vendredi, 11 juin 2010
Les taureaux sont dans le pré et les ours en embuscade, mais l'euro est LA clé

Bonjour à tous et bonne fin de semaine.
Oui, c’est vendredi et comme dirait l’autre, TGIF. Le marché a même fêté ça hier avec l’art et la manière. Les intervenants ont su aller chercher les arguments en faveur de la hausse dans tous les recoins de l’économie. Mais le vrai leader, le déclencheur de la hausse spectaculaire d’hier, n’est autre que l’Euro.
En effet, la monnaie européenne, qui traverse en ce moment une passe « difficile » est en train de devenir un indicateur du moral des investisseurs. Avant, c’était LA monnaie qui devait devenir « THE MONEY » et renvoyer le vieux dollar à ses chères études, mais maintenant, l’Euro n’est plus qu’un indicateur, on est bien peu de choses…
Mercredi déjà, la monnaie avait tenté un retour en grâce avant de se faire renvoyer sèchement à la maison et d’être le principal déclencheur du mouvement vendeur. Hier, on prenait les mêmes et on recommence. Sauf que cette fois, Trichet était à la tribune et laissait entendre que la BCE fournirait des liquidités illimitées pour acheter des obligations d’Etat européens. Il a également révisé la croissance 2011 à la baisse et la croissance 2010 à la hausse, avec pour but, tenir compte du serrage de ceinture que certains Gouvernement sont en train d’imposer à leurs concitoyens. Mais à la fin, tout ce que les intervenants ont perçu, c’est « BBBUUUUUYYYYYYY !!!! » … En tous les cas sur l’Euro, ce qui a déclenché une fièvre acheteuse un peu partout dans le reste du monde. Donc, merci l’Euro de nous donner un signe clair de la direction que nous devons prendre.
Mais Trichet n’était pas le SEUL déclencheur de la hausse des billets bleus avec des étoiles jaunes. Non, il y avait aussi la cour suprême allemande. Hier, les juges de là-bas ont rejeté le recours d’un politicien allemand qui demandait que l’Allemagne refuse de participer au plan de sauvetage européen. Les juges en ont décidé autrement et ont renvoyé le Monsieur à la maison. Sauvant du même coup un peu de crédibilité et de sens au mot « Union Européenne », même si il est vrai que les allemands l’ont un peu mauvaise de jouer le rôle de la fourmi qui a bossé tout l’été et que quand l’hiver fût venu, d’aider les cigales grecques, espagnoles, italiennes, portugaises, irlandaises, françaises qui ont chanté tout l’été…
Ceci étant, pour le moment l’Allemagne continue de jouer le jeu et mettra la main au porte monnaie afin de soutenir ses camarades de jeu. Cette annonce a clairement donné un coup de fouet à l’Euro et l’Euro, on le sait, est l’indicateur de confiance du moment.
Du coup : « BULL MARKET !!! » - là normalement il faudrait monter sur la table et danser une gigue, mais c’est difficile à le décrire avec des mots… Alors imaginez-le.
L’Europe terminait en hausse, New York prenait le relai et faisait encore mieux, encore plus fort, eh oui, ils ne sont pas américains pour rien. Les traders se ruaient sur les titres qui avaient du « potentiel de rebond » et à ce jeu là, étant donné la claque qu’ils se sont pris ces dernières semaines, les valeurs liées au pétrole et surtout aux forages pétroliers ont été les vedettes de l’après-midi New Yorkaise… Même BP a fini par rebondir. 12% et pour ne pas être en reste, l’autre compagnie impliquée dans la marée noire, Transocéan a également récupéré 12%, mais le chemin est encore loin avant les plus hauts historiques… Alors que le titre était en phase de remontée, le service des relations publiques de BP, qui continue à se mettre en évidence par sont incompétence et sa capacité à raconter des âneries au plus mauvais moment, n’a rien trouvé de mieux que de « s’étonner » de la baisse du prix de son action la veille…
Globalement, tout le marché était en hausse, il y avait cependant quelques petites déceptions par-ci et par-là, entre autres Goldman qui se traînait comme une âme en peine alors que la SEC continue de leur taper sur le crâne. La grande banque d’affaire est en train de devenir le méchant de l’histoire, celui qui prend tous les coups, le bouc émissaire. Non, en fait bouc émissaire, c’est un peu fort, sachant qu’en général le bouc émissaire est un pauvre type qui n’a rien fait de mal, et là on ne peut pas dire qu’ils n’ont rien fait de mal, disons qu’ils n’ont pas fait grand-chose de bien… Mais c’est toujours eux qui prennent en ce moment. Après le montage financier « Abacus », nom volé au système informatique merveilleux de l’UBS, ( c’est fou ce que les écrans monochrome oranges de l’époque me manquent – je me comprends), c’est maintenant au tour des CDO’s connus sous le nom de « Hudson » qui auraient fait perdre 1 milliards aux investisseurs. Non, pardon j’ai dit aurait fait perdre, c’est « fait perdre » tout court.
Mais bon, on ne va pas refaire le monde, hier c’était une journée faite pour les bêtes à cornes et en ce moment, c’est assez rare pour être signalé, alors profitons de ces bons moments quand ils sont présents.
Du côté du pétrole, il n’y avait pas besoin de chercher bien loin. Vous avez un dollar qui baisse, parce que l’Euro est moins malade, un marché actions qui explose et des chiffres économiques pas trop mauvais, avec une nouvelle baisse des demandes d’indemnités de chômage, il ne fallait rien d’autre pour que l’or noir se trouve dans une dynamique haussière sans équivoque. Le Baril passait au dessus des 75$ avec une facilité déconcertante, pendant que 40'000 de ses congénères s’écoulaient dans le Golfe du Mexique. Oui, ils estiment à 40'000 barils par jour qui partent dans la mer. A côté de cela, l’Exxon Valdez fait pâle figure…
Comme tout va bien sur les marchés boursiers, inutile de vous dire que, soudainement la valeur refuge ne faisait plus état de valeur refuge, puisque, évidemment, les investisseurs changeaient complètement leur « asset allocation » durant la nuit et dégageaient les positions en or pour se mettre 100% actions. L’or revenait à 1222.
En fin de journée la photo famille était plutôt encourageante.
Dow Jones 10173 +2.76%
S&P500 1087 +2.95%
Nasdaq 2219 +2.77%
Londres 5133 +0.92%
Paris 3517 +2.03%
Francfort 6057 +1.20%
SMI 6376 +0.91%
Et ce matin, c’est la fête au village du côté de l’Asie aussi :
Tokyo 9699 +1.64%
Hong Kong 19894 +1.33%
Sydney 4504 +1.24%
En Asie où la Chine continue de distiller une avalanche de chiffres économiques qui sont tous plus forts les uns que les autres. L’inflation vient de passer à 3.1%. Le problème, c’est que l’on se sait plus trop quoi penser dans le camp des économistes qui hésitent entre peur de l’inflation et risque de resserrement de la politique monétaire ou sabler le champagne, car il y a au moins UNE économie qui cartonne dans le monde et qui n’est pas endettée jusqu’aux yeux. Pendant ce temps, en Chine, les grèves se multiplies et les entreprises étrangères basées là-bas, sont en train de revoir leur politique salariale, ça va bientôt couter moins cher de produire des composant électroniques dans la banlieue de Monaco ou de Beverly Hills, finit l’Eldorado.
Toujours à propos de la Chine, Timothy Geithner a déclaré que le taux de change entre le yuan et le dollar était un point crucial du « recovery » de l’économie mondiale, alors que les américains continuent de tenter de persuader les chinois de laisser leur monnaie monter contre le billet vert. Je ne suis pas spécialiste des changes, mais les tensions à ce propos entre les deux pays semblent monter d’un petit cran.
Michael Dell est entré en négociation avec la SEC pour trouver un « arrangement » à propos des relations particulières et des tarifs spéciaux dont il a bénéficié avec Intel au cours des années. On lui reproche des pratique « anti-compétitives » parce qu’il a obtenu des plus gros rabais que les autres sur les produit d’Intel… En même temps quand on est un des plus gros producteurs mondial de pc et que l’on tente de rester compétitif au niveau des prix et que l’on a une relation de plus de 20 ans avec Intel, ça paraît plutôt logique que les rabais soient importants, mais pas à la SEC, qui, depuis Madoff, estime que tout le monde est coupable.
Avant, vous étiez innocent jusqu’à preuve du contraire, maintenant, vous êtes coupable par défaut. A vous de prouver le contraire.
Le Chairman de BP a été « sommé » de se pointer à Washington pour rencontrer Obama. Pendant ce temps, les britanniques commencent à en avoir par-dessus la tête des américains qui attaquent BP jour après jour, les politiciens et l’opinion publique semblent fatigués de l’agressivité du Gouvernement US. On ne peut pas reprocher aux américains de râler contre BP étant donné ce qui arrive, mais il vrai que ce qui arrive à BP aurait pu arriver à Exxon ou à Chevron, et là, ça aurait été intéressant de voir comment Obama aurait géré son mécontentement face à un gros contributeur de campagne électorale.
Selon un analyste londonien, le défaut de la dette grecque ne serait qu’une question de temps. Il base sa théorie sur le fait que les investisseurs ont déjà discounté la valeur des obligations grecques détenues par les banques européennes dans leurs bilans. Si l’on regarde la correction des banques européennes depuis que le premier ministre a tout balancé, elles ont baissé de plus de 22%. Autant dire que si par hasard, la Grèce ne partait pas avec l’eau du bain, il y a un certain potentiel de rebond.
Le prix de l’immobilier baisse pour le troisième mois consécutif, alors que les anglais vendent leur maison pour éviter une nouvelle taxe qui pourrait leur tomber dessus dans pas longtemps. L’argumentaire semble tiré par les cheveux et je dois dire que les données des prix de l’immobilier de là-bas semblent à peu près aussi douteuses que de l’autre côté de l’Atlantique. Toujours à propos de BP, il semblerait que la compagnie pétrolière pourrait être obligée de payer les salaires des résidents côtiers qui ne peuvent plus travailler, à commencer par les pêcheurs. Intéressant également de mettre en perspective que le rendement du dividende de BP, si il est payé, représente 9,5%, soit 1.4% de plus que le rendement d’une obligation grecque. De plus avec la capitalisation boursière perdue par BP en 6 semaines, vous auriez pu acheter, soit ENI soit trois fois REPSOL…
Ce matin, c’est le BULL MARKET partout dans le monde, il reste plus qu’à que Moody’s vienne downgrader la France pour rigoler. Mais pour le moment, tout va bien, l’Asie monte, l’Europe se prépare à monter encore un peu sans doute, pour le moment les futures américains sont en baisse de 0.15%, soit en phase de digestion du rallye de la veille.
Côté chiffres économiques, c’est le jour des Retail Sales, qui devraient être un peu plus faibles alors que les américains dépensent moins et épargnent plus soi-disant, puis le « Consumer Sentiment » et pour terminer, les Business Inventories
Voilà, c’est tout pour cette semaine. A partir de ce soir et pour le mois à venir, le marché passera au second plan. La planète est en train de passer en mode « World Cup », les premiers ballons seront shootés ce soir et on se réjouit déjà de passer des soirées à regarder les matchs sur écrans géant sous la pluie par 9 degrés. C’est quand même dommage de faire la coupe du monde en automne, ça serait tellement plus sympa en été…
Je vous souhaite un excellent week-end et étonnement, ça n’a pas l’air trop mal… Alors si vous le voulez bien, moi je me réjouis de vous retrouver lundi en plein forme… Et n’oubliez pas, dans 45 ans, 8 mois et 13 jours, il n’y aura plus de pétrole. Alors si jamais, vous pouvez aller sur ce site : http://www.auzouciternes.com/ vous trouverez surement une citerne pour stocker à des prix concurrentiels et vous pourrez l’enterrer au fond du jardin.
Morningbull
"BP is now saying they've captured anywhere from 35 percent to 75 percent of the oil that is gushing out of the well. Of course, you've got to keep in mind they usually lie anywhere from 85 percent to 95 percent of the time." –Jay Leno
07:29 Publié dans Market Comment | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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Commentaires
Ah le bon vieux temps de ces fabuleux terminaux Abacus écran monocrome organge... sans souris.. CI07, CI08; BO10, BO20, D..., W... etc..
snif.. nostalgie quand tu nous tiens...
Ecrit par : SBG, wir machten mit... | vendredi, 11 juin 2010
Oui, nostalgie, à l'époque, ils voulaient "réussir ensemble", maintenant, ils veulent faire du fric tout seul....
Ecrit par : Thomas Veillet | vendredi, 11 juin 2010
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