mercredi, 04 août 2010

Un marché qui monte est un marché qui doute ou alors c'est l'inverse

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Bonjour à tous et bonne lecture,

Les semaines passent, les commentaires matinaux s’enchaînent et chaque jour, je ne cesse de m’émerveiller sur la capacité que les marchés ont de « tourner la veste ».

Ce début de mois d’août et un parfait exemple. Un parfait exemple qui prouve que tout peut arriver, rien n’est établit et que les investisseurs peuvent passer de bears à bulls en l’espace de 24 heures et vice et versa… Et quand je dis 24 heures, c’est que je  veux être gentil…

Après une première séance d’août qui se voulait résolument explosive, laissant penser que les intervenants étaient confiants, constructifs et surtout qu’ils savaient où ils allaient, soudainement, ce mardi changeait la donne… Et il ne suffisait de pas grand-chose pour faire tourner le vent…

Deux compagnies qui publient des chiffres en demi-teinte (Dow Chemical et Procter et Gamble), des chiffres économiques qui montrent que l’économie et tous ses périphériques (immobilier et confiance du consommateur) sont un peu à la traîne, mais qui est surpris ? Apparemment, les investisseurs étaient surpris hier… Et soudainement, les doutes s’abattaient sur eux, tout était moins simple, moins clair. Et l’incertitude reprenait le dessus… AAhhhh, l’incertitude… On n’aime pas à ça à Wall Street, ni sur aucune place de bourse d’ailleurs…

La journée d’hier était donc exclusivement consacrée à gérer ce doute soudain qui s’immisçait dans l’esprit tortueux des investisseurs, traders et autres gérants de hedge funds… Soudainement on se disait que l’excellent mois de juillet pourrait avoir été un peu trop haut, un peu trop vite. Que tout n’était peut-être pas encore réglé dans l’économie. Que l’immobilier et/ou la confiance n’étaient pas encore de retour à 100%... Bref, les excuses pour justifier l’envie de réduire son exposition au marché des actions après une journée de hausse ne manquait pas..  Dès l’ouverture d’hier matin en Europe, les principaux indices jouaient au yoyo, avec un franc biais négatif. Heureusement quelques bons chiffres de sociétés limitaient la casse et permettaient aux indices européens de tenir le choc en attendant l’ouverture de New York.

fitzsimmons.jpgLes américains ouvraient bas, mais se reprenaient donnant du même coup l’influx suffisant au vieux continent pour remonter la pente et clôturer pas trop mal. Cependant Wall Street se redégonflait durant la soirée pour terminer en pleine morosité et en plein doute… Le mois d’août reste clairement positif après deux jours, mais le conte de fée entamé lundi est déjà en train de se transformer en fait divers.

Il y a cependant une asset-class, ou une partie du marché, je ne sais pas comment vous voulez l’appeler, qui se porte bien et qui semble ne plus avoir aucun doute sur son avenir, c’est le pétrole…

Yeppeeeee, le pétrole a enfin mis la seconde vitesse, après s’être trainé pendant 3 mois entre 70 et 80$, il a finalement trouvé la faille, dribblé la défense et un ou deux petits ponts plus loin, le baril cassait sa résistance historique (3 mois) des 80$... Hier déjà, le brut étalait sa science et sa staritude pour aller chercher encore plus haut, là où est sa place, vous l’aurez compris ; sur la route des 300$...

Mais là où ça devient cartésien, c’est quand on pose l’équation sur le papier, histoire de comprendre pourquoi le pétrole monte et ce qui justifie cet engouement…

Tout d’abord, nous le savons tous, le pétrole monte en général car les perspectives économiques sont réjouissantes. En effet quand le consommateur est en forme, que l’immobilier s’envole et que le chômage se pète la figure, en général le pétrole en bénéficie, puisque dans l’esprit court termiste des spéculateurs sur le baril – oui, je sais, ça n’existe pas – Joe American va fêter sa bonne humeur en faisant le plein de son Cadillac Escalade 6,2 litres…

Bon, en ce moment, j’ai beau retourner les chiffres dans tous les sens, à moins de les faires réinterpréter par le team Madoff, associé à la SEC, je ne vois pas comment les dernières publications économiques montrent que les conditions sont requise… Peu importe…

On peut toujours se rattraper aux inventaires. Alors là aussi, il y a deux types d’inventaires, ceux de l’API – le mardi – et ceux de l’EIA, le mercredi. Ceux de l’API sont compilés par des chimpanzés et ceux de l’EIA sont joués aux cartes, mais en général, on se concentre principalement sur ceux de l’EIA.. Pas cette semaine, ceux de l’API semblaient soudainement très importants. Important dans le sens où ils montraient que les inventaires auraient diminué de 1,2 millions de barils, après avoir augmenté de 9 millions la semaine passée… t’as raison, ça change tout…

Et puis, comme si tout cela ne suffisait pas, le dollar se cassait la figure et ça, on le sait, quand le dollar baisse le pétrole monte. C’est immuable, c’est une règle incontournable…. Sauf quand elle ne marche pas…ou quand on autre chose en tête…

Peu importe, le pétrole est redevenu « king of the market » pour quelques jours ou quelques semaines… reste à savoir comment nous allons interpréter la chose quand on va revenir sur le fait qu’un baril à 90$ va ralentir l’économie déjà poussive… et que si les marchés se cassent la gueule à cause l’économie qui est poussive, comment le brut pourra-t-il continuer son chemin en direction des étoiles, ça, c’est une histoire que je me réjouis déjà de vous conter dans mon prochain livre qui s’intitulera « le pétrole au pays des spéculateurs ».

Ce matin, au niveau des ors, le noir est à 82.26$ et le jaune à 1196 et pour la version officielle, tout deux bien aidé par le billet vert qui se casse la figure… C’est très coloré la finance finalement…

Dow Jones            10636          -0.36%

S&P500                 1120                      -0.48%

Nasdaq                 2284                      -0.52%

Londres                 5396                      -0.01%

Paris                     3748                      -0.12%

Francfort               6308                      +0.25%

Hong Kong            21458          +0.00%

Tokyo                             9502                      -1.98%

Shanghai               2741                      -0.46%

Sydney                  4572                      -0.33%

Dans les nouvelles de la journée, Intel  devrait annoncer les détails du deal qui semblent avoir trouvé avec la FTC (Federal Trade Commission). On leur reprochait des méthodes anti-compétitives, Intel a toujours nié et nie toujours, mais cependant, ils semblent avoir trouvé un accord pour qu’on leur fiche la paix. Un accord qui se dessine probablement avec quelques zéros derrière un chiffre compris entre un et neuf… Plus quelques chèques par-ci par-là..

Barnes & Noble, la librairie, s’est officiellement mis sur le marché avec un gros écriteau « A VENDRE » sur le front. Déclarant que son board étudiait toutes les options stratégiques, estimant que le marché « sous-évaluait » sa valeur, pas celle du board, celle de la compagnie. Le titre vient de prendre 25% sur l’annonce, pas mal comme technique de management pour faire monter son propre titre….

Anadarko, qui détient 25% de BP (sic !!!) a publié des résultats qui étaient en dessus des attentes, avec surtout des revenus qui atteignent 2.6 milliards au 30 juin… Comme quoi, marée noire ou pas, ça va…

Thrifty Automotive qui est dans le scope de Hertz et d’Avis pour se faire racheter, estime qu’un deal avec Avis serait plus intéressante pour eux. Il est vrai qu’en même temps, Hertz offre 41$ par action alors qu’Avis, 46.50$. On comprend mieux la réaction du management… Surtout quand on a un titre qui valait 18$ il y a 9 mois…

Alors que l’Androïd Smartphone fait du mal à l’iPhone, en termes de volume des ventes, Blackberry dévoile son nouvel appareil qui devrait faire de l’ombre à l’iPhone également. Il s’appelle le Torch. Il faut avouer qu’il est pas mal, écran tactile, écran pas tactile, de longues heures en meeting à tester ses fonctionnalités, ça va être que du bonheur dès qu’il sera en vente… Enfin, pour les meetings, je ne parle pas pour moi, moi j’écoute ou je dors, mais ils (elles) se reconnaîtront…

On parle de la bulle immobilière en Chine en première page de Marketwatch, non seulement certains analystes craignent cette bulle, mais leurs craintes sont renforcées par le taux d’appartement vide en augmentation. Si on pouvait en prendre quelques-uns à Genève, ça pourrait être pas mal.

Grosse journée du côté des chiffres économiques qui bercent notre été. Il y aura les MBA Purchase Applications, le Challenger Job-Cut Report, l’ADP Employment report, L’ISM Non-Manufacturing Index, les inventaires du pétrole, version EIA et Timothy Geithner parlera… Si dans tout cela, nous n’avons pas de quoi envoyer le pétrole à 110$, l’or à 2'000 et le Dow Jones à 11'000, ça serait quand même malheureux…

Ce matin, l’Asie est dans le rouge, le Japon en tête parce que le Yen monte. Pour le reste, le ton est donné et le doute s’est introduit lâchement dans la tête des investisseurs, à partir de là, méfiance avec les chiffres cette après-midi… même si il faut bien dire que les graphiques des indices commencent à avoir des têtes plus que sympathiques. Je vais me faire l’avocat du diable, mais c’est quand on commence à être trop à l’aise que le marché nous fait des siennes et avec les volumes minables de cet été, tout peut arriver…

Bon café à tous et très bon début de journée.

Morningbull

"Do you know that $8.7 billion of our money has gone missing in Iraq? I didn't even know they had a Goldman Sachs over there." –Jay Leno

 

 

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Commentaires

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Cordialement

Ecrit par : tuxman | mercredi, 04 août 2010

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