mardi, 19 avril 2011

Sorry we're closed

 

closed.gif

 

De retour dans quelques jours, parce que « Sell in May and Go Away »...

Pas de trop de lapins, pas trop de chocolat...et en forme pour la suite des évènements qui seront passionnants, j'en suis sûr...

 

Thomas Veillet aka Morningbull

 

18:30 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

Athènes, Lisbonne, Washington, même combat

beeler.jpg

 

 

 

 

Je dois dire que ce matin, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer.

 

Il est dans ma nature et dans le nom de mon blog d'être généralement plus euphorique et enclin à l'écriture quand le marché explose et laisse les bears blessés et déprimés au bord de la route, je n'y peux rien, je suis comme ça. Mais là, hier, je dois dire que de voir l'Europe se faire taper sur le crâne car un pays de 5.4 millions d'habitants, qui sont généralement connus pour leurs pilotes automobiles et leurs téléphones portables, viennent remettre en cause les décision même de la « grande » Europe, il y a déjà de quoi se marrer doucement en coulisse, car j'imagine qu'il y a deux ou trois politiciens qui doivent avoir envie d'envahir la Finlande juste pour les ramener à la raison.

 

PDF : Morningbull 19.4.2011.pdf

 

La nouvelle de l'arrivée du parti des vrais-finlandais dans l'anti-chambre du pouvoir aura en tous les cas eu le mérite de faire plonger le marché. Même si ce parti retombe dans l'oubli comme c'est souvent le cas pour ce type d'extrémistes, ils pourront se vanter toute leur vie d'avoir réussi à faire planter la planète entière, l'Europe en tête et les ricains ensuite. Reste à savoir ce qui va se passer au niveau des bailouts prévus et de l'impact que la Finlande pourrait avoir en apposant son véto tant redouté, car n'oublions pas que, pour l'instant nous n'en sommes qu'à de pures spéculations...

 

Mais comme si le cas de la Finlande ne suffisait pas, dès l'ouverture du marché déjà mal en point, des rumeurs commençaient à circuler comme quoi la Grèce aurait approché l'Europe pour demander une restructuration de leur dette. Même si ces rumeurs étaient immédiatement démenties par le Gouvernement, le mal était fait et les spécialistes sortaient tous du bois pour nous expliquer que nous sommes entré dans une nouvelle ère ; après les bailouts les restructurations de dettes. Selon ces même spécialistes, c'est même pire que les bailouts, mais c'est un passage obligé, il paraît. Et puis c'est bien, ça nous rajoute un sujet de conversation compliqué que personne ne maitrise vraiment. Il fallait voir le journaliste de la télé française hier soir qui écoutait un docteur en économie lui expliquer ce qu'était la restructuration de la dette ; on aurait dit qu'il lui démontrait que la théorie de la relativité était fausse... Moi, j'ai pas écouté jusqu'à la fin, parce que j'avais enregistré un vieux Top Gear et que finalement, c'est vachement plus marrant à regarder.

 

Toujours est-il que pendant que certains pays seraient éventuellement peut-être en train d'envisager, en secret de restructurer leur dette - ce qui consiste à jouer avec les rendements et les durées, en proposant d'échanger les papier détenus par les Gouvernements et les investisseurs - ce qui serait plus favorable au pays qu'à l'investisseur - en gros tu as une BMW M3 de 2008, toutes options avec 25'000 kilomètres, on te l'échange contre une Fiat Punto Diesel de 1996, avec 143'000 bornes et on te dis que c'est « presque » pareil – pendant qu'ils restructurent il y a des pays qui espéraient encore toucher le bailout...

 

Quand on voit ce qui s'est passé en Europe hier matin, on avait largement assez de munitions pour coller une grande étiquette sur les archives du 18 avril 2011 et marquer dessus : « journée pourrie ». Mais les Dieux de la finance en avaient décidé autrement, plus on est de fous et plus on rit, donc autant en remettre une couche pour mettre tout le monde d'accord.

 

Alors que l'Euro se faisait démonter, ainsi que l'Europe dans la perspective éventuelle de leur disparation corps et bien, le tout organisé par la Mafia Finlandaise, S&P ne pouvait s'empêcher de tirer la couverture à lui. L'organisme de rating, pas l'indice. Mes amis de chez S&P ne pouvaient donc pas faire autrement que de choisir ce jour maudit pour annoncer « THE » nouvelle que l'on attendait finalement depuis longtemps, ils révisent les perspectives de la DETTE US à la baisse!!!! Passant de « Stable » à « Négatif ». La compagnie américaine reproche aux politiciens « de ne même pas discuter  des problèmes ». Il faut reconnaître que, pour une fois ; ILS ONT OSE... Les choses changent car il y a deux ans en arrière, ils auraient fait ça, le Gouvernement aurait déplacé le siège de S&P à Guantanamo.

 

Donc, c'est fait. Le triple A des USA n'est donc plus un sanctuaire inviolable, il faut dire qu'on le voyait venir quand même, mais ça fait toujours bizarre quand c'est concret. Maintenant ce n'est qu'un changement de « perspectives », la prochaine étape sera de couper le triple A, ça c'est une autre paire de manches. Le communiqué de presse de S&P précise qu'ils estiment à 1 sur 3 les chances de passer à l'action dans les deux ans à venir.

 

Finalement : « Il n'y a qu'un seul « A » dans USA et pas trois »

 

D'aussi loin que je me souvienne, quand j'étais un jeune trader et que je lisais les cours de la bourse sur un téléscripteur qui crachait des kilomètres de bande de papier avec des prix imprimés dessus, pendant que les traders se jetaient par les fenêtres, vers la fin des années trente. Le rating des USA semblait intouchable, bon en même temps à l'époque on parlait de la dette US en dizaine de millions, aujourd'hui on parle en trillions et il faut vite agir car au-delà des problèmes d'endettement, personne ne sait vraiment ce qu'il y a après « trillions », zillions ? Euro-millions ?

 

chappatte.jpgBref, le marché a donc moyennement apprécié la nouvelle, comme on aurait pu s'en douter. Le dollar s'est planté, permettant à l'Euro de retrouver un minimum de couleurs, les marchés ont accentué leur baisse, le Dow Jones ouvrait en baisse de 250 points, les commodities se faisaient démonter, pétrole en tête, seul l'or et l'argent parvenait à faire illusion en terme de « safe heaven ». Bien que ce fût de courte durée, puisqu'à la fin de la séance on était de retour à la case départ. Il a faut tout de même citer le fait que l'or a failli réaliser les prédictions de 99% des analystes – à savoir que les 1500$ seraient atteint ce mois – puisqu'il s'est arrêté à 1497.50$... La trouille, ça ne se commande pas...

 

Tout était parti pour finir en peau de chagrin et la journée prenait la sale tournure d'un lendemain de Tsunami à la sauce nucléaire. Puis soudainement, plus rien.... Le calme plat ou le calme avant la tempête, toujours est-il que dès que les Européens eurent terminé leur séance au fond du trou avec la sale impression que nous allions tous mourir et revenir demain (aujourd'hui) au bureau avec la boule au ventre et le S&P500 5% plus bas, les vendeurs se sont soudainement dégonflé et le marché est reparti en direction du nord, limitant la casse à des baisse de 1% qui paraissent tout de même extrêmement limitées compte tenu de la nouvelle...

 

Surprenant.

 

J'ai peut-être une théorie. Bien que tout le monde se dise « bullish » depuis quelques mois, à voir les volumes, je reste convaincu qu'il y a plein de « bullish-en-théorie » et qu'il n'y pas tant d'investisseurs qui sont bourrés d'actions en portefeuille. Et quand le marché baisse, pour le faire baisser il faut deux choses : des vendeurs et des vendeurs. Mais quand vous n'avez rien à vendre, il ne reste plus qu'à «shorter » le marché – ou vendre avant d'avoir acheter. Mais voilà, « shorter » c'est plus facile à dire qu'à faire, tout le monde ne peut pas et ne sait pas le faire.... Et cette année 2011 n'a pas été clémente pour les adeptes de cette stratégie, qui ont donc un peu les mains moites quand il s'agit de retourner au charbon.

 

Donc, quand vous avez des investisseurs qui n'ont rien à vendre, mis à part des bonds ou des produits structurés bloqués jusqu'à l'échéance où quand on veut les vendre c'est la même chose que se faire reprendre sa voiture par un garage (« mais mon bon Monsieur, votre voiture elle ne vaut rien, personne n'en veut, mais je veux bien vous la reprendre 35% en dessous de l'argus, mais encore, je vous fait une faveur, c'est vraiment parce que c'est vous et que la voiture neuve que je vous vend, elle va bien avec vos yeux »)... Donc, quand vous n'avez pas d'actions à vendre et que les spécialistes « shorteurs » de marché ne sont pas au mieux de leur forme, comment voulez-vous que ça baisse « POUR DE VRAI » ???

 

Ma théorie vaut ce qu'elle vaut, mais je commence à y croire...

 

Au bilan final ce fût la pire journée du Dow Jones en un mois. Mais dans tout cela, il y a eu des bons chiffres au chapitre des résultats, mais ça, tout le monde s'en fout. Citigroup a même surpris son monde, après les chiffres décevants de ses deux collègues (BofA et JP), la banque de Monsieur Pandit a agréablement surpris les investisseurs et terminait même cette journée pourrie en hausse de 1%, même si, globalement ce fût une journée immonde pour les banques. Boeing montait également, merci Monsieur le Barron. Après la clôture, Texas Instrument publié des chiffres légèrement en dessous des attentes, car ils ont eu quelques problèmes post-tsunami. L'excuse du Tsunami va être couramment utilisée ces prochaines semaines, j'en ai peur. Les analystes, eux, ne l'on pas encore intégré dans leurs projections semble-t-il. Mais globalement Texas est un poil en dessous et prévoit un trimestre également plus faible que prévu. Le titre reculait de 1.8% after close.

 

sack-1.jpgLe pétrole a vécu une mauvaise journée. La combinaison des nouvelles qui laissent entendre que l'or noir coule à flot et qu'il y a un maximum d'offre dans le marché n'a pas aidé et puis le fait que le marché des actions lâche du leste a conforté le baril dans sa déprime saisonnière. Ce matin le WTI se traitre à 106.76$ et le Brent est à 121.38$. Globalement ce fût un mauvaise journée pour tout ce qui touchait de près ou de loin aux commodities et puis c'est tout..

 

Petit bilan chiffré :

 

Dow Jones 12202 -1.14%

S&P500 1305 -1.06%

Nasdaq 2735 -1.10%

Londres 5870 -2.10%

Paris 3881 -2.35%

Francfort 7027 -2.11%

SMI 6244 -2.43%

Milan 21185 -2.92%

Madrid 10345 -2.02%

Lisbonne 2716 -2.31%

Athènes 1427 -2.83%

 

Ce matin, l'Asie n'est pas en reste :

 

Tokyo 9419 -1.45%

Hong Kong 23496 -1.40%

Shanghai 3141 -1.89%

Sydney 4875 -1.42%

 

Pour une fois l'Asie ne recule pas à cause de ce qui se passe au Japon, mais c'est plutôt les problèmes de la dette souveraine qui s'étendent qui angoissent le monde entier et les asiatiques étaient au lit quand S&P a fait son show, ils se devaient donc de réagir...

 

Même si le marché ne semble pas « vraiment » vouloir baisser, dans l'autre sens cela ne semble pas mieux. Nous sommes coincé dans un canal de plus en plus ennuyeux, mais il faudra tout de même envisager la sortie d'un côté ou d'un autre. Sur le S&P500 on peut dessiner un gros support dans la zone des 1250 et une grosse résistance à 1350, tant que l'un ou l'autre ne cède pas on peut dire que l'on est dans un marché de « range » et il ne faut pas attendre plus que ce que nous vivons pour l'instant. En tous pas tant que les « bullish » sont « bullish » en théorie....et vice-versa... Le retour des volumes serait une excellente nouvelle.

 

La journée d'aujourd'hui va nous amener son lot d'informations, surtout en ce qui concerne les chiffres du trimestre. Avant l'ouverture, il y a trois nom à retenir : Johnson & Johnson qui va peut-être profiter de son annonce pour donner des détails sur les discussions en cours avec Synthes, Harley Davidson parce que « vous n'avez jamais besoin de personne avec ça » et puis il y aura la plus grosse société d'avocats et de juristes New Yorkais, puisque Goldman Sachs va publier ses chiffres pour le trimestre en affirmant qu'ils n'y sont pour rien et que tout s'est fait à l'insu de leur plein gré.

 

Après la clôture, Juniper, Intel, VMWare, Yahoo ! Et IBM seront sur le grill. Ça n'aura pas d'influence, mais les indications données par Intel et IBM sont toujours d'une importance non-négligeable. Quand à Yahoo !, c'est surtout en souvenir du bon vieux temps.

 

Apple attaque Samsung en justice, estimant que les produits Galaxy copient et violent les patentes en ce qui concerne l'iPad et l'iPhone. C'est une révolution. Obama aura gagné 1.7 millions de dollars en 2010. Le patron de Nutella, Ferrero s'est tué dans un accident en Afrique du Sud hier. Un nouveau prédicateur nous prévoit le pétrole à 10$, en même temps qu'une déflation majeure et d'une hyper-inflation ensuite – le tout d'ici 2012 selon le calendrier maya. Pour terminer, on commence à parler de la fin du QE qui devrait être annoncé lors du meeting de la FED prévu la semaine prochaine.

 

Ce matin, mis à part l'Asie qui plonge pour signaler son mécontentement sur l'annonce de S&P, les futures américains sont en recul de 0.4%. Maintenant que la pas a été franchi, la porte est ouverte à toutes les fenêtres et il faut s'attendre à voir débarquer les deux autres clowns, Moody's et Fitch vont certainement y aller de leur couplet sur les USA et ça sera à qui aura le courage, pour rester poli, de downgrader la dette US en premier... Côté chiffres économiques, nous aurons les ventes des grands-magasins, les Housing Starts (reste à savoir si il y a un signe de vie là dedans) et le Redbook.

 

Voilà. C'est tout pour aujourd'hui et c'est également tout pour quelques jours. La mauvaise nouvelle, c'est que je vais chasser les oeufs et les cloches et rouler les lapins ou l'inverse, le blog est donc fermé jusqu'à nouvel ordre... de retour.. bientôt... La bonne nouvelle, c'est que quand je suis absent, le marché monte... en général.

 

Je vous souhaite :

 

  • une bonne journée

  • un bon café

  • un bon long week-end de Pâques

  • que la force soit avec vous

  • et ne m'oubliez pas, de retour bientôt

 

Morningbull

 

''There are new security alerts issued to law enforcement agencies all across the country, because Al Qaeda is planning to attack vital economic centers. Well, good luck trying to find one of those. Luckily, Wall Street took care of them about a year ago, so we are safe.'' —Jay Leno

 

 

 

 

 

 

06:38 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | |  Facebook

lundi, 18 avril 2011

Merci qui ? Merci General Electric !!!

 

Pub magistrale et parfaitement dans l'air du temps :

 

 

 

 

 

 

Merci à qui de droit pour m'avoir attiré l'oeil sur ce spot mythique...

«Il y a certaines choses qui ne s'achètent pas, Priceless comme disait l'autre... »

 

Morningbull

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10:09 Publié dans Vidéos | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | |  Facebook

Et si la Finlande faisait dérailler l'Europe ?

 

 

110416_The_Ryan_Plan_t618.jpg

 

 

 

 

Après une semaine hésitante mais négative comme nous venons de vivre, il est moyennement encourageant de commencer la nouvelle. Vendredi la plupart des marchés auront terminé en hausse, limitant quelque peu la casse pour la semaine, ce n'est pas que l'enthousiasme était présent, mais il y avait quelques éléments qui nous faisait dire que la hausse des taux américaine n'était pas encore forcément pour demain..

 

PDF : Morningbull 18.4.2011.pdf

 

Oh, pas que cela soit une certitude, mais disons qu'à 15h00, heure de New York vendredi soir, c'est ce que l'on croyait. Les chiffres des prix à la consommation ne sont pas si forts que cela, ce qui démontre que l'inflation n'est pas encore ce que l'on peut qualifier de « galopante » et les données de l'Empire Manufacturing étaient bonnes, ce qui veut dire que l'économie ne va pas trop mal. Une économie qui ne va « pas trop mal » additionnée d'une inflation qui semble sous-contrôle ne peu signifier qu'une seule chose : La période de l'argent pas cher et du recovery économique n'est pas encore terminée.

 

Tous ces arguments faisaient que les « bullishs » prenaient le pouvoir sur le « bearishs » en cette fin de semaine qui était perturbée par les premiers résultats trimestriels qui ne laissaient rien présager de bon. Alcoa pas terrible, mieux mais pas suffisant. JP Morgan, bof, ça va mais pas de quoi sortir le champagne. Google, ne nous a pas offert un trimestre dont il a le secret, explosant toutes les attentes et montant de 30$ à l'ouverture, non, il se sont contenté de matcher plus ou moins les attentes des « juges de paix de la finance » et d'annoncer qu'ils ont engagé plein de monde – ce qui est embêtant, parce que d'un côté, ça fait baisser le chômage donc c'est bon pour l'économie, mais après il y a des risques d'inflation avec tout ces gens qui vont dépenser tout leur argent et puis en plus ça pèse sur les marges de Google et ça, c'est pas cool... - on en est à se demander si ces personnes n'étaient pas mieux au chômage. Pas pour elles, mais pour les actionnaires. Bref, déception du côté de chez Google, mais le titre s'en remet plutôt bien, puisqu'à la fin de la journée il ne perdait « que » 8%. Pas de quoi en faire les premières pages du Barron's.

 

Et puis le dernier que l'on attendait cette semaine, c'est Bank Of America. Non pas que l'on attendait des chiffres canons, à voir ceux de JP Morgan en début de semaine, plus personne n'attend des choses merveilleuses dans le monde de la finance. Le seul chiffre énorme que nous devrions voir dans le secteur, c'est la facture d'avocats de chez Goldman Sachs, qui investit plus dans ce secteur que dans la finance récemment. Donc, Bank Of America a sorti des chiffres dans la lignée de la concurrence. BOF. Pas catastrophiques, non, au contraire, c'est même plus fort que les attentes, mais comme ils traînent toujours quelques casseroles derrières eux, personne n'a vraiment eu envie de charger la barque en BofA pour le week-end. Et puis, ils ont également annoncé l'arrivée d'un nouveau CFO. Un nouveau comptable en chef dans la boîte, c'est leur ancien Responsable du Risk Management, Bruce Thompson. On lui souhaite tout le bonheur du monde dans ses nouvelles fonction, on espère juste une chose : « qu'il n'était pas déjà Risk Manager chez Bank of America en 2008 »... Sinon il y a de quoi rire... Mais rien n'est impossible dans ce bas monde. La bonne nouvelle, c'est que ce job est un « short term job » puisqu'il n'est rien de moins que le sixième CFO en sept chez Bank of America. Le titre terminait en baisse de 2.4%.

 

Pour être franc, vendredi soir en regardant le marché et ce qui s'est passé durant une semaine, on ne peut s'empêcher de se dire que si on aurait su, on n'aurait pas v'nu... Pas de quoi se relever la nuit, ni de quoi garder le Bloomberg allumé à côté du lit pour être sur de ne pas rater « ze trade of ze year »... Non, franchement on s’ennuie un peu et on attendait un peu mieux de cette période de résultats.

 

MAIS, PARCE QU 'IL Y A UN MAIS ; « ;Heureusement il y a Findus » disait la pub, remis au goût du jour ça nous donne : « HEUREUSEMENT IL Y A L'OR », oui, je sais ça ne rime pas, mais c'est tout ce que j'avais et ce matin c'est largement assez difficile de rester concentré.

 

breen.jpgL'or a donc battu un nouveau record, encore. 1489.60$ pour une once. Du jamais vu. Le métal jaune et le métal gris (puisque l'argent est tout de même au plus haut depuis 31 ans) sont devenus les endroits où il faut aller quand on ne sait plus quoi acheter, c'est à dire souvent. Tous les arguments sont bons et toutes les théories sont valable. A la fin, peu importe les fondamentaux, il y a plus d'acheteurs que de vendeurs et si vous voyez un client demain pour lui montrer le portefeuille que vous avez construit pour lui ET qu'il n'y a pas d'or, honte à vous... Un peu comme il y a 10 ans en arrière quand les « dot-coms » étaient une asset-class a elles toutes seules....

 

Mais l'or ce n'est pas pareil. Il ne fait que de monter, lui. Et comme il ne baissera plus jamais, il n'y a aucune raison de se prendre la tête. Achetons, achetons gaiement, mais achetons... En même temps, c'est le seul truc qui monte envers et contre tout, c'est le remède absolu qui combat tous les maux du marché.

 

Même le pétrole n'y arrive plus. Et pourtant ce n'est pas faute d'essayer, la preuve l'Arabie Saoudite a trouver le moyen de couper la production ce week-end. La raison : « le marché est victime d'une offre excédentaire ». Et voilà, c'est simple comme bonjour. Encore une fois, je n'ai pas fait math-sup, l'ENA et encore moins les cours du soir, je suis un simple trader, à peu près logique et équilibré (à peu près j'ai dis), j'ai raté les cours d'économie, mais quand j'ai relu les notes de mes camarades, j'ai cru comprendre que quand l'offre est supérieure à la demande, le prix baisse.

 

Apparemment le pétrole est un monde à part dans le cycle économique puisque quand l'offre augmente, le prix augmente aussi, ce qui est assez logique, on a toujours tous envie de faire plaisir au vendeur. C'est normale et humain.

 

Peu importe, mais l'Arabie Saoudite estime que le Gallon à 5 dollars à Anchorage, ce n'est pas encore assez cher et qu'il serait temps que l'américain moyen passe au dromadaire ou à la limite à la Prius. Là où ça devient drôle, c'est que sur l'annonce de baisse de production (donc de baisse de l'offre), le prix du baril a baissé !!! Ok, donc maintenant si l'offre baisse les prix baisse aussi, plus c'est rare, moins on paye cher... C'est donc pour ça que je vais faire refaire ma terrasse en émeraude, c'est que j'ai trouvé de plus rare et de moins cher...

 

Moins je me dis ; ou je suis complètement idiot et j'ai raté des dessins dans mon livre de chevet « Gaston Lagaffe fait de l'économie » ou alors les cours du baril de pétrole ont des influences extérieures qui n'ont rien à voir avec le pétrole lui-même. Toujours est-il que ce maint le WTI se traite à 109.13$ et que le Brent est à 123.19$, vous noterez que c'est des cours qui fleurent bon l'offre excédentaire. Quand on sait que ça valait la moitié y a douze mois...

 

Puisque l'on parle de l'énergie, il faut tout de même signaler que TEPCO a encore fait une annonce et connaissant leur « track record » en ce qui concerne la fiabilité et la véracité des informations, je crois que l'on peut leur faire confiance, sans pour autant réserver des billets d'avions pour passer vos vacances d'été dans le village d'à côté, vous serez certainement bien bronzé, mais quand même. Tepco nous annonce donc qu'il faudra entre 6 mois et 9 mois pour maitriser complètement la centrale. Ils vont aussi décontaminer l'eau, la terre abattre les vaches de 75 mètres de haut qui broutent dans la région et faire une sushi party avec le thon de 130 mètres qui s'est échoué sur une plage, blessé par un troupeau de homards de 18 mètres chacun. Mais mis à part ça, dans 9 mois, si vous voulez acheter un bout de terrain avec vue sur la mer, tout sera rentré dans l'ordre.

 

Ce week-end, comme prévu il a fait beau. Comme prévu la Banque du Peuple Chinois a monté sont taux de réserves minimal requis pour que les banques puissent prêter de l'argent. La surprise est totale... On ne s'y attendait pas du tout, mais alors pas du tout. Avec les chiffres inflationnistes publiés la semaines passée, on est vraiment surpris.

 

Le Dow Jones a terminé sa semaine à 12342, en hausse de 0.46%, le Nasdaq avançait de 0.16% et le S&P grappillait 0.39% pour terminer à 1320, pile-poil sur le support que tout le monde regarde et en plus en fin de semaine. Que du bonheur. Londres termine en hausse de 0.54%, juste en dessous des 6'000 points et attend impatiemment le mariage du siècle qui nous pourrit déjà la tête depuis 2 semaines alors qu'il n'a même pas commencé. Le CAC avançait de 0.10% et Francfort est à 7178.

 

sack.jpgUn des sujets de ce matin, c'est les élections. Pas les élections genevoises, ça je laisse ceux qui y comprennent encore quelque chose s'en occuper bien mieux que moi. Non, je parle des élections en Finlande, car oui, en Finlande, mis à part Nokia, il y a aussi un Gouvernement et les élections de ce week-end on fait monter en puissance un parti qui le parti des « True Finns », des vrais Finlandais. C'est un peu notre MCG à nous. Sauf qu'à la place de slogans hyper pointus et hyper fouillés que l'on voit sur les affiches rouges et jaunes, les « True Finns » ne veulent pas de BAILOUT, du coup selon la formation du nouveau Gouvernement, ce parti pourrait exiger un véto de la Finlande et refuser le Bailout du Portugal. Je vous laisse imaginer les conséquences sur nos chères places de bourse. Sans compter que bien sûr, ils ne veulent plus de l'Euro. Voilà encore un sujet qui va nous donner de quoi se triturer les méninges durant la semaine. C'est les traders sur les CDO's du Portugal, de la Grèce et de l'Irlande qui vont se marrer et ça ne veut pas dire que ceux qui font l'Italie et l'Espagne vont chômer non plus... La menace qui venait du froid quoi...

 

Le Barron's est fendu de plusieurs articles positifs. Tout d'abord dès que Boeing aura enfin réussi à faire voler son 787 Dreamliner, tout va aller très bien pour la compagnie et le titre pourrait grimper de 35% d'ici avril 2013. Ils ont lu ces prédictions dans le kérozène. GAP a plein de cash dans les poches de ses pantalons « cargo » pour pouvoir envisager un plan de rachat d'actions. Une fois que les conséquences du tsunami seront réglées au Japon (hors nucléaire) Qualcomm pourrait être un des gros candidats au rebond et puis Research In Motion qui fabrique ce petit jouet qui occupe pas mal de monde en meeting, à tel point que certains managers se sentent obligés d'en avoir deux, j'ai nommé le BlackBerry, l'objet culte qui permet de ne jamais être loin de ses mails. Bref, le Barron's parie sur le fait que dès que la tablette de RIM sera dans les bacs, le titre pourra envisager de doubler la valeur de son action.

 

Nous sommes lundi, jour des take-over. Selon une personne qui a requis l'anonymat car ce qu'elle sait provient de discussion privée avec des « amis » et qu'elle aimerait bien en conserver quelques uns. Il se pourrait que Johnson et Johnson ait l'intention de mettre la main sur le suisse Synthes. J&J cherche a donner des ailes à sa division orthopédique. Ce qui est un comble, des jambes seraient bien mieux adaptées. Pour le moment on n'en sait pas plus, la rumeur est là, colportée par le Wall Street, qui a rarement tort. Le deal sera-t-il conclu aujourd'hui ? Allez-savoir.

 

Côté chiffres économiques, c'est lundi et c'est maigre. La semaine sera courte puisque c'est l'ouverture de la chasse au lapin vendredi. Pour ce lundi, nous aurons le Housing Market Index et puis c'est tout. A ce propos, je vous recommande de jeter un oeil au graphique ci-dessous, graphique qui représente le marché immobilier américain, rien à voir avec Genève ou le moindre appartement coûte un bras et si vous attendez six mois, il vous coûte les deux.

 

2011-Case-SHiller-updated.png

 

 

Pour le moment l'Asie oscille entre +0.15% à Hong Kong et -0.16% à Tokyo, si votre ramage se rapporte à votre plumage, la semaine, même de quatre jours va être très longue... Les futures américains sont en baisse de 0.16%.

 

Côté chiffres du trimestre, il y aura : Citigroup, Halliburton, Eli-Lilly et Texas pour ce qui est des grands-noms. Mais demain il y a LE chiffre du trimestre que tout le monde attend, Harley Davidson.

 

Voilà, c'est tout pour ce matin. Je vous souhaite un excellent début de semaine, un bon café et je vous retrouve demain matin à la même heure.

 

Morningbull

 

"'Hustler' publisher Larry Flynt has written a book about the sex lives of American Presidents. The highlights are the chapter on Jefferson, the chapter on Garfield and the first 125 chapters on Clinton." –Conan O'Brien

 

07:01 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | |  Facebook

vendredi, 15 avril 2011

Nom de Zeus, les grecs sont de retour aux portes du FMI

 

 

ramirez.jpg

 

 

 

 

 

La journée fût difficile en Europe. Il suffit qu'un Ministre Allemand s'épanche dans « die Welt » et tout part en vrille. C'est l'effet papillon. Monsieur Wolfgang Schaeuble a été cité dans le grand journal allemand comme quoi il estime que la Grèce va devoir prendre des mesures supplémentaires afin de se sortir de la gonfle où ils sont. Le problème c'est que les mesures d'austérités prônées par le Gouvernement sont déjà moyennement populaires et que le peuple grec se voit assez mal arrêter de manger pour corriger le tir des erreurs misent en place par leurs politiciens (bien aidés par les stars de chez Goldman) depuis des années..

 

PDF : Morningbull 15.4.2011.pdf

 

Au delà de l'effet que ces « déclarations germaniques » peuvent avoir sur les grecs, l'effet sur les investisseurs et assez dévastateur. En effet, pas besoin d'avoir fait « math sup » pour se souvenir que la Grèce a encaissé un paquet de pognon l'an passé et que l'on pensait que la facture avait été bouclée, comptabilisée et déjà dans les archives. Le fait d'entendre qu'il faudrait peut-être éventuellement probablement en remettre une couche, a quelque peu dérangé l'investisseur moyen. Surtout quand la deuxième couche est aussi importante que la première. Et puis la chose qui vient immédiatement à l'esprit, même si l'on n'est pas statisticien, c'est que si la Grèce fait appel à un second bailout, on va commencer à se dire que l'on n'est pas sorti de l'auberge qui est au fond du trou qui lui même est au fond d'un bois avec des grandes clôtures électrifiées autour et des snipers qui vous tirent dessus dans tous les coins, sans compter les loups qui rodent dans la forêt.

 

En fait l'Irlande n'a pas réussi à s'en sortir du premier coup, maintenant la Grèce serait dans la même situation, sauf qu'ils n'ont pas la Guinness, inutile de vous dire que l'on est en droit de se demander si il n'est pas plus simple de verser directement le double au Portugal.... Bref, ce besoin d'argent frais par ces pays qui sont au bord du gouffre et qui ne semblent pas encore prêt à renoncer à faire un grand pas en avant, reste une épée de Damoclès plutôt conséquente au dessus de la tête des marchés.

 

Dans cet environnement le secteur financier à tout de suite commencé à donner le ton, ouvrant en baisse un peu partout sur le continent, de plus comme le hasard fait bien les choses, c'est le jour que les banques européennes ont choisi pour se downgrader parmi. Entre Société Générale qui coupe le rating de Deutsche Bank pour exprimer leur déception de voir la « Deutsche » se faire sermonner par une sous-commission du Sénat américain et UniCredit qui estime que les banques espagnoles et Banco Santander en particulier auront bientôt besoin de capitaux frais, ça n'aidait pas le secteur qui était déjà terrifié par les performance des banques grecques qui perdaient toutes en 5.5 et 6%.

 

Les seules banques du continent qui ne baissaient pas, ne sont même pas sur le continent puisque c'est les banques irlandaises qui parvenaient à terminer en hausse, en même temps, je ne suis pas certain que l'on puisse les comparer avec les autres pour le moment.

 

Les intervenants ont donc parfaitement géré la crise Tunisienne, Egyptienne, Libyenne, Japonaise et nucléaire, mais là, visiblement la dette souveraine qui se démultiplie, les pays sauvés qui ne sont pas « vraiment » sauvés, ceux qui frappent à la porte et ceux qui vont frapper à la porte, commencent à avoir raison de l'enthousiasme de certains investisseurs. Les volumes sont en train de chuter, tout le monde est terrifié à la moindre publication de résultat et en même temps personne ne sait quoi faire si ils ne font plus d'actions. On ne peut tout de même pas mettre 100% des assets en or, même si l'on sait TOUS qu'il va à 1500 d'ici fin avril, si ce n'est pas d'ici la fin de la semaine.

 

En tous les cas, même si le marché européen donnait des signes de fatigue hier, il faut saluer Alcatel-Lucent qui semble être aux actions ce que l'or est aux commodities : « un coup sur qui monte tous les jours », encore 2.5% de plus à mettre au compteur de la compagnie française qui bénéficie d'un article du Wall Street qui pense qu'ils vont vendre leur division téléphonie.

 

Aux USA on a ouvert dans le même état dépressif qu'en Europe et pour les mêmes raisons. L'angoisse grecque, les financières européennes, mais également le mauvais accueil fait par le marché aux chiffres de JP Morgan. Toute justification était bonne pour taper sur le marché, ça et le fait que le volume est tellement bas que l'on se croirait la veille de Noël.

 

beeler.jpgPuis, soudainement, une fois que les européens furent rentrés à la maison, on a entendu des commentaires assez positifs de la part d'un supermarché américain. Supervalu a publié des prévisions optimistes pour 2011, ce qui fait que le titre a explosé de 17%, entraînant avec lui la majorité des sociétés qui vendaient quelque chose à boire ou à manger, y compris Coca-Cola. Dans les autres secteurs, on retiendra la bonne santé du secteur énergie, puisque le pétrole remontait, les opérateurs retrouvaient le sourire et puis comme le secteur et le tracker XLE est dans un tel trend haussier depuis 1 an, c'est le premier que l'on reprend dès que ça baisse la moindre. En revanche, pas de miracle dans le secteur financier, les chiffres de JPM, les histoires de dette européenne ainsi que les sermons de la sous-commission sénatoriale dirigés contre Goldman Sachs et Deutsche Bank, ne permettaient pas de générer le moindre intérêt bullish dans cette direction...

 

En fin de journée, quand on regarde la photo finish, on se demande si rester dix heures devant ses écrans de trading pour finalement voir le marché clôturer en hausse de 0.01%, ça vaut vraiment la peine... La réponse est oui, peut-être, il suffit d'être dans les bons titres ou dans les « bons coups », quand on voit le mouvement de Supervalu ou l'ouverture de la nouvelle IPO à la mode : ZipCar, on se dit qu'il y a quand même des trucs à faire...

 

A propos de l'IPO de Zipcar, il faut tout de même faire un petit détour sur le sujet. Tout d'abord la société fait du « car-sharing » aux USA. 8'000 véhicules à disposition, dans 14 villes, elles peuvent être utilisée à l'heure ou pour la journée, ils ont des Minis et des Prius entre autres. Depuis que la société existe, ils n'ont jamais gagné un centime. Le dernier trimestre leur a rapporté des revenus de 52 millions, mais à la fin la perte est tout de même d'un million. Pourtant hier après-midi, Goldman et JP Morgan ont tout de même réussi à placer près de 10 millions d'actions au prix de 18 dollars, le titre a payé 28$ hier soir... 60% de hausse. Alors traitez-moi de vieux râleur, mais la dernière fois que l'on a commencé a voir des IPO doubler à l'ouverture, ou presque, ça a plutôt mal fini... Mais bon, comme Glencore veut aussi lever des milliards, on va leur laisser encore un peu de temps. Ceci dit, je suis tombé sur un graphique intéressant que je me réjouis de partager avec vous. Ci-dessous vous verrez deux lignes, la bleue correspond à une société qui fait une IPO et qui gagne déjà de l'argent, la seconde ligne, la orange correspond à une société qui ne gagne pas ENCORE d'argent au moment de sa mise en bourse. Ça se passe de commentaire. L'étude a été basée sur plus d'une centaine d'IPO.

 

chart-of-the-day-ipo.jpg

 

 

 

Pour le reste, le pétrole remonte avec le marché, maintenant qu'ils sont officiellement pacsés, bien que la faiblesse du dollar n'est pas étrangère non plus au rebond du baril. Ce matin le WTI se traite à 108.18$ et le Brent est à 122.10$ et semble dans un coma profond depuis deux jours.

 

Nouveau record sur l'or. On the road again, le métal jaune est sur le chemin des 1500$, comme prévu. Rien d'autre à dire, si ce n'est se demander ce qu'on va faire quand on aura passé la barrière mythique des 1500$. Sachant qu'il n'y rien d'autre où l'on peut investir sereinement en ce moment, mis à part dans l'IPO de Glencore, on peut parier que les « experts » vont paisiblement passer leur target de 1500-fin-avril à 1600-fin-mai, avant d'annoncer le 1700-fin-juin, jusqu'à que l'on ose le 2'000-fin-septembre.

 

Rapide survol des indices, Le Dow termine en hausse de 0.12%, le S&P500 avance d'un stratosphérique 0.01%. Le Nasdaq corrige massivement de 0.05% dans des volumes qui feraient pâlir la bourse de Lausanne. En Europe, Londres a abandonné 0.78%, Paris est magique, mais recule de 0.89% et Francfort termine en baisse de 0.44%. Je ne vous parle pas de l'Espagne qui plonge de 1.51% en sympathie avec ses collègues du PIIGS, la Grèce étant le « champion du monde » de la journée avec une plongée en apnée de 2.8% à Athènes.

 

Ce matin l'Asie est en baisse, pas parce que Fukushima est passé à 8 sur une échelle de 7, non mais parce que la Chine a annoncé que que sa croissance économique accélérait encore. Le GDP est en croissance de 9.7%, 0.2% plus fort que les prévisions des plus fins stratèges. Les prix à la consommation sont également en hausse et plus forts que prévu. Globalement, la bonne nouvelle c'est qu'il y a au moins un pays sur la planète qui fait un carton, la mauvaise c'est que l'inflation est là et dans son déguisement de « Scream » elle fait super peur. Tout le monde est en train de parier sur la hausse des taux en Chine, même si le Gouvernement maintient que sa politique actuelle suffit. Affaire à suivre, le marché a assez bien accueilli la nouvelle, même si l'indice recule de 0.5%, on s'attendait à pire. Hong Kong suit le mouvement du grand-frère sans coup férir et le Japon est toujours empêtré dans les mêmes problèmes que d'habitude, sauf qu'en plus il paraît que les ventes de jeux vidéos sont en baisse de 16%, comme si un tsunami ne suffisait pas.

 

On continue dans la saison des résultats à New York, hier soir il y avait Hasbro, le fabricant de jouet était globalement décevant, mais il y avait surtout Google que tout le monde attendait au virage. Le roi d'internet a rater son trimestre. Enfin, raté c'est vite dit, quand on rentre 2.3 milliards de revenus pour le trimestre, il n'y a pas de quoi pleurer, mais le problème, c'est encore une question d'interprétation. Les Nostradamus de la finance attendaient mieux que ça et puis c'est tout... Google ne cesse d'engager du monde et la croissance s'en ressent dans l'immédiat, la sanction « after close » était de 5.5% de baisse. C'est assez rare de voir Google baisser lors de la publication des chiffres, il semble que quelque chose est en train de changer. Google devient peut-être un « value stock » et son histoire de croissance est peut-être derrière, ça correspond en plus à l'enquête de la commission de la concurrence qui leur reproche leur position monopolistique. Comme Microsoft en son temps, dès qu'ils ont été sous enquête la « growth story » s'est arrêtée nette...

 

stein.jpgLe CEO de Morgan Stanley, James Gorman va toucher 14 millions de dollars de bonus, c'est un million de moins que ce qu'il a touché en 2009. Les temps sont durs. Son bonus cash est de 3.88 millions de dollars, 1.55 millions tout de suite et 2.33 plus tard. Le reste c'est des actions ou des stock options bloqués jusqu'à la sortie de prison de Madoff. Globalement, bien que dirigeant le plus grand broker du monde, il est moins bien payé que le patron de JPM et celui de Goldman Sachs qui passe plus de temps au tribunal a dire qu'ils n'ont rien fait que dans son bureau à gérer la boîte.

 

Aujourd'hui, nous aurons droit au CPI, à l'Empire State Manufacturing, à la production industrielle et au sentiment du consommateur. Il y aura aussi les chiffres de Bank of America pendant que vous serez au lunch. Mais il y aura aussi Mattel, afin de savoir si barbie a fait mieux qu'action man et également Charles Schwab. Pour le moment les futures américains sont indiqués en baisse de 0.1%, pas de quoi paniquer non plus.

 

Voilà, c'est la fin de cette semaine morose et ennuyeuse, on espère que la suivante sera plus intéressante, mais avec l'augmentation du rythme des publication trimestrielles, on devrait avoir de quoi s'occuper. Entre ça et trouver les oeufs, on va faire passer le temps.

 

Je conclurais la semaine avec une offre et une demande.. tout d'abord l'offre, je rappelle que ceux qui voudrait recevoir l'update de ce blog dans leur boîte mail dès que le met en ligne, vous pouvez m'envoyer un mail à : morningbull@morningbull.ch ça sera fait dans la journée. Ensuite j'ai une demande inhabituelle, mais à situation exceptionnelle, demande exceptionnelle : « je suis à la recherche d'un petit appartement, style 2-3 pièces avec un budget maximum dans la zone des 1'200-1'500 frs. Même en sous-location, tout est discutable. Je n'ai jamais utilisé ce blog pour ce genre de chose, ce n'est pas son but, mais là, il y a urgence. Donc si jamais vous avez une solution rapide à proposer, j'étudie tout ce qui passe... vous pouvez utiliser le mail ci-dessus également... » Ah oui, j'oubliais je sais que je suis un éternel optimiste en demandant ce genre de chose, je sais que le marché genevois est totalement bloqué, mais qui ne tente rien n'a rien:-)

 

Je vous souhaite une excellente journée, un excellent week-end et je me réjouis de vous retrouver pour une courte semaine dès lundi. Merci de votre fidélité.

 

Morningbull

 

"A huge Air France air bus hit a smaller plane on the runway at JFK. The collision was so loud it woke up one of the air traffic controllers." –David Letterman

 

 

lester.jpg

 

 

 

 

 

 

06:54 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | |  Facebook

jeudi, 14 avril 2011

Vivement que Kate et Williams se marient, qu'on ait des choses à dire

 

110414_The_Persecuted_t618.jpg

 

 

 

 

Les marchés sont parvenus à mettre fin à une mauvaise série de séances de baisse consécutives. Pourtant ce ne fut pas simple à New York où les indices ont passé la journée à zig-zager entre terrain positif et négatif, pour finalement laisser la main aux bulls qui permettaient de terminer la séance dans le vert. Mais franchement pas de quoi se sentir super-à-l'aise et confiant pour l'avenir. La visibilité est à peu près aussi bonne qu'à Londres en plein mois d'octobre.

 

PDF : Morningbull 14.4.2011.pdf

 

La saison des résultats en est à ses premiers pas et pour l'instant il n'y a franchement pas de quoi se réjouir de la suite. Après la déception d'Alcoa en début de semaine, on misait gros sur les chiffres de JP Morgan, si ce n'est pas pour leur qualité, c'est pour la tendance qu'ils pouvaient éventuellement donner au secteur financier, sachant qu'on a besoin de lui pour aller plus haut. Pourtant les intervenants ont été déçus par les chiffres annoncés par la compagnie de M. Dimon.

 

La banque a annoncé un profit de 5.6 milliards, soit 1.28$ par action contre 3.3 milliards ou 74 cents il y a un an à la même époque. De ce point de vue là, la progression est correcte : 67%. Mais les revenus étaient en baisse par rapport à l'an passé (2 milliards de moins). Globalement les chiffres étaient au dessus des attentes des analystes, mais le marché était un peu timoré après ces annonces, il semblerait que l'on attendait mieux, même si ça n'était pas reflété dans les attentes. C'est là, où, encore une fois, la psychologie de l'investisseur est fabuleuse.

 

Vous faites des prévisions, vous vous dites : « Bon, j'attend des chiffres en hausse de 25% », les chiffres sortent en hausse de 27% et vous vous dites « Pffff, ils ont fait seulement 2% de mieux, c'est pas terrible... Bref, jamais content. Pourtant je reste persuadé que dans un environnement différent, ces mêmes chiffres auraient fait monter le titre de 15%. Question d'époque et d'ambiance.

 

La banque est positive et confiante pour l'avenir, le dividende sera multiplié par 5 et la banque prévoit de racheter pour 8 milliards de ses propres actions durant l'année 2011, laissant encore 7 milliards sur le plan de « shares buy-back » pour 2012.

 

Mais voilà, même si les chiffres de JP Morgan pouvaient être considérés comme une bonne nouvelle, ce n'était pas évident de trouver la motivation d'aller s'arracher pour faire monter le secteur financier alors que les autorités fédérales américaines sont en train d'épingler la majorité du secteur financier (68% de l'indice) pour leurs pratiques douteuses dans le secteur hypothécaire. Goldman est même en tête de liste alors qu'une sous-commission du Sénat vient de leur coller un rapport gratiné sur leurs pratiques commerciales concernant la vente de certains produits liés au secteur immobilier pour ne pas dire « subprime ».

 

En gros, hier n'était pas la bonne journée pour aller s'amuser dans le secteur financier. On espère que lors de la publication des chiffres de Bank of America, vendredi, l'ambiance sera un peu meilleure et que l'on sera plus à même d'apprécier le trimestre de BofA avec un peu plus d'objectivité.

 

Autre constatation de la journée, bien que ce ne soit plus une nouveauté depuis longtemps ; le marché des actions semble apprécier de plus en plus la corrélation avec le pétrole. Alors que l'or noir se faisait démonter depuis 48 heures, suite à la recommandation magistrale de Goldman Sachs, les actions ne parvenaient pas à retrouver la niak, mais hier, alors que le baril remontait pour je ne sais quelle obscure raison, probablement un mélange de guerre en Libye matinée de couverture des positions shorts chez Goldman, soudainement les indices boursiers retrouvaient une sorte de momentum haussier. De là à dire que le pétrole est un indicateur économique, il n'y a qu'un pas que je ne franchirais pas, mais qui semble définitivement à la mode en ce moment. En résumé, on préfère payer 5$ le gallon et se dire que l'économie va mal, que le payer 2$, en se disant qu'on a même pas les moyen de se payer un baril personnel et de sombrer dans une dépression des plus noires. Et puis en même temps, on s'en fiche de payer 5$ le gallon, parce que bientôt on aura tous des Toyota Prius ou des SUV Lexus Hybrides, dès que Toyota pourra livrer les pièces détachées.

 

Le WTI est à 107.36$ ce matin, ça peut paraître bas, par rapport aux 113.46$ de l'autre jour, mais comme on revient de 105$, tout est relatif... Le Brent est à 122.82$. L'or est à 1460 et ne semble pas perturbé par ce qui se passe autour de lui. Quand on a la classe et que l'on sait que de toute manière on va à 1500 d'ici la fin du mois, pourquoi se prendre la tête. Non, définitivement l'or joue à fond son rôle de valeur refuge et ne se pose pas de question. C'est bon d'être « un coup sûr ».

 

On ne peut pas vraiment conclure la journée d'hier sans revenir sur le roman fleuve qui occupe Washington en ce moment. Le Président Obama qui n'a de Président plus que le nom, puisque plus personne ne l'aime et plus personne ne croit au : « YES, WE CAN », est en train de se battre à coup de scalpel pour faire valider son budget qui est toujours bloqué devant le Congrès. Hier soir il a annoncé des nouvelles coupes budgétaires de l'ordre de 4 milliards, le Medicare va passer à la caisse et les riches américains aussi, qui eux, devraient payer plus. Reste à savoir si les compagnies comme GE font partie des « riches américains », parce que même si on augmente les impôts de GE de 50%, 50% de rien, ça fait toujours rien...

 

Bref, Wall Street ne parle que du budget d'Obama et de l'éventuel paralysie du Gouvernement, même si on sait qu'historiquement parlant, les décisions politiques n'ont jamais eu grande influence sur le marché. Mais il faut comprendre que l'on a tellement peu de sujets de conversation financier en ce moment, qu'à défaut de grives, on mange des merles. On s'occupe donc du budget Obamien, même si on sait qu'à la fin, on peut aussi s'intéresser à la reproduction des Koalas en Australie, le résultat serait à peu près le même sur la performance de nos portefeuilles boursiers.

 

L'Europe aura vécu une meilleure journée que le reste du monde, c'est probablement du au fait que nous maitrisons parfaitement les problèmes de dette souveraine sur le continent. Alcatel continue de monter jour après jour, semaine après semaine, c'est à croire que les vendeurs sur Cisco sont en train de faire le « switch » sur Alcatel. Hier c'est un upgrade de Morgan Stanley qui envoyait la compagnie en hausse de 8%. Il y avait aussi la publication des chiffres d'ASML qui pouvaient éventuellement peut-être nous donner des indices pour la suite des aventures dans le secteur technologique en particulier.

 

Globalement les chiffres sont canons, avec des profits qui ont triplés, mais c'est dans le discours de clôture que le bas blesse, ASML n'a pas pu s'empêcher d'être prudent concernant l'impact du Japon sur ses résultats à venir, sur quoi l'assemblée s'est écriée : « Pourquoi ? Il s'est passé un truc au Japon ??? »... Le titre terminait la journée en légère baisse, mais sans le tremblement de terre, nous aurions probablement fêté ce trimestre un peu plus dignement. Il y a également eu des bonnes nouvelles au niveau de l'emploi en Angleterre, le taux de chômage est en baisse et l'on se félicite de cet état de fait, reste à espérer que les chômeurs qui sont sorti des listes ne le sont pas simplement parce qu'ils ont été engagés en temporaire pour vendre des tasses, des cuillères, des assiettes, des slips, des t-shirts, des préservatifs, des rouleaux de papier toilette, des gants de vaisselle, des Aston Martin, des lunettes de soleil, des bonnets, des chapeaux haute forme, des blousons de cuir, des iPods, des ballons, des skis, des chaises roulantes, des manteaux de fourrure, des toques en fourrure, des paquets de biscuits, des training, des chaussures, des sièges de cuvette de WC, du dentifrice, des pyjamas et des tabliers à l'effigie..... de Kate Middleton et du Prince William... Vu que, visiblement c'est le truc qui va nous pourrir la fin du mois en terme d'informations... Tout va s'arrêter pour un mariage... Il paraît même que la fuite de Fukushima sera stoppée durant la cérémonie pour permettre aux ingénieurs de Tepco de ne pas rater la cérémonie en direct-live.

 

Personnellement, je prévoit de jeter ma télé, couper mon Wi-Fi et brûler mon pc, juste pour avoir la paix.

 

En ce qui concerne les indices :


Dow Jones 12271 +0.06%

S&P500 1314 +0.02%

Nasdaq 2762 +0.61%

Londres 6009 +0.75%

Paris 4006 +0.75%

Francfort 7178 +1.06%

Tokyo 9611 -0.32%

Hong Kong 24047 -0.37%

Shanghai 3197 +0.09%

Sydney 4963 -0.73%

 

Alors que le Japon digère sa quarantième secousse sismique (et des poussières) depuis le 11 mars, mais sans alerte au Tsunami cette fois, le marché peine à retrouver la forme, les justifications sont nombreuses. Si l'on fait exception de Fukushima, pour qui il n'y a plus vraiment d'espoir, les chiffres des ventes de PC qui sont en baisse ne favorisent pas un élan de positivisme à Tokyo et ce n'est pas le fait que Swiss recommence à faire des vols journaliers en direction de Tokyo qui va changer grand-chose. Et puis au passage, on a pris prétexte de la pression sur le secteur financier américain pour vendre à peu près tout ce qui finissait par « bank » dans le marché.

 

A Hong Kong, on était également dans le rouge, mais plutôt de par le fait que demain nous aurons droit à la publication des chiffres de l'inflation chinoise. Déjà qu'on à de la peine à gérer nos propres chiffres économiques, maintenant il faut encore suivre ce qui se passe à Shanghai. Inutile de vous dire que cette donnée devrait être « CAPITALE » pour le marché, un peu comme les NON-FARM PAYROLLS, si l'inflation est toujours aussi forte, le Gouvernement va peut-être devoir agir autrement qu'en modifiant subtilement les règles des crédits bancaires. Il va peut-être devoir songer à interner l'inflation en camp de travail, ça à l'air de fonctionner assez bien. Tu rentres là bas dedans et tu disparais. Un bon moyen de maitriser la chose. Ceci dit on s'attend à voir la Chine monter encore son ratio de crédit pour les banques.

 

Singapour a monté ses taux pour prévenir la forte croissance économique qui les occupe. Le premier trimestre aura vu une croissance de 23.5%.

 

L'iPhone 5 devrait commencer a être assemblé en septembre, tout espoir de le voir arriver pour les vacances d'été est donc foutu, par contre Ô joie, l'iPhone 4 BLANC devrait arriver dans les bacs.... Quelle chance. Après on achète une coque de protection noire, mais au moins le téléphone est blanc à l'intérieur. Comme disait Steve Jobs : « Ceci est une révolution »... « juste entre l'iPhone noir et l'iPhone blanc, voici l'iPhone gris clair »....

 

Deux controleurs aériens américains ont encore été chopés en pleine sieste durant leur quart. Entre les pilotes de lignes qui se font régulièrement choper aux commandes avec 3 grammes par jambe et les contrôleurs qui pioncent, ça va devenir un sacré challenge d'aller en avion aux USA. T'avais plus de chances de t'en sortir sur le Titanic.

 

margulies.jpgSanofi est à la recherche d'un acheteur pour sa division US de dermatologie. Puisque que Goldman est sous le microscope du Sénat pour avoir vendu des produits pourris à sa clientèle, les masques tombent et le Sénat est également en train de fouiller dans les méthodes de travail de la Deutsche Bank, qui « auraient vendu des CDO's à leurs clients alors qu'ils envisageaient la chute du système »... On entre dans le méandres de la déontologie du système bancaire, le débat promet d'être long et un blog ne suffira pour dénouer la pelote de laine...

 

L'IPO de Glencore semble bien se passer. La mise en bourse du plus gros trader sur commodities devrait générer autour de 11 milliards, au moment ou Goldman recommande de fuir les commodities. En terme de timing cela ressemble furieusement à la mise en bourse de Fortress en son temps. Dans la série « demande de capitaux » et pour ceux qui sont un peu plus agressifs, les rebelles libyens sont à la recherche de 2 milliards. On n'a pas encore de détails sur le coupon, ni sur le rendement..... BP est empêtré dans son deal avec Rosneft, deal qui est au bord de l'effondrement et qui pourrait coûter 1.6 milliards au pétrolier britannique. En même temps, ils ne sont plus à quelques milliards près.

 

Côté chiffres économiques, il y aura le PPI, Jobless Claims, Fed Balance Sheet, Money Supply et les chiffres du Gaz. Pour le moment, les futures américains sont inchangés, la journée semble partie pour être à peu près aussi intéressante que ces dernières semaines.

 

En ce qui me concerne, c'est tout pour aujourd'hui, je vous souhaite un bon café et un bon petit déjeuner, parce que c'est important le petit déjeuner et je vous retrouve demain pour boucler cette semaine d'avril. Pour ceux qui désirent recevoir les updates de ce blog directement sur leur mail, il vous suffit de m'envoyer un message à morningbul@morningbull.ch et ce sera chose faite...

 

Excellente journée et à demain.

 

Morningbull

 

"A new poll shows that only 19 percent of Americans strongly approve of President Obama's performance. The other 81 percent don't own gas stations." –Jay Leno

 

 

06:59 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

mercredi, 13 avril 2011

On est vraiment... On est vraiment P-H-E-N-O-M-E-N-A-U-X

 

darcy.jpg

 

 

Ou ce marché est phénoménal, c'est selon, mais ce matin, je vais de surprise en surprise quand je vois la manière avec laquelle les articles de presse essayent de justifier la dépression qui plane sur le marché. Les indices sont au bord du gouffre, l'ambiance est morose et loin d'être rose. Depuis quelques temps, les intervenants nous avaient habituer à faire fi des mauvaises nouvelles et à ne voir QUE le positif dans toute annonce négative, mais les temps changent.

 

PDF : Morningbull 13.4.2011.pdf

 

Cependant, il est encore un peu tôt pour comprendre ce qui se passe, est-ce l'absence de volume, le manque de signes clairs ou une certaine lassitude de ce bull market qui dure et qui ne semble plus savoir où aller ni même à quoi correspondent les mots qui le définisse. Il faut tout d'abord noter une chose qui revient de plus en plus souvent ces derniers jours, c'est le fait que les intervenants se sont soudain souvenus qu'il n'y avait pas de « bull market » sans volume. Et si l'on ne regarde QUE cela, tout en gardant en tête que cette théorie n'est pas une science exacte, le  « bull market » de ces dernières semaines n'est qu'un imposteur.

 

C'est étonnant car quand on regarde les sondages sur le Bull/Bear sentiment, la plupart des sondés sont clairement dans le camp des bovidés. En même temps c'est bien plus facile d'être « bullish » en théorie, sans être engagé, sans avoir acheté d'actions. Ça sera bien plus simple, le jour de la correction inévitable, de pouvoir raconter à tout le monde qu'ils ont venu au TOP du marché. Un peu à l'image des gens qui vous racontent comment ils ont vécu la bulle internet. Vous je ne sais pas, mais à entendre ce que j'entend, je dois être le seul à avoir perdu de l'argent en 2000, car vous seriez étonnés de savoir combien de professionnels ont vendu en mars 2000. Je crois que l'on frise le 99,9%, étant moi-même le 0.01% qui y croyait encore 3 semaines après. Mais personne n'est parfait...

 

Revenons à nos moutons de 2011, tout le monde est bullish donc, mais à voir les volumes, c'est un bullish sentiment théorique, ce qui fait qu'aujourd'hui nous manquons un peu de carburant pour aller rechercher les niveaux qui étaient les nôtres avant que Sarko débarque en Libye et que le tsunami fasse son office au Japon.

 

De plus, les nouvelles qui circulent dans les journaux ne cessent de nous rappeler que l'affaire n'est pas close au Japon. Que Fukushima est devenue « LEUR » Tchernobyl et que le fait que le big boss de Tepco passe une fois par semaine à la télé, n'enlève rien au fait que 50 kilomètres autour de la centrale nucléaire on va pouvoir se rejouer Hiroshima pour les 40 années à venir. Quoi qu'on en dise et même si l'on connaît moins la région de Fukushima que celle de New York et que peu d'entre nous avait l'intention d'y partir en week-end dans les 30 prochaines années, le fait d'imaginer ce que ça peut donner, peine à drainer de la motivation dans l'esprit des investisseurs.

 

Et puis on reparle du Budget 2011 de la Maison Blanche ; vendredi passé le deal entre Obama et le reste était obtenu, évitant du même coup que le Gouvernement soit complètement bloqué dans une impasse. Ce deal a été obtenu au bout d'un suspense quasiment Hollywoodien, avec la petite montre rouge qui fait 3-2-1 et qui se bloque sur ZERO avant que la bombe n'explose parce que le héro a coupé le fil bleu et pas le rouge... Le rouge déclenchant, bien sûr l'apocalypse nucléaire. Non, pas nucléaire on ne peut pas dire.... disons l'apocalypse tout court, c'est déjà pas mal. Bref, Obama avait fait un strike et sauvé le monde vendredi, sauf que ce deal doit encore être voté au Congrès et qu'apparemment, ce n'est pas encore gagné, la bombe pourrait donc se remettre en marche.... tic tac tic tac... Et pendant ce temps, le FMI demande aux américains des mesures d'austérité drastiques, pas seulement en tapant sur les pauvres, mais taper sur les militaires pourrait être une idée également... Sachant qu'un F-22 est plus gourmand qu'une famille de 2 adultes et 34 enfants.

 

L'absence de motivation, cette histoire de budget et les chiffres médiocres d'Alcoa n'auraient pas suffit à eux seuls pour faire baisser le marché, on a connu pire et terminé en hausse quand même.Non, il fallait autre chose, un truc bien pensé et bien lourd. Une nouvelle qui faisait flipper, annoncée à grand renfort de publicité et de marketing....

 

Et pour ça, il n'y a qu'un nom : Sachs, Goldman Sachs.

 

Pour bien comprendre, il faut revenir 3 ans en arrière, quand le team « commodities » de Goldman avait annoncé le pétrole à 200 dollars.... quelques semaines avant qu'il ne fasse son top historique à 147$ et des brouettes, puis c'est toujours le même Goldman qui faisait un call sur le pétrole, quelques mois plus tard, lors de la correction massive du baril qui traitait à 40$ en ce temps-là, le nouvel objectif était de 30$... Jamais vu non plus...

 

Et c'est là que nous sommes phénoménaux. Hier, lorsque le team « commo » de chez Sachs a fait son show, on a tous suivit comme un seul homme. « Quand Goldman Sachs dire que pétrole va baisser, pétrole baisse » - parole de chef indien. Personne ne s'est posé de question et le mot d'ordre était : VENDRE et surtout du pétrole... Parce que du coup, la Libye on s'en tape et pis d'abord, c'est où déjà la Libye ????

 

Pour faire simple le rapport d'hier estimait que la hausse du baril n'était plus supportable car nous allions faire face à une demande en baisse alors que l'américain moyen n'était plus prêt à payer 5$ le gallon pour nourrir son Suburban et qu'à la place il allait acheter une charrette tirée par deux chevaux, l'avoine étant moins chère – pour le moment – que l'essence. Cette faiblesse de la demande va aussi se répercuter sur le coton, le cuivre, le soja et le platine. Car évidemment, les américains vont également arrêter d'acheter des t-shirts en coton chez Abercrombie, de mettre du cuivre dans la plupart de ses alliages, d'arrêter de manger de la sauce soja avec leurs sushis – de toute manière, on ne mange plus de sushis, c'est japonais et si ça se trouve tout le poisson utilisé pour les shushis est irradié – et puis, bien sûr, la Rolex en platine, ça ne sera pas avec le chèque du chômage de ce mois...

 

En gros, l'annonce de Goldman était négative pour les commodities. Par sur le long terme, car ils pensent qu'il y a toujours du potentiel à 12 mois. Mais pour le moment, c'est mort. Alors les traders de Goldma ont d'abord dégagé leurs positions, shorté le marché et puis les analystes ont pris l'antenne pour faire passer le message. Encore une bonne journée de trading pour le propre trading desk de Lloyd Blankfein. Il faut profiter, c'est bientôt interdit...

 

Le « magic team » a été très précis, la correction sur le pétrole pourrait être de 17%, pas 15 ni 21 ou encore 18,3 non. 17% un point c'est tout. Sachant que le pétrole baisse depuis deux jours et qu'il vient de 126 sur le Brent, l'objectif est à 105$. QU'ON SE LE DISE... Ce matin, nous sommes à 121.26$ et à 106.05$ sur le WTI.

 

cole.jpgVoilà, pas besoin de chercher plus loin. Après on peut disserter des heures, car si vous lisez un peu la presse financière, vous vous rendrez compte que les arguments qu'utilise Goldman Sachs pour faire son « call » négatif sur le pétrole et sur l'économie en général, sont exactement les arguments que l'on aimait utiliser pour justifier la hausse du baril. Avant on aimait quand le baril montait parce que c'était un signe de bonne santé pour l'économie – enfin, c'est assez récent comme théorie, mais on aimait l'utiliser pour se donner bonne conscience, même si il y a 2 ans à 65$, on n'osait pas acheter le marché car un baril trop cher pourrait freiner le recovery économique... Et bien, cette théorie d'il y a deux ans a été customisée et remise au goût du jour par Goldman... Comme quoi ce marché peut avaler n'importe quoi, il suffit juste de bien l'emballer... Et ça, Goldman, ils savent faire...

 

En gros, avec cette dernière annonce « négative » du côté des commodities, les intervenants commencent à se demander si le recovery économique est toujours aussi fringant, pour autant qu'il l'ait été un jour. Encore une fois l'incertitude et le doute assaillent le marché et on n'aime pas l'incertitude et le doute... CQFD...

 

A la fin de la journée, le Dow Jones perdait 0.95%, le Nasdaq et le S&P perdaient respectivement 0.96% et 0.78%, alignant leur quatrième séance de baisse consécutive... Les Européens n'étaient pas plus reluisant bien au contraire. Londres reculait de 1.47%, Paris de 1.54% et Francfort de 1.42%. Le niveau 7 de Fukushima sur une échelle de 7, n'avait pas aidé en début de séance et la tronche du pétrole et des indices américains, n'a pas amélioré la dynamique du vieux continent. Moi je me pose juste une question, quand une central nucléaire est dans une situation de niveau 7 ET est hors de contrôle. Que le niveau 7 est le niveau maximal, y a quoi après ??? On se rejoue Mad Max et le Dome du Tonnerre ???

 

Ce matin l'Asie est calme et semble limiter la casse. Fitch a menacé de downgrader la dette de la Chine, mais tout le monde semble s'en moquer comme de leur première paire de baguettes. Tokyo est à peine dans le rouge et c'est le cas de tout le monde à l'est de Bombay.

 

Toyota va stopper la production de 5 usines en Europe durant quelques jours entre fin avril et début mai, car les pièces détachées en provenance du Japon ne suivent pas. Après le rebond post-tremblement de terre qui avait vu bien des stars de la finance recommander l'achat du marché japonais, ce matin c'est plutôt l'inverse alors que plusieurs articles mentionnent le fait qu'il n'y a peut-être pas « urgence » de vendre la maison de campagne et l'hélico pour acheter le Japon... Comme quoi souvent, la psychologie de l'investisseur varie, heureusement d'ailleurs, sinon j'écrirais quoi ???

 

Voulez-vous parler de spéculation ? Arcos Dorados, qui est la plus grosse franchise de McDonald's avec 1755 « restaurants » en Amérique Latine, viennent de finaliser leur IPO qui devrait ouvrir demain. Ils ont placé 62.5 millions de titres à un prix entre 13 et 15$. Jusque là, rien de spécial. Sauf qu'en terme d'évaluation, cela place la compagnie à 28 fois les résultats 2010, alors que la maison mère se traite à 16... Je veux bien que la croissance soit meilleur au Brésil, mais quand même... ça fait cher le hamburger.

 

La SEC qui sont décidément déchainés, sont en train de s'attaquer à l'ancien boss des produits structurés de chez JP Morgan, lui reprochant son rôle dans la vente de produits structurés liés au subprime alors que la crise immobilière empirait en 2007. Si il va en prison, il va falloir construire des nouveaux bâtiments, car si l'on va par là, ce n'est pas le seul qu'il va falloir foutre au trou... J'ai le souvenir d'une personne qui disait « on s'en fout du client, tout ce qu'on veut, c'est faire de la commission »... La SEC est tranquille pour quelques années si elle s'attaque à ça.. Pendant ce temps, le patron de Facebook fait face au Xième candidat qui dit que Facebook lui appartient à 50%, cette fois ce dernier aurait des emails qui prouveraient cet état de fait. Si en plus il est défendu par maître Collard (avocat à la radio et à la télévision), il a ses chances...

 

stahler.jpgASML va publier ses résultats trimestriels ce matin, lançant la saison pour le secteur des semi-conducteurs qui est souvent considéré comme un « leading indicator », si tout va dans les semi-conducteurs, tout ira bien pour le reste. SAP est à la recherche d'opportunité pour améliorer sa croissance, mais ils ne vont pas acheter n'importe quoi, juste pour augmenter leurs parts de marché. C'est le CO-CEO qui le dit sur le site de Bloomberg.

 

Côté chiffres économiques, nous aurons les MBA Purchase Applications, Retail Sales, Business Inventories, Beige Book et les inventaires du pétrole qui vont venir jouer sur les plates bandes de Goldman Sachs. On se réjouis déjà de voir l'écart entre les attentes et la réalité, car depuis quelques temps on mesure la qualité d'un analyste pétrole par rapport à sa régularité à être moins faux que les autres.

 

Pour le moment les indices américains sont proches d'inchangés, après les chiffres d'ASML ce matin nous aurons un autre chiffre qui sera important pour la suite, c'est JP Morgan qui va annoncer son trimestre, si eux ils sont bons, les jours à venir devraient être ensoleillé pour le secteur de la finance.

 

C'est tout pour ce matin, il me reste à vous souhaiter une excellente journée, moi je vais aller me shooter à l'expresso, histoire de me maintenir éveillé dans ce marché qui semble aussi passionnant qu'un termsheet de produits structurés et je vous retrouve demain pour de nouvelles aventures que j'espère un peu plus excitantes, un petit take-over ne serait pas de refus.. En attendant, je vous retrouve encore pour la version courte dans la Tribune de Genève, version papier et le 24 heures pour les vaudois... Page 13 (aïe), en haut à droite.. pour une fois que je suis en haut de quelque chose..

 

A demain !!!

 

Morningbull

 

"A lot of people wonder what a government shutdown would be like. I think a lot more people wonder what a government running properly would be like." –Jay Leno

 

 

"If Donald Trump wins, my guess is America will look a lot like it did in 'Back to the Future 2,' when Biff was in charge." –Jimmy Kimmel

 


 

 

 

 

 

 

 

06:48 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | |  Facebook

mardi, 12 avril 2011

Et qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

 

englehart.jpg

 

 

 

Après un trimestre de folie et un début d'année très compliqué, cette seconde partie du mois d'avril marque peut-être une sorte de « charnière ». Les intervenants se posent des questions, même si les sondages montre que la race des bears est en voie de disparition – pour le moment – et que les bulls sont majorité et semblent seuls au monde. Pourtant, quand on regarde les performances du marché depuis la dernière publication de ces sondages, on se dit qu'il y a forcément des gens qui doivent mentir là dehors... Il semblerait que bien des « sondés » fassent partie de ces gens qui se disent super bullishs et très positifs, mais qui n'ont pas la queue d'une action en position, préférant attendre une éventuelle correction pour profiter d'entrer dans le marché, chose qu'ils ne feront jamais, parce quand ça baisse, y a trop de bears et ça fout les jetons...

 

PDF : Morningbull 12.4.2011.pdf.

 

Bref, en théorie tout le monde est très constructif, en pratique personne n'a envie d'être le premier à se jeter à l'eau. En théorie nous sommes tous bullishs, en pratique on pense tous qu'il est urgent d'attendre. C'est en tous les cas ce que les volumes minables traités ces jours nous laissent entendre.

 

On tous les cas, on l'a bien ressenti durant ces dernières séances. Ouverture confortablement en hausse, vent de positivisme puis, généralement dans la seconde partie de la journée, soit une réplique de tremblement de terre, soit une mauvaise nouvelle pour la centrale de Fukushima, soit une déclaration maladroite au sujet de l'inflation, voir même encore une libre interprétation des minutes du FOMC Meeting d'il y a un mois, peuvent avoir raison de la bullish attitude en quelques secondes.

 

Hier encore n'y faisait pas exception. Bonne ouverture, puis le pétrole qui se dégonfle à toute vitesse parce qu'on envisage éventuellement peut-être une solution pacifique en Libye (comme si Kadhafi allait tout d'un coup devenir pacifique) et puis les doutes qui pesaient sur les investisseurs à quelques minutes du « kick-off » officiel de la saison des résultats, puisque Alcoa était attendu après la clôture. Du coup, la journée ne fût qu'un long effritement sans intérêt.

 

En Europe, le ministre des finance allemand a fait des déclarations qui ont insinué le doute dans l'esprit des intervenants. Il a lancé un pavé dans la marre, se demandant si l'argent remis au grecs pour leur sauvetage suffira. Du coup, le marché grec plongeait comme un seul homme et avait à l'air en moins bon état que l'Acropole lui-même. Et puis le Crédit Suisse a flingué le secteur automobile en downgradant tout ce qui avait 4 roues et exprimant sa prudence sur tout ce qui est de cyclique dans le marché. Ça, plus le tremblement de terre au Japon, un mois jour pour jour après le tsunami destructeur du 11 mars, il n'en fallait pas plus pour envoyer la majorité des indices terminer leur séance dans le rouge, même si le bullish sentiment est au plus là dehors.

 

En tous les cas, une certitude me frappe ; cet indice, le Bullish Sentiment, fonctionne parfaitement comme indicateur contrariant... Plus on est positif dans les sondages, plus le marché se comporte comme si il allait s'effondrer. Plus il y a de négativisme, moins y a de chances de baisser.

 

Du côté de l'or, tout va bien. Il se tient toujours sur ses niveaux de record et comme le marché en générale semble plutôt fragile, j'imagine qu'il a encore quelques belles séances devant lui. Il pourrait finir par devenir une valeur refuge un de ces jours.

 

oil-shipping.jpgEn ce qui concerne l'or noir qui s'est envolé en fin de semaine passée, hier il s'est totalement dégonflé. Après avoir touché les 113.46$, le fait que Kadhafi puisse rendre les armes en acceptant le plan de paix offert par les nations africaines a poussé les traders a défaire leurs paris haussier à court terme. En revanche quand on entend les déclarations du fils de Kadhafi sur les ondes de BFM, on a pas l'impression que la famille « barjots » à l'intention de quitter le pouvoir aussi facilement. Ils veulent bien rendre les armes si Kadhafi reste au pouvoir en tant que consultant et que ses fils (tous connus pour leur QI supérieurs à 12) deviennent co-présidents à vie. Un deal qui ne semble pas plaire à la rébellion et encore moins à la coalition internationale qui réclame le départ définitif de Kadhafi... Bref, le pétrole a corrigé, mais il y a des bonnes chances de voir encore quelques missiles survoler le territoire ces prochains jours, donc d'envisager un rebond sur le brut. Ce matin le WTI est à 108.14$ e le Brent est a 122.51$. Quant à l'or, il s'échange à 1457$ l'once.

 

Les indices en sont là :

 

Dow Jones 12381 +0.01%

S&P500 1324 -0.28%

Nasdaq 2772 -0.32%

Londres 6053 -0.04%

Paris 4039 -0.57%

Francfort 7205 -0.17%

 

Ce matin, alors que la central de Fukushima a été upgradée, non pas par Moody's ou S&P, mais par le Gouvernement sur le même niveau de gravité que la catastrophe de Tchernobyl en son temps, le marché n'a pas supporté et le Nikkei reculait de 1.73%, alors que Hong-Kong faisait également la tête, avec un repli de 1.33% mais plutôt entraîné par le secteur pétrolier qui reculait fortement à cause du pétrole qui baissait. Encore la faute de Kadhafi. La Chine tire son épingle du jeu et monte de 0.36%. Pour ce qui est de Sydney, l'indice australien recule après avoir affiché un nouveau record pour 2011 la veille.

 

Aux USA, les techniciens se veulent rassurants, tant que le S&P500 ne passe pas sous les 1320, « the only way is up, baby ». Oui, sauf qu'hier soir les chances que le S&P passe sous les 1320 se sont nettement améliorées, surtout qu'Alcoa a publié ses chiffres, lançant la saison des publications.

 

Du coup, on a déjà quelques indices sur comment nous sommes « positionnés » pour cette saison qui commence.

 

  1. il va falloir battre les attentes et pas qu'un peu ET faire mieux que l'an passé

  2. il va falloir se montrer constructif, rassurant et sur de soi pour l'avenir

  3. il va falloir parler croissance et augmentation des marges

  4. il ne faudra pas envisager trop d'obstacles sur la route

  5. il faudra savoir rassurer les investisseurs

 

Sinon la sanction sera terrible.

 

Exactement ce qu'Alcoa n'a pas fait.. en gros.. Le géant de l'Aluminium a fait mieux que l'an passé, mais pas aussi bien que les « analystes-stars-de-la-finance » avaient prévu. Mauvais point. Les marges étaient sous pression. Mauvais point. Ils sont à l'aise pour atteindre leurs objectifs annuels, mais par forcément ceux des « analystes-stars-de-la-finance ». Mauvais point. L'année sera challenging pour Alcoa. Mauvais point. Et ils ne prévoient pas de sortir un iPad, encore un mauvais point. Et pour terminer ils ne pense pas changer le nom de la compagnie en « China Aluminium.com » encore un mauvais point. Le titre ne pouvait faire autrement que de baisser de 3% dans des volumes considérables après la clôture.

 

C'est donc parti pour un tour, Alcoa va mettre la pression sur les futures américains, qui n'avaient pas forcément besoin d'aide pour cela, surtout avec la version japonaise de Tchernobyl sur les bras. Surtout que la saison ne fait que commencer. Bien qu'aujourd'hui nous aurons un peu de répit de ce côté, car ce n'est pas Fastenal et ADTRAN qui vont nous changer le monde, mais dès mercredi, ASML et JP Morgan feront parler la poudre, suivit jeudi par Google, avant de conclure la semaine vendredi avec Bank of America, pour ne citer que les plus « gros ».

 

Le FMI a coupé les perspectives de croissance du Japon. Un mouvement tactique impressionnant. On suppose qu'ils ont été formé par Moody's sur ce point-là. Pendant ce temps, le FMI sera aussi à Lisbonne pour discuter d'un crédit à la consommation afin de préparer le bailout portugais qui devrait se monter à 1250 fois le transfert de Cristiano Ronaldo au Real Madrid, soit 116 milliards d'euros.

 

Le numéro deux de Renault s'en va, les histoire de James Bond à l'intérieur de la société auront eu raison de lui. La France a libéré la Côte d'Ivoire, car pour ceux qui ne savaient pas, il y avait la guerre là-bas, même si on n'en parle pas dans le Wall Street parce qu'il n'y a pas de pétrole.

 

Schneider serait sur le point de faire une offre sur Tyco, montant de la facture ; 22.3 milliards. Ce n'est pas une opération d'initié, mais un article de Bloomberg qui le dit. Et n'oublions pas une nouvelle qui peut faire du bruit à terme, Bill Gross, le manager du plus gros fonds obligataire du monde, annonce qu'il sera dorénavant « short » sur les bons du trésor américain. Ce n'est pas forcément pour parier sur la faillite des USA, mais il en parle beaucoup quand même...

 

Pour ce qui est du reste des nouvelles, c'est franchement minable. On se croirait en plein été. Nous allons donc nous concentrer sur les chiffres du trimestre et espérant que Fukushima ne nous invente pas un truc supplémentaire, ce qui est plus que possible, vu que les informations sont à peu près aussi claires et transparentes que les méthodes de calcul des bonus dans certaines banques.

 

Côté chiffres économiques, nous aurons les ventes du retail, l'international trade, import & export prices, Redbook et le treasury budget. Pour le moment les futures américains sont en baisse de 0.5%, ce qui laisserait supposer que le marché ouvrirait sous sont support technique des 1320 sur le S&P500.

 

Je vous souhaite une excellente journée et un très bon café. Moi je pense éventuellement vous retrouver demain.

 

Morningbull

 

"A lot of people wonder what a government shutdown would be like. I think a lot more people wonder what a government running properly would be like." –Jay Leno

 

07:19 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

vendredi, 08 avril 2011

Trichet : Veni, Vidi et hausse des taux

 

 

keefe.jpg

 

 

 

 

 

Décidément, cette semaine est vraiment placée sous le signe de la monotonie. Des mouvements de marché qui ne ressemblent à rien avec une amplitude ridicule. Il y a bien quelques histoire individuelles à droite ou à gauche, mais franchement rien de bien croustillant. Alors on continue à se concentrer sur la « big picture », l'image globale de tout ce qui se passe et les gros évènement politico-économiques.... Voir éventuellement géo-politiques.

 

PDF : Morningbull 8.4.2011.pdf

 

Hier il n'y avait pas besoin d'avoir choisi « physique quantique » comme matière à l'Uni pour savoir que l'on allait parler des taux européens, de la guerre en Libye qui s'enfonce toujours plus loin dans l'immobilisme et du sauvetage du Portugal. Et éventuellement des dernières nouvelles Fukushima, qui après avoir colmaté ses fuites avec de la pâte de bois pourrait bien stopper l'évasion des particules radio-actives avec des paquets de Sugus.

 

En ce qui concerne les taux, on ne peut pas dire que nous avons été pris par surprise, puisque depuis quelques semaines, Trichet avait pris soin de nous tenir au courant de ses intentions et comme on le connait, que ça fait 3 ans qu'il bave de pouvoir remonter les taux qu'il avait eu tant de mal à descendre, on ne peut pas être surpris de le voir saisir la première occasion pour inverser la tendance. Donc, hier à 13h45, les taux européens sont repassé de 1% à 1.25%.

 

La surprise était nulle, puisque le marché l'avait déjà intégré depuis longtemps. Il paraît d'ailleurs que deux hausses de taux supplémentaires sont déjà « pricées » dans l'esprit des investisseurs. De plus Trichet l'a bien mentionné dans son discours d'hier ; il n'a aucune idée si ce mouvement est le premier d'une série ou juste un « accident » isolé. Dans la foulée la banque d'Angleterre n'a rien fait et laissé ses taux inchangés à 0.5%. Ils ont aussi peur de l'inflation, mais ils veulent d'abord être sûrs que leur économie a vraiment redémarré. Ce qui est loin d'être sûr.

 

Unknown.jpegL'annonce de Trichet n'aura donc eu aucun impact sur les indices du vieux continent qui avaient été bien disposés jusque-là, exprimant leur satisfaction d'entendre que le Portugal avait finalement appelé à l'aide. Ce n'est pas que ça fait plaisir de voir un pays demander de l'aide, sachant que ce n'est probablement pas le dernier, mais comme les investisseurs n'aiment pas l'incertitude, ils étaient plutôt contents de pouvoir mettre ce sujet de côté. On le ressentait d'ailleurs, puisque les meilleures performances de la journée était à créditer aux banques portugaises et grecques, reste à expliquer aux banques grecques que ce n'est pas elles qui vont recevoir l'argent du Portugal.

 

Alors que l'on digérait l'annonce de la BCE, les discours et autres analyses soporifiques qui vont avec, le pétrole faisait des siennes. Les traders ne savaient plus à quelle nouvelle se raccrocher. Est-ce que c'est la BCE, la Libye, les Jobless Claims qui démontraient que les nouvelles applications chômage avaient chuté de 10'000 personnes, sans que l'on sache si elles ont trouvé du boulot ou si elles se sont perdus sur le chemin et sont parties en Afghanistan à la place. Ou est-ce qu'il fallait s'inquiéter de la dispute entre Républicains et Démocrates au Congrès Américain – dispute au sujet du budget – qui pourrait amener un espèce de blocage du Gouvernement.

 

Peu importe qu'elle que soit la nouvelle à laquelle on s'intéressait hier, elle n'était qu'une justification de plus pour acheter du pétrole. Du coup, l'or noir s'affichait au dessus des 110$ pour la première fois depuis septembre 2008, mois de triste mémoire. Là aussi, c'est assez paradoxal, mais il fût un temps lointain et reculé dans les siècles (il y a encore 6 mois), on pensait qu'un baril de brut au dessus des 90$ pourrait, deviendrait et serait une menace pour le recovery économique. Le jour où cette barrière serait franchie tout s'arrêterait et les gens n'iraient plus à la pompe...

 

En fait non, globalement on préfère voir la hausse du pétrole comme un signe de « bonne santé de l'économie » et soudainement la théorie du pétrole à 90$ n'intéresse plus personne, nous sommes en mode « Rien à F... » du pétrole.. Tant qu'il n'est pas à 150$, on devrait pouvoir faire avec. Ce matin, sur le WTI, ils vous en coûtera 110 dollars et 94 cents pour acheter votre baril hebdomadaire, si vous l'achetez sur le marché du brent, c'est un peu plus cher à 123.22$. A noter cependant que depuis deux-trois jours, le WTI monte et le Brent baisse un poil.

 

Et puis, alors que tout semblait se passer dans le meilleur des mondes, que tous les facteurs qui auraient fait plonger le marché comme un seul homme dans une époque normale, ne fonctionnaient plus, alors que les indices se dirigeaient paisiblement vers une journée de hausse dans cette semaine ennuyeuse, un nouveau tremblement de terre a frappé le Japon.

 

Dame nature ne semble pas disposée à leur foutre la paix le temps qu'ils reconstruisent et se reconstruisent. La magnitude était inférieure au big one, heureusement, mais avec un 7.1 sur l'échelle de Richter, une alerte au Tsunami était immédiatement déclenchée et, évidemment dans la foulée les marchés européens comme américains se sont subitement effondrés.

 

chappatte.jpgEn même temps, il faut un peu relativiser, on est passé d'une hausse de 50 points sur le Dow Jones à une baisse de 100 points, l'Europe est passée en baisse d'un demi-pourcent à quelques minutes de leur clôture, rien de bien grave. En même temps quand on voit que pour un tremblement de terre de plus de 9 avec 25'000 morts et le désert nucléaire 50 kilomètres autour de Fukushima, le marché aura mis 15 jours pour s'en remettre, pourquoi baisser pour une secousse d'à peine 7,1... Du coup, les marchés sont repartis à la hausse, mais le coeur n'y était plus (pour autant qu'il ait été là à un moment hier) et la journée était foutue, sauf pour les banques portugaises qui continuaient de fêter l'arrivée prochaine d'argent frais.

 

Si je résume la journée d'hier ; le marché ne veut pas baisser, rien ne semble pouvoir le faire baisser d'ailleurs. Faisons une rapide liste des évènements récents :

 

  • tremblement de terre au Japon (x2 sans compter les répliques)

  • centrale nucléaire au bord de l'explosion

  • pétrole à 110$

  • guerre civile en Libye

  • effondrement du pouvoir et émeutes dans un pays sur deux au Moyen-Orient

  • le Portugal à la dérive, suivit de près par l'Espagne

  • les banques irlandaises nationalisées à coup de milliards

  • le Gouvernement américain qui ne se met pas d'accord sur le budget

  • explosion des commodities et du prix de la bouffe

  • guerre totale en Côte d'Ivoire (mais là ça compte pas, y a pas de pétrole)

 

Et le Dow Jones est au plus haut depuis 3 ans... Je crois que ça se passe de commentaires. Hier encore ce fût donc l'exemple typique, tout semblait réuni pour nous faire baisser correctement, mais rien à faire. Même le bearish sentiment est au fond du trou, les ours n'osent même plus sortir de leur hibernation. Ou alors c'est pour ça, c'est que les ours hibernent encore et c'est pour ça que ne baisse pas...

 

Même l'or montait encore.. ce matin on est à des niveaux records : 1467$, qui dit mieux ?

 

En ce qui concerne les indices, voici où nous en sommes :

 

Dow Jones 12409 -0.14%

S&P500 1334 -0.15%

Nasdaq 2796 -0.13%

Londres 6017 -0.40%

Paris 4028 -0.49%

Francfort 7179 -0.50%

Tokyo 9679 +0.91%

Hong Kong 24445 +0.67%

Shanghai 3159 +0.31%

Sydney 5033 +0.54%

 

Le meilleur exemple du « on ne baissera pas », c'est le Nikkei de ce matin, tremblement de terre 7.1, alerte au Tsunami, mais comme rien d'autre ne s'est passé et Fukushima n'a pas été impactée, que leurs murs en carton pâte ont tenu, c'est carrément considéré comme un signe positif. Bull Market. Et pourtant, Tepco a tout de même annoncé que des fuites avaient été découvertes dans une AUTRE centrale, celle de Onagawa. Et le Nikkei est en hausse de 1%, Tout ce qui ne tue pas ce marché, le rend plus fort. C'est un BULL a plusieurs têtes, tel l'hydre de la mythologie grecque, tu coupes une tête du BULL MARKET, y en a deux qui repoussent...

 

Après le bonus cash de Lloyd Blankfein, l'histoire ne s'arrête pas là. Hier on a appris que le CEO de JP Morgan, Jamie Dimon, toucherais 23 millions de dollars de « compensation » pour 2010. Dont 5 millions en cash, soit une augmentation totale de 51% pour l'année. Un peu comme la plupart d'entre nous, non ? Et le plus beau dans tout cela, c'est que l'article qui en parle, le fait limite passer pour une victime qui a du se serrez la ceinture pendant deux ans alors que les méchants régulateurs le forçait à être raisonnable, pensez donc, hors bonus, il ne gagne qu'un million de dollars de salaire, vous imaginez ??? Comment voulez-vous survivre avec 83'000 dollars par mois ??

 

breen.jpgWells Fargo a supprimé 1900 postes dans leurs divisions «hypothécaire », le business est en ralentissement il paraît. On reparle de la valeur des Stars du Web qui ne sont pas cotées ; Zynga qui est le créateur de « farmville » est dorénavant estimée à une valeur de 8 milliards, quant à Facebook, créateur d'amis depuis 5 ans, il vaudrait 65 milliards de dollars. LinkedIn est monté de 43% depuis janvier et n'est toujours pas en bourse. Nous sommes en train de vivre une bulle spéculative « undercover »... espérons pour ces sociétés qu'elles auront le temps de venir en bourse avant de vivre un « crash invisible ».... Cargill, qui détient une participation majoritaire dans le fabricant d'engrais, Mosaic, pourrait venir en vendre une partie sur le marché dès le mois prochain.

 

Les prix de l'immobilier sont en baisse en Angleterre, probablement pas à Londres, mais les banques voient de moins en moins d'acheteur. En même temps, ceux qui achètent à Hyde Park, ce n'est pas des gens qui passent par les banques. Dans une interview au Financial Times, Madoff accuse JP Morgan, estimant que la banque savait ce qui se passait. Evidemment, JP a totalement démenti l'ensemble des affirmations.

 

L'Asie est donc en hausse, ce n'est pas un misérable tremblement de terre qui va nous déranger. En ce vendredi 8 avril, les chiffres économiques seront à l'image de la semaine, réduits à pas grand-chose, puisque seul le Wholesale Trade sera publié, pour autant qu'il intéresse quelqu'un.

 

Pour le moment les futures américains sont en hausse de 0.23% et au vu de la réaction de Tokyo ce matin, les Européens qui avaient vendu dans l'expectative d'une nouvelle baisse, risquent d'en être pour leurs frais.

 

La semaine prochaine on attaque la saison des résultats et l'on espère que tout cela va mettre un peu de piment et de volatilité à un marché qui devient de plus en plus passif...

 

C'est tout pour cette semaine, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un excellent début de journée, un très bon café, puis ensuite un week-end reposant, brillant et ensoleillé... Moi je vous retrouve probablement lundi matin à la même heure et au même endroit.

 

Pour toute inscription à la liste de distribution maison, n'hésitez-pas, un mail à : morningbull@morningbull.ch

 

Excellente journée !!!

 

Morningbull

 

P.S : Comme hier j'ai omis la citation suite à une mauvaise manip et que j'ai été bombardé de mail de complaintes, ce matin je vous en offre deux :

 

"President Obama is going to seek reelection. His slogan this time? "Change you can believe in. This time I promise. Really." –Jay Leno

 

"President Obama said he plans on running for re-election against the Republicans. After the tax cuts for the rich, the bailouts for Wall Street, and the bombing in Libya, I already thought he was the Republican candidate." –Jay Leno

 

 

06:51 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

jeudi, 07 avril 2011

Le Portugal et Trichet sont dans un bateau...

 

ramirez.jpg

 

 

 

L'absence de « vraies » nouvelles économiques ainsi que l'attente du lancement officiel de la saison des résultats nous donne un marché qui également en mode attente. On ne sait pas trop ce qu'il attend, mais pour le moment il ne donne pas forcément envie de s'exciter. Les quelques nouvelles glanées à droite ou à gauche nous fournissent la matière pour trouver un minimum d'intérêt durant les heures d'ouverture, mais mis à par ça, l'intérêt semble avoir été mis entre parenthèses pendant quelques jours. Cependant, il y a tout de même un truc de bien, c'est que dans le marché, nous avons toujours des sujets récurrents qui nous permettent de tout justifier ou presque.

 

PDF : Morningbull 7.4.2011.pdf

 

Vous avez la guerre civile en Libye, avec la famille Kadhafi qui se fait un point d'honneur à nous donner un os à ronger chaque jour. Une fois c'est le père qui écrit à Obama, une fois c'est les fils qui proposent de remplacer le père et puis si cela ne suffit pas, il y a toujours les villes pétrolières qui changent de mains à peu près toutes les 24 heures. Un coup c'est les forces de Kadhafi, un coup c'est les rebelles, mais on se repasse la patate chaude régulièrement, histoire de garder les « traders pétrole » attentifs.

 

Il y a aussi la centrale nucléaire de Fukushima qui annonce une bonne nouvelle par jour, pour immédiatement annoncer une mauvaise derrière. On nous dit que la fuite qui faisait se déverser la centrale dans la mer est colmatée avec de la pâte à mâcher que l'on utilisait à l'école en 2 ème enfantine pour fabriquer des canard en carton pâte, puis le lendemain on va utiliser du Nitrogen, tout en gardant à l'esprit qu'une explosion totale est toujours possible. En gros, c'est comme la finance : « personne n'en sait rien, mais tout le monde essaye sa méthode ».

 

Sans oublier la dettes souveraines des pays du PIIGS qui continue de faire parler d'elle. Un coup tout va bien, puis Moody's ou S&P s'en mêle et ça se complique, ensuite ça se calme, puis ça va mieux et finalement non, on demande quand même de l'argent. C'est le cas (FINALEMENT) du Portugal depuis hier soir. En résumé, le P pour Portugal a demandé de l'aide à l'Europe, le premier de l'Irlande, c'est fait aussi : sauvé !, le G de Grèce, c'est réglé depuis longtemps (sur le papier), reste un « I » et un « S »... Une fois que l'on aura réglé le cas du sauvetage du Portugal dans les deux semaines, on devrait commencer à parler de l'Espagne, qui a d'ailleurs coupé son GDP pour 2012 et 2013. Et puis quand on aura fini de parler des frasques de Berlusconi, peut-être que l'on pourra ajouter l'Italie au tableau...

 

Avec ces trois « grands-sujet », il y a toujours de quoi « expliquer » un mouvement ou un autre. Une fois c'est la hausse du pétrole, une fois celle de l'or, une fois la baisse du marché. Ces trois justifications sont interchangeables et modifiables à volonté, puisque quasiment invérifiables de toute manière.

 

0406_The_Budget_Resolution_t618.jpgHier soir cependant, comme les jours précédent d'ailleurs, l'ennui qui pèse sur le marché pousse les intervenants à se concentrer sur les quelques nouvelles « micro-économiques » qui tournent dans les journaux. Ce mercredi on a bien aimé le discours de Chambers, patron historique de Cisco qui annonce « une révolution » dans la boîte, sans que l'on sache trop de quoi il s'agit, les investisseurs se sont dit que, vu le niveau de l'action récemment, la pari valait la peine. Le rebond de près de 5% de la part du géant des réseau a donné la tendance pour la journée, même si la hausse était aussi dynamique qu'un spaghetti trop cuit, Cisco prenait les commandes des opérations. Même les résultats en demi-teinte de Monsanto - profits meilleurs mais marges inférieures qui décevaient les analyste – n'ont pas suffit à freiner l'enthousiasme contrôlé des intervenants qui parvenaient tout de même à faire progresser les indices de 0.3%. Par rapport à ce que l'on vit sur les trois séances précédente, 0,3% ,c'est presque de l'hyperactivité pour le marché. Au niveau des secteurs, les financières étaient à la fête et le secteur de l'énergie était sous pression. Probablement quelques prises de profits sur les valeurs liées au pétrole, car le pétrole, lui, ne bouge pas d'un cil.

 

Le baril est toujours collé dans la zone de 108-109, rien ne semble pouvoir le faire prendre une direction plus marquée. Même les inventaires d'hier soir n'ont pas fait bouger grand-chose, inventaires qui étaient :

 

      1. Complètement à côté des attentes des analystes, comme le veut la tradition.

      2. Mais surtout en hausse pour la 5ème semaine consécutive

      3. Egalement exactement à l'opposé des chiffres de l'API publiés mardi, ce qui renforce le sentiment de « grande valeur » des ces données.

 

Ce matin, si vous désirez devenir l'heureux propriétaire d'un baril de pétrole pour l'exposer dans votre jardin, avec un pot de fleurs dessus et le barbecue à côté, il vous en coûtera la modique somme de 108 dollars et 40 cents, livraison non-comprise, mais vous pouvez choisir le logo sur le baril Exxon, Chevron ou BP. Au choix, sachant que BP c'est moins tendance.

 

En Europe, on montait également de quelques fractions de pourcentage. Les préoccupation de la dette portugaise et du GDP espagnol aurait pu peser sur le marché, mais c'est tellement « inclus dans les prix » que les intervenants s'en moquent comme de leur première opération de trading qui s'est transformée ent « long term investment ». Au contraire, l'Espagne était carrément le meilleur indice européen en terme de performance hier,, avec la Grèce, je pense que cela est plutôt du aux performances des clubs espagnols en champions league qu'au confort financier dont peut faire preuve le Gouvernement de Zapatero. Visiblement, en ce moment en Europe, il vaut mieux être un pays en difficulté que le contraire.

 

Les banques étaient bien recherchées en Europe, surtout celles qui font des augmentation de capital (Commerzbank et Intesa). Ce qui est tout de même bizarre car il fût un temps où le fait de demander du pognon aux actionnaires était moyennement bien vu. Mais comme dans ce cas, c'est pour rembourser le Gouvernement et se « délier » de sa supervision un peu collante et limite inquisitrice, surtout au niveau des bonus, c'est donc considéré comme une bonne nouvelle.

 

Je pense que je vais écrire un bouquin qui s'appellera : « les 1001 façons de justifier la hausse d'une titre.com », je suis certain que ça va marcher.

 

En conclusion malgré toute cette incertitude et tout ces doutes, ça ne suffit pas pour faire baisser le marché, mais par contre ça suffit largement à redorer le blason du métal jaune qui redevient une valeur refuge et s'offre une seconde journée consécutive de record historique. Dorénavant, le nouveau record à battre est de 1467$. Ce matin nous sommes à 1458$ et les analyste interrogés sont tous d'accord : « le métal jaune va à 1500  d'ici fin avril ». Parier qu'un véhicule d'investissement pourrait bouger de 3% sur 30 jours alors que la volatilité du dit véhicule est de 16%, ça demande quand même un sacré courage... C'est gonflé comme prédiction. C'est comme lancer une pièce en l'air 25 fois de suite et de parier qu'il y a au moins une fois où elle va tomber sur « pile ». Merci donc pour cette vision d'avenir qui a presque autant de valeur que l'immobilier à 10 kilomètres de Fukushima. A noter également que depuis la fin du mois de mars il existe un future qui vous permet de jouer sur la volatilité de l'or. Comme ce n'est pas assez compliqué de gagner de l'argent sur le sous-jacent lui-même, maintenant on peut s'offrir le challenge de corser un peu l'enjeu. Il est traité sur le CBOE à Chicago et se nomme affectueusement le GVZ.

 

wr.pngTout ça pour dire qu'à l'heure où Barcelone plantait son premier goal, le Portugal en profitait pour demander de l'aide à l'Europe. Voilà, c'est donc officiel, ils ont dit « Ajuda » et leur sort est entre les mains de Jean-Claude. La dernière émission obligataire s'étant mal passée, les derniers downgrades qui ont bien aidé le pricing de cette dernière, le Premier Ministre n'a plus eu d'autre choix que de jeter l'éponge ou de vendre Cristiano Ronaldo à l'équipe d'Allemagne, le forçant à changer de nationalité et de nom (Christian Reinald). Il a donc jeté l'éponge et fait appel à l'Europe. Encore une fois, les belles paroles d'il y a 8 semaines qui disaient « Nous n'avons besoin de personne – en Harley Davidson – et nous allons nous en sortir tout seuls », étaient donc des paroles purement politiques ou alors de la méthode Coué, mais ça n'a pas marché cette fois.

 

C'est tout de même inouï, car chacun des trois pays qui ont demandé de l'aide (pour l'instant) sont passés tous les trois par le même comportement, le même processus. Comme si ils faisaient un deuil.

 

Phase 1 : la négation - tout va bien on va s'en sortir tout seuls !!! Foutez-nous la paix

Phase 2 : la colère – c'est tout de la faute des spéculateurs, de la presse et pas du Gouvernement

Phase 3 : le marchandage - allez, encore une ou deux émissions, un peu de temps d'argent et on s'en sort, faites-nous confiance

Phase 4 : la dépression - DAMNED !! on ne va jamais s'en sortir et en plus Moody's et les autres nous tiennent la tête sous l'eau, on n'a pas de bol, on va tous mourir

Phase 5 : l'acceptation – c'est bon, on abandonne, envoyez le pognon.

 

Je travaille sur la version italienne et espagnole, mais il y a de bonnes chances que l'histoire se répète encore.

 

Pour ce qui est des indices, le Dow Jones, le Nasdaq et le S&P terminent en hausse de 0.25% en moyenne, pas de quoi se prendre le mal de l'air. Londres grimpait de 0.57%, ainsi que Francfort. Paris était un peu plus en retrait avec une hausse de 0.16%.

 

Ce matin, l'Asie est à peu près aussi dynamique que le reste du monde. Le Japon avance de 0.55%, Hong Kong est en baisse de 0.05% et la Chine avance de 0.11%. A Sydney, malgré le taux de chômage qui passe sous les 5%, l'indice recule de 0.12%.

 

Nous sommes jeudi. Le jeudi c'est souvent la journée de la Banque Centrale Européenne. C'est le cas aujourd'hui. Et ce n'est pas une journée comme les autres puisque à 13h45, heure de chez nous, la BCE devrait monter les taux pour la première fois depuis 2008. Le taux directeur devrait passer à 1.25% contre 1% précédemment. Trichet a plusieurs mentionné sa trouille permanente de l'inflation et il n'a pas l'intention de se laisser balader plus longtemps. En tous les cas les paris sont ouvert, mais il semble évident que la hausse c'est pour aujourd'hui. En revanche le vieil adage qui dit « taux qui montent, actions qui baissent » ne semble plus aussi évident qu'auparavant, puisque la communauté financière à mis toutes ses forces sur le coup afin de prouver que les temps ont changé. Et que comme le marché ne baisse pas après un tremblement de terre, un tsunami, une catastrophe nucléaire, 5 ou 6 guerres civiles (j'ai perdu le compte) et un pétrole à 125 (sur le brent), il n'y pas de raison qu'il baisse pour un misérable 0.25% d'augmentation du taux directeur...

 

La FED a vendu 1.3 milliards d'assets qui avaient été repris chez AIG au moment de la crise de 2008 (si, si, il y a eu une crise en 2008). La vente s'est faite via une auction. Les USA et l'Italie veulent armer les rebelles Libyens pour accélérer l'éjection de Kadhafi. Il a bien tourné a veste Berlusconi. Comme tout le monde d'ailleurs, mais lui plus.

 

Samsung a publié des prévisions pour ses chiffres du premier trimestre qui sont plutôt faibles. Dans la foulée ils baissent le prix de leur tablette qui censée concurrencer l'iPad. Et puis le baril est à 125$ sur le brent, d'ici cet été, à ce rythme, le gallon sera à 5$, pile poil pour les vacances. Mais les USA ont trouvé une solution, que l'on se rassure et NON ce n'est pas d'envahir l'Arabie Saoudite. Des membres du Congrès veulent voter une loi cette semaine qui devrait leur permettre d'attaquer l'OPEC en justice pour avoir manipulé le prix du pétrole et menacé l'économie américaine. Encore une fois : « Il y a beaucoup, beaucoup trop d'avocats aux USA, il faudrait commencer à vivre dans la vraie vie et sortir des tribunaux »... On nage en plein délire...

 

Côté chiffres économiques, ce jeudi sera, mis à part la BCE, un des plus jours de la semaine. Nous aurons les Ventes des grands-magasins, les jobless claims, les chiffres du gaz, le consumer credit, le Fed Balance Sheet et le Money Supply. Pour le moment, les futures sont en baisse de 0.05%. Ouch. Je ne sais pas si on va se remettre de cette correction massive.

 

Vous le constaterez, les nouvelles ne sont pas légion et cette semaine remporte haut la main le titre de semaine « la plus longue de l'année ». Pour le moment.

 

En ce qui me concerne, je me permet de vous rappeler que si vous désirez recevoir ce commentaire par mail, dès sa publication, il vous suffit de m'envoyer un mail à : morningbull@morningbull.ch et ce sera chose faite. C'est gratuit.

 

Pour l'instant...

 

Excellente journée et on se voit plus tard sur une terrasse. Sinon, à demain matin en plein forme pour de nouvelles aventures et la dissertation du meeting de Trichet de tout à l'heure...

 

Morningbull

 

 

 

06:53 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | |  Facebook

Toutes les notes