mercredi, 09 juin 2010
Entre Bernanke et les dettes souveraines, notre coeur balance
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Bonjour à tous et très bonne journée.
Difficile de tirer des conclusions sur la journée d’hier, difficile de comprendre ce qui se passe dans la tête des investisseurs… Hier matin, la journée promettait d’être plutôt constructive avec un peu plus d’enthousiasme que d’habitude. Mais comme l’ambiance reste morose et tendue, l’Europe ne parvenait pas à suivre les bonnes intentions affichées par l’Asie.
On craint toujours les after-shocks de la dette souveraine, un récent sondage de Bloomberg le montre bien. Les investisseurs n’ont pas confiance, les mesures prises par les Gouvernements européens et par la BCE n’inspire que peu de respect. 75% des intervenants pensent d’ailleurs que la Grèce va droit dans le mur et que, package ou pas package, le défaut de la dette est la seule porte de sortie.
Dans cette ambiance en toile de fond, il n’est pas simple d’augmenter son exposition au marché des actions en se disant que « sur le long terme, ça va bien finir par monter »… Pour l’instant, tout le monde veut profiter du rebond, si il y en a un, un jour, mais personne ne veut être le premier à sauter dans l’eau, qui reste, il faut bien le dire, un peu froide quand même…
Alors hier, dans le doute, on a baissé, gentiment, mais surement. Et puis Fitch n’a pas pu s’empêcher de venir faire des commentaires sur le plan d’austérité que le nouveau PM Britannique est en train de mettre en place. Ils ont déclaré que le « challenge » du Gouvernement britannique était « énorme », sous-entendu ; il va falloir ramer, ça ne va pas être simple… Le simple fait qu’un organisme de rating s’intéresse au sujet de la réforme du budget anglais, fout la trouille aux intervenants qui se disent qu’entre commentaires et downgrade de la dette, il n’y a qu’un pas qui peut être franchit d’une minute à l’autre… Pas facile rester sur les rails de la positive attitude dans cet environnement.
Dans la morosité européenne, les américains n’ont pas eu d’autre choix que d’ouvrir sur une note négative et craintive. Pourtant, au fur et à mesure que la séance avançait, on retrouvait des couleurs. Une bonne nouvelle pour Dupont qui faisait valider son nouveau soja transgénique, avec des plans de 30 mètres et des germes de 12 kilos pièce. McDonalds qui publiait des chiffres de ventes pour le mois qui étaient plus que positifs, meilleurs que les attentes des analystes. De plus le géant de la cuisine diététique annonçait avoir parfaitement managé les swings des monnaies au travers de la planète. Apparemment, ils ont mieux vu la chose que les banques et en plus du département big mac, le département big bucks s’en est bien sorti…
Microsoft a annoncé le lancement d’une obligation convertible. Le secteur des pétrolières est toujours dans le pâté, surtout ceux qui sont exposés au forage en haute mer, les probabilités qu’Obama augmente encore la durée du moratoire sont réelles et inquiétantes pour le secteur. Et puis moi, j’ai une bête question… Vu que la saison des hurricanes arrive, si une tornade passe sur la nappe de pétrole et continue son chemin sur les terres, est-ce que le pétrole vient avec ou pas ??? Non, parce que si il vient avec, d’un côté, ça nettoie la mer, mais sur terre, en plus des dégâts, il va falloir éponger le brut un peu partout, ça va être moyennement drôle.
Bref, le secteur était mal en point. Autre secteur en difficulté, la technologie en général. Visiblement les intervenants craignent que les technos subissent de plein fouet l’impact des variations erratiques et négatives de l’Euro Dollar…
En fin de journée, le Dow Jones et le S&P500 s’en sortent plutôt bien, mais le Nasdaq ne parvenait pas à passer dans le vert. Cette hausse partielle et gentillette est également à mettre au crédit des déclarations de Bernanke sur ABC, les investisseurs ont bien aimé le fait qu’il les rassure sur le fait que l’économie est en croissance que le double dip ne se produira probablement pas. Malgré le « probablement », les intervenants ont aimé…
Le pétrole remonte. Il bénéficiait également des déclarations de Ben, car quand le marché va, tout va bien pour le baril. Par contre il bénéficiait également d’un accès de faiblesse du dollar pour grappiller quelques cents. Cela reste vraiment timide et stars de la spéculation pétrolière gardent un peu de leur influx pour profiter pleinement des chiffres inventaires qui seront publiés ce soir. On se réjouit tout spécifiquement de voir l’état des inventaires de BP, histoire de savoir combien de barils sont stockés dans le Golfe. Selon un site internet, en tenant compte d’une estimation conservatrice, depuis l’explosion, près de 40 millions de gallons se sont échappés et coulent dans la mer… soit près de 150 millions de litres pour ceux qui veulent éviter de réfléchir à la conversion… Ce matin, le baril est à 72.50$
Alors que les investisseurs sont toujours mal à l’aise quand on leur parle de la dette souveraine, l’or continue de faire office de valeur refuge. Discrètement, mais quand même. A force de monter à coup de 3 dollars, le métal jaune a fini par battre son record. Hier l’or a affiché 1251 dollars l’once, avant de se replier sur les 1239 ce matin…. Mais hier on a battu un nouveau record, nanananère… Je ne comprends toujours pas pourquoi ce truc est « LA VALEUR REFUGE » dont tout le monde parle et qu’il ne monte pas plus que cela… En étant rationnel, je me dis que, personnellement, je dis ça depuis 5 ans… mais je n’ai jamais mis 5 dollars sur de l’or… Donc, si on suit ce raisonnement, si tout le monde dit « ouais, ouais, l’or, c’est là qu’il faut se planquer », mais que personne ne fait jamais rien, forcément à la fin, ça monte, mais lentement.. De plus tout ceux qui le regarde monter sans rien faire n’osent plus rentrer dedans maintenant, parce que trop haut… Ceci expliquant peut-être cela, mais je dis ça comme ça, j’ai pas fait l’Uni moi..
D’un point de vue « chiffres » nous en sommes là :
Dow Jones 9940 +1.26%
S&P500 1062 +1.10%
Nasdaq 2171 -0.15%
Londres 5028 -0.81%
Paris 3380 -0.98%
Francfort 5869 -0.62%
SMI 6246 -0.71%
Tokyo 9426 -1.18%
Hong Kong 19395 -0.47%
Sydney 4384 -0.39%
Le Conseil National dit « non » à l’accord UBS avec les USA, c’est un revers, mais rien n’est encore joué et il reste dix jours pour que les « politiques » se mettent d’accord. Du côté des USA, Carl Levin, le Sénateur démocrate a déjà pété les plombs et fait sa petite crise de « victime » américaine et exige du même coup la reprise de la procédure de justice contre l’UBS. Quelqu’un peut-il lui dire que la Suisse est un pays souverain et que son passeport américain ne lui donne pas TOUS LES DROITS ??? - il serait peut-être bon qu’il balaye un peu devant sa porte avant d’aller couiner comme un goret à l’étranger, car il y aussi des choses à dire sur son magnifique pays qui ne fait jamais rien de mal…. Les réactions sont diverses et variées, mais tout espoir n’est pas perdu, quant à la possibilité de trouver une solution d’ici la semaine prochaine, la réaction du titre en bourse (-2.2%) prouve que l’on y croit encore – un peu..
La compagnie aérienne Emirates a passé la plus grosse commande d’avions jamais passée dans l’histoire de l’aviation. Ils ont acheté 32 Airbus A-380 pour la modique somme de 11.5 milliards de dollars (prix catalogue). Comme ils en avaient déjà commandé 58 avant, la compagnie volera dorénavant avec 90 Airbus A-380, ce n’est pas la crise pour tout le monde. Dubaï montre ainsi sont intention de renforcer sa position de plaque tournante du trafic aérien mondial et de mettre sa compagnie en avant avec des avions neufs, confortables et à la pointe de la technologie.
Après l’hôtel de l’équipe de France, les français sont préoccupés par une autre affaire bien plus importante que le nouveau régime des retraites, ou le triple A de la dette du pays. C’est la question du jour : « qui, d’Angela Merkel ou de Nicolas Sarkozy, a reporté le diner qui était prévu lundi à midi ??? »… de rumeurs font preuve de l’irritation du Gouvernement français suite à ce report, les allemands se défendent… Super, c’est la cour d’école là-bas aussi…
Le procès Kerviel a commencé. Il joue parfaitement son rôle de pauvre petite victime et de « soi-disant» trader de génie. Il faut reconnaître qu’il devient limite irritant et qu’on serait assez tenté de le frapper. De l’autre côté de l’Atlantique, GM vient de rappeler 1,5 millions de véhicules, en toute discrétion, apparemment, le lave-glace chauffant de plusieurs types de véhicules (H2, Tahoe, Escalade, etc..) présentent des risques d’incendie à l’utilisation. L’histoire ne dit pas si c’est de la faute à Toyota.
Aux USA toujours, on parle et on reparle de la marée noire. Hier le Président Obama se défendait à la télé et balayait les critiques du revers de la main, il était sur site le plus tôt possible et bien avant ses détracteurs. En même temps, c’est pas parce que Président rend visite à la zone de catastrophe que ça change quelque chose. Il cherche également des responsables pour leur « botter le train »… Et pour rajouter un peu d’ambiance à cette histoire, il semblerait qu’il y aurait une autre fuite selon certains médias américains… Que des bonnes nouvelles pour la région.
On parle également beaucoup de la « Volcker Rule » qui est censée interdire aux banques américaines de faire du trading pour leur propre compte. Alors que les américains tentent de faire avaler la pilule aux européens, ils ont de la peine à ouvrir la bouche et ne semblent pas « super emballés » de coller aux réglementations américaines. D’ailleurs à une autre échelle, lors d’un sondage effectué récemment, on apprend que les « investisseurs » sont d’accord avec les lois qu’Obama veut faire passer, SAUF au sujet du « propre trading », de ce côté, on pense qu’il faut laisser vivre les banques… Vaste sujet, mais je dois avouer, que si je devais prendre parti, je serais contre le Président…
Texas Instrument augmente ses prévisions, confirmant que la demande des semi-conducteurs va dans le bon sens. Stan Zuzic, un des « top traders » de l’Université de Harvard a annoncé sa démission, il part rejoindre la fondation Bill et Melinda Gates. Selon Rick Bensigor, stratège et analyste technique chez Execution Noble, le S&P500 est dans une phase de correction qui pourrait l’emmener encore 11% plus bas… Paf, pile sur les 950, un plan qui se déroule sans accroc.
L’ONU s’apprête à voter des sanctions contre l’Iran et son programme nucléaire. Une fois de plus, Armani-truc-chose doit être terrorisé, dire que l’ONU pourrait le priver de télé pour au moins trois semaines. Deux articles positifs dans le Barrons, le journal pense que quand le titre INTEL est aussi bon marché, il est temps d’arrêter de se poser des questions, et d’acheter. De plus, ils reviennent sur Apple et considèrent que le titre va continuer de briller. La route des 300$ est ouverte pour Steve Jobs.
Ce mercredi sera une grosse journée pour Bernanke. Tout d’abord il parlera devant la US House of Representatives à propos du budget, pour un speach qui portera le doux nom de : "Economic and Financial Conditions and the Federal Budget", puis, ensuite il se rendra a Richmond pour parler devant la FED de là-bas, pour un forum sur les tendances de l’emploi dans la région. Nous aurons donc tout loisirs de l’entendre parler sur les thèmes qu’il a certainement déjà abordés hier et avant-hier… Mais, on ne sait jamais, peut-être que sa langue va fourcher et qu’il va nous lâcher une info de première bourre… Il y aura également les chiffres du pétrole, les Wholesale Trade et le MBA Purchase Applications.
Mauvais début de journée en Asie, la Chine est en souffrance, la croissance c’est plus ça, les fonds souverains du pays ont une année « difficile » selon un officiel. Ce matin à Hong Kong, les technos sont sous pression, comme hier à New York, le Japon est franchement dans le rouge, ils ont à nouveau peur de l’Europe pour la 212ème fois de l’année et l’Australie rame avec ses histoires de taxes sur les minières qui commencent à ne plus vouloir investir là-bas à ces conditions…
Les futures américains sont en baisse de 0.3%, les européens vont se retrouver devant un choix cornéliens ; rattraper le retard qu’ils ont pris par rapport à New York hier soir, ou suivre les asiatiques dans leur dépression nerveuse.
En conclusion, comme je l’ai déjà dit, nous ne sommes pas encore sorti de l’auberge qui est au fond du bois…et une fois que ceci sera fait, il faudra encore sortir du fond du trou..
Voilà c’est tout ce qu’il y avait à dire pour aujourd’hui… Moi, je vous retrouve demain à la même heure et je vous souhaite une excellente journée…
Morningbull
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Peter Lynch
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