mercredi, 02 juin 2010

Le mois de juin ne commence pas mieux que son prédécesseur

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Bonjour à tous et très bonne journée.

Voilà, c’est fait le mois de juin a commencé. On ne peut pas dire que c’est l’extase. L’Europe s’en est plutôt bien sortie pour ce premier jour du mois, surtout compte tenu que le thème de la journée était les sociétés liées de près ou de loin à BP et sa plateforme de forage…

En effet, comme on ne savait plus trop quoi penser de l’Europe et de son endettement, que les nouvelles liées au rating de l’Espagne, de la Grèce, de la France, du Portugal et des autres. Que l’impact n’est plus le même que ces dernières semaines, soudainement, les intervenants se sont intéressés à ce qui se passait dans le Golfe du Mexique, c’est un peu soudain comme réaction, mais il fallait bien se mettre un truc sous la dent et commencer publier des articles qui pouvaient intéresser les investisseurs.

Pour un début de semaine, le marché britannique aurait pu espérer mieux que de voir BP s’effondrer de près de 15% durant la séance. 20 milliards de capitalisation boursière évaporée dans l’atmosphère. Tout à coup, le fait que la dernière procédure « top kill » de BP ait échoué  a réveillé les analystes qui commençaient brusquement à craindre pour la survie même de BP…  

Et pourtant, malgré tout cela, malgré que les pétrolières, un peu partout à travers le monde, ressentaient le souffle de la lame sur leurs cous, les marchés du vieux continent s’en sortaient plutôt pas mal au final. En fait, la journée avait assez mal commencé et on a passé le plus clair de temps à creuser la tombe des indices européens, mais finalement les américains sont arrivés.

Ils sont arrivés, bronzés et de retour de week-end. D’entrée les publications économiques de l’ISM, un poil plus faible que le mois passé – à peine – mais en relatif, toujours plutôt bonnes, puis le chiffre des dépenses de la construction, en hausse de 2.7%, plus fort que les attentes, mais surtout la plus forte hausse depuis près de 10 ans, donnaient des ailes aux investisseurs qui se disaient que, finalement, il y avait une vie après le mois de mai et qu’elle pouvait, éventuellement peut-être, être belle…

lester.jpgÇa, c’était la première partie de la journée. Les bonnes nouvelles économiques américaines ont sauvé l’Europe, sauf les anglais qui payaient l’effondrement de BP. Vers 18h00, les traders européens rentraient à la maison. Dans le train, dans le bus, au volant, ils regardaient les marchés américains qui « tenaient » pas trop mal. Une fois  à la maison, ça tenait toujours, en se mettant à table, ça allait encore… Puis tout d’un coup, alors qu’il ne restait plus que deux heures avant la clôture de New York, la météo à soudainement changé, le soleil s’est caché, les bourrasques de vents se sont levées, les nuages noirs se sont amoncelés au dessus de Wall Street, le Dow Jones a affiché 10218, puis a tourné la veste et est parti au sud à toute vitesse… Deux heures plus tard, les indices américains terminaient au plus bas de la journée et en baisse de plus d’un pourcent, même pas loin de 2 pour ce qui est du S&P500.

Mais que s’est-il donc passé ?

Rien. Ou pas grand-chose. On a commencé à douter du secteur des commodities, pris conscience de l’effondrement de BP et de toutes pétrolières liées à la catastrophe écologique, les investisseurs s’en sont pris à tout ce beau monde, toutes les pétrolières ont commencé à cotiser tout à azimut. Haliburton reculait de 15%, Anadarko de 19.. Que du bonheur.. L’euro s’effondrait encore touchant un plus bas depuis 4 ans.

En quelques minutes, on doutait de la reprise économique, du plan de sauvetage de l’Europe, de la croissance de la Chine et de la capacité de BP à boucher une fois pour toute cette foutue fuite de pétrole… Les bonnes résolutions du mois de juin étaient déjà misent de côté…

Dans cette ambiance, il n’y avait rien à faire. Les deux dernières heures de trading du premier juin 2010, n’étaient plus que la longue complainte de l’ours au fond des bois. Pour autant que l’ours hurle au fond des bois à l’état naturel. En général, c’est plutôt le loup, mais pour ce qui nous occupe, le loup n’a rien à voir. Donc, si on vous demande, hier, c’est l’ours qui hurlait depuis le fond des bois de Manhattan…

A l’heure de la cloche, le Dow Jones sauvait les 10'000, mais de justesse, le S&P500, en revanche s’éloigne de plus en plus des 1100, et se retrouve dangereusement posé sur le support des 1070, zone sur laquelle on est parvenu à se raccrocher après le renversement de tendance d’il y a quelques jours. En un mot comme en cent ; on a intérêt à ne pas aller clôturer en dessous ces prochains jours, sinon, on ouvre la porte à toutes les fenêtres…

Le pétrole, comment dire.. Le pétrole n’est pas très populaire en ce moment. Vu l’ambiance dans le Golfe du Mexique, il se fait tout petit et s’est pris sa petite claque hier. Pour l’instant on évite de trop en parler, ce n’est pas très tendance… Bien que nous soyons mercredi, les stocks de pétrole ne seront pas dévoilés ce soir puisque c’était congé lundi. Il faudra un peu plus de temps aux stars de l’EIA pour calculer les inventaires…Mais, demain, il ne faudra manquer sous aucun prétexte leur annonce et nous verrons de combien de barils les stratèges se sont gourés. Le baril s’échange à 72.42$.

L’or est en phase de correction violente. Hier il a perdu 2 dollars à 1225$. Ça fout le vertige la vitesse avec laquelle il bouge…

Petit tour d’horizon des indices :

Dow Jones               10024            -1.11%

S&P500                    1071               -1.72%

Nasdaq                     2222               -1.54%

Londres                     5163               -0.48%

Paris                          3503               -0.13%

Francfort                   5981               +0.28%

Suisse                       6316               +0.06%

Dans les nouvelles du jour, on pourrait parler des pétrolières, de BP et de l’environnement sur les plages du sud des USA, mais ça, on en a fait le tour pour quelques jours je crois. En revanche, on apprend que le programme de développement du nouveau chasseur F-35 a pris l’ascenseur en termes de coûts chez Lockheed. Le programme coutera juste 65% plus cher que prévu. Quand le programme a démarré en 2002, il était estimé à 232 milliards, aujourd’hui, nous en sommes à 382.4 milliards. On appréciera tout particulièrement les « virgule 4 »… ça fait plaisir de voir qu’en période d’austérité et d’économie, les militaires auront toujours le top du top en termes de jouets. Ce nouvel avion remplacera le F-16, l’A-10 et le Harrier, il sera fait pour le combat aérien, le bombardement et la lutte anti-tanks, rien n’est précisé au sujet de la machine Nespresso qui sera embarquée à bord ou même si, par hasard, il y aura aussi des hôtesses de l’air…

Les stratèges sont de sortie. Entre hier soir et ce matin, il y en a un qui nous confirme notre entrée dans un Bear Market et l’autre qui nous confirme que nous sommes entrés temporairement dans une phase de repli, de correction dans un Bull Market. Reste à lancer une pièce de monnaie en l’air pour choisir son camp. De toute façon, on est toujours le Bear Market d’un Bull Market et vice-versa…

La FDA a approuvé le médicament d’AMGEN contre l’ostéoporose. Le Denosumab est déclaré bon pour le service et va pénétrer un marché qui représente 8.4 milliards de dollars. Au chapitre des rumeurs, Newell Rubbermaid (NWL) est dans le viseur des spéculateurs. Des gros échanges de calls attirent l’attention et la rumeur cours déjà comme quoi Procter et Gamble mettrait la main sur la compagnie active dans les produits ménagers. Alors que la division Asie de AIG (AIA) ne trouve pas preneur, trop cher, trop gros, on commence à parler d’une éventuelle IPO. Ce qui serait la meilleure solution actuelle pour AIG.

Tenet Healthcare serait en discussion pour racheter Australian Healthscope, numéro deux des hopitaux en Australie, comme son nom l’indique. Hershey licencie 600 personnes. Citigroup restructure sa division Citifinancial, va fermer 376 agences et licencier 720 personnes. Le CEO de Citigroup cherche à vendre cette division de crédit à la consommation et « faisant le nettoyage », il espère rendre la compagnie plus « sexy », histoire de cacher le toit qui fuit, la cave inondée et les produits structurés planqués dans les armoires. Caterpillar achète une fabrique de locomotives diesel.

Le Barrons publie un article positif sur Total. Le journal estime que le titre n’est pas cher et surtout, pas impliqué dans la fuite de BP. Et comme il a pas mal baissé, à cause de BP, du coup son dividende est plus qu’attractif puisqu’il s’affiche allégrement à 7% de rendement, ce qui est mieux que d’avoir de BP en position en ce moment.

Le premier ministre japonais Hatoyama est devenu le premier ministre le plus court et le plus rapide depuis 1994. Ce matin, après avoir échoué dans ses projets et ses promesses faites il y a 9 mois, il a pris la décision de démissionner. C’est honorable, il n’a pas pu tenir ses promesses donc, il s’en va. Si on faisait comme ça en occident, les portes des ministères seraient ouvertes en permanence et il y aurait des courants d’air un peu partout dans les bâtiments ministériels et Nicolas Sarkozy serait déjà retourné sur les routes pour conduire le camion de Carla entre deux concerts…

L’annonce du départ du premier ministre a fait chuter le yen et monter le Nikkei. Ça fait toujours plaisir, tu quittes ton poste et le marché monte sur la nouvelle, ça doit être très gratifiant pour son ego…

Telefonica augmente encore son offre sur VIVO qui appartient à Portugal Telecom. C’est pas la crise partout en Espagne, puisque Telefonica met 7.99 milliards sur la table. Du coup, Portugal Telecom qui rechignait à vendre, en appelle au vote… Forcément à coup de milliards, on fait un peu ce qu’on veut… S&P met la seconde plus grosse caisse d’épargne espagnole sous surveillance. La Caja Madrid pourrait être downgradé prochainement par les Dieux de la finance, mais au moins, ils auront prévenu avant.. Selon le journal El Pais, la Caja Madrid pourrait demander entre 2.5 et 3 milliards d’argent public pour redresser la situation.  

François Baroin multiplie les interventions et continue de se décrédibiliser. Il ne cesse de crier partout que la France ne PERDRA JAMAIS SON TRIPLE A – et que les bleus seront champions du monde -  c’était encore le cas hier sur BFM. Dans quelques jours il va dire qu’il n’avait jamais dit que la note de la France était « tendue »…. Il est en train de remettre au goût du jour la chanson « l’opportuniste » qui disait : « il y en a qui contestent, revendiquent et qui protestent, moi je ne fais qu’un seul geste, je retourne ma veste »… Que quelqu’un lui dise qu’il est pathétique…

Côté chiffres économiques, puisque c’est les seules bonnes nouvelles constantes que l’on a, nous aurons les ventes des grands magasins, MBA Purchase Applications, Challenger Job Cut, Pending Home Sales et Redbook…

Le rebond du à la démission du premier ministre n’aura pas duré longtemps à Tokyo, ni ailleurs d’ailleurs, les velléités positives ont vite été oubliées en Asie et tout est déjà dans le rouge. Même si les futures US sont indiqués en hausse de 0.3%, l’Europe aura la lourde de tâche de digérer la correction subie hier soir tard à Wall Street.

C’est donc tout pour aujourd’hui, on n’est pas plus avancés qu’hier, les marchés restent difficiles et ne semblent pas vouloir sortir de leur phase de correction aussi facilement, en ce qui me concerne, je reste favorable à une correction plus importante et un objectif un peu plus bas, histoire de pouvoir reconstruire sur des fondations un peu solides…. Je signerais pour un retour sur les 1'000 sur le S&P500, même un petit 980 d’ici cet été me satisferait pleinement…

Je vous retrouve demain… Que la force soit avec vous et si ce n’est pas la force, que ce soit Goldman Sachs.

A demain.

Morningbull

An economist is an expert who will know tomorrow why the things he predicted yesterday didn't happen today.


Laurence J. Peter

 

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