mardi, 31 mai 2011

Beaucoup de jours de congé, mais grosse semaine quand même

 

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Les semaines se suivent et se ressemblent. Les centres d'intérêts restent globalement les mêmes et j'ai parfois l'impression de radoter et de répéter les mêmes choses encore et encore. Depuis hier, la Grèce est à nouveau au programme, à nouveau en tête d'affiche, pour autant qu'elle l'ait quitté un jour. Les choses évoluent, on se bat pour trouver une solution, mais force est de constater que ce n'est pas gagné à Athènes et que les problèmes succèdent aux problèmes et que le terme « dette souveraine » prend toute sa saveur, puisque pour passer l'épaule, la Grèce va probablement devoir passer la main et « rendre un peu de sa souveraineté ».

 

En effet, afin d'obtenir l'argent espéré (65 milliards), la Grèce va devoir changer le nom de tout ses Dieux et les remplacer par un nouveau qui s'appellera « Austérité ». Ils avaient déjà commencé à lui donner du pouvoir il y a un an, lors du premier bailout, mais là, il va falloir faire la même chose, mais plus. Les engagements de fonctionnaires vont être divisés par 10, pour 10 fonctionnaires qui partent à la retraite, l'Etat ne pourra en engager qu'un. Je vous laisse imaginer comment ça va bien marcher les administrations. Si c'est comme ici, ça va être du bonheur.

 

Mais au-delà de l'austérité demandée, le pays va également devoir filer les clés du pays à des superviseurs étrangers qui vont s'immiscer dans les affaires du Gouvernement. Entre autres au niveau des impôts. L'infantilisation des autorités grecques en leur mettant des étrangers dans les pattes, devrait être donc une des conditions sine qua non pour le déblocage des fonds européens. Reste à savoir qui seront ces aides internationales, des irlandais ? Des portugais ? Non, je sais, des Français, ah non les français ils ne peuvent pas, le Président est accusé de crimes contre l'humanité en Lybie et le candidat numéro un à la présidence est en tôle pour viol supposé. En revanche ça sera peut-être une boîte d'audit comme Ernst & Young ou Arthur Andersen, ah mais non, Arthur Andersen ont explosé avec la faillite d'Enron, faillite à laquelle ils ont joyeusement participé. Et puis si c'est un auditeur qui fait ce genre de choses en Grèce, mis à part ralentir et compliquer les choses, je ne vois pas vraiment l'intérêt...

 

heller.jpgCeci dit, quand on lit ce qu'on lit sur la Grèce et surtout quand on entend ce qu'on entend. On a bien raison de penser que l'on n'a pas encore sorti l'auberge du bois. Surtout qu'il y en a encore quelques uns qui vont venir demander de l'argent à la porte de l'Europe. En tous les cas, quand on regarde ça de loin, ça ressemble quand même à un beau bordel, surtout que le Premier Ministre Irlandais a déclaré hier que si c'était possible, il se pourrait qu'en 2013, l'Irlande vienne demander de l'argent, encore... En fait, c'est comme les impôts... chaque année ils viennent redemander du pognon, c'est jamais assez.

 

Du coup, hier en Europe avec l'absence des américains qui se recueillaient sur leurs soldats tombés aux quatre coins du monde – et ça en fait, du monde – on n'a pas eu l'occasion de faire grand-chose d'autre que de parler de la Grèce. Les anglais absents également, autant vous dire qu'il n'y avait pas des masses de volumes et l'ensemble des marchés européens terminaient en baisse de quelques micro-pourcent, rien qui mérite de trop s'attarder dessus. En gros, tout le monde se retrouve là on les avait laissé vendredi soir et on repart à zéro ce matin.

 

On va rapidement devoir se mettre dans le bain car aux USA on recommence avec les mêmes histoires, à savoir « est-ce que l'économie va bien mieux ou pire », pour l'instant le « bien pire » semble s'imposer d'évidence. Les chiffres économiques qui sont sortis ces dernières semaines démontrent clairement que le dénommé « recovery » est dans un sale état et que sa santé nous donne des inquiétudes jour après jour...

 

La semaine va être chargée en chiffres économiques et il ne faut pas trop s'emballer, ni s'attendre à des miracles. Les indications devraient continuer à être aussi négatives qu'avant, surtout en ce qui concerne le marché immobilier qui devrait nous donner des ses nouvelles (abominables) pas plus tard que cette après-midi avec la publication du S&P Case Shiller. Ces indications devraient nous donner des preuves comme quoi, si l'en est besoin, que le marché n'est pas encore complètement au fond du trou et que même quand y en a plus, y en a encore. Maintenant, ne vous inquiétez pas, visiblement les investisseurs ont intégré depuis longtemps que le marché immobilier était pourri et qu'il n'y avait que peu d'espoir de le voir rebondir là tout de suite. Il n'y a donc aucune surprise dans le négativisme de ces chiffres, mis à part un petit coup de blues momentané de quelques secondes avant que tout rentre dans l'ordre. Comme on dit chez nous, tout est dans les prix...

 

Néanmoins la semaine à venir sera énorme, surtout que nous sommes en congé jeudi et que eux pas. Pourtant, cette semaine de 4 jours est censée être la semaine de l'emploi, puisque d'ici vendredi soir, nous aurons encore les chiffres ADP, le Challenger Job Cut, les Jobless, le Monster Employment Index et pour conclure en beauté, « la situation de l'emploi » qui comprend le mythique NON-FARM PAYROLLS, père de tous les chiffres et mère de l'emploi aux USA. Une chose est sûre, à la fin de la semaine, on n'en saura pas plus, mais on a aura plein de trucs à raconter au bistro.

 

La bonne nouvelle qu'il faut retenir dans tout cela, c'est que l'on s'attend à des chiffres pourris sous tous les azimuts. Ce qui veut dire qu'à la moindre « bonne nouvelle », le marché explosera de joie, au sens propre et au sens figuré.

 

Côté sociétés, il n'y pas grand-chose à dire pour le moment, mais comme il y pas mal de conférences aux USA cette semaine, il se pourrait que l'on entende parler de sociétés comme Intel, Hewlett, NetFlix ou encore Google. Mais pour le moment, pas de doutes, la question reste la santé de l'économie.

 

darkow.jpgUn des gros thèmes du week-end prolongé aura quand même été le pétrole. Les révolutions dans les pays arabes qui ont eu lieu et qui ont encore lieu, même si on n'en parle plus à la télé, ont poussé les Gouvernements concernés à dépenser plus pour essayer de calmer les populations en colère, du coup, ils vont avoir besoin d'argent pour satisfaire le peuple, puisque du pain et des jeux ça ne leur suffit pas, en plus il leur faut Facebook. Donc comme ils vont devoir dépenser plus et que les dirigeants n'ont pas vraiment envie de quitter leur train de vie, qui comprend la Mercedes en diamants et les stations de ski indoor au milieu du désert, le meilleur moyen c'est de garder le baril élevé. On parle de conserver un « prix plancher » à 85$. Du coup, c'est vrai que si l'on considère que le plancher est à 85$, 100$ le baril, c'est pas cher payé...

 

Du coup le pétrole va bien, il vaut 101$ sur le WTI et estime qu'il les vaut bien. Sur le Brent il se traite à 115.47$.

 

Côté métaux, rien de neuf. L'or est à 1536 et l'argent à 38.14$.

 

Ce matin on commence avec l'Asie qui a la joie de se réveiller avec un rapport de Moody's qui envisage éventuellement de downgrader la dette japonaise. Mais ils sont pas sûrs. Alors dans le doute, on met le Japon sur « on review ». Bonne nouvelle, les investisseurs s'en fichent complètement et le Nikkei est en hausse de 1.16%. Et tout ça parce que ce matin il y a, tenez vous bien ; « des signes qui laissent penser que la production industrielle POURRAIT s'améliorer ». En même temps quand la moitié des usines de la région du tsunami sont arrêtées pendant des semaines, quand ça recommence un tout petit peu à fonctionner, il y a un effet de base non-négligeable. Globalement, toute l'Asie est en hausse en ce mardi matin.

 

Dans les autres nouvelles du jour, notez le discours de Mark Mobius, patron de Templeton Asset Management avec 50 milliards sous gestion. Le Monsieur était à Tokyo ce lundi et il a calmement déclaré que nous étions à l'aube d'une nouvelle crise financière – Nouriel Roubini, sors de ce corps – Pourquoi me direz-vous ? Eh bien parce que les causes de la première n'ont pas été réglées. Il décortique la chose de la manière suivante : « les produits dérivés sont-ils régulés ? - non. Y-a-t'il toujours de la croissance dans les dérivés ? - oui. La crise est donc inévitable. Et pis c'est tout. Cependant, il n'a pas donné de date et d'heure pour le début de la prochaine crise.

 

Comme c'était congé aux USA hier, y a plein de stars de la finance qui en ont profité pour voyager et prêcher la bonne parole un peu partout. C'était le cas de Laurence D. Fink, non ce n'est pas un rappeur, c'est le CEO de BlackRock. Lui, il était à Hong-Kong et il pense que les problèmes de l'Europe vont bien plus loin que la Grèce. Car il pense qu'il va aussi falloir s'attaquer à la restructuration de la dette Irlandaise et Portugaise. Aucune mention de la dette américaine cependant, qui comme on le sait, est en pleine forme...

 

Puisque c'est la mode, parlons commodities. Les Russes, deuxième exportateur mondial de blé a décidé de lever son interdiction d'exporter. Résultat le blé s'est pris un baffe de 4.5% derrière les oreilles hier à Chicago. Dans le même chapitre, le Barron's recommande d'acheter Mosaic, estimant que c'est un bon investissement étant donné que le prix des engrais augmentent un peu partout. Toujours dans le Barron's à noter l'article sur le sujet de la Grèce, avec le kit attaché «réparez la Grèce vous même ».

 

Une autre nouvelle intéressante qui a été abordée hier. Aux USA, si l'on analyse les portefeuilles des membres du Congrès, on se rend compte qu'ils font en moyenne 6% de mieux que le marché chaque année. Et ceci de façon récurrente. A l'heure du procès scandale de Galleon qui a mis en lumière les abus et les opérations d'insider trading de la part de certains personnages « hauts placés », on peut se poser la question en ce qui concerne l'étonnante prime que les « Congressmen » peuvent ajouter à leurs portefeuilles personnels... Visiblement, la fonction veut qu'ils soient un peu plus égaux que les autres...

 

Côté chiffres économiques, aujourd'hui nous aurons donc le S&P Case Shiller, histoire de voir si le marché immobilier donne des signes de vie, ce qui le mettrait immédiatement dans la catégorie « Zombie », le tout sur la musique de « Thriller ». Mais il y aura aussi le Chicago PMI, le Consumer Confidence, le State Street Investor Confidence Index et les « farm prices ». Pour le moment les futures américains sont en hausse de 0.55%, ce qui nous laisse espérer un début de semaine en hausse, pour autant que le Grèce ne coule pas cette après-midi ou que S&P ne viennent pas downgrader le rating de la Tchétchénie.

 

Voilà, en ce qui me concerne, je m'en vais vous souhaiter une très bonne journée et un bon café-croissants-tartines-saucisse, parce que c'est important. Moi, je vous retrouve demain à la même heure et j'espère vraiment que je puisse écrire ce commentaire en Grenat !!!! Allez Servette, faites le match de votre vie et qu'on n'en parle plus....

 

Et pour ceux qui veulent rejoindre les 2'000 personnes qui reçoivent le Morningbull dans leur boîte mail tous les matins, vous pouvez vous inscrire, moyennant un toblerone ou une Aston Martin. Pour vous inscrire, envoyez-moi un mail à morningbull@morningbull.ch.

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. A demain.

 

Morningbull

 

"Someone made a two-hour documentary about Sarah Palin's political life. In case you're interested in watching a movie that's longer than Palin's actual political life.'" –Jimmy Fallon

 

Article du Barron's sur la Grèce : How to fix Greece.pdf

PDF du commentaire : Morningbull 31.5.2011.pdf

 

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vendredi, 27 mai 2011

Deux poids, deux mesures

 

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D'un côté vous avez l'Europe, empêtrée dans ses problèmes de PIIGS, la dette souveraine de certains pays du sud plus un producteur de Guinness qui pose problème, qui fait mal à l'Euro (la monnaie locale) et qui amène incertitude et angoisse sur les places de bourse du continent au drapeau bleu avec les étoiles jaunes. Et puis de l'autre côté, vous avez les USA, empêtrés dans leur problème de dette souveraine – mais dont ils se fichent totalement parce que EUX ils ont inventé l'iPad, l'iPod et surtout l'iPhone – empêtrés également dans leur monnaie qui vaut bientôt la même chose que les francs CFA d'Afrique centrale – empêtrés aussi dans leur économie qui à de plus en plus de peine à confirmer son état de recovery – empêtrés dans leurs problèmes de chômage avec un marché immobilier qui vaut à peu près autant que l'image du dollar actuellement. ET POURTANT, plus les nouvelles sont mauvaises, plus les américains l'utilisent comme motivation pour remonter la pente du marché. Comme disait Appollo Creed ; « Allez Rocky, t'as pas mal, l'oeil du tigre Rocky, l'oeil du tigre »... et là comme c'est un commentaire écrit je ne peux pas vous faire la musique qui va avec, mais je vous garantis que si je le faisais, vous vendriez les bijoux de la grand-mère et la niche du chien pour acheter des actions...

http://youtu.be/p7CaiWxKYBo

Tout ça pour vous dire qu'hier l'Europe est restée engluée dans ses problèmes de dette, le problème étant compliqué parce que comme c'est la dette grecque qui pose problème, c'est pas toujours facile à lire. Ceci dit, le combat des chefs qui à lieu entre la BCE, le FMI-sans-tête, les ministres des finances du G8 du G20 et tutti quanti ne semble pas près de résoudre et c'est surtout de ce côté-là que le marché n'aime pas.. On préfèrerait savoir que tout est foutu et que l'on va tous mourir dans d'atroces souffrances, plutôt que d'attendre dans le noir, sans savoir à quelle sauce on va devoir avaler les souvlakis. Pourtant il va falloir s'y habituer, parce que les premiers éléments de réponse risquent de ne pas arriver sur la table avant le 20 juin, jour de la réunion des ministres des finances. Et encore parce que l'on parle même que cette réunion pourrait être déplacée en septembre, parce qu'il est vrai que tout s'arrête en été... et hop, tous à St-Tropez, même les ministres des finances.

 

Inutile donc de chercher plus loin, les marché n'aiment pas ce qui se passe à Athènes et aiment encore moins le fait que tout le monde s'en fiche et semble déjà plus préoccupé par faire le malin à Deauville et préparer ses vacances au bord de la mer.

 

L'Europe à donc vécu une mauvaise journée hier, les bancaires étant à nouveau dans le pâté pour les raisons citées ci-dessus. Ça, plus les chiffres économiques américains qui étaient le gros évènement de la journée, même si il fallait avoir fumé pas mal de moquette pour attendre des grosses surprises positives. Ainsi fût fait, le GDP est sorti à 1.8 comme prévu auparavant par le Gouvernement, même si les économistes avaient pris le pari de parier sur une révision à la hausse à 2.2%, il n'en fût rien et la croissance de l'économie US est toujours aussi dynamique qu'un escargot. En plus de cela, il faut ajouter que les chiffres des Jobless Claims n'étaient pas forcément hyper-encourageants non-plus, ce qui fait que, les deux chiffres économiques mis bout à bout aurait pu suffire pour envoyer le marché au tapis pour le compte, dans un monde réel en tous les cas.

 

Mais voilà, nous ne sommes pas dans un monde réel.

 

Non, nous sommes plutôt dans un monde qui aime les contradictions, du coup ; faiblesse du dollar, regain d'intérêt sur les titres exposés au dollar, les technos comme Microsoft et Hewlett Packard entre autres, sans parler des histoires individuelles, comme sur Microsoft encore qui a bénéficié des commentaires d'un Hedge Fund Manager, David Einhorn qui a encensé le titre et demandé à Ballmer de partir à la retraite pour arrêter de freiner l'inventeur du « shut-down&restart ». On notera également les bons chiffres de NetApp qui faisait un carton en bourse et permettait également au Nasdaq de prendre la tête de la course aux indices. A côté de cela, vous aviez également de l'intérêt sur des titres comme Cisco, Oracle, Dell, Google, Amazon et Apple. Alors forcément quand tout ce beau monde termine la journée en terrain positif, les indices n'ont plus qu'à suivre le mouvement et du coup, contrairement aux européens, les USA terminaient en hausse.

 

En prenant un tout petit peu de recul, je ne cesse de m'émerveiller devant la capacité de ce marché a transformer les mauvaises nouvelles en carburant haussier, c'est même plus fort que la méthode Coué. On serait dans le domaine du vélo, j'envisagerais des contrôles anti-dopage (mais Armstrong a déjà dit que c'était pas lui et qu'il n'y avait JAMAIS touché). Soyons francs avec nous-même, si l'on regarde l'état de l'économie américaine et si ces chiffres étaient sortis il y a un an en pleine crise grecque chapitre premier, on se serait pris une claque monumentale et je serais en train de vous parler de « Black Friday » et de vous faire super-peur avec des histoires de crash boursier. De plus Roubini serait à la télé en permanence et à Wall Street, les traders se battraient pour accéder aux fenêtres et sauter en premier. Mais voilà, nous sommes en 2011, Ben Laden est au fond de la mer, l'iPad 2 est une « révolution » en plus il n'a jamais été aussi facile de se faire des amis, que demande le peuple, le Dow Jones ne peut que monter...

 

En tous les cas, on peut applaudir la capacité du marché à digérer ce qu'il digère en ce moment. Chapeau bas, l'ami. Je ne sais pas combien d'Alca Selzer et de bicarbonate il se goinfre par jour, mais ça doit être un paquet pour avaler des trucs pareils.

 

Au milieu de la hausse d'hier soir, j'ai presque oublié de vous dire que nos amis de la banque mondiale (Goldman Sachs) ont baissé leur objectif pour le S&P500 prévu pour la fin de l'année. Hier matin de bonne heure, il était de 1500 et avant l'ouverture de New York, une fois les chiffres révisés et le spreadsheet excel recalculer, le boulier remanié, l'encens allumé, la boule de crystal étudiée, l'agneau saigné à blanc et les osselets lancés puis analysés, le stratège en chef et arrivé à la tribune est à déclaré : « Quand homme blanc couper du bois, hiver très rude et quand hiver très rude, marges devoir se contracter et si marges se contracter, S&P500 pas pouvoir aller à 1500, mais S&P500 s'arrêter avant... vers 1449 ou 1450, c'est pas très précis le sacrifice d'agneau »...

 

Mais que l'on se rassure, ça n'a pas changé grand-chose dans l'esprit des investisseurs, 1450, ça fait tout de même 10% plus haut que là où nous sommes et je pense que si je vous garanti 10% de hausse pour les actions d'ici Noël vous aller signer à deux mains, alors 50 points de plus ou de moins, peu importe.

 

Autre constatation ce matin ; je me rends compte que nous ne sommes capable de gérer que très peu de sujet d'actualité en ce moment. Avant-hier nous n'avions que les commodities à la bouche et l'on ne parlait plus de la Grèce, 24 heures après, c'est l'inverse... Hier les commodities étaient un sujet dont on se foutait totalement puisque la Grèce et le GDP avaient repris la main. Visiblement, les intervenants ne semble capable d'intégrer et d'ingérer que deux choses à la fois. En tous les cas, les marchés étaient pourtant ouvert et vous aviez la possibilité d'acheter un peu de tout ; or, argent, pétrole, cacao, jus d'orange, café, sucre, soja, blé, spécial K, Frosties, Nesquik ou encore quartier de porc, idéal pour faire les ribs sur le grill ce week-end, mais ce n'est pourtant pas là que l'on se concentrait, la plupart de ces commodities terminant la journée là où elles l'avait commencé. Le pétrole est à 100.81$ sur le WTI et à 115.37$ sur le Brent. Côté or, nous sommes – toujours – à 1527$ et l'argent à 37.80$. La laine se traite à 1390$ en hausse de 0.14% alors que le jus d'orange de Floride était en baisse de 0.78% à 185.35 le baril.

 

Dow Jones 12403 +0.07%

S&P500 1326 +0.40%

Nasdaq 2783 +0.78%

Londres 5881 +0.19%

Paris 3917 -0.30%

Francfort 7114 -0.71%

Tokyo 9579 +0.18%

Hong Kong 23131 +1.01%

Shanghai 2863 -0.09%

Sydney 4758 +0.48%

 

Ce matin l'Asie est en hausse, sauf Shanghai qui est marginalement dans le rouge. Au Japon le CPI était en hausse pour la première fois depuis deux ans et malgré la perte annoncée de Sony hier soir, le Nikkei parvient à remonter la pente ce matin et, bien que l'ouverture ait été faire en baisse, les japonais récupèrent un peu de terrain et son actuellement dans le vert. A Hong Kong, la hausse de PetroChina aidée par une augmentation de la participation de la compagnie « parente », China Petroleum, aide bien le Hang Seng, soutenu également par les bons chiffres de Lenovo (ex-division PC d'IBM passé à l'ennemi). En Chine le marché stagne alors que la mode est la critique de l'économie chinoise ainsi que de son marché immobilier. On dirait qu'il y a comme un désintéressement sur le sujet et le comportement de l'indice s'en ressent.

 

Au chapitre des nouvelles du jour, Marvell a annoncé des prévisions meilleures que prévues pour le second trimestre. Le fabricant de semi-conducteurs, rien à voir avec le père de Batman, Superman, le Surfeur d'argent et le trader de pétrole, avait déçu au premier trimestre, mais là, le vent tourne on dirait. A noter que pas mal de titres américains sont en train de toucher leurs plus hauts de ces 52 dernières semaines, ce qui est considéré comme positif, en tous les cas il y a plus de records à la hausse qu'à la baisse. Netflix, SalesForce, Tiffany, Netsuite, Mosaic et Coach font partie du lot.

 

Pour ceux qui aiment les statistiques, vous pouvez noter dans votre agenda la chose suivante :

 

10-05-15_greece.jpgA moins que S&P explose ce soir et termine au dessus des 1333 points, nous aurons vécu un mois de mai sans jamais avoir une semaine de hausse. Depuis 1929, c'est arrivé seulement 27 fois. Ce qui est intéressant, c'est de voir que, généralement, le mois qui suit est largement positif. En moyenne nous assistons à une hausse de 1.66%, ce qui est deux fois supérieur à la moyenne des mois haussier du S&P500 depuis 1929. Alors, sell in May and go away ? Pour le moment ça se confirme, mais la partie n'est pas terminée.

 

A Berlin, le ministres des finances allemand a déclaré au « Handelsblatt » que la restructuration de la dette grecque aurait des conséquences encore plus dramatiques que la chute de Lehman et de ses frères. Bon, d'accord. Depuis la chute de Lehman, le S&P500 a doublé, alors moi je dis : « Restructurez la dette, que diable ».. Toujours sur le même sujet, Otmar Issing estime que la Grèce a triché pour rentrer dans l'Europe... l'ambianc est au beau fixe, on règle ses comptes en direct... La Tribune.fr pose une question : « Pourquoi Renault brade ses voitures ? » - j'ai bien une réponse, mais ça va être mal pris.

 

Le G8 est en train de se goinfrer à Deauville et ils sont relativement encourageants sur l'avenir de l'économie, même si certains sont plus préoccupés par leur réélection qu'autre chose. Apparemment il semblerait que le « recovery » s'auto-alimente lui-même de mieux et que le soutient des Etats pourrait se ralentir. Oui, en même temps, si il s'alimente, il doit manger principalement de la junk-food, parce qu'il n'a pas l'air en super-forme le recovery....

 

Le Barron's est bullish sur Schlumberger et estime que c'est une planche à billets. Ils aiment aussi beaucoup le ketchup, même si Heinz est au plus haut depuis 1 an, ils considère que la montée n'est pas finie.

 

Pour le moment, avec l'Asie en hausse et les futures américains aussi, laissant présager que l'Europe pourrait éventuellement récupérer un poil du terrain perdu hier, sauf si S&P500 décide de passer la Grèce sur Junk Bonds double XX négatif. Côté chiffres économiques, nous aurons le Personal Income and Outlays, le Consumer Sentiment et les Pending Home Sales, n'attendez rien d'extraordinaire de ces trois-là, c'est pas la saison. Lundi prochain nous sommes le dernier lundi de mai, c'est donc le Memorial Day aux USA et les marchés seront fermés, ne vous attendez donc pas non plus à des volumes de folie aux USA alors que les traders vont partir tôt du bureau, pour ceux qui sont venus en tous les cas...

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui et pour cette semaine. Je vous souhaite un excellent week-end et je vous retrouve lundi matin en pleine forme pour une semaine qui s'annonce passionnante comme toutes les autres. J'en profit pour signaler à ceux qui voudraient recevoir l'update de ce commentaire tous les matins dans leur boîte à lettre électronique, plus communément appelée : mail, il vous suffit de m'envoyer un mail à morningbull@morningbull.ch et ça sera chose faite. Vous me trouverez aussi sur Facebook, Linkedin, Twitter, etc...

 

Excellent week-end à tous et à lundi.

 

Morningbull

 

"A new Facebook app is coming out that will remind users exactly what they were doing a year ago from that day. Nine times out of 10, the answer will be 'wasting your time on Facebook.'" –Conan O'Brien

 

 

 

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jeudi, 26 mai 2011

Happy Birthday Mister Dow Jones !!!

 

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Le 26 mai 1896, le fameux indice américain voyait le jour dans le Wall Street Journal, sous la plume de Charles Dow. A l'époque il y avait 12 titres dans l'indice, aujourd'hui, 30. Si vous aviez investit 1'000$ dans le Dow Jones en 1896, eh bien ça ferait beaucoup d'argent en ce mois de mai 2011, mais vous seriez mort, alors à quoi bon.

 

114 ans et 364 jours après la naissance du Dow Jones, le marché a finalement décidé de nous donner une séance de hausse, après trois journées pourries. C'est que nous avions presque oublié comment c'était, de monter. Pourtant, la journée avait mal commencé et les chiffres économiques publiés en Europe, d'abord, puis aux USA ensuite, donnaient plus envie d'aller vomir que d'autre chose. Une chose est claire, quand on regarde ces dernières données économiques, on se demande soudainement comment il faut orthographier le mot « RECOVERY », tellement il semble improbable que nous soyons dedans, ou alors, si nous y sommes, il donne plus l'impression d'être aux soins intensifs que de près de la sortie de l'hôpital.

 

Mais, comme d'habitude, quand nous avons tous les arguments pour vendre et que plus personne n'est convaincu que nous allons nous en sortir, c'est à ce moment que la bourse trouve la force d'inverser la tendance, parce que « si c'est évident, c'est évidemment faux ». La théorie de l'investissement « contrariant » semble plus efficace que jamais, ces derniers temps en tous les cas.

 

En Europe, il faut retenir la nouvelle intervention de Fitch « la boîte à rating » qui est venue, encore une fois, donner son avis quand on ne lui demande rien. Visiblement, dans les hautes sphères des « super-managers » on a du s'offrir une « super-série de meeting » pour estimer à la fin que l'on se devait d'être plus « visible » et offrir toute la science et la maîtrise de Fitch à ces pauvres investisseurs qui n'ont pas encore compris ce qui se passe, tandis que eux, chez Fitch, ils savent. Et il est temps que le monde entier le sache. Hier, les trois-quarts-dieux de la finance ont annoncé que « l'exposition des banques européennes à la dette grecque était parfaitement gérable et que Fitch n'envisageait pas de baisse de rating pour les membres de cette communauté » (pour autant que l'on puisse considérer les banques comme une communauté. Nous voilà donc tranquille, si Fitch n'envisage pas de baisse de rating, c'est que tout va bien. Euh... en même temps, le jour où ces types ont un coup d'avance sur l'échiquier, on aura des plages de sable blanc et la mer à perte de vue à Verbier.

 

Néanmoins, cette nouvelle a bien aidé le marché a trouver sa place en terrain positif et pourtant ça ne semblait pas gagné hier matin. On peut remercier donc Fitch, qui, pour une fois aura servi à quelque chose, ça nous change. Je ne sais pas si ça a aidé, mais c'est officiel, Christine Lagarde s'est portée candidate au poste de patron du FMI. On n'a pas fini d'en parler et moi j'ai une question : « Qui est-ce qui s'occupe des finances de la France en attendant ? » - DSK ? En tous les cas, le débat est ouvert, mais le « reste du monde », surtout le monde émergent, ne semble pas convaincu encore.

 

sack.jpgAux USA, on peut avoir les durable goods qui ont l'air malade, des chiffres immobilier qui se rapprochent de plus en plus du zéro absolu (le point positif, c'est qu'à partir de là, il y aura un fort support), peu importe le nombre et la qualité des mauvaises nouvelles, ce n'était pas la préoccupation principale hier. Non, on était bien plus intéressés par le retour en grâce des commodities. Les inventaires du pétrole annonçaient une hausse de 600'000 barils dans les inventaires, ce qui, à mon sens laisserait supposer que la demande n'est pas si forte, mais l'interprétation en fût tout autre. Le pétrole s'est envolé et est repassé au-dessus des 100$, entraînant avec lui, tout ce qui touche de près ou de loin à l'or noir. Equipementier, forage, raffineries etc...

 

Un analyste résumait parfaitement la chose en alignant cette phrase qui me fait encore rire maintenant que le tape : « Une hausse des commodities et tout particulièrement du pétrole, indique que le RECOVERY est toujours intact et positif pour les actions ! » et il a rajouté :  « avec le pétrole qui se renforce, le marché des actions n'a pas d'autre choix que de suivre le mouvement » puis il a conclu en disant : « Cependant, si le pétrole devient trop cher et qu'il monte jusqu'à 120$ (sur le WTI ndlr), ceci devrait être considéré comme un mur de brique contre lequel va aller se fracasser le marché des actions et l'économie ».... Alors, pour information, le coup du « quand on va atteindre tel ou tel niveau sur le pétrole, on va tous mourir », on me l'a déjà fait à 90$, alors je vais momentanément arrêter de croire à ces conneries, si vous permettez.

 

Le comportement des traders et investisseurs à court terme est devenu tellement volatile et nous avons tellement la capacité de passer du rire aux larmes en l'espace de 35 minutes, que je commence à avoir un peu de peine à croire que les volumes acheteurs ou vendeurs sont déclenchés par des profondes réflexions économiques qui amènerait le trader de base à conclure que l'économie est forte OU pas en fonction de l'évolution du prix du baril, sachant que l'américain moyen qui retrouve un boulot après 18 mois de chômage, sa réaction première n'est pas de foncer au NYMEX pour acheter 100 barils de pétrole, mais plutôt à sa banque pour éviter de se faire « forecloser ». Mais je peux me tromper.

 

Néanmoins, si les « spécialistes » ont envie de croire que c'est la raison pour laquelle le pétrole est remonté hier, entraînant avec lui tout ce qui, de près ou de loin, ressemble à une action, ne le décevons pas et laissons le croire. Pour son information, le gros type en rouge qui descend dans la cheminée, il n'existe pas et à Pâque, ce n'est pas le lapin ni les cloches qui plaquent les oeufs dans le jardin.

 

Mais ne soyons pas plus Sarkozien que Sarkozy, ça monte et c'est tant mieux, on avait fini par croire qu'on ne savait plus comment faire. AIG termine en baisse de 4% après avoir placé un wagon de titres sur le marché, le CEO de Facebook a rencontré le Président Sarkozy et a déclaré que c'était « fun », mais que non, il ne prévoyait pas d'amener sa compagnie en IPO tout de suite. Il n'a pas précisé si dorénavant Sarko était son ami de Facebook et si un groupe pour la grossesse de Carla serait créé... A noter encore que le pétrole n'était pas le seul gagnant hier, puisque le cuivre, l'or et l'argent vivaient également une belle journée. L'or est à 15287$, l'argent repasse les 38$ pour établir son camp de base à 38.30$. Allez courage, plus que 12 dollars pour revoir les 50.

 

Le WTI s'échange ce matin à 101.49$, pendant que le Brent vaut 114.90$. J'ai oublié de vous dire au sujet des inventaires, mais vous aurez deviné vous-même, les attentes des analystes étaient complètement à côté des chiffres de l'EIA. Encore une fois, en plein dans le mille.

 

Dow Jones 12395 +0.31%

S&P500 1320 +0.32%

Nasdaq 2761 +0.55%

Londres 5870 +0.20%

Paris 3929 +0.31%

Francfort 7171 +0.28%

Tokyo 9545 +1.29%

Hong Kong 22837 +0.39%

Shanghai 2886 +0.52 %

Sydney 4709 +1.02%

 

Ce matin, l'Asie bénéficie de la même euphorie que nous avons connu en occident. Le fait que le pétrole puisse monter encore et encore semble donner des ailes aux intervenants qui semblent vraiment tous de fervents partisans de la théorie du Monsieur que j'ai cité plus haut. On ne parle que de la hausse du baril et de Ô combien c'est beau de voir ça, tel les feux d'artifice du 4 juillet. Les commodities sont en hausse, c'est donc que tout va bien et même si le plein d'essence nous coûte plus cher, que le pain devient inabordable, que le troupeau vivant ne voyagera plus qu'en première classe et que le cacao devient plus chic que le caviar et qu'il faudra bientôt mettre les boîtes d'ovomaltine sous clé, tout ça n'est pas grave, ça veut dire que l'économie va bien. Vous ne pouvez plus manger ? Pas grave, le taux d'obésité va baisser et l'économie ne s'en portera que mieux.

 

Bref, je ne vous fais pas un dessin, en Asie, c'est le même leitmotiv que partout ailleurs depuis 24 heures. Chrono.

 

Au chapitre des IPO's, cette fois c'est Freescale qui vient d'annoncer son « pricing », la société va vendre un peu plus de 43 millions d'actions au prix de 18$. Le range attendu de cette émission était entre 22 et 24$, mais comme on a tout dépensé pour Yandex et Linkedin, il ne restait plus que 18$... En gros, encore une fois, vaut mieux avoir une boîte qui ne fabrique rien et qui est basé en Chine ou en Russie, voir qui fait du « réseau », plutôt que de vouloir fabriquer des choses dont personne ne sait vraiment à quoi ça sert. Même problème sur l'IPO de la compagnie aérienne discount Spirit Airlines a également baissé ses prétention de 15$ à 12$... pourtant un petit Spirit of China.com airlines et je suis certain que ça valait 25$..

 

Toujours dans la même thématique. Depuis quelques jours on peut lire, ici et là, que si vous voulez faire le coup du siècle, il vous suffit de « shorter » Linkedin, il ne vous reste plus qu'à trouver des titres, les emprunter et les vendre à découvert. Oui, sauf que le nombre de titres en circulation est très faible, ce qui rend l'emprunt très cher, ce qui dissuade bon nombre des « shorteurs » de tenter le coup. En gros, c'est un peu comme dans la vie : « Toutes les compagnies cotées en bourse sont égales entre elles, il y en a juste qui sont PLUS égales que les autres ».

 

Intéressant article sur Bloomberg ce matin, ça parle de la hausse des commodities et du fait que cette hausse pourrait même dépasser les attentes du Gouvernement US pour 2011, surtout depuis que McDonald's, Whole Foods et Nestlé (What else?) ont monté leurs prix pour reflété cet état de fait.

http://www.bloomberg.com/news/2011-05-25/food-cost-gains-... Ceci dit, je reste persuadé que d'ajouter plein de commodities dans les portefeuilles des clients, ça va certainement aider à faire baisser les prix, c'est donc un bonne chose, si,si. Autre sujet d'importance capitale, DSK a déménagé dans un nouvel appartement, voici les jolies photos de l'intérieur, forcément, c'est mieux que Rikers Island. http://evanjoseph.photoshelter.com/gallery/G0000FnJSXfzF79c .

 

holbert.jpgAu cas vous pensiez que la période des gros bonus était terminée et que nous (enfin eux surtout) aurions appris de nos erreurs du passé, ce matin on apprend que le CEO de BlackRock a reçu 23.8 millions de bonus, 22.6 pour celui de Prudential et 20. pour le boss de AON. En 2010, les bonus pour les tops managers sont montés en moyenne de 26%. Un peu comme les salaires non ? Disney a déposé la marque « Seal Team 6 », apparemment la Navy n'est pas d'accord et ils vont tous se retrouver au tribunal prochainement. A moins qu'entre deux, le vrai « Seal Team 6 » débarque à Disneyworld pour kidnapper Mickey et le foutre à la mer.

 

GLG-TECHBUBBLE_Infographic.pngLe chômage baisse en France, pourtant depuis une semaine DSK n'a plus de job. La BCE envisage une nouvelle hausse des taux, selon Jürgen Stark, membre du directoire qui répondait à un journal grec. De son côté l'OCDE demande une hausse des taux et encourage la FED à faire de même. Nestlé lance une nouvelle machine à café mais qui ne fera pas du café, mais du lait pour les bébés. Babynes est LA machine qui va révolutionner le biberon, on ne sait pas encore si c'est George Clooney qui fera la pub en pampers, mais si c'est le cas, ça pourrait être un coup de marketing énorme. A l'image de Nespresso, un biberon vous coûtera 2 fois plus cher que de mettre vous même les doses à la main dans le biberon sans en mettre partout dans la cuisine...

 

Le volcan Ikea n'inquiète plus personne et il semble être retourné se coucher. Martine Aubry devrait annoncer sa candidature pour le futur-ex-poste de DSK pas plus tard que ce samedi. C'est François Hollande qui va faire la gueule. Et puis en 2034 la Suisse sera sortie du nucléaire, en souvenir on va quand même garder les déchets une centaine d'année de plus, mais c'est une bonne chose.

 

Et puis du côté sport, Lausanne rejouera en super-league l'an prochain. Pour ce qui est de Servette, va falloir encore aller battre Bellinzone ce week-end et mardi prochain, mais je maintiens, si ça passe, j'écris en grenat.

 

Côté chiffres économiques, c'est le GDP qui va nous attendre au virage cette après-midi. Ceux qui attendent un chiffre body-buildé vont être déçu. Il y aura aussi les jobless claims, corporate profits, Fed Balance Sheet et Money Supply, plus les chiffres du gaz.

 

Voilà, je crois que c'est tout pour aujourd'hui. Il me reste à vous souhaiter un excellent biberon ce matin, pour fêter la nouveauté Nestlé, que votre journée soit bonne et rassurez-vous, demain c'est vendredi. May the force be with you.

 

A demain

 

Morningbull

 

"According to Osama bin Laden's journals that were taken during the raid, he wanted to attack L.A. He changed his mind when he realized that he had nothing against the Mexican people." –Jay Leno

 

 

 

 

 

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mercredi, 25 mai 2011

Au plus bas depuis un mois, la dépression nous guette

 

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Il y a des matins comme celui-ci, où tu as beau lire la presse dans tous les sens, chercher ce qui « bouge » le marché et ce qui peut « éveiller l'esprit » des investisseurs, il semble que tout est à moitié mort et que, finalement c'est quand même mieux quand les agences de rating interviennent parce qu'il se passe au moins quelque chose.

 

La première chose qui m'a frappé au saut du lit ce matin, c'est que, soudainement, on ne parle plus de la dette souveraine. Hier à la même heure, 8 articles sur 10 étaient consacrés de près ou de loin à la Grèce, à l'Italie et a tous leurs collègues et amis du PIIGS – auquel on pourra bientôt encore rajouter les lettres B pour Belgique, UK pour United Kingdom of Harry et Kate et F pour France, le problème c'est que PIIGSBUKF, c'est moins parlant comme acronyme – peu importe, hier on ne parlait que de ça en long, en large et surtout en travers et ce matin. Pouf. Que dalle. Comme par magie, on dirait que nous sommes passés à autre chose.

 

Dans les résumés de marché, j'ai même trouvé un journaliste qui commente la « prise de position » d'un broker qui préfère Pernod Ricard à Diageo, parce que la croissance organique du français est meilleure... Généralement, quand on en est là, c'est que l'on atteint notre capacité maximale à trouver des nouvelles qui sont intéressantes.

 

Heureusement, il y a les updates réguliers des météorologues sur l'évolution de la situation du volcan islandais qui porte un nom de commode de chambre à coucher à monter soi-même, vendu par un grand-magasin suédois jaune et bleu. Ces updates nous permettent de s'occuper un minimum et de se prendre la tête sur les éventuelles conséquences que cela pourrait amener au niveau des compagnies aériennes, la première étant que le FC Barcelone a du partir plus tôt pour Londres pour éviter de rater le début de la Finale de la Champions League. Vous voyez à quel point il y a des choses importantes qui se passent dans ce marché. Heureusement il y a Valeant Pharmaceutical qui a mis la main sur Lithuania Sanitas avec une prime de 71%. Oui, moi non-plus je ne connaissais pas la compagnie jusqu'à ce matin.

 

Je vais être très honnête avec vous, ce matin j'ai l'impression que la plupart des infos sont imprimées pour meubler les sites financiers, mais que tout au fond de nous, investisseur de base, trader, même peut-être Hedge Fund Manager, on se demande bien qu'est-ce qui va pouvoir faire bouger les choses ce matin. En tous les cas, à voir la clôture des indices hier, on a presque l'impression que nous sommes en plein été et que les intervenants sont plus préoccupés par le style de viande qu'ils vont faire griller ce soir, que par autre chose. L'absence de « big news » donne cette impression que rien ne se passe. Pourtant ce serait mentir, il y a tout de même des choses à raconter.

 

Oui, déjà rien que le fait que les indices américains sont au plus bas depuis plus d'un mois. C'est déjà une chose à retenir et ceci commence à angoisser une partie des gentils traders de Wall Street. Pour calmer le jeu, on peut regarder les choses en perspective, en se disant que ça fait quand même depuis plus de 24 mois que l'on monte sans discontinuer ou presque, mis à part quelques minimes intermèdes, le marché a aussi le droit de souffler. Pourtant on sent bien que le marché et tout ce qui gravite autour n'aime pas trop cette situation de « no man's land », on préfère, si on ne monte pas comme des fusées, une bonne claque de temps en temps, plutôt que ce long effritement de trois semaines qui nous mène nulle part.

 

Heureusement qu'il y a les IPO pour donner un sujet de conversation supplémentaire. Après l'explosion de Linkedin de l'autre jour, on a vu plusieurs « analystes » venir débattre dans la cour de récré, histoire de savoir si la bulle internet était de retour. Oui, parce que pour ceux qui étaient encore à l'école en ce temps-là, il y a eu une bulle internet au début des années 2000 quand les téléphones portables avaient encore des écrans noir/blanc et qu'ils servaient principalement à téléphoner. Aujourd'hui, les paris sont ouverts, c'est 50/50. Le camp qui se veut rassurant nous prouve par A+B que, si tout va bien d'ici 5 ans, le prix de Linkedin est correct. Comme il est courant d'avoir une visibilité de 5 ans dans ces marchés, on se sent immédiatement rassurés. L'autre camp, c'est les types comme moi qui ont encore des « Illinois Supraconducteurs » sur leur dossier titre, parce que « les Supraconducteurs, c'est forcément mieux que les SEMI-conducteurs » et qui, avec le temps ont appris à se méfier des coups sûrs et des théories qui disent que tout ira bien et que, finalement ils vont bien finir par gagner du pognon. Mais, LinkedIn est déjà « has been » avant d'avoir été, aujourd'hui c'est Yandex qui est populaire, la star montante des moteurs de recherche. Vous n'avez jamais utilisé Yandex ? C'est normal, si vous ne lisez pas le cyrillique, je ne vois pas l'intérêt. Pourtant, hier quand ils sont venus en bourse pour la première fois, le titre à tout de même explosé de 55% par rapport au prix annoncé de 25$ pour ceux qui ont eu la chance d'en toucher au prix d'émission. La valeur du moteur de recherche russe est déjà de 11 milliards de dollars. Ça se passe de commentaires. Heureusement, Zinga devrait arriver tout bientôt en bourse et l'éditeur de « Farmville » devrait peser d'entrée plus de 11 milliards, il est clair qu'avec toutes les fermes qu'ils possèdent dans le monde merveilleux de Facebook, ça les vaut largement.

 

allie.jpgHeureusement il y a Glencore qui a commencé à traiter sur le marché régulé à Londres. Et là, ça va. Visiblement, le prix de l'IPO était mieux « pricé » parce qu'on y est toujours. Ou alors peut-être que le nom de la compagnie était mal choisi. Si ils s'étaient fait appeler « China Glencore.com made in Russia », je pense que les 150% à l'ouverture, c'était in ze pocket... Et puis AIG a également mis un prix sur l'offre du Gouvernement qui démonte gentiment le TARP et qui rend sa liberté au géant de l'assurance. Le prix est de 29$, ramenant 8.7 milliards de dollars pour cette émission, mais tout le monde s'en fout, c'est même pas un internet stock et ils ne font rien dans les commodities. D'ailleurs puisque l'on parle des commodities, la transition est toute trouvée, Goldman Sachs, qui avait prévu la correction du secteur il y a quelques semaines (à 48 heures près) est revenu hier pour faire le « call » inverse et estime qu'il est à nouveau temps de revenir sur le secteur, augmentant du même coup leur objectif sur le Dieu pétrole de 20$ à 130$, même 140$ pour l'an prochain.

 

Les commentaires de Goldman Sachs et de Morgan Stanley (qui avaient la même idée au même moment, à peu près), redonnaient un peu de baume au coeur à l'or noir qui grimpait de quelques cents, sans pour autant parvenir à repasser par-dessus les 100$, afin de retrouver la place qui est la sienne dans le coeur des investisseurs long terme. Le WTI est à 98.92$ et le Brent à 111.82$. Côté de l'or et de l'argent, on continue a en acheter, vu que le marché des actions est en mode effritement. C'est à peu près le seul endroit où l'on se sent « serein » quand tout va mal, même si l'autre jour un article de presse mentionnait le fait que, si demain, tous les détenteurs d'or se rendent à la caisse de leur banque pour prendre leurs lingots, on risque d'avoir comme un problème. Mais n'y pensons pas, pour l'instant on se sent en sécurité, c'est déjà pas mal.

 

A noter encore que les chiffres économiques restent toujours moyennement encourageants pour ne pas dire déprimants. L'économie est définitivement sur une pente savonneuse et de plus en plus raide. Pour l'instant on entretien l'espoir, tel l'homme de cro-magnon entretenait le feu, mais cela semble de plus en plus compliqué. Et quand on sait que le QE2 va disparaître dans 30 jours, il y a de quoi se faire du souci. C'est un peu comme si l'on nous disait que, dans 30 jours, y aura plus de pétrole et qu'il va falloir compter sur le solaire et les éoliennes pour se chauffer cette hiver et pire, pour faire marcher la climatisation cet été... En revanche, bonne nouvelle du côté des New Homes Sales, les chiffres ont surpris les économistes, ils étaient plus fort que prévu. Ils ont quand même pas de bol, les économistes, dès qu'il y a un truc facile à prévoir, ils trouvent encore moyen de se faire prendre à contre-pied. Bref, ceci dit, visiblement depuis deux mois, dans CE secteur-là de l'immobilier, les choses s'améliorent. A voir sur le moyen terme si ça tient le rythme, j'ai toujours une liste de 100 maisons à vendre pour moins de 100$ dans la région de Detroit au cas où... Oui, je sais c'est Detroit, en même temps, Malibu c'est encore un peu cher...

 

Après un mois de lente descente en direction de la porte des enfers, voici où nous en sommes :

 

Dow Jones 12356 -0.20%

S&P500 1316 -0.08%

Nasdaq 2746 -0.46&

Londres 5858 +0.39%

Paris 3917 +0.25%

Francfort 7151 +0.41%

Tokyo 9443 -0.36%

Hong Kong 22592 -0.61%

Shanghai 2885 -0.44%

Sydney 4673 -0.76%

 

Ce matin, la balance commerciale des japonais est passée en mode déficitaire. Les exports se sont cassés la figure, ce qui n'est pas vraiment étonnant après ce qui s'est passé le 11 mars. Les indices tokyoites saluent la nouvelle en s'effritant lentement, les secteurs technologiques en tête. Côté Hong Kong et Chine, on se pose des questions sur la croissance économique dans la région, comme un jour sur deux – l'autre jour on se concentre sur le marché immobiler, surtout à Hong Kong – de plus ce matin Glencore à commencé à traiter à Hong Kong, le titre perd 2.6%. Je le répète, mais avec un nom comme Glencore, il n'y avait aucun espoir, peut-être que Glen-Book ou LinkeCore... Les analystes sont très très prudent sur les banques australiennes et ces commentaires prudents n'aident pas le marché local à renouer avec la couleur verte.

 

On parle encore du FMI, alors que l'on attend l'annonce officielle de la candidature de Christine Lagarde, les pays émergents, la Chine en tête, contestent le fait de mettre une européenne à la tête du FMI. On est en plein trip nationaliste et chacun voudrait avoir un Président du FMI bien de chez lui. Pendant que les débats politiques font rage au FMI, la Grèce est toujours au bord du gouffre.

 

holbert.jpgLa Commodity Futures Trading Commission (CFTC) attaque en justice. Ils se lancent sur la piste de traders qui auraient pu manipuler les prix des futures sur le pétrole – nnnooooooonnnnnnnnnnnnnnnnnn ????? !!!!!! C'est pas possible !!!! TOUT FOUT LE CAMP... Y a plus d'honneur dans ce marché. Si la CFTC arrive à prouver la culpabilité des parties impliquées (Parnon Energy of California, Arcadia Petroleum of Britain and Arcadia Energy, une société suisse), les amendes pourraient monter jusqu'à 150 millions de dollars, mais rien n'est gagné.

 

Pour le reste des infos, je vous le dis, c'est pénible tellement il n'y pas grand-chose à raconter. Cette après-midi, nous aurons les Durables Goods, FHFA House Price Index et les inventaires du pétrole, sujet sur lequel je m'abstiendrais de faire des commentaires. Pour le moment les futures sont indiqués en baisse de 0.6%, ce qui laisse supposer que le rebond n'est pas pour tout de suite, à moins que Yandex et Linkedin rentrent dans le Dow Jones ce soir.

 

Comme c'est plutôt calme, je vous recommande un peu de lecture, David Weidner de MarketWatch a publié un article tout en sarcasmes et en ironie ce matin... Le sujet : les Hedge Funds ::

 

http://www.marketwatch.com/story/hedge-fund-secrets-to-be...

 

A noter encore que le taré de prédicateur qui avait annoncé la fin du monde pour ce week-end a reconnu son erreur et modifie son pronostic pour le 21 octobre. Incroyable, il devrait tenter sa chance dans l'Investment Banking, on dirait un analyste.

 

Voilà, moi je vais m'arrêter là pour ce matin. Il me reste à vous souhaiter une excellente journée, un bon café-croissant et on se retrouve demain à la même heure, sauf si c'est aussi calme, auquel cas, je reste au lit...

 

A demain

 

Morningbull

 

"The Obama campaign is selling t-shirts with his long-form birth certificate and 'Made in the U.S.A.' Arnold Schwarzenegger is selling t-shirts that say 'Maid in the bedroom, made in the kitchen …'" –Jay Leno

 

PDF : Morningbull 25.5.2011.pdf

PDF : Hedge Fund secrets to beat the market.pdf

 

 

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mardi, 24 mai 2011

Des lundis comme ça, ça n'existerait pas ça serait pas mal

 

cagle00.jpg

 

 

 

La nouvelle éruption volcanique islandaise a donné une bonne image au marché, ainsi que sa tendance de fond : Explosive. L'euro se fait démonter, jour après jour et l'ambiance est pourrie avec comme un sale goût de ce que l'on a déjà vécu l'an passé à la même époque.

 

L'offensive menée au cours du week-end par nos chers amis des agences de rating, ça, plus les élections espagnoles, ont sonné le glas des espoirs de rebond en ce lundi matin. La dette souveraine est l'obsession de tout un chacun et même aux USA où l'on peine à placer l'Espagne et l'Italie au bon endroit sur une carte de l'Europe, on commence à flipper rien qu'au fait de prononcer le nom de l'un ou l'autre de ces pays...

 

Developed-Country-Risk-Index-Q2-2011-1.gifHier matin, je suis tombé sur un bête tableau (ci-joint) qui récapitule le bilan des différents ratings des pays européens. Les choses sont plutôt claires. Au fond de la classe ou plutôt au fond de la cave, nous avons la Grèce qui est au bord du gouffre et prête à faire un grand pas en avant. Le cas semble entendu dans la région ; on ne sait plus quoi fait et on est au bord du désespoir. Les instances supérieures ne sont pas d'accord entre elles et on ne sait pas d'où viendra la solution, surtout que le FMI a bien d'autres chats à fouetter en ce moment. Puis l'on remonte en passant par l'Irlande et le Portugal. Là aussi la cause semble entendue, mais pour le moment, le cas de ces deux pays est à part, ils ont reçu des montagnes de pognon et vont tenter de faire un miracle et réussir là où la Grèce s'est lamentablement plantée. Ceci dit, mis à part jouer ces milliards à la loterie ou découvrir du pétrole, on ne voit pas bien ce que ces deux pays vont réaliser de mieux que les autres pour s'en sortir. Mais pour le moment, force est de constater que ce n'est pas eux qui mettent le plus de pression sur les frêles épaules des investisseurs.

 

Non, la pression vient donc des deux suivants sur la liste, j'ai nommé : l'Espagne et l'Italie. En ce qui concerne l'Espagne, les élections de ce week-end et la déculottée des socialistes ont fait prendre conscience au monde que ce n'est pas encore évident qu'ils soient sortis du bois, chose que l'on a brièvement cru pendant la phase finale de la Champions League, mais il ne faut pas confondre performance des clubs de foot et réalité économique. Le chômage est toujours stratosphérique dans la région avec des taux près de 23%, montant jusqu'à 40% pour les tranches d'âge les plus jeunes. Du coup, à côté, aux USA on frise le plein emploi... Bref, on commence à se dire que l'Espagne est peut-être plus au bord de la révolution que n'importe où ailleurs en Europe. Le ras-le-bol commence à se faire sentir de plus en plus. Rien qui puisse ravir les marchés financiers.

 

Et puis l'Italie est le petit nouveau dans la liste des pays « sous stress », merci à S&P qui a mis le pays sur sa « watch list » et qui a réveillé la bête qui dormait dans la région. L'inquiétude va aller en remontant, puisque dans cette liste, les prochaines cibles des agences de rating et les prochaines angoisses des investisseurs se nomment, dans l'ordre : Japon, Angleterre, Belgique, France.... Visiblement on n'a pas fini de rire, surtout que l'on ne voit pas d'où viendrait le miracle qui pourrait inverser la tendance... Et puis pour aider la suite de la semaine, il y a des rumeurs qui circulent sur le net comme quoi les tocards de chez Moody's devraient faire une mise en garde (pas un downgrade, une mise en garde) sur les banques britanniques, pardon, sur 18 banques britanniques. Moody's devrait annoncer ce mardi que ces 18 sont dorénavant sur leur « watch list ». Ce qui veut dire, en français dans le texte, que l'on va mettre une pression de malade sur ces banques et quand elles seront exsangues, au fond du trou, que leur évaluation fondamentale frisera le prix d'une bouteille de bière vide et que plus personne, mis à part la mafia sicilienne leur prêtera de l'argent, Moody's viendra donner le coup de grâce et fera le downgrade finale. En général c'est un signal d'achat majeur et quasi certain à 250%. A noter, que dans leur offensive globale les agences de rating (Fitch en l'occurence) a aussi placé la Belgique sur sa liste « négative ».

 

Inutile de vous dire qu'avec une météo pareille, hier on ne pouvait que subir les orages et autres tempêtes un peu partout sur les marchés. L'Asie se faisait laminer en premier, décalage horaire oblige, Tokyo, Hong Kong, mais surtout Shanghai sentaient bien passer la première salve de ventes. A Shanghai on ne s'était plus pris une claque comme hier depuis fin janvier, on avait presque oublié que l'on pouvait baisser. Mais ce n'est pas grave, les intervenants ont vite repris les bonnes vieilles habitudes et ont envoyé la Chine se poser des questions au vestiaire.

 

Ensuite, c'était au tour de l'Europe de passer à la caisse. Inutile de dire que les commentaires de vendredi ont eu raison de l'Italie et de l'Espagne, mais par sympathie la France n'a pas voulu rester en arrière et même l'Allemagne ne faisait pas exception. Pour une fois on peut dire que l'unité européenne était parfaite, la monnaie en tête. En Allemagne on notera la tôle de Commerzbank qui, non contente de se faire taper sur le crâne «because » son éventuelle exposition aux dettes de l'Europe Continentale, ils venaient en plus faire un placement éléphantesque d'actions – 2.4 milliards d'actions - à un discount de 45% par rapport au prix de vendredi soir. Cette émission de droits n'était pas une surprise, mais au niveau du timing on aurait pu rêver un peu mieux. Ceci dit, à la fin la Commerzbank devrait quand même encaisser 5.3 milliards d'Euros.

 

Au delà des banques, il faut également signaler que les compagnies aériennes ont bien aimé le retour de Groquik le volcan qui nous rappelle l'an passé. Le secteur en entier, même si il n'était pas (encore) cloué au sol, envisageait cette possibilité avec un enthousiasme mitigé. Au final la journée fût sanglante en Europe et on se disait tous que « si l'on était resté en week-end à faire des rognons sur le grill » susse été pas mal aussi, plutôt que de se faire laminer les portefeuilles d'entrée de jeu...

 

Bien évidemment que lorsque les USA sont arrivés au bureau à Wall Street, non sans avoir fait un détour par l'immeuble de DSK pour voir si c'est comme à la télé, les traders américains ont tout de suite pris la peine de ne pas décevoir leurs collègues asiatiques et européens. Ils sont donc monté dans le même wagon, utilisé les mêmes angoisses et les mêmes préoccupations. Le résultat final était donc sensiblement le même. Sauf qu'on en a rajouté une petit couche avec les chiffres du Chicago Fed National Activity Index qui étaient... comment dirais-je ?...euh... immondes à pas bon du tout. Surtout dans le sens que cela confirme un peu plus que l'économie et son fidèle recovery attaché ont de plus en plus de points en commun avec le monstre du Loch Ness ; on n'a que des vagues photos où ne le voit pas bien, on n'est vraiment pas sûr qu'il existe, mais on entretien le mythe parce que ça attire les touristes.

 

L'ambiance était pourrie et ça ne semble pas forcément en voie d'amélioration. Je prédis même que l'on ne devrait pas tarder à voir arriver Roubini à la télé pour nous expliquer à quelle sauce nous allons être mangés par le méchant croque-mitaine qui, pour cette fois pourrait prendre la forme d'un ours qui dévore un bull, tout cru avec de la mayonnaise.

 

En tous les cas, dans les journaux on a commencé à sortir les « Bears » de tous bords. On commence déjà à parler d'une correction de 5 à 10% pour les plus oprtimistes et de 10 à 20% pour les autres et il y a toujours les extrémistes qui préviennent que « quand on sera à 1090 sur le S&P, ce sera OFFICIELLEMENT le nouveau Bear Market »...

 

Et comme tout allait mal hier, c'était la journée démontage gratuit, comme quand tu démontes une armoire IKEA, la seule solution, c'est un grand coup de pied ou de masse dedans... Inutile d'essayer de le faire soigneusement pour la remonter plus tard, une armoire IKEA qui a été démontée est une armoire morte. L'analogie s'arrête ici puisque l'on conserve tout de même l'espoir de « remonter » le marché un de ces jours. Ceci dit, il y a deux ou trois titres qui ont compris leur douleur hier, en général c'était tout ce qui portait un .com avec une connexion de près ou de loin avec la Chine qui cotisait, on saluera la belle performance de RenRen, le Facebook chinois qui avait à peu près aussi bonne figure qu'un patient qui à la fièvre Ebola depuis une semaine. Linkedin a également profité de la journée pour prouver que eux aussi, ils pouvaient baisser. Je vous le dis, ces réseau sociaux, ils peuvent tout faire. Monter ET baisser en plus. La classe.

 

chappatte.jpgLe dollar reprenait des couleurs dans cet environnement, mais ça coûtait encore des pour-cent au pétrole qui souffre de cette économie qui ne va plus et comme lui, il est un indicateur de cette économie tout en étant également un frein, vu son prix élevé, ce n'est pas des journées simples à vivre pour ce pôvre or noir... Ce matin le Brent frôle les 110$ et le WTI est à 98.28$. Non, hier il valait mieux être un lingot d'or qui faisait soudainement à nouveau office de bouée de sauvetage, bien que ça ne flotte pas très bien, les investisseurs se recentraient sur le métal jaune, vu qu'il n'y avait pas grand-chose d'autre à faire. L'or est à 1518$ ce matin et l'argent à 35.25$.

 

Le bilan final n'est pas terrible et je le redis encore, on aurait mieux fait de déplacer le lundi de Pentecôte à hier et de rester à la maison à faire des grillades plutôt que de vouloir ABSOLUMENT aller faire les malins dans les marchés financiers.

 

Dow Jones 12381 -1.05%

S&P500 1317 -1.19%

Nasdaq 2759 -1.59%

Londres 5836 -1.89%

Paris 3907 -2.10%

Francfort 7122 -2.00%

Milan 20533 -3.32%

Madrid 10083 -1.41%

SMI 6437 -1.42%

Tokyo 9459 -0.08%

Hong Kong 22693 -0.08%

Shanghai 2886 -0.68%

Sydney 4688 -0.75%

 

Ce matin l'Asie est plutôt calme et on oscille entre terrain positif et négatif, ce qui est déjà pas mal compte tenu de ce que l'on a vécu ces dernières heures. On ne peut pas qualifier cela de « rebond », mais pour le moment on va s'en contenter. La Chine est toujours sous l'eau, alors que Goldman Sachs downgrade sa vision du GDP chinois pour cette année et l'an prochain. Et les banques australiennes entraînent l'indice en zone rouge.

 

Dans les nouvelles du jour, Cisco qui n'a pas encore assez de mal à se refaire une réputation vient de se voir assigner en justice par la secte Falun Gong qui leur reproche d'avoir aidé le Gouvernement chinois à traquer des dissident via les réseaux de networking. Il n'y a pas de profits pour la secte Falun Gong, mais Cisco réfute le tout en bloc. Au chapitre des IPO's, AIG devrait pricer aujourd'hui sa vente massive de titres permettant ainsi à l'assureur d'être à nouveau indépendant et d'organiser à nouveau des management meetings à Hawaï. Le Gouvernement devrait balancer 200 millions de leurs titres résultant du bailout de 2008 et la société elle-même devrait lâcher 100 millions d'actions levant du même coup la bagatelle de 10 milliards, largement suffisant pour régler un cinquième du problème de la dette italienne ou espagnole.

 

Dans la même thématique, il y a également Yandex qui a annoncé le pricing de son IPO hier soir. Le moteur de recherche russe a été pricé à 25$, bien au-dessus du range prévu entre 20 et 22$. C'est aujourd'hui qu'il commencera a traiter, reste à voir si la Russie est aussi populaire que China.com ou encore LinkedIn.com...

 

Alors que tous les « bears » sont en train de se lustrer le poil, ronronnant de bonheur alors que la dette européenne répond enfin à leurs fantasmes les plus fous, il y un bull qui ose encore parler à contre-courant. Barton Biggs estime que les investisseurs sur-réagissent au sujet de la dette euroéenne et que les actions sont relativement basse en terme de prix, si l'on tient compte des projections de résultats pour l'an prochain. En un mot comme en cent ; il achète. Un point, c'est tout. Il est un grand fan des titres suivants : Deere, GE et Caterpillar. Pas vraiment versé dans les micro-caps Mister Biggs. Pour faire bon poids, bonne mesure, hier sur Bloomberg TV, Lawrence Haverty de chez Gamco Investors a estimé que le prix correct de LinkdIn devrait plutôt se situer autour des 30$ et que la question n'est pas de savoir si il faut vendre ou pas, mais plutôt de savoir « QUAND » il faut vendre. En tous les cas, si il a raison, il y a de la place en dessous...

 

En Europe, on retiendra que les grecs sont en train de vendre tout ce qui leur passe sous la main et qui appartient à l'Etat. Hier le premier ministre a validé la vente des Télécom locaux, Hellenic Telecommunications, ainsi que Public Power Corp (l'electricité) et la Poste. La vente de l'Acropole devrait être repoussé à plus tard, quand à l'Olympe, ils sont en discussion avec Zeus pour ouvrir le capital au public, mais il a l'air moyennement emballé à cette idée. De son côté l'Espagne est sur le point de vendre un grosse partie de la loterie nationale, ils feraient peut-être aussi bien d'y jouer, on ne sait jamais, sur un coup de bol, ça pourrait marcher. C'est donc les soldes un peu partout en Europe.

 

Du côté de l'aéronautique, même si les résultats de l'enquête sur le vol Air France Rio-Paris AF447 devraient être publiés cet été, il y a visiblement des personnes « proches du dossier » qui ne savent pas tenir leur langue. Puisque l'on s'autorise à penser que les sondes Pitot aurait gelé forçant l'avion à ralentir jusqu'au décrochage, laissant la main aux pilotes qui n'auraient pas réussi à récupérer la vitesse, le commandant de bord n'étant pas dans le cockpit. En gros, ça semble assez bien parti pour un début de polémique avec des coupables tout désignés qui innocentent complètement Airbus, mais ne nous emballons pas, le BEA devrait faire part de ses premières découvertes le 27 mai, officiellement cette fois.

 

Ce matin, nous aurons l'IFO en Allemagne, le chiffre sera publié à 10h00 et quand on voit ce qu'on voit et qu'on entend ce qu'on entend, il est plus que probable qu'il sera triste et déprimant. Aux USA, nous aurons les ventes des magasins, le Redbook et les New Homes Sales qui vont tenter d'être encore pire que d'habitude, si c'est possible. Pour le moment les futures américains sont en hausse de 0.15%, ça fait presque peur, tellement ça remonte vite.

 

Bon, je crois que ça suffit pour ce matin. Il me reste à vous souhaiter une excellente journée, moi je vous retrouve demain dans la Tribune et le 24h, mais aussi ici et sur Romandie.com... Dans l'intervalle, amusez-vous bien, que la force soit avec vous et l'offre tient toujours pour ceux qui veulent recevoir ce commentaire par mail tous les matin, ils suffit d'envoyer un mail à morningbull@morningbull.ch

 

Bon café !!! Bon croissant et/ou bon réveil...

 

Morningbull


 

"The world is ending on Saturday. It would really, really suck if we only get to live three weeks longer than bin laden." –Jimmy Kimmel

 

PDF : Morningbull 24.5.2011.pdf.

 

 

 

 

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lundi, 23 mai 2011

Dette italienne et sentiment de marché

 

Re-bonjour,

 

Juste deux articles à lire sur la dette italienne et le sentiment du marché :

 

Market Sentiment.pdf

 

Some Thoughts on Italy's Ratings.pdf

 

 

 

Bonne lecture

 

Morningbull

 

09:56 Publié dans Revues de presse journalière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

Fitch, le nouveau Dieu Grec

 


 

cole.jpg

 

 

L'euphorie liée à l'IPO de Linkedin aura été de courte durée. Vendredi déjà, le marché s'effritait lentement à l'approche du week-end, entrainant l'ensemble des indices dans le tourbillon de leur troisième séance de baisse consécutive. Troisième semaine de mai et pas un pas en avant, les proverbes ont la vie dure et personne ne semble avoir envie de contredire les vieux adages boursiers qui avaient déjà condamné le mois de mai avant de commencer.

 

PDF : Morningbull 23.5.2011.pdf

 

Les chiffres économiques moroses, la fin de la saison des résultats qui offrait tout de même un bon soutient n'a pas laissé d'autre choix que de donner la victoire aux vendeurs qui s'attaquaient unefois de plus au secteur financier qui n'a définitivement pas la cote en ce moment. A côté de cela, il faut également reconnaître que ça ne va pas fort du côté de l'Europe et qu'une partie de la contagion venait de chez nous. Vendredi, mes amis et brillants visionnaires de chez Fitch n'ont rien trouvé de mieux que de nous faire un « call » d'anticipation de derrière les fagots, un truc que jamais l'on aurait pensé possible tellement cela demande d'être au top dans son job et environ dix coups en avance dans la stratégie de l'économie mondiale... Non, décidément ces mecs de chez Fitch, S&P et Moody's sont trop forts pour moi. Il ne me reste qu'à m'incliner devant tant de talent. Un genou à terre, je rend les armes, car l'annonce qu'ils firent vendredi à définitivement surpris tout le monde :

 

« Fitch a downgradé la dette grecque de TROIS étages dans leur échelle de rating que seule un QI de 285 sous cocaïne peut comprendre » - la question de savoir pourquoi ils n'ont pas downgradé la dette petit à petit, plutôt que de trois notes d'un coup, peut être posée, mais ça serait remettre en cause leur talent et ce faisant, serait donc un péché. On s'incline devant tant de maîtrise de la finance. UN POINT C'EST TOUT... Alors on arrête de se moquer et on baisse la tête....

 

A signaler que dans la foulée, S&P n'a pas manqué l'occasion de faire parler de lui, puisqu'ils se sont lancés dans l'innovation. Alors que tout le monde à les yeux braqués sur la Grèce et le Portugal, les demi-dieux de chez S&P ont annoncé qu'ils n'excluaient pas de s'attaquer au rating d'un pays que l'on avait oublié, puisque nous sommes plus occupés par les frasques judiciaires du premier ministre qu'autre chose, mais maintenant S&P menace de couper le rating de la dette Italienne. Pour l'instant ils n'ont encore rient fait, mais ils ont annoncé à grand renfort de communiqués de presse, leur intention de le faire éventuellement peut-être. Pour le moment ils ont organisé une grande série de meetings à l'interne pour savoir si ce n'était pas trop gonflé de s'autoriser un truc pareil... Puis ils vont attendre que l'Italie annonce des chiffres économiques catastrophiques ainsi qu'un endettement qui prend l'ascenseur avant de « créer la surprise »... D'ici-là, les « têtes pensantes » de S&P pourrait bien se retrouver avec la tête d'un cheval dans leur lit, qui sait... L'Italie qui a déjà réagit, puisque dès l'annonce de S&P, ils ont annoncé leur intention de prendre des mesures - mieux vaut tard que jamais - dorénavant, le budget italien sera mieux gérer et les soirées de Berlusconi ne seront plus sponsorisées par l'Etat, ça devrait déjà sauver un paquet de fric. Bref, ils n'ont pas annoncé exactement ce qu'ils comptaient faire, mais ils vont le faire, c'est sûr... Au pire ils pourront toujours vendre l'AC Milan aux espagnols.

 

stahler.jpgVoilà, donc un multiple downgrade sur la Grèce, des menaces sur l'Italie, c'était tout de même un peu trop pour les investisseurs qui n'avaient pas, dans cet environnement, spécialement envie de prendre des risques inconsidérés pour le week-end. L'ensemble des marchés terminaient donc à la cave, surtout qu'il n'y avait même pas un chiffre économique que l'on pouvait utiliser pour essayer d'inverser la tendance. Nous avons donc conclu une série de trois semaines consécutives de baisse et l'on se rapproche à nouveau dangereusement de la zone support de la moyenne mobile des 50 jours qui pourrait finalement céder et apporter de l'eau au moulin des « négativistes » qui estiment que le « bull market » est mort. Il est vrai qu'en lisant la presse de ce matin, il paraît tout de même plus attirant d'aller s'installer sur un plage que de tenter d'inverser la tendance du marché pour ce mois et de prouver que, cette année le « sell in May and go away » ne fonctionnera pas. Mais de toute manière, peu importe comme nous avons TOUS touché du Linkedin à 45$ jeudi passé (et vendu à 120$), tout va bien dans le meilleur des mondes et les vacances d'été dans la suite royale de l'hôtel Paradise Island de Nassau sont assurées pour tout le monde.

 

N'oublions tout de même pas que la réponse à cette question, nous ne l'aurons pas en mai, mais plutôt quelques semaines après la rentrée scolaire. Ne nous emballons pas pour le moment, mais surveillons tout de même ces moyennes mobiles de 50 jours qui semblent avoir pris une importance majeure dans l'esprit des intervenants récemment.

 

Pendant ce temps, le pétrole baisse parce que l'on s'inquiète de la pérennité de la reprise économique américaine et aussi parce que l'on a peur pour la Grèce (et les autres). Le Baril ne parvient pas à redresser la barre et, malgré quelques tentatives au-dessus des 100$, l'or noir n'est pas parvenu à terminer la semaine ailleurs que sous cette barrière fatidique. Ce matin le WTI est à 99.05$ et le brent à 111.58$. L'or se maintient au dessus des 1500, à 1509$ et pourrait peut-être refaire parler de lui cette semaine alors qu'un des thèmes principaux de la semaine à venir semble être « la résurgence de la crise de la dette souveraine qui n'avait d'ailleurs jamais vraiment disparu ». En ce qui concerne l'argent, il s'affiche fièrement à 35$, tout rond.

 

Toujours au chapitre de la dette souveraine, il faudra retenir que ce week-end elle a fait une nouvelle victime : le parti socialiste espagnol. En effet, les espagnols se rendaient aux urnes ce week-end et les résultats sont sans appel. C'est une véritable correction pour le parti socialiste à qui le peuple reproche les mesures d'austérités misent en place pour éviter que l'Espagne finisse comme la Grèce ou l'Irlande. Jamais, depuis la fin de Franco en 1978, le parti socialiste espagnol ne s'était pris une claque pareille. A tel point que l'on se demande même si Zapatero va terminer son mandat qui prendra fin de toute manière en 2012. Pour sa défense, il faut peut-être signaler que, peu importe qui aurait été au pouvoir, les mesures auraient été les mêmes à droite comme à gauche.

 

Néanmoins, le résultas de ces élections dominicales risque de mettre un peu de pression sur les marchés du vieux-continents, qui pourraient interpréter la chose comme étant une mauvaise nouvelle. En tous les cas l'Euro l'a déjà bien fait comprendre à tout le monde, puisqu'il s'affaiblissait durant le week-end pour atteindre un nouveau plus bas contre le franc-suisse, pour l'instant nous sommes à 1.2384.

 

Voici donc le bilan chiffré de vendredi soir et le début de celui de cette semaine en Asie qui n'a pas l'air de se présenter sous les meilleurs auspices :

 

Dow Jones 12512 -0.74%

S&P500 1333 -0.77%

Nasdaq 2803 -0.71%

Londres 5948 -0.13%

Paris 3991 -0.92%

Francfort 7267 -1.24%

Tokyo 9475 -1.38%

Hong Kong 22807 -1.69%

Shanghai 2955 -1.30%

Sydney 4735 -1.52%

 

110522_The_Rapture_t618.jpgCe matin, comme vous pouvez le voir et le pressentir, ça sent le pâté pas frais en Asie. On a commencé à se faire peur avec les problématiques de dettes européenne, il est bien loin le temps où les asiatiques n'imaginait l'Europe que sous la forme d'une grande horloge fleurie auprès de la tour Eiffel, alors qu'un petit train à vapeur passait devant avant d'aller se perdre dans les montagnes enneigées, pleine de Saint-Bernard en liberté, avec leur tonneau autour du coup. Non, maintenant c'est retour à la réalité et la froideur des problématiques de dette. C'est donc la première des préoccupations qui frappe Tokyo et Hong Kong ce matin ; la dette grecques, les élections en Espagne et une explosion qui à eu lieu dans la ville de Chengdu ce matin, l'endroit n'est pas un problème, l'usine dans laquelle a eu lieu l'explosion, un peu plus. C'est l'usine de Foxconn qui fournit les composants Apple. Vous imaginez une peu ??? Si cette explosion repoussait ENCORE la sortie de l'iP hone 5, comment on ferait ? - non, je vous l'avoue, ce matin l'angoisse est à son comble.

 

Pour ce qui est est des nouvelles du jour, une fois n'est pas coutume, je vais commencer par un sondage. Depuis 2009, sur un panel de 1890 analystes financiers, 1% de ces derniers ont eu raison lors de la mise en place d'un « sell rating ». Pas mal, c'est un score honorable, je crois que c'est ce que l'on appelle « sauver l'honneur ». Tu perds 9 à 1, mais au moins t'as marqué un but...

 

Le débat continue à propos de la dette grecque, la BCE pense qu'il est impossible et qu'il serait idiot de restructurer la dette, ceci nous mènerait à la destruction du système bancaire – carrément et « ENCORE ??? » - de l'autre côté, les ministres des finances européens par la voix de Monsieur Juncker, pense qu'il est encore possible de faire une restructuration de dette « en douceur ». On demande à voir, mais pendant ce temps, l'ambiance est morose, faudrait pas que ça dure trop longtemps non plus.

 

Après l'imprononçable volcan islandais de l'an passé qui avait paralysé l'espace aérien européen, l'Islande nous présente sont grand-frère, le Grimsvoetn qui menace à son tour de nous faire un truc du même genre. Pour l'instant, il n'y a pas de conséquences, mais à surveiller attentivement, les compagnies aériennes n'ont pas forcément besoin de ça.

 

Je ne sais pas si ça vous intéresse énormément, mais TEPCO a trouvé un nouveau CEO. Pas facile de trouver un gars qui veut prendre le commandement d'un bateau qui a perdu 2 de ses trois moteurs et qui a déjà de l'eau sur le pont. C'est vite vu, l'orchestre a déjà cessé de jouer et est dans les chaloupes. Dans la foulée, TEPCO annonce une perte de 15 milliards. Je serais japonais je ne me poserais pas de questions pour savoir où vont aller mes impôts l'an prochain.

 

Christine Lagarde semble être le prochain Dominique Strauss-Kahn, elle a reçu le soutient des anglais et des allemands, même si les suisses préfèreraient mettre le patron de la BNS à la place, je ne suis pas certain que leur voix suffise. A noter que les Mexicains devraient présenter Agustin Carstens, le président de leur banque centrale comme concurrent. L'avantage avec Christine Lagarde, c'est qu'elle ne devrait pas courir après toutes les jupes du FMI, normalement.

 

Ethical Coffee va commercialiser ses capsules qui fonctionnent avec le système Nespresso. On ne sait pas encore qui va dire « What else ? » pour Ethical Coffe, mais Jean Dujardin semble être le bon choix. Si vous êtes banquier et que vous cherchez un job, il faut peut-être envisager de déménager à Singapour, selon le Bloomberg de ce matin, c'est là bas que l'on va créer le plus de jobs dans le domaine bancaire. En France on va continuer à créer le plus de jobs dans les « spécialistes de brassage d'air dans les meetings bancaires » et à Singapour on va faire de la banque et en Suisse, on va continuer de sponsoriser la F1.

 

billday.jpgLabelux, qui détient déjà les chaussures Bally, annonce son intention de payer 811 millions pour acquérir les chaussures Jimmy Choo. Un gros choc pour Sarah Jessica Parker. Pendant ce temps, le trustee qui gère l'affaire Madoff et qui poursuit toutes les banques qui ont de près ou de loin eu à faire aux fonds « feeder » qui gravitaient autour de Bernie vient d'annoncer qu'ils arrivent bientôt en bas de la liste alphabétique, puisqu'après avoir attaqué JP Morgan et Pictet, aujourd'hui, c'est Syz Bank qui y passe, pour des montants somme toute très réduits, puisque l'on ne parle QUE de 73 millions et des brouettes.

 

Une dernière chose, le radio-télé-internet évangéliste qui avait prédit la fin du monde pour le 21 mai en fin de journée, s'est encore gouré, comme il l'avait déjà fait en 1994. Comme quoi, même ceux qui croient à ces conneries ont la mémoire courte. Pour ceux qui veulent vraiment encore s'intéresser à autre chose ; DSK est dans son appart et on devrait moins en parler jusqu'au 6 juin, quoi que. Et Lance Armstrong est de nouveau dans la tourmente du dopage alors tous ses anciens équipiers ou presque, ont reconnu s'être dopés... Que des histoires passionnantes. Ça et Schwarzenegger qui saute sur tout ce qui bouge, on ne sait plus où donner de la tête.

 

Globalement, je crois que c'est plus ou moins tout pour aujourd'hui. A retenir encore que nous aurons le Chicago Fed National Activity Index cette après-midi et que les futures américains sont indiqués en baisse de 0.5% sous le signe de l'ours qui gère la dette européenne...

 

Pour ceux qui veulent s'inscrire à liste de distribution de ce commentaire, vous pouvez m'envoyer un mail à morningbull@morningbull.ch et si vous voulez faire partie de mon réseau Linkedin, parce que vous non plus vous n'avez rien touché à l'IPO, mon nom c'est Thomas Veillet, vous me trouverez facilement..

 

D'ici là, en attendant de vous rencontrer sur les sites réseautâge comme disait l'autre, je vous souhaite une excellente semaine, même si elle ne semble pas vouloir commencer sous les meilleurs auspices, mais aussi une excellente journée et un bon « Ethical Coffee » a donner des aigreurs d'estomac à Nespresso... Je vous retrouve demain. Même heure. Même endroit.

 

Morningbull

"President Obama suggested that Israel should go back to the pre-1967 borders. Native Americans said, "Why stop there? Let's go back to the pre-1492 borders."" –Jay Leno

 

 

 

 

 

 

 

 

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vendredi, 20 mai 2011

Linkedin ou Retour vers le Futur

 

bagley.jpg

 

 

Autant depuis quelques jours il n'était pas évident de raconter quelque chose sur le marché, autant ce matin, il est même difficile de faire un choix tellement il s'est passé des « trucs » hier. Plein d'histoires séparées, qui n'ont pas forcément de rapport entre elles, mais qui donnait du coup pas mal d'activité et surtout pas mal de chose à dire ou à écrire.

 

PDF : Mornigbull 20.5.2011.pdf.

 

Commençons par la base. C'est la seconde journée de hausse consécutive que les marchés ont réussi à aligner hier. Pourtant, quand on voit les chiffres économiques qui ont été publiés ce jeudi, si ces derniers étaient sortis il y a trois jours, on corrigeait de 2.5% au minimum – mais pas là... Non, pas là, depuis deux jours il y de nouveau un sentiment bizarre comme si le positivisme était à nouveau chevillé au corps, des investisseurs, pourtant il n'y a pas de quoi et en tous les cas, personne ne crie sa croyance en la hausse partout dans les médias et pourtant.

 

Pourtant, quand on voit la tronches des chiffres des « Leadings Indicators » qui étaient en dessous des attentes mais qui, en plus laissent supposer que l'économie n'est plus en phase de recovery – pour l'instant on reste politiquement correct en disant que l'économie est « sur pause » - puis ensuite il y avait le Philly Fed qui était clairement en dessous également et qui signifiait la même chose, ces deux données ensembles, plus les chiffres des ventes des maisons existantes, qui bien sûr étaient plus faible, contrairement aux attentes des économistes, il y avait largement de quoi courir en direction des panneaux « SORTIE DE SECOURS » et évacuer le bâtiment avant qu'il ne nous tombe sur la figure...

 

Pourtant, au milieu de tout cela, un petit chiffre de rien du tout avait visiblement la capacité d'inverser la tendance et de sauver le monde. Ça plus quelques autres choses, mais les Jobless Claims ont clairement donné une note d'espoir puisque les données communiquées hier par le Gouvernement, donnée corrigées à la baisse depuis la semaine passée, faisait passer le message d'une note d'espoir sur le marché de l'emploi. Il est pourri et tout mou, c'est clair, mais ça aurait pu être pire. On était donc en mode « moins pire » et ça nous suffisait pour tirer un gros trait sur le reste des chiffres économiques qui aurait pourtant du rendre dépressif la plus optimiste des bêtes à cornes de Wall Street.

 

englehart.jpgOn notera également des bonnes nouvelles dans le secteur du Retail, avec des bons chiffres chez Dollar Tree qui grimpait de 3%, pendant que PetSmart faisait encore mieux et bondissait de 7.6%. Mais les bonnes nouvelles du secteur faisaient aussi effet de contagion laissant les intervenants faire la déduction d'eux-mêmes ; si le retail va, c'est que le consommateur consomme et si le consommateur consomme, l'Amérique est forte et si l'Amérique est forte, si ça se trouve, on va buter Ben Laden. Ah non, ça c'est déjà fait.. Mais en gros, vous avez compris le concept ; si le Retail va, tout va. Bon, si le bâtiment allait bien, tout irait bien aussi, mais pour ce qui est du bâtiment, on va éviter le sujet qui fâche pour le moment...

 

En Europe, les banques étaient euphoriques alors que les investisseurs revenaient un peu sur le sujet après qu'elles aient bien cotisé à la crise grecque, non pas que le problème soit réglé, non bien au contraire, mais comme il n'y a rien de nouveau du côté d'Athènes, on se dit que comme « tout est dans le prix », il est temps d'essayer de faire du shopping en profitant des soldes. Sur les valeurs liées au pétrole, même chose, regain d'intérêt parce que le baril regagnait quelques cents hier et que son potentiel de baisse semblait vouloir rester limité....

 

Aux USA, même combat, une fois les chiffres économiques digéré, intégrés et mis en boîte, on pouvait se concentrer sur le downgrade de Goldman Sachs sur Intel, qui mettait le roi des chips sur sa liste de recommandation de VENTES... Assez rare pour être signalé. GS pensent que l'avènement des tablettes, n'est pas une bonne nouvelle pour les compagnies qui fournissent des semi-conducteurs tels que ceux d'Intel ou encore KLA-Tencor, voir AMAT. Intel est donc sur « sell », ainsi que KLAC alors que Applied Material est retiré de la liste d'achat et reste sur neutre. Là, encore l'impact de Goldman a été relativement limité hier, comme si les investisseurs n'avaient pas envie de surfer sur les mauvaises nouvelles, mais uniquement sur les bonnes.

 

Côté commodities, l'or est à 1495$, l'argent à 35.13$, c'est très calme sur ces deux lascards, même chose sur le pétrole qui se traîne lamentablement entre 96 et 100$, sans parvenir à prendre une décision, le Brent est à 111.71$ et le WTI est à 98.99$. Les intervenants se concentraient plutôt sur l'IPO de Glencore qui était « pricée » à 530 pences et qui faisait son entrée en bourse hier sur le marché gris londonnien. La compagnie suisse doit encore attendre le 24 mai pour rentrer dans la cour des « grands » et être intégrée dans le Footsie. Pour le moment, malgré un engouement énorme et un niveau de sur-souscription très élevé, le prix a du être soigneusement déterminé, puisque le titre traitait péniblement en hausse pour terminer sur des niveaux proches de l'ouverture.

 

Mais si on veut vraiment parler d'IPO, c'est du côté des States qu'il fallait se tourner, puisque les hasards du calendrier faisaient que Glencore ET Linkedin faisaient leur entrée en même temps. Comme partout, on est tous égaux, il y en a qui sont juste plus égaux que les autres. Linkedin avait donc augmenté son prix d'émission en catastrophe il y a 48 heures, passant de 35$ à 45$ et hier elle a donc mis les pieds dans le grand bain....pour doubler instantanément.

 

Oui, doubler. Comme au bon vieux temps, quand internet était encore en analogique et que vous vous connectiez au net ça faisait : crouuuuucouikkrooooooouuuuuukouikkkkkougroooouuuu dans votre modem et que pour afficher la page complète de CNN, il fallait compter 10 minutes et qu'Apple était une grosse daube qui valait moins que ses bâtiments et que votre téléphone portable ne faisait que téléphone avec son écran noir et blanc et son jeu du serpent...

 

Linkedin s'est donc chargé de nous ramener dans le passé, en tous les cas pour les « vieux » comme moi qui sont des vétérans du Viet-nâm de la bourse... Le titre a payé même 122.70$ au plus haut – j'imagine le pauvre type qui a payé ce prix, puisqu'à la clôture l'action ne valait plus que 93.26$. Vous l'aurez compris, nous sommes de retour dans le délirium du vintage du fin de siècle passé, les sociétés internet sont de retour et on n'a pas fini d'en parler sachant que Groupon et Facebook doivent encore passer par le start pour engranger du cash. Nous n'avons donc pas fini de rire...

 

Ceci dit cette IPO soulève bien des débat. Le premier étant de savoir si nous sommes à nouveau entré dans une ère où la performance sera facile et où tous les profs de golf, les garçons de café et les chauffeurs de taxi vont changer de métier pour devenir « day-trader » ou est-ce différent cette fois ?

 

Si l'on en croit les journaux spécialisé et les analystes, ce n'est pas pareil, les 93$ d'hier soir ne seraient pas complètement idiots, sachant que les revenus estimés des 5 prochaines années sont volontairement très bas, pour ne pas décevoir. Les investisseurs auraient donc simplement remis l'église au milieu du village. En même temps si les investisseurs étaient aussi visionnaires, ça se saurait, mais c'est une théorie comme une autre.

 

Non, la question est ailleurs, comme disait Fox Mulder. La question est : mais pourquoi est-ce que le titre est « pricé » si bas alors que tout le monde « SAIT » que ça vaut plus, est-ce que les brokers n'auraient pas foiré leur pricing et du coup, empêché la boîte d'encaisser le double de pognon ? Ou alors n'a-t-on pas mis assez de titres en circulation, les employés et les fondateurs ne sont-ils pas trop gourmands en gardant des participations pareilles ? Et en même temps que celui qui ne veut pas être milliardaire lève la main... Voilà, le débat est lancé, toujours est-il que ce matin, Jeffrey Weiner est un homme heureux.

 

Une question lancinante me trotte également dans la tête ; « pourquoi j'en n'ai pas touché moi, des actions Linkedin??? »

 

Maintenant que le débat sur Linkedin est lancé et que l'on se demande si nous ne sommes pas de retour dans la bulle spéculative qui à coûté son bras droit au Nasdaq, je suis tombé sur un article que je vous fait partager, il s'intitule : « Here Are Wall Street's Real Estimates For LinkedIn », il est écrit pas Henry Blodget qui n'est autre que l'analyste qui avait prédit qu'Amazon irait à 400$ en 1999, alors qu'elle en valait 20.. ça vaut ce que ça vaut, mais il est bien écrit et très clair... Mais le débat reste ouvert..

Blodget on Linkedin.pdf.

Vous trouverez également, dans mon « post » précédent, celui d'hier soir, une vidéo de Jim Cramer sur le sujet :

 

http://morningbull.blog.tdg.ch/archive/2011/05/19/jim-cra...

 

Lui, il n'est pas content...

 

Linkedin va donc faire couler beaucoup d'encre, beaucoup d'investisseurs doivent être furieux de ce qui s'est passé, mais comme dans les opérations d'initiés, ces surtout ceux qui n'en n'avaient pas qui sont fâchés...

 

Ci-dessous les top tens opening des IPO's depuis dix ans. Si Linkedin s'était appelé Link(China)edin.com le titre vaudrait probablement 350 dollars ce matin et il vendrait des copies d'iPhone.

 

 

Top-Ten.jpg

 

 

 

Grosso modo, New York termine en hausse de 0.36%, Londres de 0.55%, Paris de 1.25% et Francfort de 0.75%. Ce matin, Tokyo est en légère hausse après que la Banque du Japon ait fait des commentaires « encourageants » sur l'avenir de l'économie, comme « tout ce qui ne vous tue pas vous rends plus fort », ils maintiennent les taux là où ils sont. En même temps, ils n'ont pas vraiment le choix. Le Nikkei avance de 0.3%. Hong Kong, Shanghai et Sydney ne font rien qui mérite d'être signalé. Au passage, on notera la démission du Président de TEPCO qui assume ainsi la perte colossale de la compagnie. Dans ce cas précis, je pense qu'utiliser le mot « surprise » serait une erreur.

 

fitzsimmons.jpgCôté news, Liberty Media met 1 milliard sur la table et rachète Barnes & Noble, la librairie qui était au bord du gouffre s'en sort avec un titre à 17$, soit une surprime de 20%. L'EIA estime que nous avons besoin de plus de pétrole, ça tombe bien, j'ai justement jerrycan dans le garage et je ne sais pas quoi en faire si jamais. Royal Dutch Shell devrait faire une annonce importante aux sujet de ses opérations en Australie, pas plus de détails pour le moment. Gap a coupé ses prévision pour le reste de l'année alors que les coûts augmentent, le titre s'est pris une volée de 15%. Aéropostale à publié des chiffres 50% en dessous des attentes, bilan -17%, comme quoi tout ne va pas si bien dans le retail. En revanche, Salesforce.com a sorti de bons chiffres et Immunogen pense faire une offre secondaire.

 

DSK va sortir de prison moyennant un bracelet électronique et 1 million de dollars de caution. Prochaine audience le 6 juin, ça nous fera des vacances. Intesa lance sa recapitalisation et va engranger 5 milliards d'euros. A Athènes les syndicats disent non à l'austérité. Air France KLM repasse dans le vert au niveau des bénéfice.

 

Comme vous le voyez, beaucoup de chose à dire, aujourd'hui sera une journée sans chiffres économiques, un calme vendredi qui devrait nous permettre de terminer la semaine en roue libre, histoire d'être en forme lundi matin. Pour le moment les futures américains sont indiqués flat de chez flat et inchangés de chez inchangés.

 

En ce qui me concerne, j'aimerais profiter de l'occasion pour vous souhaiter une très bonne journée et un très bon week-end surtout... Pour la suite, on se retrouve lundi pour de nouvelles aventures. Moi je vais m'injecter un Nespresso, what else ?

Ah, et si jamais : inscription - liste de distribution - envoyer - mail - morningbull@morningbull.ch - serez inscrit.

 

A lundi

 

Morningbull

 

Real planes use only a single stick to fly. This is why bulldozers & helicopters — in that order — need two. — Paul Slattery

 

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jeudi, 19 mai 2011

Jim Cramer au sujet du premier jour de trading de Linkedin

A voir ou à revoir, mais on en reparle demain...

 

 

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Souvent, Investisseur varie ! Et pas qu'un peu

 

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Je ne sais pas si c'est l'investisseur qui change d'opinion à cause des commentaires dans la presse ou l'inverse, toujours est-il que même après plus de 1700  commentaires sous le nom de Morningbull, je ne cesse pourtant d'être ébahit par la vitesse avec laquelle nous passons du doute le plus profond à une euphorie grisante.

PDF : Morningbull 19.5.2011.pdf

Il y a déjà une chose, c'est l'horizon d'investissement. Je l'ai déjà dit dans cette colonne, depuis quelques années, nous sommes passé d'une vision de quelques mois à plusieurs années, à une vision de quelques minutes à quelques heures. En fait c'est comme dans le film « le jour de la marmotte », le type se réveille tous les matins et c'est le même matin, il doit tout recommencer à zéro, en essayant de faire mieux que la veille, jusqu'à obtenir un jour parfait. Nous, dans les marchés on remet tout à zéro ; les sentiments, la perception du monde et des infos, les données économiques et les portefeuilles. Comme si on avait que 24 heures pour faire notre année. Pour ce qui est d'arriver au « jour parfait dans le monde de la finance », je crois pouvoir dire sans trop prendre de risques qu'il est encore loin. Très loin. Mais tant mieux, car ce jour-là, je n'aurais plus qu'à ranger mon clavier et partir élever des chèvres en Ardèche.

 

Bref, hier était une de ces journées que me faisait regretter de m'être lever mercredi matin pour écrire. En effet, en lisant la presse d'hier, on sentait que la fin était proche et le passage dans un monde meilleur, était fortement envisagé par une bonne part des journalistes financiers et in-extenso par certains gérants. Pourtant les chiffres de Dell allaient donner un regain d'espoir.

 

On est tombé bien bas, devoir retrouver l'espoir avec Dell, si c'est pas malheureux. Néanmoins, les bons chiffres, les magnifiques chiffres devrais-je dire, redonnaient confiance aux intervenants, le retour en récession envisagé un bref instant 24 heures auparavant n'était donc plus à l'ordre du jour, puisque dans un pays qui achète des PC, c'est bien connu, on ne peu pas tomber ou retomber en récession. Sauf au Japon, mais le Japon ça compte pas.

 

Du coup on oubliait de parler de la dette de certains pays européens dont on a déjà oublié le nom et l'on se concentrait sur les valeurs de croissance qui pourraient bénéficier de ce magnifique « recovery économique » trop vite enterrer. Un des grand vainqueur de la journée, Dell mis à part, fut Caterpillar. Caterpillar qui était un des gros tocards de la veille parce que l'économie allait partir à vau-l'eau. Comme je vous le disais, ce qui était valable hier ne l'est plus forcément aujourd'hui. Aujourd'hui est un jour nouveau, le premier jour du reste de notre vie d'investisseur – enfin, jusqu'à demain, parce que, selon la croyance populaire, il se pourrait que demain soit un autre jour aussi, mais ça, c'est pas sûr, ça doit encore être confirmé par les analystes.

 

01Hic.jpgCe mercredi c'était donc « Bull Market pour tout le monde, champagne et cotillons, ohé ohé, on est les champions, et un et deux et trois zéro... Et puis pas seulement chez Caterpillar et Dell, non chez presque tout le monde, Target qui annonçait un trimestre de rêve, comme quoi il y a encore des gens qui consomment au centre commercial, tout était parfait, sauf Staples qui publiait des chiffres pourris, mais pas assez pour gâcher la fête, assez pour planter le titre de 15%, mais qui a encore des Staples en position ??? QUOI, T'ETAIS PAS LOOOONG SUR DELL ??????? MAIS C'ETAIT POURTANT EVIDENT !!!! Et en plus t'avais des Staples... pas d'bol, allez vient je te paye un verre et je vais te filer un inside... Comment ça on peut pas dire ?? Mais si, en Suisse ça existe pas...

 

En effet, je crois que seul perdant de la journée c'était Staples, en même temps, en vendant des post-it à l'époque où l'iPhone vous met une application post-it à disposition qui vous permet d'écrire une note et de coller votre iPhone au frigo, forcément c'était perdu d'avance.

 

Tout montait, même l'Europe. Même les commodities. Même le pétrole. L'EIA a publié les inventaires et pour une fois, il s'est passé un truc drôle. En effet, en l'espace d'une semaine, les inventaires n'ont PAS bougé d'un baril. Bon, c'est vrai, j'avoue je n'ai pas fait le plein. Mais là où c'est le plus marrant, c'est que pour une fois que les analystes connaissaient la réponse – ils n'avaient que reprendre les données publiées par l'EIA le 11 mai – ils ont quand même voulu faire les malins et rajouter 700'000 barils.... pour faire bon poids bonne mesure. Mais du coup ; CARAMBA, ENCORE RATE... C'est donc un sans faute, depuis le début des publications des inventaires, au lendemain de l'élection de George Washington, en 1789, les analystes n'ont encore jamais réussi à prédire les inventaires en avance. Je pense que ça frise le grand-chelem, même au loto on a plus de chance de réussite... A croire qu'il le font exprès. Bon, en même temps, ça ne sert tellement à rien d'essayer de prédire ces inventaires, à leur place je serais parti vendre des crèmes glacées sur les plages de Malibu depuis longtemps.

 

Toujours est-il que ces inventaires laissaient penser aux flash-investisseurs sur les pétrole qu'il était temps de jouer le rebond (les flash-investisseurs est un terme que je viens d'inventer, il s'applique aux vrais investisseurs sur le pétrole, ceux qui ont une vision « long term » et qui sont capable de tenir une position et une opinion pendant plus de 30 minutes). Le baril selon WTI est donc repassé en dessus des 100$ - ohé ohé ohé l'économie est de retour – puisque n'oublions pas qu'un pétrole fort est un signe de bonne santé économique, jusqu'à qu'il la plombe tellement et qu'il se transforme en virus mortel pour l'économie, mais ça c'est une autre histoire.

 

Le retour en grâce du pétrole redonnait de l'énergie au secteur, ça plus le Congrès qui a décidé de ne pas sur-taxer les compagnies pétrolières au niveau fiscal. Non, ne faites pas ces yeux-là, c'est normal, on ne mord jamais la main qui vous nourrit, on la lèche.. Enfin, c'est en tous les cas ce que fait mon labrador. Ceux qui mordent la main qui les nourrit, c'est les Pit-Bull et à la fin on les euthanasie. Les membres du Congrès sont bien trop intelligents pour cela et en plus après, c'est qui qui va payer la Bentley, si les « majors pétrolières » commencent à donner aux pauvres...

 

64689116.jpgDonc au bilan final, hausse des titres pétroliers, hausse du baril, le WTI est à 100.40$ et le Brent à 112.66$, les métaux retrouvent des couleurs, l'or est en hausse à 1497$ et l'on parle déjà de « double bottom » pour le métal jaune, ce qui est censé être une bonne nouvelle et l'argent a été passé au Starwax et repasse au-dessus des 35.45$, semblant moins mal en point que ces derniers jours. Oui, vous avez compris, quand on fait le bilan, les actions sont remontées, mais les commodities aussi. Ça tombe bien parce qu'aujourd'hui c'est le jour de l'IPO de Glencore. Mais si, vous savez la boîte suisse qui fait dans les commodities et qui a le don d'énerver Goldman Sachs. Eh bien c'est aujourd'hui qu'ils viennent encaisser leurs 10 milliards et qu'ils vont se trouver immédiatement avec une capitalisation boursière de près de 60 milliards les plaçant juste derrière Anglo American, qui n'est rien de moins que la 7ème plus grosse minière du monde. Pas mal pour une boîte qui ne produit rien.

 

Nous avons donc testé les supports, cette fameuse moyenne mobile des 50 jours qui faisait peur à pas mal de monde semble avoir tenu bon. Ceci nous permettra-t-il de repartir à l'assaut des sommets, j'aimerais bien mais à court terme, le manque de conviction et l'excès d'incertitude sont une balance déséquilibrée qui va nous compliquer l'ascension du Mont S&P500 qui culmine encore bien trop haut pour nous et qui présente des conditions météorologiques instables qui feraient fuir un sherpa et sa mule. Néanmoins, j'ai une certitude qui s'accroche au fond de moi, c'est que le jour où l'on cassera les résistances, c'est le jour où on y croira le moins....

 

Dow Jones 12560 +0.65%

S&P500 1341 +0.88%

Nasdaq 2815 +1.14%

Londres 5923 +1.07%

Paris 3978 +0.92%

Francfort 7304 +0.65%

Tokyo 9651 -0.11%

Hong Kong 23213 +0.88%

Shanghai 3006 -0.08%

Sydney 4830 +1.35%

 

Ce matin, après avoir essuyé un tremblement de terre meurtrier, une catastrophe nucléaire pas très grave (les catastrophe nucléaires sont toujours pas très grave selon ceux qui les gèrent, c'est 20 ans après, quand on mange des sushis de 20 Kilos que l'on mesure les conséquences), après tout cela, le Japon vient de publier ses chiffres économiques et ils sont nettement en dessous des attentes, ce qui veut dire que le pays est à nouveau en récession. Et paf. Le répit aura été de courte durée. Pendant ce temps, Hong Kong surfe sur la vague du rebond des commodities et la Chine se traîne sur la zone des 3'000 comme si c'était déjà les vacances d'été.

 

Pour ce qui est des nouvelles neuves, mis à part l'IPO de Glencore qui est 1 milliard de fois sur-souscrite et qu'à moins de vous appeler John Paulson vous en toucherez des clopinettes, il y a encore l'IPO de Linkedin qui va sortir aujourd'hui. Le Facebook des travailleurs, là ce ne sont plus des amis, mais des relations de bizness.. ça rigole plus. Après avoir monté le prix d'émission de 30% avant-hier la compagnie vient en bourse aujourd'hui pour la modique somme de 45$ par action. Le titre commencera à traiter à 15h30 sur le NYSE sous le symbole LNKD. C'est la première boîte de réseau qui vient en bourse et l'on peut compter sur le fait qu'elle soit suivie attentivement, pavant ainsi la route pour Groupon et Facebook qui ne manqueront pas de venir pointer leur nez à Wall Street dans les 12 mois qui viennent. Juste un chiffre, Linkedin c'est 100 millions d'utilisateurs, Facebook, c'est 600 millions, tant d'amis à se faire et si peu de temps...

 

Dernière minute : Dominque Strauss-Kahn vient d'annoncer sa démission avec effet immédiat de son poste de Managing Director du FMI. Sacré surprise, on ne s'y attendait pas du tout. Moi qui pensait que Merkel se rendrait au parloir pour discuter du problème de la Grèce. Ne serait-ce point de la discrimination carcérale ?

 

Revenons au monde réel et à une vraie justice. Vikram Pandit, CEO HISTORIQUE de Citigroup, vient de se voir offrir un nouveau package, il devrait valoir (le package) autour de 16 millions de dollars, sauf que le deal a été organisé par le desk structuré de Citi, donc il touchera des morceaux de son package durant les 5 ans à venir avec plein de conditions, de coupons de barrières, de limitations et de restrictions, plus un wagon d'options avec des strikes divers et variés. C'est très compliqué, mais à la fin ça paye largement une Aston Martin. Et si j'ai bien compris mon dernier cours de mathématique nucléaires quantiques, si Citigroup matche les attentes des analystes, le package pourrait monter jusqu'à 42 millions d'ici 2015.

 

Christine Lagarde est sur les rangs pour succéder à DSK, pas en tant que candidate du parti socialiste, ni en tant que cheffe de clan à Rikers Island, non en tant que patronne du FMI. Apparemment, elle pourrait être en concurrence avec Arnold Schwarzenegger qui à les mêmes compétences que Strauss-Kahn. Vu que c'est la saison des déballages sexuels, Munich RE a annoncé que lors d'une soirée de remerciements au meilleurs employés de la société, à Budapest en 2007, le management a engagé 20 prostituées pour agrémenter la fête et le porte parole confirme que DSK n'était pas parmi les invités. Alors d'un côté Pandit qui chope 16 millions et de l'autres les top shots de Munich Re qui sont payés en nature, y a pas de justice.

 

Obama va annoncer un plan de soutien financier aux pays de l'Afrique du Nord et du Middle East, pour les aider à installer la démocratie et à virer les camps d'entraînement d'Al-qu'aille DA, le plan s'appellera QE2bis. Les minutes du FOMC meeting ne nous ont rien appris, sauf que les stars de la FED ne sont pas tous d'accord entre eux, ce qui laisse penser que les taux ne vont pas bouger aujourd'hui, ni demain, après c'est pas sûr... Personnellement, j'ai printé le document et l'ai utilisé pour allumer le grill. Ah oui, encore un truc hyper important, l'enfant hors-mariage de Governator est un garçon.

 

Côté chiffres économiques, nous aurons les jobless claims de la semaine, le Bloomberg Consumer Comfort Index, les Existing Home Sales qui devraient enfoncer un peu plus le clou sur le cercueil du marché immobilier, le Philly Fed, les Leading Indicators, les chiffres du gaz, le Fed Balance Sheet, le Money Supply, les naissances des canards dans le lac de Manhattan, le nombre de castors en vie dans la Versoix et la corrélation entre les phases de la lune et les performances du marché. Pour le moment les futures US sont indiqués en hausse de 0.01%, j'en ai le vertige.

 

Il me reste à vous souhaiter que la force soit avec vous et que vous trouviez l'arche d'alliance et le graal dans la journée. Moi, je vais pêcher le thon au lance roquette dans la baie de Fukushima et je vous retrouve demain à la même heure et au même endroit... Je crois. Je pense. J'espère....

 

Morningbull

 

"President Obama's approval rating, which got a bump after killing bin Laden, has slipped again. Which is really bad news — not for the president, for Moammar Gaddafi." –Jay Leno

 

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