient un peu disparu des écrans radar depuis quelques temps. Bref, pas de grande direction, ni de grand théorie fondamentale, si ce n'est qu'hier les acheteurs ont nettement pris l'avantage sur les vendeurs. Le WTI est à 99.32$ et le Brent à 117.70$.

 

Pour terminer sur le chapitre des pétrolières, il y a pas mal d'articles à droite et à gauche, on parle de spin-offs dans tous les coins. Après celui de Conoco, hier c'est du côté de BP que l'on commence à buzzer. De plus, tout le monde semble d'accord sur le fait que ces opérations sont très positives pour les investisseurs et comme par hasard, dans les secteurs qui cartonnent en ce moment, c'est le pétrole qui revient à la charge . Je ne serais pas étonné qu'il y ait des personnes plus égales que les autres qui soient au courant de choses dont ils ne doivent pas être au courant ou si ils vous le dise après ils doivent vous tuer... Secteur à suivre attentivement ces prochaines semaines, si les USA ne font pas défaut...

 

Les USA terminent donc en baisse de 0.56%, l'Europe allait dans tous les sens avec les allemands en hausse de 0.25%, Londres en recul de 0.16%, Paris de 0.77% et les PIIGS qui se faisaient à nouveau un voyage au bout de l'enfer avec l'Italie qui perdait 2.48% et l'Espagne 1.92%. A chaque fois que l'on parle de dette ou de défaut l'Italie se fait un « mamma mia » de derrière les fagots avant de se rendre compte que ce n'est pas d'elle que l'on parle et de rebondir les séances suivantes. Seulement si Berlusconi ne tombe pas sous la douche...

 

darkow.jpgCe matin l'Asie est très volatile et après avoir ouvert fortement en baisse suite aux craintes que l'on connaît, ils se sont repris en se disant que « non, quand même, les américains vont trouver une solution » et ils sont repartis à la hausse comme un seul homme, puis ils se sont dit : « et si les américains ne trouvaient pas de solution ? » et les vendeurs sont revenus et là, depuis un moment, on hésite... solution ou pas solution, solution ou pas solution.... reste l'espoir que les « tinois » pourraient racheter les USA pour construire un parc d'attraction avec pour thème la décadence occidentale. Ceci dit, Tokyo est inchangé, Hong Kong avance de 0.6% et Shanghai recule de 0.27%.

 

Dans les nouvelles de la journée, il y en a une qui est un remerciement à la persévérance. Alors que la moitié de la planète shortait la valeur depuis des mois, avec le non-succès que l'on sait, hier soir après la clôture, ça a finalement fini par payer. En effet, Netflix a publié des chiffres trimestriels qui ont été jugé décevants par la critique. En fait les résultats du trimestre passé étaient bon, c'est surtout du côté du trimestre à venir que c'était un peu moins joyeux. Les prévisions de la société étaient plutôt timides par rapport à l'euphorie des analystes. Du coup, forcément ; BAMMM... 10% dans les dents after close. Ce qui m'amène tout de même à la conclusion suivante : On ne réagit pas sur du concret, mais uniquement sur des spéculations. En effet, le trimestre avril-mai-juin était bon, ça on le sait.. La société prévoit un trimestre juillet-août-septembre un peu plus difficile, mais qu'est-ce qu'ils en savent ? Ça reste des « prévisions » qui comme le nom l'indique « essayent de prévoir », ce n'est donc pas certain (regardez la météo), ensuite ces prévisions sont moins bonnes que celles des analystes dont on connaît l'exactitude et là encore c'est des prévisions... Là-dessus, le titre perd 10%... Il est évident que Netflix est trop chère en terme de fondamentaux (selon les autorités du CFA), mais quand je me demande si je n'aurais pas dû faire berger à la place... Comme quoi il faut de tout pour faire un monde, de l'autre côté Broadcom a explosé de 8% après un bon trimestre et des prévisions encourageantes (là encore) et Texas Instruments affichait un trimestre au dessus des attentes et des prévisions timides, mais le titre bougeait à peine...

 

Jefferson County en Alabama devrait décider dans les prochaines heure si ils décident de tirer la chasse ou de continuer à chercher une solution avec les créancier, dans le cas contraire ce serait la plus grosse banqueroute de Muni-Bonds aux USA, 3.2 milliards. Alors que Meredith Whitney se fait siffler dans la presse pour avoir prédit des 100 de milliards de défaut dans les Muni-Bonds en 2011 et que rien ne se passe. Peut-être que finalement elle va revenir sur CNBC....

 

Le chef économiste de Wells Fargo (les diligences dans Lucky Luke qui sont devenus un banque), estime que les USA peuvent repousser le défaut de la dette au mois de septembre. Il pense que la Fed et le Trésor peuvent bosser ensemble pour trouver une solution à la faillite et se donner de l'air un mois d plus. Super !!!! Un mois de plus à se prendre la tête sur le sujet et écrire les mêmes histoires encore et encore... Je me réjouis.

 

A noter un article dans la Tribune.fr :

 

http://www.latribune.fr/actualites/economie/international...

 

C'est un décryptage du sauvetage de la Grèce, rien de neuf, mais au moins ça tient sur une page A4 et c'est le premier article sur le sujet durant lequel je ne m'endors pas avant la fin, c'est peut-être parce qu'il tient sur une page A4. La Deutsche Bank a choisi deux CEO pour remplacer Ackermann en 2012. La question est de savoir si ils vont se partager le même package ou est-ce qu'ils vont doubler les coûts de ce poste ? Ce matin c'est également le jour des résultats UBS, mais ils les publient trop tard pour que je puisse les mentionner ici. Néanmoins on ne devrait pas avoir de « grosse » surprise, si ce n'est que tout le monde attend des détails sur la stratégie future, surtout au niveau de l'emploi. On en reparle demain.

 

beeler.jpgPour l'instant, les futures US sont en hausse de 0.03%, autant dire inchangés. Et la journée sera placée sous le signe de la dette américaine, sans surprise. Il y aura aussi les chiffres du Redbook, le S&P Case Shiller, histoire de voir si le marché immobilier frétille ou pas, le Consumer Confidence, les New Home Sales et le State Street Investor Confidence Index. Et puis comme nous sommes dans la grosse semaine des résultats, nous aurons la joie d'accueillir les chiffres de 3M, AK Steel, Biogen, BP, Ford, Lockheed, Occidental Petroleum, UPS, Valero. Puis, après la clôture, Amazon, Electronic Arts, Gilead, Juniper, Las Vegas Sands et Nabors pour les plus connus. Pour une listes exhaustive :

 

http://hosting.briefing.com/cschwab/Calendars/EarningsCal...

 

Je crois que c'est tout pour aujourd'hui, même si l'on aurait pu résumer ce commentaire par : « pas de deal à Washington, on prend les mêmes et on recommence »...

 

Je vous souhaite une excellente journée, même si les météorologues nous annoncent que la semaine et foutue et qu'il faudra attendre lundi prochain, dans le meilleur des cas pour mettre autre chose qu'une combinaison de ski. Mais comme leur science est à peu aussi exact que la prédiction des marchés boursiers, il y a encore de l'espoir.

 

A demain !

 

Morningbull

 

"Republican presidential candidate Jon Huntsman has fired his campaign manager, which is kind of sad because the only other person who knew Huntsman was running for president was the campaign manager." –Jay Leno

 

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lundi, 25 juillet 2011

Le suspens est insoutenable et fatiguant et pénible et...

 

breen.jpg

 

 

 

 

 

 

A la manière des films qui sont produits à Hollywood, les dirigeants américains sont décidés à nous faire durer le suspens jusqu'à la fin. La fin semaine aura été marquée par le troisième ou quatrième sauvetage de la Grèce et in-extenso de l'Europe, ce qui a rassuré tout le monde – jusqu'à la prochaine fois – mais une fois que l'histoire de l'Europe était digérée on s'est évidemment jeté sur l'autre gros morceau du moment, à savoir le plafond de la dette US qui DOIT absolument trouver une solution de sauvetage d'ici mardi dans 8 jours.

 

Mais voilà, autant l'Europe mettait tout le monde dans le même panier, les obligeant à trouver une solution de concert, au risque de faire capoter le boulot de ces 15 dernières années, autant aux USA le problème est un peu plus complexe, puisque Républicains ET Démocrates essayent toujours de trouver une solution qui va les faire paraître « bien » et en plus faire paraître l'autre parti comme le méchant du film, sans compter les égos de chacun qui doit être ménagé afin de faire croire que la solution qui sera trouvée (si elle est trouvée) sera le fait d'un seul homme qui restera le « héro » de l'été et qui sera du même coup le mieux placé pour la présidentielle de 2012.

 

Pour faire simple, les discussions qui ont lieu aux USA en ce moment sont plus un jeu politique entre Obama qui parie sur sa réélection en 2012 et les Républicains qui essayent de se placer en sauveurs du monde tout en faisant passer Obama pour le « loser » qui a mis le USA en défaut, tout en profitant pour placer un candidat qui pourrait avoir une chance de devenir Président même si la plupart des candidats Républicains potentiels ont un QI qui frise l'indécence et qui fait passer George W. Bush pour un génie...

 

Toujours est-il que, malgré les rumeurs qui circulaient jeudi et vendredi, laissant espérer qu'un plan secret serait sur le point d'aboutir, nous avons tout de même commencé le week-end sans avoir avancé d'un iota. Puis samedi un des leaders républicains laissait entendre qu'il espérait bien qu'une solution soit sous toit d'ici dimanche soir, redonnant un semblant d'espoir de liquider le cas avant la dernière seconde, sauf que dimanche soir rien n'était fait et l'on était toujours à la case départ.

 

Suite à 834ème déception et à la nouvelle prolongation de la situation de statu-quo, les marchés commencent à stresser un tout petit peu. D'un coté les futures américains sont déjà sérieusement dans le rouge en ce lundi matin très très tôt et d'un autre on se dit que « quand même, ils vont trouver une solution  et que ce n'est quand même pas si difficile de se mettre d'accord, si c'est pour éviter de mettre les USA en défaut !!! »... Sauf que plus les jours passent, plus on a l'impression que les impératifs de chacun des acteurs de ce film à suspens vont bien au-delà de la santé mentale et du bien être des marchés financiers. Et que, de ce fait, la soif de pouvoir de chacun fait peur et laisse penser qu'ils sont capables de tout si c'est pour avoir 1% de chance de plus de devenir Président l'an prochain.

 

En étant rationnel, on ne peut que se dire qu'une solution sera trouvée, même dans la dernière heure, mais en étant logique, on se dit qu'ils sont tous aussi cinglés et assoiffés de pouvoir les uns que les autres et que l'intérêt du plus grand-nombre n'a aucun intérêt pour leurs égos démesurés de politiciens à deux balles.

 

La semaine à venir, les heures à venir et le comportement des marchés seront donc calqués sur les différentes nouvelles qui nous viendront de Washington. A ce jour il y a plusieurs solutions possibles ; la première qui voudrait que l'on augmente le plafond de la dette de 1 trillion pour se donner un peu d'air dans l'immédiat et que l'on évite ainsi le défaut, puis que l'on crée une « special task force » dont les américains ont le secret avec pour but de trouver une solution miracle dans les 6 à 9 mois à venir. Cette solution à l'avantage d'être simple à mettre en place et de ne rien résoudre, de repousser le problème et de mettre Obama dans une situation précaire pour sa campagne de 2012. Un autre solution serait d'augmenter le plafond de la dette 2.4 trillion immédiatement sans se poser trop de questions et d'étudier calmement les moyens de faire des économies dans les années à venir. Ce qui en gros veut dire « botter en touche » et repousser le problème en 2013 ou 2014, puisque de toute manière personne ne voudra se faire mal voir par qui que ce soit durant une année électorale et n'osera donc rien faire... et puis le dernier plan serait d'augmenter le plafond de ce qu'il faut, tout en y couplant un plan d'économie drastique, des augmentations d'impôts et un budget sacrément amaigri... En gros le dernier plan semble le plus intelligent, mais c'est le plus difficile à mettre en place, puisqu'il faut le faire avaler tout en faisant croire au peuple que les coupes dans les plans de sécurité sociale et les retraites, ainsi que les impôts plus élevés sont la faute de l'autre parti....

 

beeler.jpgBref, on peut en parler des heures et des heures, le sujet est vaste, compliqué et globalement soporifique à l'extrême... Néanmoins, l'horloge fait toujours tic-tac-tic-tac et dans 190 heures et des poussières, l'empire américain sera officiellement en défaut et en déclin. Et sur ce coup-ci, je ne suis pas sûr que les Navy Seals vont nous trouver une solution miracle. Voilà, tout ça pour vous dire que cette semaine sera encore placée sous le signe de la dette américaine. Pour le moment nous avons au moins réussi à nous débarrasser du cas de l'Europe – jusqu'à la prochaine fois – mais les USA sont toujours là et même les excellents chiffres du trimestre ont de la peine à se faire remarquer alors que le vaisseau USS Enterprise est au bord du crash financier. Que l'on se rassure, Timothy Geithner était invité sur ABC dimanche matin semble confiant qu'ils vont trouver une solution, ajoutant que si ce n'était pas le cas, il est impensable de jauger les conséquences d'un défaut de la dette US et que l'économie aurait toutes les peines du monde à s'en remettre – elle qui est pourtant si fringante....

 

Voilà, si vous aviez un doute, n'en n'ayez plus, le sujet de la semaine sera la dette américaine puisque plus le « deadline » va se rapprocher, plus les intervenants vont se sentir l'incertitude frapper à leur porte et plus l'angoisse sera palpable dans les marchés. La semaine qui ne fait que commencer semble déjà donner les premiers signes de faiblesse très tôt ce matin, les futures sont dans le jus, l'Asie est en apnée et l'or est en train de battre des nouveaux records historiques alors que tout le monde se prépare pour aller faire ses courses à coup de lingots dès lundi prochain.

 

Ce matin, pas besoin de chercher plus loin pour trouver une raison à la hausse de l'or, les dix paragraphes ci-dessus en sont LA raison. L'once s'échange à 1613$ ce matin, mais il a touché les 1624.30$, ce qui est le nouveau record historique en date. Pendant ce temps, alors que la semaine passée, il était boosté par le deal européen, le pétrole montrait ses limites et faisait clairement comprendre que pour qu'il RE-passe les 100$, il allait falloir faire plus que de sauver la Grèce, parce que les USA en défaut de paiement ne serait probablement pas une bonne chose pour l'or noir et les traders du NYMEX qui pariaient récemment sur un baril à 130$ (c'est sûr et certain) pourraient bien changer leur fusil d'épaule et se dire que si le plafond n'est pas augmenté, il n'est pas impossible que les américains arrêtent immédiatement de faire le plein d'essence. Ce matin le baril est à 98.85$ sur le WTI est à 117.93$ sur le Brent.

 

La semaine à venir, si l'on exclu le chapitre de la dette, sera bien chargée en nouvelles économiques et se terminera en apothéose avec la publication des chiffres du GDP, qui devraient nous confirmer que l'économie US a la dynamique d'un spaghetti trop cuit qui n'aurait pas eu son Ovomaltine ce matin. Il y aura également la confiance du consommateur qui sera publiée demain et qui devrait également montrer que le consommateur à de la peine à trouver la définition du mot « confiance » étant donné ce qui se passe autour de lui. En revanche les chiffres du trimestre sont toujours en plein milieu de la saison des publications et heureusement que de ce côté-là, ça va toujours aussi bien. L'Amérique est donc toujours à quatre vitesses. D'un côté le gouvernement qui est au bord du gouffre, d'un autre les sociétés qui sont resplendissantes de santé et qui ne savent plus quoi faire de leur cash, d'un troisième côté le consommateur est au fond du trou alors qu'il n'a plus de job, plus de de maison et pas forcément de lingots d'or dans la poche et puis, le dernier côté des USA, celui qui s'est donné la mission de faire chier les banques suisses à vie.

 

Au chapitre des publications de la semaine, il y aura du monde puisqu'après les géants de la technologie et de la finance, ça sera au tour des pétroliers et de pas mal de noms qui vont donner une idée de l'état de la consommation aux USA. Ford, Amazon, Boeing, Chevron et Exxon feront partie des noms de la semaine, il y aura également Netflix qui sera attendu au virage histoire de voir si le nombre de « shorts » qui ont pris le pari d'un effondrement d'un des titres les plus surévalués du marché auront enfin raison. La semaine passée, 143 compagnies du S&P500 ont publiés leurs chiffres du trimestre et 75% étaient au dessus des attentes du marché, cette semaine on attend encore 180 sociétés.

 

Pour commencer la semaine, le Dow Jones est à 12681, le S&P à 1345. En Europe, Paris est à 3843, Francfort à 7326. D'un point de vue technique, si l'on prend le S&P500 qui est coincé au milieu de son canal au milieu de nulle part, on se dit que c'est peut-être la semaine de tous les dangers. Un accord sur la dette et un GDP pas trop pourri pourrait finalement nous donner le break-out à la hausse que toutes les bêtes à cornes attendent, dans le cas contraire, il n'est pas sûr que cette fois la moyenne mobile des 200 jours suffise pour stopper l'hémorragie en cas de faillite des USA... Nous allons donc passer la semaine dans l'attente d'une nouvelle qui nous donnerait une vision un peu plus longue que la date butoir du mois d'août tout en ayant la peur au ventre de devoir gérer les conséquences d'une impasse d'ici mardi prochain. Selon les « sondages », il y 20% de chances que les USA finissent en défaut et les dernières rumeurs font état d'un deal qui tomberait aujourd'hui. Sauf que ça fait un mois qu'on nous le fait le coup de « c'est pour aujourd'hui ».. Au bout d'un moment à force de crier au loup, on ne lève même plus un sourcil.

 

Ce matin l'Asie démontre bien qu'elle ne crois pas à ces rumeurs et qu'elle préfère du concret à des spéculation. Tokyo recule de 0.6%, même punition à Hong Kong et Shanghai qui font preuve d'une belle osmose dans la baisse. Sydney prend un peu d'avance, pour l'instant, et recule de 0.8%.

 

margulies.jpgDu côté des nouvelles du jour, j'aimerais bien vous en apporter d'autres qui parlent d'autre chose que du plafond de la dette, des procès des Strauss-Kahn ou du dernier taré norvégien en date. Malheureusement j'ai beau chercher c'est quand même ce qui fait les premières pages. Cependant, il semblerait quand même que les ventes de téléphones mobiles de ce dernier trimestre chez Samsung pourraient bien les placer en tête des vendeurs devant Apple et Nokia, merci à la popularité de modèles « androïds ».

 

Et puis, quand il n'y a plus grand-chose à dire, on peut toujours aller se rabattre sur le Barron's et il faut reconnaître que la « front page » de ce week-end pourrait faire couler beaucoup d'encre si l'encre n'était pas totalement monopolisée pour parler de la dette. En effet, le Barron's l'affirme : OUI, C'EST UNE BULLE SPECULATIVE !!! - et oui, il parle de la mise en bourse des réseaux sociaux et de la valorisation de malade que le marché leur donne. Il faut reconnaître que ça fait plaisir de voir que je ne suis pas tout seul à le penser.

 

En gros, peu de grandes nouvelles, on attend... Encore... Il y a déjà des articles qui parient sur le fait que le sauvetage de l'Europe ne tiendra pas longtemps et que le problème n'est pas réglé et on a déjà l'impression que même si les USA sont sauvé dans 10 jours, on ne sera pas plus avancés qu'avant et que l'on est en train d'inventer le mouvement perpétuel de la finance ; on trouve des solutions-on est euphorique-on doute-on a peur-on trouve des solutions-on est euphorique-on doute-on a peur-on trouve des solutions-on est euphorique-on doute-on a peur-on trouve des solutions-on est euphorique-on doute-on a peur...et ainsi de suite...

 

En ce lundi, on commence doucement la semaine avec le Chicago Fed National Actvity Index, dont tout le monde se fout. Puis il y aura les chiffres du trimestre de Baidu.com, Anadarko, Broadcom, Netflix, Qiagen, STM, Sanmina et Texas Instruments. Et puis peut-être des nouvelles sur le plafond de la dette, ou pas...

 

Pour le moment, les futures américains sont en baisse de plus de 1% (comme le dollar), laissant présager d'un début de semaine difficile pour les marchés en général. Maintenant, la moindre nouvelle en provenance de Washington pourrait faire changer la direction du vent en quelques secondes. En conclusion notre vision du marché reste une vision à très court terme, tellement court terme que le « flash trading » fait presque figure de « méthode Warren Buffet » en ce moment.

 

Cette semaine sera donc placée sous le signe de la volatilité, de l'incertitude et de la politique américaine... et puis, pour nous les suisses, il y aura les chiffres d'UBS qui seront publiés demain et ceux du Crédit Suisse qui seront publiés jeudi.

 

En ce qui me concerne, je vais tout de même vous souhaiter un excellent début de semaine à ceux d'entre-vous qui ne sont pas parti skier en ce début d'hiver et on se retrouve demain pour de nouvelles aventures.

 

Morningbull

 

"Texas Governor Rick Perry now says his wife has been encouraging him to run for President. Remember first he told us God told him to run; now his wife is telling him to run. Of course, the big difference; if you ignore what God says you don't have to hear about it until the afterlife. That's the only difference." –Jay Leno

 

 

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J'ajoute encore que vendredi passé j'ai eu quelques problèmes d'email, si vous avez envoyé une inscription et que vous n'avez pas reçu l'update de ce matin, renvoyez-moi un mail et je corrigerai le tir.. Le passage sur androïd ne se fait pas sans dommages collatéraux.

PDF : Morningbull 25.7.2011.pdf

Article du Barron's : Bubble Trouble.pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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vendredi, 22 juillet 2011

Oh oui ! jette-moi des milliards au visage et fait monter le marché !!!

 

 

matson.jpg

 

 

 

 

 

QUEL SOULAGEMENT !!! QUEL BONHEUR !!! CHANTEZ HAUTBOIS ET RESONNEZ MUSETTES, IL EST NE LE NOUVEAU PLAN DE SAUVETAGE DE L'EUROPE... Ah non, tiens, c'est juste pour la Grèce. Pourtant avec un montant pareil on aurait presque pensé qu'on aurait pu faire tout le continent, mais non.

 

En tous les cas, il y a une chose qu'il faut reconnaître, c'est que le service « relations presse » de l'Europe savent y faire en termes de communiqués. Toute la journée nous aurons été délicatement maintenus sous pression, le suspens a été gardé presque jusqu'à la fin, même si on savait déjà à midi qu'à la fin, c'est les gentil qui gagnent. En tous les cas, j'ai beaucoup aimé la manière dont les communiqués de presse ont fait passer les « négociateurs » pour des gladiateurs qui ont vécu une journée terriblement harassante à la limite du stress insupportable. Ce n'est pas faux, ils ont quand même commencé à 12h30 pour finir à 21h00, c'est pas facile... comme ils disent à la télé, « des heuuuurrreeees » de négociations. Pour arriver avec quoi à la fin ??? - Des dettes. Encore plus de dettes...

 

Mais l'honneur est sauf, apparemment tout le monde est content. La Grèce vient de récupérer 150 milliards et devrait couvrir ses besoins de financement jusqu'en 2020, Merkel a réussi à faire participer les banques « volontairement » (avec un flingue sur la tête) à hauteur de 50 milliards, les banques qui ont accepté d'augmenter leurs échéances obligataires de quelques années ou quelques dizaines d'années, ça dépend. Sarkozy a montré que la doublette France-Allemagne avait toujours le rôle de locomotive de l'Europe (on est les champions et un et deux et trois zéro), L'Irlande et le Portugal ont réussi à faire baisser le taux de leur dette et à la fin on s'autorise à penser dans les milieux autorisés que ce plan devrait donc éviter la contagion aux pays suivants du PIIGS. L'Italie et l'Espagne sont donc au bord de l'explosion de joie... Sauf que tout est au conditionnel, on n'est même pas sûr. Pour 150 milliards et des brouettes on est sûrs de rien. C'est ça qui est beau dans la finance.

 

A noter encore que Sarkozy a également parlé de créer une agence de notation européenne - t'as raison, on n'a pas assez d'andouilles qui font ce boulot aux USA, autant en engager encore plus de par chez nous - et puis il a aussi annoncé la création d'un European Monetary Fund, fonds qui serait destiné à recapitaliser les banques et à acheter des dettes souveraines au second marché. En gros, une boîte magique à bailout. Vous imaginez ? Gérer un fonds où on ne vous demande pas de faire de performance ? La classe...

 

En gros, peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. Le plan de sauvetage européen a marché, les dirigeants européens sont définitivement trop forts, ils auront mis 10 bonnes années pour nous mettre là où nous en sommes et 8 heures de boulot pour nous en sortir... Ceci dit, il y a une phrase que j'ai lue ce matin qui fait froid dans le dos : « malgré ce nouveau plan de 158 milliards, il n'y a pas de garantie que la Grèce ne fasse pas défaut un jour »... Eh ben, ça vaut bien la peine alors... Une chose est sûre, c'est que malgré le plan de sauvetage miraculeux d'hier et la vision de génie de Sarko/Merkel, il n'est pas certain que ce soit la dernière fois que l'on parle de « dette souveraine » cet été...

 

Même si la plupart d'entre nous ne maîtrisent pas 100% de l'intrigue qui vient de se dérouler à Bruxelles et que se plonger dans le dossier afin d'en maîtriser les aspects est à peu près aussi attirant que de se faire arracher une dent sans anesthésie, il y a une chose que l'on a bien compris, c'est que la levée temporaire du rideau d'incertitude qui pesait sur les marché, fait du bien à tout le monde.

 

ramirez.jpgPas besoin de vous faire un dessin pour vous expliquer que le marché a explosé dans l'anticipation de la mise en place de ce plan. Paris a aligné sa troisième séance de hausse consécutive, rajoutant encore 1.6% à l'addition, Francfort frisait les 1% de hausse et Londres avançait de 0.79%. Mais une fois de plus, l'oscar du meilleur marché de la journée revient .....à Berlusconi's country qui aligne sa seconde journée à plus de 3%, 3,76% hier, pour fêter le fait que l'Italie est sauvée (enfin, normalement)... Et puis dans les secteurs, pareil, inutile d'avoir fait un diplôme en biochimie pour imaginer que les banques on salué le projet de l'Europe, même si sur les 30 prochaines années, ça va leur coûter un bras. C'est toujours mieux que de se retrouver avec la moitié de la dette souveraine en défaut à passer par pertes et profits, alors que l'on commence à peine à se repayer enfin des vrais bonus....

 

Et puis ce n'est pas tout... Cette journée a faillit devenir presque plus importante pour les USA et l'Europe que le 6 juin 1944 (non, ce n'est pas quand les français ont gagné la coupe du monde), puisque durant l'après-midi, alors que Sarkozy, Merkel et les autres étaient en train de monter la digue pour empêcher l'effondrement de la Grèce dans la baie de Bruxelles, des rumeurs commencèrent à courir aux USA comme quoi Obama, les Démocrates et les Républicains étaient en train de devenir tous frères et entamait un rituel d'échange des sangs, juste avant de signer le « deal » qui permettrait à Barack Obama de devenir le Président le plus endetté des USA, mais aussi celui qui aura sauvé le triple A de son pays !!!! Ô – Ô – Ô, can you see ?

 

Même si les rumeurs ont été immédiatement démenties par tout le monde, Républicains, Démocrates, Présidence, Services Secrets, CIA, FBI et la NBA et la NFL, le mal était fait et les commentateurs boursier de la télé et du net étaient déjà en train de se dire qu'il n'y pas de fumée sans feu et que l'on pouvait éventuellement commencer à vendre la peau de l'ours alors qu'il bouge encore à l'intérieur.. Le marché s'enthousiasmait déjà en avance, anticipant l'annonce prochaine d'une bonne nouvelle annonciatrice de triple A forever et de rallye de la seconde partie de l'été, pour autant que l'été soit encore là...

 

En plus des rumeurs sur le plafond de la dette, du renflouage de la Grèce et du remblayage des côtes européennes, il ne fallait pas non plus négliger la qualité des résultats des sociétés qui continuent de sortir et de démontrer que tout va bien dans le secteur privé et que si les USA étaient gérés par Steve Jobs, ça irait vachement mieux. Il faut surtout noter la passation de pouvoir qui est en train de se produire dans le domaine de la banque d'affaires. Hier Morgan Stanley a publié des chiffres qui étaient nettement meilleurs que les attentes des analystes, mais surtout, les résultats de la division trading étaient nettement meilleurs que ceux de Goldman Sachs. Lloyd Blankfein est en train de perdre sa couronne de roi de Wall Street. Morgan Stanley bondissait de 11%, alors que Goldman avait perdu 0.7% lors de SA journée de publication. La roue tourne on dirait...

 

Intel était sous pression après ses chiffres de la veille, pas fondamentalement mauvais, mais quand on est une « techno » et qu'on passe après Apple dans la queue pour annoncer son trimestre, forcément, ça fait mauvais genre. En revanche At&t a également sorti des chiffres corrects, pas stratosphériques, mais corrects. Encore une fois, quand on regarde les publications du trimestre, on se dit que, franchement c'est vraiment « de la balle qui déchire sa race ».

 

Les USA terminaient leur journée en hausse de 1.21% sur le Dow Jones, de 0.72% sur le Nasdaq et de 1.35% sur le S&P500. Le S&P500 et le Dow Jones qui repartent à nouveau à l'assaut de plus hauts de ces dernières semaines, est-ce que cette fois le carburant utilisé suffira pour passer l'épaule ? - Eh ben ça on n'en sait rien, c'est ce qui fait la beauté de ce métier. Néanmoins les dessinateurs artistiques les plus doués pourront éventuellement réussir à trouver une figure technique sur le S&P500, qui s'appelle une « tête/épaules » inversée... Je reconnais qu'il faut prendre un sacré dose d'hormones de taureau pour la voir, mais comme j'ai tendance à avoir une vue biaisée qui ne voit que les choses positives (en général), je me dis que si les ricains nous annoncent un accord sur leur dette durant le week-end, en cassant la résistance de la zone des 1350-1360 à la hausse, ceci pourrait nous ouvrir la porte pour aller chercher 1) les plus hauts de l'année et 2) grosso-modo 75 points plus hauts, la région des 1425 sur le S&P500, là où même Neil Armstrong n'aurait pas osé rêver d'y aller cette année. Au passage, cette zone correspond également au niveau les plus hauts du printemps 2008. Alors si on se retrouve là haut en août 2011 après avoir vécu ce qu'on a vécu depuis 3 ans, y compris le Japon et Fukushima, je-ne-sais-combien de bailout sur les pays européens depuis 18 mois, le risque de voir les USA en défaut de paiement et qu'on se retrouve quand même à 1425 sur le S&P500, je vais peut-être envisager d'écrire un livre où je livrerais tout mon optimisme avec un titre du style : « Dow 40'000 », ah ? Comment ? C'est déjà fait ???

 

Bon alors je me contenterais de lancer l'IPO « Morningbull.ch ». Vu que c'est la mode, j'ai une chance.

 

La mauvaise nouvelle de la journée d'hier, c'est le crash du métal jaune. En effet, alors que les dirigeants du monde entier sont en train de s'atteler au sauvetage des pays endettés à mort, l'or est en train de péricliter et de perdre sont statut de « capital garanti qui monte tout le temps », jusqu'à la prochaine alerte sur la dette souveraine de l'Espagne ou sur son taux de chômage qui passerait les 25% ou pire que Berlusconi ait vendu Ferrari ET Ducati aux Chinois pour refinancer la dette italienne... Mais pour le moment, l'or est au plus mal, il a perdu au moins 12 dollars depuis hier et se traite à 1589$ !!! Quelle horreur... Côté pétrole, inutile de vous faire un dessin : Europe sauvée + USA probablement sauvés = Chances de voir l'économie repartir augmentées = probabilité de voir Joe American acheter une Chevrolet Camaro SS V8 avec un moteur de 6.2 litres et d'aller faire le plein trois fois par jour augmenté = BUY PETROLE... Ce matin le WTI est à 99$ et des poussières et le Brent à 117.93$.

 

Ce matin l'Asie est en folie et se contente de faire comme si il savaient où se trouve la Grèce sur la carte du monde. Néanmoins, ils apprécient le sauvetage européen à sa juste valeur, puisque pour une fois, l'ensemble des marchés sont unifiés devant la victoire indiscutables des bulls...(momentanée la victoire).... Tokyo avance de 1.17%, Hong Kong ne sent plus ses jambes tellement ça monte vite, avec une hausse de 1.7%, la Chine se montre un peu plus circonspecte mais avance quand même de 0.4%, quant à Sydney, ce matin c'est Foster à gogo pour tout le monde et ils grimpe d'un gros pourcent.

 

Pour les nouvelles du jour, mis à par l'analyse approfondie de ce que les chefs du monde libre viennent de nous inventer, je dois dire que les journalistes ont eu peu de temps pour trouver autre chose à dire. Cependant, il faut tout de même noter que, selon des personnes proches du dossier à qui on avait demandé de se taire mais qui ne l'ont pas fait, il semblerait qu'Apple soit sur le point de mettre la main gauche (oui parce que dans la droite y a l'iPhone) sur la société de vidéo online Hulu. Etant donné que la compagnie de Steve Jobs détient environ 76 milliards de cash, il n'y a même pas besoin de se demander si ils vont appeler les banques pour se financer. En revanche, si c'est le cas, c'est Netflix qui peut commencer à trembler. Car si Apple se lance dans le contenu vidéo à la manière d'iTunes, il risque d'y avoir du sang sur les murs... Surtout au vu de la puissance de feu d'Apple. Pour vous donner une idée, Hulu vaudrait environ deux milliards, ensuite ils peuvent encore acheter LinkedIn et Netflix eux-même. Puis en prenant un petit crédit ils mettent la main sur Facebook.

 

Microsoft a publié des bons chiffres. Ils ont battu les attentes. Les analystes attendaient 58 cents par action, ils ont sorti 69 cents. Encore une bonne nouvelle, mais un peu à la manière d'Intel, c'est bien, mais c'est franchement moins excitant que les chiffres d'Apple. Le terminait la séance officielle à 27.10$ puis, après les chiffres le titres est rapidement monté en direction des 28, pour se planter direct derrière et termine la séance non-officielle à 27$... Pas de quoi fouetter Max Mosley.

 

Aujourd'hui nous sommes vendredi, les publications économiques seront nulles, pas qu'elles ne seront pas bonnes non, il n'y en aura simplement pas... Par contre côté chiffres trimestriels, on continue même si il n'y aura rien après clôture pour laisser le temps à tout le monde de prendre le premier train pour le Connecticut. Avant l'ouverture nous aurons droit aux chiffres de Caterpillar, GE, McDonalds et Schlumberger. Ces quatre-là ne devraient pas décevoir et donner une bonne idée de l'état global de l'économie US... Tant que l'américain achète des tracteurs et des pelles mécaniques, des fours micro-ondes et des grilles pain, se nourrit de hamburgers et met du pétrole dans ses tracteurs et ses voitures, il y a de l'espoir...

 

Ce matin les futures US sont en hausse de 0.25% et je serais moi, je ne serais pas « short » pour le week-end.. Il suffit qu'Obama fasse une prise d'otages chez les Républicains et fasse passer son plan... ça pourrait être le feu d'artifice...

 

En ce qui me concerne, je vous souhaite une E-X-C-E-L-L-E-N-T-E journée et un week-end tout aussi bon... On se retrouve lundi matin en pleine forme comme d'habitude pour voir si la face du monde aura changé...

 

A lundi

 

Morningbull

 

"Here is your federal government at work – the FAA has ordered a helicopter pilot who runs his own one-pilot charter company. It's his company, he's the only pilot. They've ordered him to give himself random surprise drug tests. He has to surprise himself with a drug test. They only way you can do that is if you are on drugs." –Jay Leno

 

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jeudi, 21 juillet 2011

C'est toujours la même eau qui coule

 

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NON, ne soyez pas surpris, rien n'a changé depuis hier et les choses qui nous faisaient plaisir, nous font toujours plaisir, mais un peu moins. Quant aux angoisses, on a toujours les mêmes. Ça fait quand même plaisir de voir que l'on reste consistant dans nos prises de positions pendant au moins plus de 36 heures. On commence à friser « l'investissement sur le long terme », c'est étrange de se sentir comme Warren Buffet....

 

Un « expert » qui était interrogé hier dans les médias américains résumait les angoisses du marché de la façon suivante : « Nous sommes au milieu d'un jeu d'échec et personne ne veut être échec et mat », pendant qu'un de ses collègues renchérissait en disant que ; « en ce qui concerne la dette US, nous ne sommes pas encore sortis du bois et en ce qui concerne la dette européenne, on n'est pas sorti du bois non plus ». Bon, on a bien compris je crois, en gros on est toujours paumé dans la forêt et on ne sait pas trop comment s'en sortir. Mardi soir on a vu un peu de lumière et on a couru en direction de ce que l'on croyait être la sortie, mais en fait ce n'était qu'une clairière et ce matin on se retrouve dans la même forêt que la veille et on a beau regarder la mousse sur les arbres, la sortie n'est pas simple à trouver. Toujours est-il que l'on résume le problème du marché à la problématique unique des dettes américano-européennes, comme si, le jour où l'on trouve moyen de résoudre l'équation tout allait se régler d'un coup de baguette magique... Oui, sauf qu'il faudra encore résoudre le problème du chômage et de l'immobilier dans la foulée et je doute que le team Harry Potter suffise à tout régler.

 

Après le rallye de mardi, les européens ont trouvé la force de continuer la course en tête, alors que les américains se posaient des questions sur la vitesse d'exécution d'Obama. Les européens couvraient les shorts et se préparait pour la journée de jeudi qui promet d'être chargée en communiqué de presse et en rumeurs toutes les plus délirantes les unes que les autres. Le Président de la communauté européenne (ou ce qu'il en reste), Monsieur Barroso a tout de même prévenu son monde : « La situation est grave et les leaders européens ont intérêt à montrer leur volonté à trouver des solutions ».. Sinon, en plus d'être grave la situation pourrait devenir désespérée.

 

A propos de leaders européens hier, Sarkozy est parti en courant pour aller rencontrer son homologue germanique afin de montrer déjà qu'il y a deux leaders qui se mettent au boulot la veille. Et c'est rassurant, parce que rien qu'à eux deux, ils ont presque trouvé une solution de bailout pour la Grèce. C'est en tout les cas ce qu'ils annonçaient hier soir tard déclenchant un rallye sur la monnaie européenne (ou ce qu'il en reste). C'est marrant je pensais que l'Europe était un groupe de pays et pas seulement l'Allemagne et la France.. J'ai du mal comprendre. En tous les cas, selon le FT, l'accord comprendrait un prêt de 101 milliards, plus une taxe de 71 milliards sur les banques de l'eurozone et un rachat de 20% de la dette grecque. Pour être honnête, je n'ai pas tout compris le deal annoncé hier soir. Le marché à l'air plutôt content, mais je ne sais pas si c'est simplement parce qu'il est rassuré que l'on cherche des solution ou est-ce qu'il est rassuré parce qu'il a COMPRIS la solution ? Je ne sais pas, mais mon sentiment personnel est que l'on comprends de moins en moins ce qui se passe et que l'on attend juste que le FT ou le Wall Street, qui ne comprennent pas forcément mieux que nous, viennent titrer en lettre capitales :  « TOUT VA BIEN, VOUS POUVEZ RESSORTIR CONSOMMER JUSQU'A LA PROCHAINE ALERTE »...

 

varvel.jpgPeu importe, hier l'Europe baignait encore dans son euphorie de la veille et s'offrait une belle séance avec Londres en hausse de 1.10%, Paaris de 1.61% et Francfort de 0.40%. La palme de la hausse revient encore une fois aux italiens et au espagnols qui explosent de 3%, les espoirs que la journée de lundi règlent définitivement le problème de la dette souveraine européenne se font ressentir. A ce chapitre-là, je me demande si l'on n'y pas TROP d'espoir non plus. Sachant que l'on pagaie dans cette problématique depuis bientôt 18 mois et là, en 8 heures de boulot une vingtaine de politiciens et économistes vont trouver la solution pour transformer le plomb en or. Vous je ne sais pas, mais moi j'ai comme un doute qui m'assaille...

 

Aux USA, mis à part le secteur technologique qui saluait les bons chiffres d'Apple, le marché restait dans une position que l'on peut qualifier d'attentiste. Après avoir affiché leur meilleurs séance de l'année, les indices américains restaient sur leurs positions en regardant Obama courir toute la journée de droite à gauche et de gauche à droite. Le Président à passer la plupart de son mercredi à courir après les différents « leaders » politiques américains. Que ce soit chez les Républicains ou chez les Démocrates, même dans son propre parti il doit convaincre que le dernier plan en date est un plan valable et viable et que l'on a besoin de serrer les coudes pour y arriver avant le 2 août. Bref, le Président à donc pris la Xantia Diesel, l'attaché caisse en simili-cuir et parti faire le VRP de luxe au travers de Washington. Il a également recontré John Boener (Speaker of the House) et Eric Cantor le « leader de la majorité »... Ils se sont parlé pendant près d'une heure et demi et comme le disait les journaux juste après : « il n'est pas évident de savoir ce qui s'est dit durant ce meeting ».. Surtout que rien n'a été communiqué. C'est l'apologie de l'information... Ils se sont vu, ils se sont parlé, mais on ne sait pas ce qu'ils se sont dit. Conclusion : Retour à la case départ sans passer par le start et sans empocher la prime de 4'000 CFA.

 

Vous l'aurez compris, la destinée du marché est entre les mains de quelques politiciens qui sont en train de jouer leurs cartes pour l'élection présidentielle de 2012. Je suis quasiment convaincu que certains de ces gars se foutent totalement que les USA soient en défaut de paiement, tant qu'ils sont Président...

 

Néanmoins, quand on regarde ce qui se passe aux USA, on a tout de même l'impression que jamais nous n'avons été aussi près de trouver une solution, Obama a même suggéré qu'il pourrait autoriser une hausse temporaire du plafond de la dette, histoire de se laisser un peu plus de temps pour trouver des solutions. On a tout de même l'impression que nous sommes dans la toute dernière ligne droite et que l'on essaye de faire monter le suspens, histoire de pouvoir au moins en faire un bouquin, un film, une série en 12 épisodes et vendre plein de produits dérivés une fois que tout cela sera terminé.

 

A 5h35 ce matin, il restait 288 heures 24 minutes et 27 secondes avant que les USA soient officiellement en Chapter 11. A ce propos, un des directeurs de la FED a déclaré lors d'une interview, qu'ils (la FED) se préparaient activement à gérer la crise à venir si les 288 prochaines heure ne nous permettaient pas de trouver la solution. C'est encourageant de savoir que les pompiers sont en train de préparer le matériel pour sauver le pays, mais ça veut aussi dire qu'ils croient vraiment que les USA pourraient capoter.

 

Comme vous le voyez, le marché est bien plus préoccupé par les effets de manche des politiciens que par le reste. Par moment on revient « back to the basics » et on se reconcentre sur les valeurs réelles du marché des actions, à savoir la qualité du bilan des sociétés, mais même si ces derniers sont globalement bons à très bons ces derniers jours, on revient toujours à l'endettement. Tant que ce sujet n'est pas derrière nous, il faut oublier la possibilité de retrouver ce bon vieux marché qui était préoccupé par les procès de Philip Morris et les fourberies de Goldman Sachs.

 

Le Dow Jones terminait en baisse de 0.12%, le S&P de 0.07% et le Nasdaq reculait de 0.44%, proportionnellement à ce qu'ils avaient chacun gagné la veille.

 

En ce qui concerne l'or, après sa violente correction de 7 dollars de la veille à cause du rebond du marché des actions, il a repris du poil de la bête et est repassé au-dessus de la barre mythique des 1600$. Ce matin, l'once d'or s'échange à 1602$.

 

Au sujet du pétrole, je voudrais m'excuser de toutes les moqueries que je fais chaque semaine au sujet des prévisions des inventaires pétrolier faites par mes amis les analystes. C'est vrai, je suis injuste, j'ai le beau rôle je ne me mouille pas et je critique tout le temps. Et puis c'est vrai, cette fois ils ont presque trouvé les bons chiffres. Selon les sondages, on attendait une baisse des inventaires de l'ordre de 1.3 millions de barils. Ils avaient tout calculé, tout anticipé et pourtant l'EIA est arrivée avec une hausse de 800'000 barils. C'est vraiment pas de bol, on y était presque, cette fois on s'est juste gouré de 2.1 millions de barils, après tout ça ne fait grosso-modo qu'un supertanker d'erreur. Et un supertanker ça ne fait que 380 mètres de long par 70 de large sur 30 mètres de haut. Une broutille. Non vraiment, je m'excuse auprès d'eux, ils ne font pas un boulot facile, en plus à l'EIA ils prennent un malin plaisir à changer les chiffres au dernier moment, rien que pour embêter.

 

Globalement les chiffres des inventaires étaient mauvais pour le prix du pétrole. Mais pourtant les futures WTI et Brent terminaient en hausse, parce que, je vous le donne en mille, « nous sommes proches de trouver une solution au plafond de la dette ».... AAAAaaaaaaahhhhh, le fameux plafond, toujours utilisable à toutes les sauces... Le WTI se traite à 98.28$ et le Brent à 117.82$.

 

koterba.jpgCe matin l'Asie se regarde un peu plus le nombril que d'habitude, puisque les chiffres économiques chinois montre un léger ralentissement, puisque les chiffres du China Manufacturing Purchasing Manager a été publié à 48.9 contre 50.1, affichant sa première contraction depuis juillet 2010. Dans la foulée le FMI estime que la Chine doit continuer à serrer la vis au niveau des taux d'intérêt. Le marché est donc en mode effritement ce matin, même si le Japon a surpris tout le monde en affichant un « trade surplus », l'éventuel ralentissement de la Chine remporte le tapis et justifie la baisse. Tokyo et Hong Kong reculent de 0.3% et Shanghai de 0.6%. Pendant ce temps Sydney, qui ne se sent pas concerné par cette affaire, monte de 0.2%.

 

Au niveau des nouvelles concernant les sociétés, parce que malgré tout cela, il se passe encore des choses de ce côté, hier soir il y avait eBay et Intel qui ont globalement sorti des bons chiffres mais qui sont des vieilles technos qui sont nettement moins drôle à traiter, du coup les investisseurs se montraient timides et méfiant, les deux titres se traitaient donc en baisse après la clôture. En revanche on a également pu assister à la publication des chiffres d'American Express et l'on a pu se rendre compte que si il y avait un seul endroit du secteur financier qui rigolait, c'est bien celui-là. Les dépenses par carte de crédit n'ont jamais été aussi élevées, c'est un plus haut historique pour AXP, la compagnie a gagné 1.07$ par action, soit une hausse de 27%. ça laisse songeur...

 

On notera l'arrivée de Zillow sur le marché( http://www.zillow.com/ ), le spécialiste du Real Estate a vécu sa première journée de bourse, une séance complètement débile pour le site internet. Alors que le prix d'émission était fixé à 20$, le titre est monté immédiatement jusqu'à 60$ avant de s'écrouler pour terminer la séance à 35$. La compagnie rejoint donc des sociétés comme LinkedIn, dans le le groupe fermé des titres qui ont gagné plus de 50% lors de leur première sortie en bourse. Mais ceci nous rappelle aussi que ce marché peut être complètement cinglé et que ce type de comportement n'est pas forcément un gage de sécurité pour l'avenir... et en plus, Zillow ne fait même pas de « réseau », essayez d'avoir des amis sur Zillow, vous verrez, c'est pas facile...

 

gorrell.jpgLe fameux broker qui ne fait que des recommandations négatives, Muddy Waters, s'attaque aux sociétés chinoises qui font du « solaire ». Depuis que la compagnie de Carson Block a publié sa recherche sur le sujet, les compagnies chinoises dans l'indice sectoriel Bloomberg (8 sur 17) ont perdu en moyenne 13%. Et le buzz continue de faire son effet, puisque d'autres investisseurs commencent à se poser des questions sur les méthodes comptables chinoises qui semblent de plus en plus discutables. Si ce phénomène venait à s'étendre, on pourrait commencer à se poser des questions ; comment un pays qui ne fait aucune erreur et qui donne des leçons de comptabilité et qui fait de l'ingérence dans les lois des autres pays peu laisser entrer en bourse, chez eux, sur le Nasdaq ou le NYSE des compagnies étrangères dont on n'a même pas vérifié la comptabilité... Il y a des fois des choses qui me dépassent.

 

En Suisse, les deux grandes banques pourraient licencier à tour de bras. Pourquoi ? Parce que le franc suisse est trop fort et les salaires sont payés en francs suisses alors que les profits sont fait majoritairement en monnaies étrangères. Dans un article de ce matin, les « EXPERTS » - sans que l'on sache vraiment qui c'est – estiment que l'UBS pourrait licencier 5'000 personnes dans le Private Banking, afin d'économiser 1 milliards. En revanche au Crédit Suisse, ils prévoient de licencier dans le secteur de la banque d'affaires, 1'000 personnes pour 800 millions. Pas besoin d'être fort en math pour se dire que, soit les chiffres sont complètement débiles, soit que dans la banque d'affaires, ils sont D-E-F-I-N-I-T-I-V-E-M-E-N-T trop et/ou mieux payé... Parce que 800 millions divisé par 1000, ça fait quand même un salaire moyen de 800'000 Frs par an... Je ne sais pas, mais j'ai comme un doute... Ou alors c'est qu'ils virent les 10 plus gros managers et là, du coup, ça peut faire du sens...

 

Pour aujourd'hui, il y aura les jobless claims, le Bloomberg Consumer Comfort Index, le Philly Fed, les FHFA House Price, les Leading Indicators, le Fed Balance Sheet et le Money Supply. Dans la foulée, il y aura également Ben Bernanke qui parlera et avec lui, on ne sait jamais. Sans compter que nous sommes jeudi et que c'est le jour du sommet européen tant attendu, à partir de là, tout peut arriver... Demain sera le début d'un nouveau monde merveilleux de la finance.. jusqu'au 2 août en tous les cas... Pour le moment les futures US sont en pleine euphorie dans une hausse stratosphérique de 0.08%.

 

Voilà, c'est tout pour ce matin, je m'en vais vous souhaiter une excellente journée et un très bon petit déjeuner, parce que c'est important le petit déjeuner. En ce qui nous concerne, on se retrouve demain à la même heure pour conclure cette semaine politique et voir ce que nos voisins européens ont inventé pour colmater la brèche.

 

Excellente journée

 

Morningbull

 

"The United States' soccer team lost to Japan, which means we're now losing to Japan in math, science, and penalty kicks." –Jimmy Kimmel

 

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mercredi, 20 juillet 2011

On va faire comme si lundi n'avait jamais existé

 

allie.jpg

 

 

 

Wall Street n'apprend rien et oublie tout ! Cette phrase, citée par Benjamin Graham résume bien la journée d'hier. Autant lundi nous étions à l'article de la mort et tout était foutu, les USA en défaut, l'Europe à la casse et les chinois au pouvoir. L'avenir semblait bouché et l'espoir de voir une éclaircie dans le ciel semblait bien mal engagé, on était d'ailleurs à nouveau dans le thème « l'Italie est dans la même situation que la Grèce, mais pire parce que c'est plus gros.... »

 

Et puis tout d'un coup, la magie de la finance a fait son oeuvre. Après la soirée de lundi qui a vu IBM montrer des bons chiffres, les gens ont commencé à se dire que, finalement les sociétés allait plutôt pas mal et que mis à part les financières qui publiaient des chiffres un peu limite-limite, le reste était pas mal, surtout le secteur de la techno qui semble carrément au bord de l'euphorie. Ensuite, on commençait à se dire que les politiques américains pourrait peut-être éventuellement bien réussir à trouver un moyen finaliser les travaux pour enfin réussir à pousser le plafond de leur dette un peu plus haut. Sans compter que du côté de la dette européenne, un ministre autrichien apportait également un début de solution pour le problème de la Grèce qui, même si ce n'est pas LA solution, laissait espérer que, finalement il y a tout de même des trucs à faire pour ne pas laisser couler la patrie des Dieux.

 

Tout cela mis bout à bout, nous donne une journée qui a commencé de manière explosive dans le secteur de la techno et un peu moins drôle dans le secteur financier, mais définitivement haussière.

 

IBM a commencé par tirer l'ensemble de sa communauté à la hausse, pendant que Bank of America publiait ses chiffres du trimestre, accompagnés par Goldman Sachs. Rien de bien sexy, puisque Goldman a publié un trimestre en dessous des attentes, les divisions « market making » et obligataires n'ayant pas été dans leur meilleur trimestre, mais la déception du marché était somme toute gérable, puisque le titre ne reculait « que » de 0.7%. Il fût pourtant assez drôle de voir le CFO de Goldman Sachs se défendre devant la presse puisque dans la lignée la chute des résultats trading, certains journalistes se sont demandé si finalement, Goldman n'était peut-être plus Goldman... David Viniar s'est défendu, c'est tout simplement un mauvais trimestre et puis c'est tout !!!

 

Bank of America n'a pas fait beaucoup mieux, ses chiffres du trimestre sont pourris, plombés par leur histoire d'hypothèques léguées par l'acquisition magnifique de la boîte à magouille « Countrywide » à l'époque où le subprime était à la mode. Néanmoins et même si BofA était la pire performance du Dow Jones hier soir, on commence à se dire qu'à ce niveau-là ; « faut quand même pas déconner et ça devient quand pô cher »... Même le Barron's le dit ce matin. Donc, il semblerait qu'après la journée pourrie de lundi, ce mardi marque le retour des adeptes de la pensée positive qui trouvent du bon même dans les fosses à purin.

 

Quand les titres qui sont les pires performances de la veille sont considérés comme des « top shots » le lendemain, c'est soit les « Bears » sont en vacances, soit Roubini est définitivement interdit d'accès à CNBC et en signe de boycott, les bearishs ne vont plus à la télé, laissant la place à la communauté des bêtes à cornes pour aller faire leur campagne de marketing pour rendre la hausse des marchés populaire et, justifiable surtout....

 

matson.jpgIl faut néanmoins reconnaître que cette hausse n'aurait pas été possible sans la création du fameux « Gang des six ». Si vous n'en avez pas encore entendu parler, ça ne saurait tarder, c'est tout simplement le nouveau truc à la mode aux USA et c'est le dernier bébé du Président Obama. Hier il est arrivé avec une 64ème « nouvelle proposition » pour refaire le plafond. Et il a appelé ça, le GANG DES SIX. On voit que c'est la récession, à l'époque on avait les 7 mercenaires et maintenant il en manque un... Bref, c'est un nouveau plan magique qui pourrait éventuellement peut-être résoudre le problème de désaccord entre les parties. Ce n'est pas encore gagné mais il semblerait que le mélange hausse du plafond-réduction des déficits avec un plan qui semblerait tenir la route, même si en le lisant on est mort de rire, il pourrait éventuellement enfin toucher le coeur des Républicains qui pourraient se laisser tenter et clôturer une fois pour toute ce chapitre – enfin, surtout jusqu'à la prochaine fois – chapitre qui ennuie tout le monde, qui bloque tout le monde et qui fatigue tout le monde parce que peu de monde y comprends quelque chose. Et puis il faut avouer, passer la soirée à lire une douzaine d'articles sur le sujet est extrêmement déprimant et soporifique...

 

En résumé, durant la journée d'hier les Républicain ont fait passer un de leurs plans devant le Sénat, un plan qui s'appelle « Cut, Cap and Balance », un plan qui a été qualifié de « ridicule » par les Démocrates et dans la foulée Obama est arrivé avec son « Gang of six » qui a soulagé totalement les investisseurs.. J'ai quand même noté un truc assez marrant. Avec le plan d'Obama, la sécurité sociale devrait être « solvable » d'ici, à peu près, 2086. Obama devrait donc être dans son 19ème mandat, un truc comme ça... Bref, ne nous emballons pas non plus, mais ce plan semble être ce qui se rapproche le plus d'une solution miracle pour permettre aux USA de payer leurs créanciers.

 

A noter également que, SUPER-Obama n'était pas uniquement actif sur le plan de la dette US et du soutien de Wall Street, non, il a également trouvé le temps d'appeler Angela Merkel pour qu'ils puissent bien faire le point avant la réunion de jeudi. Angela Merkel qui semblait ronchonner à l'idée d'y aller tant qu'un plan viable n'était pas sur la table. Il semble que la discussion entre les deux chefs d'Etat a un peu adouci ses réticences. En revanche quand on lit les articles de presse à ce sujet, c'est un grand-moment. Communiqué de presse :

 

"Le président a parlé au téléphone ce matin avec la chancelière allemande Angela Merkel au sujet de la crise dans la zone euro" – ça, c'est les faits... Ensuite, ça devient pointu :

 

"ils sont tombés d'accord sur le fait qu'il était important de traiter cette crise efficacement pour soutenir la reprise économique en Europe, ainsi que pour l'économie mondiale"- Là, c'est la toute grande classe. Visiblement, après avoir bien réfléchi et parlé longtemps, ils sont d'accord sur le fait de pas laisser couler l'Europe, il semblerait que c'est mieux pour l'économie.. SANS BLAGUE ??? En conclusion il est mieux que l'Europe ne sombre pas, que les USA ne tombent pas en défaut et que quand le chômage baisse, c'est une meilleur nouvelle pour la consommation, que l'eau ça mouille et qui si vous arrêtez de respirer vous allez vous faire mal en tombant par terre et en mourant.

 

Moi, quand je serais grand, je veux écrire des communiqués de presse dans lesquels on enfonce des portes ouvertes.

 

Ceci dit, ce mardi était une belle journée et comme disait l'autre, je vais me coucher. Meilleure journée pour le Dow Jones depuis le premier janvier 2011, ce n'est pas rien et la meilleure performance du S&P500, c'est : Harley Davidson. 10% de hausse, résultats canons, meilleures ventes aux USA que dans le reste du monde, ce qui une nouveauté ces dernières années et des chiffres 10 cents au dessus des attentes des analystes. On the road again... Le titre est en hausse de 300% depuis le fond de la tasse après subprime. Je connais bien des japonaises qui voudraient faire pareil...

 

Pour le reste, le 19 juillet était le jour de la technologie. Tout ce qui touchait de près ou de loin la techno était en hausse, merci IBM et puis l'attente des chiffres d'Apple motivait tout le monde. J'y reviens plus bas.

 

darkow-1.jpgComme le marché explosait, évidemment que la valeur refuge ne « le faisait plus », on constatait donc quelques ventes du côté de l'or, comme quoi ça ne peut quand même pas monter tout le temps. Même si à la fin, ça monte. Ce matin l'once repasse sous les 1600$ et s'échange à 1592$. Le pétrole est toujours aussi ennuyant, même si il reprend 2 dollars, probablement parce que si on trouve un accord sur le plafond de la dette, ça devrait faire du bien au marché, à l'économie, donc au pétrole ou alors il monte peut-être parce qu'il y avait plus d'acheteurs que de vendeurs hier. Ce matin le baril est à 98.17$ sur le WTI et à 117.71 sur le Brent. Ce soir il y aura les inventaires et ça va nous occuper.

 

Le Dow termine donc en hausse de 1.63% à 12587, le S&P, pareil à 1327 et le Nasdaq bondit de 2.22% à 2827. Londres avançait de 0.65%, Parid de 1.21% et Francfort de 1.19%. Milan rattrape forcément le retard par rapport aux autres, mais ne remonte « que » de 1.92%. Ce matin, le Japon grimpe de 1.4%, merci la technologie (sans compter que je suis passé chez Samsung hier) et Hong Kong avance plus timidement de 0.13%, quant à Shanghai, ils sont dans leur monde à eux en recul de 0.40%. Sydney compatit avec le reste du monde et avance de 1.5%.

 

MAIS, LE CARTON DE LA JOURNEE est à mettre au crédit de, je vous le donne en mille ; APPLE... Et oui pour changer, à chaque trimestre quelques oiseaux de mauvaise augure tentent d'avancer l'éventualité que le mythe prenne fin ou qu'éventuellement cette fois soit la dernière.. Encore une fois ils ont annoncés des chiffres stratosphériques. Les « analystes » attendait 5.8$ par action et des revenus pour le trimestre de 24.9 milliards, ce qui est déjà ENORME, mais Apple a annoncé 7.79$ par action et des revenus de 28.57 milliards. OUCH !!! Caramba, encore raté. Ils ont généré 11 milliards de cash en trois mois vendu plus de 20 millions d'iPhones contre 17 millions attendus, le titre a explosé après la clôture pour passer la barre des 400$, avant de terminer la soirée légèrement en dessous. Néanmoins le titre est au plus haut historique et dire que mi-juin il va valait à peine 310$... Les prévisions du trimestre à venir sont ultra-conservatrices, mais c'est sans compter l'arrivée probable de l'iPhone 5.

 

Bien que dans l'ombre des publications de Steve Jobs, Yahoo a également publié des chiffres légèrement décevant. Vmware a battu nettement les attentes du marché et reprenait 6% after close et puis après la clôture officielle le marché continuait de grimper alors qu'Obama annonçait que l'on faisait des progrès au chapitre de la dette.

 

Pour le reste de nouvelles, on parle de 1'000 licenciements chez Goldman Sachs, après les chiffres d'hier après-midi, l'ambiance n'est pas au beau fixe chez le Broker, il est temps de trouver un nouveau moyen de faire du pognon. American Airlines va acheter 400 avions, chez Airbus et chez Boeing pour ne pas faire de jaloux. Moody's a placé 5 Etats américains sur leur liste de « review » pour éventuel downgrade, il s'agit du Maryland, de la Caroline du Sud, du Nouveau Mexique, du Tennessee et de la Virginie. Ils sont dépendant des USA, à savoir si les USA sont downgradés le 2 août, ces 5 Etats aussi. En gros, ils font le même mouvement que S&P vendredi soir, si les USA vont se crasher au sol, ils ne seront pas tout seul... parole d'analyste !!!

 

Les « shorteurs de marché » semblent avoir identifié une quinzaine de nouvelles victimes. Dans les publications mensuelles des compagnies les plus vendues à découvert, ce mois il y a des nouvelles têtes inhabituelles, Bank of America et Goldman Sachs entre autres.. Il y a quelque chose qui change au royaume de Manhattan.

 

Demain c'est le grand jour en Europe, ce n'est pas le premier de 2011, mais c'est le prochain. Le premier ministre grec, Monsieur Papandreou a déclaré que leaders européens devront montrer qu'ils sont capable de résoudre le problème de la Grèce pour éviter la contagion à l'Italie et à l'Espagne. En même temps, lui ça l'arrange si on résout son problème à lui, après pour ce qui est de l'Espagne ou de l'Italie, à l'extrême limite, il ne doit pas en avoir grand-chose à faire. Histoire de remettre l'église (orthodoxe) au milieu du village, le FMI a déclaré que « même avec une solution miracle, le risque de contagion restait très élevé ». Oui, mais alors si on ne peut rien faire parce que de toute façon ça va péter, pourquoi on se casse pas faire le tour du monde en voilier ??? Enfin, pas le tour du monde, surtout là où y a du soleil et de la chaleur, pas comme ici.

 

Côté chiffres économiques, il n'y aura pas grand-chose d'excitant. Les MBA Purchase Applications, les existing home sales et la loterie à numéros des inventaires pétroliers. By the way, avez-vous remarqué comme depuis quelques temps on ne parle plus du pétrole ? Ou pas beaucoup. C'est fou nom ? Les temps changent comme disait MC Solar.

 

Pour les publications du trimestre, il y aura EMC, BlackRock, Textron, UTX et US Bancorp avant l'ouverture et dès 22h00, nous aurons eBay, Etrade, Noble, Qualcomm, Xilinx et American Express. Pour le moment, les futures US sont en hausse de 0.2%, laissant supposer qu'il y a encore de l'espoir pour une suite de rebond, sans compter que personne n'aura vraiment envie d'être short pour demain...

 

Avant de prendre congé de vous, je me permet de glisser une requête inhabituelle ; je cherche une place de troisième année d'apprentissage de cuisinier sur Genève. Non, ce n'est pas pour moi, mais si quelqu'un autour de vous aurait ceci dans son réseau... Je suis preneur. N'hésitez pas à me contacter à l'adresse habituelle – morningbull@morningbull.ch

 

Voilà, c'est tout pour ce matin, il me reste à vous remercier d'avoir été attentifs jusque là, je m'en vais vous souhaiter un excellent café, ce qui n'est pas peu dire pour moi qui suit en rupture de stock ce matin. On se retrouve demain, comme prévu.. De toute façon, vu le temps, il n'y a pas grand-chose d'autre à faire...

 

Excellente journée (pluvieuse et automnale) à vous...

 

Morningbull

 

"The Treasury Department is shifting from paper to electronic savings bonds next year. But don't worry — the electronic bonds will be just as worthless as the paper ones." –Jimmy Fallon

 

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mardi, 19 juillet 2011

Nous sommes dans la quatrième dimension

 

cam.jpg

 

 

 

Ce matin, mon réveil sonne à 4 heures, comme tous les jours. J'allume mon PC et je commence à lire, lentement, afin de remplir mon cerveau de toutes ces informations financières que je vais devoir transformer en informations digestes pour mon commentaire matinal. Et puis soudain, après 40 minutes de lectures tout azimuts sur mes sites financiers préférés, je me rends compte que je tourne en rond, j'ai comme un sentiment de « déjà vu ».. Vous savez ces moments où vous avez l'impression d'avoir déjà vécu, ces instants que vous connaissez parce que ce n'est pas nouveau, c'est un terrain connu. Alors je check mes calendriers, pc, iPhone, montre, Bloomberg, même celui de la boucherie qui est collé sur le frigo... Pourtant rien... aucun doute il semble bien que nous sommes le 19 juillet... Et pourtant je mettrais ma main à couper que je suis dans la quatrième dimension, je vais devoir écrire ce que j'ai déjà écrit...

 

Donc, si je ne suis pas dans une dimension parallèle, c'est que le marché tourne en rond et fait du neuf avec du vieux, revient sur les mêmes théories que la semaine passée, mais surtout les mêmes théories qui avaient déjà été contrées, digérées, comptabilisées... Non, là visiblement on est complètement paumés et on se cherche, quitte à revenir encore et encore sur les mêmes sujets. C'est dire si il n'y a rien à dire...

 

En même temps, il faut reconnaître que les politiques qui nous gouvernent ne nous aident pas vraiment à « tourner la page ».

 

Tout a commencé en Europe... Il semblerait, que la Grèce aurait quelques problèmes de financement. Vous étiez au courant ? Ah bon, parce que moi c'est la première fois que j'en entend parler. Peut-être qu'il faut que j'arrête de lire le « Pif Gadget » et que je passe à autre chose de plus « économique », mais je n'étais pas au courant pour la Grèce et visiblement les intervenants non plus. Ce qui veut dire que nous avons probablement le même type de lecture. En gros, on prend les mêmes et on recommence. Les instances européennes vont se rencontrer jeudi pour trouver un accord au sujet de la Grèce. C'est plutôt une bonne nouvelle sauf que :

 

  • On ne sait pas trop quel accord on va bien pouvoir trouver pour résoudre leur problème qui est de leur prêter de l'argent sans que le pays soit considéré comme « en faillite »...

  • Trichet a répété que les obligations d'un pays en défaut de paiement ne pourraient pas être acceptées comme collatéral..

  • Alors que Merkel n'a pas l'air 100% d'accord

  • Merkel qui a d'ailleurs dit qu'elle ne viendrait pas au sommet si un accord n'était pas en vue... L'ambiance promet d'être franche et chaleureuse.

  • En gros, une journée de sommet, ça risque d'être un peu court pour régler tous les problèmes liés à la Grèce, ce qui n'aide pas à diminuer le stress qui pèse sur les épaules de investisseurs..

  • Et puis surtout, jeudi c'est super loin quand tu commences la semaine...

 

holbert.jpgC'était donc la première raison de ne pas avoir envie d'aller au boulot lundi matin. Ensuite, on s'est dit que si la Grèce allait mal, ça n'était pas gagné pour l'Italie, donc, sell-off en Italie, exactement comme lundi et mardi passé avant que l'on tourne la veste et que l'on se dise que « l'Italie n'est pas la Grèce ». Apparemment les bonnes résolutions ne durent qu'un temps. Reprenez la séance de lundi passé et c'est « same player shoot again »... Et après « same player shoot again », en général il y a : « Game over » . Le marché milanais s'est donc fait laminer propre en ordre et en abandonnant 3%, il devenait le leader de la baisse en Europe, pendant que la Grèce était un des marchés les moins impactés par la baisse d'hier, comme quoi il n'y a pas de justice.

 

Et puis pour être parfaitement complet il n'y avait pas que le problème de la dette, oui parce que vendredi soir passé, alors que tout le monde était déjà en week-end, les fameux « stress tests annuels » ont été publiés, avec l'annonce que tout le monde passait la rampe sauf 8 banques dont vous n'avez jamais entendu parlé sauf si vous êtes allés récemment faire un reportage sur les caisses d'épargne en Espagne profonde. C'était donc plutôt une bonne nouvelle. Oui, sauf que dès le retour au bureau de ce lundi, la polémique faisait rage... Les stress tests en question n'auraient pas été si stressant que ça et du coup, ils perdent en valeur... Il est vrai que les génies qui se sont occupés de ce tests, n'ont même pas simulé un défaut de la dette grecque dans leurs scénarios, je ne vous parle même pas d'un éventuel défaut US...

 

Bref, les banques étaient dans le viseurs des vendeurs et c'était clairement les gros et grands perdants de la journée en Europe. C'était sans compter les américains.

 

Aux USA on reprenait les mêmes arguments et on en remettait une couche sur Bank of America qui devrait se recapitaliser à hauteur de ... 50 milliards, histoire d'éponger les pertes hypothécaires. 50 milliards, un bricole. Le titre perdait encore 2.8%, ce qui est somme toute pas trop mal quand on voit ce que sont pris les banques européennes qui elles, n'ont pas de pertes sur le marché hypothécaire. En gros, il semble que du point de vue de l'investisseur, il vaut mieux faire une augmentation de capital de 50 milliards pour éponger les pertes, plutôt que d'avoir des bonds grecs, italiens ou espagnols en position...

 

Et puis les américains ont beau faire les malins, si nous, en Europe, on attend notre meeting de jeudi pour voir qui part à la casse et par quel tour de magie les gros pontes de l'Union vont nous sauver la mise et faire disparaître la dette comme par miracle en mettant des chèvres grecques ou des moutons irlandais comme collatéral, et bien pendant ce temps, les américains sont en train de faire leur compte à rebours, dans 336 heures, 39 minutes et 19 secondes (à 5h20 ce matin 19 juillet), les USA seront en défaut de paiement.

 

Là, en général on chante : ÒÒÒÒÒÒÒÒÒÒÒÒ ..can you seeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

stahler.jpgEt la bonne nouvelle, c'est qu'ils sont à peu près aussi avancés pour réhausser le plafond de la dette, que je suis avancé dans le bouquin « Guerre et Paix ». La haine entre Républicains et Démocrates est palpable et on n'est pas loin de rejouer la guerre de sécession. De plus il semble que les Républicains sont prêts à bloquer les négociations, juste pour qu'Obama puisse être LE Président qui a emmené les USA au défaut – sachant que W. Bush n'y est bien sûr pour rien du tout.. Bref, les négociations sont à peu près du même niveau que celles de deux petits garçons de 3 ans et demi qui se disputent le titre de celui qui fait pipi le plus loin dans la neige... le terme « enjeux économiques » n'arrive même plus au cerveau de ces Messieurs.

 

Inutile de vous dire que ça fait moyennement plaisir aux intervenants. Le marché US a donc baissé comme le reste pour les mêmes raisons que le reste avec le même sentiment de déjà vu que le reste. On reprend les vieilles théories et on recommence et à la fin, on n'est pas plus avancés qu'avant. Il faut tout de même dire qu'aux USA, étant donné à la vitesse à laquelle tout cela a commencé, on s'attendait à pire...

 

Heureusement il y avait l'or. La solution à tous les maux. L'élixir du bon docteur Gold. Un problème sur les marchés financiers ? Une angoisse sur les dettes souveraines ? Un profit-warning ? Un mauvais chiffre économique ? Un « chapter 11 » ? Un Flash Crash ? Pas de problème, vous achetez de l'or et de toute façon, c'est comme dans Starsky & Hutch, c'est toujours lui qui gagne à la fin. Ah, à propos, l'or fonctionne également pour le retour de l'être aimé, la dépression nerveuse, les pc's en panne et les fins de mois difficiles. Toujours est-il que le métal jaune a franchi une nouvelle barrière et un nouveau record. Nous sommes au-dessus des 1600$ à 1603$ ce matin. Le nouveau record du monde du lancer de l'once d'or se situe à 1607.90$ et le plus bas de ces 52 dernières semaines est à 1168.40$... Ouch.. Et puis, économie fatiguée, marché pourri, dollar, euro, dette souveraine, conjonction des étoiles, signe du zodiac d'Obama et couleur du cheval blanc de Napoléon, peu importe la raison, le pétrole était un peu mou du genou et se traînait sur les niveaux des 96$. Peu d'enthousiasme sur le sujet et encore moins d'intérêt, en effet, en ce moment si il faut être « OR », il faut être jaune et pas noir.

 

Dow Jones 12385 -0.76%

S&P500 1305 -0.81%

Nasdaq 2765 -0.89%

Londres 5766 -1.32%

Paris 3651 -2.04%

Francfort 7108 -1.55%

Milan 17886 -3.06%

Tokyo 9904 -0.71%

Hong Kong 21722 -0.38%

Shanghai 2936 -0.49%

Sydney 4544 +0.10%

 

Ce matin, l'Asie est dans le rouge, le Japon qui revient d'un long week-end n'a pas d'autre choix que de rattraper le retard et pour le reste, il ne faut pas chercher bien loin, les thèmes sont exactement les mêmes que ceux sur lesquels nous travaillons, nous les occidentaux.

 

D'un point de vue technique, les marchés sont à nouveau dans une zone critique, la dernière fois que le S&P500 s'est trouvé dans pareil situation, c'était durant la période pré-plan d'austérité miracle en Grèce et techniquement on reprend la même direction, celle de la moyenne mobile des 200 jours, à savoir les 1276. Au rythme où ça baisse, on devrait y être à peu près pour la fin du mois de juillet, histoire de voir si les Obama and friends ont trouvé une solution pour sauver le monde...

 

Dans les nouvelles de la journée on retiendra que les discussions de cour d'école reprennent aux USA, puisqu'un de responsables républicain, Reince Preibus accuse Obama de crime pour avoir tourné une vidéo de campagne électorale dans les jardins de la Maison Blanche. Il est vrai que c'est HYPER-Grave... On n'a pas tous les mêmes préoccupations et ça fait rudement plaisir de voir que les gens qui nous « dirigent » sont à peu près aussi intelligent que mon chien quand tu lui lances une balle...

 

D'un point de vu plus « économique », le Barron's publie un article sur la valorisation de LinkedIn, je dois reconnaître que ça fait plaisir de voir que je ne suis pas le seul à penser que c'est n'importe quoi. En deux mots, JP Morgan downgrade le titre sur « neutre » citant les valorisations un poil riches. Le tire vaut 102$ pour une capitalisation boursière de 10 milliards. Si on suppose que la croissance reste la même, elle se traite à 328 fois les revenus « attendus » de 2012. de plus, si l'on compare avec la capitalisation boursière de Netflix, qui est connue pour être chère, Netflix pèse 15 milliards, soit 50% de plus que LikedIn, mais les revenus sont 7 fois plus importants... Et Netflix est un des titres les plus shortés du marché... Il y a un truc qui ne joue pas quelque part ou alors je n'y comprends plus rien... Il faut reconnaître que la seconde option est parfaitement plausible.

 

Petit sondage au passage, juste pour dire que Research In Motion, père fondateur du Dieu Blackberry, est foutu. Hier il y avait une rumeur qui disait qu'ils seraient prêt à renoncer à leur fameuse « tablette » et un sondage a été publié, seulement 4% des utilisateurs pensent acheter un Blackberry comme prochain appareil... Contre 32% début 2009. Hhhmmm ça sent le sapin... ou le take over...

 

Le plus gros Hedge Fund manager du monde, et pas le plus célèbre, Ray Dalio qui gère 80 milliards, vient de donner une interview au New Yorker et il voit un effondrement économique d'ici les premiers mois de 2013. La raison principale sera l'impression d'argent frais qui sera inévitable d'ici là. Dans la série « nouvelles positives », Sean Egan, analyste crédit indépendant estime que « toute l'Europe est un gros Lehman Brothers »...

 

Hier soir IBM a publié ses chiffres du trimestre, meilleurs que les attentes, même chose chez Wynn, chez Mosaic et chez Steel Dynamics, tout était meilleur et les titres de tout ce petit monde traitait en hausse après les annonces. IBM annonce également une hausse des prévision pour 2011. Globalement, les chiffres qui sont publiés sont bons, voir très bons. L'autre jour, les bons chiffres de Google ont apporté 1.9 milliards de plus à la fortune de son CEO... En tous les cas, le ton est totalement différent des chiffres économiques et de l'état d'endettement des gouvernements.

 

On continue d'ailleurs avec les résultats dès cette après-midi. Gros morceau, puisque nous aurons, avant l'ouverture : Bank of America, Bank of NY, Coca et Cola, Goldman Sachs, Harley Davidson et Wells Fargo, entre autres. Ensuite, après la clôture, nous aurons Apple. Il y en aura plein d'autres aussi, comme Yahoo par exemple, mais quand tu passes derrière Apple, ça n'intéresse plus grand-monde.

 

Côté chiffres économiques, nous n'aurons pas grand-chose, comme si les nouvelles économiques se retiraient pour ne pas faire d'ombre aux chiffres du trimestre. Il y aura tout de même les ventes des grands-magasins, les Housing Starts et le Redbook. Pour le moment, les futures américains sont en hausse de 0.14% et on essaye de digérer la séance de la veille, même si il n'y avait rien de neuf et vu que ces jours on aime bien faire du neuf avec du vieux, il n'est pas exclu que l'on vienne remettre sur la table les chiffres du chômage d'il y a deux semaines ou pire les writedown du subprime de 2008.

 

Voilà, je crois que c'est tout pour aujourd'hui. En ce qui me concerne, je vous retrouve demain pour la suite du « remake » des séances de la semaine passée. Dans l'intervalle, je vous souhaite une excellente journée, un bon café et à demain.

 

Morningbull

 

"In the last month, President Obama's re-election campaign raised $86 million. But the bad news is, to get re-elected, he has to come up with $14 trillion more." –Jay Leno

 

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lundi, 18 juillet 2011

Nouvelle semaine, mêmes problèmes, mêmes questions

 

beeler.jpg

 

 

 

Je ne vous apprendrais en vous disant que ce matin nous sommes lundi et que rien, mais alors rien n'a changé. La fin de semaine s'est terminée en se posant les mêmes questions sur l'état de santé de l'Europe, se demandant si on allait s'en sortir et si c'était cas, comment allait-on s'en sortir ? Ensuite on s'est demandé si les américains allaient faire défaut ou pas, est-ce que les politiciens de Washington allaient mettre de côté leurs égos surdimensionnés et (enfin) trouver une solution pour laisser monter le plafond de cette dette US (même si ce n'est que repousser le problème), ou est-ce qu'ils allaient encore continuer à rouler face à face en se disant moi j'en ai une plus grosse que la tienne, je ne tournerais pas le volant (une plus grosse voiture, bien sûr). La réponse étant évidement que rien ne change à Washington et qu'aucun compromis n'aura été trouvé, loin de là...

 

Et puis finalement, on s'est demandé si l'économie allait vraiment s'en sortir ou est-ce que les partisans du « double dip » étaient en train de gagner. Est-ce que les sociétés américaines n'allaient pas trop décevoir ce trimestre alors que les attentes sont très très hautes, on s'est aussi demandé si l'iPhone 5 allait finalement sortir et si le dernier Harry Potter était vraiment bien.

 

Voici en gros toutes les questions que nous nous sommes posées ce vendredi. Sauf qu'évidemment, nous n'avons reçu aucune réponse et ce lundi matin n'est qu'un vaste prolongement de la journée de vendredi. On n'a pas avancé d'un iota, tout est verrouillé et rien ne semble vouloir changer. Alors en bons investisseurs bien sages, nous allons remettre l'ouvrage sur le métier et recommencer en espérant que ce lundi amènera plus de réponses que de questions, sauf que pour être honnête, personne n'y croit vraiment.

 

Commençons tout d'abord avec le « plafond de la dette ». Rien n'a changé depuis vendredi, sauf que le week-end aura été utilisé afin d'étudier et d'envisager les éventuels scénarios. Alors si vous ouvrez vos journaux ou allez sur vos sites internet préférés, vous trouverez à boire et à manger en terme de prévisions. On s'est amusés à imaginer que les Républicains et les Démocrates ne trouveraient pas d'accord, à partir de là tous les scénarios sont possibles et les « experts » ont essayé de jouer à « Retour vers le Futur » pour imaginer ce qui se passerait si les USA tombent en défaut.

 

matson-1.jpgA partir de là, on va faire très simple. Soit je prends 5 pages à vous expliquer éventuellement peut-être ce qui pourrait se passer, soit on admet que l'on ne sait rien, pas plus que l'on sait où sera le pétrole dans 15 jours, six moins ou en 2056 et on se dit qu'il faut vivre le moment présent et que tout le reste n'est que spéculation. A moins que vous ayez le numéro de téléphone portable d'Obama (ce dont je doute) et qu'il vous tienne au courant en temps et en heure de l'avancée des débats et de ses espoirs et déceptions, nous ne pouvons qu'attendre et subir les conséquences. Ceci dit, on peut envisager deux choses ; si le plafond est augmenté, le marché sera soulagé, même si au fond d'eux-mêmes les intervenants ne pourront pas s'empêcher de penser que c'est reculer pour mieux sauter et si il n'est pas augmenté et que les USA entrent en défaut de paiement, ça risque d'être très moche à court terme, mais à la fin ça ne sera que des opportunités d'achat, parce qu'on ne va pas démanteler les USA pour les vendre en morceaux.

 

En gros on n'en sait rien et on ne peut qu'attendre dans l'incertitude, même si l'on n'aime pas, mais alors pas du tout l'incertitude.

 

En plus pour rajouter un peu de stress sur cette histoire, S&P s'est offert le petit plaisir supplémentaire avant le week-end. Tel le carré de chocolat avec le café, les Rois de la finance se sont exprimés avant de partir en week-end et ils ont estimé que si les USA ne remontait pas le plafond de leur dette rapidement (d'ici fin juillet), nous seulement ils downgraderaient le TRIPLE A des USA sur « bouse de vache » ou sur « junk bond » ou sur « à n'acheter uniquement pour refaire sa tapisserie », mais, et là c'est nouveau, ils downgraderaient tout ce qui porte un TRIPLE A aux USA, états, villes, contés, villages, stade foot, équipe de baseball et sociétés. En gros on met tout le monde dans le même sac avec des pierres au fonds et hop, le tout au fond du lac. Pour faire simple ils ont pris le pays en otages et sont en train d'hurler (hystériquement) en s'adressant au politiciens – que si ils ne trouvent pas une solutions, ils tuent tout le monde et se collent une balle dans la tête. Visiblement S&P a pété un neurone et sont au bord de la crise de d'hystérie, même si la partie du scénario dans lequel ils se tirent un balle dans la tête peut paraître assez intéressant... Un monde sans S&P serait presque aussi intéressant qu'un monde avec un plafond de la dette US remonté de quelques trillions.

 

Voilà. Chapitre de la dette US, on n'en sait rien et l'incertitude est de mise. Même chose du côté de la dettes souveraine, ce n'est pas mieux. La situation est un peu différente, mais à la fin on revient exactement au même problème, on n'en sait rien et non voit pas vraiment quelles sont les solutions. L'Europe doit se rencontrer ce jeudi et le résultat de ce meeting est censé nous donner la réponse à tout. Sauf que, pour être franc, étant donné que ça fait tout de même un mois que la Grèce est soi-disant sauvée et que personne ne sait vraiment comment on va faire ce tour de magie et surtout qui va payer à la fin, on est droit d'être assez dubitatif sur le résultats des négociations de jeudi.

 

Reste encore les résultats trimestriels et c'est peut-être la seule chose de tangible que nous allons avoir dans nos mains. Cette semaine, nous rentrons dans le « gros morceau ». Bank of America, Goldman Sachs , Wells Fargo, Halliburton, Johnson et Jonhnson, Apple, Altria, EMC, Microsoft, At&t, Ford, GM et j'en passe et des meilleurs. En gros, vous l'aurez compris, si les résultats trimestriels sont censés nous faire un électrochoc, c'est cette semaine ou jamais, c'est donc LA grosse semaine du mois....

 

Et puis, il y l'or et l'argent. Alors que l'état de santé du patient « ECONOMIE » semble toujours aussi mauvais que depuis le jour de l'accident, la seule chose qui semble évidente dans l'esprit des investisseurs est d'acheter un parachute au cas où tout partait définitivement en vrille. En même temps je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de lancer un lingot d'or en l'air et de le regarder planer tranquillement jusqu'au sol, mais je peux vous dire que ça vole moyennement bien. Le taux de descente en plané du lingot d'or est à peu près aussi efficace que le celui du frigidaire. Néanmoins, quand on ne sait plus quoi faire d'autre et que la visibilité que nous offre le marché des capitaux et la même que ce lundi matin, on peut comprendre que l'on ait qu'une seule envie, celle d'acheter de l'or.

 

Ce matin le métal jaune est au bord du break out à la hausse, puisqu'il s'échange juste sous son niveau mythique des 1600$, de plus les Hedge Funds qui ne savent visiblement plus rien jouer d'autre que l'once d'or, annoncent qu'ils ont encore augmenté leurs expositions au métal jaune. L'once se traite à 1597.80$ et l'argent est à 39.91$. Le pétrole, de son côté est toujours dans le pâté et ne sait plus trop où aller. Pour le moment le WTI se traite à 97.16$ et le Brent est à 116.83$. Si vous désirez une explication du pourquoi et du comment le pétrole se trouve ici, il vous faudra chercher du côté du dollar et des perspectives économiques. Mais franchement, autant jouer les perspectives du baril à court terme en le lisant dans le marc de café ou dans les feuilles de thé, le sang de l'agneau fraîchement égorgé étant un peu trop salissant.

 

fitzsimmons.jpgEn conclusion, nous sommes au milieu de nulle part et bien malin celui qui pourrait nous par où il faut aller pour se rapprocher d'un marché civilisé. La théorie du « rallye d'été » semble bien mal en point et la vision de l'investisseur moyen semble à peu près aussi courte que les idées des politiciens américains. Pour être honnête la définition de l'avenir est chercher dans les 24 prochaines heures et pourtant, il y a probablement des choses à faire en essayant de voir un tout petit peu plus loin que ce jeudi, mais le facteur « trouille » reste trop présent et nous rend aveugle à quoi que ce soit qui ne commence par « dette souveraine » ou « plafond ». Cette après-midi, vous publiez sur Bloomberg l'annonce d'un peintre en bâtiment qui dit : « réfection de PLAFONDS pas cher », vous faites péter le marché. Le marché à besoin de savoir et il en marre d'attendre comme une andouille assis sur sa chaise. Malheureusement, tout est dans les mains des politiques et c'est de loin pas sûr qu'ils aient envie d'accélérer le mouvement...

 

Pour ce qui est des nouvelles de ce matin, tout tourne autour des sujets précités et il n'y pas grand-chose de neuf à ajouter. Ce matin l'Asie est légèrement en hausse. Le Japon est fermé donc il ne fait rien et Hong Kong monte de 0.11% alors que Sydney est inchangé... En moyenne, ça monte mais on voit clairement que les intervenants ont de moins en moins envie de prendre des paris alors que l'on avance à tâtons dans le brouillard. Du côté de l'Asie ce matin HTC plongeait alors que la commission de la concurrence US a tranché en faveur de Apple au sujet de plusieurs patentes. Apple remporte donc une victoire de plus sur la concurrence et comme l'a dit brillamment un analyste ce matin ; « nous nous attendons à voir le prix de HTC se comporter de manière volatile dans les 12-18 prochains mois » ... ça c'est de l'information de première bourre. Ne le répétez à personne, c'est limite de l'opération d'initiés.

 

Pour le reste, franchement, même le Barron's ne semble ne se préoccuper QUE du problème du plafond de la dette, en titrant « le monde entier nous regarde », oui le monde regarde AUSSI l'Europe au cas où... Mais il résume bien la chose, à moins que Goldman Sachs pulvérise les attentes demain, il est peu probable que l'on arrive à détourner l'attention du monde de ces problèmes d'endettement dans l'immédiat.

 

Nous allons donc surfer sur les nouvelles les unes après les autres et continuer à vivre dans ce marché qui n'a aucune direction et aucune envie d'en prendre une réellement. Il faut d'ailleurs commencer à s'y habituer, car ça risque de durer encore un peu de temps.

 

Pour le moment les futures américains sont en hausse de 0.08%, alors que durant la nuit, c'était un peu plus négatif que cela, en gros le marché n'a aucune idée de ce qu'il veut faire et si vous avez le choix, allez faire du sport, je ne suis pas sûr que 8 heures à regarder les tergiversations des indices vont changer grand-chose à la photo...

 

Voilà, ce fût court ce matin, mais non seulement mon réveil m'a lâchement laissé tombé, mais en plus je ne vois pas vraiment la nécessité de broder autour de tout cela alors qu'il n'y a vraiment pas grand-chose à dire. Je vous laisse donc aller vous abreuver de votre café matinal, c'est la meilleure chose à faire à mon sens...

 

Néanmoins, je vous souhaite un excellent début de semaine et à demain, si je trouve des choses à dire....

 

Morningbull

 

"Starting next year, all U.S. savings bonds will be electronic rather than printed. So they'll be paperless, as well as valueless, useless, and worthless." –Jay Leno

 

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vendredi, 15 juillet 2011

La dette, ta dette, ma dette, notre dette, leur dette, sa dette

 

matson-1.jpg

 

 

 

 

Entre les européens qui ont peur d'un éventuel défaut de la dette US et les américains qui ont peur la crise en Europe entraîne une perte de confiance coûteuse et dangereuse chez eux, nous sommes en plein jeu de la patate chaude. Ce n'est de la faute à personne, mais si nous devions choisir, autant que ce soit pas de NOTRE faute, mais plus de la faute de l'autre....

 

Voici donc ce que vous devez savoir de la journée d'hier. Parce qu'en finance la seule chose dont ont est sûrs, c'est la journée d'hier. Contrairement à ce que peuvent penser parfois certains investisseurs, toutes le prévisions sur les choses qui se produiront demain ou après-demain, ne sont que pures spéculations, car disons le clairement on n'a aucune foutue idée de ce qui pourrait ce passer dans la prochaine minute, CFA en poche ou licence de physique nucléaire accrochée au mur du salon, ou encore avoir fait un apprentissage de boucher charcutier, aucune de ces situations ne vous aidera à trouver ce qui se passera demain... à coup sûr. La seule différence entre le marché et l'euro-millions, c'est que les combinaisons gagnantes sont plus nombreuses, donc plus dur à trouver... Pour le reste, pile ou face est pas mal comme technique. Pile ça monte et face ça baisse. Facile la bourse je vous dit...

 

Donc, en ce qui concerne hier, vous devez savoir que Fitch a downgradé la dette grec de trois rang supplémentaires. Je ne vais pas revenir ENCORE une fois sur l'incompétence, l'inutilité, la stupidité et l'attitude destructrice des organismes de rating en tout genre, mais en revanche j'ai un peu perdu le fil des downgrades sur la Grèce (pour être très honnête, je me fous totalement de ce que peuvent dire Fitch, S&P et Moody's), mais à force de downgrader la Grèce, le rating ne doit pas se trouver très loin du centre de la terre, ou alors carrément dans la quatrième dimension de la finance dans le monde merveilleux de « Tintin au pays des rating négatifs ». Je l'ai déjà dit, je le redit. Ces downgrades sont un scandale inutile et pathétiques.

 

Malheureusement, ce n'est pas tout à ce sujet puisqu'hier soir tard, histoire de faire comme Moody's, S&P s'est pointé la gueule enfarinée pour nous annoncer qu'ils mettaient la dette US sur leur « watch list », estimant que les USA avaient à peu près – selon leurs fabuleux modèles quantitativo-économico-mathématico-débilo-clownesques – 50% de chance de faire défaut... C'est génial et dire qu'il y a des gars qui sont payés (et très bien) pour déblatérer des conneries inutiles pareilles. Désolé pour ma grossièreté, mais mon dictionnaire des synonymes est à court de mots pour qualifier ces annonces à répétition. Aujourd'hui, après la clôture il faut donc s'attendre à voir arriver FITCH avec des commentaires similaires, histoire de protéger leurs « arrières » au cas où les USA font défaut. Si c'est le cas, ils pourront dire qu'ils nous l'avaient dit et si ils s'en sortent, eh ben ils nous l'avaient dit aussi.

 

Mon idole, Coluche, nous le disait déjà il y a bien des années ; « Quand un mec, il en sait aussi peu sur un sujet, il a qu'à fermer sa GUEULE »...

 

cagle00.jpgVoilà, vous l'aurez compris, nous avons beaucoup parlé des dettes de tous pays et ça à coûté une journée de baisse au marché, mais pas uniquement à cause de ça. Non, parce qu'il y avait également Bernanke qui se présentait devant le Congrès pour la seconde journée consécutive. Il en a profité pour foutre la trouille à tout le monde. En effet, la veille les « experts en décodage de Bernanke » avait cru comprendre en ECOUTANT entre les lignes du témoignage, qu'il était assez chaud pour donner un coup de QE3 dans les mois à venir. Mais hier, il a visiblement revu sa copie et a laissé entendre qu'il n'était pas près du tout à lancer un QE3. Visiblement les « Experts à Washington » sont bien moins compétents que ceux de Manhattan ou l'interprétation des discours laisse à désirer... On pourrait commencer avec un truc simple, si l'orateur vous dit : « Blanc »... A quelle couleur pensez vous que l'orateur pense? En général toute personne normalement constituée vous répondra « Blanc »... Sauf qu'à Wall Street c'est différent, blanc ça veut pouvoir dire plein de chose et toutes ces stars de la finance qui ne savent toujours pas de quoi demain sera fait, doivent quand même justifier, alors on « interprète »... Oui, sauf que tu peux interpréter tout ce que tu veux, blanc ça reste blanc.. Il n'y a pas de blanc foncé ou de blanc clair.

 

Tout ça pour vous dire que mercredi « on a interprété faux » et que jeudi on payait l'erreur. Le prix fort puisque le marché dévissait sur le discours de Bernanke, discours 2.0 remasterisé avec plein « PAS DE Q3 » dedans.

 

Et puis autrement, on parle toujours beaucoup du plafond de la dette. Les Républicains et les Démocrates et le Président n'arrivent toujours pas à se mettre d'accord. Le 2 août c'est dans 18 jours, même Timothy Geithner et Bernanke commencent à le dire, on n'a plus le temps de faire des jeux de manches politiques. Pourtant à Washington, ils ne font que ça en ce moment, jouer. En revanche on parle tout le temps de ce « plafond de la dette », mais à la fin, c'est quoi ??? Je vous conseille de jeter un oeil au link ci-dessous, parce que vous trouverez tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le « plafond de la dette », sans jamais oser le demander. Et en plus, ça ne vous prendra pas plus de 5 minutes pour le lire...

 

http://www.businessinsider.com/10-things-you-need-to-know...

 

Côté résultats, même si le secteur financier était malmené because toutes les raisons précitées, JP Morgan a publié des chiffres qui satisfaisaient pleinement les intervenants puisque la banque terminait en hausse de près de 2%, alors que la concurrence se faisait tirer dessus à boulets rouges. Jamie Dimon a été assez encourageant, expliquant entre autres qu'il était bourré de cash (pas lui personnellement – quoi que) et que visiblement les éventuelles nouvelles requêtes en capitaux propres qui pourraient provenir de Bâle 5.0 ou 7.0, je ne sais plus, ne lui font pas peur du tout.

 

L'or a battu un nouveau record à 1594.40$, mais les 1600$ ne sont pas encore tombés. Entre vous et moi, étant donné l'état moral et mental du marché et la faible probabilité de voir le S&P500 casser les 1500 dans les deux semaines à venir, les 1600$ sont une question d'heures ou de jours au maximum... Côté or noir, il paraît qu'il baissait à cause des commentaires de Bernanke. Honnêtement, peu importe l'excuse pour justifier la hausse ou la baisse du baril, j'en ai 12 pages A4 que je peux utiliser chaque jour... Je soupçonne d'ailleurs certains journalistes « financiers » de puiser dans la même liste chaque jour.. Non parce que la veille le pétrole montait car le dollar baissait et là le dollar baisse aussi, mais le pétrole monte parce que c'est Bernanke... Pas facile à décoder. Da Vinci Code semblait bien plus simple à comprendre. Le WTI se traite à 95.80$ et 115.89$.

 

Dow Jones 12437 -0.44%

S&P500 1309 -0.67%

Nasdaq 2763 -1.22%

Londres 5847 -1.01%

Paris 3751 -1.11%

Francfort 7215 -0.73%

Milan 18640 -1.07%

Tokyo 9942 +0.06%

Hong Kong 21874 -0.29%

Shanghai 2943 -0.04%

 

Ce matin, quand j'ai commencé à écrire alors que la nuit était encore noire, l'Asie était en hausse et là, plus j'écris et plus l'on se rapproche de l'ouverture européenne, plus le marché baisse, Hong Kong et Shanghai sont déjà dans le rouge et Tokyo est le dernier rempart de la bullish attitude, mais avec 0.06% de hausse j'au peur qu'ils ne tiennent pas le coup jusqu'à la clôture. Au Japon, c'est le secteur internet qui soutien le marché en terrain positif, merci Google et à Hong Kong c'est l'immobilier qui tire vers le bas, pour changer. Le truc bien à Hong Kong, quand tu es journaliste, c'est que c'est TOUJOURS de la faute à l'immobilier, que ça monte ou que ça baisse d'ailleurs.

 

Pour les nouvelles du jour à retenir absolument, il y a GOOGLE.. Google a tout simplement pulvérisé les attentes du marché hier soir. A tel point qu'on est en droit de se poser des questions sur les projections des analystes. La question est : est-ce qu'ils se droguent pour arriver à se tromper à ce point ? Ou alors est-ce que Google ne serait pas très transparent et se jouerait de ces pauvres analystes en leurs donnant tout au long de l'année, des chiffres tronqués ? Aucune idée mais ce que je sais, c'est que le marché attendait 7.84$ par action et que Google annonce 8.74$. En fait ils avaient tous les chiffres, mais dans le désordre. Google s'envolait de 12% after close hier soir. Comme quoi il n'y a pas QUE des mauvaises nouvelles. En fait quand on exclu les Gouvernement et leurs problèmes, ça va plutôt bien.

 

Et puis le groupe Anglo-Australien, BHP mais la main sur l'américain Petrohawk pour la modique somme de 12.1 milliards. La compagnie est un complément parfait pour BHP et le board de Petrohawk recommande d'accepter l'offre. Tu m'étonnes, le titre valait 23,50 hier soir et ce matin, il va ouvrir à 38.75$, les vacances vont être agréable pour les actionnaires.

 

Le Barron's est positif en ce qui concerne le split de Conoco, qui sépare son business de production et de raffinage, le journal pense que c'est un bonne chose et l'amincissement qui en ressort devrait profiter aux investisseurs. Toujours dans le même journal, à noter des commentaires positifs sur EMC et Riverbed pour jouer le secteur des réseaux et du storage. Et pour conclure, ils pensent que l'or ne peut qu'aller plus haut ! Alleluia.. On a enfin trouvé le produit qui ne peut jamais baisser et ne faire que monter, enfin !!!! Des années de déception d'attente et déception encore... Mais finalement on l'a.. Mort les produits structurés à haute marge, surtout pour la banque, l'heure de l'or qui ne baisse jamais est arrivée... Je me réjouis de voir l'avenir de cette théorie dans les années à venir.

 

JP Morgan a publié des bons chiffres, mais les plans de licenciements continuent d'aller de l'avant dans le milieu bancaire. Hier on entendait parler du Crédit Suisse et de l'UBS, aujourd'hui on parle de Goldman et de Lloyds, la pression des chiffres et la réduction des coûts est donc à l'ordre du jour dans le domaine bancaire. Il est vrai que comme les « tops  managers » coûtent de plus en plus cher, l'imputation de ces salaires énormes retombe sur la base des salariés. Mais heureusement, en faisant le nettoyage par le bas, il y a toujours la possibilité de montrer des « supers chiffres » et de satisfaire l'actionnaire ou le chef du dessus... Je m'interroge cependant sur la vision « long terme » qui est appliquée en ce moment dans les banques, comme pour le marché, le long terme s'est réduit à une vision qui ne va pas plus loin que le bout de son nez et on ne construit plus rien pour l'avenir, mais plutôt pour « montrer des bonds chiffres » le prochain trimestre. Allez, assez philosophé pour ce matin, mais personnellement, je ne suis pas convaincu que cette méthode court-termiste soit rentable à la fin. Mais en même temps, je ne suis pas un « top manager », donc je ne peux probablement pas comprendre.. Et ça me va bien, de ne pas être un « top manager »...

 

Le feu vert a été donné pour la fusion Deutsche Boerse et NYSE Euronext. Kadhafi pense que Sarkozy est un criminel de guerre, je ne suis pas un fan de Sarkozy, de loin pas, mais je dois dire que je ne cesse d'être impressionné par le nombre de conneries que ce débile arrive à dire à l'heure.. (je parle de Kadhafi).

 

Côté futures américains, c'est Waterloo morne plaine, ils sont inchangés. Par contre en ce qui concerne les chiffres économiques, nous aurons le CPI, l'Empire Manufacturing, la Production Industrielle et le Consumer Sentiment. Que l'on se rassure, Bernanke ne parlera pas une troisième fois, donc on n'aura pas besoin de réinterpréter encore une fois ses paroles... Pour les résultats du trimestre, comme c'est vendredi, c'est calme mais on regardera quand même Citigroup avant l'ouverture et histoire de voir si les filles jouent encore à la poupée, il y aura les chiffres de Mattel, afin de savoir si Ken et Barbie se sont remis ensemble.

 

Voilà, c'est vendredi matin, donc demain c'est samedi, encore une des rares certitudes du marché c'est qu'il sera fermé pendant deux jours et qu'on pourra parler d'autre chose que de la dette, comme de la reprise du championnat de football... Bonne chance aux romands pour cette reprise...

 

Dans l'intervalle, je vous souhaite une bonne journée et un encore meilleur week-end... On se voit lundi au saut du lit !!!

 

Morningbull

 

"Hitler's birthplace in Austria has revoked his honorary citizenship. Talk about a rush to judgment." –Jay Leno

 

 

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