jeudi, 26 janvier 2012
Mieux vaut être américain, en bonne santé avec des taux bas, que grec, malade avec des créanciers qui vous haïssent
Si l'on se penche sur la journée d'hier en Europe, on se rend rapidement compte que l'histoire se répète. Non seulement depuis quelques jours, mais également comme depuis plusieurs mois. C'est un cycle qui semble être sans fin.
En effet, depuis 2 ans maintenant (ou presque), on vit le même scénario :
Etape 1 : on se rend compte que la Grèce à un problème
Etape 2 : on identifie le problème et on commence à se dire que « SI » ça tourne mal on va s'en prendre plein la figure
Etape 3 : le monde merveilleux de la finance tente de trouver une solution pour régler le problème, mais comme tout le monde veut gagner de l'argent et que le « greed » prend le dessus, on ne trouve pas.
Etape 4 : les autorités s'en mêlent et, après des sommets tout azimuts, des conférences calls incessantes et des effets de manche mémorables, les autorités européennes débarquent avec « LA » solution que personne ne comprends exactement comment ça marche et encore moins comment ils vont faire pour la mettre en place, mais on se dit qu'ils doivent savoir ce qu'ils font, après tout ce sont des politiciens.
Etape 5 : on commence à oublier le sujet de la Grèce et on se rend compte que le Portugal est dans une sacré merde. A noter que le Portugal peut être remplacé par l'Espagne ou l'Italie.
Etape 6 : après une période d'oubli (généralement 6 à 8 semaines) on revient sur le sujet de la Grèce et on se rend compte que la Grèce à « TOUJOURS » un problème (retour à l'étape 1).
Je vous l'ai toujours dit ; « facile la bourse ».
Aujourd'hui nous en sommes à l'étape 3 ou 4, les créanciers privés sont toujours en train de pinailler pour trouver un accord avec la Grèce, le FMI, par la voie de sa patronne commence à tenter de pousser les gens à passer franchement à l'étape 4, puisqu'elle propose que si les « privés » ne veulent pas prendre la perte annoncée, ça serait peut-être une bonne idée si le coût de l'aventure soit supporté par l'Europe, ou mieux la BCE. Ce qui semble tout de même étrange comme stratégie, à tel point que l'on se demande vraiment si il n'est tout de même pas mieux de laisser partir la Grèce en défaut (ce qui est de toute manière largement intégré dans les prix) et de recommencer à zéro. Bref, le sujet est un serpent de mer, il faut tout de même reconnaître que l'on bosse sur la restructuration de la dette grecque depuis un an. Que le sujet revient sur les ondes toutes les 8 semaines et que, pour être honnête, je n'ai pas l'impression que les choses aient changé. En attendant on attend que les négociations avancent et les investisseurs ont les boules et quand ils ont les boules, les investisseurs, ils vendent les bancaires.
Il m'est difficile de résumer la journée européenne du marché autrement que de cette manière. Encore une fois, même si le sujet de conversation principal de toutes les salles de trading du monde était les chiffres stratosphériques d'Apple, comme elle ne fait ni partie du CAC40, ni du DAX et encore moins du SMI (qui lui souffrait des résultats de Novartis ), les intervenants européens ne pouvant même pas se rattraper sur une « techno » comme Alcatel puisqu'elle se faisait défoncer suite aux chiffres pourri d'Ericsson, dans ces conditions on ne pouvait pas trouver la lumière et la joie et le bonheur qu'Apple tentait de diffuser sur la planète ne parvenait pas dans nos contrées boursières européennes qui ma foi restent tout de même bien plus intéressées pas l'avenir de la Grèce plutôt que par celui de l'iPhone.
On s'est donc pris la tête toute la journée en se disant que c'était abominable ce qui se passait en Grèce, alors que les Allemands refusent toujours de signer des chèques supplémentaires pour l'Europe et que Merkel essayait d'expliquer calmement aux Espagnols, via le journal El Pais (dans lequel elle donnait une interview) que NON, contrairement aux idées préconçues, son pays n'a pas des ressources illimitées, vous devez confondre avec l'Arabie Saoudite. On reprend donc la vieille fable de la Cigale et de la Fourmi, et en ce moment la fourmi germanique en a marre que les 26 autres Cigales de l'Europe qui ont chanté depuis une bonne dizaine d'été continuent de frapper à la porte pour demander du pognon. Encore peut-être qu'en ce qui concerne l'Espagne, l'Allemagne pourrait consentir à un arrangement dans le cas où Messi et Ronaldo voulait bien aller jouer au Bayen de Munich et changer de nationalité pour intégrer la Manschaft, mais autrement faut quand même pas rêver...
Donc nous, les européens – on se sent mal à l'aise parce qu'un pays qui fait payer 12 euros pour aller visiter un chantier en ruines ne trouve pas le moyen de rembourser ses dettes. Et qu'en plus, pendant que la Grèce se débat dans les négociations, les journalistes sont en train de se jeter sur le sujet tiède qui tend à passer sur « brûlant », du Portugal. Il semble clair que dès que la bombe grecque aura été désamorcée (pour 8 semaines), le prochain sur le menu, c'est le Portugal.
Et pendant ce temps-là, le iS&P500 continue son iBonhomme de iChemin en direction des iSommets. Rien ne semble vouloir freiner la iMarche en Avant des indices américains qui terminaient leur séance au plus haut depuis 8 mois, à savoir 4 cycles de dépression nerveuse sur le sujet de la Grèce. Les américains vivent dans un monde différent et rien ne semble pouvoir ni vouloir les faire changer d'avis. Pourtant hier il y avait tout de même les chiffres des ventes de maisons qui n'étaient pas bons du tout, nettement en dessous des attentes, mais on a préféré faire comme si on ne le voyait pas comptant sur le fait que si jamais ça allait vraiment mal, on pourrait inventer la iMaison à Crédit et Apple pourrait ainsi sauver le monde. Enfin, le monde c'est vite dit, sauver les USA suffirait amplement. En plus on ne voulait pas trop attirer l'attention sur les mauvais chiffres de l'immobilier, surtout que ça fait trois semaines que l'on dit partout que le marché immobilier à vu le pire et qu'il est sur le chemin de la rédemption, on aurait l'air un peu con de commencer à flinguer la campagne de marketing mise en place à ce sujet.
Mais bon, peu importe « THE SUJET » of the day restait Apple et puis c'est tout. Meilleurs chiffres du monde, meilleurs chiffres de l'histoire, plus grosse capitalisation boursière mondiale, 100 milliards de cash sur le compte en banque, la capacité de sauver la Grèce ou le Portugal – tiens, encore eux – en un coup de baguette magique ou alors de racheter la totalité du CAC40, juste pour rire. Apple aura eu le mérite de mettre tout le monde d'accord hier. Ou presque tout le monde, parce qu'il y a quand même un Monsieur qui s'appelle Ed Zabitsky, qui est chez ACI Research qui persiste et signe et en remet une couche, pour lui Apple va à 270$, soit 40% plus bas qu'ici. Pour lui ça ne peut pas durer et Androïd eet son Ice-Cream Sandwich va les cannibaliser et puis c'est tout. Pour la petite histoire, j'ai acheté un Samsung Galaxy SGII qui tourne sous Androïd, eh ben il est posé sur mon bureau depuis 3 semaines, prenant la poussière et moi j'utilise un 4S et PLUS JAMAIS je ne toucherais un Samsung. Voilà, ça c'est fait !!!
Non contents d'avoir Apple qui stimulait tout le marché et l'économie, les américains pouvaient également compter sur le soutien de la FED. Comme le FOMC Meeting prenait fin hier soir, ils ont annoncé leur intention de conserver les taux au niveau du sol pendant encore deux ans !!! On est incapable de savoir ce qui se passera la semaine prochaine, ni même demain, ni même si les Mayas auront raisons en décembre, mais la FED peut déjà vous dire qu'elle ne remontera pas les taux avant 2014. Et il y même certains EXPERTS qui parlent de 2016...
Il est clair que dans ce conditions, difficile de faire autrement que de faire monter le marché, baisser le dollar, exploser l'euro et acheter de l'or pour marier sa fille en Inde, juste au cas où. En conclusion à la journée d'hier, il y avait deux poids et deux mesures. A ma droite l'Europe qui balise sur le sujet de la Grèce, du Portugal et de la dette souveraine dans son ensemble et de l'autre les USA qui baignent dans le bonheur d'avoir des taux bas et tant qu'ils peuvent changer d'iPhone tous les six mois, tout va bien.
Côté matières premières, l'or montait because le dollar était faible, l'or noir a bien tenté de faire de même, puisqu'il est même passé brièvement au-dessus des 100$, pourtant, rien à faire, il est repassé immédiatement en dessous lorsque les publications des inventaires de la semaines commencèrent à arriver sur les téléscripteurs et autres Bloomberg. En effet, pour la première fois de l'histoire des USA, les attentes du marché étaient exactement les mêmes que les chiffres officiels de l'EIA... MAIS NONNNNNNNNN, JE DECONNE... comme d'habitude c'était complètement à côté de la plaque et les intervenants trouvaient même ça faiblard. Le baril s'est donc fait décalquer dans les instant qui suivirent avant de remonter en direction des 99.99$ où il se trouve actuellement. L'or repassé au dessus des 1700$, à 1715$ pour être précis. Logiquement nous devrions avoir une interview de Jim Rogers dans les deux semaines à venir, Jim Rogers qui va nous dire que l'or devrait aller à 2'000$...
iDow Jones 12757 +0.64%
iS&P500 1326 +0.87%
iNasdaq 4S 2818 +1.14%
iFootsie 5723 -0.50%
iCAC40 3312 -0.31%
iDax 6422 +0.04%
iMib 15840 -0.56%
iIbex 8555 -0.42%
SMI 6073 -1.01%
Tokyo 8848 -0.40%
Hong Kong 20343 +1.16%
Shanghai 2430 +1.01%
Sydney 4329 +1.00%
En Asie ils sont enfin de retour, les Chinois. Après quelques jours de congé dû à l'arrivée de l'année du dragon, ils ont enfin trouvé la force de se lever pour aller bosser. Du coup, ces quelques jours d'absence leur donné un peu de retard sur le reste du monde, il fallait donc sortir la cravache et rattraper le retard, d'où la hausse de ce matin. En revanche, au Japon, fatigué d'avoir fait tout le boulot depuis le début de la semaine, les japonais prennent les profit et perdent un peu de terrain ce matin. Et les GDP Coréen était en hausse de 0.4%, ratant les prévisions des analystes.
Dans les nouvelles du jour, on continue dans le monde merveilleux de la technologie, puisqu'hier soir il y avait également du monde qui publiait ses chiffres du trimestre. Le nom qui sort en tête du chapeau s'appelle « NetFlix », l 'ex-superstar de l'année 2010 et un des titres qui a vécu une des plus belle correction en 2011 (pour ceux qui aiment l'histoire boursière) a publié de chiffres de très bonne qualité hier soir. Pas aussi bon qu'Apple, mais quand même nettement meilleurs que les attentes des types qui tapent sur des spreadsheets excel pour prédire l'avenir alors qu'une bonne pièce de monnaie ou une tasse de café pleine de marc ou de feuilles de thé devraient amplement suffire à faire de la prédiction. Donc chiffres nettemenet meilleurs et le titre s'envolait de 14% après la clôture. Mieux qu'Apple – en termes de pourcent. Très bons chiffres également chez LSI qui bondissait de 7%. En revanche des chiffres correct chez SanDisk, mais un discours que les investisseurs trouvaient trop conservateurs surtout que la compagnie qui fait des cartes mémoires laissait entendre que les mois à venir serait très difficiles.
Côté politique, alors que les Républicains continuent de se foutre sur la tronche en Floride pour savoir lequel de Gringrich (tu parles d'un nom pour un Président) et de Romney sera élu pour aller croiser le fer avec Obama. Il y a aussi Santorum qui est sur les rang, mais déjà que la semaine passée son petit côté grenouille de bénitier (oui, son gros côté, d'accord) était exaspérant, mais là les commentaires comme quoi « l'enfant d'un viol était tout de même un cadeau de Dieu », je trouve carrément qu'il est bon à enfermer, ça lui donnera d'ailleurs une meilleure idée des relations homosexuelles en prison, puisqu'il est également contre cela... Bref, pendant ce temps là, le candidat Obama commence à se chauffer et les attaques en règle contre les Républicains commencent à fuser. Une chose est sûre, cette campagne 2012 va voler très haut, ça va être un combat de gentlemen et ça va finir à se rouler dans la boue en se filant des coups de poings dans les parties génitales. Mais pendant ce temps Timothy Geithner en a profité pour annoncer qu'il ne se représenterais pas comme Secrétaire du Trésor au cas où son mentor Obama été réélu. On est déjà impatients de voir qui sera le prochain. Bon si c'est les Républicains qui gagnent, je verrais bien Bozo le clown et si c'est les Démocrates, je verrais bien le CEO d'une banque américaine, j'hésite entre Dimon, Blankfein et Pandit. Ou alors Monsieur Hildebrand, il paraît qu'il va avoir un peu de temps libre l'an prochain.
William Baer qui était l'avocat d'AT&T lors de l'échec du rachat de T-Mobile, refusé par la commission anti-trust, a fait savoir qu'il était candidat au poste de responsable de la division anti-trust du Département de la Justice. Ben oui, c'est assez logique si tu ne peux pas battre ton ennemi, bats-toi à ses côté. En ce qui me concerne je n'imagine même pas pouvoir rejoindre certaines institutions d'état que je ne nommerais pas, mais bon, mes ambitions politiques ne sont sûrement pas les mêmes.
Le CEO de Morgan Stanley, James Gorman a déclaré que ceux de ses employés qui ne comprendrait pas le concept de réduction de salaire auraient besoin « d'ajuster leur attitude ». En gros ça doit vouloir dire : « si tu n'acceptes pas 25% de baisse sur tes 650'000$ annuels, je te propose 100% de baisse et d'aller directement au chômage sans passer pas la case négociations »... JP Morgan a annoncé le licenciement de 100 personnes qui bossaient au département « Tresuary », probablement des gens qui n'avaient pas « ajusté » leur attitude.
Ce jeudi sera placé sous le signe des publications en tout genres, ce matin les Allemands et les Français vont publier les chiffres de la confiance du consommateur entre 8h et 8h45, puis la Suède et le Danemark publieront leurs chiffres de l'emploi, ce sera ensuite au tour de l'Italie de publier la confiance du consommateur vers 10h00. Ensuite les Anglais publieront les ventes au détail. Ce sera ensuite le tour des USA avec les Durable Goods, les Jobless Claims, le Bloomberg Comfort Index, les New Homes Sales, les Leading indicators, les chiffres du gaz, le Fed Balance Sheet et le Money Supply.
Ça, c'était pour l'aspect « macro ». En ce qui concerne le publications du trimestre, même si après Apple tout paraît fade, il y aura tout de même Time Warner, Monster Worldwide, Lockheed Martin, Colgate, Raytheon, Under Armour, Caterpillar, AT&T, VeriSing, Kla-Tencor, Amgen, Juniper, Starbucks, 3M, Celgene, Motorola mobility, Bristol Myers et Amylin Pharma.
Pour le moment les futures américains sont légèrement en baisse, mais pas de quoi paniquer, après une journée comme celle d'hier, il y a de quoi prendre quelques profits ce matin.
C'est tout pour ce matin et c'est presque tout pour cette semaine, mais il va encore falloir que je me lève demain matin pour que la boucle soit bouclée. En attendant, je vous souhaite une très bonne journée, un bon café et on se retrouve demain en plein forme, si tout va bien.
Morningbull
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mercredi, 25 janvier 2012
Une pomme de la taille d'un éléphant
La journée en Europe fût encore une fois placée sous les signe de la Grèce. Pas besoin de vous refaire un dessin, le fait que les grecs n'arrivent toujours pas à trouver un arrangement avec leurs créanciers privés fait baliser les investisseurs qui craignent que tout capote au dernier moment. Surtout que les ministres des finances européens commencent à s'en mêler. Alors que les créanciers refusent de d'échanger leurs anciennes obligations contre des nouvelles si le taux est inférieur à 4%, les ministres européens, eux, refusent que les nouvelles obligations possèdent un coupon supérieur à 3.5%. On voit donc que nous sommes dans le « pinaillage » le plus totale et ça frise le « fine tuning » du pinaillage. Quand on voit combien les investisseurs se sont déjà pris dans les dents sur la Grèce, pour ne pas dire ailleurs que les dents, on se demande si ça vaut bien la peine de pleurer pour 0.5%... C'est toujours le premier pas qui coûte, alors foutu pour foutu, je ne comprends pas bien ce que ces comptes d'apothicaires vont changer sur la ligne d'arrivée :
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Alors ? T'as perdu combien sur la dette grecque toi ?
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Oh, une bricole ; 3.7 milliards d'euros. Mais heureusement comme j'ai négocié comme un chef sur l'échange d'obligations – bond swap, dans le language qui fait classe – j'ai pu récupérer 250'000 Euros d'intérêts, étalé sur les 40 prochaines années. C'est mon petit-fils qui va être content..
Mais on a sa fierté ou on ne l'a pas. Néanmoins, ce gigantesque pinaillage financier continue de stresser les nerfs de tous les gentils investisseurs à l'ouest d'Athènes – voir carrément à Athènes, puisque le marché s'est fait défoncer hier – et ceci jusqu'à l'est du Portugal. L'Europe était toute crispée hier. Il faut pourtant savoir raison garder et relativiser la crispation. Il est vrai que l'on montait moins facilement que d'habitude, mais si on avait vécu la même journée avec les mêmes nouvelles il y a 6 ou 8 semaines, on aurait été en apnée toute la séance se faisant démonter sur tous les secteurs avec des baisses minimales de 15% sur les banques. En revanche hier, on baissotait et les banques tenaient relativement bien le coup.
Quand on voit que la Société Générale ne perdait que 5% alors qu'elle venait d'être downgradée par mes amis de chez S&P, on peut presque qualifier ça de « rebond technique ». 5% de baisse pour un titre qui vient de perdre encore un de ses « A », c'est de la rigolade, surtout quand on sait que le titre en question vient pratiquement de rebondir de 50% depuis les plus bas de l'an passé... 5% de baisse, laissez-moi me rouler par terre de rire...
Donc, la Grèce.
Rien de neuf sous le soleil mais on se contente de ressasser les mêmes histoires en espérant que ces dernières vont être interprétées différemment cette fois. En même temps, je ne sais même pas pourquoi on perd du temps avec toute cette histoire. Ce matin encore je lisais un article qui parlait d'un fund manager quelconque au fond du Minnesota qui s'estimait « terrifié » par ce qui pourrait se passer si la Grèce ne parvenait pas à un accord, alors que l'on sait tous que ce accord va être trouvé au dernier moment. Comme dans les James Bond. Vous savez quand il court après la bombe pendant tout le film et que finalement juste au moment où il doit la désamorcer, il doit encore se battre avec 8 japonais, ceinture noire 22ème dan de karaté et armés jusqu'au dent et qu'au moment où il a descendu le dernier avec un mawashi geri coup de pied circulaire, et en va tranquillement pour couper le fil du détonateur, il se rend compte qu'il y a un fil bleu et un fil rouge et qu'il ne sait pas lequel couper, que son téléphone portable n'a pas de réseau, mais que, heureusement la James Bond Girl à les yeux bleus et il sait donc que c'est le rouge qu'il doit couper. Ce qu'il fait. A cet instant précis, le « timer » de la bombe indique qu'il reste 0:01...
Eh ben la Grèce c'est pareil. Sauf qu'il n'y a pas la James Bond Girl. Mais on se mettra d'accord au dernier moment. C'est pas bien d'avoir trop de temps devant soit.
Peu importe. Comme l'investisseur est un animal méfiant. Surtout après l'année qu'il vient de vivre, il préfère quand même du concret que des théories fumeuses et des comparaisons avec les films de l'agent britannique au service secret de sa majesté. DONC... tant qu'il y aura des incertitudes sur le sujet des grecs et des méchants créanciers qui ne veulent arranger personne juste pour être encore plus « greedy », eh ben on aura des excuses pour les mauvaises journées comme hier.
Les USA ouvrait dans le sillage des Européens, mais au moins eux il avait d'autres sujets à aborder que la Grèce. Bon, bien sûr on en parlait aussi, surtout qu'hier certains traders américains comprenaient pour la première fois que la Grèce n'est pas qu'un pays imaginaire que l'on voit dans les vieux films d'Hollywood. Mais heureusement il y avait aussi pas mal de chiffres trimestriels qui devaient permettre aux intervenants de se changer les idées. McDonald's publiait des chiffres toujours aussi impressionnants, mais cette fois ils foutaient le doute à tout le monde en disant que les profits futures seraient impactés « à cause de l'euro ». Le titre baissait de 2.2% sur cette théorie.
Il faut savoir que la théorie du « les résultats seront impactés par les changes » est une vieille technique utilisée par les multinationales qui gagnent de l'argent sur l'ensemble de la planète. Nestlé a été longtemps expert en la matière. A chaque publication de résultat on était terrifié de ce qu'aurait pu éventuellement peut-être couter les tergiversations du dollar ou d'une autre monnaie internationale et à chaque fois la compagnie avait tout protégé, tout « hedgé », ce qui fait qu'à la fin les mouvements du dollar ou de l'euro avaient eu autant d'impact sur les chiffre du trimestre que l'atterrissage d'une mouche sur les fesses d'un éléphant.
Autrement les chiffres du trimestre n'ont eu aucun impact sur Johnson et Johson ou encore DuPont. Les chiffres étaient japonais. Nippon ni mauvais. En revanche les bon chiffres de VMWare, la maison mère, EMC, faisait de même. L'expert en « storage » bondissait de 7% pour fêter la nouvelles.
Pour le reste, on avait les yeux fixés sur la réunion de la FED qui commençait ce mardi. Bien que nous n'aurions aucune nouvelle avant mercredi soir, ça valait tout de même la peine de spéculer sur les sujets qui seront abordé entre les rois du monde de la finance. On sait déjà que les taux ne bougeront pas. Il est même probable, selon certains experts qu'ils ne remonteront pas avant 2014 au minimum. Je suis d'ailleurs toujours aussi impressionné quand on fait des prévisions à 2 ans alors que l'on ne sait même pas si ce week-end il fera soleil ou pas. Le mot « quantitative easing » est de retour, puisque certains se dise que dans le discours de ce soir, il se pourrait que Bernanke fasse allusion à l'éventuelle probabilité éventuelle d'un QE3. Rien de moins sûr, mais ça fait causer dans les bars.
Et puis au stade des prévision, le FMI a couper les perspectives de croissance de l'économie mondiale pour 2012 et 2013. Là encore, c'est bon à savoir quand on sait qu'ils n'ont rien vu venir au sujet des évènements de ces 5 dernières années, mais ça ne coûte rien de prendre un billet de loterie, sur ce coup-là, ils ont quand même une bonne chance d'avoir raison.
En ce qui concerne l'or et le pétrole, rien de neuf sous le soleil. Les Navy Seals ne sont toujours pas rentrés dans Téhéran – quoiqu'en même temps, il ne font pas de la pub quand ils sont en tournée – et les deux matières premières fétiches des investisseurs restent sans grande activité. L'or est à est 1667$ et le baril vaut 99.11$. Pas de quoi se faire un infarctus avec la volatilité.
Dow Jones 12676 -0.26%
S&P500 1315 -0.10%
Nasdaq 2787 +0.09%
Londres 5752 -0.53%
Paris 3323 -0.47%
Francfort 6419 -0.27%
Milan 15929 +0.14%
Madrid 8591 -0.33%
SMI 6135 +0.12%
Tokyo 8880 +1.08%
Sydney 4319 +0.77%
Le reste est toujours en train de bouffer du dragon.
L'Asie est en hausse, estimant que les « théories de la peur » sur la Grèce sont un tout petit poil exagérées. Les banques tirent le marché australien et Tokyo a publié son premier « trade deficit » annuel depuis 1980. Il est vrai qu'après l'année qu'ils viennent de passer, entre les catastrophes naturelles et la force du yen, ce ne fût pas simple pour les exportateurs japonais.
Passons maintenant aux nouvelles du jour et à LA nouvelle qui aura donné son titre au commentaire de ce matin.
Hier soir après la clôture et d'ailleurs depuis l'ouverture du marché d'hier on ne parlait que d'un seul titre, UN SEUL et il s'agit d'Apple. En regardant les attentes du marchés et en regard des chiffres que la boîte de Cuppertino devait annoncer, les gens étaient très dubitatifs sur la capacité d'une compagnie qui vient de perdre son chef spirituel et dont la gamme semble toujours arriver au bout de ses capacités, à surprendre positivement le marché. ET POURTANT...
A 22h00, juste après la clôture et après avoir baissé gentiment durant toute la séance, comme si tout le monde avait le même scénario en tête et préférait vendre en anticipation, se disant que si Apple ne surprenait pas à la hausse, la sanction baissière serait terrible. Encore une fois, ils allaient faire mentir le marché. Les chiffres du trimestres étaient proprement hallucinants. Je crois qu'il n'y pas d'autre terme et il est difficile de trouver une zone du bilan dans laquelle Apple n'a pas pulvérisé les attentes des plus optimistes.
Tim Cook a annoncé un bénéfice net de 13.1 milliards pour le trimestre, soit 13.87$ par action. Pour vous donner une idée, les analystes attendaient un net de 10.08$ par action. Apple est 40% au dessus des attentes. On attendait des ventes pour quelque chose comme 30 millions d'iPhones, ils ont annoncé 37 millions d'iPhones vendus. L'arrivée du 4S et l'apparition du Siri a visiblement déclenché un énorme cycle d'upgrade. Et en ce qui concerne l'iPad qui était supposé avoir vécu son « pire » trimestre avec l'arrivée du Kindle d'Amazon, tout va bien pour lui, merci. Le CEO estime même que dans le monde des tablettes, il y a l'iPad d'un côté et les autres de l'autre côté.
A titre de comparaison, à la même période il y a un an, Steve Jobs avait annoncé 6 milliards de bénéfice net.. contre 13.1 milliards aujourd'hui. Je crois qu'il n'y a rien à ajouter.
Ah oui, juste deux choses, Apple qui est connu pour être « conservateur » pour l'avenir a annoncé des prévisions monstrueusement élevées pour le trimestre à venir et hier soir après la clôture, le titre se traitait en hausse de 8% à 453$ au plus haut de tous les temps et de loin. Les détracteurs d'Apple auront certainement raison un jour en disant que « ça ne peut pas durer comme ça » et que le fait que le software soit « fermé » va faire que les consommateurs vont se lasser, mais pour le moment les consommateurs veulent quelque chose de beau, d'intuitif et de facile à utiliser. Si c'est ce que VOUS recherchez, ce n'est pas chez Samsung que vous le trouverez. CQFD.
Les chiffres de Yahoo ! N'étaient pas extraordinaires, comme quoi il ne suffit pas de virer Jerry Yang. Le titre reculait de 0.6% après les annonces.
Roche sort son porte-monnaie et s'offre Illumina pour la modique somme de 5.7 milliards de dollars, cash. Le titre était suspendu depuis le 21 décembre pour cause de rumeur de rachat. Le deal se fait tout de même avec une prime de 64%. Même si le take over est hostile, la douleur devrait être gérable pour les actionnaires.
Les rumeurs font état d'une réduction de salaire globale de 25% chez les Investment Bankers de chez BofA. Vous je ne sais pas, mais je pense qu'il n'est pas exclu qu'ils saisissent la cour des droits de l'homme afin de faire valoir la monstruosité de cette injustice.
Chez FaceBook, on suspend le trading des titres de la société pendant trois jours. Ce n'est pas officiel, puisque Facebook est traité au marché gris, mais des personnes proches du dossier le disent, sans dire pourquoi parce que sinon c'est pêché. En général on stoppe le trading du marché gris pour laisser le temps de publier les annonces officiels pour l'IPO, mais selon la personne-proche-du-dossier-qui-a-parlé-mais-qui-culpablilise-à-mort, cela ne veut pas « forcément » dire qu'ils vont remplir les documents de l'IPO. Si c'est le cas cette nouvelle ne sert à rien, si au contraire, c'est le cas, ça va commencer à chauffer. Pour le moment sur le marché gris, Facebook vaut 82 milliards de dollars de capitalisation boursière. Et il n'ont pas encore vendu le moindre produit, pas un iPhone, pas un PC, pas une X-Box.
Hier soir il y avait également le discours sur l'état de l'Union. Pour ceux qui ne regardaient pas la conférence de Tim Cook, il y avait Obama qui était sur la deux et qui faisait son discours de campagne. En gros, il veut aider la classe moyenne (dans l'hypothèse où elle existe encore), il veut aider les étudiants, il veut aider également les familles qui sont au bord de l'expulsion, foreclosure et subprime oblige, mais ça risque d'être trop tard. D'ici novembre ils seront tous dehors. Il pense aussi que les américains qui gagnent plus d'un million par année ne devraient pas payer moins de 30% de taxes - pas comme son futur adversaire qui paye autant que sa femme de ménage (en proportion) – pour motiver son discours il avait invité officiellement la secrétaire de Warren Buffet, Debbie Bosanek, devenue célèbre depuis que tout le monde sait que son taux d'imposition est plus haut que celui de son boss.
Il veut aussi faire payer des impôts à TOUTES les multinationales américaines, mêmes celles qui sont basées au Delaware ou au Bahamas (moche pour GE). Il veut aussi avoir la maîtrise de l'énergie (est-ce une manière de dire qu'il va envahir le Moyen Orient dans sa totalité, va savoir). Il veut aussi « continuer » sur la voie de la construction d'une économie qui dure... Construite pour durer. La Chine c'est cool, il faut juste trouver le moyen de bosser avec et à l'entendre les 4 prochaines années, ça va être super quand il aura fait tout ça. Reste plus qu'à voter pour lui parce que : « Yes, he could ». Et pis en même temps si c'est pour avoir un clone de «W » à la place d'Obama, vaut peut-être voter pour un borgne que pour un aveugle. Au moins celui-là il aura été prix Nobel de la Paix ... AHAHAHAHAHAHAHAHAHHAHAHAHA....
Pardonnez-moi, chaque fois que je m'en rappelle je ne peux que mourir de rire.
Après le discours de François Hollande, Sarkozy a démonté et critiqué son programme, ce qui n'est pas une surprise. Mais il y a également Baudoin Prot Premier, CEO de BNP qui est monté au créneau pour exprimer sa « fatigue » vis à vis des critiques faites aux banques. Ben ouais c'est vrai y z'ont rien fait de mal, c'est trop injuste. Baudoin Caliméro Prot estime que les banques ont changé à une vitesse sans précédent et PLUS RIEN n'est pareil et qu'en plus ça n'a pas coûté un centime au contribuable. Bref, eux ils ont la classe, ils ne font aucune erreur et c'est tout de la faute des autres ils faut donc les laisser en paix. En tous les cas si François « Flamby » Hollande est élu, ça va être facile de faire ami-ami avec les banques...
Côté chiffres économiques nous aurons les MBA Purchase Applications, FHFA House Prices, Pending Homes Sales, Chiffres du pétrole, annonce du FOMC Meeting et la conférence de presse qui va avec. Pour ce qui est des chiffres du trimestre, il y aura Abbott, Boeing, ConocoPhilips, Corning, Exelon, General Dynamics, Novartis, Piper Jaffray, Textron et Xerox avant l'ouverture, puis à 22h00, il y aura Amylin, Citrix, E*Trade, Lam Research, Logitech, LSI, Murphy Oil, Netflix, Noble Corp, SanDisk, Symantec et Zynga.
Pour le moment les futures américains sont en hausse de 0.35% pour le S&P500 et de 1.05% pour le Nasdaq, merci qui ??? Merci Siri... Ce mercredi matin n'est pas encore un matin pour la gueule de bois chez Apple, un jour viendra peut-être, mais c'est pas cette semaine.
Voilà c'est tout pour aujourd'hui, ce fût un vrai plaisir d'écrire ce matin, il me reste à vous souhaiter une très bonne journée pleine de Nespresso, de donuts et de jus d'orange pressé. Moi je vous retrouve demain si vous le voulez bien.
Morningbull
"You know why President Obama chose Disney World? It was the only place with longer lines than the unemployment office, so it looks better." –Jay Leno
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mardi, 24 janvier 2012
Un début de semaine un peu lent au démarrage placé sous le signe de la Grèce (encore)
En ce premier jour de la semaine, les intervenants étaient moyennement motivés. Il faut tout de même dire que l'on sort d'une série de hausse tout à fait impressionnante et que ceux qui n'ont connu les marchés boursiers que depuis le printemps 2011, n'ont que très rarement vu ce genre de chose. En arrivant au bureau après le week-end, tout le monde se demandait ce que l'on allait bien pouvoir faire de cette séance, les bonnes nouvelles étant dehors, le rebond sur les financières déjà amorcé depuis des jours et jours, la crise passée aux oubliettes au même titre que les triple A ou autres double A + ou -, il ne restait plus que les chiffres du trimestre pour se motiver ou alors peut-être qu'il fallait se concentrer sur la Grèce.
Tiens, c'est une bonne idée la Grèce, ça fait quand même un bon moment qu'on ne s'est plus pris la tête avec ce qu'ils payeront ou ce qu'ils ne payeront pas. Des semaines, si ce n'est des mois sans trop se préoccuper de ce qui va bien là-bas. La politique de l'autruche ayant bien fonctionné depuis le soi-disant plan de sauvetage de Merkozy, personne n'osait vraiment aller remuer les problèmes au cas où le génie financier du Roi et de la Reine d'Europe n'aurait pas suffit à désembourber la patrie des Dieux de l'Olympe du champ de boue dans lequel elle se trouve depuis deux ans.
Mais heureusement il y a la presse. La vraie presse d'investigation qui va sur le terrain et qui n'a pas peur de se salir les mains, les journalistes qui passent des heures en planque déguisés en femme de ménage afin de choper l'info que personne n'a : les Grecs ont-ils enfin trouvé un moyen de se mettre d'accord avec leurs créanciers privés ???? Non, parce que du côté des Etats prêteurs, ils ont déjà admis le fait que si ils voulaient revoir un jour la couleur de leur argent, il faudrait aller passer les vacances d'été en Grèce et encore je ne suis pas certain que passer deux mois d'été dans le Péloponnèse suffira pour tout revoir...
Donc depuis quelques jours on ne parle QUE de ça. Enfin, pas QUE de ça, on parle aussi des primaires Républicaines et de la qualification des Giants pour le Superbowl, mais si on n'est pas américain on ne parle que QUE des négociations entre grecs et fonds d'investissements. Ces derniers, les fonds d'investissements ont tellement fait de concessions, qu'ils ne veulent plus lâcher de lest, alors les grecs continuent à jouer à « poker menteur » et tentent le coup de bluff en se disant que si ils ne veulent pas lâcher encore du lest, ils peuvent faire quoi ? Attendre que le pays parte en vrille et espérer toucher l'Île de Santorin en échange de l'argent disparu ?? Allons, soyons sérieux !!!
Ces dernières heures nous passons donc notre temps à attendre des news de la Grèce ET accessoirement à se demander si le marché n'a pas atteint ses limites. Je suis certain qu'un bon fan des vagues d'Elliott va nous trouver une vague 3 dans la vague 2 de la vague du siècle pour nous trouver un signal de vente et en attendant les fondamentalistes se demandent ouvertement si le marché n'est pas « trop cher » à 1320. Ils étaient conscient qu'à 1200 c'était pas cher, mais la grande question est de savoir à quel moment on passe de pas cher, à un peu cher et finalement à trop cher. C'est toujours une question de point de vue. Et quand le marché ne veut pas vraiment monter, ni vraiment baisser, comme hier, en général c'est une journée durant laquelle on se pose plein de questions, ce qui est très mauvais parce qu'en général un trader qui réfléchit trop longtemps, ça fini toujours mal...
Vous l'aurez compris, hier la journée fût calme. La volatilité est en train de baisser, c'est d'ailleurs une des seules choses qui baisse en ce moment, puisque même l'Euro a décidé de remonter au-dessus des 1.30. La volatilité s'écrase, le marché ralentit, il ralentit même tellement que pendant une bonne heure hier j'ai même cru que le CAC40 était fermé ou si il n'était pas fermé il devait être cliniquement mort. Electro-Encéphalogramme plat. Mort cérébrale. Bon, pour être franc il y avait quand même des trucs qui bougeaient. Prenez les financières par exemple ; depuis que le Financial Times a écrit un article sur le sujet, mentionnant le fait que Paris ET Berlin seraient en faveur d'un assouplissement des règles de Bâle III, le secteur était à nouveau sous amphétamines. Vous imaginez ? Si on assouplissait les règles ? Tout pourrait recommencer comme avant, les produits sur immobilier garantis par les assets de la banques, assets que la banque aura utilisé pour financer son propre trading interne, confié à un seul type qui a trouvé LA SOLUTION pour gagner à tous les coups.. Bref, tous les délires seraient à nouveau possibles, les bonus sans limite, les opérations de folie, les produits structurés débiles avec des marges de malade !!! ça serait le pied !!! et en plus on dirait qu'on a rien appris de la crise des Subprime, ni de la crise de la dette souveraine parce que ça fait hyper-longtemps et qu'on était encore à l'Uni.. Non, franchement ça serait vraiment bien que Bâle nous lâche du lest, voir mieux que l'on supprime les règlement et que les banques soient libres de faire ABSOLUMENT TOUT CE QU'ELLES VEULENT !!! ça a toujours tellement bien marché, pourquoi changer une équipe qui gagne ???
Alors MERCI Paris, MERCI Berlin d'être aussi visionnaire et de nous mener sur le chemin du recovery éternel...
Mais très de plaisanteries, en attendant que la semaine se lance vraiment avec l'avalanche de chiffres trimestriels, on était très concentré sur le cas de la Grèce et le fait que les parties hésitent à se mettre d'accord n'arrangeait pas les bidons du marché. Néanmoins, il trouvait la force de « montouiller ». Oui, je dis « montouiller » car on ne peut pas qualifier la journée de hier comme étant une journée « DE HAUSSE »... tellement c'était anémique. Ce qui me fait dire que la mentalité même du marché à tout de même bien changé. Ce type d'environnement de marché transposé dans un marché de novembre ou de décembre 2011 et on se prenait 3% dans la tronche, cassage de pattes arrière et tutti quanti. Et là, hier, on « montouille ».. Il faut dire que le rallye de ce dernier jours aura été mené par les Sébastien Loeb de la finance, puisqu'il n'a jamais cessé de gagner et que personne mis à part lui n'en aura profité.. Car je peux me tromper, mais je doute que les « Portfolio Managers » aient drastiquement augmenté leurs pondérations en action depuis le 1er janvier...
Je peux me tromper, mais je suis certain que ce rallye est un de ceux que l'on regarde en disant : « merde, merde, je ne suis pas dedans, pourvu que ça rebaisse pour que je puisse acheter, pourvu que ça rebaisse, ah, ouf, ça rebaisse j'ai eu raison de pas acheter, vais attendre encore 5% pourcent avant d'acheter. Oups, ça ne veut plus baisser, oui mais ça ne va pas repartir si vite vais avoir le temps de sauter dedans. QUOI 10% en un mois et j'ai pas la queue d'une action dans mon portefeuille !!!! vais attendre une correction et je saute dedans... » Généralement la réflexion pourra être appliquée 5 et 10% plus haut encore, car personne ne sera dedans.. Ce que je veux dire, c'est que ce rallye est en train de laisser pas mal de monde au bord de la route et c'est ce qui fait qu'il peut encore continuer...
Au niveau des titres individuels, on notera que les intervenants étaient un poil stressés au sujet d'Apple qui va publier ce soir, on se pose des questions, les attentes ne sont-elles pas un peu trop élevées ? En même temps ce n'est pas RIMM qui va les gêner dans les ventes de l'iPhone 4S. RIMM qui a profité de la journée d'hier pour annoncer le départ de son management bicéphale, nouvelle qui a été ma foi fort bien prise par le marché puisque le titre ne s'est fait décalquer QUE de 9% et des poussières. La compagnie en a également profiter pour changer le symbole boursier de RIMM. A la place de RIMM sur le Nasdaq, ça sera dorénavant RNIMA « Research NOT In Motion Anymore »... (merci Grégoir pour celle-là encore..)...
L'Euro remonte, logiquement le dollar baisse et l'or monte, c'est la mécanique des fluides qui fonctionne à nouveau. Ce matin le métal jaune est à 1673$ et tout va bien dans le meilleur des mondes, il monte tous les jours n'est plus volatile pour deux francs cinquante et si ça se trouve c'est bientôt la saison des mariages en Inde qui va commencer. Le pétrole est à 99.75$, il frise les 100$. Entre l'effet dollar et les américains qui roulent les mécaniques sur leurs hors-bords dans le détroit d'Ormuz, il y a de quoi s'exciter sur le baril. De plus l'Europe qui hausse le ton vis à vis de l'Iran, en leur demandant de cesser « immédiatement » leur programme d'enrichissement d'Uranium et accessoirement d'arrêter d'interdire la ventes des Barbies sur le territoire, laisse imaginer que les tensions entre l'occident et l'Iran en vont pas s'améliorer. Car il me paraît peu probable qu'Armani « le cinglé », s'aligne sur les demandes de l'Europe après avoir envoyé bouler les américains, même si avec eux c'est un réflexe. Donc je ne pensais pas dire ça un jour, mais si j'étais moi, j'achèterais du pétrole pour jouer la hausse ces prochains mois, quand les Navy Seals vont aller faire péter des usines dans le désert.. Je viens d'ailleurs de recevoir une citerne de 10'000 litres que je vais enterrer au fond du jardin pour stocker du brut.
Dow Jones 12709 -0.09%
S&P500 1316 +0.05%
Nasdaq 2784 -0.09%
Londres 5783 +0.94%
Paris 3338 +0.51%
Francfort 6437 +0.50%
Milan 15908 +1.76%
Madrid 8620 +0.67%
Tokyo 8785 +0.22%
Hong Kong 20110 Closed
Shanghai 2430 Closed
Sydney 4283 -0.10%
Ce matin les chinois sont toujours en vacances et c'est les Japonais qui mènent la région, comme au bon vieux temps. La Bank of Japan a coupé ses prévisions de croissance pour 2012. Alors qu'ils tablaient sur un GDP compris entre +0.2 et plus +0.4%, ils changent leur fusil d'épaule et passent d'une contraction de 0.3 à 0.4%. La force du yen ne les aide pas à améliorer leur perspectives. A noter encore qu'en Asie le secteur de l'énergie est bien recherché ce matin, les prévisions météo en Iran qui prévoient des chutent de SCUD's y sont probablement pour quelque chose.
Hier soir Texas Instrument a publié ses chiffres du trimestre, ils ont annoncé une chute inattendue des profits, mais les déclarations du CEO et la qualité des ventes annoncées a compensé la mauvaise nouvelle, après la clôture le titre bondissait de 2.6% de plus que les 3.5% déjà accumulés durant la séance. Le CEO a déclaré que le « fond » du cycle avait été trouvé et que maintenant : « the only way is up, baby !!! ». Dans le doute il va quand même fermer deux usines. Une au Japon et une au Texas, mettant 1'000 personnes à pieds, mais le bottom est trouvé et l'honneur est sauf. Les restructurations vont permettre à TI de sauver 100 millions. Dans la série bons chiffres c'est chez VMWare que ça se passe, la société qui fait du « cloud computing » comme on dit chez ceux qui maîtrisent l'informatique, a publié des données nettement au-dessus des attentes. Le titre prenait 5% de plus..
En revanche, InterDigital qui cherchait à se vendre depuis plusieurs mois – dans le monde du Wireless – a annoncé que personne ne voulait d'eux. Après six mois de recherche pas une offre, ni même une carte postale. La zone. Le titre s'est fait laminer sur la nouvelle, -16.33%... ça va peut-être attirer les acheteurs.
Goldman Sachs est prudent sur les chiffres économiques récemment publiés son équipe d'économistes pensent que la situation peut être pire que ce que les données montrent. La prudence est de mise selon eux. Bon, si maintenant les économistes pensent qu'il ne faut plus faire confiance aux chiffres économiques, moi je vends ma maison et je pars faire joueur de poker à Las Vegas, statistiquement ça va commencer à être le même boulot, si faut qu'on se dise que « peut-être le Gouvernement bluffe sur les chiffres économiques »... Tiens ça me rappelle une bonne théorie du complot. Si ça se trouve, on nous ment !!!
Une des stars des années 90, Barton Biggs était interviewé sur Bloomberg TV hier et je dois avouer que ses déclarations sont plutôt intéressantes. Tout d'abord il déclare qu'il est 65% engagé sur les actions et qu'il est « terrifié » de ne pas être assez « long »... Mais en même temps il est terrifié d'être TROP engagé au cas où l'Europe se transforme en une masse économique informe et qu'elle commence à prendre l'eau et couler au milieu de la Méditerranée. En gros, il hésite entre acheter ou ne pas acheter, to be or not to be.. c'est peut-être le moment de partir à la retraite.
Christine Lagarde insiste à nouveau sur le fait de renforcer encore le fonds EFSF, sur le besoin d'avancer ensemble et de partager les risques et la souffrance ensemble dans les années à venir, le tout sur une musique encourageante comme, par exemple, l'hymne de l'URSS.
http://www.youtube.com/watch?v=D79mKeHqg50
Elle a également parlé en faveur des Euro-Obligations, histoire de tout bien partager. Draghi n'a pas encore répondu à son appel du pied.
Blackstone a levé 6 milliards pour investir dans un fonds sur l'immobilier avec un biai concentré sur les propriétés qui sont difficiles à vendre et dont le propriétaire est aux abois. Comme quoi il y a encore des gens qui veulent investir dans des projets liés à la finance responsable.
Aujourd'hui les ministres des finances de la zone euro se rencontrent. On ne sait pas trop de quoi ils vont parler, ni ce qui va en ressortir, mais je pense que la Grèce devrait faire partie du projet. Il y aura également le début du FOMC Meeting, le Redbook, les ventes des magasins et le discours d'Obama sur l'état de l'Union. Bilan annuel de l'état du pays qui devrait d'ailleurs ressembler plus à un discours de campagne qu'autre chose.
Côté chiffres du trimestre il y a du monde, mais c'est McDo avant l'ouverture qui devrait retenir l'attention, puis surtout Apple après la clôture. En ce qui concerne Apple, tout le monde sera concentré sur le nombre d'iPhone 4s qui ont été vendu. Les attentes sont énormes, même si pourtant tout le monde s'attend à un ratage qui ne vient toujours pas. L'impact sera reporté demain de toutes façon. On attend des revenus des 39 milliards pour le trimestre... Si si.. 39 milliards et l'an passé à la même période ils n'avaient gagné que 26.74 milliards. Pfff...
Pour le moment les futures US sont indiqués en baisse de 0.3% et S&P a downgradé la Société Générale et le Crédit Agricole, comme prévu dans le sillage du downgrade de la note générale du pays. C'est Bloomberg qui l'annonçait à 1 heure du matin.
Voilà, il devrait y avoir plus de nouvelles aujourd'hui et peut-être un peu plus d'action. En ce qui me concerne je reviens demain. Dans l'intervalle je vous souhaite une excellent journée et que votre croissant soit à votre goût.
A demain.
Morningbull
« Pain is temporary. It may last a minute, or an hour, or a day, or a year, but eventually it will subside and something else will take its place. If I quit, however, it lasts forever. »
Lance Armstrong
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lundi, 23 janvier 2012
Toujours plus haut, mais la température monte
A quelques jours de la fin du mois de janvier, les marchés se retrouvent dans une situation peu imaginable il y a encore quelques semaines. Aucun des problèmes qui nous occupaient en décembre ne sont réglés, on en est même encore loin, la plupart des pays « à problèmes » possèdent dorénavant des ratings moins élevés que le premier janvier, les perspectives restent des perspectives, mais pour le moment l'optimisme a clairement pris le dessus sur le pessimisme. On ne va pas passer trop de temps sur la semaine passée, mais il faut tout de même retenir que l'Europe est au plus haut depuis la rentrée scolaire de septembre, les USA viennent d'aligner leur 3ème semaine de hausse consécutive et ils sont au plus haut depuis juin de l'an passé.
La force relative des marchés reste, il faut le dire, impressionnante. Alors que l'on ne cesse de lire des articles dans la presse et de voir des stratèges nous raconter que l'on va tous y passer et que c'est foutu, qu'on ne s'en sortira pas, que l'Europe est morte, que l'Euro aussi et que l'économie américaine est foutue, pendant ce temps, ça monte. Alors d'aussi loin que je me souvienne, on dit que le marché des actions est un indicateur « avancé » de l'économie. Si c'est toujours le cas et si les gens qui ont fait des études n'ont pas trouvé une explication différente, on devrait comprendre d'ici cet été, pourquoi on remonte comme ça. Ou alors c'est ce que l'on appelle un « dead cat » bounce et on va se faire massacrer dans les semaines à venir.
Toujours est-il que, du point de vue des nouvelles économiques, quelles soient macro ou micro, c'est plutôt bon !!! Voir excellent, mais utiliser le mot « excellent » serait faire preuve d'un enthousiasme exacerbé. Toujours est-il que tout semble plutôt bien se passer, les chiffres économiques américains sont bons, l'emploi se redresse lentement mais sûrement, mais c'est surtout l'immobilier qui semble faire son grand retour. Le réveil du secteur aux USA est encore faiblard, mais les signes ne semblent pas tromper et, à moins que les banques décident de nous créer des produits structurés sur le sujet, produits que l'on pourrait qualifier de « subprimesques », on a bon espoir de voir cette partie importante de l'économie US reprendre des couleurs et surtout reprendre sa vraie place.
Pedant ce temps les chiffres des sociétés qui publient sont bons, voir très bons, la semaine passée encore, après les publications de Microsoft, IBM, Intel, GE et Google, nous avons pu nous rendre compte que la qualité de ces chiffres n'est pas à démontrer pour le moment. Mis à part Google qui aura quelque peu déçu, mais surtout parce que les analystes se sont un peu emballés, un peu comme chaque fois qu'une société fini son cycle de « croissance », pour rentrer dans le « value », on a toujours de la peine à trouver ses marques et peut-être que Google a terminé sa phase de croissance monstrueuse et que les chiffres ne peuvent plus, ni mathématiquement ni physiquement, doubler chaque trimestre. Néanmoins tout le reste est excellent, les semiconducteurs sont au comble du bonheur, là encore un signe avancé de recovery économique, puisque l'on sait que quand le secteur des semi's va, c'est tout le reste qui suit derrière. Après la semaine que l'on vient de vivre, entre ASML, Xilinx, Intel et les autres, il n'y a pas besoin d'être né dans la Sillicon Valley pour comprendre que ça bouge dans le groupe et dans le bon sens.
Du coup, toutes ces bonnes nouvelles font oublier les problèmes fondamentaux de base, les raisons pour lesquelles la fin du monde était proche il y a encore 3 semaines. Les raisons pour lesquelles les STARS DE L'ANTICIPATION FINANCIERE ont downgradé tout le monde. Car sans vouloir jouer l'oiseau de mauvaise augure, ce qui n'est pas ma vocation, je n'ai pas l'impression que la situation merdique dans laquelle nous étions il y a un mois, s'est fondamentalement améliorée... Non, c'est surtout le sentiment général qui aura progressé ; les investisseurs qui n'osaient pas prêter à l'Italie à moins de 7% sont revenus à des considérations plus confortable pour Monsieur Monti, emprunter de l'argent quand on est un pays européen est gentiment redevenu possible sans subir des taux d'usuriers. Mais fondamentalement quand même, rien n'est réglé, même si des plans d'austérité se sont mis en place, il faudra des mois si ce n'est des années pour qu'ils commencent à porter leurs fruits, l'affaire n'est donc pas encore gagnée, le meilleur exemple étant la Grèce qui n'a pas encore vraiment trouvé le moyen de se mettre d'accord avec leurs créanciers privés, puisque ce week-end ces derniers ont expliqué qu'ils étaient d'accord de prendre 70% de pertes sur leur investissements en Grèce, mais que plus ils ne pouvaient pas. Et si ça ne suffisait pas à la Grèce, la prochaine étape se le défaut pur et dur. En gros pour l'instant rien n'est réglé, payer 30% d'un emprunt ce n'est pas si mal mais 30% de 100 milliards ça fait toujours beaucoup d'argent surtout quand tu n'as pas la couleur du premier centime dans ton porte-monnaie. Pour le moment on est donc toujours en stand-by.
Dans la même thématique l'italien, Monsieur Monti demande plus d'argent dans le fonds d'aide aux pays en difficulté (in extenso : eux), mais les Allemands continuent de mettre les pieds au mur et refusent de booster le fonds en question, quand au patron de l'EFSF, il estime qu'il y a assez d'argent dans ce fonds pour aider l'Italie et l'Espagne. Reste a espérer que les autres s'en sortent tout seul, parce que sinon, va falloir aller emprunter en Italie...
Comme vous le voyez, nous sommes bien plus haut que le premier janvier. Les financières ont littéralement explosé la semaine passée puisque soudainement le sentiment changeait et tout le monde était « convaincu » qu'on allait trouver une solution, bien que personne ne puisse mentionner laquelle, mais à la fin de la semaine, il faut quand même se rendre compte que rien, ou alors pas grand-chose n'a changé. Il est vrai que les choses qui nous terrifiaient il y a 1 mois ou 3 mois, sont devenus monnaie courante et on s'y est habitué, donc on pourrait presque dire que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, mais à voir les deux semaines qui nous attendent, on risque de se confronter à des tests grandeur nature qui pourraient mettre notre capacité à supporter le stress à rude épreuve.
Et ça commence tout de suite, puisqu'aujourd'hui les Ministres des finances de l'Eurozone vont se rencontrer pour préparer le sommet de leurs patrons, prévu la semaine prochaine, nous allons donc probablement commencer à entendre parler des prévisions et des intentions de chacun. Sauf François Baroin, parce que le temps qu'il se fasse traduire les discussions des autres, la journée sera finie.
Mardi 24 on va continuer avec les Ministres des Finances, mais cette fois c'est ceux de l'Europe des 27. Ce qui veut dire qu'en plus les anglais seront invités. L'état des relations entre Osborne, l'anglais et les autres sera déterminant afin de savoir si cette Europe-là a encore un avenir. Là encore François Baroin qui ne parle pas anglais sera exclu des discussions, mais il aura le résumé le soir dans le train.
Jeudi 26, on va entrer dans le vif du sujet, l'Italie va lancer une auction pour emprunter sur le long terme. Ces derniers temps les auctions se sont relativement bien passées, mais cette dernière sera importante, peut-être un peu plus que les autres, dans le sens où c'est la première fois qu'ils emprunteront de l'argent depuis le downgrade de S&P.
Lundi 30 janvier. Grosse journée puisque c'est LE sommet Européen, cette fois c'est les patrons qui seront-là. On devrait parler du chômage très élevé en Europe, l'Allemagne pourrait présenter un nouveau fonds qui aurait pour but de stimuler la croissance de l'Irlande, du Portugal et de la Grèce. Et puis on devrait assister à quelques développements dans le prolongement des « projets » mis en place lors des sommets d'octobre et de décembre, notamment au sujet des budgets des membres de l'Europe et de la Grèce.
Mardi 31 janvier, c'est le jour de la deadline. D'ici là les créanciers de la Grèce devront avoir trouvé une solution pour leur « haircut », ce week-end les créanciers ont dit qu'ils n'iraient pas en-dessous d'un haircut de 70%, ou alors les Hedge Funds Manager auront des piscines avec des vraies colonnes grecques, plus des copies en plâtre. Se souvenir tout de même qu'une partie du rallye de la semaine passée sur les financières à tout de même été causé par les prospects qu'une solution soit trouvée d'ici le 31.
Mercredi 1er février, encore une grosse journée d'auction, l'Allemagne et le Protugal seront de sortie.
Lundi 6 février, le parlement italien doit approuver une nouvelle série de mesure pour la croissance et la fiscalité, même chose en Grèce. Des mesures cruciales pour entretenir l'espoir qu'un jour Athènes ou Rome ne deviennent pas des Land rattachés à Berlin.
Et puis le 9 février, juste avant que les genevois partent en vacances de ski, c'est vrai que ça fera quand même 4 semaines que l'on a recommencé à bosser, il sera largement temps d'aller se luger à la montagne ou dans le sable. Eh bien le 9 février nous aurons la nouvelle réunion de la BCE, sachant que c'est un des moteurs du sauvetage du continent, ça devient presque plus important que les meetings de la FED...
L'or continue d'escalader la montagne, hâte-toi lentement. Le métal jaune est à 1672$ et gagne gentiment du terrain. Du côté de l'or noir, ce matin le baril a commencé sur une note négative alors que les investisseurs qui sont déjà debout sont déçus sur le fait que les créanciers privés et les grecs ne se sont pas encore mis d'accord. Du coup le dollar se renforce et l'Euro baisse, ce qui fait que l'on se retrouve sous les 100$ sur le baril, à 98.01$. De plus ce week-end les pontes de l'OPEC ont admis que 100$ était un prix acceptable pour l'économie mondiale et suffisant pour eux afin qu'ils puissent continuer à rouler en Mercedes 600 recouvertes de diamants. L'OPEC estime également qu'il serait mieux si le détroit d'Ormuz n'était pas fermé pour cause de guerre dans les semaines à venir... tout comme il est plus prudent de pas allumer votre cigarette en faisant le plein de votre voiture et de ne pas jeter le mégot DANS le réservoir.
D'un point de vue technique, sur les marchés la porte est ouverte à toutes les fenêtres. Le S&P500 peut clairement aller se promener sans problème en direction des 1350 avant que l'on puisse lui chercher des noises. Si c'est le cas, il y a fort à parier que l'Europe va suivre, après il va tout de même falloir commencer à délivrer des choses concrètes au niveau de le reconstruction du continent européen. En tous les cas, du côté des résultats trimestriels tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, à voir ce que l'on vu depuis une semaine, il n'y a pas l'air d'avoir trop de raison de flipper, sachant tout de même que le premier qui rate ses chiffres sera condamné à être passé au goudron et aux plumes puis emmené sur un rail de chemin de fer à l'extérieur de la presqu'île de Manhattan. Néanmoins, même si 20% du S&P500 vont publier d'ici vendredi soir, il y toutes les raisons du monde d'être confiant, même si chaque jour qui passe augmente la qualité des attentes...
Ce matin l'Asie est partagée en deux. 1) le Japon qui monte et 2) l'Australie qui baisse. Les autres sont fermés puisqu'ils fêtent le nouvel an chinois et l'arrivée de l'année du dragon. La question que l'on se pose tous est : « quand tu mets un bull et un bear dans une arène, on sait que le vainqueur peut être ou l'un ou l'autre, mais quand tu rajoutes un dragon ; qu'est-ce qui se passe ??? »... Et un dragon c'est plutôt bull ou pas ??? C'est la question à laquelle on va devoir répondre en Chine dans les mois à venir.
Dans les nouvelles du jour, les candidats français sont en campagne, Madame Lepen peine à trouver des signatures pour sa candidature, Sarkozy fait campagne en Guyanne et réitère son opposition au vote des étrangers et François Hollande, le tout mou, nous exprime clairement que son seul ennemi, son seul adversaire est le monde de la finance et qui si il est élu, les stock-options seront supprimés, le bonus encadrés et comme il n'a toujours rien compris, il veut également lancer la taxe Tobin, ça fait au moins un sujet sur lequel il est d'accord avec son adversaire. Et puis on se réjouit aussi qu'il interdise aux traders de bosser plus de 35 heures et de donner des RTT au CAC40. Une chose est sûre, si il est élu, moi je suis un banquier français, je m'exile à Londres..
On commence à parler des bonus et des packages, alors que globalement cette année tout le monde va devoir se serrer la ceinture, on a appris ce week-end que le patron de JP Morgan, Monsieur Dimon ne verra pas ses « revenus » baisser. Entre 2010 et 2011. Sur les deux années il devrait toucher ses 23 millions de dollars annualisés. On se sent rassuré, alors que tout ses employés vont passer au régime minceur, au moins lui en tant que CEO, il devrait pouvoir garder sa qualité de vie. Un bel exemple d'une histoire qui finit bien à la fin. Pendant ce temps le patron de chez Morgan Stanley ne va devoir faire des efforts, puisqu'il va subir une réduction de 25% sur son package 2011. En effet, il ne devrait toucher « que » 10.5 millions de dollars. Si jamais, pour ceux qui voudraient le soutenir, je vais ouvrir une ligne téléphonique pour lui faire des dons : 1-800-foutage de gueule. Bref, ça ne va pas être facile.
Les patrons de RIMM s'en vont. Finalement les deux CEO du Blackberry rendent les plaques mais restent actionnaires majoritaires, ils pensent qu'un changement à la tête de la société ne peut faire que du bien. Ok, alors maintenant que va-t-il se passer ? Vont-il vendre leur division téléphonie mobile et se contenter de faire du software ? NON, les EX-CEO's ont déclaré que RIMM resterait une société globale de téléphones mobiles. Vont-ils intégrer la grande famille « Androïd » ??? NO WAY, les EX-CEO's ont déclaré qu'il était exclu que Blackberry passe sur Androïd, ajoutant au passage que tout ceux qui l'ont fait ont des problèmes d'intégration. En gros, les CEO's s'en vont mais ils ont déjà pris les décisions stratégiques pour l'entreprise pour les 18 mois à venir. Tu parles d'un changement. L'avantage c'est qu'à ce rythme-là, ça risque de durer 18 mois et puis c'est tout. Le seul espoir à mon sens, c'est le take-over.
On va donc attaquer la semaine avec une avalanche de publications de la part des sociétés américaines.
Lundi 23 janvier :
Halliburton (HAL): $0.99
VMware (VMW): $0.60
Kansas City Southern (KSU): $0.79
Polycom (PLCM): $0.29
Western Digital Corp (WDC): $0.71
Texas Instruments (TXN): $0.23
CSX (CSX): $0.44
Mardi 24 janvier :
McDonald's Corp (MCD): $1.29
Baker Hughes (BHI): $1.32
Travelers Cos (TRV): $1.52
KeyCorp (KEY): $0.20
AK Steel Holding (AKS): -$0.38
Peabody Energ (BTU): $1.31
EI du Pont (DD): $0.33
EMC Corp (EMC): $0.46
Coach (COH): 1.15
Verizon Communications (VZ): $0.53
Stryker (SYK): $1.03
Norfolk Southern (NSC): $1.40
Apple (AAPL): $10.09
Yahoo! (YHOO): $0.24
Advanced Micro Devices (AMD): $0.16
Johnson & Johnson (JNJ): $1.10
Kimberly-Clark (KMB): $1.30
Regions Financial (RF): $0.05
Waters (WAT): $1.50
Voilà déjà pour les deux premiers jours de la semaine. En ce qui concerne les chiffres économiques, il n'y aura rien aujourd'hui, mais demain c'est le début du FOMC Meeting qui durera deux jours. Donc calme journée pour les chiffres économiques les choses sérieuses commenceront mardi. Pour le moment les futures américains sont en baisse de 0.30%, le non-accord sur la Grèce et le premier stress-test de la semaine. D'ailleurs l'Euro se fait déjà enfoncer ce matin, histoire de bien commencer la semaine et de saluer la Croatie qui a eu la bonne idée et le courage de se joindre à l'Europe ce week-end....
Voilà, c'est tout pour ce matin, il me reste à vous souhaiter une excellente journée, un bon début de semaine et on se retrouve demain à la même heure.
A demain.
Morningbull
"A new poll says 84% of Americans disapprove of Congress' job. The other 16% weren't aware Congress was doing one." –Jay Leno
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jeudi, 19 janvier 2012
Le FMI à la rescousse
Une très belle journée en Europe comme aux USA, mais surtout aux USA. En ce début d'année le marché ne semble plus vouloir s'arrêter, les mauvaises nouvelles sont intégrées dans les prix, le pire semble derrière nous, les bonnes nouvelles sont amplifiées et plus les agences de rating parlent négativement des pays, des entreprises ou font des downgrades, plus les investisseurs se marrent et achètent le marché en disant « au moins, ça, c'est fait ». Hier l'Europe a commencé sa séance en léger repli, se sentant peu inspirée après la hausse de New York la veille. Pourtant, plus la matinée avançait plus les acheteurs se manifestaient, tout spécialement sur le secteur financier. Difficile de savoir pourquoi puisqu'aucune nouvelle était à retenir dans les premières heures de la journée, au contraire le comportement du secteur, la veille à New York ne poussait pas forcément à investir là-dedans. Et pourtant c'est là que les achats se concentraient durant les premières heures de la journée, là et sur ASML et ses pairs du secteurs des semiconducteurs, mais ça c'était à cause des bons chiffres publiés avant l'ouverture.
Le matin fût encore émaillé de quelques auctions, les allemands sont venus emprunter de l'argent à 0..17% sur 2 ans, presque un nouveau plus bas. En décembre ils avaient emprunté à 0.39% pour la même période. Les Portugais ont fait de même, également à un taux plus bas que la dernière fois, démontrant que, pour l'instant les tensions se calment sur de ce côté-là. Et puis à noter également que de plus en plus de nouvelles pointent en direction d'une solution en Grèce, les investisseurs privé et le Gouvernement sont en train de devenir très amis et de plus en plus « d'observateurs » parient sur un règlement à l'amiable dans les jours à venir, règlement qui repousserait le risque de défaut de quelques mois à nouveau.
Et puis sur les coups de midi environ, on tenait une ébauche de réponse ; le FMI annonçait vouloir augmenter sa capacité de prêter à 500 milliards de dollars contre les 200 milliards prévus à l'origine, sur les prochaines années on parle même de monter cette capacité à 1000 milliards. Cette annonce a surpris tout le monde et le marché a accéléré sa hausse. Surtout dans le secteur financier, permettant clairement de voir que hier matin, il y avait des gens qui connaissaient la nouvelle du FMI avant son officialisation, enfin je dis ça, je dis rien, mais il faudra m'expliquer le contraire. Encore une fois, il y en a qui sont plus égaux que les autres. Ceci mis entre parenthèses, le marché a pu continuer sa marche en avant, même si en fin de journée les Européens dégageaient tout de même leurs positions, se disant que c'était quand même beaucoup d'argent que le FMI mettait à disposition et que ça voulait peut-être dire que tout n'allait pas si bien que ça. Bref, les places de bourses européennes sont globalement constructives, mais elles ont quand même la trouille...
Ensuite New York a pris le relai, la bonne nouvelle du FMI donnait déjà une confiance solide, mais c'était sans compter les annonces de pré-ouverture aux USA. Tout d'abord les chiffres économiques. De ce côté-ci, la Production Industrielle était en hausse contrairement au chiffres du mois de novembre, ce qui est assez rassurant, mais c'est surtout les chiffres de l'immobilier qui donnaient du carburant aux « bulls » et qui tétanisaient les shorts sellers et autres plantigrades. Le Housing Market Index était attendu à 21 et il est sorti à 25. Il est clair que présenté comme ça, il n'y a pas de raison de s'exciter plus que tant, mais quand on sait que ce niveau n'avait plus été atteint depuis 4 ans et demi, soit juste avant l'implosion des Subprime, on peut commencer à se dire que quelque chose est en train de se passer du côté de l'immobilier. Et quand on connaît l'importance du marché de la pierre dans le coeur et dans l'économie des américains, on se dit que tout cela additionner peut quand même vouloir dire qu'il se passe quelque chose.
Les intervenants ne mirent d'ailleurs pas longtemps pour faire leurs calculs ; si l'on tient compte du fait que l'emploi va mieux, au regard du nombre de Pères Noël qui ont été engagés en décembre et que si en plus, les quelques américains qui ont de l'argent de côté recommencent à s'acheter des maisons, ça fait tout de même deux des piliers du fonctionnement de l'économie US qui sont de retour, si ça se confirme dans les mois qui viennent, le ciel pourrait clairement se dégager.
Une fois le côté économique et une fois que les intervenants se sentaient à l'aise de ce côté, il était temps de passer aux chiffres de Goldman Sachs. Comme je le mentionnais hier, suite aux chiffres de la concurrence, on attendait des chiffres pourris du côté de la firme de Lloyd Blankfein, les analystes avaient déjà joué au jeu de l'anticipation et avaient drastiquement coupé leurs attentes afin de n'être pas « trop déçus ». De côté-là ils ont pu être rassurés, ils n'ont pas été déçus. A force de couper les attentes et de peindre le diable sur la muraille ils ont pré-mâché le travail de Blankfein qui n'avait plus qu'à ne faire « pas trop mal » pour arriver à des chiffres corrects. Comme il n'est pas trop stupide, il avait déjà coupé les coûts un maximum, sachant que quand on ne peut plus générer trop de croissance de par soi-même, il vaut mieux arrêter de payer n'importe quoi à n'importe qui est que finalement, un analyste peut aussi bien traverser l'Atlantique en Economy, il ne va pas en mourir pour autant. Et quand bien même, si il meurt ça fera un type de moins à licencier.
Donc le marché attendait 1.24 cents par action. Goldman Sachs a annoncé 1.84 cents par action. Et paf, caramba, encore raté. De ce point de vue-là, c'est une victoire majeure et ils ont complètement explosé les attentes, bien que 50% d'écart par rapports aux attentes des analystes, c'est monnaie courante dans le secteur bancaire, tellement ils sont mauvais dans ce secteur ou tellement les bilans des banques sont impossibles à interpréter et que même une chatte n'y retrouverait pas ses petits. Uniquement sur les chiffres d'hier, c'est très bon, ils ont nettement battus les attentes, coupé les coûts, amaigris les staffs, préparé la banque pour un retournement de situation, si le marché repart dans le 3 prochaines années ils vont faire un carton et on n'a pas fini de parler d'eux.
En revanche, si l'on compare ce dernier trimestre avec celui d'il y a un an, ouch. Il y a de quoi pleurer, puisqu'il y a un an, ils gagnaient simplement le double pour la même période. Il y a un an les revenus trading étaient monstrueux à croire qu'ils n'avaient fait QUE des opérations d'initiés ou du « front running » et cette année les revenus trading sont anémiques à faire peur, comme si ils étaient revenus dans le monde des mortels... En conclusion et en comparaison sur 12 mois, ces chiffres d'hier sont simplement merdiques. Le titre ne s'y est pas trompé puisqu'il est en baisse de 44% sur cette période...Néanmoins, que l'on se rassure, les investisseurs du moment ont un vision long terme qui frise la mémoire du poisson rouge, ce qui fait qu'ils se sont basés uniquement sur le fait qu'ils ont pulvérisé les attentes et le titre a pu s'envoler de 6.8% sur la séance.
Compte tenu de toutes ces nouvelles il ne pouvait pas arriver grand-chose au marché US. Dès l'ouverture il prenait l'ascenseur, idéalement placé sur son support des 1294, le S&P500 n'avait plus qu'un grand coup de pied à donner pour s'envoler en direction de la résistance psychologique des 1300, la transpercer et s'arrêter à 1308 au plus haut de la journée et au plus haut depuis 6 mois. Jamais depuis le 28 juillet nous n'étions revenus sur ces niveaux. Visiblement, là aussi il se passe quelque chose. D'un point de vue technique, je sais que plein d'analystes techniques fans des vagues d'Elliot, nous prédisent un krach imminent, mais pour le moment on devrait avoir l'énergie pour aller chercher les 1350 assez rapidement, surtout si les « stars » qui publient ces prochains jours ne déçoivent pas (IBM, Intel, Microsofot et GE), en ce qui concerne Intel qui viendra ce soir après la clôture, ça devrait aller si l'on tient compte du fait que ses concurrents partout dans le monde ont publié des chiffres extrêmement positifs (Linear Tech encore hier soir, après ASML hier matin). Sans oublier Yahoo ! Qui montait suite au départ de son fondateur Jerry Yang, réaction qui fait toujours plaisir, mais comme Yang avait refusé le take-over 100% plus haut, il y a de la rancoeur...
Et comme le FMI va survoler l'Europe avec un gros avion et larguer des tonnes de billets de 100 $, comme il faudra les changer pour les dépenser sur le continent la monnaie de l'Union a repris quelques couleurs et parvient enfin à terminer une séance ailleurs que la tête dans le sable. En parallèle l'or continue sa lente remontée, depuis quelques jours, il ne va pas vite, mais il remonte tous les jours. Hier encore il gagnait 0.25% à 1664$, à ce rythme-là on atteindra les 2'000 dans deux ans, mais il y va gentiment. Côté pétrole hier il y avait des choses à dire, mais entre le positif et le négatif, à la fin l'or noir termine en légère hausse. Il y avait d'abord le fait que le Gouvernement US a refusé la construction d'un pipeline qui aurait traversé les USA du Canada au Mexique, bien que TransCanada puisse redemander encore une fois, la déception était tout de même présente. Ensuite il y avait les chiffres des inventaires API qui indiquait que les stocks avaient augmenté de 4.3 millions de barils alors que les analystes attendaient une hausse de 2.6 millions et ils ont ajouté que les approvisionnement étaient en baisse de 900'000. Mais là ça faisait trop de données à analyser en même temps, donc dans le doute autant ne rien faire, mais attention ce n'était que l'API, l'EIA viendra ce soir, décalé pour cause de congé ce lundi et pas assez de temps pour calculer sinon...
Puis Morgan Stanley a augmenté son objectif sur le baril à 125$ contre 115 auparavant, citant les instabilités politiques dans la région du Golfe, sachant que les experts continuent de prévoir que l'armée US qui quitte l'Irak devrait faire un stop par Téhéran d'ici le début du mois de février. A noter que Morgan Stanley n'a pas augmenté son objectif sur le baril à la hausse, mais également sur son scénario baissier. Ils passent de 75$ à 85$. En gros ils ont un truc que je ne connaissais pas. Sur le même sous-jacent, ils ont deux possibilités 1) le scénario haussier et 2) le scénario baissier.. C'est clair qu'en fonctionnant comme cela le risque d'être faux diminue drastiquement. Ce matin le baril, bullish ou bearish est à 101.39$, les bruits de bottes aidant tout de même pas mal.
Dow Jones 12579 +0.78%
S&P500 1308 +1.11%
Nasdaq 2770 +1.53%
Londres 5702 +0.15%
Paris 3265 -0.15%
Francfort 6355 +0.34%
Milan 15278 -0.31%
Madrid 8421 -1.34%
SMI 6116 +0.99%
Tokyo 8645 +1.11%
Hong Kong 19906 +1.11%
Shanghai 2396 +0.91%
Sydney 4292 +0.26%
Ce matin en Asie, on a juste fait les mathématiques nécessaires et bien relu les commentaires de marchés américain, du coup il ne restait plus qu'à répéter l'histoire encore une fois. On reprend les financières because règlement de la crise grecque à court terme, chiffres positivement interprétés chez Goldman et support officiel, conséquent et déclaré du FMI. Ensuite vu que nous sommes en Asie, on n'a pas besoin de leur faire la leçon sur le concept de la technologie et étant donné la grande forme de ce secteur aux USA, il y a de quoi s'amuser à l'extrême est de la planète. Tout ce qui est semiconducteurs sont en folie, on se croirait en l'an deux mille. La cession de ce jeudi est donc très bien orientée et les chiffres « d'after close » aux USA étant encore dans la bonne direction, il n'y a pas de raison de se priver.
A noter que l'Australie termine l'année 2011 comme étant la pire en terme d'emploi depuis 1992. Ils ont encore perdu des emplois en décembre pour le second mois consécutif et les traders estiment déjà qu'il y a 88% de chances que le Gouvernement baisse les taux rapidement. Le taux de chômage est de 5.2%.
Après des les heures officielles de marché, hier soir il y avait des publications de trimestre sur la Côte Ouest des USA. Trois noms à retenir ; eBay, F5Networks et Xilinx. Une seule direction : la hausse, 2.2% pour le géant de l'auction on-line, bien que les chiffres étaient moyennement encourageant et 7% de hausse pour F5 qui annonçait des bon chiffres et pareil pour Xilinx, rappelant encore une fois que crise ou pas crise, le secteur de la technologie s'en sort plutôt bien dans cet environnement pourri et semble avoir appris du passé, contrairement à d'autres. Les titres de WebMD grimpaient de 3% après que le milliardaire Icahn ait annoncé l'augmentation de sa participation à 11.6%. Et le seul titre qui décevait en fin de journée était Sanmina qui était nettement en dessous des attentes du marché. Le titre reculait de 6%.
Ce jeudi promet encore une avalanche de nouvelles. Tout d'abord du côté des chiffres du trimestre on commence à attaquer les gros morceaux et il commence à y avoir du monde à vouloir intéresser les journalistes. Avant l'ouverture de New York, il y aura le très attendu Bank of America, mais pas seulement puisqu'ils seront accompagnés par : BlackRock, Fairchild Semi, Freeport McMoran, Morgan Stanley, United Health et Rockwell. Ensuite après 22h heure de chez nous, il y aura American Express, Google, Intel, IBM et Microsoft. Tu parles de Titans.. En l'espace de quelques heures une belle partie des gros players du Dow Jones seront sortis. Ça promet de l'action et comme si ça ne suffisait pas, GE publiera demain avant l'ouverture de vendredi. La journée de vendredi promet donc d'ors et déjà d'être sportive.
A noter qu'après deux semaines de trading en cette année 2012, le marché américain vient de s'offrir son plus beau départ depuis 1987, ce qui n'est pas forcément une bonne nouvelle puisqu'on se souvient comment s'est terminée l'année 1987, espérons que les similitudes avec 1987 s'arrêteront là. En tous les cas, pour le moment le consensus des prévisions de l'année se confirme, puisque l'on devait avoir un beau premier semestre, puis une fin d'année merdique pour se retrouver où l'on était au début. Reste à voir si le « sell in may and go away » sera toujours à la mode.
Un réseau d'insider trading aurait été démantelé aux USA, 7 amis avait fondé une espèce de club d'investissement et se passaient des informations confidentielles sur DELL et en faisaient profité les autres. Le FBI a démonté le réseau qui nie bien sûr avoir fait quoi que ce soit d'illégal et le FBI à l'air tout surpris d'être tombé sur une organisation pareille, c'est touchant de naïveté. On est tout surpris de savoir qu'il y aurait des gens qui seraient mieux informés que les autres...houlà-là-là.. Je suis choqué, moi qui croyais que la bourse c'était Alice au pays des merveille et que tout le monde il était beau et que tout le monde il était gentil, je tombe de haut...
Nicolas Sarkozy joue sa dernière carte sur l'emploi à 3 mois des élections. Le Président de petit taille a annoncé un plan de 500 millions pour financer des mesures d'urgences destinées à enrayer le chômage. D'entrée il va engager 1'000 personnes pour le service public de l'emploi. Donc pour enrayer le chômage, on engage plus de personnes pour bosser « au chômage », à ce rythme-là, ça va devenir l'industrie première du pays, dommage que ce soit un centre de coût. Il a également dévoilé le projet d'une banque d'investissement pour l'industrie, banque qui travaillera en collaboration avec les banques existantes. Les réactions à son plan son mitigées, mais étant donné que ce sont principalement des interventions avec un but politique unique, la réélection, je ne suis pas sûr que ça vaille trop la peine de s'y attarder.
Pour une fois que S&P ne vient pas peindre le diable sur la muraille et nous conseiller de capturer des rats pour manger dans les mois à venir, ça vaut la peine de le signaler. Hier ils ont déclaré qu'ils ne retireraient pas le triple A allemand en 2012, même si il y a une récession, l'agence de rating est hyper-sereine sur ce sujet. En ce qui concerne la Grèce qui cherche à trouver une solution pour réduire ses dettes, on en parle encore dans le NY Times de ce matin, les Hedge Funds qui sont engagés en Grèce ont prévenu, si la Grèce les forces à prendre une perte sur leurs investissements, ils iront à la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Houlàààà, c'est vrai qu'il n'y rien de plus grave à traiter là bas que les soucis des gentils Hedge Funds managers...
Pour ce qui est des chiffres économiques, nous aurons le CPI, les Housing Starts, les Jobless Claims, le Bloomberg Comfort Index, le Philadephia Fed Survey et les chiffres du Gaz et du Pétrole. Pour le moment l'enthousiasme asiatique fait plaisir à voir et même les futures américains refusent de baisser le pavillon même si ils ne sont qu'en hausse de 0.05%. Après une journée comme hier on aurait pu assister à un léger fléchissement du genou, mais rien pour l'instant on s'accroche.
Voilà. En ce qui me concerne c'est tout pour aujourd'hui, je ne sais pas ce qui traîne comme virus, mais c'est pas simple à combattre, je vais retourner me finir au « grog-thé-vieille-prune », histoire de tuer les microbes et de faire tomber la fièvre qui me cloue par terre... Cependant, je vous souhaite une excellente journée, que votre nespresso de la matinée soit aussi bon que possible et que votre bircher muesli soit agréable comme il se doit. N'oubliez pas de ne pas grignoter entre les repas et de manger 5 fruits et légumes par jour. Au cas où les frites du McDo ne sont pas considérées comme des légumes.
Excellente journée à vous tous...et à demain.
Morningbull
"President Obama will be going to Disney World where he'll unveil his new plan to create jobs. And what better place for the president to talk about his jobs plan than Fantasyland?" –Jay Leno
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mercredi, 18 janvier 2012
Nous sommes prudemment optimistes, mais plus optimistes que prudents, ou alors c'est le contraire
En ce qui concerne Wall Street, cette première séance de la semaine fût un succès. Bon, d'accord ce n'est pas l'euphorie totale, mais globalement quand on regarde l'hyperactivité des agences de rating qui sont incapables de la fermer plus de 24 heures, on peut s'estimer contents. Après le downgrade de ce week-end, les opérateurs de marché se sont concentrés sur les nouvelles économiques et fondamentales qui sortaient, mettant un bémol aux multiples downgrade de S&P et aux déclarations de Fitch.
D'un côté on sait que les annonces des agences de rating ont autant de valeur que... ah ben non en fait, ça n'a aucune valeur. Je ne vois rient sur cette terre qui puisse valoir les opinions de S&P ou d'un autre d'ailleurs. Donc, on a préféré se concentrer sur les bons chiffres du GDP chinois qui démontre qu'il y a au moins une économie qui cartonne dans ce monde et qui n'est pas perturbée par les problèmes de l'Europe.
Dans la foulée, les chiffres du ZEW étaient bons, les chiffres économiques US pointent toujours en direction d'une reprise et les auctions de la journée (Grèce et Espagne) se sont relativement bien passées, les rendements des dettes pointant toujours en direction de plus bas. Même les discours de Fitch et de S&P qui « pensent » que la Grèce sera en défaut d'ici mars, mais que le défaut se fera en ordre de marche que ça ne sera pas « si grave » que ça, n'ont pas impacté le marché ou alors que très brièvement. L'Europe a ouvert fort et malgré quelques faiblesses durant la séance, démontrant tout de même que nous ne sommes pas guéris et que quand ça commence à baisser les machines automatiques s'affolent et ne savent plus comment traiter (et qu'un jour ça va nous péter à la figure). Peu importe, à la fin la séance fût bonne en Europe et constructive aux USA, le S&P parvenant même à clôturer SUR son chiffre magique comme ils disent là-bas, les 1294. Parfait pour entamer la prochaine vague de la hausse de janvier.
Pourtant quand on regarde dans le détail, il y avait tout de même choses qui n'étaient pas « top ». A moins que vous étiez sur une île déserte pour les sélections de Koh Lanta, vous ne pouviez pas ignorer le fait que ce mardi 17 janvier était une des dates importantes pour les publications des chiffres trimestriels, puisque c'est ce jour que Citi et Wells Fargo ont choisi pour faire leur bilan des 3 derniers mois. Eh bien c'est vite vu, c'est 50/50. Citi est pourri et Wells Fargo était bon. A la fin c'est Citi qui gagne le combat des titans et qui tire le secteur à la baisse, faisant peur à tout le monde, sachant que ce mercredi se sera le tour de Goldman Sachs et que jeudi c'est BofA qui publiera. Et à voir ce que Citi nous montre, ça ne sera pas bon. Même si à la fin de l'été 2008 on aurait tué pour avoir un trimestre pareil après la crise du Subprime, depuis ce temps, nous avons remonté notre standard et on attendait un peu plus.
Encore une fois, comme à chaque fois que les banques publient leurs chiffres, entre la réalité et les attentes des analystes, il y a un monde. Encore une fois, la citation : « les cordonniers sont les plus mal chaussés » est parfaitement exacte. Le secteur financier est LE secteur où les attendent sont le plus complètement à côté de la réalité, mais à la fin ça ne change pas grand-chose parce que tout le monde fait une remise à niveau de ses spreadsheets, et on repart à zéro. Néanmoins, hier ce n'était pas top pour le secteur, mais on essaye quand même d'y croire parce que sans un retour de c't'équipe, on n'aura pas de « vrai » rallye en 2012. Dans la foulée et parce que finalement c'est assez logique, en fin de cession européenne, une nouvelle rumeur commençait à courir dans le marché : « selon des sources bien informées, S&P downgraderait les banques européennes. Ben tient !!! C'est assez logique à la fin, tu ne peux quand même pas estimer qu'un pays aura des perspectives pourries, sans te dire qu'à l'intérieur même de son industrie, secondaire ou tertiaire, il y aura des conséquences.
C'est assez logique comme downgrade, mais la logique étant un attribut dont les agences de rating sont habituellement dépourvues, ça pouvait surprendre. Dans le doute, les vendeurs s'attaquaient à tout ce qui se rapprochait de près ou de loin à une financière et même des fois des trucs qui n'avaient rien à voir avec les financières, mais on ne sait jamais, sur un malentendu, ça peut marcher.
En fait à la fin S&P a bien dowgradé des valeurs, mais c'était loin d'être des financières, ou alors EDF et SNCF se sont sacrément restructurés récemment. Sont également downgradés des entreprises publiques françaises, comme l'Unedic, la Cades, le Réseau Ferré de de France, l'Epad et d'autres trucs qui ne vont pas nous changer la vie. En revanche, cette attitude, laisse à penser que la perte du triple A français n'est qu'une première étape et qu'à moyen terme, il y a encore du boulot de côté pour S&P.
A la fin le secteur financier, que ce soit en Europe ou aux USA, aura vécu une journée moyennement drôle. En revanche, la technologie a pris le relai. Aux USA l'indice que l'on qualifie de « techno », soit le NASDAQ était le plus fort des trois compères. La faute à Apple qui accroche un nouveau plus haut historique de tous les temps. La compagnie californienne a touché les 424$ record battu. Pendant ce temps le CEO d'Amazon, Jeff Bezos recevait le prix du CEO de l'année, les semiconducteurs étaient en forme et même RIMM, la mère patrie du Blackberry était en folie et après une hausse de près de 8% hier, il se disait que selon des sources autorisées, ils seraient en train de se vendre à Samsung. Cela reste à confirmer et comme ça en regardant, je ne vois pas ce que cela peut apporter à Samsung ou alors retirer un concurrent du marché, ce qui ferait aussi le bonheur d'Apple. On a également appris que l'ex-CEO historique de Yahoo !, Jerry Yang a filé définitivement son sac et quitte immédiatement ses fonctions au Conseil d'Administration du moteur de recherche et le titre s'envole. Belle performance du secteur automobile qui voit une forte demande de l'étranger et tout semble aller très bien pour eux, tant qu'ils n'essayent pas de vendre en Europe, mais hier les BMW's, Daimler et autre Renault étaient sacrément bien orientés, reste Porsche qui ne parvient pas à sortir du lot et se traîne comme si ils étaient passés à l'hybride - en fait ils sont passés à l'hybride, ça doit pas être ça alors.
Dans les « mauvaises opérations » de la journée on retiendra Carnival qui se faisait laminer après le naufrage du Concordia. Le propriétaire du paquebot de luxe a été violemment sanctionné par les marchés alors que la polémique autour de l'attitude du capitaine fait rage. Le titre abandonnait 14% de sa valeur.
Côté or et pétrole ça reste toujours très calme et mis à part les tergiversations de l'Euro, qui tente le rebond tous les jours mais qui se fait renvoyer à la niche tous les soirs, il n'y a pas grand-chose qui draine l'intérêt sur les ex-stars des commodities. Ce matin l'once d'or s'échange à 1656$ et le baril de pétrole est à 101.36$, attendant patiemment l'annonce des chiffres des inventaires qui auront lieu ce soir. On sait déjà que ce sera complètement à côté des attentes, reste à savoir de combien et dans quel sens, l'équation est aussi simple que cela à résoudre. A noter tout de même que Morgan Stanley a coupé ses prévisions sur les métaux pour l'année 2012, rassurez-vous ils sont toujours bullish, mais un peu moins en terme d'objectis. L'or ne devrait aller « plus qu'à 1845$ ».
Dow Jones 12482 +0.48%
S&P500 1294 +0.36%
Nasdaq 2728 +0.64%
Londres 5694 +0.65%
Paris 3270 +1.40%
Francfort 6333 +1.82%
Milan 15326 +0.69%
Madrid 8535 +1.01%
SMI 6056 +0.41%
Tokyo 8579 +1.34%
Hong Kong 19686 +0.30%
Shanghai 2396 -0.46%
Sydney 4285 +0.18%
Sans grande originalité, dans la foulée de hausse en Europe et aux USA, les marchés asiatiques sont en montée, sauf Shanghai qui rame et qui corrige des excès de ces derniers jours, on ne peut quand même pas monter tous les jours sans conséquences.
Une de nouvelles de ce mercredi sera sûrement l'annonce de la Banque Mondiale qui baisse ses prévisions de croissance globale pour la planète Terre. La croissance pour cette année, en ce qui concerne les pays « développés , (reste à savoir si on en fait partie) ne sera « que » de 5.4% contre 6.2% précédemment, on est donc content de savoir que la Banque Mondiale ait fait sa sortie annuelle, on peut la remettre dans la naphtaline et attendre janvier prochain pour voir si ça va mieux.
Dans un récent sondage, on apprend que les millionnaires sont en faveur de la taxe « Buffet » qui voudrait que les riches paient plus d'impôts pour soutenir l'Etatt, pour autant que ce ne soit pas EUX qui paient. Ça leur paraît plus simple si c'est les autres qui prennent ça en charge. Chose dont on ne pas leur en vouloir.
Selon un Hedge Fund Manager proche du dossier, la Grèce serait sur le point de trouver un « deal » avec ses créditeurs afin de leur racheter leur propre dette pour 32 cents pour un euros. Ce fund manager pense que la Grèce ne pourra pas rembourser son échéance de 14.5 milliards d'euros qui arrive à échéance en mars, mais d'ici là, ils auront trouvé un accord avec tout le monde pour éviter un défaut. C'est 32 cents ou que dalle...
Le Barron's se demande si il n'est pas temps d'acheter le secteur financier et il n'a peut-être pas tort. Si les choses se calment en Europe, ce sera probablement THE place to be pour l'année en cours. Il faut surveiller la chose attentivement car le retour en grâce pourrait être violent si il a lieu.
Côté chiffres économiques, nous aurons de quoi nous occuper, il y aura les MBA Purchase Applications, le PPI, les ventes des grand-magasins, le Redbook, la Production industrielle, le Housing Market Index et le Treasury International Capital. Mais au-delà de ces chiffres, nous allons également avoir du boulot du côté du trimestre, avec ASML. Goldman Sachs et US Bancorp avant l'ouverture et eBay, Sanmina et Xilinx après la clôture.
Pour l'instant les futures sont bien orientés, mais avec les chiffres de cette après-midi, tout peut changer, même si, en ce qui concerne Goldman on s'attend vraiment au pire, donc au cas où c'est « moins pire », ça pourrait être drôle...
En ce qui me concerne, je vais passer la journée à lutter contre la fièvre qui vient de me tomber lâchement dessus et je vous retrouve demain pour de nouvelle aventures (si je m'en sors)..
Encore une chose, si vous voulez vous « exprimer », pour une fois et que vous en avez marre du réseau de transport genevois qui nous rempli de joie chaque jour, sachez qu'il y a une pétition qui tourne au cas où :
http://img69.xooimage.com/files/3/a/3/p-titiontpg-30718fa...
A demain et bonne collecte de signatures !!!
Morningbull
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mardi, 17 janvier 2012
A se demander qui de la Grèce et de S&P va disparaître en premier
Entre la séance de vendredi passé et celle d'hier, le maître mot fût donc (encore une fois) downgrade, downgrade et downgrade. A moins d'être parti en exploration sur la face cachée de la Lune, vous ne pouvez avoir raté les rumeurs de downgrade, puis la confirmation des rumeurs de downgrade par S&P. Downgrade de plusieurs pays Européens, dont la France – très attendu depuis des mois – Cette annonce n'a surpris personne, en revanche, ce que j'ai trouvé fascinant c'est la manière avec laquelle c'est arrivé dans le marché ; via une dépêche Reuters qui relayait les déclarations de « quelqu'un de haut placé dans l'Union Européenne », cette personne laissait entendre que S&P allait donc faire son travail de charognard dans la soirée de vendredi. Chose promise, chose due. C'est donc une certitude, il y a des « gens » qui sont mieux informés que les autres et c'est toujours rassurant et agréable de savoir dans le monde merveilleux qui nous entoure. Ça fait plaisir et ça donne pas l'impression que l'on se fait balader par des gens qui ne jouent pas avec les mêmes cartes que le commun des mortels, mais en même temps je ne suis pas vraiment surpris, va comprendre.
En gros, les clowns de S&P ont fait leur office. Ça faisait longtemps qu'ils nous le promettait, ils ont finalement réussi à mettre la touche finale à leur spreadsheet excel pour être SÛRS que la France devait perdre son triple A. Je ne vous parle même pas des autres pays, car pour être franc, tout le monde s'en fout et que l'Italie ou l'Espagne soit un ou deux crans plus bas ne résoudra rien, ne simplifiera rien, en revanche, politiquement parlant le downgrade de la France a dû faire pleurer dans le chaumières UMP. En revanche, ce qui est assez drôle et pas forcément surprenant à la fin, c'est que cette annonce n'a même pas fait broncher le marchés à la baisse. Ils s'en foutent complètement, au contraire c'est presque une bonne nouvelle parce qu'au moins nous savons maintenant où nous en sommes. Et puis comme S&P est quasiment tout le temps faux en terme de timing, c'est peut-être carrément le signal d'achat du rallye d'après Noël, c'est un nouveau celui-là, il vient de sortir...
Donc voilà, depuis vendredi après-midi on ne parle plus que de «ça », plus que de ce downgrade et des éventuelles peut-être c'est même pas sûr conséquences sur l'économie et les marchés. New York aura fini sa semaine en roue libre, parce qu'ils étaient à la veille d'un long week-end pour fêter Martin Luther King et que personne n'avait réellement envie de faire les grandes manoeuvres avant trois jours de congé. Et puis à la fin, ce downgrade, ça change quoi ??? Oui, que dalle en effet, je suis d'accord avec vous. Au pire on sait à quoi s'en tenir et la France aura un peu plus de peine qu'avant pour se refinancer, quoi que, c'est même pas sûr.
En tous les cas, cette annonce aura donné du travail aux journalistes et de quoi causer durant les brunchs du dimanche matin. Du coup l'opposition française aura trouvé un nouveau souffle à son programme de campagne et puis le Ministre de l'Economie aura passé son week-end à trouver une explication pour expliquer pourquoi et comment finalement ce downgrade n'est pas si grave.
Mais au-delà de l'annonce de S&P, ce qui revient une fois de plus sur le marché, c'est la question de savoir si ces agences de rating ne feraient (par hasard) plus de mal que de bien. La réponse est OUI, elles font plus de mal que de bien. Même Mario Goldman Draghi Sachs l'a déclaré hier ; nous devons apprendre à nous dissocier de ces réactions « mécaniques » induites pas un downgrade de telle ou telle agence, nous devons apprendre à intégrer ces informations comme un paramètre supplémentaire à la prise de décision et non pas à comme la réponse à toutes les questions et la mère de toutes les solutions d'investissements... De plus il faut tout de même reconnaître et être conscient d'une chose ; le jour où les agences de notations auront trouvé la formule magique pour être juste à tous les coups, ils feront de l'investissement et non pas des recommandations...
De plus ce qui est phénoménal, c'est que vous trois agences américaine, pas une européenne et une chinoise et les 4 agences existantes n'ont pas les mêmes rating !!! Pourtant ils ont tous fait les mêmes études, mais apparemment les paramètres utilisés ne sont pas les mêmes et à la fin, la réponse n'est pas vraiment similaire entre elles. Pourtant à la fin il y qu'une seule France, qu'une seule Italie... c'est donc forcément que leur prise de position sur une dette ou sur une autre frise tout de même la spéculation. Ce qui veut dire qu'à la fin, ils ne sont pas mieux que le plus vicieux des Hedge Funds et le plus corrompu des traders, ils prennent des paris, des fois ils sont justes et des fois ils sont faux. Généralement ils sont faux, mais va savoir pourquoi, au travers des années, nous leur avons donné une légitimité. Il est peut-être temps de la reprendre.
Pour le reste, le marché aura été calme et finalement, compte tenu des évènements, relativement bien orienté, même si vendredi aura été une journée « compliquée » comme ils disent sur BFM quand ils ne veulent pas dire qu'ils n'y comprennent rien et que ça va dans tous les sens, ce lundi en l'absence des ricains la séance européenne aura été relativement bonne. Surtout quand Moody's est venue confirmer qu'elle gardait toute sa confiance à la France en lui confirmant son triple A... Comme quoi, encore une fois, mêmes études, mêmes mathématiques (que ce soit chez l'un ou chez l'autre 1+1 fait toujours deux) et pourtant le résultat de l'équation n'est pas le même, ce qu'il y a de bien, c'est que les agences de rating commencent même à se contredire entre elles. Si vous voulez mon avis, c'est le début de la fin. C'est comme les dinosaures, un jour on va se réveiller et ils ne seront plus là. Pas les dinosaures, les agences de rating.
Et puis pour ne pas être en reste et justifier une certaine cohérence dans leurs annonces, S&P est venu downgrader la note du fonds de sauvetage. Oui, vous savez ce bon vieux EFSF n'est plus triple A non plus. Forcément quand tu coupes les ailes des pays qui le finance, tu peux tout même pas lui laisser son triple A juste parce que l'Allemagne est le plus gros contributeur et puis en même ça fait parler encore une fois S&P. Je rappelle pour mémoire que les agences de rating avaient tout de même mis des triples A sur les produits « subprime » de l'époque, les investisseurs qui sont collés avec des produits Lehman Brothers sur l'immobilier apprécieront le niveau de compétence.
Bon assez parlé d'eux. En même temps je ne voulais pas trop m'éterniser sur le sujet, mais force est de constater que c'est LE sujet chaud-bouillant dans les marchés. Et sans ça, je ne sais pas de quoi on parlerait parce que les bons chiffres de Richemont ou les moins bons de Holcim, on a quand même vite fait le tour et force est de constater que quand les américains ne sont pas là, on s'ennuye rapidement. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.
Dans la foulée du downgrade du fonds EFSF, S&P a tout de même ajouté que si on augmentait un peu la taille du-dit fonds, clin d'oeil amical aux pays « encore triple A en Europe », l'agence américaine pourrait envisager peut-être de remonter la note. L'Allemagne, puisque c'est le premier pays concerné qui devrait mettre la main au porte-monnaie, a déjà déclaré qu'ils ne voyaient pas la nécessité de remettre du pognon sur le tapis. Les trois autres pays encore badgés triple A n'ont rien dit pour le moment, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande se réservent peut-être pour plus tard ou alors qui ne dit mot consent, reste à savoir quoi... Pendant ce temps, Draghi a laissé entendre qu'il faudrait peut-être renflouer le fonds, laissant donc la porte ouverte à toutes les fenêtres. Peu importe à la fin le marché monte et le fait que l'on reparle de la Grèce qui pourrait mettre la clé sous la porte plus tôt que prévu ne perturbe même plus les investisseurs. On l'impression que nous avons tellement discounté la fin du monde dans les prix du marché que plus rien ne semble vouloir impacter les marchés actions. En tous les cas, il faut admettre que quelque chose a changé ces derniers mois, parce qu'il y a 8 semaines de cela, vous veniez avec un package de news comme nous avons depuis trois jours, il fallait ramasser le CAC, le DAX et le MIB à la petite cuillère, le jour d'après Nouriel Roubini était invité sur le journal de TF1 et en fin de semaine il se présnentait aux élections contre Sarkozy.
Pendant ce temps, l'Euro se fait défoncer tous les jours un petit peu plus, tous les jours il tente la remontée, mais tous les jours il se fait défoncer quand même. Comme les USA étaient fermé, on ne va même pas perdre de temps au sujet de l'or et du pétrole, la hausse de 1.5% sur les deux compères n'a que très peu de valeur étant donné le nombre drastiquement bas des intervenants. Ce matin l'or est à 1658$ et le baril est à 100.08$, comme tous les jours depuis un mois, serais-je tenté de dire.
Les indices américains étaient donc fermés hier, mais voici où nous en sommes :
Dow Jones 12422
S&P500 1289
Nasdaq 2711
Le S&P500 est sous son niveau clé des 1294 points, mais toujours susceptible de casser à la hausse dans les jours à venir étant donner le fait que nous sommes tous immunisés contre les mauvaises nouvelles.
Londres 5657 +0.37%
Paris 3225 +0.89%
Francfort 6220 +1.25%
Milan 15221 +1.40%
Madrid 8450 -0.01%
SMI 6031 +0.58%
Tokyo 8449 +0.84%
Hong Kong 19368 +1.87%
Shanghai 2333 +0.93%
Sydney 4275 +1.57%
Ce matin, l'Asie est en pleine forme et nous offre une réveille dynamique et de bonne humeur. Après avoir surréagit au dowgrade de vendredi et après avoir constaté que les Européens eux-mêmes n'en avaient pas grand-chose à faire, les marchés du Far-East repartaient direction de la hausse, probablement bien aidé par les chiffres du GDP Chinois de ce matin qui sont splendides, en hausse de 8.9%, bien plus fort que les économistes attendaient, comme quoi ont peut-être économistes est être faux comme une agence de rating. Comme le disait une citation lue ce matin « Dieu a créé les économistes pour que les météorologues se sentent moins seul ».... Bref, la Chine va bien, mieux que ce que l'on pouvait penser, puisque certains « experts à Shanghai » craignaient que le ralentissement Européen viennent entailler, de manière une peu trop violente, la croissance chinoise. Mais ce matin, tout à l'air d'aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Aux USA, cette semaine les choses sérieuses vont commencer, de plus en plus le candidat Romney semble être le futur adversaire d'Obama et l'on va peut-être pouvoir commencer à parler d'autre chose, ce quelque chose sera probablement les chiffres économiques qui vont être publier cette semaine, entre chiffres de l'immobilier et données sur l'inflation, les intervenants seront bien occupés et devront également gérer la saison des résultats qui va commencer à s'intensifier. Après les chiffres de JP Morgan, c'est Citi Group qui sera le prochain à passer à la moulinette, pas plus tard que ce midi. Il y aura également Wells Fargo, Ameritrade et Check Point Software, le tout avant l'ouverture, puis après la clôture, ça sera le tour d'Adtran, Linear Tech et Cree. Pour le moment le nombre de candidats à la publication reste mince, mais les jours à venir on va commencer à faire monter la sauce avec IBM, Intel et Microsoft en point d'orgue jeudi soir.
Le Barrons vient de publier sa table ronde pour le début de l'année, il n'y a pas de grande révolution dans le contenu, les enjeux sont les mêmes que l'on peut imaginer en lisant n'importe quel journal à vocation un tout petit peut financière. L'invité qui se démarque le plus est Félix Zulauf qui nous prédit que le système bancaire pourrait exploser si l'Europe ne s'en sort pas rapidement, bien qu'il ne semble pas prévoir un miracle de ce côté-là, puis la totalité des pays Européens seront récession cette année, voir même l'année prochaine.
Si vous avez envie de vous remonter le moral, vous pouvez trouver le fichier complet en bas de la page ou sous le lien :
http://morningbull.blog.tdg.ch/media/00/02/1603448194.pdf
Ce matin, on apprend également et sans surprise que Coca-Cola reste la meilleur marque du monde, d'ailleurs dans ce classement nous pouvons apprendre que les 7 premiers sont les mêmes (Coca, IBM, Microsoft, Google, GE, McDo, et Intel) et dans le même ordre, que le huitième, Nokia s'est fait souffler sa place par Apple (quelle surprise) et se retrouve 14ème, alors qu'Apple gagne 9 places par rapport à l'an passé. Qu'Ikea perd trois rang et se retrouve 31ème, ça c'est pour les cloques au mains de ce week-end en montant ma nouvelle table. Que bien des Brokers (Morgan Stanley et Goldman Sachs) perdent des rangs. BalckBerry en perd encore 2 cette année et ce n'est malheureusement pas fini, que Porsche est moins bien classé que Caterpillar, comme quoi vaut mieux faire des pelles mécaniques que des voitures de sport puisque Ferrari est 99ème et perd 8 place et se trouve derrière UBS et John Deere, mais devant Harley Davidson... La plus forte progression cette année est Amazon.com et la plus forte chute est enregistrée par Nintendo, ex-aequo avec Yahoo !
Apple a perdu un procès qui aurait permis de bloquer les importations de téléphones Motorola qui tournent sous Androïd. Le juge a estimé qu'il n'y avait pas violation de patente. Carnival Cruise n'est pas non plus très populaire en ce moment, surtout depuis que leur bateau a chaviré ce week-end et surtout au début de la saison des croisières, comme pub, il y avait mieux. Après avoir correctement prédit les problèmes de Citigroup, Meredith Whitney, maintenant indépendante, avait prédit que 2011 serait l'année catastrophique pour les Municipal Bonds, il n'en fut rien même si l'on a connue des meilleures années dans ce secteur de la finance. Pourtant Meredith n'en reste pas là, elle persiste et signe, cette année sera pire que 2011, et 2013 sera pire que 2012. On en est a espérer que les Mayas ne soient pas trompés.
En tous les cas, une chose est passionnante ; c'est incroyable le nombre d'analystes qui ont fait des prévisions négatives mais correctes par le passé et qui, par la suite continuent de s'entêter dans leur négativisme pour les années futures, comme si ça allait remarcher tous les trois mois. Sans parler de Roubini, il y a également Mme Garzarelli qui avait prévu le krach de 1987 et qui a été négative jusqu'à fin 1999, moment où elle a finalement tourné bullish à trois mois de l'explosion de la bulle internet... On espère pour elle, que Madame Whitney n'est pas dans la même spirale. En même temps, pour le marché, on espère qu'elle y est.
En Europe, Sarkozy s'est fait un allié pour sa croisade en faveur de la taxe Tobin, ça fait au moins une personne sur le continent qui est d'accord avec lui. En plus de son Gouvernement bien sûr, enfin je crois. Le Premier Ministre Espagnol, Monsieur Rajoy est d'accord avec le Petit Nicolas, l'Angleterre n'est toujours pas d'accord, mais en même temps elle s'en fiche elle n'est plus en Europe, pour autant qu'elle y ait été un jour.
Côté chiffres économiques, nous aurons droit à l'Empire State Manufacturing Index pour bien commencer la semaine américaine. Pour le moment on est assez constructifs au USA, puisque les futures sont orientés à la hausse de l'ordre de 0.4%. Encore une fois, compte tenu de ce qui se passe au niveau des nouvelles sur la dette souveraine, la tenue du marché est exceptionnelle.
Voilà, je crois que c'est tout ce qu'il y avait à dire pour ce matin, je vous retrouve demain à la même heure, surtout que cette fois le technicien Swisscom a VRAIMENT trouvé pourquoi mon Wi-Fi ne marchait pas. Si cela se reproduit dans les jours à venir j'écrirais mon commentaire sur une machine à boule IBM et je livrerais le commentaire en vélo directement dans vos boîtes aux lettres.
Très bonne journée et à demain.
Morningbull
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Tour de Table Janvier 2012
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jeudi, 12 janvier 2012
Pour 17 milliards de plus
Les journées se suivent mais ne se ressemblent pas. Alors que la veille le marché était en plein euphorie pour quelques commentaires optimistes et surtout pour l'absence de commentaires négatifs, cette journée de mercredi n'avait pas grand-chose à envier des journées les plus calmes d'entre Noël et Nouvel An. Après avoir fait mine de vouloir prolonger le rallye de la séance précédente, les indices européens sont vite retombés dans leurs vieux travers. Pour leur défense, il faut tout de même dire que les « experts » de l'agence de rating Fitch sont redescendus d'Aspen et visiblement l'air frais de la montagne et les séances d'après-ski dans les bars de la station, leur ont donné des idées.
Hier ils ont commencé par déclaré un truc dont on ne se doutait pas une seconde, une nouveauté et une réalité économique que personne n'avait envisagé, pire même, que personne n'avait vu venir ; Fitch a déclaré que « le temps ne jouait pas en faveur de la Grèce et qu'il fallait agir vite au risque d'aller au devant des problèmes »....Incroyable non ??? J'espère en tous les cas qu'ils sont grassement payés parce que faire une recherche poussée à ce point pour nous prévenir d'un truc que PERSONNE ne savait et surtout que PERSONNE n'avait vu venir, je ne peux que mettre un genou à terre et saluer leurs compétence pour tant de talent, de grandeur et de visionnarité – oui, je sais visionnarité ça n'existe pas comme mot, mais Fitch méritait qu'on l'invente pour eux.
Mais attendez, ne sortez pas de la salle, ce n'est pas tout !!! Après avoir bluffé tout le monde avec une annonce qui donne l'impression qu'ils reviennent du futur au volant d'une DeLorean qui fonctionne aux déchets organiques, il en ont encore rajouté une couche en déclarant que « la BCE devait agir pour éviter le crash de l'Euro »... Alors là c'en est trop. On ne peut pas rivaliser face à tant de talent et de compétence, comment peut-on jouer aussi facilement avec une dizaine de coup d'avance, ces type sont trop fort et en tous les cas on ne peut que les remercier d'attirer l'attention de Mario Draghi sur le job qu'il a faire, parce que jusqu'à hier il était persuadé qu'il devait se contenter de se promener en Europe au volant de son Audi et de faire le tour des Relais e& Châteaux... Non, franchement, moi je propose que le 11 janvier devienne jour férié et qu'il soit renommé « Fitch Day », c'est la moindre des choses que l'on puisse faire pour cette compagnie qui aura changé définitivement la face du monde de la finance.
Même si tout le monde était conscient que les déclarations de Fitch avaient à peu près autant de valeur que des promesses électorales, ça a tout de même foutu le doute dans l'esprit des intervenants qui se sont soudainement rétractés dans leur coquille. En plus, au même moment des rumeurs sur le downgrade de la France ont commencé à circuler et tout à coup tout le monde courait se planquer à la niche pour éviter les éventuels coups de tonnerre. Puis, un « officiel du Gouvernement Français qui a refusé d'être nommé » - merci la transparence – à déclaré que cette rumeur était fausse. A partir de là, les traders se sont sentit un peu moins angoissés et la distribution gratuite de 10'000 boîtes des Lexomil dans les salles de trading européennes sont parvenues à détendre quelque peu les participants du grand-jeu des agences de rating : « qui perd gagne ».
Dès lors on se sentait un peu plus à l'aise et l'auction des 3.2 milliards du Gouvernement Allemand étant passée comme un lettre à la poste et aussi bien que l'accouchement de Beyoncé (3.2 milliards à 0.9% sur 5 ans, les grecs en bavent encore), tout retrouvait un poil de sérénité même si la tension restait palpable et qu'on avait quand même l'impression que la journée était foutue. Et surtout on commençait à angoisser puisque plus le mercredi touchait à sa fin, plus nous nous rapprochions du jeudi – oui car statistiquement, 100% du temps, après le mercredi vient le jeudi, mais là il s'agit de CE JEUDI... et ce jeudi 12 janvier va voir arriver l'auction conjointe de l'Italie ET de l'Espagne, parce que l'un après l'autre avec une semaine d'écart c'était bien trop facile. Durant cette auction, les deux vedettes des PIIGS vont tenter de lever la bagatelle de 17 milliards d'Euros.
Inutile de vous dire que l'on sera tétanisés derrière nos écrans en attendant « THE NEWS », dans « THE NEWS », nous saurons combien et surtout à quel taux... Parce 17 milliards à 7%, ça fait quand même cher le coupon et ça ne va pas aider à se sortir de l'ornière. Je vous passe le couplet sur la réunion mensuelle de la BCE qui aura AUSSI lieu aujourd'hui. Voyant cette journée de jeudi bien chargées et l'ouverture de New York qui était loin d'être euphorique, les traders européens ont donc rendu les armes pour la journée, se disant qu'une journée sans direction et morose c'est quand même mieux qu'un coup de pied au cul.
D'ailleurs pour résumer la séance d'hier, un journaliste a utilisé un terme que j'aime beaucoup et je me réserve le droit de l'utilisé un de ces jours. Il a qualifié la journée « d'anxiogène »... Vous voyez qu'avec mon histoire de Lexomil, je n'étais pas loin.
Néanmoins toutes ces tergiversations politico-ratingo-fitcho-économico-rigolo, ont tout de même donnée encore du fil à retordre pour les gens qui s'intéressent encore à l'Euro-Dollar. Les déclarations des uns et des autres nous encore valu des swings mémorables sur la monnaie. Moi je propose que l'on fixe le cours de l'Euro-Dollar à 1 et qu'on arrête de se prendre la tête avec ce truc.
A New York le marché était faiblard à l'ouverture et faiblard jusqu'à la clôture de l'Europe. Comme d'habitude. De là à voir une provocation de la part des américains, il n'y a qu'un pas. Puis, les bons chiffres de Lennar, géant de la construction, laissait supposer que le marché immobilier était en plein phase de retournement, pas à la vitesse d'une course de NASCAR, mais quand même. Du coup on a commencé à se refaire le même scénario que la veille et se dire que, si l'on fait abstractino de l'Europe et que l'on regarde strictement les chiffres trimestriels des sociétés, il y a du bon... vraiment du bon...
Et puis, non contents d'avoir réussi à appliquer la méthode Coué sur les chiffres du trimestre, les intervenants avaient également droit à la publication du Beige Book qui confirmait également que l'économie US était en phase de croissance, croissance lente mais croissance quand même. Un peu comme l'Allemagne d'ailleurs puisqu'eux aussi ont publié des chiffres, le PIB était en croissance de 3% comme prévu. Un plan qui se déroule sans accroc pour l'Allemagne. En fait la seule erreur de l'Allemagne c'est de s'être associé avec 26 autres pays. Bref, à la fin les américains parvenaient à remonter la pente pour terminer inchangé par rapport à la clôture de la veille. Le S&P500 s'arrête parfaitement sous la résistance des 1294, puisque selon les analystes-experts, 1294 est le « chiffre magique » du S&P500 puisque depuis 18 mois, on bute dessus à la hausse comme à la baisse. Cette fois nous nous devons de tenter le « break-out » et si c'est le cas, l'horizon est dégagé pour 40 ou 50 points de hausse sur l'indice.
Du côté de la doublette magique (or noir-or jaune), rien de neuf sous le soleil. L'or avance gentiment, entre les bruits de bottes en Iran et les craintes récurrentes sur l'Europe, les investisseurs manquent singulièrement d'idées et quand les investisseurs n'ont pas d'idées, ils achètent de l'or. En parallèle, on regarde également l'Euro-Dollar et ça donne une volatilité moyenne mais une tendance de fond haussière pour le moment sur le métal jaune. En ce qui concerne le pétrole, c'est un peu différent. On également cette relation amour-haine avec le dollar, mais en plus une fois par semaine on la publication des inventaires selon le Dieu EIA. Vous l'aurez sûrement noté, depuis quelques mois on en parle beaucoup moins, des inventaires. Alors je vous rassure tout de suite, les « prévisionnistes pétroliers » sont toujours aussi faux dans leurs prévisions et l'EIA prend toujours un malin plaisir à les prendre à contre-pied. Cette semaine n'aura pas fait exception, puisque l'on attendait une baisse de 1 millions de baril et que les chiffres sont sortis à 400'000 barils en hausse. Eh oui, il y a des choses qui restent immuable dans le temps... Je pense que maintenant que nous sommes de retour au-dessus des 100$, on va en reparler un peu plus durant notre chemin en direction des 135$, puis des 200$, puis des 300$.... Hier la surprise à la hausse sur les inventaires a déclenché quelques ordres de ventes, poussant le baril à clôturer en légère baisse. Ce matin un baril vaut 101.24$ et une once d'or 1644$.
Dow Jones 12449 -0.10%
S&P500 1292 +/-0%
Nasdaq 2711 +0.31%
Londres 5671 -0.45%
Paris 3205 -0.19%
Francfort 6152 -0.17%
Milan 14882 +0.25%
Madrid 8427 -0.54%
SMI 6008 -0.71%
Tokyo 8369 -0.95%
Hong Kong 19129 -0.12%
Shanghai 2381 -0.15%
Sydney 4238 -0.11%
Les chiffres économiques publiés ce matin en Chine démontrent que l'inflation se calme un peu et que les agissements de la Banque Centrale fonctionnent. On attend d'ailleurs toujours qu'elle prenne une nouvelle décision en faveur du marché, mais pour le moment, rien à faire. Ce matin, le Japon se montre moins solide que le reste de la région et à Tokyo on commence déjà a parler de la crise européenne et de l'auction de ce matin à venir. Et comme Tokyo sera fermé quand les auctions auront lieu, on peut comprendre qu'ils n'ont pas envie d'être dans la machine à laver sans rien pouvoir faire quand le tambour se mettra en marche.
Toujours à propos de l'Asie, le VRP des USA continue sa visite éclair de la région et après avoir tenté d'obtenir le droit de raser l'Iran auprès des chinois, il est au Japon pour essayer de persuader les japonais de réduire leur dépendance au pétrole iranien, juste au cas où un éventuel blocus du détroit d'Ormuz serait plus compliqué que prévu à faire sauter. On peut donc supposer que les tensions irano-américaines ne s'améliorent pas et il semble de plus en plus stratégique d'être long sur le pétrole, parce que si ça pète là-bas, le baril ne va pas aimer.
Dans les nouvelles plus terre à terre, Regions Financial a annoncé la vente de Morgan Keegan à Raymond James pour le prix de 930 millions de dollars. Les titres concernés étaient inchangé après la clôture. En revanche du côté des pétrolières, Chevron a fait un « profit warning », prévenant les investisseurs que ses résultats du Q4 seraient assez proches du Q3, ils parlent de faiblesse dans le business du raffinage et ils devraient publier leurs chiffres le 27 janvier. Chez Urban Outfitters, on cicatrise après le départ surprise du CEO, le titre a perdu 20% sur la nouvelle, mais le co-fondateur Richard Haynes a sauté dans les baskets de CEO et va tenter de redresser la barre. Les analystes se sont empressés de corriger leurs recommandations sur la valeur, comme celui de chez Citi qui passe de BUY à SELL avec un target 20$ contre 34$ auparavant.
Après que Michelle Bachmann, ex-candidate à la Présidence et détentrice d'un des QI les plus bas des Etats-Unis, ait proposé que Warren Buffet « donne » sa fortune au Gouvernement US, l'Oracle d'Omaha a répondu que si il faut passer au système des donations, il donnerait autant de dollars que les membres du Congrès Républicains donneront. Une chose est sûre l'Amérique est un pays exceptionnel, que des lobotomisées comme Michelle Bachmann puisse ne serait-ce qu'imaginer devenir Présidente, c'est vraiment un endroit où tout est possible.
A une semaine de la publication de leurs résultats trimestriels qui devraient être historiquement bas, Goldman Sachs vient de perdre deux « top shots », un à Londres, Edward Eisler et l'autre à New York, David Heller. Dès la fin de la semaine nous aurons de l'activité dans le secteur financier, puisque JP Morgan ouvrira les feux demain et sera suivit tout le long de la semaine prochaine par la longue processions des membres du secteur.
La Tribune.fr vient de publier un sondage réalisé auprès de plusieurs économistes et il en ressort que la France devrait perdre son triple A d'ici fin mars au plus tard. Il est vrai qu'au vu de l'exactitude dans les prédictions de ces derniers sur les 20 dernières années, on est sûrs d'avoir un renseignement de première bourre avec cet article. Toujours dans la série sondage en tous genres, un cabinet d'étude à découvert que les travailleurs français sont moins assidus et travaillent moins que leurs homologues européens. Et selon une dernière « étude », la plus grande banque d'Italie est officiellement : « la Mafia ». Selon le rapport, durant la crise elle aurait réalisé 7% du PIB et possèderait 65 milliards de liquidités, mais le plus beau, c'est la conclusion du rapport qui dit :
« Les Mafieux ont changé de visage, ils sont désormais des banquiers, des avocats ou des notaires. Via leurs métiers, ils connaissent les mécanismes du marché du crédit légal et ils connaissent souvent parfaitement la situation financière de leurs victimes »
Le Barron's recommande d'acheter des titres de la société Mitek. La compagnie, active dans les software mobiles pour les banques est leader dans son secteur et devrait donc exploser dans les mois et les années à venir. Microsoft va se restructurer ET licencier et Archer Daniels aussi, même si ce n'est pas le même secteur.
Et puis on ne peut pas conclure ce commentaire sans parler du fait que l'ex-patron de la BNS va quand même arrêter de bosser avec effet immédiat et qu'il sera payé 1 million pendant un an, pour ne rien faire. Et sans avoir le droit de bosser dans une banque pendant 6 mois. Il n'y a pas de raison d'en faire une polémique, surtout que l'affaire est toxique, mais il me semble que c'est tout de même un peu gonflé en ces temps de crise. Mais bon, pas de polémique, sinon Blocher va s'énerver.
Côté chiffres économiques, nous aurons les Jobless Claims, les Retails Sales, les Business Inventories, les chiffres du gaz, le Treasury Budget, le Fed Balance Sheet et le Money Supply. Mais également la réunion de la BCE et au cas où vous ne l'auriez pas vu ni entendu, l'Italie et l'Espagne vont tenter de lever 17 milliards d'Euros. Youpie.
Pour ce matin, l'Asie tente de rester en équilibre, même si le Japon se fait tirer l'oreille, les futures américains sont inchangés mais étant donné les échéances de la journée, la meilleur des stratégie reste encore le bon vieux pile ou face...pourtant au fond de moi, tout au fond, j'ai quand même cette bonne vieille fibre bullish qui vibre...
Il me reste à vous souhaiter une excellente journée et on se retrouve demain pour faire le bilan de ce jeudi maudit ou de ce jeudi réjouit..
Morningbull
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mercredi, 11 janvier 2012
Le marché va mieux quand on ne lui parle pas de la crise européenne
C'est suffisamment impressionnant pour en parler ce matin. Depuis plusieurs semaines, je me dis que le jour où nous arrivons enfin à intégrer le fait que ; oui, c'est vrai c'est la merde au niveau de l'endettement des pays Européens, mais que ce ne sont QUE les Gouvernements et que les sociétés, elles ne vont pas si mal que ça, on pourra peut-être aller un peu plus loin dans la thérapie dans laquelle nous sommes coincés depuis 18 mois.
Peut-être qu'hier nous avons vécu le début de quelque chose de ce côté-là. Il est vrai que nous avons peu parlé de la crise de la dette, si ce n'est Fitch qui la ramenait, menaçant de couper le rating de plusieurs pays du vieux-continent, estimant que l'Italie était un gros risque pour l'Europe, mais déclarant également que la France ne serait pas downgradée en 2012 selon eux. Ce dernier commentaire a également donné du carburant au marché, mais doit pourtant être mis en perspective, parce que le jour où un organisme de rating sera capable d'avoir une vision sur le long terme qui lui permet d'anticiper quoi que ce soit, ce jour-là, les vaches voleront et on aura intérêt à avoir un bon parapluie...
Donc, le seul rapport à la crise que nous ayons eu hier sont les déclarations de Fitch et un emprunt grec à 6 mois à 4.9% dont tout le monde se fiche et fait comme si rien ne s'était passé. Non, hier soudainement on commençait à parler des chiffres du trimestre, l'annonce relativement positive d'Alcoa, ou en tous les cas pas trop négative par rapport aux pires craintes, mais surtout constructive au niveau de l'avenir a mis du baume sur le coeur des investisseurs qui se sont qu'après tout, il pourrait se passer des « trucs » au niveau de la micro-économie et que ça serait tout de même ballot de rater ces « bonnes nouvelles » sous prétexte que l'Italie ou l'Espagne sont endettées jusqu'au cou et qu'on ne sait pas trop comment ils vont s'en sortir. Après tout, Merkozy a dit hier qu'il bossait dessus, alors laissons le faire et profitons de la vague avant de se prendre la tête pour le prochain sommet. Et puis qui sait, Draghi peut peut-être nous pondre un miracle jeudi.
L'ensemble des marchés de par chez nous entamaient donc la séance en fanfare, puis ils montaient sans jamais vraiment se retourner, il y a bien eu quelques retour à faire froid dans le dos, des retours suffisamment rapides pour faire douter les traders, mais globalement la tendance était à la hausse et non content de voir Paris ou Francfort terminer en hausse de 2,5% et des poussières, on était également heureux de les voir terminer quasiment au plus haut de la séance. Les financières étaient, comme il est de coutume, les grands artisans du rallye. Quand ça va mal on peut les démolir jusqu'à plus soif, mais quand la bullish attitude est de retour, c'est de l'or en barre qui ne demande qu'à être ramassé avec une pelle et une brouette. Soudainement hier, plus personne ne parlait d'augmentation de capital sur la Deutsche Bank, ni sur qui que ce soit d'autre d'ailleurs. Hier était une journée où l'on ne devait pas se poser de questions, juste acheter et puis c'est tout. Acheter comme s'il n'y aurait pas de lendemain et que nous étions de retour dans le monde merveilleux de la bulle internet, époque où il n'y avait qu'une seule alternative : la hausse. Enfin, jusqu'à fin mars 2000, après c'est une autre histoire, mais ne gâchons pas notre plaisir d'avoir une vraie séance de hausse.
On notera également un intérêt assez élevé sur les constructeurs automobiles, les chiffres canons de BMW qui vend, qui vend et qui vend encore, le salon de Détroit qui a ouvert le 9 janvier et qui met le secteur en pleine euphorie, tout était réuni pour que le secteur s'emballe, même si l'on est de plus en plus convaincus que ce n'est pas chez nous que l'on achète les voitures. La seule marque qui se traîne en retrait et qui n'arrive pas à avancer, c'est Porsche. Probablement que le « hangover » de « l'affaire Volkswagen » pèse toujours sur le titre le firme allemande. Au passage on notera l'arrivée d'un nouveau SUV sur le marché, puisque Maserati a présenté son « Kubang », dessiné en Italie, mais construit aux States. Ce blog n'a pas vocation de parler voiture, mais celle-là est pas mal.
Avec cette ambiance festive en Europe, les américains n'avaient pas d'autre choix que de suivre le mouvement, même si pour la thématique Alcoa commençait à sentir le réchauffé, puisque les chiffres avaient été annoncé il y a plus de 24 heures déjà, que l'Asie était montée là-dessus, et que l'Europe avait amorcé la pompe sur le sujet. Forcément, après tout cela, ça sent quand même la bouffe d'hier. Mais c'était quand même le thème d'accroche du début de journée. Si les « spécialistes » experts en statistiques rivalisaient de théories fumeuses sur la corrélation chiffres d'Alcoa et performance du S&P sur les 2-3-4 semaines suivantes, puis sur les 2-3 mois suivants puis sur les siècles à venir (le jour où les statistiques sont une science exacte en finance, moi je retournerais bosser pour les Navy Seals), le marché lui était plutôt content de remettre au goût du jour le thème de la micro-économie et de s'intéresser uniquement aux compagnies qui publient plutôt qu'à la dernière déclaration de Sarko, de Monti ou du nouveau premier ministre grec dont on a déjà oublié le nom, d'ailleurs...
Hier on avait Alcoa, mais on avait également Juniper qui avait coupé ses objectifs et qui foutait la trouille à tout le monde, mais finalement ça ne s'est pas trop mal passé, puisque le titre ne terminait qu'en baisse de 0.88% alors que toute l'Europe flippait sur son secteur des networking pour faire le parallèle.. Et puis dans les annonces, il y avait aussi deux compagnies du « retail » qui annonçait des visions diamétralement opposées, ce qui est assez plausible puisqu'il s'agit de Tiffany et Lululemon. Tiffany qui fait dans le diamant, comme tout le monde le sait, annonçait des perspectives que l'on pouvait qualifier de « brumeuses », pendant que Lululemon prévoyait un avenir radieux au patalons de yoga et aux sweatshirts à capuche. De la à tirer des conclusions il n'y a qu'un pas que je ne franchirais pas. Mais il est à noter que visiblement on préfère des fringues confortables à des cailloux brillants.. En même temps il faut reconnaître que le t-shirt de yoga est plus accessible que le yu-kun-kun. Lululemon terminait en hausse de 12% et Tiffany se prenait 10% dans les dents.
Aux USA on était également fans de tout ce qui était minières, peut-être de par le fait qu'hier l'Euro-$ ne s'est pas fait défoncé comme tous les jours. Ok, il n'est pas encore dans une phase que l'on peut qualifier de « rebond », mais au moins il ne baisse plus. Enfin, plus trop. On pourrait faire un lien avec les minières qui rebondissaient , l'or qui continue son ascension et le pétrole qui fait pareil et qui se rapproche dangereusement de son target annoncé des 300$, puisqu'il n'est plus qu'à198.12$ de l'objectif. L'or est à 1638$ et le pétrole est à 101.88
A la fin de la journée, le bilan était nettement moins sexy à New York qu'en Europe, mais en même temps, les américains ont tout de même bien plus d'avance sur nous et le S&P500 est depuis longtemps installé au-dessus de sa moyenne mobile des 200 jours, alors qu'en ce qui concerne l'Europe, le chemin est encore long pour se retrouver à ce stade. Mais bon, ne soyons pas plus royaliste que le roi, la journée fût bonne un peu partout et même la Chine ne semble ne plus vouloir baisser, puisque depuis deux séances, elle accumule les gains alors que les intervenants parient sur un intervention – positive et imminente – de la banque centrale chinoise. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Et puis il ne faut pas non plus négliger le fait que les américains sont également extrêmement préoccupés par les primaires du parti républicain qui est en train de choisir le candidat qui affrontera Obama en novembre. Hier, le train du grand cirque des primaire passait par le New Hampshire et on était impatient de voir quel clown allait remporter le panier garni. C'est encore une fois Mitt Romney qui a pulvérisé ses adversaires, ne laissant que peu de doutes sur le résultat final et sur l'identité de l'adversaire d'Obama. Un futur Président qui s'appellerait « Mitt », ça pourrait être drôle. En même temps quand on regarde le reste des candidats du parti Républicains, on peut se dire que W. Bush aurait fait figure d'intellectuel là au milieu. En tous les cas, je ne suis ni Républicain, ni Démocrate, je ne suis même pas américain, mais je dois dire que depuis quelques années, le Parti de Bush a le talent de nous produire des belles brochettes de vainqueurs... Après avoir emmené W lui-même au pouvoir pendant 8 ans, avec les conséquences que l'on connaît, puis avoir essayé de mettre un candidat ex-prisonnier de guerre de 112 ans qui ne pouvait même pas lever les bras si il gagnait, maintenant la cuvée 2012 est presque aussi hilarante que le Jamel Comédie Club... Avec ce genre d'opposant on imagine mal le prix Nobel de la paix perdre son second mandat...
Dow Jones 12462 +0.56%
S&P500 1292 +0.89%
Nasdaq 2703 +0.97%
Londres 5697 +1.50%
Paris 3211 +2.66%
Francfort 6163 +2.42%
Milan 14845 +3.08%
Madrid 8473 +2.34%
SMI 6050 +1.06%
Tokyo 8436 +0.16%
Hong Kong 19021 +0.09%
Shanghai 2385 -0.42%
Sydney 4238 +0.74%
Ce matin en Asie, on s'accroche encore aux branches et l'on ne veut pas renoncer à ce rallye de début d'année qui se dessine. Bien que la Chine marque le pas, chose que l'on peut bien comprendre après 2 jours d'un hausse intense de près de 5%, on peut quand même se reposer un poil, le reste ne cède pas. On sent bien que l'enthousiasme n'est plus le même et que l'on aura peut-être besoin d'avoir un catalyste rapidement afin de pouvoir continuer, ce matin on tient !! Le VRP de luxe du Président Obama, Timothy Geithner est toujours en Chine et ce matin il déclarait qu'il « espérait » voir les importations chinoise en provenance des USA, augmenter et que dans la foulée il exprime sa volonté de resserrer les liens sino-américains.
Dans les nouvelles du jour, il faut retenir la grosse annonce d'Intel qui a signé un partenariat avec Motorola Mobility. Dans le cadre de ce contrat, Motorola va fabriquer des téléphones mobiles en utilisant les « chips » d'Intel et surtout leur nouveau produit qui devrait sortir dans le courant de l'année. Cette annonce signifie la ferme intention d'Intel de gagner des parts de marché sur le segment de la téléphonie mobile, segment où ils ne sont pas aussi « importants » qu'ils le souhaiteraient. Chez Urban Outfitters, on a enregistré le départ immédiat du CEO, Glen Senk, qui s'en va afin de « poursuivre d'autres opportunités », dans le doute et sachant que ce type de déclaration peut vouloir dire plein de choses, les intervenants se sont lâchés sur le titre après clôture et l'on descendu de 13%.
En revanche, chez Crocs, les déclarations étaient bien plus encourageantes, ils s'attendent à dépasser le milliard de revenu pour la première fois cette année. Le titre avait pris 6% durant la séance et il remettait ça après 22h. Je dois dire que je n'ai jamais compris comment cette compagnie pouvait survivre en vendant des chaussures en plastique que je ne mettrais même pas pour descendre les poubelles. Trop peur d'être vu avec. Mais visiblement ça marche plutôt pas mal, mais je ne comprends pas quand même.... Le CEO de Fannie Mae a décidé de se retirer, il partira dès qu'un successeur lui aura été trouvé. Je ne veux même pas savoir quel est son « package de départ » et même si on me donnait son poste (ce qui n'arrivera jamais vu que je n'ai pas 21 licences universitaires et que je ne parle pas 37 langues dont 8 sont des langues maternelles), eh bien je ne le voudrais pas...
Microsoft estime que les ventes de PC dans le monde seront plus faibles que les attentes des analystes, car les compagnies de PC ont eu des problèmes avec leurs fournisseurs qui étaient sous l'eau en Thaïlande. RIMM a présenté son nouveau software qui devrait tourner sur son « playbook », tablette qui était censée faire de la concurrence à l'iPad. RIMM a repoussé de 9 mois la sortie de sa tablette pour mettre au point l'email du « playbook » et hier après la présentation au CES de Las Vegas, les personnes présentent n'avaient qu'une seule phrase : « trop tard pour pas grand-chose »... RIMM is dead. Ou presque, la lente agonie du fabricant de Blackberry fait presque peine à voir.
MetLife quitte le business des hypothèques et va mettre près de 4'300 personnes au chômage. On retiendra encore un fait assez intéressant ; l'Université de Yale fait régulièrement un sondage auprès des investisseurs pour connaître leur opinion sur l'éventualité d'un crash boursier. Les chiffres du dernier sondage sont exhaustifs, actuellement nous sommes quasiment au plus haut. Comprenez que jamais (ou presque) les investisseurs n'ont attendu un crash boursier imminent avec autant de certitude... la dernière fois, et la seule fois où nous étions « plus convaincus » que cela, c'était en février 2009, là c'est pas pareil, on n'était pas presque sûrs, on était CERTAIN que ça allait à la cave... On connaît la suite de l'histoire... En gros, cette statistique est un des meilleurs indicateurs contrariant une presque quasi confirmation que « ce qui est évident et évidemment faux »... voici le chart en question. Bon, en même temps, W Bush est allé à Yale, il faut donc relativiser les choses.
Aujourd'hui en Europe on entame deux jours qui vont être « compliqués » comme on dit sur BFM. Après une belle journée de hausse, ce matin l'Allemagne va venir emprunter 4 milliards d'Euros sur 5 ans. Cette auction devrait bien se passer, mais en même temps elle va nous rappeler le fait que demain l'Espagne ET l'Italie vont venir demander près de 17 milliards à eux deux. Et ceci devrait nous rappeler que les « bons » chiffres d'Alcoa ne suffiront pas à sauver l'Europe et à nous faire totalement oublier la crise dans laquelle nous sommes. Sans compter que demain aura également lieu le traditionnel meeting de la BCE et même personne ne veut se l'avouer, on espère un effet de manche de la part du management de Goldman Sachs...euh... pardon, de Mario Draghi.
Sur le blog « les crises.fr », vous pouvez parier sur la date à laquelle la France perdra sont triple A, si vous êtes juste, vous gagnez un livre dédicacé par l'auteur du blog : http://www.les-crises.fr/concours-aaa/
Toujours au sujet de l'humour, il y a des rumeurs de rapprochement entre Fiat et PSA (Peugeot Citroën), le patron de FIAT dément, mais en profite pour laisser la porte ouverte. On se réjouit de voir la Cinquecento croisée avec la DS3 Série Spéciale Sébastien Loeb.
Côté chiffres économiques nous aurons les MBA Purchase Applications, le Beige Book et les chiffres du pétrole dont on parle beaucoup moins depuis quelques temps, avez-vous remarqué ??? Pour le moment les futures américains sont en baisse, histoire de digérer la hausse de ces dernières 24 heures, une baisse somme toute relative puisque nous reculons de 0.4% à peine. L'Europe devrait assez logiquement ouvrir en baisse, prises de profits tout d'abord et puis la hausse de New York ayant été un peu moins dynamique qu'attendue, on pourrait afficher quelque peu notre déception.
Côté chiffres du trimestre, c'est encore très calme, mais on notera tout de même les annonces de Lennar, juste avant l'ouverture américaine, Lennar qui est un des leaders de la construction aux USA, pas besoin d'avoir fait astro-physique pour voir les implications que l'on pourrait y trouver....
Voilà je crois qu'on a fait le tour pour aujourd'hui, il me reste à vous souhaiter une excellente journée. Moi je vous retrouve demain pour chauffer la salle avant les auctions de l'Italie et de l'Espagne, en attendant profitez bien de la journée, du soleil et de toute hausse éventuelle vu qu'on ne sait pas de quoi demain sera fait..
Morningbull
"Mitt Romney said that he enjoyed firing people. Way to connect with the middle class there, Mitt." –David Letterman
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mardi, 10 janvier 2012
Il faut peut-être commencer à se secouer, l'année a vraiment recommencé cette fois
La mauvaise nouvelle, c'est que le marché reste coincé dans son obsession liée aux dettes souveraines européenne. Ce qui fait qu'en Europe on continue de traiter comme si on marchait sur des oeufs. Ça va dans tous les sens à toute vitesse, pour toutes les raisons possibles et imaginables. Les volumes échangés sur les indices du vieux continent sont toujours aussi pathétiques et la moindre alerte sur l'Euro-Dollar ou sur le rendement de la dette italienne déclenche des ordres automatiques tout azimuts. Je parle d'ordres automatiques, pour être honnête je n'en sait rien, mais à voir de la façon dont les actions européennes sont traitées par moment, j'ose simplement espérer qu'il n'y a pas des gens qui réfléchissent derrière, sinon c'est une insulte à la race humaine. Si on peut tout remettre sur la faute des ordinateurs, ça serait tout de même mieux... Donc la mauvaise nouvelle c'est que le marché européen et toujours aussi malade et illiquide qu'il l'était il y a trois semaines, deux semaines et encore une semaine. Contrairement aux espoirs que j'avais, on est toujours en mode « vacances de fin d'année » et personne ne semble vraiment de retour...
Il reste à espérer que l'on se réveille avant le mois de mai, sinon ça va être très long. Déjà que là, les journées paraissent avoir 8 heures de plus, je n'ose même pas imaginer si cette ambiance de « ça va nulle part » continue encore un mois.. même une semaine d'ailleurs...
La bonne nouvelle c'est que la saison des résultats a commencé au « States », hier soir Alcoa a donné le coup d'envoi comme le veut la tradition. Heureusement qu'il y a la tradition d'ailleurs, sinon on ne parlerait jamais d'Alcoa, car la plupart du temps leurs résultats ne veulent rien dire et ne sont même pas un bon indicateur de tendance de la saison en question. Statistiquement, 59% du temps la réaction du roi de l'aluminium donne la tendance de la saison en entier, ce qui résume à dire que si on joue la destinée de la période à pile ou face, on a autant de chance d'être juste.... Mais bon, peu importe, hier soir c'était bon. Enfin non, les chiffres eux-mêmes n'étaient franchement pas terribles, mais comme on s'attendait à pire, on va dire que ce fût une bonne surprise. Le titre montait d'ailleurs après la clôture et ce matin même l'Asie en profite, pour ce que ça vaut... Mais au-delà des chiffres individuels d'Alcoa, la bonne nouvelle c'est que les intervenants américains semblent enfin de concentrer sur autre chose que le GDP italien ou le Consumer Confidence Bulgare, voir les ISM Non Manufacturing Hongrois. Comprenez que pour la première fois depuis un bon moment on arrive à parler d'autre chose que de la dette européenne !!! Et je vous jure que ça fait du bien.
Non pas que le problème soit réglé, bien au contraire, mais ça fait du bien de revenir sur le sujet de l'investissement individuel, plutôt que de flinguer un marché dans son ensemble parce qu'un politicien s'est levé du mauvais pied et fait des commentaires désobligeants sur l'avenir de la zone euro. Il semblerait donc que de l'autre côté de l'Atlantique on commence à s'intéresser à autre chose que les états d'âmes de l'Europe. Ça ne veut pas dire que ça va durer et qu'ils seront immunisés aux commentaires de Draghi lors du meeting de la BCE ce jeudi, mais au moins ça nous change un peu de l'air vicié qui plane sur le marché européen en ce moment.
Sur le bilan de la journée d'hier, l'Europe s'est donc encore une fois effritée dans une journée pourrie alors que l'ensemble du secteur financier était à nouveau responsable de tous les maux et était celui qui tirait tout le monde en bas. Il faut dire que les rumeurs récurrentes d'augmentation de capital chez Deutsche Bank n'aident pas à trouver la sérénité. Hier encore, les rumeurs allaient bon train et l'on parlait d'une augmentation de 13 milliards et des poussières, soit l'équivalent de la moitié de la capitalisation boursière de la banque allemande. Pour le reste tout ce qui touchait de près ou de loin à la finance était sous pression et bénéficiait du dédain des investisseurs durant une bonne partie de la séance. En revanche, on notait un intérêt un peu plus marqué sur le secteur automobile alors que BMW publiait des chiffres de ventes de très bonne qualité.
Mais il est vrai que comme Merkozy devait se rencontrer dans la journée, les intervenants étaient tout de même tétanisés à l'idée que le duo de choc européen puisse nous annoncer des choses qui allaient changer la destinée du continent.
A la fin, quand on regarde ce qu'il est ressortit de ce « lunch », on peut se dire que si l'on était pas venu, susse été pareil, mais visiblement comme ils n'ont pas annoncé la découverte d'une nappe pétrolière juste en-dessous de Berlin, les intervenants ont préférer vendre un peu, se disant que visiblement ce n'est pas encore gagné. Bon, cependant ceux qui s'attendaient à ce que Merkozy annonce que tout allait bien et que tout était réglé, devrait peut-être éviter de consommer trop de valium et autres psychotropes.
En gros, ils continuent de travailler sur les nouvelles règles budgétaires européennes. Sarkozy a reconnu que la situation était « tendue » en Europe – non ??? sans blague ??? - Merkel veut tout faire pour qu'aucun pays ne quitte l'Euro (tu m'étonnes, parce qu'après qui c'est qui va acheter des Volkswagen ? A 150'000 Euros la Golf GTI, ça risque de calmer les acheteurs ), elle a également estimé que les grecs devaient se bouger pour implémenter le plan de sauvetage et que malgré ce plan, l'histoire grec ne s'arrête pas là... Elle a même parlé d'un second plan de sauvetage et devrait en parler avec Christine Lagarde plus tard dans la semaine. En gros ils n'ont rien apporté de nouveau et il semble que la Grèce soit appelée à devenir une épine dans le pied récurrente et trimestrielle..
Vous avouerez que ce n'est pas avec ce genre de nouvelles que l'on va friser l'euphorie.
Pendant ce temps les USA se congratulent sur la qualité de leurs chiffres économiques et ne cessent de comparer leur pays avec ce qui se passe en Europe. Ce faisant ils se donnent des grandes claques dans le dos, estimant que leur économie est en phase de décollage (ce qui reste tout de même à confirmer) et qu'ils sont loin d'avoir les mêmes problèmes d'endettement. Pour être franc, ils ont les mêmes problèmes, sauf que eux ils peuvent allègrement emprunter ce qu'ils veulent à bas prix, contrairement aux Européens. Et il faut le reconnaître, ça change tout. Ils ont donc la possibilité de se concentrer sur les nouvelles qui se passent « autour ». Ce lundi on parlait donc beaucoup de la saison des résultats, mais aussi du Consumer Electronic Show de Las Vegas. Cette année, la mode est au plus fin. On a déjà vu le PC le mois épais qui doit faire concurrence à Apple et la tablette la plus fine du monde qui doit faire concurrence à l'iPad. Comme quoi tout semble destiné à faire concurrence à Apple.
A propos d'Apple, la compensation annuelle du nouveau CEO de la firme à la pomme pour 2011 aura été de 400 millions de dollars. C'est un peu plus que celle de Steve Jobs qui était de 1$ par an. Mais Tim Cook débute dans la profession de CEO. Et puis NetFlix s'est envolé de 14% après avoir annoncé qu'ils allaient se développer en Angleterre, et Google s'est fait taper sur le crâne, terminant en baisse de plus de 4%, alors que les analystes commencent à se poser des questions sur le rachat de Motorola qui pourrait bien être en train de se transformer en gros « flop ».
Donc les américains ont attendu que les marchés européens ferment de manière globalement négative pour commencer à se montrer constructifs et emmener le S&P500 en hausse de 0.2% à la fin. Pas de quoi se relever la nuit, mais entre 0.6% de baisse en Europe ou 0.2% de hausse à New York, j'ai choisi mon camp. A noter au passage, comme je le mentionnais hier, comme les 5 premiers jours de trading du S&P500 auront été positifs, selon les statistiques, l'année devrait être positive en 2012. Youpie.
Côté Or et pétrole, pas grand-chose de neuf, les tensions avec l'Iran et les déclarations des militaires américains n'aident pas les traders à trouver la sérénité de ce côté-là. Pour le moment l'or consolide gentiment au-dessus des 1600. Ce matin le métal jaune est à 1618$. En ce qui concerne le baril, la découverte par les norvégien d'un champ pétrolifère qui pourrait produire quelque chose comme 300 millions de barils n'aura pas fait le poids contre les craintes de guerre totale dans le détroit d'Ormuz et le baril continue sa lente progression en direction des 300$ qu'il va bien finir par atteindre un jour ou l'autre. Ce matin, un bidon d'or noir vous coûtera 101.68$.
Dow Jones 12393 +0.27%
S&P500 1281 +0.23%
Nasdaq 2677 +0.09%
Londres 5612 -0.66%
Paris 3128 -0.31%
Francfort 6017 -0.67%
Milan 14402 -1.67%
Madrid 8279 -0.12%
SMI 5987 -044%
Tokyo 8420 +0.39%
Hong Kong 18970 +0.55%
Shanghai 2368 +1.53%
Sydney 4208 +1.11%
Ce matin, l'Asie profite des « bons chiffres » d'Alcoa, disons surtout qu'ils profitent des bonnes perspectives qu'Alcoa a laissé entendre dans sa conférence de presse. La Chine continue le rallye entamé hier et les chiffres de son « Trade Surplus » publiés ce matin confirment encore une fois que les importations diminuent drastiquement. Les intervenants parient à nouveau sur le fait que le Gouvernement chinois devrait réagir sur la politique monétaire dans les jours à venir, du coup le fait que l'Europe n'ait pas encore sombré dans la Méditerranée et que les américains n'aient pas encore rasé l'Iran à l'arme nucléaire laisse flotter un sentiment d'optimisme en Asie.
Dans les nouvelles du jour, un fois n'est pas coutume, commençons par la Suisse. Hier le patron de la BNS a donc rendu les plaques. Bien qu'il ait promis de ne pas démissionner il y a encore quelques jours, ce lundi il a admis que le doute qui pesait sur lui était trop lourd et qu'il ne pouvait faire qu'une chose ; partir. Ce matin la presse en fait ses premières pages et Monsieur Hildebrand semblait faire l'unanimité. Mais au-delà de la démission de Monsieur Hildebrand, c'est également la « victoire » de Christophe Blocher qui fait la première page. Le roi de l'UDC a donc enfin obtenu ce qu'il voulait. Je trouve cependant assez extraordinaire que ce soit Monsieur Blocher qui vienne stigmatiser les agissement de Monsieur Hildebrand, bon vous me direz ; forcément, lui il ne fait aucune erreur. Même à l'époque d'EMS Chemie et de Martin Ebner, aucune erreur. Et puis je suis fasciné par le fait que l'on puisse condamner, juger et expulser quelqu'un grâce à des documents obtenu de manière illégale, qui sont une violation claire du secret bancaire. C'est une nouvelle tendance, les informaticiens sont devenus les nouveaux Robin des Bois et ils ont une conscience... c'est très tendance dans les banques ces dernières années... Bref, cette histoire est complexe, mais elle donne quand même un peu la nausée.
Au sujet de la nausée, aux USA les banquiers vont toucher moins de bonus cette année. Certains ont d'ailleurs déjà commencé à se révolter, puisque chez Jeffries certains « top shots » on menacé de poursuivre leur employeur en justice si ils ne touchaient pas assez de rétribution cette année. On vit une époque formidable.
Pendant ce temps, Timothy Geithner est en Chine, il cause économie mais comme il est sur place, on lui a aussi demandé d'obtenir le feu vert pour transformer l'Iran en grand parking. Le technicien du Barron's parie sur un rebond de l'Euro très prochainement. Un rebond technique bien sûr, mais tout rebond est bon à prendre. A partir de ce mardi matin, la France aura un quatrième opérateur télécom qui veut dynamiter le marché et diviser les prix par deux. Free est attendu au virage, mais ça ne peut pas faire de mal dans un marché que l'on sait trop cher. D'ailleurs il serait bon que quelqu'un dynamite l'hégémonie de Swisscom de par chez nous. Renault produira des voitures en Chine d'ici 2014, autant pour la campagne Made in France des politiques actuellement. Et Sarkozy est toujours chaud-bouillant sur sa taxe Tobin, mais personne ne l'écoute et tout le monde s'en fout.
D'ici la fin de la semaine nous aurons les publications des chiffres trimestriels des bancaires américaines qui vont arriver. A commencer par JP Morgan ce vendredi, comme d'habitude l'écart entre les attentes du marché et la réalité sera ENORME et encore une fois on se posera la question de savoir si on a vraiment besoin d'avoir des analystes sur le secteur bancaire, étant donné que sur ce dernier plus qu'ailleurs, les prédictions frisent la loterie à numéro. Barry Ritholtz fait le point sur le sujet :
http://www.ritholtz.com/blog/2012/01/bank-earnings-foreca...
Comme dirait l'autre, les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés.
En 2011, 60% des Hedge Funds ont perdu de l'argent.
Alors que les Italiens se battent pour trouver de l'argent à un taux correct, hier, les allemands ont réussi un tour de force, faire de l'argent sur l'émission d'une dette. Sur les 3.9 milliards collectés à 6 mois, les investisseurs vont payer une prime. Un intérêt négatif de 0.0122%, comme quoi on n'est pas tous égaux et que l'on vit une époque formidable.
Ce matin le vent d'euphorie porté par Alcoa semble continuer, puisque les futures américains sont en hausse de 0.4%. Et puis du côté chiffres économiques nous aurons le NFIB Small Business Optimism Index qui ne va pas changer la face du monde, mais aussi le Redbook et le Wholesale trade. Et ça cause sur les mesures que pourrait prendre Mario Draghi dès ce jeudi au meeting de la BCE, on parle de baisse des taux et on espère plein de choses, mais il va falloir attendre jeudi 13h45 pour y voir plus clair.
Ce matin les marchés européens devraient ouvrir en hausse dans le sillage des USA, d'Alcoa et de l'Asie, néanmoins on se demande si on aura l'énergie suffisante pour tenir cette hausse plus que 20 minutes. Pour le moment on a besoin de voir revenir des vrais volumes et une vraie volonté de la part des investisseurs, mais à leur décharge, en Europe on aimerait bien aussi avoir un minimum de visibilité sur l'avenir et de ce côté, il faut bien reconnaître que le brouillard est très épais et que le problème de la dette reste TRES présent et que personne n'a vraiment trouvé une solution qui fonctionnerait à peu près...
On n'a donc pas fini de rire.
Voilà, en ce qui me concerne, c'est tout pour aujourd'hui. Je vous retrouve demain pour la suite des aventures en espérant qu'entre deux Monsieur Blocher ne sera pas nommé à la Présidence de la BNS.. Excellente journée à vous tous et merci de votre fidélité.
Au passage j'en profite pour vous suggérer d'aller jeter un oeil sur un nouveau blog qui se lance, c'est un blog sur le FOREX et autant vous dire qu'il y a de quoi dire et de quoi faire sur le sujet en ce moment !!!
Allez y jeter un oeil :
http://forex-analysisblog.com/
Excellent café, bon bircher et que vos croissants soit la hauteur de vos espérances...
Morningbull
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lundi, 09 janvier 2012
Un vrai début d'année pour cette semaine ? Avec une vraie Crise Européenne ??
Tout ceux qui ont eu la « chance » de passer un peu de temps devant leurs écrans la semaine passée peuvent rationnellement se demander si 2012 va « vraiment » commencer cette semaine ou est-ce que l'on va encore se traîner longtemps dans cet espèce d'environnement super-calme sans direction, si ce n'est l'euro qui se fait défoncer jour après jour. Il est vrai que ces premiers jours de 2012 ne furent que moyennement passionnant. La semaine avait commencé par de belles intentions de la part de l'Europe qui s'envolait toute seule, profitant du fait que personne n'était là et que le 2 janvier la plupart de la planète avait autre chose à faire que de regarder monter l'Europe. Puis, le reste de la semaine ne fût qu'une version accélérée de ce que nous avons vécu en 2011. Les intervenants qui n'étaient pas aux sports d'hiver se rendaient compte qu'aucun des problèmes n'avait été réglé entre Noël et Nouvel, que la Grèce se rappelait à notre bon souvenir juste pour nous dire que rien n'était réglé chez elle non plus, bien au contraire et l'Euro reprenait sa fonction de gros veau dont personne ne veut, sauf la Suisse.
L'Italie et l'Espagne n'ayant pas reçu une carte « remboursement de la dette » durant la période des fêtes, les investisseurs commençaient à nouveau à se dire que le taux de refinancement de l'Italie devrait plutôt être autour de 7 que d'autre chose, ce qui, fondamentalement n'est pas très rassurant, en gros, on n'est pas plus avancés et on patauge toujours dans les mêmes problèmes. La volatilité se réduit gentiment, mais surtout de par le fait que personne n'est là et que les volume démontre bien que, pour ces 5 premières séances de l'année, tout le monde s'en foutait royalement. Même mon Wi-Fi a mystérieusement refusé de fonctionner et m'a donc empêché de vous narrer les exploits de « Mister Marché » pendant les 3 derniers jours de la semaine, sachant que trouver un technicien swisscom avant le 9 janvier, c'est galère... Surtout quand la hotline vous dit que tout va bien et que « normalement ça devrait fonctionner », oui merci mais ça ne fonctionne pas, même si tout va bien. Résolution 2012, short Swisscom.
Enfin, cette première semaine de l'année est donc terminée, ça c'est fait ! Et ceux qui n'étaient pas là pour des raisons diverses et variées, rassurez-vous, vous n'avez raté qu'un seul épisode de la saga, l'Euro Va Mourir.
Il faut tout de même noter que durant ces quelques jours, nous avons tout de même trouvé moyen de publier une avalanche de chiffres économiques, dont les chiffres de l'emploi !!! Les Non Farm Payrolls et les chiffres ADP nous ont démontré que l'économie américaine n'allait pas si mal que ça, puisque les créations d'emplois ont été nettement supérieures à ce que l'on attendait laissant supposer que quelque chose serait en train de se passer.. En tous les cas, c'est ce que nous avons supposé lors de la publication des chiffres ADP de jeudi. En revanche quand nous avons vu les Non Farm Payrolls de vendredi, on a commencé à se demander si par hasard ces bons chiffres ne pourraient pas être étroitement liés au créations d'emplois du à la saison qui vient de se terminer, à savoir l'anniversaire du fils de la femme du charpentier. Il se pourrait donc que les emplois créés soient principalement des jobs de « Père Noël », job qui, on le sait ne fonctionne que moyennement bien entre le 1er janvier et le 30 novembre. Probablement à cause du fait que la longue barbe le manteau rouge tient trop chaud au soleil de juillet.
C'est en tout les cas le challenge que certains journalistes ont lancé aux « professionnels des marchés boursiers » pour cette semaine : « les bons chiffres de l'emploi sont-ils un évènement saisonnier à cause des fêtes ou est-ce le signe d'un changement de quelque chose ». On va disséquer la question toute la semaine, voir le mois entier car je crains qu'il faille attendre la version des chiffres de l'emploi de début février pour en tirer des conclusions. Mais que l'on se rassure, entre-deux on va largement trouver de quoi noyer le poisson et aborder un autre sujet que l'on imagine passionnant. Car ce genre de sujet ne va pas manquer durant les jours à venir.
On va d'ailleurs commencer tout de suite avec aujourd'hui, puisque le couple le plus glamour de ces 20 dernières années va se faire un petit meeting. En effet ce lundi, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy vont se rencontrer afin de parler de l'organisation du prochain sommet européen, histoire de choisir les menus et de distribuer les chambres, sachant que Nicolas ne viendra pas si il n'a pas la suite à 25'000 euros. Les deux patrons de l'Europe vont donc se causer ce lundi et il n'est pas sûr que l'on sache les tenants et les aboutissant de leur rencontre dès ce soir, mais au moins ça aura le mérite de nous faire passer le temps et de justifier « fondamentalement » les mouvements erratiques de l'euro-dollar qui a un comportement bipolaire qui ferait peur au plus aguerri des psychiatres. Un des sujets qui sera plus que certainement abordé, sera la mise en place d'une « taxe Tobin ». Taxe sur les transactions financières qui tient à coeur à Sarkozy. Même si l'on est tous plus ou moins convaincu que ça ne marchera pas et ne servira pas à grand-chose, Sarko semble presser de l'adopter quitte à faire cavalier seul en Europe, échéances électorales obligent. Les « autres » membres de l'Union Européenne ne sont pas fondamentalement contre cette taxe, mais ne veulent pas confondre vitesse et précipitation, alors que Sarko, lui, il veut juste être réélu et se fout totalement du reste. A noter que Merkozy va également rencontrer Monsieur Monti, mais ce dernier meeting est agendé pour le 20 janvier.
Et puis, au-delà des discussion Merkoziennes de ce lundi, il ne faut pas non-plus oublier le fait que les américains sont en train d'empiler des armes et des soldats dans la région d'Israël, au cas où le Président Américain ne saurait pas comment liquider les stocks de cartouches en trop depuis le retour d'Irak. La prochaine destination du « marine » moyen devrait visiblement être l'Iran. Même si la presse ne fait pas encore trop de bruit au sujet de ce qui se passe dans la région, les spécilaistes de l'investissement en tout genre n'ont pas mis longtemps à faire un plus un égal deux, et se disent déjà que si ça pète là-bas, le premier truc qui va s'envoler s'est le pétrole... La Société Générale a d'ailleurs publié un article estimant qu'en cas de guerre USA-Iran, les iraniens pourraient facilement fermer le détroit d'Ormuz et que, de ce fait, le baril s'envolerait aussi sec à 150$, voir 200$. Une chose est sûre, les années passent, mais le target de 200$ sur le baril reste une constante !!!
Si l'or et le pétrole n'ont pas encore salué dignement cette éventualité de guerre, c'est aussi parce que pendant ce temps, l'euro n'arrête pas de baisser et qu'ils préfèreraient que ce soit l'inverse. Pourtant si à la fin les américains décidaient de lancer une expédition punitive sur Téhéran, le pétrole pourrait exploser, parce qu'on risque d'avoir des problèmes d'approvisionnement et l'or pourrait s'envoler aussi parce que nous allons avoir besoin d'une valeur refuge, surtout que cette fois ça risque d'être moins facile qu'en Irak... déjà que...
Pour le moment le baril de brut se traite sur les 100$, prêt à bondir. L'or est à 1620$.
Pour ce qui est des indices, les USA sont en hausse de 1.6% depuis le début de l'année et l'Europe est globalement de retour à la case départ. Son bon début d'année n'aura été qu'un feu de paille principalement grâce au fait que le deux janvier il y avait 4 traders et trois clients sur le marché européens et qu'ils ont fait plus ou moins ce qu'ils avaient envie de faire. Maintenant que tout le monde est revenu, on va pouvoir s'y remettre sérieusement et paniquer à nouveau sur la problématique de la dette européenne.
Dow Jones 12360 -0.45%
S&P500 1278 -0.25%
Nasdaq 2674 +0.16%
Londres 5650 +0.45%
Paris 3137 -0.24%
Francfort 6058 -0.62%
Milan 14646 -0.82%
Madrid 8289 -0.49%
Smi 6013 -0.21%
Tokyo Fermé
Hong Kong 18422 -0.92%
Shanghai 2299 +1.43%
Sydney 4166 +0.05%
Ce matin l'Asie est partagée entre Hong Kong qui baisse parce qu'ils ont peur que l'on ramène encore une fois le sujet de « l'Europe » sur le tapis cette semaine (et ils n'ont pas tort) et la Chine qui rebondit depuis ses plus bas depuis 3 ans. Plus bas affichés fièrement vendredi passé. Pendant ce temps les Japonais sont en congé.
La semaine qui commence sera probablement placée sous le signe de la prudence, bien que je sois pas convaincu que « la prudence » soit un signe du zodiaque, néanmoins on va se contenter de cela et tout le monde aura les yeux fixés sur l'Euro (encore). Et si ils nous reste un oeil de libre on va le garder sur le rendement de la dette des pays le plus dans la panade en Europe. A ce petit jeu-là, l'Italie est très populaire.
MAIS, parce qu'il y a toujours un MAIS dans le monde merveilleux de la finance, nous aurons tout de même la joie et le bonheur d'aborder un autre sujet que l'Europe et ses misères durant cette semaine et les semaines à venir, puisque dès ce soir Alcoa va lancer la saison de résultats. A partir de demain matin nous serons donc officiellement entrés dans la période des résultats trimestriels, le quatrième trimestre va nous être dévoilé et on va peut-être enfin être capables, au coup par coup de parler d'autre chose que des implications géopolitiques de la crise européenne et se concentrer, même de manière brève sur les fondamentaux des sociétés qui vont tout de même nettement mieux que les pays dans lesquels elles vivent..... Bon, ce soir ça ne sera pas le meilleur des exemples, puisqu'au vu des déclarations faites par Alcoa récemment et vu le plongeon des prix de l'aluminium, on ne peut pas s'attendre à des chiffres canonissimes de leur part. Néanmoins, la saison sera lancée et durant la semaine nous aurons l'occasion d'en reparler.
Mais ce n'est pas tout, il y aura également le meeting de la BCE ce jeudi. On n'attend pas de grosses surprises de la part de Monsieur Draghi, mais force est de constater que bien des intervenants espère tout au fond d'eux-mêmes que Super-Mario va nous annoncer une solution miracle pour sauver l'Europe, une solution qui serait de racheter de la dette à tout va et à soulager les pays surendettés, donnant du même coup un signal clair aux investisseurs. Signal qui voudrait dire : « on ne vous laissera pas tomber »... Mais ces espoirs restent dans le domaine du fantasme, cependant on ne sait jamais, sur un malentendu, la BCE pour sauver le monde.
Et puis cette semaine nous aurons également le CES de Las Vegas pour nous faire parler d'autre chose que la crise de la dette Européenne. Durant toute cette semaine, le « Consumer Electronic Show » va nous présenter ses derniers gadgets et toutes les compagnies technos vont nous montrer ce qu'ils ont trouver pour concurrencer l'iPad, l'iPhon et que sera la TV du futur ou la nouvelle façon de prendre des notes sur un PC. Grosso modo, on va nous présenter plein de produits qui donneront envie d'être essayés et puis à la fin on rachètera un iPhone quand même. Néanmoins, la présentation de ces nouveautés est toujours l'occasion d'en parler et de faire bouger les titres des compagnies qui y sont liées. Crise de la dette ou pas. Ça fait toujours du bien d'avoir d'autres sujets à aborder que la couleur de la cravate de Sarkozy et la durée de la poignée de main entre les différents intervenants de l'Union Européenne...
Dans les choses « à suivre » cette semaine, il sera intéressant de voir où terminera le S&P500 ce soir. En effet, après 4 jours de trading en 2012, le S&P500 est en hausse de 1.6%. Si ce soir il parvient à ne pas baisser plus que 1.6% et donc afficher une hausse après 5 jours de trading, ça sera considéré comme « de bonne augure pour l'année ». C'est Jim O'Neil, patron de Goldman Sachs Asset Management qui en parle dans ses écrits de la semaine. En effet, si après 5 jours le S&P500 est en hausse, 87% du temps l'année qui suit est positive. C'est l'almanach des traders qui le dit... alors on serre les fesses, on va brûler un cierge ou un carton de cierges pour espérer que ça marche encore une fois cette année.
Selon le Spiegel de ce week-end, le FMI a de plus en plus de doute sur la capacité de la Grèce à réduire son endettement. On parlerait de demander une participation plus large au plan de sauvetage de la part des grands pays européens. Pour faire simple, comme tous les trois mois, on reparle de la crise grecque. C'est comme les résultats trimestriels. Pendant ce temps, on ne parle plus de la France et de l'éventuel perte de son triple A, même si le patron de S&P pour l'Europe, profite du week-end pour déclarer qu'un downgrade ne serait pas si catastrophique que ça pour la France, expliquant que de toute manière la plupart des dettes européennes se traitent déjà comme des triple B et non des triple A... Si l'on en croit ses dires, le marché a déjà discounté la chose, ce qui revient à dire encore une fois que les organismes de rating ne viennent qu'après la pluie pour nous prévenir qu'il a plu hier...
Côté chiffres économiques, ce lundi nous aurons le Consumer Credit et les chiffres d'Alcoa ce soir après la clôture. Pour le moment les futures américains sont en baisse de 0.5%, laissant présager d'un début de semaine bien pourri comme on les aimes.
En ce qui me concerne, si mon Wi-Fi décide de continuer à fonctionner ces prochains jours, je vous retrouverais tous les matins comme d'habitude.. Fini les vacances, on repart au boulot pour de vrai comme le reste de l'année !!! D'ici-là, je vous souhaite un très bon début de semaine, un bon lundi, même si nous sommes tous conscient qu'un bon lundi est un lundi de Pâques, mais c'est comme ça, quand faut y aller, faut y aller comme disaient Terence Hill et Bud Spencer.
On se retrouve demain, même heure et même endroit !!!
Morningbull
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mercredi, 04 janvier 2012
Mis à part ça ? Tout va très bien, Mister Market
Si 2012 pouvait s'arrêter ici, nous serions tous très contents. Au moins le bilan de l'année serait positif et très peu volatile. Sauf que, nous ne sommes que le 4 janvier et que la route est encore longue et que le chemin aussi. Néanmoins, pour le moment il semble évident que les « Bears » ne sont pas encore réveillés, sont encore en vacances ou ont préféré rester à la maison pour la dernière semaine de vacances post-réveillon, peu importe mais il semble clair que, pour le moment ce ne sont que des bovidés qui sont au pouvoir. Ou si ce n'est pas au pouvoir c'est en tous les cas au bureau.
Pourtant rien n'a changé. Nous sommes toujours dans la même situation en Europe, voir peut-être même pire, mais il semble simplement que, pour le moment, personne ne s'en préoccupe et parie sur un miracle qui pourrait se produire. Personne ne sait quelle forme le-dit miracle pourrait prendre, mais j'ai l'impression que l'on parie là-dessus en se disant que « quand même, on ne peut pas plier l'Europe et la ranger au fond d'un carton comme ça »... D'ailleurs j'ai bien lu dans tous les coins et les quelques « génies de la finance » qui se mouillent à faire des prévisions (par exemple Byron Wien, un des boss de Blackstone) pensent tous que durant l'année, « les dirigeants Européens pourraient arriver à « « « « une sorte de plan de sauvetage qui fonctionne » » » » » ... En revanche on n'a aucune idée de « quelle sorte » de plan ça serait.. Non, juste un plan qui fonctionne. Les stratèges et les économistes n'en sont plus à proposer des solutions, ils en sont simplement à espérer que les politiciens vont en trouver... Sauf que la fonction du politicien, ce n'est pas de faire de faire fonctionner l'économie, mais de se faire réélire le plus longtemps possible pour que l'on ne puisse pas l'inculper des casseroles qui lui traînent aux fesses depuis des années – non, je ne pense à personne en particulier – Peu importe, la nouvelle résolution de l'année 2012, c'est de croire qu'il y a un « truc » qui va se passer et que tout ira bien ensuite... reste à savoir quoi.
En tous les cas c'est le sentiment que ça donne depuis lundi, mais attention, étant donné la foule qui est présente dans les bureaux depuis le début de la semaine, il va quand même falloir attendre le retour de « tout le monde », y compris les plantigrades restés coincés à Verbier ou à Aspen pour pouvoir y voir plus clair et tenter de parler de « tendance de fond »...
Hier l'Europe a aligné sa seconde séance de hausse consécutive. Tout le monde n'était pas logé à la même enseigne, mais comme la plupart d'entre nous avaient raté la séance du 2 de l'an, il y avait encore quelques volontaires pour tenter de sauter dans le train du « little bull market de janvier ». Sans compter que les premiers chiffres économiques de l'année commençait à arriver sur nos écrans et que les nouvelles étaient plutôt bonnes. A commencer par les chiffres du chômage de l'Allemagne qui vont de mieux en mieux et qui prouvent encore une fois que l'économie germanique se porte bien mieux que celles de leurs concurrents et partenaires européens. En effet, en Europe ils sont tous égaux, mais à la fin c'est l'Allemagne qui gagne.. Ce mardi on sentait d'ailleurs bien que la fête se passait plus dans la région de Francfort que dans celle de Paris ou de Madrid. Forcément, on n'a pas tous les mêmes soucis, ni les mêmes préoccupations en ces premiers jours de janvier. Pourtant il va falloir s'y mettre, à tirer sur la même corde, car dès la semaine prochaine on va commencer à utiliser le terme « sommet européen » à toutes les sauces et le couple Merkozy va faire sa première apparition publique de l'année pas plus tard que lundi prochain...
Mais cette semaine semble encore immunisée contre tout. On est encore dans la zone où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et que l'on est encore baignés de l'euphorie de la naissance d'une nouvelle année toute neuve. Cependant, même si ces premiers jours de trading semblent plutôt encourageant, je préfère tout de même continuer d'aller au bureau avec un équipement de gardien de hockey, on ne sait jamais, au cas où l'ambiance 2011 revenait, histoire de ne pas prendre de coups inutiles...
Au-delà des chiffres économiques, qui étaient bons en Europe comme aux USA. Aux USA c'était l'ISM qui était meilleur que les attentes, ainsi que le Construction Spending, alors que les Minutes du FOMC Meeting ne parlaient à aucun moment de faire le contraire de ce qu'ils disent depuis des mois, rassurant du même coup tout le monde. Mais, mis à part ça il faut aussi retenir une nouvelle intéressante qui est passée au second plan et qui a été superbement ignorée par les intervenant.
C'est le fait que la Grèce parle. Oui, hier la Grèce a laissé entendre que si le bailout annoncé par Merkozy en octobre n'était pas rapidement finalisé – car non, il n'est toujours finalisé et signé, alors que nous l'avons déjà entériné et planqué aux oubliettes – eh bien le Gouvernement Grec laisse entendre qu'il n'aurait pas d'autre choix que celui de quitter l'Euro et l'Europe. Alors évidemment, ce n'est que des paroles en l'air pour le moment, mais il est tout de même assez étonnant que le marché n'ait même pas cligné des yeux lors de cette annonce. J'ose vous rappeler que le même type d'annonce à la fin du mois de novembre aurait donné lieu à une sorte de mini-apocalypse financière parfaitement en règle. Et là, hier, rien... que dalle, nada, un long fleuve tranquille. Alors soit les intervenants ont TOUS confondu Valium et Alca Selzer le premier de l'an, ce qui serait tout de même un peu ballot, ou alors tout le monde s'en fout de ce genre de nouvelles... et que l'on fait celui qui est passé à autre chose... Etrange tout de même.
http://www.bbc.co.uk/news/business-16385792
Peu importe, hier premier jour de l'année pour Wall Street et second jour de l'année pour les joueurs de l'Euronext, nous étions immunisés et capables de ne regarder QUE les bonnes choses, les yeux fixés sur les bonnes résolutions de 2012, vous savez cette semaine, voir dix jours durant lesquels tout semble possible et que la motivation de « faire les choses bien » est à son top et que rien ne peut la faire fléchir, jusqu'à qu'on se réveille en février et que l'on se rende compte que l'on a tout oublié....
Côté secteurs, on s'est dit que si l'Europe parvenait à s'en sortir par miracle, les banques devraient bénéficier de la bonne nouvelle également, donc on s'est concentré sur les financières, un peu comme à chaque fois que ça va mieux, mais également sur les minières alors que les premiers chiffres économiques chinois étaient rassurants et laissaient espérer un retour sur un secteur qui a passablement souffert depuis 30 jours. Et puisque l'on parle des minières on peut également parler de l'or qui nous a offert une belle session pour les raisons précitées, mais également grâce à l'Euro qui retrouve des couleurs (péniblement) et puisque l'Euro remonte, par un système passionnant de vases communiquant, le dollar baisse et qui dollar qui baisse, dit or et matières premières qui montent, qui montent.. Le métal jaune terminait donc sa journée en hausse, mais tout juste sous sa résistance psychologique des 1600$. Ce matin un once vous coûtera 1599$, profitez, c'est les soldes. Sans compter que les Américains et le Iraniens continuent de jouer à « qui à la plus grosse » dans le détroit d'Ormuz.. Ce qui permet à l'or de mettre en valeur sa fonction de « valeur refuge »...
Inutile de vous dire que les théories liées au dollar et à l'Iran s'appliquent également à « l'autre or ». Le noir. Hier le pétrole a franchi le Rubicon et passe franchement au-dessus des 100$, ce qui va réjouir les propriétaire de stations services en Suisse, ainsi que le Gouvernement Suisse. Ils vont donc pouvoir immédiatement mettre en place leur stratégie de « je monte le prix de l'essence parce que le baril a pris l'ascenseur », stratégie qui, je le rappelle ne fonctionne pas dans l'autre sens pour des raisons techniques que vous ne pouvez pas comprendre et que ça serait bien trop long et fastidieux de vous expliquer en détails du pourquoi et du comment on se fout de vous... Bref, ce matin le baril est à 102.65$ et moi je vais aller bosser à la voile, ça fera des économies.
Voilà, 2012 est donc officiellement lancée, tout le monde n'est peut-être pas encore redescendu de Megève ou de Kitzbuhel, mais d'ici les prochains jours, ça devrait être réglé. Je me réjouis donc de vous retrouver TOUS au bureau d'ci lundi et pour de vrai, pas avec les 350 auto-reply que j'ai reçu hier, sans compter tout ceux qui ont oublier de le mettre ou ceux qui n'en ont pas besoin car ils ont le Blackberry dans la poche de la combinaison de ski..
Mais il est temps de passer aux chiffres :
Dow Jones 12397 +1.47%
S&P500 1277 +1.55%
Nasdaq 2649 +1.67%
Londres 5700 +2.29%
Paris 3245 +0.72%
Francfort 6167 +1.50%
Milan 15646 +1.24%
Madrid 8732 +0.10%
SMI 6050 +1.93%
Tokyo 8570 +1.36%
Hong Kong 18823 -0.29%
Shanghai 2299 -0.21%
Sydney 4228 +1.74%
Ce matin, l'Asie est un peu disparate. L'euphorie d'hier est toujours de mise en Australie et les japonais profite de démarrer leur année en fanfare dans le sillage des autres places, eux qui n'avaient pas encore ouvert en 2012. Les Australiens profitent du soudain engouement pour tout ce qui est ressources naturelles et matières premières et en ce qui concerne la Chine et Hong Kong, on est un peu plus timoré étant donné la séance d'hier. Même si bien des observateurs pensent que c'est l'année du retour du dragon chinois (ça tombe bien, l'année du dragon arrive si j'ai bien tout compris), on se dit qu'il est peut-être plus prudent de voir le dragon avant de vendre sa peau.. Néanmoins l'ambiance est relativement calme et constructive ce matin. Si la Grèce n'annonce pas son désir de quitter l'Europe d'ici midi, on pourra encore peut-être profiter de la première vague haussière de 2012.
Dans les nouvelles du jours, je dois vous l'avouer, il n'y aura pas grand-chose à se mettre sous la dent aux USA, car les américains sont très occupés avec les premières votations pour la nomination du candidat Républicain. Hier c'était l'Etat de l'Iowa qui votait pour choisir « son » candidat, ils avaient le choix entre Bozo le clown, Kermitt la Grenouille et Casimir. On se réjouit de voir à quoi pourrait ressembler le prochain Président US. Visiblement cette année les Républicains ont mis un point d'honneur à trouver un type plus ridicule et plus stupide que « W » Bush, ce qui n'est pas peu dire. En tous les cas, quand on voit ce qui est proposé aux électeurs, les dessinateurs de presse et les présentateurs télé à a Jay Leno, doivent se frotter les mains. Les mois à venir vont être faciles. Vous l'aurez compris, l'Amérique est donc concentrée sur ces élections qui monopolisent tous les journalistes disponibles ne laissant que peu de place aux autres nouvelles. En les 3 journalistes que ne couvrent pas la politique US se concentrent sur les trois nouveaux banquiers suisses qui ont été émis en examen par un grand jury américain. Les années se suivent et se ressemblent. Pour le moment, nous en Europe on s'en tape comme de notre première chemise, mais c'est Romney et Santorum qui sont aux coudes à coudes alors que la moitié de votes ont été comptés. Suspens à suivre pour la journée, mais pour ce qui est du lien avec les marchés financiers, force est de constater que tout le monde s'en fiche.
Les chiffres de l'automobile sont attendus aujourd'hui et avec la performance du secteur hier, ça a intérêt à être bon. RIMM est également sous les feux de la rampe alors que l'on s'autorise à penser dans les milieux autorisés que les deux CEO de Blackberry pourraient se faire jeter dehors. Il est évident que ça ne résoudra pas le problème de la compagnie, mais à court terme ça pourrait faire plaisir aux investisseurs. On change d'entraîneur et ça règle les problèmes de l'équipe, j'ai des doutes, mais ça ne coûte rien d'essayer, là où ils en sont. Chez PIMCO, l'an passé on a perdu 5 milliards d'assets sous gestion alors que les clients ont retiré leur argent du fonds principal géré par Bill Gross.
A Londres, les employés de MF Global pourraient ne pas toucher leurs bonus promis avant la débâcle, alors que certains clients ne peuvent même pas récupérer leur argent. Ça paraît plutôt logique. Chez Sarasin on a viré avec effet immédiat l'informaticien indélicat qui a transmis des données soumises au secret bancaire concernant l'épouse de Monsieur Hildebrand, patron de la BNS. Côté chiffres économiques, mis à part les ventes de voitures américaines, nous aurons les MBA Purchase Applications, le Challenger Job Cut, le Redbook et les Factory Orders.
Pour le reste, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on ne parle plus de S&P, Moody's et Fitch, les trois compères ont visiblement prolongé la pause de Noël et l'on peut craindre le pire dès leur retour, puisque personne ne parle plus non plus des « rating » des pays, la France garde toujours son triple A, mais ne le montre plus publiquement, de peur de se le faire piquer...
Pour le moment les futures américains sont inchangés et on attend de voir un peu ce qui va se passer en Europe, les volumes restant encore un peu anémiques en ce début d'année. L'Euro est toujours au-dessus des 1.30 et l'on marche toujours sur des oeufs en espérant qu'une mauvaise nouvelle ne vienne pas tout foutre par terre ce début d'année.
En ce qui me concerne, c'est tout ce que j'avais à dire ce matin, je m'en vais vous souhaiter une belle journée et un très bon café. On se retrouve demain à la même heure ou à peu près pour prendre le pouls du marché, histoire de voir si l'espèce bovine a encore quelques jours devant elle...
A demain
Morningbull
"While shopping at Best Buy, out of force of habit, President Obama put everything on layaway. He told the store, "Don't worry about it; the grandkids will pay for it." –Jay Leno
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mardi, 03 janvier 2012
Que peut-il se passer en Europe cette année, selon Wall Street ?
14:27 Publié dans Articles et documents divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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Happy quoi déjà ???
Bon, puisqu'il faut bien y retourner un jour, autant que ce soit ce matin. Je sais bien que la plupart d'entre vous sont encore en mode vacances, réveillon, récupération, voir gueule de bois, mais comme tout le cirque recommence dans quelques heures et à même déjà recommencé chez nos amis asiatiques, autant y aller tout de suite et faire comme si 2011 n'avait jamais existé...
Pour commencer, autant le faire dans les règles. Alors soyez attentifs, ça sera bref et ça ne se reproduira qu'une seule fois avant un bon moment (12 mois environ) :
Happy New Year, Bonne Année, machin tout ça...
Difficile de savoir quoi vous souhaiter en ce début 2012. Habituellement on vous souhaite tout le bonheur du monde, santé , argent et opérations d'initiés, mais cette année, si ça pouvait seulement être moins pire que 2011, on prendrait volontiers. L'avantage, c'est que faire pire que 2011, ça va commencer à devenir vachement compliqué, quoique si l'on en croit le calendrier Maya, 2011, c'était l'apéro et cette année on va entrer dans « les choses sérieuses », mais comme ça sera définitif (si les Mayas ont raison, ce qui paraît difficile, puisqu'ils n'avaient même pas windows ou pire, pas d'iPhone) autant profiter des mois à venir et « Carpe Diem » comme disait l'autre...
Donc voilà, les voeux c'est fait... Revenons donc sur la raison pour laquelle vous êtes ici ; les marchés financiers. Car on ne me la fait pas à moi, vous n'êtes pas là pour autre chose que votre dose d'informations boursières simplifiées... Alors allons-y.
Le truc c'est qu'en général, le troisième jour de l'année après pas mal de repas de fête bien arrosés et trop gras, on a surtout pas envie de commencer sur les chapeaux de roues, ça tombe bien parce que comme il ne s'est rien passé hier, on va commencer tranquillement. Ce mardi 3 janvier sera surtout dévolu à remettre les pendules à l'heure, à un tour d'horizon des bilans 2011, histoire de savoir où l'on en est par rapport à cet été merdique, cette automne pourri et ce début d'hiver immonde que nous avons vécu au niveau des marchés financiers et de la destinée de l'Europe en particulier.
Si vous cherchez de la nouveauté, je vous arrête tout de suite, vous avez meilleur temps d'aller au cinéma, parce qu'après m'être levé aux aurores pour trouver « THE INFORMATION » qui allait changer ma journée, j'ai rapidement déchanté et du me rendre compte que nous sommes exactement au même endroit que là où l'on avait laissé le marché avant Noël. Père Soit-Disant-Noël n'a rien apporté de nouveau et 2012 nous amène les mêmes problèmes et les mêmes questions que nous avions en 2011. Non, contrairement à ce que vous auriez pu penser, ce n'est pas en se rendant à Verbier ou à Megève pendant 10 jours que les problèmes se sont réglés. L'Euro est toujours aussi mal en point et bien des « spécialistes » ne le voient même pas finir l'année, l'Europe est toujours aussi empêtrée dans les mêmes problèmes et là aussi, les spécialistes ne la voient même pas finir l'année. Les mêmes questions vont revenir encore et encore. Personne n'ose même plus prononcer le mot « Grèce », préférant ne pas savoir comment ça se passe là-bas, plutôt que d'apprendre que rien n'a changé, plan d'austérité ou pas. On va se rendre compte que ces mêmes plans d'austérité sont probablement une partie de la solution, mais que 1) ils ne règlent pas les problèmes en 3 jours d'austérité, comme les régimes de début d'année et que 2) ils sont également une partie du problème, puisqu'ils vont probablement nous ramener le mot qui fait peur dans les mois qui viennent, le mot « RECESSION »...
D'ailleurs, comme pour prouver que rien n'a changé et que les mêmes joueurs jouent encore sur le même terrain tout pourri, on commence l'année en se demandant ce que Sarkozy et Merkel vont bien pouvoir nous annoncer comme nouvelle géniale lors de leur pré-sommet du 9 janvier, avant le grand sommet européen du mois... Car oui, vous l'aurez compris, l'Europe se résume toujours à deux pays, la France et l'Allemagne, tout le monde se fout de ce que pensent les 25 autres membres et encore mois ce que pense la Croatie qui attend impatiemment son entrée dans la communauté en 2013...
Il y a des courageux.
Donc voilà que les premières échéances de l'année se dessinent, on ne perd pas de temps et on organise déjà des « super sommets », des « pré-sommets », des « réunion au sommet ».. tout ça pour que trois semaines après on se retrouve à la case départ. Je ne sais pas vous, mais on est le 3 janvier et je n'ai pas l'impression que les choses ont changé. En même temps, quel miracle était censé se produire avec l'arrivée de 2012 ??? Le retour de l'optimisme exacerbé et la conviction que tout ira mieux demain ??? Le seul avantage que l'on trouve à cette année, c'est que tout repart à zéro et que l'on remet l'ouvrage sur le métier et que des fois, on prend des bonnes résolutions que l'on essaye de tenir jusqu'à la fin du mois...
Ce mois nous allons donc nous efforcer de bien travailler et de faire plein d'efforts, puisque tout le monde le sait « as goes January, so goes the year »... En gros, si Janvier est pourri, l'année est foutue, c'est encore un de ces adages boursier qui peuvent vous motiver OU vous mettre le moral dans les chaussettes d'ici 30 jours, pardon, 28 jours... Pour être précis, depuis 1929, nous avons eu 83 mois de janvier, sans compter celui-ci. 53 de ces mois de janvier étaient positifs, sur ces 53, 74% du temps l'année qui reste était positive... On se raccroche à ce qu'on a. Surtout qu'en 2009, janvier était pourri et que l'année était en hausse de 23.45%. Mais bon, comme on va vous le servir à toutes les sauces, autant être prévenus.
Et puis, comme ce matin il n'y a pas grand-chose à dire, c'est aussi le moment de se plonger dans les prévisions. Alors en ce qui concerne ce sujet j'ai un peu fait le tour des prévisions de l'année et je me suis longuement demandé si cela valait la peine d'écrire trois pages sur les objectifs des uns et des autres. Après mûre réflexion, je suis retourné regarder la télé. En effet, malgré tout le respect que je doit à l'ensemble de la communauté des stratégistes, analystes ou autre prédicateurs boursier, après 20 ans de trading, je me suis rendu compte d'une chose, c'est qu'ils ont à peu près autant de chances d'être juste dans leurs prévisions que moi j'ai de chances de gagner le marathon de New York. Je vais enfoncer une porte ouverte, mais la finance n'étant pas une science exacte, on peut mettre au point tous les modèles que l'ont veut, à la fin ça reste la grande loterie de Wall Street.. Tiens, au fait en relisant les prévisions des stratèges pour 2011, je n'ai vu personne parler de la crise européenne.. Etrange non ???
Je crois que la seule chose dont on peut être certain cette année, c'est que l'on va REPARLER de l'Europe, de l'Euro, de l'économie US, de la récession éventuelle, des taux d'intérêts, des rendements de la dette, de l'arrivée d'un éventuel d'un iPhone 5, d'un iPad 3 et de la disparition de Blackberry. Il y aura également pas mal d'autres sujets, dont les élections présidentielles américaines qui devraient voir Obama en reprendre pour 4 ans. Pas que ce soit la meilleure solution, c'est surtout que c'est la moins mauvaise, parce que si c'est un des clowns Républicain qui passe, on est mal partis. Et puis il y aura aussi les élections françaises, ça paraît bien mal parti pour le « Président de petite taille », mais en même temps, personne n'a VRAIMENT envie d'avoir François Hollande au pouvoir.. Mais qui alors ?? Et comme ça fait longtemps que l'on n'avait plus entendu de bruits de bottes, on devrait avoir une explication en règle entre les américains (qui sortent à peine d'Irak) et les Iraniens qui font plein d'efforts pour attirer l'attention....
Tout cela devrait également nous donner de l'action sur les matières premières. Etant donné que l'or n'est toujours pas à 2'000$, on va se dire que c'est une question de temps, mais tant que l'Euro est dans le pâté, ça va être difficile pour l'or de monter beaucoup plus haut, surtout que plus personne ne le considère comme une valeur refuge depuis longtemps, à la limite comme une arme de séduction massive pour les mariages en Inde, mais rien de plus. Même combat du côté du pétrole, on prend les mêmes et on recommence, l'objectif de 135 ou de 150 n'a pas été atteint en 2011, qu'à ne cela tienne, à force de radoter et de répéter les mêmes chiffres, on finira bien par y aller, et on finira donc par avoir raison... Pour l'instant, les deux « Usuals Suspects » sont confortablement installé dans une zone qui semble leur convenir, 1550 – 1650 pour l'or et 80-100$ pour le pétrole qui semble tenter une sortie par le haut récemment. Ah oui, à ce propos on a déjà reçu une prédiction sur le pétrole et elle a une saveur toute particulière, particulière parce qu'au vu de l'utilisation du conditionnel tout au long du commentaire, mon labrador de 2 ans aurait pu faire la même « prévision ».. Selon « Again Capital », la croissance qui ralentit, qui entraîne un ralentissement sur la demande du pétrole, POURRAIT entraîner un prix moyen compris entre 92 et 96$... Ou pas... sinon ça peut être n'importe où ailleurs... Hummm, ça sent bon le retour des prédictions qui ne servent à rien et bien foireuses à souhait. Moi j'en ai une aussi ; d'ici fin août, il se pourrait qu'il fasse soleil. Ou alors d'ici la fin de l'année 2012, il se pourrait que le S&P500 touche les 1250 points, ou encore d'ici fin 2012, il se pourrait que je gagne à l'Euromillion, pour autant que je commence à jouer, mais en même temps j'ai peur, parce qu'avec le bol que j'ai, il se pourrait que je gagne la veille du 21 décembre 2012....
Comme vous les voyez, les années passent et rien ne change vraiment. Le monde n'a pas évolué des masses pendant que l'on se goinfrait de dinde et autres artifices de saison, maintenant on va tous se retrouver au fitness et les marchés sont dans le même état qu'ils étaient en décembre, on va donc se retrouver avec les mêmes prises de tête que l'an passé.. En tous les cas jusqu'au « pré-sommet » du 9 janvier.... (je plaisante... enfin, qu'à moitié)...
D'ici là, nous allons avoir droit à la première avalanche de chiffres économiques de l'année. Nous entamons la semaine avec l'ISM Manufacturing et le Construction Spending, mais c'est jeudi que les choses sérieuses reprennent avec l'ADP Employment Report qui annoncera les prémices pour le premier « NON FARM PAYROLLS » de l'année. On ne perd pas de temps et même si certains sont encore sur la plage ou sur les pistes, il va falloir se remettre rapidement dans le bain, parce que les fêtes c'est derrière et quand on voit ce qu'on voit, le calme relatif des 2 semaines de pause pourrait nous revenir en plein figure dès les premières semaines de l'année... Alors on serre les fesses, on remonte les manches et on y retourne.
Dans le premier article que je lis sur Bloomberg, on apprend déjà que d'ici la fin de l'année les Gouvernement du monde entier devront se refinancer à hauteur de 7.6 trillions de dollars. C'est en effet le total des obligations qui arrivent à échéances. Pour certains se sera une formalité, pour d'autre ça risque de rigoler un tout petit peu moins. Mais encore une fois, vous voyez que pas grand-chose n'a changé. Alors moi je vous le dit, on remet le casque pour éviter les chocs à la tête, le protège-dents, la coquille et on y retourne...
Bref, je crois que j'ai tout dit pour ce matin. L'Asie a commencé l'année dans le vert (youpie) et les futures américains sont en baisse de 0.5% (moins youpie), mais on va attendre que le soleil se lève ailleurs qu'à Singapour pour voir ce qu'il en est de l'autre côté de l'Atlantique...
Voilà, je vais m'arrêter là pour ce premier « débriefing » de l'année et on se retrouve demain pour un point un peu plus complet sur le réveil 2012 de la planète finance. Que votre journée vous soit agréable, vu comme c'est parti, autant prendre ce qui vient jour après jour... On se retrouve demain comme d'habitude en 2012...
Morningbull
"President Obama went Christmas shopping at Best Buy in Virginia this week. He had to go to Best Buy because he's not allowed to go to Walmart, because China said, "You can't buy any more stuff from us until you pay off what you already owe us." –Jay Leno
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jeudi, 22 décembre 2011
Quand y a plus rien à dire...
Etant donné l'état de léthargie du marché en ce moment et l'intérêt porté par les intervenants, sans compter le fait que j'aie du mal à comprendre certaines réactions, je crois que je vais aller m'occuper de la dinde plutôt que des autres animaux du monde de la finance, bulls et autres bears... et puis pour 48 heures de plus, ça ne va pas changer la face du monde et il est peu probable que Draghi, Merkel ou Sarko nous collent une solution miracle d'ici demain soir !!!
Donc, permettez-moi de vous souhaiter un Joyeux Noël, à vous, à vos proches et à votre famille.
On se retrouve mardi 27 pour le compte à rebours de cette année 2011 que l'on qualifiera de ... euh non, en fait on ne la qualifiera pas, ça serait mieux de l'oublier...
Bref, Joyeux Noël, Merry X-Mas et tutti quanti...nre mangez pas trop quand même..
A mardi prochain !!
Morningbull
« You miss 100% of the shots you don't take. »
Wayne Gretzky
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mercredi, 21 décembre 2011
Souvent investisseurs varient
20 ans que je navigue dans le milieu de la finance et 20 ans que je ne cesse d'être ébahi par la facilité avec laquelle le marché peut passer du sourire aux larmes et vice et versa. Ce début de semaine est encore un exemple magistral ; alors que lundi on était au bord du gouffre, prêt à tout envoyer balader, partir skier et chasser le grand tétra pour le repas de Noël, tout en se disant que de toutes manières, tout était foutu et que le marché ne remonterait plus et que l'éventualité d'un Rallye de fin d'année était à peu près aussi probable que de rencontrer le Père Noël en personne... Et tout a changé hier matin.
Soudainement il semblait être une bonne idée de rester encore quelques jours devant ses écrans, l'éventualité de voir quelques achats s'effectuer avant le 31 décembre devenait un peu crédible et surtout, alors que l'on pensait que tous les « Bulls » étaient rentrés à l'étable, le marché commençait à décoller sérieusement. La journée fût donc belle en Europe, pas trop mal en Asie, mais vraiment canon aux USA ; parce que eux, en plus leur économie semble vouloir donner des signes de vie un peu plus dynamiques...
Mais revenons quelques heures en arrière pour essayer de mieux comprendre. Tout d'abord il y a eu la bonne surprise qui venait du côté de l'Asie. Après la clôture de New York de lundi soir, au plus bas de la journée, on pouvait craindre le pire. Et puis non, les marchés de l'autre bout de la planète ont trouvé la force de vivre par eux-même et se dire que tout n'était pas encore fichu. Il faut donc reconnaître qu'en arrivant au bureau, nous les européens, on s'attendait à pire, pour être franc on s'attendait encore à une journée pourrie, neurasthénique et déprimante au possible comme nous avons l'habitude 3 jours sur 4. Mais non, la résistance offerte par Tokyo, Hong Kong et Shanghai donnait envie aux Européen de ne pas céder tout de suite.
Et bien leur en a pris. Sur le vieux continent, dans la matinée, on attendait deux choses : tout d'abord l'IFO qui devait nous permettre de voir si la locomotive de l'Europe tenait le coup et si il y avait encore une lueur d'espoir de ce côté-ci. Dès le milieu de la matinée, le rideau était levé et les chiffres étaient bons. Première lueur d'espoir de la journée. Mais il y avait encore une nouvelle auction obligataire de la part de l'Espagne qui devait lever quelques milliards.
Là aussi, RE-bonne nouvelle, tout s'est placé comme sur des roulettes et en plus à des taux qui font passer les rendement d'il y a 3 semaines pour ceux d'une République bananière. Clairement on sentait un regain de confiance dans l'esprit des investisseurs qui préféraient soudainement voir la bouteille à moitié pleine qu'à moitié vide. Ce soudain positivisme était étonnant, tant il faut reconnaître que depuis quelques semaines, les discussions étaient plutôt axées sur la manière avec laquelle nous allions mettre fin aux souffrances de l'Europe et comment ça allait être bien quand on sera repassé à la Pesetas. Mais c'est mal connaître la capacité de tournage de veste de la part de certains investisseurs qui sont capable de jeter leur déguisement d'ours et de se transformer en Superbull, pour autant qu'ils trouvent une cabine téléphonique pour se transformer à l'abri des regards.
L'IFO + l'Espagne étaient donc les deux moteurs à explosion qui permettaient soudainement aux acheteurs de se rendre sur le marché pour faire des courses sans se faire jeter des pierres par l'opinion publique. Evidemment que l'on a été super-original au niveau des secteurs, puisque les financières étaient soudainement à nouveau à la mode. Du coup, comme New York avait baissé la veille « à cause de l'Europe » e « à cause que Draghi il était pas assez « positif et constructif » sur le sauvetage de l'Europe, sur la peur que les Européens ne s'en sortent jamais et que les USA allaient être encore obligé de débarquer sur les plages de Normandie pour sauver tout le monde, le marché américain commençait à se dire que ; si l'Europe ne baisse pas quand les USA baissent à cause de l'Europe, c'est qu'il y a un truc qui ne joue pas. DONC, il faut peut-être se dire que tout n'est pas foutu et tourner la veste pour 314ème fois de l'année.
Car si vous ne l'avez pas compris, 2011 fût l'année du tournage de veste selon l'horoscope financier. On va mourir, on va pas mourir, on va mourir, on va pas mourir, on va mourir, on va pas mourir, on va mourir, on va pas mourir... et ainsi de suite pendant 52 semaines et près de 250 séances de bourse, il y a de quoi fatiguer. Vivement l'année du « ça monte et puis c'est tout ».
Mais je m'égare. Nous en étions restés à New York qui avait baissé lundi à cause des peurs au sujet de l'Europe, peur récurrentes. Et comme ce mardi l'Europe montait et ne faisait même pas fi du fait que les américains avaient baissé la veille, ces derniers, blessés dans leur amour-propre, rentrait dans la spirale bien connue du L'Europe monte, donc New York monte parce que l'Europe monte, mais voyant ça, l'Europe monte encore plus, puisque New York montait aussi. Mais comme l'Europe continue de monter, les Américains en remettent une couche.... et ainsi de suite et comme à 17h30, les Européens reprennent le métro, pour ceux qui ont un métro, à Genève nous on prend les TPG et on arrive à 23h00 à la maison. Une fois les Européens fermés, les ricains montent encore et à la fin c'est eux qui gagnent. Tout ça parce que la planète est ronde, alors que si elle était plate et rectangulaire au moins on aurait tous les mêmes horaires...
Bref... Au début y a plein de place de bourse, mais à la fin c'est New York qui gagne. Surtout qu'hier les américains se sont fait plaisir avec les chiffres des Housing Starts qui étaient considérés comme « excellents » et c'est pas peu dire !!! Des chiffres immobiliers américains qui sont qualifiés d'excellents, on n'avait plus vu ça depuis que le Subprime a été inventé. Imaginez, si maintenant le marché immobilier moteur de la croissance américaine au milieu de la dernière décennie, commence à reprendre du poil de la bête, le bull market perpétuel est peut-être à nos portes. Ok, j'exagère un peu avec le mot perpétuel, mais on peut rêver !!!
Puis pour mettre une couche de glaçage sur le gâteau, on a également appris que les banques européennes achètent de la dette Européenne en collaboration avec les programmes de la BCE, ça reste du bricolage, mais les intervenants étaient contents d'entendre que des efforts sont fait et que même quand les politiques ne font pas de « sommet de la dernière chance 2, le retour de la vengeance du Sarkozy à plumes », l'Europe essaye quand même de se soigner toute seule avec l'aide des banques.
Au bilan final, on avait une belle journée d'euphorie. Il est en plus assez rare de voir le marché US ouvrir très fort et continuer de monter sans arrêt jusqu'à 22h sans jamais laisser le moindre repli, la moindre occasion d'achat pour ceux qui auraient raté le train. Hier c'était : tu achètes avec la tendance ou tu restes sur le banc de touche. Et ce qui fût assez intéressant, c'est que pendant un bref instant j'ai eu le sentiment que les intervenants s'intéressaient à nouveau aux actions en tant que telles et pas seulement au fait qu'elles font partie d'un indice et qu'il faut acheter et puis c'est tout. Oui ok, il y avait aussi un peu de ça, mais j'ai eu le sentiment que l'on s'attachait plus à quelques « histoires », un peu comme avant quand la crise de la dette n'existait pas. Pendant un bref instant j'ai eu l'impression d'être revenu à cette époque..et j'ai presque essuyé une larme.
On notera l'explosion des titres de la construction, Pulte Home, DR Horton et Lennar qui bondissaient rageusement dans le sillage des chiffres de l'immobilier, l'explosion du broker Jeffries qui a publié des chiffres nettement meilleurs qu'attendus alors que les rumeurs de faillite circulait un peu partout dans le sillage de la déconfiture de MF Global, le CEO a déclaré hier : « la vérité a triomphé des rumeurs malsaines !!! ». Et il a ajouté ; «Luke, je suis ton père ». Non, je plaisante, je plaisante... Les financières ont également vécu une belle journée, surtout Bank of America qui repasse au-dessus de la barrière psychologique des 5$. Le secteur énergie était aussi en forme, grâce au baril qui rebondissait de plus de 3%. Mais pour faire simple, les 10 secteurs du S&P500 étaient en hausse. La chasse aux ours était légale et même recommandée.
En ce qui concerne le prix du baril, pas besoin d'avoir le CFA, le CFPI, un Master en finance et une licence en physique quantique pour savoir pourquoi il montait ; le retour à la vie du marché immobilier, l'Euro qui ne baisse plus face au dollar, donc le dollar qui faiblit...et vous avez votre équation bullish pour l'or noir. Car c'est mathématique, si votre maison reprend de la valeur le premier truc que vous allez faire, c'est faire le plein. C'est un grand classique.... Les traders sur le pétrole n'ont donc pas mis longtemps à comprendre, le calcul est simple : «bonne économie » + Euro Fort + Dollar Faible + Yen on s'en fiche = baril à la hausse. Ce matin pour acheter les 159 litres de pétrole journalier qui sont nécessaire pour faire fonctionner votre Hummer et pour aller arracher un sapin de Noël en forêt, il vous en coûtera 97.94$ et profitez de stocker un peu à ces prix parce que dans 10 jours il devrait être à 135$.. si l'on en croit les stratèges...
Pour ce qui est de l'or, mis à part le fait qu'il ne fait pas avancer la voiture, mais qu'avec une once vous pourriez au moins vous payer un abonnement général TPG pour faire la place Bel-Air-Cornavin en moins de 3h30, il fonctionne comme le pétrole. Dollar qui baisse, marché qui monte et hop, tout le monde à bord ... Ce matin la résistance/support des 1600$ est un mauvais souvenir et le métal jaune est à nouveau sur le chemin des 2000$, pour le moment on fait une pause à 1628$, mais ce n'est qu'une question de semaines... au pire de mois.... dans les 987 mois à venir il y a une bonne chance que l'on touche les 2'000$ sur l'or.
Pour ce qui est des indices, c'est du vert partout et sans exception :
Dow Jones 12104 +2.87%
S&P500 1241 +2.98%
Nasdaq 2604 +3.19%
Londres 5420 +1.02%
Paris 3055 +2.73%
Francfort 5847 +3.11%
Milan 14965 +2.87%
Madrid 8454 +2.44%
Et continue encore ne Asie ce matin :
Tokyo 8453 +1.40%
Hong Kong 18369 +1.60%
Shanghai 2327 +0.24%
Sydney 4182 +1.83%
La hausse appelle la hausse et on est presque en pleine euphorie. A voir l'état psychologique du marché il y 48 heures, il est difficile de croire que nous en sommes-là ce matin. Plus personne n'a de doutes et il semble que pendant quelques heures encore nous soyons en train de vivre notre rêve de Noël. Pourtant ce matin les nouvelles au Japon ne sont que moyennement encourageantes, entre le trade déficit qui augmente, les perspectives économiques révisées à la baisse par la Banque du Japon, qui garde les taux inchangés au fond du trou, il n'y pas non plus de quoi se réjouir. Mais peu importe, on surfe sur la vague de la hausse de ces dernières 24 heures. Pourvu que ça dure.
En ce qui concerne les nouvelles du jour, tout d'abord, comme toutes les bonnes choses ont une fin ; hier soir après la clôture, Oracle a publié ses chiffres pour le trimestre. Et ils étaient en dessous des attentes. La sanction ne s'est pas faite attendre, le titre a plongé de près de 10% after close. Mais au-delà des chiffres plus faibles, c'est la croissance qui semble ralentir chez le géant californien, chose que l'on n'avait plus vu depuis longtemps. La baisse d'hier soir représente l'inquiétude des investisseurs qui n'ont pas mis longtemps pour se demander si c'est un évènement isolé ou le début d'une durable et plus inquiétante pour l'avenir des régates de la Coupe de l'America et pour la compagnie de Larry Ellison. Dans la thématique des chiffres trimestriels, NIKE a, en revanche, sorti des bons chiffres.
Zynga a (encore) perdu 1% hier soir. Et puis on continue de lire des articles déprimants sur la destinée de Research In Motion, dans la presse de ce matin, un chroniqueur estime que la spirale de la mort est enclenchée chez BlackBerry et qu'à terme, ils devraient disparaître comme Palm l'a fait en son temps. On apprend également que Jeff Bezos, patron historique d'Amazon s'est intéressé à acheter la firme canadienne, mais qu'après avoir analysé le dossier, il a laissé tomber. Pas forcément une bonne nouvelle. En revanche une bonne nouvelle pour tout ceux qui passent leurs meetings à tapoter sur leurs BlackBerry, Sony a sorti la nouvelle PSP, à la place de checker vos mails 2839 par heure, vous pourriez aller jouer à FIFA 2012... Ceci dit, puisque c'est le sujet, hier soir après la clôture le titre de Research In Motion bondissait de 11% alors que des rumeurs faisaient état de la possibilité d'un rachat de la part de Microsoft ET Nokia qui ferait un achat groupé. Difficile de mettre un prix sur cette rumeur.
Monsieur El-Erian, patron de PIMCO a encore parlé hier. Ces temps ce n'est que du bonheur, chaque fois qu'il parle. Hier il nous a annoncé que selon lui les chances que l'Europe fasse tout péter et transforme l'économie mondiale en une version adulte de la crise de Lehman Brothers est de 33%. Alors que tout le monde commence à avoir un tout petit peu d'espoir, on voit bien que tout le monde n'est pas encore d'accord avec la méthode Coué.
Et puis, pendant que les « négatifs » font leurs déclarations, les « positifs » font les leurs. Hier le patron de l'Autorité des Marchés Français (AMF) a estimé que le fait que la France puisse conserver son triple A tiendrait plus du miracle que d'autre chose, mais qu'il « veut y croire ».. Au moins il y a des optimistes. Pourtant il y a plein de paris que je suis prêt à prendre dans ce marché, mais celui-là me paraît tout de même bien risqué. Dans le domaine bancaire, HSBC a vendu sa division « private banking » japonaise au Crédit Suisse.
Au chapitre des nouvelles dont on pourrait se passer, BNP Paribas est assignée en justice pour une affaire de prêts toxiques. Des particuliers estiment avoir été trompés par la banque, pour une affaire de prêts immobiliers indexés sur le franc suisse, qui s'est envolé, faisant gonfler du même coup les taux d'intérêt. 33 personnes attaquent en justice, mais il y aurait près de 280 victimes. Reste à prouver que la banque est coupable de quelque chose. En même temps entre de la dette grecque et un bon procès aux assises, on ne sait que choisir.
Le procès du trader d'UBS, Kweku Adoboli a été encore repoussé. Il n'a semble-t'il pas encore trouvé si il allait plaidé coupable, non coupable et est-ce que c'est une fraude ou est-ce qu'il n'est pas tout seul là-dedans. Pourtant on peut penser qu'il a eu du temps pour réfléchir en prison ou est-ce qu'il traite encore avec son compte personnel... Et puis au passage, notons que LVMH continue de monter dans le capital d'Hermès. Ils sont à 22.28% et ça doit toujours faire grincer des dents chez Hermès.
Côté chiffres économiques, c'est le calme avant la tempête. Ce mercredi nous aurons les MBA Purchases Applications, les Existing Homes Sales qui nous confirmeront ou infirmeront la bonne nouvelle d'hier et puis le tirage de la grande loterie nationale des inventaires pétroliers. 150 analystes qui ont fait des paris pendant des mois pour savoir quels étaient les stocks de brut selon l'EIA, 150 analystes qui vont se rendre compte encore une fois qu'ils se sont gourés. Un suspens insoutenable et une passion de tous les instants. Ce soir sur M6, avec un reportage complet dans le Voici de la semaine prochaine.
Pour le moment les futures américains sont indiqués en hausse de 0.10%, démontrant qu'ils ont plutôt bien digéré la hausse d'hier et laissant espérer une répétition ce mercredi et peut-être jeudi et vendredi et du coup la terreur de l'éventualité d'un « Christmas Rally » pourrait à nouveau nous frapper en plein front et de plein fouet.. Pour l'instant on n'en parle pas, mais si on se fait deux jours de hausse, ça risque de galoper à nouveau. Mais ne mettont pas le traineaux avant les rennes. Une chose après l'autre.
Moi je m'en vais vous souhaiter une très belle journée, un bon café et que ces derniers jours de 2011 vous soient agréable. Ah oui, encore une chose, je ne ferme pas encore boutique cette année, mais comme jour après jour je reçois de plus en plus d'auto-reply qui me disent que la moitié d'entre-vous sont à la neige ou ailleurs, que chaque matin, je reçois des cartes de voeux électroniques avec des Père Noël qui dansent, j'en profite pour vous souhaiter déjà un Joyeux Noël avant de tous vous rater parce que vous serez partis très loin des marchés boursiers..
Alors JOYEUX NOËL !!!! Pour la bonne année, c'est encore un poil tôt.. et puis merci de me lire jour après jour et merci d'aimer.. enfin, pour ceux qui aiment..
En attendant, à demain !!!
Morningbull
- Juif vous êtes ? Juif vous avez l'air...
-
On met les adjectifs après le verbe. On ne dit pas "Juif vous avez l'air" mais "Vous avez l'air juif". Par exemple, si je vous dis "Con vous êtes", c'est juste, mais c'est pas français...
Jean-Paul Belmondo, l'As des As
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mardi, 20 décembre 2011
Si le Père Noël existe, c'est le moment qu'il se bouge!!!
Le compte à rebours est en marche. Si mes calculs sont exacts à partir de ce matin il nous reste 9 séances de trading avant de basculer en 2012 et autant vous dire que le « Christmas Rally » est en train de devenir de plus en plus compliqué. Surtout après des séances comme celles d'hier.
En ce qui concerne l'Europe, on peut déjà dire que les volumes ont littéralement disparus, plus personne ne semble faire quoi que ce soit ou alors seulement si c'est des « coups sûrs » et quand on regarde les échanges qui se font sur certaines valeurs qui sont censées être des vedettes de l'économie Européenne, ça fait peur. De l'autre côté, si par hasard il se passe un truc qui déciderait les acheteurs à se jeter dans le marché, du style une décision concertée des banques centrales comme ils nous ont fait le 30 novembre – décision qui a été aussi utile que si j'avais jeté une pièce de monnaie dans la fontaine de Trévise – donc, si il se passe un truc du même genre dans les 9 jours qui restent, au vu du volume et de la liquidité, le résultats pourrait être spectaculaire, ridicule et aberrant, mais spectaculaire, le feu d'artifice de fin d'année.
Mais cependant, pour ceux qui voudraient éventuellement envisager ce scénario, il faut tout de même avouer que ça devient de plus en plus compliqué et surtout que l'on a de plus en plus de mal a imaginer ce qui pourrait faire vibrer l'investisseur moyen qui a déjà pris note que l'Europe va mourir en 2012, que l'Euro ne va pas s'en sortir et que le consommateur de 2012 va manger du pigeon et du rat. On voit très bien que le plan de sauvetage de la Grèce de fin octobre a été super bien accueillit, mais aura duré 3 jours, la concertation des banques centrales du 30 novembre aura tué un ou deux shorts dans le marché mais aura duré moins d'une semaine, le super-sommet de Bruxelles aura été aussi efficace que si on s'était mis à chanter des cantiques... Quand on fait ce rapide bilan, on se demande vraiment ce qui pourrait nous motiver, surtout que maintenant la moitié des intervenants sont partis en vacances et que l'autre moitié va les rejoindre à la fin de la semaine. En gros, le gros bonhomme en rouge sponsorisé par Coca-Cola, risque de ne pas s'arrêter dans les cheminées de Wall Street dans les jours qui viennent. Ou alors la surprise serait de taille et l'effet Noël serait à son comble...
Je crois donc qu'on peut toujours rêver, mais que c'est mal barré. Surtout au vu de ce qui nous arrive sur la figure ces derniers jours. Oh, rien de neuf, non simplement deux ou trois discours et remarques dont on se serait bien passé. Il faut reconnaître que si le « Christmas Rally » ne se produit pas, il y a quelques personnes qui comptent dans le monde merveilleux de la finance, qui ne se privent pas de dire des mots qui fâchent et sans jamais prendre de gants.
En substance et en ce qui concerne la journée d'hier, alors que l'Europe était comme anesthésiée et que 3 points de hausse sur le CAC40 étaient considérés comme un « rallye » majeur, comme une explosion haussière, alors qu'un crash boursier était identifié par une variation de 2 points sur l'indice DAX en moins d'une heure... La journée d'hier devait probablement se classer dans le top 10 des journées les plus ennuyantes de 2011, sachant que 8 des autres sont aussi des séances de décembre. La seule chose que l'on apprenait hier, c'est que soudainement on avait redécouvert la Corée du Nord et qu'en plus des problèmes que l'on se tapait en Europe, il allait encore falloir gérer la succession de Bim Bam Boum en Corée, histoire de savoir si son « génie » de fils était plus, moins ou aussi cinglé que sont père... Il est vrai que l'on peut se poser des questions quand un type qui met la main sur un arsenal militaire plus qu'inquiétant... Donc du coup, les experts financiers ont tous commencé à devenir des experts en géopolitique s'instruisant immédiatement sur la problématique de la Corée du Nord. Et comme ce n'est pas facile d'apprendre la langue et l'écriture, forcément on a eu moins de temps à consacrer au marché boursier. D'où l'ennui d'hier.
Heureusement que nous avons pu avoir les extraits de la première conférence professionnelle de Dominique Strauss-Kahn depuis qu'il est sorti de tôle. Visiblement, entre deux maisons closes, il a trouvé le temps de se rendre en Chine pour donner une conférence sur l'économie et sur l'Europe. Même si je ne remet pas en cause ses compétences économiques, il faut reconnaître que lorsque l'on lit le résumé de ses déclarations, ça sonne plus comme un règlement de comptes qu'autre chose. Il pense que l'Europe manque de « leadership », qu'Angela et Nicolas ne se comprennent pas et que l'Europe est un radeau qui n'attend que de couler. Et pour finir que les jours qui restent à l'Europe se comptent en semaines et pas en années.
Du coup, on en est à se demander si on ne préférait pas quand il était à la prison de Rikers Island.
Mais ce n'est pas les discours de DSK qui ont perturbé Wall Street, non, c'est plutôt les déclarations de Draghi qui a clairement laissé entendre que la BCE ne jouerait pas les pompiers et qu'il est exclu qu'ils viennent jeter du cash à tout va pour éteindre l'incendie. Il ne nous a rien dit de « nouveau », mais il semble que l'hypothèse de sauvetage avancée par certains, hypothèse qui passait par un rachat de dettes massive de la part de la BCE vient de tomber à l'eau et à moins que le CEO de Goldman Sachs le lui demande, on voit mal ce qui ferait changer d'avis Mario Draghi. Maintenant qu'il est le maître de l'Europe il semble bien décidé à la mettre à sa botte... Ce premier élément n'a pas aidé les acheteurs à sortir du lit.
Ensuite, il y a eu la fameuse « conférence téléphonique » des Ministres des finances européens. Cette dernière a eu un effet fabuleux sur les marchés, comme tous les sommets divers et variés. La seule différence c'est qu'en général, un sommet nous fait monter pendant au mois deux-trois jours. Mais là, je ne sais pas si c'est le fait que ce soit au téléphone, mais il semble que rien de bon ne pouvait en sortir. En gros les Ministres ont accepté de sortir du cash via le FMI (sauf François Baroin, parce que la conférence était en anglais et le temps qu'on lui traduise, c'était trop tard), jusque là, l'annonce d'une injection de 150 millards d'euros était plutôt positive, parce qu'on peut quand même faire deux-trois choses avec 150 milliards, personnellement vous me donnez un pour cent de tout cela et je ne vous embête plus jamais avec mes « morning comments ».. Mais il faut reconnaître que le problème n'était pas les 150 milliards, mais c'est surtout le fait que l'on attendait 200 milliards. Et même si ces 50 milliards d'écarts ne vont pas changer la donne, c'est l'effet psychologique que cela amène qui a fait que les intervenants sont passé en mode SELL !!!!!
Puis, alors que l'incendie faisait rage, le Wall Street Journal a laissé entendre que comme cadeau de Noël aux banques, la Fed pourrait valider les minimaux requis par la réglementation de Bâle III. Du coup cela voudrait dire que plusieurs grandes banques américaines vont devoir ajuster leurs ratios de capitaux propres et ça ne fait pas plaisir au secteur. En même temps, pour une fois que les américains se plieraient à une réglementation qui vient de Suisse, ça nous change... Mais le secteur bancaire, lui, il n'a pas aimée... Et paf, par et re-paf !!! Encore une journée qui terminait au plus bas...
Même les fermes artificielles ne parvenaient pas à inverser la tendance. Zynga est en passe de devenir la pire IPO de ces derniers mois. A peine 2 séances de trading et déjà 10% de baisse. Le titre de Farmville est en train de devenir un cauchemar pour ceux qui l'ont placé.
Bref, rien de neuf sous le soleil de « Wall Street au pays des merveilles », aucune déclarations qui change la face du monde, rien qui se rapproche d'un discours de Malcom X, rien de nouveau révélé par un magazine d'investigation, rien que du réchauffé. En ce moment, les intervenants qui ne sont pas au ski ou sous les tropiques, n'ont pas envie que quelqu'un lui rappelle que rien n'est encore gagné et que la brèche dans la coque de l'Europe prend toujours l'eau, il préfère nettement la stratégie de l'autruche, sauf qu'à force de bouffer du sable toute la journée ça devient fatigant aussi. Il n'y a donc pas d'alternative, il vaut mieux bouffer de la mauvaise nouvelle à tout va, un jour ou l'autre, ça finit par ne plus faire mal du tout.. mais pour l'instant on apprend encore. Et l'apprentissage est long, fastidieux et ennuyeux...
Côté baril, ça remonte un peu. Ne me demandez pas pourquoi, car mis à part que l'Euro semble moins faiblard que la semaine passée, il n'y pas grand-chose d'autre, mais ça suffit amplement pour justifier quelques ordres d'achat, il faut savoir se contenter de peu. Même chose sur l'or qui tente désespérément de repasser par dessus les 1600$, mais c'est laborieux. Pour le moment le métal est pile-poil sur les 1600$ et le baril est à 94.31$. Si ça intéresse quelqu'un qui n'est pas en train d'emballer les cadeaux.
Dow Jones 11766 -0.84%
S&P500 1205 -1.17%
Nasdaq 2523 -1-26%
Londres 5365 -0.41%
Paris 2974 +0.06%
Francfort 5671 -0.54%
Milan 14548 -0.17%
Madrid 8253 +0.60%
Tokyo 8341 +0.54%
Hong Kong 18169 +0.54%
Shanghai 2327 +0.15%
Sydney 4114 +0.01%
Ce matin l'Asie remonte un peu pour compenser la tôle d'hier. La plupart des pays périphériques à la Corée du Nord se sont réveillés en constatant avec une joie non-dissimulée que le nouveau « Président » de la Corée du Nord n'avait pas encore rasé ses voisins à l'arme nucléaire, ce qui est toujours ça de gagné, les intervenants locaux ont donc commencé à se dire que la séance d'hier avait été peut-être quelque peu exagérée. Et puis même si on ne sait pas encore tout de « Pim Pam Poum » ou peu importe son nom, on sait qu'il aime les jeux vidéos, il ne va donc pas raser le Japon. Il y a donc de l'espoir et puis si son cinglé de père n'a pas rasé le monde libre, il y a quand même une lueur d'espoir et ce type à tout de même étudié à Berne, il ne peut pas être foncièrement mauvais...
La nouvelle du jour, c'est AT&T qui renonce à mettre la main sur T-Mobile. THE TAKE OVER of the year is going down the drain.. Un merger de 39 milliards de dollars qui s'envole en fumée. AT&T renonce après que le Département de la Justice lui ait mis la misère avec un procès anti-trust en août cette année. Après 9 mois d'efforts, le géant américain jette donc l'éponge, en déclarant que les décisions du DoJ va tout d'abord faire du mal au consommateur. Au passage, il vont prendre une charge de 4 milliards pour divers frais liés à l'affaire. Mais dans l'histoire c'est Deutsche Telekom qui vont faire la gueule, ce n'est pas tous les jours que tu vends un abonnement téléphonique mobile pour 39 milliards. Hier soir après la clôture le titre d'AT&T était en baisse de 0.7%, Sprint montait de 6%, Verizon ne faisait rien et la surprise sera de voir la tronche de Deutsche Telekom ce matin à Francfort.
Une question commence à circuler dans le marché ; les pays européens vont-ils vendre leur or pour éponger une partie de leur dette ? Ou alors même simplement pour équilibrer leur budget ? On en parle car peu de gens savent que les italiens on la quatrième plus grosse réserve d'or du monde, Rome possède 2452 tonnes d'or, seul les USA, les Allemands et le FMI en possèdent plus. Avec une valeur commerciale de 123 milliards de dollars, la vente de ce stock pourrait facilement permettre à l'Italie d'équilibrer son budget de 80 milliards et de se donner de l'air cette année. Pour la petite histoire, le Portugal possède 19 milliards d'or et la France 122 milliards. Ça laisse songeur et l'on peut se demander ce qui pourrait se passer sur l'or si les européens venaient vendre.. à moins que la Chine cherche à se monter un stock d'adulte dans la seule monnaie qui n'est contrôlée par personne..
Le Prince Alwaleed, investisseur bien connu, vient de prendre une participation de 300 millions dans Twitter. Il est très enthousiaste par les perspectives de croissance de ce média. Plusieurs site internet financiers se font l'écho de la clôture du titre de Bank of America qui termine sa journée sous les 5$, suite à l'article du Wall Street Journal. Au-delà de l'effet psychologique qui pourrait poser des problèmes à certains fonds, de continuer à détenir un titre qui est sous les 5$, à plus fort raison en fin d'année, les « experts » saisissent l'occasion de se poser la question de savoir pourquoi et comment ce titre se traite 38% sous la valeur à la casse de la banque. La réponse se trouve dans un seul mot : CONFIANCE. Pour la petite histoire, Paulson, la star Hedge Fund manager et dedans jusqu'au cou et n'avait pas forcément besoin de ça cette année. Warren Buffet est également investit dans BofA, mais il a un deal spécial qui le protège et lui garanti un rendement à la Warren Buffet...
Côté chiffres économiques nous auront les ventes des magasins, les Housing Starts et le Redbook. Pour l'instant les futures américains sont en hausse de 05%, satisfaits de savoir que rien n'a changé en Corée du Nord et que rien n'a changé nulle part depuis hier...fondamentalement...
La journée commence sous la neige et il semble qu'elle ne devrait pas être moins ennuyante que celle d'hier. Il n'y a rien à attendre ces prochains jours, sauf un miracle et je ne pense pas que Nicolas Sarkozy déguisé en petit Jésus dans la crèche suffise à notre bonheur, même si Angela Merkel lui souffle dessus... Pour le moment l'année se termine en roue libre et on a connu des mois décembre bien plus palpitants, mais au regard de l'année que l'on vient de traverser, on a les mois de décembre que l'on mérite..
Sur cette note philosophique, je m'en vais retourner méditer sous une cascade d'eau glacée, histoire de me réveiller et de me remotiver pour aller au combat. En attendant de vous retrouver demain, il me reste à vous souhaiter une excellente journée, en espérant que vous avez bien farté les skis, parce qu'aujourd'hui je ne suis pas certain que l'option « transport publics » soit la meilleure.. ou alors c'est un miracle...
Bon café, bon bircher müesli et une Ovo là dessus et c'est partit pour la journée... Va en falloir de l'ovo..
A demain
Morningbull
"A life spent making mistakes is not only more honorable, but more useful than a life spent doing nothing." George Bernard Shaw
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lundi, 19 décembre 2011
Ma recommandation ? Fermez les marchés jusqu'en 2012 !!!
Oui, je crois que l'on est en train d'atteindre un point jamais vu sur les marchés. Ça devient du grand n'importe quoi version classe mondiale. Il nous reste deux semaines avant 2012 et quand on entend ce qu'on entend, qu'on voit ce qu'on voit et bien on se dit qu'on a bien raison de penser ce qu'on pense et d'aller jouer aux billes à la place.
Je m'explique, vendredi j'ai passé ma journée les yeux vissés sur les écrans pour identifier le moindre mouvement, le moindre signe de vie du marché. Pendant des heures j'ai surveillé les comportements des courbes dessinées sur mes écrans, vérifié tous les paramètres qui comptent en ce moment ; euro-dollar : check, rendement de la dette italienne : check, rendement de la dette espagnole : check ! Futures américains : check ! IPO de ZYNGA : check ! Discours de Merkel : check (y en n'avait pas, mais check quand même)... Et pourtant rien ne se passait sur le marché, une espèce de semi-coma entourait les indices européens comme si on attendait quelque chose...
Et puis tout d'un coup, l'illumination !!!! Mais oui, bon sang mais c'est bien sûr !!! C'est l'échéance des 4 sorcières, une des 4 grosses échéances de l'année. Et comme on le sait après chaque échéance il se passe un truc, soit ça monte, soit ça baisse. Les marchés étaient donc tétanisés en attendant la fin de l'échéance, mais une fois que ça sera fini, c'est sûr ça va bouger. Enfin !!! L'excitation était à son comble, le traders piaffaient d'impatience et puis enfin, à 16h00, l'échéance... Et puis ensuite ... Eh ben ensuite, rien.. que dalle... la zone..
Ensuite on attendu encore, parce qu'il paraît que personne ne voulait « rien faire » avant le week-end parce que ce week-end on s'autorisait à penser dans les milieux autorisés qu'un des trois clowns viendrait downgrader la France et voir pire, l'Allemagne.. Et tant que ces downgrades ne sont pas officiels, « on ne veut rien faire »...
On vit donc une époque formidable, on ne fait rien « avant », parce qu'on sait que ça va arriver – bien que ce matin à 5h22, toujours rien ne s'est passé aux niveau des génies de la prévision que sont S&P, Moody's et Fitch, ils n'ont toujours pas pris de décision sur la France nous laissant dans une expectative insoutenable – et puis de toute façon, une fois que ça sera « arrivé », on ne voudra rien faire parce que les perspectives sont mauvaises selon trois pelés et deux tondus qui ont la réputation d'être faux 100% du temps...
Dans le doute on a donc préféré ne rien faire. Ce qui m'amène à me dire que si on se comporte comme ça encore deux semaines, ça va être super long. Mais super-long dans le genre super-long.. chiant, Waterloo morne plaine avec de temps en temps un super Hedge-Fund qui nous balance un programme automatisé pour nous occuper pendant 5 minutes, mais je crains que ce soit à peu près tout. De toute manière, c'est officiel à peu près partout, il paraît que les places boursières ont capitulé, il n'y aura pas de « rallye de fin d'année » cette année. C'est donc officiel, vous pouvez plier bagages, rentrer le matos, il va falloir attendre pour revoir un Bull Market et si l'on en croit les prévisions du moment, il va falloir attendre l'été parce la plupart des stratèges (qui étaient faux en 2011 et qui n'ont rien vu venir de la crise actuelle) pensent qu'en 2012 le marché ira plus haut de 12% à la louche, mais seulement à partir de juin-juillet...
On se prépare donc à long hiver boursier durant lequel on va déprimer, baisser, puis déprimer encore, baisser encore un peu et puis au moment où l'on pourra commencer à citer l'adage de l'année : « Sell in May in go away », eh ben en fait il faudra acheter et puis c'est tout !!! Enfin, si les stratèges ont raisons, ce qui, statistiquement est loin, très loin, super loin, méga-vachement loin d'être sûr et encore moins certain.
En gros on ne sait plus quoi faire d'ici Nouvel-An et puis comme la plupart d'entre-nous sont déjà en train de faire les bagages pour aller en vacances, je me demande vraiment si ça vaut la peine de continuer à « faire de la bourse » en 2011 et en ce qui me concerne je me demande vraiment si ça vaut la peine que je me lève à 4h du matin pour vous écrire mes commentaires...alors qu'il y a de moins en moins de choses à dire...
Bon, pour vous résumer la fin de la semaine ; le rendement de la dette espagnole se casse la gueul. Et puis il y a des rumeurs un peu partout que ces prochains jours vont donner lieu à tout plein de downgrades, la Belgique a d'ailleurs été downgradée ce week-end, la France a été mise sous surveillance par Fitch, mais pour être franc, c'est surtout le DOWNGRADE de la France que l'on attend avec impatience, j'en arrive presque à croire que l'on veux ce downgrade pour acheter et montrer que les agences de notation sont ridicules. Mais pour le moment la perspective de ce moment qui « tous nous prendre par surprise, bien sûr », on s'ennuie ferme et cette épée de Damoclès empêche le marché de donner toute sa quintessence...
Autrement, il faut encore noter que l'or ne parvient pas à revenir au-dessus des 1600$, 1600 qui fait toujours office de camp de base pour aller chercher le Graal à 2000$ comme promis depuis des mois. Pourtant vendredi passé, avec l'euro qui parvenait à retrouver deux-trois forces pour faire faiblir le dollar, on aurait pu croire qu'on y arriverait, mais en fait, non. Le métal jaune est à 1588$ ce matin.
Côté pétrole, c'est la soupe à la grimace. En général le pétrole bouge pour deux raisons : le dollar et les perspectives économiques, des fois les inventaires mais comme en général c'est aussi simple de jouer les chiffres de l'EIA à feuille, cailloux, ciseaux, les intervenants « vraiment pros » se sont rabattus sur le dollar et les perspectives économiques, sauf qu'un petit nouveau vient d'arriver : la crise européenne. Pour la première fois depuis des mois, je lis un article comme quoi le prix du baril a baissé parce que « les perspectives de la zone Euro ne sont pas très bonnes »... Si tout d'un coup le baril est lié à l'Europe, ça va se compliquer.. Encore. Du coup le pétrole avait un peu de retard à combler si il veut « matcher » la performance des banques européennes, il a donc déjà entamé un bout du chemin en baissant de manière significative durant la semaine qui vient de s'écouler. Ce matin le baril est à 92.30$, loin, mais alors bien loin des 135$ promis à la fin de l'été... 135$ que nous devions atteindre à la fin de l'année. Année 2011 bien sûr. Si l'on paie 135$ sur le baril d'ici le 31 décembre, je me teint les cheveux en bleu-blanc-rouge. Oui, je sais je ne prend pas beaucoup de risques, mais la sanction serait terrible.
Et puis comme en attendant le downgrade de la France et l'échéance des sorcières on s'ennuyait ferme, il fallait bien trouver une occupation. Les américains nous en ont trouvé une : l'introduction en bourse d'une ferme virtuelle. Si vous étiez sur la planète depuis une semaine vous avez forcément entendu parler de ZYNGA. Avec Zinga vous pouvez enfin réaliser votre rêve : devenir agriculteur, mais sans vous salir les mains. Il vous suffit d'acheter des vaches virtuelles, du terrain virtuel, de l'engrais virtuel et de l'intelligence artificielle et hop c'est parti.. C'est quand même la seule boîte qui vous vend un truc qui ne vous appartient jamais, que vous ne pouvez pas revendre et qui n'est même pas garanti et ça marche. Avant l'époque d'internet on appelait ça de l'arnaque, maintenant des « jeux sociaux »... au moins à l'époque au Monopoly, c'était du faux argent et on étai ruiné pour de faux. Avec ZYNGA on peut être ruiné pour de vrai, sans jamais avoir vraiment acheté quelque chose.
Bref, ZYNGA est venu en bourse vendredi. On l'attendu. Longtemps. C'était la meilleure indication de ce que pouvait valoir les réseaux sociaux depuis l'introduction en bourse de Linkedin. Le titre avait été « pricé » à 10$ vendredi et on attendait l'ouverture officielle, histoire de voir si c'était encore un carton de la bulle internet... Ô surprise, Ô rage, Ô déception, le titre à ouvert à 11$.. A peine 10% en dessus du prix d'émission. Pas un super-bon signe. Les heures qui suivaient étaient pires. À la fin de la journée le titre terminait à 9$ et 50 cents... Pas de quoi danser sur la table et Monsieur Facebook a intérêt à se magner le train avant que plus personne ne veuille de son titre, même si c'est un raccourci un peu facile à faire, les deux compagnies n'étant tout de même pas construites sur le même business model.. Toujours est-il que l'IPO de ZYNGA aura été un échec. Le CEO pourra s'acheter son jet privé, deux ou trois bateau, une douzaine de Ferrari et suffisamment de résidences secondaire pour oublier où elles se trouvent, mais pour l'investisseur, pour le moment, ça ressemble plutôt à une déception.
Ceci mis à part, la journée de vendredi fût longue, mais longue, j'ai pris dix ans en une journée, tellement la lutte contre le sommeil m'a pris de l'énergie. Mais ce qui me fait le plus peur, c'est que la semaine à venir ne semble pas mieux...
Pour le moment, l'Asie est en plongée. Tout d'abord parce que les asiatiques ont « peur de l'évolution de la crise européenne » et puis parce que l'indice Sud Coréen se casse la figure parce que le dictateur Nord Coréen, Kim Jong-Il est mort. Ça vous donne tout de suite une idée de l'ambiance qui règne dans les marchés. Un des dictateurs les plus tarés est mort et le marché baisse. Pourtant si il y a un truc dont on se fout c'est qu'il soit mort !!! Le seul truc que l'on peut regretter c'est qu'il soit mort « seulement » maintenant.. Bon, en même temps, la mauvaise nouvelle c'est que sont successeur et complètement débile également, ce qui n'arrange pas forcément la chose. Il y a cependant un histoire drôle dans ce décès, on apprend que le dictateur est mort « d'épuisement au travail et d'épuisement mental ».. Comme quoi on peut être con comme un balai et être épuisé mentalement quand même, c'est une chose qui n'arrivera pas à George Bush, l'épuisement mental...
Nous avons donc entamé la semaine dans le rouge et pas qu'un peu puisque le Japon recule de 1.12%, Hong Kong de 2.47%, Shanghai de 2.5%, tout comme Sydney.
Puisque l'Europe est la cause de tous les maux des marchés financiers, ce lundi, il semblerait que les charismatiques leaders européens vont s'offrir une conférence téléphonique pour faire le point sur la crise Européenne. Alors après avoir tenté le « petit meeting en petit commité », le gros meeting à la plage, le sommet de la dernière chance à Bruxelles, on tente la conférence téléphonique pour sauver le monde. Quand ils en seront aux signaux de fumée, on saura que c'est sans espoir. Cette fois il se pourrait que l'on parle du FMI et des moyens que l'on pourrait trouver via ce dernier pour sauver l'Europe. En même temps, en ce qui concerne le FMI, la Présidente du FMI est en voyage au Nigéria, ça ne va donc pas être simple de communiquer avec elle. On voit où sont les priorités.
Donc à noter dans vos agenda, 15h30 aujourd'hui, conférence des chefs d'Etats Européens au téléphone...
A noter également que Mario Draghi a donné sa première interview depuis que Goldman Sachs l'a nommé à la tête de la BCE. Pas grand-chose n'est ressorti de cette interview, sauf le fait que si vous cherchez quelqu'un pour vous remotiver et vous pousser en avant, vous forçant à vous battre pour trouver des solutions à vos problèmes, ce n'est pas sur lui qu'il faut compter.
Après que Fitch ait placé le rating de la France « sous surveillance » durant le week-end, le journal Sud-Ouest Dimanche nous apprend que « les français son pessimistes quand à la note de triple A », ils n'y croient plus selon le journal. En même temps, ça tombe bien parce que 80% des français ne savaient pas ce que c'était un triple A il y a encore 1 an... Mais on est rassuré que ce sondage remette l'église au milieu du village.
Côté chiffres économiques, nous allons avoir le Housing Market Index cette après-midi et c'est tout pour ce lundi. La grosse journée sera celle de jeudi. En attendant, je crois qu'il est plus sain de retourner se coucher. Tout d'abord parce qu'il est en train de neiger à Genève et étant donné les performances des TPG ces derniers jours, il y peu de chance d'arriver au bureau avec 12h00 à moins que vous soyez déjà parti à 3h ce matin. Et ensuite parce que visiblement ce marché est tellement à la rue que maintenant il est en train de baisser parce que King Kong Drill est mort ce week-end..
Les futures US sont déjà en baisse de 0.6% à cause de l'autre imbécile qui est mort. Super. On avait besoin de ça. Même Kadhafi n'avait pas eu autant d'impact sur le prix du baril quand il a été exécuté.
En conclusion, le marché est complètement cinglé et je crois qu'il est plus sain d'aller à montagne et profiter de l'air pur, on verra pour la suite au mois de janvier...
Pour ceux qui ont réussi à se rendre au bureau, je vous souhaite une belle journée passionnante à lire la nécrologie de « Ding Dang Dong » et on se retrouve demain matin pour parler de la reproduction des pingouins en captivité, sujet Ô combien passionnant par rapport à la crise de la dette et aux multi-sommets européens. Pour les autres, restez au lit.
Bon café, What else.
Morningbull
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vendredi, 16 décembre 2011
Qu'on me donne l'envie, l'envie d'avoir envie
C'est comme ça que l'on peut résumer la séance d'hier. On n'a même plus envie. Je ne sais pas si c'est parce que nous sommes à deux semaines d'enterrer cette foutue année 2011 et que plus personne ne veut « rien faire », ou est-ce que nous sommes tous terrorisés de retourner dans le grand-bain, puisqu'à chaque tentative on se fait noyer par une vague géante qui nous explique que, pour l'instant c'est mieux de rester sur la plage.
Je dis ça, parce que quand on voit les nouvelles d'hier, dans un monde normal on ne devait pas terminer la journée dans une hausse anorexique comme ce fût le cas ce jeudi, mais dans une vraie hausse de bull market, limite euphorique.. Eh ben non. On reste complètement sclérosés comme si Merkel était cachée au coin du bois prêt à nous sortir une bonne petite phrase dont elle à le secret.
Si je résume la journée, j'ai le sentiment qu'il y avait quand même globalement de la « bonne news » si l'on exclu le « profit warning » de Crédit Agricole – ce qui ne devrait surprendre personne – et le downgrade (quelle surprise) de plusieurs grandes banques par le troisième larron des serial downgradeurs, (dont tout le monde se fout), le reste des nouvelles étaient plutôt encourageantes. Au passage Fitch a annoncé jeudi qu’elle abaissait la note de deux crans de Credit Suisse, Barclays et Deutsche Bank. Et d'un cran de Bank of America, BNP Paribas et Goldman Sachs. En revanche les autres s'en sortent sans dommages. Ils ont justifié leur action par une espèce de discours à deux balles qu'un enfant de 5 ans n'aurait aucune peine à améliorer. Sans surprise, ils n'inspirent que du dégoût et continuent d'être toujours autant pathétiques.
Mais pour le reste, c'était que du bon, tout d'abord les auctions de l'Espagne se sont bien passée, l'Europe n'arrivait même plus à passer dans le rouge, ce qui est assez rare cette semaine pour être signalé, puis du côté des chiffres économiques, c'était Byzance aux USA et malgré la quantité de données publiées dans l'après-midi, il était difficile de faire mieux, du point de vue économique on aurait presque pu dire que c'était « parfait ». Les jobless claims étaient mieux que prévu, l'Empire State Manufacturing battait les attentes, le PPI était au dessus, le Philly Fed était au plus haut depuis avril et même, même les chiffres de FedEx, qui est généralement considéré comme « la mère de toutes les publications de sociétés en terme de perspectives économiques », même FedEx annonçait un trimestre très, très très bon qui prenait un peu tout le monde à contrepied.
Le leader de la livraison à domicile explosait de 8% et les indications positives que cela donnait entraînait également des compagnies comme Texas Instrument, Intel, DuPont et 3M. Les indices que cela donnaient étaient plutôt encourageant pour la suite des évènements d'un point de vue strictement économique, je ne parle pas de la dette, bien sûr...
Ajoutez encore à cela le take over de Lam Research sur Novellus, qui démontrait encore une fois que les sociétés, elles, ont du cash à disposition et qu'elle sont à l'affût de la bonne affaire, les valorisations actuelles n'étant vraiment pas excessives. Dans cet environnement on aurait pu donc s'attendre à une journée de folie. Journée durant laquelle les bulls auraient pris leur revanche sur les bears en les piétinant à la sortie de l'étable afin de redonner espoir au camp des « résolument positifs » qui croient toujours que le S&P va terminer l'année à 1330. Et pourtant il n'en fût rien.
Oh bien sûr, on ne va pas bouder notre plaisir de voir ENFIN le marché terminer en vert dans une harmonie totale, mais il est vrai qu'après les baffes que l'on s'est prises depuis 3 jours on aurait pu attendre quelque chose de mieux de la part de Mister Market. Mais quand ça veut pas, ça veut pas. La plupart des intervenants sont fatigués et dégoûtés, l'autre partie est déjà sur le chemin des sports d'hiver et des agapes de fin d'année, globalement on peut commencer à dire que l'année est finie et que, sauf surprise il ne devrait plus se passer grand-chose d'ici le 31 décembre. En tous les cas, l'envie n'y est plus. Si avec des chiffres de cette qualité, on n'arrive pas à faire mieux que ça, je crains que rien ne nous fera aller plus haut d'ici 2012... On peut toujours rêver, mais les dernières séances que nous avons vécu donne à penser que 2011 est en train de mourir de sa belle mort et que tout le monde s'en fout et a hâte de passer à la suite.
Pour le reste on a toujours les yeux fixé sur deux choses ; les auctions des pays du PIIGS et accessoirement de la France et de l'Allemagne, puis de l'autre côté, le juge de paix c'est l'Euro-$ qui devient une obsession. Les marchés européens ne peuvent plus rien faire sans que le Dieux monnaie ne leur donne la direction à prendre. Hier, après avoir tenté de faire imploser les plus bas, la monnaie locale est parvenue à inverser la tendance. Ceux qui la suive attentivement et qui se concentrent sur tous les signaux techniques possibles et imaginables, pourront peut-être trouver une tentative d'inversement de tendance, bien que l'on peut se poser des questions sur de fait de savoir qui voudrait soudainement faire le plein en Euro-doll alors que fondamentalement rien a changé. A moins que les Hedge Funds qui lui tapent sur la tête depuis des mois aient décidé de terminer l'année avec plus d'Euros, je ne vois pas trop le catalyste...
Mais peu importe, les tribulation de l'Euro et donc du dollar sont assez marrants à suivre puique, du coup ça donne du boulot aux traders sur l'or et sur le pétrole, sans parler du reste, mais comme tout le monde se fout du cours de la panse de brebis farcie, on se concentre encore sur ce que l'on connaît.
L'or est parvenu a inverser sa spirale baissière et même si rien n'est encore gagné de ce côté-là, le métal jaune est revenu de ses « plus bas ». Pour le moment les traders se moquent de l'effet « valeur refuge » et préfèrent lui coller l'étiquette d'asset lié au dollar et c'est ce qui le fait bouger pour l'instant. Ce matin il se traite à 1591$ et revient gentiment en direction de la zone psychologique des 1600$. Une chose est sûre, si par hasard le spécialiste qui disait l'autre jour que l'or serait à 2'000 à la fin de l'année, a raison, on va tous se bouffer les doigts de ne pas être rentré sur l'or ici... 400$ de hausse d'ici le 31 décembre, je connais 2-3 Gordon Gekko qui tueraient pour ça.
Côté pétrole, même chose, même théorie. Le baril est à 94.21$ et tant que le dollar est fort, personne n'en voudra et puis c'est tout.
En conclusion cette journée était décevante et on aurait pu faire nettement mieux, mais après s'être fait défoncer depuis le début de la semaine on peut s'estimer content de terminer dans le vert et on va se dire que ça pourrait être le « début de quelque chose ».. hein, on se rassure comme on peut. Mais je ne peux pas m'empêcher de regretter le fait que l'on ne monte pas plus avec une telle conjonction de bonnes nouvelles. Il faut croire que notre Karma est dans le sens de la baisse pour le moment, c'est vrai que j'ai toujours tendance à oublier le fait que l'on est dans un « bear market » et que tout rebond devrait être utilisé pour vendre, enfin, jusqu'au jour où..
Dow Jones 11869 +0.38%
S&P500 1216 +0.32%
Nasdaq 2541 +0.07%
Londres 5401 +0.63%
Paris 2999 +0.76%
Francfort 5731 +0.98%
Milan 14628 +1.37%
Madrid 8250 +0.84%
Tokyo 8417 +0.47%
Hong Kong 18136 +0.61%
Shanghai 2284 -0.05%
Sydney 4219 +0.50%
Ce matin l'Asie est également en hausse, dans le même type de hausse que nous en occident. On sent bien que personne n'ose y aller franchement et il faut dire qu'au vu de l'année personne n'a vraiment envie de se faire brûler à 15 jours de 2012, on y va donc étape pas étape. Et puis il faut dire que les commentaires de Christine Lagarde n'ont pas donné envie aux intervenants de sauter dans le grand-bain. Elle n'a pas réinventé la roue en disant que les perspectives économiques n'étaient pas terrible, que la crise européenne ne s'améliorait pas et que les grands de ce monde feraient bien de se bouger le cul pour faire bouger les choses. Elle n'a pas mentionné le fait qu'elle est également considérée comme un « grand de ce monde » et qu'elle pourrait peut-être se « bouger » aussi, parce que force est de reconnaître, depuis qu'elle dirige le FMI, mis à part enfoncer des portes ouvertes on ne l'a pas vue faire grand-chose.
Bref, l'Asie n'est pas plus motivée que nous pour la hausse, en ce moment tout à l'air bien plus facile à la baisse.
Dans les nouvelles du jour, on parle bien sûr du downgrade de Fitch, mais on parle également du Blackberry. Research in Motion a publié ses prévisions et devinez quoi ? - c'est très faible. Le titre s'est fait allumé en beauté et plongeait de 7% après la clôture, sur les niveaux de 14$. Indépendamment du produit et des prévision, ce qui fait peur c'est que l'action ne cesse de baisser et que les solutions pour la faire remonter sont de plus en plus compliquées, de plus qui voudrait racheter la compagnie ici ? Ça sent de plus en plus le sapin pour la mère patrie du Blackberry. De l'autre côté on notera les bons chiffres d'Adobe qui ont battu les attentes et qui semblent content de leur ventes.
Aujourd'hui nous sommes de retour dans le monde de la bulle internet de 2000. Ce vendredi, la compagnie ZYNGA va faire son entrée en bourse. Pour ceux qui ne connaissent pas, Zynga développe des jeux passionnant sur Facebook, des jeux qui vous permettent de gérer une ferme virtuelle. C'est le coeur de leur business. Cette après-midi Zynga devrait offrir 100 millions de titres aux investisseurs pour 10$ par titres. Levant du même coup 1 milliard de dollars. Pour faire un parallèle, en 2004 Google avait levé 1.9 milliard... la société devrait donc valoir immédiatement près de 7 milliards en bourse. Pour faire une autre comparaison, Electronic Arts qui est un des plus gros éditeur du marché du jeu, pèse 6.9 milliards... pour moi, il y a un truc qui ne joue pas, sans compter que Zynga risque d'ouvrir bien plus haut que 10$... Affaire à suivre, mais ça pourrait bien être un Linkedin II le retour.
Ce matin en France l'Insee est très noire et prévoit deux trimestres d'affilée avec un PIB en recul, la France entre en récession et attend patiemment le downgrade que devrait lui infliger S&P et/ou Moody's dans les jours qui viennent. Je suis également assez content d'apprendre que le Gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer pense comme moi et estime que les agences de notation sont « devenues franchement incompréhensibles et irrationnelles, elles lancent des menaces, alors même que les Etats ont pris des décisions fortes et positives ». On est de plus en plus nombreux à le penser, alors ? À quand le goudron et le plumes ???
Côté chiffres économiques, c'est vendredi et c'est plus calme, mais il y aura quand même le CPI. Pour le moment les futures US sont en hausse de 0.35% et même le downgrade de Fitch ne change pas grand-chose et l'on peut dire que tout le monde s'en tape. Ce matin c'est également le troisième vendredi du mois, c'est donc l'échéance des options et des futures.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, c'est également tout pour cette semaine. On espère que la semaine prochaine sera un peu mieux que celle qui se termine, mais en même temps, plus les jours passent plus nous nous rapprochons de la fin de l'année et l'envie ne va pas forcément augmenter avec l'approche de Noël et de Nouvel An.
Personnellement je vous souhaite une excellente journée, un très bon week-end et on se retrouve pour les derniers jours de l'année et les derniers blogs de l'année...
A lundi !
Morningbull
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jeudi, 15 décembre 2011
Grosse Chaos
11:09 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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Les soldes sont en avance cette année
Ce matin, en lisant la presse, en surfant sur le net, j'ai soudain été envahi par une vague d'immense lassitude. Les articles, les déclarations de chacun, les chroniques d'autres, l'ensemble de tout de ce que je lisais ne pointait que dans une seule direction : la baisse, le négativisme, les downgrades, les supports qui lâchent, les moyennes mobiles qui sont enfoncées, la fatigue, le ras-le-bol, la perte de motivation, etc... etc.... En un mot comme en cent ; rien de nouveau, mais on reprend les mêmes théories que l'on connaît depuis des mois, on les réchauffe et on recommence.
J'ai bien pris le temps de tout lire ou presque, de faire le tour de tous les marchés depuis 24h, d'essayer de faire le tri de toutes les nouvelles qui comptent, on a beau dire, on a beau faire, je n'ai absolument rien trouvé de nouveau par rapport à ce que l'on savait déjà vendredi passé à la même heure...
Commençons par les déclarations d'Angela Merkel. Bon, entre nous soit dit, elle a de plus en plus l'air aussi attirante et motivante qu'Eva Jolie, mais son discours devant le parlement allemand hier n'a rien amené de neuf. Oui, elle a dit que la sortie de crise serait longue et difficile, que cela ne prendrait pas des semaines, ni des mois, mais des années. Oui, elle a dit que le chemin serait long, compliqué et semé d'embûches... Mais qui est surpris ??? N'allez pas me dire que la majorité des intervenants et des investisseurs vendaient hier parce qu'ils étaient « déçus » des commentaires d'Angela. Que pouvaient-ils bien attendre de ses déclarations ? Qui pouvaient encore croire que les problèmes de l'Europe allaient se régler d'ici janvier ? Si il y en a qui y croyaient encore, ils faisaient preuve d'une naïveté incroyable... Mais peut-être est-ce surtout le fait que de plus en plus de monde dans ce marché a une vision à court terme voir à super court terme... On ne regarde que ce qui se passe dans la journée, plus personne ne veut investir pour l'avenir et tout le monde veut « faire du fric pour hier »... Dans ces conditions, il ne faut même pas s'étonner de vivre encore et encore des journées débiles comme celles d'hier, tout comme celle du 30 novembre était complètement absurde...
Peu importe, la violence des mouvements et le sens unique de ce type de séance démontre bien le type de moutons que nous sommes devenus. Tout le monde va dans le même sens au même moment, tout le monde tourne la veste au même moment et surtout tout le monde a les mêmes théories au même moment. Et puis surtout, quand on fait le bilan de la journée d'hier, si vous me trouvez une seule vraie nouveauté dans l'ensemble des informations de la journée, je vous paye une heure de TPG gratuit...
Que s'est-il passé finalement ? Angela Merkel s'est montrée prudente ? Bernanke nous a laissé entendre qu'il avait peur que la crise européenne contamine les USA ? - ça tombe bien, nous on n'a pas peur que les USA contaminent l'Europe, mais c'est vrai j'oublie tout le temps que là-bas tout va bien et que EUX, ils ne font jamais d'erreur.. Quoi d'autre ? Ah oui, les pays endettés continuent d'emprunter à des taux élevés. Ça c'est une super nouvelle, plus le risque est élevé, plus on demande des « assurances » ou des « primes » élevées... Pourtant il me semble que les assurances ont compris le principe depuis longtemps... mais non, nous dans la finance on semble soudainement découvrir que si ont prend des risques, il y a une prime à payer et plus le risque est grand, plus la prime est élevée. Essayez de vous faire piquer votre voiture trois fois de suite en 18 mois, vous verrez comme c'est facile et bon marché d'assurer la 4ème... Mais non, nous dans le monde merveilleux de la finance, soudainement on est « horrifié » de voir que l'Italie doit se refinancer à 6.5% alors qu'on ne sait même pas comment elle va rembourser le premier pour cent !!! Et puis surtout, une chose est magique ; aujourd'hui, vous passez une journée dans une salle de trading et TOUT LE MONDE vous parle du rendement du 10 ans italien, n'importe qui, trader, advisor, sales, analyste, assistant, stagiaire, tout le monde ne regarde QUE ça... Sauf qu'il y a 6 mois, on ne savait même pas où le trouver sur Bloomberg... Et là, vous avez des milliers « d'experts » qui sortent du bois et qui ont TOUS une théorie sur le sujet...
Ah oui et j'oubliais le fait que tout le monde est « convaincu » que la France va perdre sont triple A et que les USA vont se faire downgrader encore plus bas, sans même parler du reste de l'Europe ou pire, la Mannschaft... Ok, c'est pas nouveau, la France ne devrait plus avoir son triple A depuis bien longtemps et tout le monde sait que la dette US c'est de la daube, mais qu'on préfère faire comme si tout allait bien.. Alors où est la news ??? Moi je vais vous le dire, vivement que l'on downgrade la dette de la France, des USA, de l'Ouganda et d'Appenzell Rhodes Extérieures, ça voudra dire que c'est un signal d'achat, parce que le jour où S&P est juste en terme de timing, il pleuvra des lingots d'or. Ça fera mal, mais y a pire comme orage, même à 1577$ l'once..
Alors comme, SOUDAINEMENT on découvre que TOUT VA MAL (comme tous les 3 jours) et qu'en plus le problème ne va pas se régler demain, ou même lundi prochain, dans le doute autant tout vendre. Autant massacrer l'Euro pour je-ne-sais-quelle-théorie comme quoi il va disparaître dans l'année qui vient, autant tout dégager, car Angela Merkel l'a dit, ça va prendre du temps.
En résumé, tout va mal. Le chômage augmente, l'économie ralentit, tout devient plus compliqué, plus cher, moins facile, mais fondamentalement, RIEN, mais alors rien n'a changé depuis des mois dans le marché, on se répète et on se rabâche les mêmes choses encore et encore, on vend tout parce que tout va mal et que dehors, il pleut... puis le lendemain on rachète tout, parce que c'est sûr Apple va sortir un iPhone 234 qui fait le café et qui prédit que demain, il fera beau... Tout va trop vite et on ne prend même plus le temps de se poser des questions on de réfléchir, non, on cherche simplement des excuses pour justifier une vente ou un achat, on ne cherche plus à avoir raison, on veut juste être comme le marché et pouvoir expliquer POURQUOI on a vendu hier et pourquoi on achètera demain. On essaye surtout d'avoir l'air intelligent et professionnel dans ce type de discours, mais en fait, soyons réaliste, personne n'en a aucune idée, alors dans le doute autant faire comme la masse...
Hier la masse, elle courait vers les sortie avec les mains sur les oreilles en hurlant : « OH MY GOD, OH MY GOD, OH MY GOD, ANGELA A DIT QUE CA SERAIT LONG ET DIFFICILE, SAUVE QUI PEUT !!! »... Personne n'a vraiment vu la séance du Bundestag, personne n'a vraiment écouté ce qu'elle a dit, mais les trois ou quatre mots qui ont été traduit ont été suffisant pour nous faire paniquer.. Quand au discours de Bernanke, il a été fait à huit-clos, ce qui veut dire ce que ça veut dire...
En conclusion, les qualificatifs qui s'appliquent à ce marché ne manquent pas ; taré, débile, incohérent, stupide, idiot, volatile, irréel, instable, valétudinaire et limite cacochyme.... mais une chose est sûre, c'est qu'il a toujours raison... Il n'y a donc rien d'autre à faire que de constater les dégâts, il y a simplement une chose qui m'interpelle dans tout cela, c'est le fait que lorsque l'on regarde le comportement hystérique de la séance d'hier et le fait que tout le monde rend les armes en disant : « oui bon, si Angela Merkel dit que ça va être long, c'est foutu on est dans la merde pour dix ans, autant tout vendre »... la question qui me vient à l'esprit, c'est : Qu'est-ce qu'on va faire en attendant que ça aille mieux ??? Non, parce qu'aller faire du fromage de chèvre en Ardèche et donner des cours de macramé en élevant des lamas pour faire de la laine, ça va aller un moment et puis je crois que l'idée est déjà prise...
En gros, hier nous étions en mode « tout est foutu », il faut tout vendre et on a tout vendu. Plus personne ne veut de l'Euro, ce que l'on peut comprendre puisque tout va bien aux USA, que le pays est prospère, que les oiseaux chantent que tout le monde bosse à mi-temps, tellement ils ont de l'argent et le plein emploi est un art de vivre... Plus personne ne veut des actions, surtout des financières, parce que c'est tout pourri les actions, surtout les banques.. en même temps quand il n'y aura VRAIMENT plus de banques, ça ne sera pas moins pourri, au contraire... On ne veut plus de dettes gouvernementales, on ne veut plus de commodities parce que le dollar monte, on a la trouille du pétrole parce que plus personne ne va rouler en voiture et tout le monde fera du vélo pour économiser du fric OU prendra les TPG, c'est plus long, mais ça consomme moins de pétrole. Et puis surtout plus PERSONNE ne veut d'or, parce que le dollar monte et que c'est mauvais pour l'or et qu'en plus je suis allé à la boulangerie hier, j'ai voulu acheter un pain « paillasse » et trois croissant et la vendeuse m'a regardé bizarre quand j'ai voulu payer avec un lingot d'un kilo, soit disant qu'elle n'avait pas la monnaie...
Je ne vais donc pas vous refaire la journée d'hier, c'était la merde totale, les actions se sont faites exploser partout dans le monde et ça continue ce matin, le pétrole vaut 95$, soit 5% de moins qu'il y a 48 heures, mais ne cherchez pas, à la pompe ça baissera quand le baril commencera à enfoncer les 50$, avant il faut éponger les excédents des stocks payés très cher à l'époque. L'or a enfoncé sa moyenne mobile des 200 jours et se traite à 1577$, mais que l'on se rassure, les EXPERTS en la matière sont confiant, l'or vaudra bientôt 2'000$. C'est sûr. Y-a-ka-acheter... L'Italie se refinance trop cher, Angela est déprimante et déprimée comme jamais, mais que l'on se rassure, vers 2031, ça devrait aller mieux. Bernanke a peur de l'Europe, mais pas des Etats-Unis, ce qui démontre une capacité hors du commun à jouer la stratégie de l'autruche, mais mis à part ça il devrait neiger d'ici ce week-end et on devrait bientôt pouvoir skier.
Pour le bilan des indices, afin de ne pas jeter de l'huile sur le feu et rajouter du négativisme dans l'ambiance actuelle, j'ai donc pris la décision de ne pas les publier ce matin. Il vous suffit de savoir que c'est moche et que globalement on est revenu à la case départ d'avant le super sommet de la semaine passée. Oui, vous savez le sommet qui allait tout arranger... Eh ben, en fait non, parce qu'un « analyste-expert » disait hier que le « marché » se disait qu'en fait les leaders européens ont toujours beaucoup promis et peu délivré, donc.. autant vendre. On a mis 5 jours pour trouver ça, mais on y est arrivé... Souvenez-vous donc de cette phrase, ça fait toujours super-classe dans les soirées de fin d'année : « Oui, vous comprenez chef, le marché baisse parce que les leaders Européens ont toujours beaucoup promis et peu délivré, c'est fondamentalement assez logique et évident... », si vous dites cette phrase avec un balai dans le cul et le petit doigt en l'air, ça va en jeter un maximum et vous allez capter l'auditoire à vie...
Bref, la journée d'hier était pourrie et j'aurais mieux fait d'aller chez IKEA.
Mais tout espoir n'est pas perdu, il est encore temps d'aller faire autre chose aujourd'hui. Parce que je crains que les after-shocks de la séance d'hier se fassent encore sentir. Ce matin l'Asie est dans le même « momentum » que nous hier, en plus les chiffres du « Purchasing Manager Index » chinois montrent que l'économie se contracte, le sentiment du business japonais, le Takan n'est pas vraiment noir, mais il est quand même gris très foncé.
En ce qui concerne les nouvelles du jours, pour être franc, il y a bien deux-trois articles sur le fait que Goldman Sachs n'avait plus perdu autant de « partners » depuis 2008 et les 38 qui partent vont tous « poursuivre de nouvelles opportunités » (en Sicile??), le Barrons publie un article prudent sur les performances à venir des banques d'investissement, les Hedges Funds parient énormément contre l'Euro (sans blague????) et PIMCO met en garde en parlant de parité avec le dollar. Les banquiers de la Commerzbank n'auront pas de « Christmas Party » pour des raisons d'économie, mais comme vous le voyez, les nouvelles sont minces inintéressantes et ce n'est pas ça qui va faire changer l'esprit du marché. Mis à part Nicolas Sarkozy qui se pointerait sur les Champs-Elysées déguisé en Père Noël en chantant « Je vais bien, tout va bien » et en jetant des billets de 500 Francs Français, on ne voit pas trop ce qui pourrait remonter le moral des bourses qui l'on dans les chaussettes...
Il y a encore trois jours, on était convaincu du scénario « Christmas Rally » à 99% et comme d'habitude, c'est les 1% qui ont gagné, le rallye de fin de l'année on peut se l'accrocher sur le sapin et 2012 ça sera pire.. si l'on en croit le 99%...
Côté chiffres économiques, nous aurons les Jobless claims, le PPI, l'Empire Manufacturing, le Current Account, le Treasury International Capital, la Production Industrielle, le Philly Fed et le Bloomberg Comfort Index... Tout ces chiffres peuvent être extrêmement bons, je ne suis pas sûr que ça enlèvera la chape de plomb qui pèse sur nos têtes depuis que le boute-entrain germanique a parlé hier... Pour le moment les futures américains sont en baisse de 0.10%, autant dire que ça ne veut rien dire.
Comme vous le voyez, l'ambiance est au beau fixe et on se réjouis déjà de voir à quelle sauce on va être mangé dans les jours qui viennent. Au moins la semaine passée on avait l'espoir de voir des résultats au sommet européens, mais là, même pas. Je serais les autorités européennes où ce qu'il en reste, je fermerais les bourses et j'interdirais les opérations sur l'Euro jusqu'en 2012 et j'irais me saouler au Jaegermeister jusqu'en janvier, ça nous ferais des vacances....
Bref, Angela a parlé hier et il me reste à vous souhaiter une très belle journée, je me dis que tant que l'on respire, tout espoir n'est pas perdu !!! J'espère que votre journée sera excellente et je ne cesse de regarder la citation d'Alain Chabat sur la porte de mon frigo qui me dit que chaque matin j'ai le choix ; soit tout est grave, soit rien n'est grave... Ce matin ; RIEN N'EST GRAVE..
Bon café et à demain si je le vaut bien..
Morningbull
« Je suis un con, mais quand je vois ce que les gens intelligents ont fait du monde… »
Georges Wolinski
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mercredi, 14 décembre 2011
Le jour le plus long
ON VEUT UN SOMMET DE LA DERNIERE CHANCE (UN AUTRE)...Au moins ça nous occuperait, ça ne réglerait rien du tout, mais on serait occupés à spéculer sur les solutions que pourraient éventuellement peut-être nous apporter nos charismatiques leaders européens. Non, parce que là, les journées deviennent pénibles à l'extrême. Les volumes sont risibles et même dans la cours d'école de mon quartier les enfants de 5 ans ont un volume d'échange bien plus important en bonbons Haribo. Il nous reste 13 jours de trading avant de boucler l'année, mais si on continue comme cela, il y a bien des intervenants qui risquent de mourir d'ennui d'ici 2012 (moi en premier).
En dehors du fait que les journées sont longues et à peu près aussi intéressantes qu'un documentaire sur la reproduction des limaces en Nouvelle-Zélande, il faut également reconnaître que notre capacité à réagir intelligemment aux nouvelles publiées est fortement diminuée. Prenons l'exemple de la séance d'hier. Globalement les marchés européens étaient plus ou moins capables de tenir en terrain positif et tout semblait bien parti pour que tout cela termine en hausse. Pas dans une euphorie totale, c'était même carrément « chiant » (excusez le vocabulaire, mais je n'ai rien trouvé de mieux pour décrire la séance) mais au moins en terrain positif. Puis, à 16h29, une nouvelle est tombée sur nos téléscripteurs, nos écrans Bloomberg, Reuters (pour ceux qui l'utilise encore) ainsi que par pigeons voyageurs (pour ceux qui n'utilisent plus Reuters). Selon la dépêche Angela Merkel aurait déclaré qu'elle refusait d'entrer en matière afin d'envisager l'augmentation de la taille du fonds EFSF. A partir de là, les vendeurs vendaient tout et en particulier les actions du secteur financier...
On est tellement la tête dans le guidon à « chercher la news » qui fait bouger le marché que PERSONNE ne s'est rendu compte que c'est exactement la même chose qu'elle avait déjà déclarée vendredi. OUI, nous en sommes-là. Tombés tellement bas que les intervenants sont capables de réagir deux fois à la même nouvelles à 4 jours d'intervalle. Je crains d'ailleurs que cette « nouvelle neuve » ressorte encore plusieurs fois d'ici le printemps prochain, ce qui pourrait coûter cher à la performance du marché. Bon, on a encore de la chance, le marché ne réagit plus au fait que l'armée allemande a envahi la Pologne en septembre 1939, ni au bombardement d'Hiroshima en août 1945. La preuve que nous avons tout de même la capacité de regarder « devant »..
Bref, comme vous le voyez, le marché est au « top » de sa forme et quand on publie une information par les canaux habituels, on a intérêt à faire attention à ce que l'on dit, car la capacité de réflexion du trader moyen est inversement proportionnelle au nombre de sommets de la dernière chance de ces derniers mois. Et puis surtout, son « trouble du déficit de l'attention » se concentre uniquement sur les « bonnes nouvelles » qui sont immédiatement traitées, lues, ignorées et puis rejetées instantanément. La preuve, puisqu'hier les commentaires réchauffés et remixés d'Angela Merkel auront plus d'influence que le fait que les « auctions » de la Grèce, de l'Espagne, de la Belgique ET de l'EFSF se sont relativement bien passée. Sans compter que c'est la première fois depuis 10 mois que l'indice de confiance économique allemand, le ZEW a une relativement bonne tête.
Mais bon, comme disait Lionel Jospin: « Quand ça veut pas, ça veut pas ».
Les marchés européens étaient donc en pleine phase de dépression nerveuse, sans compter que les nouvelles négatives étaient intrinsèquement interconnectées avec la future-ex-monnaie européenne que l'on appelle encore l'Euro, le temps que les élèves des écoles primaires de l'Europe entière apprennent ce qu'était leur monnaie nationale en ce temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. L'Ex-Euro, puisque c'est désormais comme cela qu'il va falloir l'appeler puisque la plupart des « experts » qui parlent à la presse pensent que cette monnaie va disparaître au même titre que les dinosaures et le minitel. Hier la soi-disant monnaie de européenne a franchi un nouveau pas dans la honte puisqu'elle a franchi les 1.31 à la baisse, touchant un plus bas à 1.3016, menaçant furieusement de descendre en direction de son plus bas de ces 5 dernières années : 1.2943. Niveau qui, si j'en crois le comportement de la monnaie ces derniers jours, devrait être atteint ce matin. Surtout si Angela Merkel déclare qu'elle ne veut pas augmenter le fonds EFSF. Ce dont elle est bien capable.
On aurait pu, pendant un bref instant espérer que les américains viennent nous surprendre avec un marché fort et conquérant, mais c'était sans compter que les première déclaration en provenance ne laissaient pas penser que le meeting se conclurait sur une révolution économique ce mercredi soir. La bonne nouvelle c'est qu'ils vont laisser les taux au plus bas, à la japonaise et que l'économe est relativement en bonne santé compte tenu de la situation. Mais il semblait que ce que les intervenants attendaient hier de la part de la FED, c'est qu'ils annoncent que Bernanke serait a Time Square vers 17h00 afin de distribuer des liasses de billets de 100$ à la foule pendant toute la soirée.
Comme la FED n'a pas annoncé cet évènement, les vendeurs sont sortis du bois pour exprimer leur déception et leur inquiétude soudaine de ne pas savoir comment ils vont faire pour payer les pneus d'hiver à leur Lamborghini Aventador.
Bref, tout va mal c'est l'angoisse dans les salles de trading et même le fait que dans 12 jours on va se goinfrer de viande,








































